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mardi 21 janvier 2020

Sanctions sur les grévistes : étalement réduit du paiement des jours de grève

Le non-paiement des jours de grève ne sera pas trop étalé, prévient le gouvernement
Les directions de la SNCF et de la RATP ont reçu des ordres pour que le non-paiement des jours non travaillés des grévistes soit étalé

La ministre des Transports prévient les grévistes que le non-paiement de leurs jours de grève ne sera pas beaucoup étalé.
Tatie Elisabeth est allée se payer du bon temps au Maroc pour Noël
Or, après 45 jours de mouvement social, les caisses des grévistes s'amenuisent et ils ne pourront pas compter sur un salaire avant longtemps.

dimanche 19 janvier 2020

Violences policières: manifestant frappé au sol à Paris

La police des polices s'est vu confier l'enquête

Radicalité du pouvoir et radicalisation de ses opposants

Les images montrent la séquence extraite de son contexte où un policier frappe un homme à terre le visage en sang. (Capture d'écran -Twitter)

"""Des violences de la part des forces de l’ordre" (en un mot, des violences policières !) ont marqué la manifestation parisienne des Gilets Jaunes du samedi 18 janvier, selon la présentation qu'en donne L'Obs.
Une vidéo de la scène - dont il n'est donné connaissance ni de la séquence précédente, ni de la suivante - montre en effet un jeune homme à terre, le visage en sang, frappé par un policier. L’affrontement s'est produit rue du Faubourg-Saint-Martin, à proximité de la Gare de l’Est dans le 10e arrondissement, à deux pas de la salle de théâtre où (à 1,5 km) des militants d'extrême gauche ont surpris le couple Macron se distrayant - pendant les grèves -  à la représentation de 'La Mouche' aux Bouffes du Nord et où il a fallu exfiltrer le couple face à l'intrusion de manifestants qui ont caillassé sa voiture sous escorte de forces de sécurité.  

Tournée par l’AFPTV quelques minutes après, une autre vidéo montre la suite de l'interpellation. 
Le policier, qui appuie son genou sur le bras du rebelle, tente de neutraliser l'individu couché sur le ventre et déjà menotté.

Dans l’après-midi, plusieurs autres vidéos dénonçant les violences policières avaient été partagées sur les réseaux sociaux. La phase de l'interpellation qui est choisie est fonction du biais choisi par le journal ou l'internaute et l'ensemble des documents devra être pris en considération.

Cette semaine, Macron a demandé à l’Intérieur de faire rapidement des "propositions pour améliorer la déontologie" des forces de l’ordre accusées de violences

Or, ces soupçons s'ajoutent à un nouvel appel de Christophe Castaner à l' " l’exemplarité" des forces de l'ordre, ce qui a visiblement eu pour effet de braquer des policiers sous pression après des mois de manifestations.

Le Parquet de Paris a en outre ouvert aussitôt une enquête, ce dimanche 19 janvierconfiée - dans des délais extrêmement brefs (24 heures) - à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique après la diffusion de la première video. 

Climat insurrectionnel : plusieurs enquêtes ouvertes

Tensions devant la gare de Lyon
"Quelques milliers" de manifestants avaient défilé samedi après-midi à Paris, à l’appel des Gilets Jaunes, en scandant des slogans anti-Macron, anti-policiers ou contre la réforme des retraites, un rassemblement marqué par des heurts avec les forces de l’ordre. Dès le début d’après-midi, les forces de l’ordre ont créé des tensions, intervenant "pour disperser un bloc qui tentait de se constituer en tête de cortège", selon la préfecture de police de Paris, dont le patron, le préfet Diedier Lallement, n'apparaît plus dans les media, mais concentre néanmoins la rancoeur et les critiques.

Mais c’est surtout à l’arrivée devant la gare de Lyon, que le face-à-face s’est durci dans ce cortège organisé pour la 62e journée de mobilisation des Gilets Jaunes, avec notamment l’incendie d’une baraque de chantier à quelques mètres de l’entrée de la gare.
59 personnes ont été interpellées, a indiqué la Préfecture de police de Paris peu après 20 heures. 33 personnes avaient été placées en garde à vue à 18 heures, a de son côté précisé le Parquet de Paris.

