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samedi 5 octobre 2019

Clandestins : l'Italie, sans Matteo Salvini, réduit les délais de reconduite à la frontière

Notre voisin italien  active la procédure 

L'Italie réduit à quatre mois le délai de rapatriement des migrants

Cette réduction est conventionnelle : le gouvernement italien a annoncé vendredi la signature d'un décret qui l'officialise grâce à des accords passés avec différents pays de provenance.

Annoncé par le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio, photo ci-dessus, ce
décret interministériel (Affaires étrangères, Justice, Intérieur) ramène le délai "pour établir si un migrant peut rester en Italie, ou être rapatrié de deux ans à quatre mois", a déclaré L. Di Maio, dirigeant du Mouvement 5 étoiles (M5S, "ni de droite, ni de gauche"), lors d'une conférence de presse.

Le ministre a précisé que des accords existent déjà avec le Maroc et la Tunisie, mais qu'il faut "les renforcer et les ratifier".
Une dizaine de pays figurent sur la liste de ceux qui doivent être insérés dans ce décret, parmi lesquels l'Albanie et la Bosnie, candidats à l'adhésion à l'UE, ainsi que le Ghana, le Kosovo, la Macédoine du Nord, le Montenegro, le Sénégal, la Serbie. 
"Ce décret ne porte atteinte à aucun droit de l'Homme. C'est une question liée à la lourdeur des procédures par rapport aux pays, y compris en Méditerranée, avec lesquels nous travaillons et commerçons chaque jour", a expliqué Di Maio. 

Le ministre italien des Affaires étrangères a précisé qu'un "fonds rapatriements" spécifique de 50 millions d'euros est prévu pour "stimuler les accords internationaux dans le cadre de la coopération et du développement".
Selon Di Maio, "la redistribution des migrants ne peut être la solution définitive". C'est pourquoi il plaide pour que soient conclus "des accords avec des démocraties qui votent, des pays avec lesquels nous avons signé des accords commerciaux".

Plusieurs pays de l'Union européenne travaillent en ce moment à un projet de répartition automatique des migrants débarquant à Malte ou en Italie.
Un pré-accord a été signé le 23 septembre à Malte par la France, l'Allemagne, l'Italie et Malte et doit être validé par les Etats membres lors d'un conseil européen "Justice et Affaires intérieures" au Luxembourg, le 8 octobre.

lundi 19 août 2019

Les migrants mettent en difficultés leurs passeurs associatifs et les pays d'accueil humanitaire



Le bateau "Open Arms" ('Bras ouverts' !) rejette l'invitation de l'Espagne

Le gouvernement de Pedro Sanchez lui ouvrait le port d'Algésiras
 
Open Arms: Madrid hausse le ton contre Salvini et propose les Baléares comme port
C'est l'Italie la cible les activistes politiques de l'Open Arms
a
u large de l'île italienne de Lampedusa
L'Open Arms refuse de bouger, malgré la présence d'encore une centaine de migrants à son bord au large de Lampedusa, port de Sicile. Bien que l'association qui gère ce navire soit catalane,  les activistes ont rejeté l'offre humanitaire  de l'Espagne qui leur propose d'accueillir à Algésiras, les Africains qui cherchent à s'imposer à l'Union européenne.
L'association espagnole Proactiva Open Arms fait la fine bouche, estimant "absolument irréalisable" de transporter jusqu'à ce port espagnol proche de Gibraltar les passagers qu'ils ont pris en charge. Ces associatifs avouent qu'ils ne sont pas en capacité d'assumer leur responsabilité dans le passage depuis la Libye de ces migrants abandonnés par leurs passeurs.  jusqu'au sud de l'Espagne, à côté de Gibraltar, les passagers qu'ils ont pris en charge. 
 
