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samedi 25 janvier 2020

Retraites : le Conseil d'Etat a mis en garde le gouvernement contre sa réforme

L'arrogant Macron rejette les conseils du Conseil d'Etat 

Manque de "précision", projections économiques "lacunaires"...

De surcroît,
la plus haute juridiction administrative déplore ne pas avoir eu "les délais de réflexion nécessaires pour garantir au mieux la sécurité juridique".





A peine a-t-il fait adopter ses deux projets de loi destinés à créer un régime universel de retraite par points, en Conseil des ministres et  à la hâte ce vendredi, que, dans son avis rendu public ce même jour, le Conseil d’Etat, dézingue la manière dont l’exécutif a bouclé ces deux textes qui doivent être examinés à partir du 3 février à l’Assemblée nationale. 

L'exécutif comptait s’appuyer dans les prochains jours sur l’imposante étude d’impact effectuée par les magistrats (plus de 1.000 pages) pour enfin apporter des chiffres et convaincre du caractère "massivement redistributif" de cette réforme, il va devoir répondre aux mises en garde de la plus haute instance administrative française, pourtant peu connue pour son esprit rebelle…

Cette fameuse "étude d’impact" manquait aussi cruellement au projet

A défaut d'étude d'impact, la bande à Macron n'avait pas pu envisager le financement de son projet : après deux années de réflexion et de discussions, les bras cassés de la macronie n'avait guère bossé !

Cette étude est maintenant jugée "insuffisante" pour "certaines dispositions", ne répondant pas "aux exigences générales d’objectivité et de sincérité" et manquant de "précision", pour notamment – et ce n’est pas rien – "vérifier que cette réforme est financièrement... soutenable". "Le Conseil d’Etat constate que les projections financières ainsi transmises restent lacunaires et que, dans certains cas, cette étude reste en deçà de ce qu’elle devrait être", peut-on lire dès les premières pages de l’avis. Autrement dit, le Conseil d'Etat dénonce un travail bâclé...

Et les conseillers mettent le pouvoir en demeure.
"Il incombe au gouvernement de l’améliorer encore avant le dépôt du projet de loi au Parlement, poursuivent les magistrats, en particulier sur les différences qu’entraînent les changements législatifs sur la situation individuelle des assurés et des employeurs, l’impact de l’âge moyen plus avancé de départ à la retraite […] sur le taux d’emploi des seniors, les dépenses d’assurance-chômage et celles liées aux minima sociaux". Rien que ça.

Une soufflante, donc, du Conseil d'Etat au prétentieux de l'Elysée

Par ailleurs, si ces juristes se félicitent des longues "concertations" menées depuis le printemps 2018, ils regrettent l’"urgence" des avis demandés aux différents organismes compétents en la matière et se couvrent en cas d’inconstitutionnalité du texte. 

Selon eux, l’empressement du gouvernement à vouloir leur avis en trois semaines pour présenter ces projets de loi en Conseil des ministres cette semaine, ainsi que les nombreux ajouts en cours de route et en catastrophe n’ont "pas mis à même (le Conseil d’Etat) de mener sa mission avec la sérénité et les délais de réflexion nécessaires pour garantir au mieux la sécurité juridique de l’examen auquel il a procédé". 
"Cette situation est d’autant plus regrettable, poursuivent-ils, que les projets de loi procèdent à une réforme du système de retraite inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social". En langage juridique, c’est bel et bien une soufflante.

Le Conseil d’Etat torpille au passage le slogan présidentiel ("chaque euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous") : cet "objectif […] reflète imparfaitement la complexité et la diversité des règles de cotisation ou d’ouverture de droits définies par le projet de loi". 

Il doute également de la "lisibilité" revendiquée par le gouvernement puisque "le choix d’une détermination annuelle de chacun des paramètres du système […] aura pour conséquence de limiter la visibilité des assurés proches de la retraite sur les règles qui leur seront applicables». 

Enfin, il biffe carrément l’engagement que comptait prendre le gouvernement dans ce texte d’une promesse de revalorisations des enseignants et des chercheurs pour qu’ils ne figurent pas dans le camp des perdants de cette réforme. "Sauf à être regardées, par leur imprécision, comme dépourvues de toute valeur normative, ces dispositions (sont) contraires à la Constitution". Au revoir…

"Le projet de loi ne crée pas un régime universel"

Les membres du gouvernement et les élus du parti majoritaire noUs ont bernés.