En seulement quelques jours, plusieurs cas de brutalités policières ont fait l’objet d’ouverture d’enquêtes confiées à l’IGPN. 
Le 15 janvier, une enquête pour "violences par personne dépositaire de l’autorité publique" à la suite du croche-pied volontaire et délibéré d’un policier à une manifestante, filmé et largement partagé sur les réseaux sociaux lors d’une manifestation contre la réforme Macron des retraites du 11 janvier à Toulouse. 

Deux jours plus tôt, le Parquet de Paris avait ouvert deux nouvelles enquêtes pour des violences policières commises lors de la manifestation du 9 janvier, notamment contre une syndicaliste de la RATP, matraquée alors qu’elle ne faisait que tenter, selon elle, de ramasser son téléphone. La première, ouverte pour "violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une incapacité inférieure à huit jours", fait suite à une plainte déposée par une conductrice de la RATP, par ailleurs militante au syndicat UNSA.

Cette syndicaliste réformiste accuse un fonctionnaire de police - vidéo à l’appui - de l’avoir "violemment frappée" (sic) à la fin de la manifestation, alors qu’elle se trouvait à proximité de la gare Saint-Lazare. Ce policier "avait de la haine dans les yeux", a commenté sur RTL "cette mère de famille" (sic), victime d’un "traumatisme crânien".
Dans la vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux, on voit le policier lui asséner plusieurs coups de matraque télescopique, notamment au niveau du visage, alors qu’elle cherche à ramasser son téléphone portable tombé à terre.

Le seconde enquête concerne une scène diffusée là aussi sur Internet. 
Elle est ouverte pour "violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique", impliquant une aide-soignante de Sud Santé [syndicat révolutionnaire trotskiste] et un manifestant de 23 ans, frappé au sol, alors qu’il tentait de lui venir en aide, d'après leurs déclarations. 

Ces procédures, confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), sont venues s’ajouter à l’enquête préliminaire ouverte dès vendredi après la diffusion d’une vidéo montrant un policier tirant à bout portant sur des manifestants avec un LBD

mardi 7 janvier 2020

Retraites: la CFDT et l'UNSA lancent un ultimatum à Macron

Ces syndicats "réformistes" veulent un retrait de l'âge pivot d'ici vendredi

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, ainsi que celui de l’Unsa, Laurent Escure, souhaitent que l’âge pivot soit retiré du projet

Résultat de recherche d'images pour "bras de fer"Ils fixent la date-butoir à vendredi, date de la réunion prévue sur la mise en place d’une "conférence de financement".
A l’issue d’une réunion multilatérale au ministère du Travail, ce mardi, Laurent Berger a déclaré : "Dans l’état de tension dans lequel est notre pays, ce serait de bon ton d’avoir une annonce que l’âge pivot est retiré du projet de loi actuel, sinon la CFDT ne s’inscrira pas durablement dans cette discussion."
"Si l’objectif de cette conférence de financement, c’est de recycler l’âge pivot, la réponse est non", a-t-il catégoriquement affirmé, alors que le secrétaire d'Etat Fesneau a révélé qu'un projet de loi est déjà rédigé et entre les mains du Conseil d'Etat (lien PaSiDupes)

Le coût de la réforme n'est pas chiffré; les financeurs ne sont pas désignés

Le numéro 1 de la CFDT résume la situation : "Ce que l’on demande, c’est que l’on prenne le temps de réfléchir au financement du système de retraite, au calendrier de l’équilibre recherché et que l’on regarde toutes les possibilités sur la table, mais qu’on ne s’inscrive pas dans une volonté d’équilibre de court terme qui consiste à travailler plus longtemps."

Sa confédération sera "mobilisée" en régions samedi prochain, a-t-il également précisé.  C'est la date de manifestation choisie par l’intersyndicale qui demande le retrait pur et simple du projet (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFE-CGC et organisations de lycéens).

Le secrétaire général de l’Unsa  a dit espérer "que vendredi on aura une réponse définitive", Laurent Escure laissant au gouvernement "trois jours" pour décider.

mercredi 11 décembre 2019

Réforme des retraites: "La ligne rouge est franchie" par Edouard Philippe, grondent les syndicats

La plupart des syndicats annoncent une intensification du mouvement social

Philippe a présenté la réforme des retraites





Mercredi 11 décembre, le premier ministre a provoqué de vives réactions des syndicats réformistes, CFDT ou UNSA, comme de la CGT ou FO, qui ont dénoncé le projet du gouvernement, certains évoquant une dépassement de la "ligne rouge", tandis que le MEDEF  ne dissimulait pas sa satisfaction.