Face à l'"urgence humanitaire" après 17 jours de mer,  Laura Lanuza, la porte-parole de Proactiva Open Arms, dénonce la proposition de l'Espagne à la radio COPE. Quant au fondateur de POA, en 2015, Oscar Camps, il réalise qu'il faudrait cinq jours au bateau pour parcourir les 950 miles nautiques jusqu'à Algésiras. L'homme a acquis de l'expérience en mer Egée (depuis l'île de Lesbos, principal relais des personnes fuyant le Moyen-Orient en 2015, quand "deux mille, trois mille immigrants et réfugiés affluaient chaque jour," assure-t-il. Il estime à "quelque 75.000" les "réfugiés" arrivés cet hiver-là.) et, ensuite, en Méditerranée. 
Résultat de recherche d'images pour "oscar camps Bardem cruz"Une situation actuelle qui interpelle, si on sait que son entreprise de sauvetage est la plus prospère d’Espagne, avec 600 employés répartis sur quatre sites. Le 31  mai 2018, à Barcelone, il levait des fonds avec la participation de Javier Bardem et Penelope Cruz au cours d'un dîner de bienfaisance (avec homards et vins fins ?). 
Comment O. Camps a-t-il donc pu lancer cette opération sans une marge de sécurité adaptée à un chargement humain dont il sait qu'il n'est pas le bienvenu en Europe. Lampedusa et l'Italie pauvre du sud ont déjà fourni un effort considérable qu'un homme responsable ne pouvait ignorer puisque ce quinquagénaire se targue lui-même d'avoir passé à lui seul plus de 60.000 migrants.   

Le ministre italien de l'Intérieur,  Matteo Salvini, s'est indigné du refus de POA. "Incroyable et inacceptable. Ils organisent des croisières touristiques et ils décident où ils débarquent ?" a-t-il taclé sur Twitter. 
Résultat de recherche d'images pour "carte  Lampedusa Majorque"
Madrid ne fait pas mieux en proposant de débarquer les clandestins... aux Baléares, non sans se livrer à une récupération politicienne: la ministre socialiste de la Défense espagnole a conspué le ministre italien de l'Intérieur en le traitant de "honte pour l'humanité" !, tout en proposant aux migrants une plus longue distance en mer sur l'Open Arms... Conjointement, le ministère espagnol des Affaires étrangères a lancé un dernier appel "aux autorités italiennes pour qu’elles autorisent le débarquement" des migrants... en Italie !
Djerba (Tunisie) tendrait les bras à distance raisonnable, en revanche... La ville libyenne de Zouara, à 120 kilomètres à l’ouest de Tripoli, est à 2h40 de Djerba, par la route.

"Situation d'urgence" créée par les Catalans de POA et hypocrisie espagnole 
Plus tôt ce dimanche, le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, avait "ordonné aujourd'hui l'habilitation du port d'Algésiras pour recevoir le bateau Open Arms", en raison de "la situation d'urgence" à bord. Et, à son offre irrecevable, le gouvernement socialiste ajoute le cynisme de sa récupération politique dénonçant, dans un communiqué, "l'inconcevable décision des autorités italiennes de fermer tous leurs ports ". Le ministère espagnol des Affaires étrangères avait lancé parallèlement, dans un communiqué, un dernier appel "aux autorités italiennes pour qu'elles autorisent le débarquement" des migrants, garantissant que ceux-ci seraient répartis entre pays européens "comme cela a été convenu".

La France s'est flattée de pouvoir accueillir... 40 migrants



Le gouvernement espagnol s'attaque à l'Italie. Il conteste l'attitude de l'Italie. S'en prenant à des partenaires européens, les socialistes au pouvoir ont indiqué "étudier la possibilité de se pourvoir devant l'Union européenne ou devant les institutions garantes du respect des droits humains et du droit maritime international".

Vendredi, Marc Reig, le commandant du navire, avait exprimé son inquiétude de ne pas rester maître du bateau. Il décrivait une situation "explosive" à bord. 
Dimanche, Oscar Camps a également participé personnellement à l'opération de communication visant à dramatiser la situation. Il a fait monter en effet la pression en mettant l'accent sur le "désespoir" des migrants, une appréciation subjective peu vérifiable et mesurable sur une quelconque échelle: dans un tweet, il a posté une vidéo où il monte en épingle la mise à l'eau d'un groupe de quatre passagers pour tenter de rallier Lampedusa à la nage. 

