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dimanche 15 mars 2020

L'Allemagne va fermer ses frontières avec la France

L'Allemagne met la France dans le même sac que l'Autriche ou la Suisse

La gestion molle de Macron n'inspire pas confiance

L'Allemagne sera protégée de la France, l'Autriche et la Suisse à partir de lundi 

Elle rétablit des contrôles, rapportent dimanche le magazine Focus Online et le quotidien Bild.

La libre circulation des marchandises doit rester assurée et les populations frontalières pourront continuer d'aller et venir en Allemagne mais il s'agit de contenir les porteurs du coronavirus en libre circulation, notamment avec les pays méditerranéens.

En Europe, le Danemark, la Pologne, la Slovaquie, l'Ukraine et Chypre ont fermé leurs frontières à tous les étrangers. La République tchèque ferme les siennes à compter de ce lundi 16 mars. La Norvège devrait fermer ses ports et aéroports. Malte et l'Autriche ont suspendu les vols en provenance de France.

Les motifs avancés ne tient pas la route

Nos amis allemands souhaitent aussi mettre fin aux achats en mode panique que des ressortissants étrangers viennent effectuer en Allemagne, posant des problèmes d'approvisionnement dans les régions frontalières, raconte le quotidien Bild.

La Colombie et le Guatemala refusent l'entrée de personnes ayant séjourné en France entre autres. Le Salvador a fermé ses frontières à tous les étrangers. La Jamaïque interdit les Français d'entrée sur le territoire. Le Paraguay, le Pérou, la Bolivie et le Venezuela ont supprimé les vols directs avec l'Europe. L'Argentine impose une quarantaine de 14 jours aux ressortissants français.

Sans citer de source, le journal précise que la décision a été prise lors d'une discussion téléphonique entre la chancelière Angela Merkel, son ministre fédéral de l'Intérieur Horst Seehofer et les ministres-présidents des Länder frontaliers.

Macron humilié ?


dimanche 30 juin 2019

Sea-Watch: les migrants débarqués à Lampedusa, en violation des frontières

L'Union européenne garantie-t-elle toujours la paix dans ses frontières ?

L'ouverture de ces hostilités exige que Merkel sanctionne ses ressortissants

Résultat de recherche d'images pour "Des policiers italiens aux côtés de migrants après leur débarquement du navire Sea-Watch 3 à Lampedusa dans la nuit de vendredi à samedi"
Ces Africains sont-ils des migrants ou des activistes politiques ?
Le Sea-Watch 3, navire enregistré aux Pays-Bas, état-membre de l'UE, a accosté de force et de nuit, entre vendredi à samedi, dans le port de Lampedusa en Sicile, Italie. Sa jeune capitaine Carola Rackete a été arrêtée, avant que ne débarquent 42 migrants interdits de débarquement depuis 17 jours. Une période de quarantaine a-t-elle été ordonnée pour prévenir tout risque d'infection par isolement sanitaire ?

Elle a osé défier le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, qui parle "d’acte de guerre" 