Macron engage le bras de fer

La seule note positive est venue du principal syndicat patronal. 
"Du côté des entrepreneurs que représente le MEDEF, c'est un bon équilibre entre une réforme qui est redistributive (...) et la nécessité que tout ça doit être financé par quelqu'un et donc qu'il faut, quand c'est possible, qu'on travaille plus longtemps", a-t-il réagi après l'intervention du premier ministre.


"Il y avait une ligne rouge dans cette réforme, c'était le fait de ne pas mélanger la nécessité d'une réforme systémique (...) et la réforme paramétrique qui demanderait aux travailleurs de travailler plus longtemps, cette ligne rouge est franchie", a déclaré le numéro un de la CFDT, Laurent Berger dans les couloirs du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Il a dénoncé une réforme "lestée par un angle budgétaire accru".

"Le gouvernement s'est moqué du monde," a estimé le secrétaire général de la CGTPhilippe Martinez. "Le gouvernement veut individualiser le système de retraite (...). Tout le monde va travailler plus longtemps, c'est inacceptable", apour sa partdéclaré Ph. Martinez, sur LCI. 
Après les annonces du premier ministre, qui a confirmé "le régime injuste par points," Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT-Cheminots (syndicat dominant à la SNCF),  a appelé à "renforcer la grève".

Le discours d'Edouard Philippe détaillant la réforme n'est "pas à la hauteur de nos revendications", a regretté Didier Mathis, secrétaire général de l'UNSA ferroviaire, deuxième syndicat de la SNCF et premier à la RATP.
Visiblement abattu, Laurent Escure, le secrétaire général de l'UNSA, s'est contenté d'exprimer sa "déception". "On a eu la désagréable surprise, qui est une ligne rouge pour nous, qui est la question de la mesure d'âge", a-t-il constaté, sobrement, assurant que la mobilisation de ses fédérations à la SNCF, la RATP et chez les enseignants pourrait "se globaliser".

mardi 10 décembre 2019

Grève à la RATP : "Macron, on va le mettre à genoux"

Le président se tient en retrait et se tait, mais est visé

La colère populaire s'étend : sera-t-il emporté ?
(Pour cet article, le compteur est bloqué: vous n'y pouvez rien, moi non plus. Alors qui ?)
Manifestation du syndicat CGT des cheminots à Versailles (Yvelines), le 5 décembre 2019.Les conducteurs des lignes 5 et 7 du métro parisien, déterminés, ont déjà reconduit l'arrêt du travail jusqu'à jeudi inclus. Ils savent qu'ils n'ont rien à attendre des annonces du gouvernement mercredi 11, alors que les discussions sur le rapport Delevoye remis le 19 juillet ne cessent d'aggraver la situation, alimentant les angoisses des Français depuis six longs mois. Le Point et Capital insistent, maladroitement au final, sur "près de 50 réunions" que Jean-Paul Delevoye a eu avec les partenaires sociaux depuis juillet. Situation ubuesque provoquée par Macron, un apprenti stratège de la politique imbu de sa personne.

Dans cette assemblée générale de grévistes de la RATP, on commence par se compter. Pas besoin d'Occurrence, cabinet d'étude et de conseil en communication, ni d'aucun expert... "Un", crie un premier conducteur de métro au fond de la salle. "Deux", "trois", "quatre", enchaînent les autres, dans les coulisses de la station Porte de la Villette, sur la ligne 7… En quelques instants, on arrive au nombre significatif de 74 personnes : jeudi, il n’y avait que trente présents. Ce lundi, des chauffeurs des lignes 5 et 7 bis ont rejoint ceux de la 7 dans ce point fort de la contestation contre le projet de réforme des retraites qui menace le régime spécial des salariés de la régie des transports franciliens, sans proposition d'alternative acceptable. 

La grève ne fait que commencer

Cette forme de convergence consacre l’unité des conducteurs dans le combat et l’élargissement du conflit. Un délégué UNSA (syndicat majoritaire à la RATP) de la 5, Bastien, est le premier à prendre la parole : "Le projet de réforme est toujours là. On continue la grève, on durcit le mouvement. On n’a pas le choix. C’est nous le terrain, c’est nous qui décidons ! Mercredi, après les annonces, il faudra refermer la porte tout de suite." 