Oscar Camps
✔@campsoscar
17 días secuestrados en #OpeArms llevamos días avisando. Lo ordenó el Tribunal Adminitrativo Italiano, desembarco y asistencia urgente.@JunckerEU@EP_President#AngelaMerkel@sanchezcastejon
@EmmnuelMacron
¿Que más necesita @matteosalvinimi para su camapaña política?¿Muertos?

Les  nageurs ont pu être ramenés sur le navire, mais aucun tweet ne le montre. La scène n'est pas jugée suffisamment médiatique...

Le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, avait accepté samedi  de laisser débarquer 27 migrants mineurs non accompagnés. Mais il continue à refuser le débarquement du reste des passagers. Veillant à se donner une image humaniste, la presse engagée en profite pour pointer l'élu italien et ses électeurs. A la vérité, les pays européens ont pris entre eux des engagements et Salvini respecte ces accords. "La Commission (européenne) a eu des contacts intensifs au cours de la semaine écoulée et nous sommes très reconnaissants de la coopération de la France, de l'Allemagne, du Luxembourg, du Portugal, de la Roumanie et de l'Espagne", avait commenté vendredi Vanessa Rock, une porte-parole de la Commission en vacances, bien qu'il ait accepté de recueillir 27 migrants mineurs non accompagnés de l'Open Arms, dont le nombre de passagers est ainsi passé de 134 à 107. Mais "aucun pays européen n'a fait de pas formels pour accueillir les migrants se trouvant à bord", avaient d'ailleurs souligné le même jour le ministère de l'Intérieur italien, réclamant des engagements concrets.

Des motivations moins humanitaires que politiques 
 
Cet affrontement entre un navire d'internationaliste du type 'No border' et le ministre de l'Intérieur italien est le énième, alors que se multiplient les opérations de sauvetage de migrants comptant sur les associations pour prendre le relais des passeurs qui les abandonnent en haute mer.  
Les associations sont elles-mêmes entrées en rivalité. L'Ocean Viking, le navire de SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières (MSF), cherche également un port pour débarquer 356 migrants secourus, pour certains, il y a 10 jours. Il navigue désormais au ralenti à mi-chemin entre Malte et, encore une fois...Lampedusa, port sicilien décidément très recherché.

Côté espagnol, également confronté à une crise politique à laquelle l'afflux de migrants n'est pas étranger, Pedro Sanchez, a fait marche arrière ces derniers mois sur la politique migratoire accueillante de ses débuts en juin. Après avoir recueilli l'Aquarius et ses plus de 600 migrants, puis trois fois l'Open Arms, en août, le dirigeant socialiste en sursis avait brusquement refusé de recevoir l'Aquarius et n'avait depuis permis aucune arrivée de bateau d'associations de passeurs, parallèlement au navire Ocean Viking, tandis que le décret lui interdisant les eaux territoriales italiennes est toujours en vigueur et que les autorités maltaises restent sourdes à ses demandes.

Le gouvernement français fait sa pub.
Le ministère français de l'Intérieur a fait savoir dimanche que la France s'est engagée à accueillir 40 migrants de l'Open Arms.

jeudi 7 février 2019

Le vice-premier ministre italien a rencontré des Gilets jaunes : Le Drian ne décolère pas

Le Quai d'Orsay entend contrôler la "libre circulation" de ce partenaire européen de la France

La rencontre de Luigi Di Maio avec un groupe de "gilets jaunes" est vécue par le Quai d'Orsay comme une "nouvelle provocation"

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Mercredi 6 février, Jean-Yves Le Drian s'est irrité de la rencontre du vice-Premier ministre italien, Luigi Di Maio, avec des "gilets jaunes" en France, mardi : une "nouvelle provocation"  "pas acceptable", a estimé cet ancien ministre socialiste de Hollande et actuel ministre de l'Europe, désireux de contrôler la vie de ses concitoyens et amis européens. 
Les relations entre Paris et Rome sont en effet exécrables depuis quelques mois, notamment à cause des sujets de l'immigration, de la Libye ou encore de la ligne de TGV Lyon-Turin, mais aussi du sectarisme idéologique du septuagénaire.

M. Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, anti-système), a annoncé cette rencontre sur les réseaux sociaux.

Elle a eu lieu mardi en région parisienne avec des responsables des "gilets jaunes" et il  conclut:
"Le vent du changement a franchi les Alpes. Je répète: le vent du changement a franchi les Alpes". 


"Cette nouvelle provocation n'est pas acceptable entre pays voisins et partenaires au sein de l'Union européenne", a commenté un porte-parole du Quai d'Orsay lors du point presse électronique du ministère, sur fond de tensions récurrentes entre Rome et Paris.
Le porte-parole du ministre a fait la leçon au vice-premier ministre italien. "M. Di Maio, qui assume des responsabilités gouvernementales, doit veiller à ne pas porter atteinte, par ses ingérences répétées, à nos relations bilatérales, dans l'intérêt de la France comme de l'Italie".

Alors que le président français ignore les Gilets jaunes, ne les nommant même pas, et refuse donc de les rencontrer, le responsable italien s'est déplacé pour les connaître. Il a notamment vu un délégué des gilets jaunes, Christophe Chalençon, et des candidats aux élections européennes sur la liste d'Ingrid Levavasseur, selon un message qu'il a posté sur les réseaux sociaux. 
Début janvier, M. Di Maio avait déjà apporté un soutien appuyé aux "gilets jaunes": "Ne faiblissez pas!" leur avait-il lancé sur le blog du M5S, mouvement politique atypique né en 2009 du rejet de la classe politique par une partie des Italiens.




Et du côté des "gilets jaunes", la situation est confuse et crée des tensions chez les initiateurs de la liste RIC pour les Européennes

Du côté d'Ingrid Levavasseur, l'heure est à la sidération et à la colère, selon Le Monde. 




Christophe Chalençon est accusé d'avoir pris l'initiative de cette rencontre de manière "unilatérale". Ancien candidat à la législatives de 2017 dans le Vaucluse, sous l'étiquette divers droite, l'artisan forgeron de 52 ans est une figure des "gilets jaunes". 

Or, le journal Le Monde assure qu'il s'est présenté mardi comme le porte-parole de la liste RIC, alors qu'il n'avait jusqu'ici aucun lien avec cette dernière.
"C'est totalement faux, s'est d'ailleurs insurgée l'aide-soignante Ingrid Levavasseur dans les colonnes du journal du soir. Il n'est pas du tout porte-parole, la mayonnaise lui est montée au cerveau, il s'est mis en avant devant les Italiens." Vexée de ne pas avoir été sollicitée, Levavasseur se serait opposée à cette rencontre pour avoir été informée à la dernière minute. 

"Je savais qu'il y avait eu des contacts, concède-t-elle, mais j'avais dit qu'il n'était pas question de les rencontrer à ce moment-là, dans ces conditions et en présence de personnes étrangères à la liste", a-t-elle encore déclaré. "Sidérée" par les événements, elle déplore une situation "horrible, c'est une usurpation totale. (...) C'est le monde des requins qui s'invite au coeur de notre projet. C'est vraiment terrible."

Levavasseur qui ne maîtrise ni la situation, ni les horloges, peine à rassembler et constituer sa liste pour les Européennes. 
Ce sont les femmes, pourtant nombreuses sur les ronds-points, qui lui font défaut. 
Il faut Marlène Schiappa s'en mêle...

vendredi 25 janvier 2019

Le phénomène Gilets jaunes a gagné l'U.E. : le mouvement est-il aussi anti-européen ?

En se posant en champion de l'Europe, Macron aggrave-t-il son cas ?