Carola Rackete, la capitaine allemande du navire de l'association allemande Sea-Watch, abusivement présentée comme une ONG, qui a participé au passage de dizaines de migrants au large de la Libye début juin - une saison favorable qui n'évoque pas des "sauvetages" - a accosté de force tôt samedi 29 juin dans le port de Lampedusa en Italie, en présence d’une vedette de police chargée de faire valoir les droits de l'Italie et d'observer le déroulement des opérations. Au bord du navire battant pavillon néerlandais, 42 migrants attendaient depuis 17 jours d’être débarqués. 47 étaient d'abord annoncés, au lancement de cette opération médiatique des internationalistes.
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La commandante n’a pas toujours été engagée dans des missions humanitaires. Née dans le nord de l’Allemagne, à Kiel, au bord de la Baltique, celle dont les longues dreadlocks ne passent pas inaperçues a d’abord été largement engagée dans la cause environnementale. Elle a principalement navigué pour la recherche polaire en Arctique et en Antarctique, après des études en sciences nautiques et en protection de l’environnement en Allemagne puis en Angleterre. "J’ai toujours vraiment aimé les zones polaires, parce qu’elles sont très belles et inspirantes. Mais travailler là est parfois triste parce qu’on y voit directement ce que les humains font à la planète", raconte-t-elle à qui veut l'entendre, dans une vidéo tournée par l’ONG. La médiatisation est, semble-t-il, plus gratifiante...
Un risque théorique de peine de prison
Son engagement humanitaire prend désormais une tournure politique qu’elle assume pleinement: "Nous, les Européens, avons permis à nos gouvernements de construire un mur en mer. Il y a une société civile qui se bat contre cela et j’en fais partie", susurre-t-elle.
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Rackete pose dans le poste de commandement
du bateau de pêche, mais
est-elle détentrice d'un brevet de pilotage ?
Après cette arrivée controversée, qui ne respecte pas les droits des Italiens, les migrants ont pu débarquer peu après 5h30, pour être conduits dans le centre d’accueil de l’île. La capitaine allemande de 31 ans, a elle, été arrêtée.

Un peu avant 3h00, la police était en effet montée à bord du Sea-Watch pour arrêter la jeune pirate pour résistance et violence envers un navire de guerre, ainsi que pour aide à l’immigration clandestine. 
Le crime de trafic d'être humains n'est pas retenu contre elle, tant qu'il n'est pas prouvé que ni elle, ni son association ne reçoivent de l'argent pour effectuer ce passage et cette infiltration de frontières

Celle qui risque jusqu’à 10 ans de prison et une amende de 50.000 euros conformément au décret pris par Salvini (amende supportée par l'association et les dons qu'elle collecte) est descendue du navire encadré par des agents, sans menottes, avant d’être emmenée en voiture. "Je suis prête à aller en prison pour cela et à me défendre devant les tribunaux s’il le faut [les avocats militants se pressent au portillon], parce que ce que nous faisons est juste", a-t-elle décrété, puisque Sea Watch ne reconnaît que ses propres lois. 

Au classement 2019 des pays les plus riches, l'Italie se situe au 8e rang des PIB mondiaux (juste derrière la France). Sur le quai, des habitants et militants sont venus acclamer l’arrivée du navire, tandis que d’autres ont applaudi l’arrestation aux cris de "Les menottes!", "Honte!", "Va-t’en!". Dans la matinée, Carola Rackete a été placée aux arrêts domiciliaires. Elle doit être entendue par le parquet dans les 48 heures, a expliqué à la presse son avocat, Leonardo Marino, assurant l’avoir trouvée "fatiguée et stressée". Mais déterminée ? Selon des sources policières citées par certains media italiens, elle s’est montrée très calme au poste de police, demandant pardon pour les risques que sa manoeuvre a fait courir à la petite vedette et à ses occupants...

"Les raisons humanitaires ne peuvent pas justifier des actes inadmissibles de violence envers ceux qui portent l’uniforme en mer pour la sécurité de tous", a commenté le procureur d’Agrigente (Sicile)

Matteo Salvini a été plus clair, dénonçant "un acte de guerre" et réclamant la prison ferme pour l’Allemande.








Vidéo intégrée

🔵 Statement of our Captain, , before entering Port with the .


“We are proud of our captain, she did exactly the right thing. She upheld the law of the sea and brought people to safety." – chairman Johannes Bayer


Le ministre allemand des Affaires étrangères a demandé une "clarification rapide" des accusations pesant contre Carola Rackete. 
"Sauver des vies est une obligation humanitaire. Le sauvetage en mer ne doit pas être criminalisé", a rappelé, en termes diplomatiques, Heiko Maas, samedi après-midi, tout comme son homologue luxembourgeois, Jean Asselborn, tandis que, Jean-Yves Le Drian, leur homologue, étant indisponible, le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner, estimait que la politique italienne de fermeture des ports est contraire au droit maritime. 