Le premier sinistre,
Edouard Philippe, va enfin faire l'annonce du détail de son projet en milieu de semaine. L'exécutif a tardé à accoucher de ses mesures et il est peut-être trop tard. Les grévistes anticipent un "enfumage" et ne veulent pas de "miettes" qu’on leur jetterait. La position est unanime, formulée sous les applaudissements, par Kader : c’est "le retrait de la réforme ou la grève jusque-là".  En fin de réunion, la grève sera reconduite jusqu’à jeudi inclus, par un vote à l’unanimité. Une nouvelle AG est programmée ce jour-là. Dans la salle, ils sont tous résolus à faire durer l’arrêt du travail toute la semaine. 

"C’est l’une des premières fois qu’on est plus nombreux au quatrième jour qu’au premier, souligne Kader, qui explique : "Je suis content qu’il y ait autant de monde. Il faut rester soudés. C’est aujourd’hui que la vraie grève commence." Tous savent que, la semaine dernière, les rames étaient vides parce que les voyageurs avaient pris leurs dispositions. Ce lundi matin, c’était autre chose dans les stations, avec des métros saturés, des quais remplis jusqu’aux escaliers, des bousculades, parfois des disputes entre usagers, racontent les présents, relayés par la presse détenue par les hommes d'affaires proches du pouvoir. 
Des grévistes de la RATP ont tenu des piquets de grève dès 6 heures en station, d’autres ont bloqué les tramways au départ de la ligne 1 à Bobigny (Seine-Saint-Denis). 

Des directions syndicales suspectées

Des salariés prennent le micro pour dire tout le mal qu’ils pensent des leaders syndicaux, "les Martinez (CGT), Escure (UNSA, syndicat majoritaire) et compagnie", comme dit Youssef, un meneur : "Ils sont dans une logique de négociation, explique-t-il. On les laisse faire ou on s’organise nous-mêmes ? On doit faire remonter nos revendications au sommet." Elles tiennent en un mot, prononcé par la plupart : "retrait". 
Walid, qui se présente comme "frondeur" au sein de la CGT, suggère la mise en place d’un "comité de grève" et de "représentants" du nord-est du réseau, pour se mettre en lien avec "les autres secteurs". La proposition n’est pas, pour l'heure, adoptée.
L’objectif est clair : déborder les directions syndicales. "Les hautes sphères ne nous représentent pas", argumente Walid. A voir cette réunion particulière, la base, encouragée par le succès national de la mobilisation de jeudi, est remontée comme un ressort. La dynamique est lancée, fait d'ailleurs valoir Manu, l’une des rares femmes de l’assemblée, représentante de Solidaires, c'est-à-dire révolutionnaire trotskiste de SUD: "On est sur la bonne voie, on va réussir à faire fermer cette putain de ligne à la fin." La 7 circule encore un peu aux heures de pointe, en effet. La direction de l’entreprise a concentré des ressources sur cet axe de trafic important. A la SNCF, Lla direction a "formé" en quelques heures des cadres volontaires pour occuper les postes des grévistes. 

La presse citant Kaled, Youssef ou Walid suggère-t-elle que les employés issus de l'immigration sont les plus radicaux ? 
Faut-il comprendre qu'ils seraient des bras armés de l'islamisme en France ?
Libération observe un certain Laurent, conducteur sur la ligne 7 bis, qui arbore à son pull, un badge "la Base", groupe RATP, qui évoque la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la plus petite des centrales syndicales québécoises et appartient aux travailleuses et travailleurs majoritaires de la base. 
C'est un petit syndicat créé il y a un an en France dans la RATP sur des principes de démocratie participative. Il tient le même discours, appelant ses collègues à "prendre le contrôle de cette grève". "Macron, on va le mettre à genoux, promet-il. Vive la lutte !" Il s'oppose aux syndicats réformistes: outre la CFE-CGC (cadres) et la CFTC, en retrait dans l'entreprise, l'UNSA, dominante à la RATP et la CFDT de Laurent Berger, ex- secrétaire général de la JOC (1992 et 1994)

Ils dénoncent la désinformation par les media: les employers de la RATP s'élèvent contre leur discrimination, pointant leur stigmatisation des régimes spéciaux ou leur discrimination de leur métier, alors que la réforme des retraites "concerne tout le monde". 