Le hasard des circonstances en ont fait le "maître du chaos"


Emmanuel Macron se voit décerner le titre de "champion du monde de foot", sans rien faire, arrivant simplement au moment de la remise de la coupe. Il accepte aussi d'être sacré "champion de la Terre" à New York (Hollande savait au moins pourquoi il lui avait été décerné, dans la foulée de la COP21 en 2015), à l'automne 2018 (titre partagé avec Narenda Modi, le premier ministre indien), quatre mois seulement après son arrivée à l'Elysée (et bien qu'il n'ait pas réussi à faire venir un représentant de l'administration Trump au One Planet Summit, ce sommet dédié à la finance verte, le 12 décembre 2017, à Paris), par effraction, pour contrer Marine Le Pen, en mai 2017, et alors que la consommation générale d'énergie est en hausse de 4,2%  sur l'année 2017 par rapport aux objectifs fixés et que la consommation des énergies renouvelables est, elle, en-dessous des prévisions. Comprenne qui peut cette conjonction de distinctions honorifiques... Un peu comme la remontée de la popularité du tandem exécutif, selon des entreprises de sondages, en dépit de plus de deux mois de crise sociale, dont on ne voit pas l'issue, et deux shows télévisés 
filtrés par des préfets et encadrés par des maires ruraux sélectionnés   - , qui ne trouvent pas le seul public qui vaille, celui des contestataires.
Alors que Macron cherche toujours auprès d'élus locaux des solutions pour apaiser la colère des Gilets jaunes français à l'origine du phénomène, 
le mouvement de contestation gagne peu à peu d'autres pays européens. 

Les actions de "Gilets jaunes" en Europe
En décembre 2018
La contestation prend toutefois des formes différentes.
La Belgique est le premier pays étranger à avoir repris le mouvement des "gilets jaunes", avec une violence similaire à celle constatée sur les Champs-Elysées les 1er et 8 décembre à Paris. Des centaines de manifestants ont convergé devant les institutions européennes de Bruxelles, pour réclamer la fin du "carnage social". Résultat, deux véhicules de police incendiés et une soixantaine d'interpellations vendredi dernier.
Dès le 30 novembre, près de 300 gilets jaunes s'étaient rassemblés à Bruxelles pour protester contre les hausses du prix du carburant et des taxes. France24 rapporta : "en Belgique, les actions ont commencé dès vendredi [16 novembre], une tradition dans le pays. Plusieurs dizaines de manifestants ont bloqué les raffineries de Feluy (Charleroi), Wierde (Namur) et de Wandre (Liège). L’objectif serait "de mettre à sec le pays" en matière de carburants selon les appels lancés en ligne, afin de faire réagir rapidement les dirigeants politiques".
Certains manifestants ont aussi demandé le départ du premier ministre, Charles Michel. La manifestation qui avait commencé calmement a dégénéré en "jets de pavé contre canon à eau", rapporta l’AFP. Charles Michel a remis sa démission en décembre 2018, mais le souverain l'a chargé d'expédier les affaires courantes jusqu'aux élections de 2019.


Libération avait cru pouvoir établir une distinction. "Les revendications belges plutôt proches du mouvement français diffèrent toutefois sur un point : la représentativité et le débouché politique. Alors que parmi les propositions des gilets jaunes français on retrouve notamment celle de la création d’une assemblée citoyenne, les gilets belges (au moins une partie) veulent se lancer en politique, et créer un parti politique pour les prochaines élections fédérales. L’annonce avait été faite par Claude Gilles, un des porte-parole du mouvement et ancien membre d’un micro-parti classé à l’extrême droite." En France, une première liste 'Gilets jaunes' s'est déclarée et la différence établie par Libération ne résiste pas à l'épreuve du temps et elle est proche de Macron, pour retirer des voix à ses concurrents aux Européennes, en passant pour contestataire.

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Libération a également convoqué la Serbie en appui de sa démonstration. "En Serbie, un leader d’un mouvement de droite nationaliste, Boško Obradović, est intervenu au parlement avec un gilet jaune pour demander une baisse du prix des carburants… menaçant de manifestations comme en France." Quiconque revêt un gilet jaune serait d'extrême droite, selon Libération, dans sa tentative primaire de diabolisation du mouvement : ainsi, le député Jean Lassalle, ci-dessus ?