Autre risque constitutionnel : le trop-plein d’ordonnances (29 en tout). "S’en remettre" à un tel instrument pour définir des "éléments structurants du nouveau système de retraite fait perdre la visibilité d’ensemble qui est nécessaire à l’appréciation des conséquences de la réforme", affirment les juges. 

Plus embêtant encore pour le gouvernement, l’institution bat en brèche l’idée d’un grand soir de l’universalité : "Le projet de loi ne crée pas un "régime universel de retraite" qui serait caractérisé, comme tout régime de sécurité sociale, par un ensemble constitué d’une population éligible unique, de règles uniformes et d’une caisse unique". Aïe, aïe… 

Si il  crée bien le même système pour les salariés du public et du privé, le gouvernement maintient à l’intérieur "cinq régimes" spéciaux (salariés; fonctionnaires, magistrats et militaires; salariés agricoles; non-salariés agricoles; marins) et "à l’intérieur de chacun de ces régimes créés ou maintenus", il met en place des "règles dérogatoires à celles du système universel".

Macron va donc devoir bien mieux "justifier" pourquoi il garde ces "différences de traitement […] entre assurés relevant du système universel de retraite et rattachés, le cas échéant, à des régimes distincts". En tout cas, les navigants aériens sont laissés pour compte : ils pensaient avoir sauvé leur caisse complémentaire pour financer des départs anticipés, mais ils sont rattrapés par le principe d’égalité : elle "serait ainsi la seule à bénéficier d’une compensation apportée par les ressources du système universel afin de financer à l’avenir des avantages de retraites propres», fait remarquer le Conseil pour qui «aucune différence de situation ni aucun motif d’intérêt général ne justifi(e) une telle différence de traitement". Conclusion : "Elle ne peut être maintenue dans le projet de loi."

Le gouvernement pourra toutefois raconter que le nouvel "âge d’équilibre" qu’il compte instituer, le fonctionnement "en points" proposé, les durées de transitions définies, la fin des régimes spéciaux, les droits familiaux, les mécanismes de réversion ou encore les compétences offertes à la future "gouvernance" dirigée par les partenaires sociaux devraient – sauf surprises – passer sans problème le cut du Conseil constitutionnel. 
A condition de résister aux oppositions parlementaires qui, elles, vont se nourrir des arguments du Conseil d’Etat pour réclamer un report ou l’abandon de cette réforme.
Et les grévistes sont renforcés dans leur lutte contre ce projet mal fagoté.

vendredi 27 décembre 2019

Régimes spéciaux : les contrôleurs aériens devraient conserver leurs privilèges

Macron se prépare à satisfaire les contrôleurs aériens, privilégiés notoires

La pénibilité de la profession justifie-t-elle l'ouverture à 52 ans de leurs droits à la retraite ?




Un cadeau de dix années qui ne justifient assurément pas.
Même s'ils sont théoriquement concernés par la future réforme des retraites comme l'ensemble de la fonction publique, les contrôleurs aériens conserveront certaines spécificités propres telles que l'ouverture des droits dès 52 ans ou un âge pivot fixé autour de 56 ans. 

Cherchez l'erreur dans l'attrape-nigaud de la justice sociale.
Macron, Philippe et Delevoye avaient promis un système nouveau de calcul des droits à la retraite, plus équitable pour tous!
Mais, après les militaires et les pilotes de lignes, ce sont les contrôleurs aériens devraient être épargnés par la réforme des retraites. En effet, alors que la grève se poursuit à la SNCF et la RATP ce mardi 24 décembre, 20e jour de mobilisation, et que l'exécutif reste droit dans ses bottes et sourd dans sa tête, les contrôleurs aériens devraient eux continuer à bénéficier de leurs avantages.
Faut-il modifier le législation européenne avant de réformer avant de prétendre instaurer un régime universel ?