mardi 24 avril 2018

Griveaux tente de débaucher des cheminots

Le porte-parole du gouvernement a appelé l'intersyndicale SNCF à "regagner" mercredi la table des négociations

Fébrile, Griveaux les appelle à "utiliser toutes les heures disponibles" 

Négociation gouvernementale : "cause toujours !"
"Demain, c'est le dernier moment où vous allez pouvoir (vous) rencontrer pour fermer ce cycle de discussions", a lancé, mardi 24, le porte-parole sur CNews, à la veille  de la dernière réunion au ministère de la première phase des discussions sur la réforme .
"Je les invite à pouvoir regagner la table. Il reste deux jours, utilisons la totalité des heures disponibles", a-t-il lancé, estimant que les discussions avaient permis jusqu'ici des avancées "sur les modalités d'ouverture à la concurrence" et "sur les garanties sociales".

L'intersyndicale CGT-Unsa-SUD-CFDT a suspendu jeudi sa participation à la concertation avec la ministre des Transports Elisabeth Borne.
Elle avait demandé - sen vain - à être reçue par Edouard Philippe, "puisque, semble-t-il, c'est lui qui prend toutes les décisions", avait polémiqué Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots.
"Ils ne peuvent pas dire qu'elle [Elisabeth Borne] n'a pas de pouvoir d'un côté et contester le fait que nous avancions trop vite de l'autre", a répliqué B. Griveaux.

L'intersyndicale doit se réunir mardi pour étudier la suite du mouvement, dont une prolongation au-delà de juin a été évoquée.

Macron ne négocie pas : sa majorité impose

"La loi a été votée à l'Assemblée nationale (...) avec une majorité écrasante", a insisté le porte-parole. En première lecture, l'Assemblée nationale a adopté  le 17 avril le projet de loi par 454 voix contre 80. Celui-ci doit désormais être examiné par le Sénat.

"Regrettons qu'ils (les syndicats) n'y aillent pas (à la réunion de mercredi), mais il y a d'autres sujets qui seront demain à l'agenda, qui seront les questions par exemple de la dette, du projet de l'entreprise, (...) les conventions de branche", a-t-il également rappelé.

L'Etat s'est engagé à reprendre progressivement, à partir du 1er janvier 2020, une partie "substantielle" de la dette de SNCF Réseau, qui était de 46,6 milliards d'euros fin 2017 et continue de s'alourdir. Au nom de l'Etat, et non pas en celui des Français qui l'ont élue, la majorité présidentielle se prépare à imposer ce nouveau fardeau aux contribuables, soit seulement quelque 50% de Français.

Les dirigeants du groupe public doivent présenter d'ici l'été un "projet stratégique", et la convention collective fait l'objet de négociations entre l'Union des transports publics (UTP) - l'organisation professionnelle du secteur - et les syndicats.

lundi 23 avril 2018

La CFDT Cheminots va assigner la SNCF en justice 

Litiges sur le décomptage des jours de grève

La CFDT Cheminots a l’intention d’assigner la SNCF en justice "cette semaine" sur la question du calcul du décompte des jours de grève

Les syndicats CFDT, Unsa et CGT avaient contesté le décomptage des jours de grève et mis en demeure la SNCFil y a quinze jours, a affirmé ce lundi Rémi Aufrère-Privel, son secrétaire général adjoint. Ils avaient écrit à la direction du groupe pour dénoncer sa décision de considérer leurs différents préavis d’arrêt de travail comme étant un seul et unique mouvement, ce qui lui permet de ne pas payer des jours de repos aux grévistes, dans le système d'une grève en pointillés sur un rythme de deux jours sur cinq depuis le début avril jusqu’à la fin juin.

Une procédure d’urgence -référé heure à heure- va être lancée par la CFDT Cheminots "mercredi" ou "jeudi" devant le tribunal de Grande instance de Bobigny, pour tenter de stopper les déductions de salaire pour le mois d’avril, explique-t-on au syndicat. Le dossier est "en voie de finalisation", a déclaré Rémi Aufrère-Privel. Si le référé est accepté, une décision pourrait être rendue autour de "la première semaine de mai", estime la CFDT-Cheminots.

En parallèle, une "assignation à jour fixe" va également être déposée, mais aucune date d’audience n’est encore fixée.