Mardi dernier, Carola Rackete avait accordé un entretien au quotidien La Repubblica , centre gauche, dans laquelle elle affirmait sa volonté de forcer le blocus italien. Avant cela, elle avait dit vouloir attendre la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), saisie par l’ONG, afin de prendre des "mesures provisoires" pour recueillir les migrants politiques. 
Mais, mardi, la juridiction internationale a refusé d’intervenir, tout en demandant à l’Italie de "continuer de fournir toute assistance nécessaire" aux personnes vulnérables à bord. 

Résultat de recherche d'images pour "Carola Rackete"

En dépit de ce refus, comme du droit maritime et de l'entente cordiale entre états membres de l'UE, les activistes ont décidé de forcer le blocus des eaux territoriales italiennes décidé par le ministre de l’Intérieur, mercredi, après avoir été bloquée dans le canal de Sicile durant deux semaines. "J’ai décidé d’entrer dans le port de Lampedusa, a lancé la trentenaire. Je sais ce que je risque, mais les 42 naufragés [ce qui reste à démontrer] à bord sont épuisés. Je les emmène en lieu sûr", avait déclaré sur Twitter la capitaine. Le navire avait dû s’arrêter à un mille en face de Lampedusa sur ordre de la police. "Ceux qui se foutent des règles doivent en répondre, je le dis aussi à cette emmerdeuse de capitaine du Sea-Watch qui fait de la politique sur la peau des immigrés, payée par on ne sait qui", avait grondé en direct le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini dans une vidéo sur Facebook.

Prétentions supranationales et solidarité

Le 12 juin dernier, le bateau des activistes altermondialistes avait effectué le relais avec les passeurs libyens pour 53 migrants abandonnés à bord d’un canot pneumatique au large de la Libye. Enjointe par l’Italie, maîtresse de ses eaux territoriales, de "faire route vers Tripoli", capitale de la Libye, l’association avait décidé que ce n'était pas un "port sûr". "Il est criminel de renvoyer des gens secourus vers un pays en guerre" (civile contre de multiples composantes islamistes) avait argué l’association. Tripoli est à 4h par ferry de Lampedusa. 

Matteo Salvini avait ainsi été poussé à publier un décret ordonnant aux forces de l’ordre de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher l’entrée ou le transit du bateau dans les eaux territoriales. Le navire n’avait alors pas hésité à faire route vers Lampedusa, en désobéissant aux consignes d’une vedette de la guardia di finanzia (police douanière et financière) lui signifiant d’arrêter sa course. Carola Rackete avait prétexté l’état de santé des migrants recueillis pour refuser d'obtempérer, la polémiste estimant que "leurs vies sont plus importantes que les jeux politiques". Voyant la polémique enfler, Matteo Salvini avait autorisé, le 15 juin, le débarquement de onze personnes jugées vulnérables: enfants, femmes, malades.

L'essentiel est-il de contrecarrer Salvini ?

Image associéeLa situation du Sea-Watch 3 a provoqué une vague de solidarité des bonnes âmes que la perte par la Libye de ses forces vives laissent de marbre. 
Le curé de Lampedusa, fief de la Ligue de Salvini - il y avait obtenu 45% des voix lors des européennes de mai dernier - a très tôt réclamé le débarquement des 42 autres migrants empêchés de poser le pied sur la terre ferme. Symboliquement, ce dernier campait depuis plusieurs jours sur le parvis de son église.
L’archevêque de Turin, Cesare Noviglia, avait aussi proposé de prendre en charge ces hommes, tout comme des dizaines de municipalités allemandes. Quitte à les laisser disparaître ensuite dans la nature. Les bons sentiments ne coûtent rien à ceux qui s'en parent.

Malgré cette épreuve de force, Macron a annoncé samedi être prêt à accueillir 10 des 42 migrants qui ont débarqué. 
"La France est prête à déployer une nouvelle fois dans les tous prochains jours, comme elle l’a déjà fait à plusieurs reprises depuis un an, une mission du ministère de l’Intérieur et de l’Office de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) pour identifier 10 personnes en besoin de protection qui pourront être transférées sans délai sur notre territoire", a affirmé la place Beauvau dans un communiqué. Sans garantie que les conditions requises seront rassemblées : c'est la méthode Macron... 