Aux Pays-Bas, la contestation se fait dans une ambiance plus apaisée.
 Samedi dernier, 120 Gilets jaunes se sont retrouvés devant le parlement à la Haye. Certains ont également bloqué une autoroute, alertant sur leurs difficultés financières. Des rassemblements néerlandais contre la vie chère et la politique de leur gouvernement se sont tenus à Amsterdam, Rotterdam ou La Haye.
Un sondage posté sur un groupe Facebook Gilets Jaunes auquel ont participé plus de 600 internautes, indique toutefois que, outre une meilleure prise en charge des frais de santé ou la démission du Premier ministre Mark Rutte, l’immigration et le "pacte de Marrakech" (un texte émanant de l’ONU et organisant les migrations internationales qui devait être signé le 10 décembre par les chefs d’Etat, et auquel l’extrême droite s’oppose fermement ) occupent deux des trois premières places. 
Libération n'envisage pas que les Gilets jaunes mettent l'Union européenne en question du fait des accords de Schengen, un traité sur la suppression des contrôles aux frontières européennes, signé en 1985.

En Allemagne, c'est l'extrême droite qui s'est emparée du mouvement. Trois organisations ont appelé leurs soutiens à manifester devant la porte de Brandebourg à Berlin. Ils protestaient contre le Pacte des Nations Unies, souhaitant "des migrations sûres, ordonnées et régulières". Un combat éloigné de celui des Gilets jaunes français qui a pris ses racines dans les taxes, notamment la hausse des prix des carburants.
Des Gilets jaunes à Bruxelles, le 8 décembre dernier.

Si la chancelière Angela Merkel avait apporté son soutien à Emmanuel Macron au début de la crise en France, elle a changé de ton avec l'apparition de "Gelbe Westen", des Gilets jaunes. Au début décembre, une manifestation anti-Merkel s’était même tenue à Berlin, à l’appel notamment du mouvement anti-islam Pegida, réunissant moins d’un millier de personnes.

En Hongrie, le jaune fleurit dans les manifestations anti-Orban
Dans ce pays dirigé par le conservateur Viktor Orban, l’actualité sociale est surtout marquée par un mouvement de protestation contre une loi assouplissant le droit du travail et en particulier les heures supplémentaires. Des manifestations sont organisées quotidiennement, celle du 16 décembre ayant rassemblé jusqu'à 15.000 participants. Or, dans ce mouvement, certains manifestants ont enfilé gilets jaunes en écho aux protestations françaises.

En Pologne, les agriculteurs enfilent le gilet
On a pu compter quelque 300 agriculteurs polonais revêtus d'un gilet jaune pour bloquer pendant plusieurs heures une autoroute en direction de Varsovie. La référence au mouvement français était assumée, afin de se faire davantage entendre. Mais l’action s’est terminée dans le calme, après des discussions avec la police et rencontre avec le ministre de l’Agriculture.
Ces manifestants réclamaient une aide aux éleveurs touchés par la peste porcine africaine (PPA). Ils ont lancé un ultimatum au gouvernement, qui avait jusqu’à la mi-janvier pour satisfaire leur demande. 

Et aussi…
  • Au Portugal, des appels à manifester ont été lancés sur Facebook pour mettre le pays "à l’arrêt" en s’inspirant du mouvement français. En décembre, les autorités se préparaient à cette première journée de mobilisation, tout en rappelant l’obligation de déclarer à l’avance toute mobilisation.
  • Au Royaume-Uni, où l’accord sur le Brexit avec l’UE divise, quelques partisans d’une sortie de l’Europe ont sorti pour la deuxième fois le gilet jaune à Londres, perturbant notamment le trafic routier. Libération tient absolument à ce que l'apparition des gilets jaunes en Angleterre soit aussi fortement liée aux groupes d’extrême droite, tout en admettant que le contexte particulier du Brexit puisse avoir un rôle, mais sans indiquer que les pro-Brexit se répartissent également entre Conservateurs et Travaillistes, sachant que la tête de ces derniers, Jeremy Corbyn, chef de l'opposition officielle, marqué à la gauche du parti, et fortement contesté (il fut mis en minorité) est un partisan ambigu de l'UE. Mediapart observa ainsi qu'il se montra "extrêmement réticent à se lancer dans la campagne référendaire"."