D’autres syndicats pourraient engager la même procédure

La CFDT Cheminots n’a pas souhaité communiquer dans l’immédiat le détail de ses réclamations. Il ne s’agit pas d’une assignation commune à plusieurs syndicats mais d’autres pourraient engager la même procédure, a-t-elle précisé.

"Les jours de repos à la SNCF sont payés lorsque les jours travaillés ont existé", avait rappelé dimanche le patron de la SNCF Guillaume Pepy. "Lorsqu’il n’y a pas de jours travaillés, les jours de repos n’ont pas à être payés; ce n’est que du bon sens", a-t-il fait valoir.

Les syndicats, eux, dénonçaient début avril la "volonté" de la direction "d’induire en erreur" les salariés du groupe pour les dissuader de faire grève et "de nuire aux droits des agents par la diffusion de fausses informations sur les modalités pratiques d’exercice de leur droit de grève".

Macron a répété sa détermination à réformer la SNCF et a promis d'aller "au bout".

mercredi 21 mars 2018

Comment les syndicats en grève manifesteront-ils leur mépris des usagers, demain ?

Les usagers vont pouvoir apprécier l'étendue du respect des grévistes pour leurs concitoyens

A l'AFP, il n'est question que de la SNCF

Un employé de la SNCF en grève, le 17 juin 2014.

La grève qui commence demain, jeudi 22, à la SNCF va se traduire par la circulation de 40% des TGV, 25% des Intercités et 50% des TER, tandis que 30% des trains d'Ile-de-France seront assurés, soit à 70% et 75% désorganisées, a annoncé mercredi le patron de l'entreprise publique, Guillaume Pepy. Les lignes les plus fréquentées par des salariés français subiront les perturbations les plus dérangeantes.
Le patron d'entreprise a précisé que la grève commencera à se traduire dans les faits dès 19h00 mercredi et jusqu'à 8h00 du matin vendredi.

Les syndicats représentatifs (CGT, Unsa, SUD, CFDT) organisent une "manifestation nationale"  jeudi à Paris contre la réforme du ferroviaire, avec "plus de 25.000" personnes attendues.

Il faut s'attendre à "des perturbations importantes à la SNCF"a prévenu la ministre des Transports Elisabeth Borne, évoquant sur RMC les mêmes chiffres que Pepy.
"On va tout faire pour accompagner nos voyageurs, raconte Pépy. On va fermer les sièges de l'entreprise en région et au plan national pour que le maximum possible de personnels soient aux côtés des voyageurs" touchés par ce mouvement social, a-t-il promis au micro de RTL, plutôt que de faire en sorte que le dialogue avec les syndicats soit positif.

Or, "la CGT a appelé à manifester, mais quatre autre syndicats de la SNCF ont appelé eux à la grève"deux jours sur cinq, du 3 avril au 28 juin, pour s'opposer aux projets de réforme du secteur ferroviaire.
"Pour les grèves qui sont annoncées dans les semaines à venir, notre engagement est très clair: à 17h00 la veille, nous publierons la liste précise de tous les trains qui circulent", a par ailleurs promis Pepy. 

Un front commun inédit depuis des années à la SNCF.
Sur ce front, l’unité est concrète. Au lendemain de la présentation du rapport Spinetta sur l’avenir de l’entreprise publique, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, avait annoncé, le 16 février, une "mobilisation nationale" des cheminots, également le 22 mars. Au final, les quatre organisations représentatives de la SNCF (CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT), soutenues par FO, marqueront leur désaccord avec la réforme ferroviaire. La fin du statut pour les nouveaux embauchés prévue par le gouvernement a mis le feu aux poudres et a permis ce front commun que l’on n’avait pas vu depuis des années.
Au PS, le nouveau premier secrétaire, Olivier Faure, déclare que son parti s’inscrit dans l’opposition et le déclaremobilisé.

Depuis, les syndicats ont fait savoir qu’ils appellent à une grève perlée à partir du 3 avril. 
Sont ainsi programmés trente-six jours de grève, deux par deux, séparés par trois jours de non-grève. Une guerre d’usure qui doit durer jusqu’au 28 juin et pénalisera lourdement les usagers. "Face à un gouvernement autoritaire, il sera nécessaire d’être en capacité de tenir un conflit intensif sur une très longue durée", ont-ils tenté de se justifier dans un communiqué commun. Pour jeudi, ils attendent "25.000 manifestants", soit presque un cheminot sur cinq

En solidarité avec leurs collègues et bien qu’ils ne soient pas touchés par la réforme, trois syndicats radicaux de la RATP (CGT, UNSA et SUD) n'ont pas hésité à demander aux agents de la Régie des transports parisiens de cesser le travail jeudi.