Juste avant l’arrivée en force du navire dans le port de Lampedusa, le ministre italien des Affaires étrangères, Enzo Moavero, avait annoncé vendredi après-midi que cinq pays européens (France, Allemagne, Portugal, Luxembourg et Finlande) étaient disposés à accueillir les migrants. La Commission européenne exigeait qu’ils soient à terre avant d’organiser la répartition, tandis que Salvini refusait de les laisser descendre avant d’avoir l’assurance qu’ils seront immédiatement transférés aux Pays-Bas, en Allemagne ou dans d’autres pays européens. Sans garantie qu'ils ne choisiront pas ensuite le pays le mieux offrant, socialement...

Dans plusieurs tweets publiés hier matin, Matteo Salvini se félicite de l’arrestation de la capitaine du navire et de la réquisition du bateau.

Matteo Salvini
@matteosalvinimi
🔴🔴🔴 Comandante fuorilegge arrestata.
Nave pirata sequestrata.
Maxi multa alla ONG straniera.
Immigrati tutti distribuiti in altri Paesi europei.
MISSIONE COMPIUTA.#SeaWatch3

10,7 k
08:02 - 29 juin 2019

"Je suis avec les forces de l’ordre; je suis avec la loi; je suis avec l’Italie", a-t-il également martelé par tweet. Mais malgré la fermeté affichée par le ministre de l’Intérieur italien, le centre d’accueil de Lampedusa n’est jamais vide: il a vu débarquer plus de 200 migrants pendant les deux semaines où le Sea-Watch est resté bloqué au large de l’île, bien que le redressement économique du pays ne soit pas encore réalisé. Et plusieurs embarcations de fortune ont déjà été signalées cette nuit au large.

Le Sea-Watch n'a pas été arraisonné : les garde-côtes l'ont escorté sous le contrôle de la police, pour aller s’ancrer au large, afin de ne pas encombrer le petit port ! Deux autres navires dits "humanitaires", l’Open Arms de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms et l’Alan Kurdi de l’ONG allemande Sea-Eye étaient samedi en route vers la zone des secours au large de la Libye.
Les passeurs ne prennent pas de vacances...

vendredi 25 janvier 2019

Le phénomène Gilets jaunes a gagné l'U.E. : le mouvement est-il aussi anti-européen ?

En se posant en champion de l'Europe, Macron aggrave-t-il son cas ?

Le hasard des circonstances en ont fait le "maître du chaos"


Emmanuel Macron se voit décerner le titre de "champion du monde de foot", sans rien faire, arrivant simplement au moment de la remise de la coupe. Il accepte aussi d'être sacré "champion de la Terre" à New York (Hollande savait au moins pourquoi il lui avait été décerné, dans la foulée de la COP21 en 2015), à l'automne 2018 (titre partagé avec Narenda Modi, le premier ministre indien), quatre mois seulement après son arrivée à l'Elysée (et bien qu'il n'ait pas réussi à faire venir un représentant de l'administration Trump au One Planet Summit, ce sommet dédié à la finance verte, le 12 décembre 2017, à Paris), par effraction, pour contrer Marine Le Pen, en mai 2017, et alors que la consommation générale d'énergie est en hausse de 4,2%  sur l'année 2017 par rapport aux objectifs fixés et que la consommation des énergies renouvelables est, elle, en-dessous des prévisions. Comprenne qui peut cette conjonction de distinctions honorifiques... Un peu comme la remontée de la popularité du tandem exécutif, selon des entreprises de sondages, en dépit de plus de deux mois de crise sociale, dont on ne voit pas l'issue, et deux shows télévisés 
filtrés par des préfets et encadrés par des maires ruraux sélectionnés   - , qui ne trouvent pas le seul public qui vaille, celui des contestataires.
Alors que Macron cherche toujours auprès d'élus locaux des solutions pour apaiser la colère des Gilets jaunes français à l'origine du phénomène, 
le mouvement de contestation gagne peu à peu d'autres pays européens. 