Habitué aux défauts de méthode, Macron a clairement mis la charrue avant les boeufs... Pour ceux qui n'en croient pas leurs yeux, leur âge légal d'ouverture des droits à la retraite devrait être maintenu à 52 ans, on le répète: pincez-vous bien! Les Echos assure que le gouvernement n'a pas le choix, puisque la législation européenne impose aux aiguilleurs du ciel la détention d'une licence basée sur des critères médicaux qu'il est difficile de remplir après cet âge. Facile d'enseigner jusquà 64 ans à des collégiens sans aucun sens des obligations de la vie en société , mais trop difficile pour les aiguilleurs de plus de 52 ans de se concentrer pendant les quelques heures qu'ils assurent, soit en moyenne 32 heures par semaine. Ce qui dégage du temps pour le golf.



Autre avantage que Macron leur accorde dans un souci d'équité, l'âge pivot fixé autour de 56 ans, alors que le gouvernement souhaite qu'il soit établi à 64 ans pour tous dans le futur système de retraites à points. 
"Les négociations sont en cours, ce n'est pas encore fixé, mais il devrait a priori être d'un peu plus de 56 ans pour les fonctionnaires ayant des missions régaliennes", détaille auprès des Echos Guillaume Sintes, secrétaire national du SNCTA, le principal syndicat de la profession, et parent de Fabienne Sintès, journaliste quinqua de France Inter, bénéficiaire d'un abattement fiscal de 7.650 euros annuels. 

Un âge pivot dérogatoire pour les contrôleurs aériens qui sera qui plus est portable, c'est-à-dire acquis au bout d'un certain nombre d'années de travail et applicable même en cas de départ de la fonction publique.

La bonification du 1/5e supprimée et remplacée : améliorée ? 

Exception toutefois pour la bonification du 1/5e qui sera elle remplacée pour les contrôleurs aériens, car elle serait incompatible avec le nouveau système à points. Tout comme les policiers nationaux ou des militaires, les contrôleurs aériens verront donc leur bonification du 1/5e supprimée. Pour mémoire, cette disposition légale donne droit à une annuité "gratuite" toutes les cinq années de service. 
Elle sera remplacée par une sur-cotisation de leur employeur, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), rattachée au ministère de la Transition écologique et solidaire, dont a la charge Elisabeth Borne, celle qui est aussi ministre des Transports, mais qui se rend à Marrakech, Maroc, en pleine grève des transports... De la graine de préfète hors classe...

Une grève massive des contrôleurs aériens n'est donc pas à l'ordre du jour

La CGT avait bien appelé à la grève les 5 et 17 décembre, provoquant l'annulation de 20% des vols, mais c'était essentiellement par solidarité avec les autres professions potentiellement impactées par la réforme. En effet, les discussions étaient entamées bien avant la publication du rapport Delevoye entre le Syndicat National du Transport Aérien (SNCTA) et le gouvernement.

Une partie des primes sera bien prise en compte...
Parmi les sujets de débat, la période de transition vers le régime universel et le maintien des niveaux de retraite. Le nouveau mode de calcul sera en effet défavorable aux contrôleurs dont la retraite est actuellement basée sur les six derniers mois. Selon le nouveau régime universel à points, il devra être calculé sur l'ensemble de leur carrière. Pour compenser la baisse des pensions, une partie des primes sera prise en compte. Chance inespérée pour cette profession défavorisée, elles constituent une large part de leur rémunération. 
Allez, je vous le dis: la rémunération mensuelle brute totale (c'est-à-dire incluant les primes) d'un contrôleur aérien débutant est en moyenne de 5 000 € par mois. Au bout d'une dizaine d'années, elle est de 8.000 €. Les primes représentent 20 à 45 % de l'ensemble.
Il ne faut pas croire pour autant que tous les fonctionnaires touchent des primes comme eux en rafale... Et à combien s'élèvent-elles ?

mercredi 21 mars 2018

Comment les syndicats en grève manifesteront-ils leur mépris des usagers, demain ?

Les usagers vont pouvoir apprécier l'étendue du respect des grévistes pour leurs concitoyens

A l'AFP, il n'est question que de la SNCF

Un employé de la SNCF en grève, le 17 juin 2014.