Outre les cheminots, les fonctionnaires aussi sont en marche contre Macron

Rassemblement du personnel SNCF de Nouvelle-Aquitaine, le 28 février, à Bordeaux.
Le candidat Macron avait annoncé la suppression de 120.000 postes dans la fonction publique. Devenu président,  il a fait descendre plusieurs centaines de milliers de salariés dans la rue le 10 octobre 2017 pour dénoncer le gel de la valeur du point d’indice qui sert à calculer les rémunérations, le rétablissement du jour de carence en cas d’arrêt maladie ou la simple compensation de la hausse de la CSG sans gain de pouvoir d’achat.
 
A cela se sont ajoutées les mesures dévoilées le 1er février 2018 qui prévoient un recours accru aux contractuels, le développement de la rémunération au mérite et l’instauration de plans de départs volontaires. Autant d’éléments qui constituent "une réelle menace contre le statut général des fonctionnaires", selon les sept syndicats mobilisés sur la durée. 

Sept syndicats de fonctionnaires ont donc appelé à manifester, jeudi, une journée déterminante pour la suite du mouvement social.
Les fonctionnaires (et agents de la SNCF) sont appelés à descendre dans la rue pour protester contre les projets de l’Etat macronien visant leur pouvoir d’achat (et le statut privilégié des cheminots)Ils se retrouveront le 27 mars pour étudier les suites à donner au mouvement.

A Paris, deux cortèges distincts sont organisés jeudi 22, mais ils convergeront pour se retrouver place de la Bastille. "Tout le monde s’attend à une très forte mobilisation qui peut avoir un effet dynamisant pour la suite", estime Fabrice Angei, permanent en décharge syndicale à la direction confédérale de la CGT.

Ces sept syndicats représentatifs de la fonction publique (CGT, FO, FSU, CFTC, Solidaires, FA-FP et CFE-CGC) sont tombés d'accord début février pour appeler les 5,4 millions de fonctionnaires à faire grève et à descendre dans la rue. Mardi, la CGT, première organisation dans la fonction publique, annonçait plus de 150 cortèges partout en France. "C’est un étiage très haut et un élément positif", se félicite Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT.

Un mouvement 
syndical marqué par une certaine divergence de vues. 
Contrairement au 10 octobre, la CFDT et l’UNSA, respectivement deuxième et quatrième organisations dans la fonction publique, n’ont pas souhaité rejoindre leurs camarades. "Ne pas appeler à la grève ne vaut pas accord avec ce qui est proposé et ne veut pas dire que l’on n’est pas mobilisé, insistent-ils, mais dans l’établissement du rapport de force, cela nous semblait prématuré", explique Mylène Jacquot (CFDT, proche du PS). Des stratégies s’inscrivant dans l’optique des élections professionnelles qui se dérouleront dans la fonction publique en décembre.

Les enseignants ne seront pas de reste...
Pourquoi se mobilisent-ils ? 
Les branches enseignement des principaux syndicats ont appelé les professeurs à participer au mouvement. Le SNUipp-FSU dénonce notamment le fait que les 3.I881 postes créés à la rentrée prochaine dans l'Education nationale ne permettront pas de mettre en œuvre les réformes souhaitées par le gouvernement, notamment le dédoublement des classes de CP dans les zones d'éducation prioritaire. lls savent pourtant par ailleurs que les candidatures sont insuffisantes... 
Les syndicats organisations lycéennes et étudiantes (UNEF), qui protestent contre les réformes du bac et de l'université, ont rejoint l'appel à mobilisation. 
Certaines crèches seront elles-aussi fermées.

Quelles sont les perturbations attendues ? 
Sur RTL, le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a dit s'attendre à des "grèves limitées" dans les écoles. Un enseignant sur quatre sera en grève dans le 1er degré (où ils sont habituellement un sur deux), selon le syndicat SNUIPP, avec des taux variables selon les régions : 20% en Dordogne, en Haute-Garonne ou encore dans la Vienne, 35% en Lozère, dans les Alpes-de-Haute-Provence ou encore en Seine-Maritime, 40% en Seine-et-Marne et dans le Var, 45% dans le Gers 50% en Creuse et à Paris ou encore près de 55% en Seine-St-Denis (où l'assiduité scolaire est de toute façon erratique) et dans les Pyrénées-Orientales.
Seulement 10% des écoles seront fermées dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Paris ou encore en Seine-Maritime, assure le SNUIPP.