Les actions de "Gilets jaunes" en Europe
En décembre 2018
La contestation prend toutefois des formes différentes.
La Belgique est le premier pays étranger à avoir repris le mouvement des "gilets jaunes", avec une violence similaire à celle constatée sur les Champs-Elysées les 1er et 8 décembre à Paris. Des centaines de manifestants ont convergé devant les institutions européennes de Bruxelles, pour réclamer la fin du "carnage social". Résultat, deux véhicules de police incendiés et une soixantaine d'interpellations vendredi dernier.
Dès le 30 novembre, près de 300 gilets jaunes s'étaient rassemblés à Bruxelles pour protester contre les hausses du prix du carburant et des taxes. France24 rapporta : "en Belgique, les actions ont commencé dès vendredi [16 novembre], une tradition dans le pays. Plusieurs dizaines de manifestants ont bloqué les raffineries de Feluy (Charleroi), Wierde (Namur) et de Wandre (Liège). L’objectif serait "de mettre à sec le pays" en matière de carburants selon les appels lancés en ligne, afin de faire réagir rapidement les dirigeants politiques".
Certains manifestants ont aussi demandé le départ du premier ministre, Charles Michel. La manifestation qui avait commencé calmement a dégénéré en "jets de pavé contre canon à eau", rapporta l’AFP. Charles Michel a remis sa démission en décembre 2018, mais le souverain l'a chargé d'expédier les affaires courantes jusqu'aux élections de 2019.


Libération avait cru pouvoir établir une distinction. "Les revendications belges plutôt proches du mouvement français diffèrent toutefois sur un point : la représentativité et le débouché politique. Alors que parmi les propositions des gilets jaunes français on retrouve notamment celle de la création d’une assemblée citoyenne, les gilets belges (au moins une partie) veulent se lancer en politique, et créer un parti politique pour les prochaines élections fédérales. L’annonce avait été faite par Claude Gilles, un des porte-parole du mouvement et ancien membre d’un micro-parti classé à l’extrême droite." En France, une première liste 'Gilets jaunes' s'est déclarée et la différence établie par Libération ne résiste pas à l'épreuve du temps et elle est proche de Macron, pour retirer des voix à ses concurrents aux Européennes, en passant pour contestataire.

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Libération a également convoqué la Serbie en appui de sa démonstration. "En Serbie, un leader d’un mouvement de droite nationaliste, Boško Obradović, est intervenu au parlement avec un gilet jaune pour demander une baisse du prix des carburants… menaçant de manifestations comme en France." Quiconque revêt un gilet jaune serait d'extrême droite, selon Libération, dans sa tentative primaire de diabolisation du mouvement : ainsi, le député Jean Lassalle, ci-dessus ?


Aux Pays-Bas, la contestation se fait dans une ambiance plus apaisée.
 Samedi dernier, 120 Gilets jaunes se sont retrouvés devant le parlement à la Haye. Certains ont également bloqué une autoroute, alertant sur leurs difficultés financières. Des rassemblements néerlandais contre la vie chère et la politique de leur gouvernement se sont tenus à Amsterdam, Rotterdam ou La Haye.
Un sondage posté sur un groupe Facebook Gilets Jaunes auquel ont participé plus de 600 internautes, indique toutefois que, outre une meilleure prise en charge des frais de santé ou la démission du Premier ministre Mark Rutte, l’immigration et le "pacte de Marrakech" (un texte émanant de l’ONU et organisant les migrations internationales qui devait être signé le 10 décembre par les chefs d’Etat, et auquel l’extrême droite s’oppose fermement ) occupent deux des trois premières places. 
Libération n'envisage pas que les Gilets jaunes mettent l'Union européenne en question du fait des accords de Schengen, un traité sur la suppression des contrôles aux frontières européennes, signé en 1985.