  • Même tableau en Irlande, où une centaine de personnes s’était réunie dans le centre-ville de Dublin.




  • En Bulgarie, des blocages d’axes routiers étaient intervenus dès le mois de novembre pour protester contre la flambée du prix des carburants.
  • En Italie, des revendications anti-europe retiennent l'attention de Libération. La mobilisation des gilets jaunes s’est lancée sur les réseaux sociaux en Italie, avec la création le 19 novembre d’une page Facebook, 'likée" plus de 6.000 fois. Parmi les revendications, on retrouve pêle-mêle la baisse du prix du carburant et de certaines taxes, mais aussi des revendications europhobes, clairement hostiles à la directive Bolkestein conférant  l'application du droit du travail au pays d'origine du travailleur et non plus au pays dans lequel s'effectue le travail, le droit), ce que Libération évite de préciser.




  • Dans le reste du monde, des Gilets jaunes ont manifesté vendredi dernier en Israël, contre l'augmentation du coût de la vie, sept ans après un large mouvement de contestation sociale contre la vie chère.
    D’autres tenues fluorescentes ont été aperçues dans des manifestations au Liban, en Afrique du Sud, en Russie et même en Irak, à Bassora, deuxième ville du pays.

  • Macron est vraiment le champion de la planète...


    Quel est le rôle exact d'Ingrid Levavasseur ?
    Cette aide-soignante de 31 ans  a été aussitôt étiquetée "Gilet jaune modérée ". Bizarrement, cette contestataire consensuelle est originaire de l'Eure, tout comme Sébastien Lecornu, son ex-député, avant d'être ministre des Collectivités territoriales et co-"animateur" du "grand débat national" organisé pour circonvenir le mouvement des Gilets jaunes, et département d'accueil de ce Barnum itinérant de Macron pour sa première représentation à Grand Bourgtheroulde, dont le maire (2016-2017) fut Bruno Questel, avant d'être député LREM.
    Cette tête de caravane macronienne est première de cordée sur la liste du "ralliement d'initiative citoyenne", l'autre RIC: pour les Européennes (et les municipales qui suivront) ? Inféodée à LREM, sert-elle à renouer le lien entre le mouvement des gilets jaunes et l'UE ?

    mardi 27 novembre 2018

    "Gilets jaunes": Hollande tacle le gouvernement et demande plus de redistribution

    L'ancien président préconise le renforcement de l'assistanat de l'"ancien monde"

    'Réchauffer un serpent dans son sein', puis le renier

    Résultat de recherche d'images pour "nationalismes Macron"
    L'ancien président s'en est pris lundi au gouvernement, et notamment au ministre du Budget Gérald Darmanin qui a parlé de "peste brune" à propos des "gilets jaunes".
    "Comment peut-on utiliser des mots comme ça ? Ca déconsidère même celui qui l'emploie, ce mot-là, pas ceux qu'il vise", a déclaré l'ancien président de la République sur France Inter.
    Sur les Champs-Elysées, "ce ne sont pas des gilets jaunes qui ont manifesté, c'est la peste brune", avait affirmé G. Darmanin, dimanche sur RTL.

    Pour François Hollande, les "gilets jaunes" sont le signe d'une "aspiration populaire à être regardés (...), entendus (...), compris". 