La loi prévoit un service d'accueil minimum dans les écoles, mais les précédentes mobilisations ont montré qu'il n'est que rarement assuré. 

Les contrôleurs aériens profiteront de l'aubaine
Pourquoi ces nantis se mobilisent-ils ? L'Usac-CGT, la formation majoritaire dans l'aviation civile, a appelé les contrôleurs aériens à se joindre à la mobilisation et à cesser le travail de mercredi soir à jeudi soir. Les contrôleurs aériens sont eux aussi des fonctionnaires et leur syndicat appelle à une "hausse sensible du recrutement". Vendredi, une mobilisation est aussi prévue au sein d'Air France. Dix syndicats appellent à une grève massive, tous métiers confondus, pour réclamer une augmentation des salaires de 6%.

Quelles sont les perturbations attendues ? 
Les perturbations pourraient être importantes, notamment jeudi en raison de la mobilisation des contrôleurs aériens. La Direction Générale de l'Aviation Civile a d'ores et déjà annoncé que 30% des vols seraient annulés dans les aéroports de Roissy, Orly et Beauvais. 
Du côté d'Air France, la compagnie prévoit de maintenir 75% des ses vols moyen-courriers de et vers l'aéroport de Paris Charles-de-Gaulle et 60% des court-courriers à Orly et des transversales province. La compagnie aérienne prévoit par ailleurs de maintenir 100% de ses vols long-courriers.

Une accumulation de grogne et de luttes
Le service public doit tout aux blocages des syndicats.
Comme notre économie aux migrants...

Vendredi, ce sera au tour des salariés d’Air France de prendre le relais pour réclamer des augmentations de salaires. Après une première grève le 22 février, onze syndicats de la compagnie aérienne ont décidé de mobiliser, tous métiers confondus. Un troisième round est prévu le 31 mars. 

Egalement ce jour-là, FO et la CFDT appellent les salariés de Carrefour à baisser le rideau après un vaste plan de restructuration annoncé en janvier. 

Trois jours plus tard, les cheminots entameront leur grève en pointillé. Ce qui fait dire à Pascal Pavageau, membre du bureau confédéral de FO, que "le 22 mars est une étape, une date qui s’inscrit dans un calendrier qui va se poursuivre". Seul candidat à la succession de Jean-Claude Mailly à la tête du syndicat en avril, ce dernier critique "une logique de jungle" et de "casse totale des droits collectifs". "Si le nouveau monde, c’est l’individualisation des droits et le chacun pour soi, je suis très fier de notre ancien monde", lance-t-il.

Les Français vont-ils devoir endurer un "printemps social" ? 
Raymond Soubie, président des sociétés de conseil Alixio et Taddeo, se montre réservé. "Dans le privé, il y a très peu de conflits, souligne-t-il. Et pour le 22 mars, les confédérations sont très prudentes." A l’heure actuelle, rares sont d’ailleurs les observateurs qui envisagent une éventuelle coagulation de ces mouvements. "On est plus face à une perspective de superposition des luttes, note l’historien Stéphane Sirot, spécialiste des mouvements sociaux. Mais pour le gouvernement, une multiplication des conflits n’est toutefois pas forcément plus rassurante qu’une conjonction : une litanie de mobilisations attire le regard et peut pourrir le climat politique et social."

L’exécutif, qui en est bien conscient, tente de circonscrire certains fronts, tout en affichant sa fermeté, notamment vis-à-vis des cheminots
Face à la colère des retraités – une population qui manifeste rarement, mais qui s'est mobilisée avec succès le 15 mars contre la hausse de la CSG –, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, mardi, vouloir "corriger" le dispositif pour 100.000 couples de personnes âgées qui sont "juste au-dessus" du seuil de déclenchement. 
Le pouvoir macronien avait pareillement fait marche arrière en janvier après un important mouvement de protestation des surveillants de prison. "Le gouvernement prend conscience qu’il y a un mécontentement qui commence à s’exprimer fortement mais aussi des attentes, estime M. Angei, de la CGT. Quoi qu’il en dise, ça l’oblige à reculer."