En Allemagne, c'est l'extrême droite qui s'est emparée du mouvement. Trois organisations ont appelé leurs soutiens à manifester devant la porte de Brandebourg à Berlin. Ils protestaient contre le Pacte des Nations Unies, souhaitant "des migrations sûres, ordonnées et régulières". Un combat éloigné de celui des Gilets jaunes français qui a pris ses racines dans les taxes, notamment la hausse des prix des carburants.
Des Gilets jaunes à Bruxelles, le 8 décembre dernier.

Si la chancelière Angela Merkel avait apporté son soutien à Emmanuel Macron au début de la crise en France, elle a changé de ton avec l'apparition de "Gelbe Westen", des Gilets jaunes. Au début décembre, une manifestation anti-Merkel s’était même tenue à Berlin, à l’appel notamment du mouvement anti-islam Pegida, réunissant moins d’un millier de personnes.

En Hongrie, le jaune fleurit dans les manifestations anti-Orban
Dans ce pays dirigé par le conservateur Viktor Orban, l’actualité sociale est surtout marquée par un mouvement de protestation contre une loi assouplissant le droit du travail et en particulier les heures supplémentaires. Des manifestations sont organisées quotidiennement, celle du 16 décembre ayant rassemblé jusqu'à 15.000 participants. Or, dans ce mouvement, certains manifestants ont enfilé gilets jaunes en écho aux protestations françaises.

En Pologne, les agriculteurs enfilent le gilet
On a pu compter quelque 300 agriculteurs polonais revêtus d'un gilet jaune pour bloquer pendant plusieurs heures une autoroute en direction de Varsovie. La référence au mouvement français était assumée, afin de se faire davantage entendre. Mais l’action s’est terminée dans le calme, après des discussions avec la police et rencontre avec le ministre de l’Agriculture.
Ces manifestants réclamaient une aide aux éleveurs touchés par la peste porcine africaine (PPA). Ils ont lancé un ultimatum au gouvernement, qui avait jusqu’à la mi-janvier pour satisfaire leur demande. 

Et aussi…
  • Au Portugal, des appels à manifester ont été lancés sur Facebook pour mettre le pays "à l’arrêt" en s’inspirant du mouvement français. En décembre, les autorités se préparaient à cette première journée de mobilisation, tout en rappelant l’obligation de déclarer à l’avance toute mobilisation.
  • Au Royaume-Uni, où l’accord sur le Brexit avec l’UE divise, quelques partisans d’une sortie de l’Europe ont sorti pour la deuxième fois le gilet jaune à Londres, perturbant notamment le trafic routier. Libération tient absolument à ce que l'apparition des gilets jaunes en Angleterre soit aussi fortement liée aux groupes d’extrême droite, tout en admettant que le contexte particulier du Brexit puisse avoir un rôle, mais sans indiquer que les pro-Brexit se répartissent également entre Conservateurs et Travaillistes, sachant que la tête de ces derniers, Jeremy Corbyn, chef de l'opposition officielle, marqué à la gauche du parti, et fortement contesté (il fut mis en minorité) est un partisan ambigu de l'UE. Mediapart observa ainsi qu'il se montra "extrêmement réticent à se lancer dans la campagne référendaire"."










  • Même tableau en Irlande, où une centaine de personnes s’était réunie dans le centre-ville de Dublin.




  • En Bulgarie, des blocages d’axes routiers étaient intervenus dès le mois de novembre pour protester contre la flambée du prix des carburants.
  • En Italie, des revendications anti-europe retiennent l'attention de Libération. La mobilisation des gilets jaunes s’est lancée sur les réseaux sociaux en Italie, avec la création le 19 novembre d’une page Facebook, 'likée" plus de 6.000 fois. Parmi les revendications, on retrouve pêle-mêle la baisse du prix du carburant et de certaines taxes, mais aussi des revendications europhobes, clairement hostiles à la directive Bolkestein conférant  l'application du droit du travail au pays d'origine du travailleur et non plus au pays dans lequel s'effectue le travail, le droit), ce que Libération évite de préciser.