La grève qui commence demain, jeudi 22, à la SNCF va se traduire par la circulation de 40% des TGV, 25% des Intercités et 50% des TER, tandis que 30% des trains d'Ile-de-France seront assurés, soit à 70% et 75% désorganisées, a annoncé mercredi le patron de l'entreprise publique, Guillaume Pepy. Les lignes les plus fréquentées par des salariés français subiront les perturbations les plus dérangeantes.
Le patron d'entreprise a précisé que la grève commencera à se traduire dans les faits dès 19h00 mercredi et jusqu'à 8h00 du matin vendredi.

Les syndicats représentatifs (CGT, Unsa, SUD, CFDT) organisent une "manifestation nationale"  jeudi à Paris contre la réforme du ferroviaire, avec "plus de 25.000" personnes attendues.

Il faut s'attendre à "des perturbations importantes à la SNCF", a prévenu la ministre des Transports Elisabeth Borne, évoquant sur RMC les mêmes chiffres que Pepy.
"On va tout faire pour accompagner nos voyageurs, raconte Pépy. On va fermer les sièges de l'entreprise en région et au plan national pour que le maximum possible de personnels soient aux côtés des voyageurs" touchés par ce mouvement social, a-t-il promis au micro de RTL, plutôt que de faire en sorte que le dialogue avec les syndicats soit positif.

Or, "la CGT a appelé à manifester, mais quatre autre syndicats de la SNCF ont appelé eux à la grève", deux jours sur cinq, du 3 avril au 28 juin, pour s'opposer aux projets de réforme du secteur ferroviaire.
"Pour les grèves qui sont annoncées dans les semaines à venir, notre engagement est très clair: à 17h00 la veille, nous publierons la liste précise de tous les trains qui circulent", a par ailleurs promis Pepy. 

Un front commun inédit depuis des années à la SNCF.
Sur ce front, l’unité est concrète. Au lendemain de la présentation du rapport Spinetta sur l’avenir de l’entreprise publique, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, avait annoncé, le 16 février, une "mobilisation nationale" des cheminots, également le 22 mars. Au final, les quatre organisations représentatives de la SNCF (CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT), soutenues par FO, marqueront leur désaccord avec la réforme ferroviaire. La fin du statut pour les nouveaux embauchés prévue par le gouvernement a mis le feu aux poudres et a permis ce front commun que l’on n’avait pas vu depuis des années.
Au PS, le nouveau premier secrétaire, Olivier Faure, déclare que son parti s’inscrit dans l’opposition et le déclaremobilisé.

Depuis, les syndicats ont fait savoir qu’ils appellent à une grève perlée à partir du 3 avril. 
Sont ainsi programmés trente-six jours de grève, deux par deux, séparés par trois jours de non-grève. Une guerre d’usure qui doit durer jusqu’au 28 juin et pénalisera lourdement les usagers. "Face à un gouvernement autoritaire, il sera nécessaire d’être en capacité de tenir un conflit intensif sur une très longue durée", ont-ils tenté de se justifier dans un communiqué commun. Pour jeudi, ils attendent "25.000 manifestants", soit presque un cheminot sur cinq. 

En solidarité avec leurs collègues et bien qu’ils ne soient pas touchés par la réforme, trois syndicats radicaux de la RATP (CGT, UNSA et SUD) n'ont pas hésité à demander aux agents de la Régie des transports parisiens de cesser le travail jeudi.

Outre les cheminots, les fonctionnaires aussi sont en marche contre Macron

Rassemblement du personnel SNCF de Nouvelle-Aquitaine, le 28 février, à Bordeaux.
Le candidat Macron avait annoncé la suppression de 120.000 postes dans la fonction publique. Devenu président,  il a fait descendre plusieurs centaines de milliers de salariés dans la rue le 10 octobre 2017 pour dénoncer le gel de la valeur du point d’indice qui sert à calculer les rémunérations, le rétablissement du jour de carence en cas d’arrêt maladie ou la simple compensation de la hausse de la CSG sans gain de pouvoir d’achat.
 
A cela se sont ajoutées les mesures dévoilées le 1er février 2018 qui prévoient un recours accru aux contractuels, le développement de la rémunération au mérite et l’instauration de plans de départs volontaires. Autant d’éléments qui constituent "une réelle menace contre le statut général des fonctionnaires", selon les sept syndicats mobilisés sur la durée. 