    Il a en revanche passé sous silence la métaphore de Macron sur la "lèpre nationaliste"
    Le 21 juin 2018, lors d'une allocution à Quimper en Bretagne, Emmanuel Macron avait agressé ses voisins italiens, dénonçant la "lèpre qui monte" en Europe, allusion au nationalisme. Le président français s'était emporté contre "le nationalisme qui renaît, la frontière fermée que certains proposent", ainsi que ceux qui "trahissent même l'asile". Le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini y a vu des "insultes" à son pays. "Si Macron cessait d'insulter et pratiquait concrètement la générosité qui emplit sa bouche, en accueillant les milliers d'immigrants que l'Italie a accueillis ces dernières années, ce serait mieux pour tout le monde", a riposté, lors d'une visite à Terni, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, selon l'agence de presse italienne AGI.

    Macron met en garde contre la "lèpre nationaliste" et un retour aux années 1930
    Macron est "frappé" par la ressemblance entre la situation actuelle en Europe et celle des années 1930, a-t-il déclaré à Ouest-France, quatre mois plus tard, mercredi 31 octobre 2018. "Dans une Europe qui est divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique, on voit presque méthodiquement se ré-articuler tout ce qui a rythmé la vie de l'Europe de l'après Première Guerre mondiale à la crise de 1929", a élucubré le président en campagne des Européennes de mai prochain, dans la crainte d'une contamination, conscient que sa politique implacable puisse être désavouée au profit de l'extrême droite qu'il installe, dans l'opinion, au rang de premier parti d'opposition.

    Une leçon de démocratie  qui irrite le Japon.
    La comparaison médicale utilisée à plusieurs reprises par Macron a fait réagir un ambassadeur de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Yohei Sasakawa, ambassadeur de bonne volonté de l’OMS pour l’élimination de la lèpre et pour le droit des personnes qui en sont atteintes, a envoyé une lettre au président français regrettant l’utilisation de la "lèpre" comme métaphore négative. 
    Il rappelle qu’il lui avait déjà écrit à ce sujet au mois de juin après son discours à Quimper dans lequel il avait déjà parlé d’une "lèpre qui monte" en Europe pour parler du retour du nationalisme. Bis repetita. Cette piqûre de rappel aura-t-elle un effet cette fois-ci? Macron n'entend rien, ni personne.

    Le produit des taxes sur les carburants doit être davantage redistribué, 

    C'est le conseil du président qui a renoncé à se représenter à l'issue de son quinquennat. Interrogé sur un éventuel abandon par le gouvernement des hausses de taxe prévues en janvier, Hollande a suggéré que l'exécutif se réaligne sur la trajectoire carbone fixée sous son propre quinquennat ou qu'il y ait une "réallocation" des recettes supplémentaires pour accompagner la transition énergétique (chèque énergie, isolation des logements). Un retour à l'"ancien monde" de l'assistanat.

    "L'égalité, la justice fiscale, elle n'est pas au rendez-vous. Sur la même ligne que le PCF, Hollande a estimé que ce qui marquera le début de ce quinquennat, c'est la suppression de l'impôt sur la fortune",  qui avait déjà qualifié Emmanuel Macron de "président des très riches" il y a quelques mois.

    Le mentor de l'actuel président de la République a invité son successeur à davantage considérer "les corps intermédiaires", et notamment les organisations syndicales.
    Il a notamment critiqué le refus du Premier ministre Edouard Philippe de prendre en compte la proposition du patron de la CFDT Laurent Berger de réunir les acteurs sociaux pour construire un "pacte social de la conversion écologique".
    "On a la chance d'avoir une proposition qui vient d'un partenaire social [proche du PS] qui est le premier syndicat dans le secteur privé et qui vient vous dire 'est-ce qu'on [ne] peut pas se mettre autour d'une table pour trouver ensemble des solutions ?'. On n'envoie pas le Premier ministre un dimanche soir à la télévision pour repousser d'un revers de main une proposition qui part avec un bon esprit, qui cherche une issue et qui aurait empêché si elle avait été reprise d'avoir une semaine de manifestations, et le samedi assez cruel dont nous avons eu le spectacle sur les Champs-Elysées", a-t-il cinglé.

    Dans un communiqué publié le 14 novembre, le Parti socialiste a souhaité un "gel des augmentations des taxes sur le carburant prévues en janvier".