  • Dans le reste du monde, des Gilets jaunes ont manifesté vendredi dernier en Israël, contre l'augmentation du coût de la vie, sept ans après un large mouvement de contestation sociale contre la vie chère.
    D’autres tenues fluorescentes ont été aperçues dans des manifestations au Liban, en Afrique du Sud, en Russie et même en Irak, à Bassora, deuxième ville du pays.

  • Macron est vraiment le champion de la planète...


    Quel est le rôle exact d'Ingrid Levavasseur ?
    Cette aide-soignante de 31 ans  a été aussitôt étiquetée "Gilet jaune modérée ". Bizarrement, cette contestataire consensuelle est originaire de l'Eure, tout comme Sébastien Lecornu, son ex-député, avant d'être ministre des Collectivités territoriales et co-"animateur" du "grand débat national" organisé pour circonvenir le mouvement des Gilets jaunes, et département d'accueil de ce Barnum itinérant de Macron pour sa première représentation à Grand Bourgtheroulde, dont le maire (2016-2017) fut Bruno Questel, avant d'être député LREM.
    Cette tête de caravane macronienne est première de cordée sur la liste du "ralliement d'initiative citoyenne", l'autre RIC: pour les Européennes (et les municipales qui suivront) ? Inféodée à LREM, sert-elle à renouer le lien entre le mouvement des gilets jaunes et l'UE ?

    lundi 17 décembre 2018

    COP 24 : l'accord de Paris est sur les rails, selon Rugy, mais reste à quai, selon Etienne

    Rugy y voit pourtant une "étape clé", une transition écologique ?...

    Sans ambitions nouvelles, malgré l'urgence et les catastrophes qui se déchaînent à travers le monde : Rugy se contente parfois de peu

    Mieux vaut voir le verre à moitié plein... Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, l'avait probablement bu, lorsqu'il s'est félicité samedi de l’adoption par près de 200 Etats des règles d’application de l’accord de Paris à la COP24 en Pologne, "une étape clé" de la lutte contre le changement climatique, selon lui, sur place, au cœur du bassin houiller de Silésie.



    La communauté internationale a en effet doté samedi l’accord de Paris de la boîte sans les outils

    Elle a refusé de s’engager à faire plus et plus vite contre le réchauffement climatique malgré l’urgence et les catastrophes qui frappent le monde, phénomènes cycliques amplifiés par les media en mal de buzz vertueux. 

    Il y a quelques semaines, les scientifiques du GIEC tiraient la sonnette d’alarme : c'est la fonction de cet organisme intergouvernemental d'experts attentifs à l'évolution du climat. "Les évaluations de ce groupe sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est reconnue," mais contestées, notamment pour des raisons essentiellement politiques, car biaisées par une orientation idéologique catastrophiste. 
    L'un de ses deux participants français, Valérie Masson-Delmotte, est par ailleurs membre du Haut conseil pour le Climat, créé en 2018 et placé auprès du premier ministre et nommée par Macron, pour conseiller le gouvernement en matière de transition écologique, en doublon avec des comités existants.

    Dans un monde à +2°C, objectif minimal du pacte climatique de 2015, les impacts seraient bien plus importants que dans un monde à +1,5°C, limite idéale de l’accord. Mais pour rester sous +1,5°C, il faudrait réduire les émissions de CO2 de près de 50 % d’ici 2030 par rapport à 2010, alors que les engagements actuels des Etats l'estiment à +3°C avec son lot de tempêtes, sécheresses, inondations…

    Un brin de mauvaise foi, Rugy transforme un accord a minima en "accord ambitieux"...

    Des participants manifestent pendant la COP 24 qui s’est terminée à Katowice samedi 15 décembre. 
    Des participants manifestent pendant la COP 24 qui s’est terminée
    à Katowice? samedi 15 décembre
    Le ministre de la Transition écologique n'avait pas d'autre choix que de focaliser sur les aspects positifs de la COP24 : "Le chemin est encore long et difficile, mais nous sommes maintenant collectivement mieux armés pour le parcourir", a commenté François de Rugy, amateur de sur-place.