Sept syndicats de fonctionnaires ont donc appelé à manifester, jeudi, une journée déterminante pour la suite du mouvement social.
Les fonctionnaires (et agents de la SNCF) sont appelés à descendre dans la rue pour protester contre les projets de l’Etat macronien visant leur pouvoir d’achat (et le statut privilégié des cheminots). Ils se retrouveront le 27 mars pour étudier les suites à donner au mouvement.

A Paris, deux cortèges distincts sont organisés jeudi 22, mais ils convergeront pour se retrouver place de la Bastille. "Tout le monde s’attend à une très forte mobilisation qui peut avoir un effet dynamisant pour la suite", estime Fabrice Angei, permanent en décharge syndicale à la direction confédérale de la CGT.

Ces sept syndicats représentatifs de la fonction publique (CGT, FO, FSU, CFTC, Solidaires, FA-FP et CFE-CGC) sont tombés d'accord début février pour appeler les 5,4 millions de fonctionnaires à faire grève et à descendre dans la rue. Mardi, la CGT, première organisation dans la fonction publique, annonçait plus de 150 cortèges partout en France. "C’est un étiage très haut et un élément positif", se félicite Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT.

Un mouvement 
syndical marqué par une certaine divergence de vues. 
Contrairement au 10 octobre, la CFDT et l’UNSA, respectivement deuxième et quatrième organisations dans la fonction publique, n’ont pas souhaité rejoindre leurs camarades. "Ne pas appeler à la grève ne vaut pas accord avec ce qui est proposé et ne veut pas dire que l’on n’est pas mobilisé, insistent-ils, mais dans l’établissement du rapport de force, cela nous semblait prématuré", explique Mylène Jacquot (CFDT, proche du PS). Des stratégies s’inscrivant dans l’optique des élections professionnelles qui se dérouleront dans la fonction publique en décembre.

Les enseignants ne seront pas de reste...
Pourquoi se mobilisent-ils ? 
Les branches enseignement des principaux syndicats ont appelé les professeurs à participer au mouvement. Le SNUipp-FSU dénonce notamment le fait que les 3.I881 postes créés à la rentrée prochaine dans l'Education nationale ne permettront pas de mettre en œuvre les réformes souhaitées par le gouvernement, notamment le dédoublement des classes de CP dans les zones d'éducation prioritaire. lls savent pourtant par ailleurs que les candidatures sont insuffisantes... 
Les syndicats organisations lycéennes et étudiantes (UNEF), qui protestent contre les réformes du bac et de l'université, ont rejoint l'appel à mobilisation. 
Certaines crèches seront elles-aussi fermées.

Quelles sont les perturbations attendues ? 
Sur RTL, le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a dit s'attendre à des "grèves limitées" dans les écoles. Un enseignant sur quatre sera en grève dans le 1er degré (où ils sont habituellement un sur deux), selon le syndicat SNUIPP, avec des taux variables selon les régions : 20% en Dordogne, en Haute-Garonne ou encore dans la Vienne, 35% en Lozère, dans les Alpes-de-Haute-Provence ou encore en Seine-Maritime, 40% en Seine-et-Marne et dans le Var, 45% dans le Gers 50% en Creuse et à Paris ou encore près de 55% en Seine-St-Denis (où l'assiduité scolaire est de toute façon erratique) et dans les Pyrénées-Orientales.
Seulement 10% des écoles seront fermées dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Paris ou encore en Seine-Maritime, assure le SNUIPP.

La loi prévoit un service d'accueil minimum dans les écoles, mais les précédentes mobilisations ont montré qu'il n'est que rarement assuré. 

Les contrôleurs aériens profiteront de l'aubaine
Pourquoi ces nantis se mobilisent-ils ? L'Usac-CGT, la formation majoritaire dans l'aviation civile, a appelé les contrôleurs aériens à se joindre à la mobilisation et à cesser le travail de mercredi soir à jeudi soir. Les contrôleurs aériens sont eux aussi des fonctionnaires et leur syndicat appelle à une "hausse sensible du recrutement". Vendredi, une mobilisation est aussi prévue au sein d'Air France. Dix syndicats appellent à une grève massive, tous métiers confondus, pour réclamer une augmentation des salaires de 6%.