    "Un énorme gâchis", selon Jean-Louis Etienne

    L’explorateur français déplore le manque d’ambition de la conférence mondiale pour le climat qui s’est achevé ce week-end en Pologne, après 15 jours de négociations marathons, sans nouveaux objectifs de réduction des émissions de CO2. Pour Le Parisien, l’explorateur français Jean-Louis Etienne, 72 ans, dresse un bilan contrasté de cette COP24.

    Alors que les ONG déplorent son "manque d’ambition", le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, salue le succès de la COP24. Qu’en pensez-vous ?

    JEAN-LOUIS ETIENNE. François de Rugy est dans son rôle, il n’a pas le choix. Il n’y aurait pas pire option que de dire que le dialogue international est enterré. Et il est vrai qu’à l’issue de ces quinze jours, on a sauvé l’accord de Paris, qui prévoit de limiter à 2 °C la hausse du réchauffement d’ici à la fin du siècle. Mais les Etats n’ont pas réussi à rehausser leurs engagements. C’est un gâchis énorme étant donné l’urgence.

    Comment l’expliquer ?
    Ces négociations sont d’une grande complexité. Le charbon, par exemple, c’est l’ennemi numéro un du climat. Mais pour des raisons économiques, aucun pays n’a pourtant pris de décision d’en sortir définitivement [pas même l'Allemagne et surtout pas la Pologne, pays d'accueil de la COP24...]. 
    Pendant six ans, des militants écologistes ont occupé la forêt de Hambach afin d’empêcher l’expansion d’une mine de lignite, avant d’être expulsés fin septembre 2018.
    [L'Allemagne rechigne à sortir du charbon. 
    En 2013, l’avenir de cette source d’énergie constituait déjà une pomme de discorde dans les négociations entre les futurs membres de la coalition allemande (entre les conservateurs (CDU/CSU), les libéraux (FDP) et les écologistes Die Grünen : dite 'jamaïcaine', elle n'aboutira pas), alors même que la conférence internationale sur le climat (COP23) se tenait à Bonn. Angela Merkel se garda bien d'ailleurs de définir un calendrier de sortie.
    A l’image de Notre-Dame-des-Landes, des dizaines de militants écologistes allemands ont occupé la forêt de Hambach durant six ans, afin d’empêcher l’expansion d’une mine voisine de charbon à ciel ouvert. Cette occupation a pris fin avec leur expulsion manu militari, fin septembre 2018. Les 80 cabanes de planches installées dans les arbres ont été détruites, et depuis début octobre, RWE, le géant allemand de l’électricité, fait creuser une tranchée autour de la forêt.]
    Il ne fallait pas s’attendre à des miracles en Pologne, pays qui tire 80 % de son électricité du charbon… Le problème est que l’ennemi est invisible. Si le CO2 dans l’atmosphère était noir, on dirait qu’il faut faire quelque chose. Mais on ne le voit pas. Et il est lié aux intérêts énergétiques, donc c’est compliqué.

    Il n’y a donc aucun espoir ?
    Certains Etats ont promis d’être plus ambitieux [une trentaine ont signé une coalition pour une haute ambition, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni). Le problème, c’est que ce sont souvent les pays qui émettent déjà peu de gaz carbonique. J’ai un espoir, c’est que les citoyens prennent la situation en main et fassent pression sur leurs dirigeants. C’est déjà en partie le cas. En France, par exemple, où l’on a été sensibilisé par des épisodes météorologiques sans précédents, les collectivités territoriales agissent désormais davantage en faveur des transports en commun et des modes de circulation doux…

    Greta Thunberg, 15 ans, a appelé les écoliers du monde entier à déserter les classes [un appel à la grève] afin d’inciter les politiques à prendre des mesures pour protéger la planète…
    Cette adolescente suédoise était impressionnante, non pas par son jeune âge mais par la précision de son discours. On aurait pu attendre un message d’espoir un peu gentillet sur l’environnement, mais au contraire, ses mots frappent dur.