Quelles sont les perturbations attendues ? 
Les perturbations pourraient être importantes, notamment jeudi en raison de la mobilisation des contrôleurs aériens. La Direction Générale de l'Aviation Civile a d'ores et déjà annoncé que 30% des vols seraient annulés dans les aéroports de Roissy, Orly et Beauvais. 
Du côté d'Air France, la compagnie prévoit de maintenir 75% des ses vols moyen-courriers de et vers l'aéroport de Paris Charles-de-Gaulle et 60% des court-courriers à Orly et des transversales province. La compagnie aérienne prévoit par ailleurs de maintenir 100% de ses vols long-courriers.

Une accumulation de grogne et de luttes
Le service public doit tout aux blocages des syndicats.
Comme notre économie aux migrants...

Vendredi, ce sera au tour des salariés d’Air France de prendre le relais pour réclamer des augmentations de salaires. Après une première grève le 22 février, onze syndicats de la compagnie aérienne ont décidé de mobiliser, tous métiers confondus. Un troisième round est prévu le 31 mars. 

Egalement ce jour-là, FO et la CFDT appellent les salariés de Carrefour à baisser le rideau après un vaste plan de restructuration annoncé en janvier. 

Trois jours plus tard, les cheminots entameront leur grève en pointillé. Ce qui fait dire à Pascal Pavageau, membre du bureau confédéral de FO, que "le 22 mars est une étape, une date qui s’inscrit dans un calendrier qui va se poursuivre". Seul candidat à la succession de Jean-Claude Mailly à la tête du syndicat en avril, ce dernier critique "une logique de jungle" et de "casse totale des droits collectifs". "Si le nouveau monde, c’est l’individualisation des droits et le chacun pour soi, je suis très fier de notre ancien monde", lance-t-il.

Les Français vont-ils devoir endurer un "printemps social" ? 
Raymond Soubie, président des sociétés de conseil Alixio et Taddeo, se montre réservé. "Dans le privé, il y a très peu de conflits, souligne-t-il. Et pour le 22 mars, les confédérations sont très prudentes." A l’heure actuelle, rares sont d’ailleurs les observateurs qui envisagent une éventuelle coagulation de ces mouvements. "On est plus face à une perspective de superposition des luttes, note l’historien Stéphane Sirot, spécialiste des mouvements sociaux. Mais pour le gouvernement, une multiplication des conflits n’est toutefois pas forcément plus rassurante qu’une conjonction : une litanie de mobilisations attire le regard et peut pourrir le climat politique et social."

L’exécutif, qui en est bien conscient, tente de circonscrire certains fronts, tout en affichant sa fermeté, notamment vis-à-vis des cheminots. 
Face à la colère des retraités – une population qui manifeste rarement, mais qui s'est mobilisée avec succès le 15 mars contre la hausse de la CSG –, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, mardi, vouloir "corriger" le dispositif pour 100.000 couples de personnes âgées qui sont "juste au-dessus" du seuil de déclenchement. 
Le pouvoir macronien avait pareillement fait marche arrière en janvier après un important mouvement de protestation des surveillants de prison. "Le gouvernement prend conscience qu’il y a un mécontentement qui commence à s’exprimer fortement mais aussi des attentes, estime M. Angei, de la CGT. Quoi qu’il en dise, ça l’oblige à reculer."

dimanche 29 mai 2016

La bataille du rail des syndicats est lancée contre la loi El Khomri

"Ca va mieux"?  Hollande est-il déconnecté ou menteur ?





Nouvelle semaine de galère dans les transports


La CGT et SUD appellent à des grèves reconductibles à la SNCF et à la RATP. Avec des raffineries qui tournent toujours au ralenti et des dockers en lutte, le carburant risque de manquer.

L'Euro 2016 de foot n'est pas à l'abri de perturbations.
"La situation s’améliore" sur le front de l’approvisionnement des pompes à essence, assure pourtant le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, samedi, en l'absence de la ministre des Transports, Ségolène Royal, en retrait. "Il y aura de l’essence" lundi dans les stations, lui faisait écho, également samedi, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

"Mais l’exécutif risque encore de passer une semaine compliquée, selon Libération qui adopte le point de vue du gouvernement plutôt que celui des usagers, ses lecteurs, pris en otages. Le quotidien socialiste dénonce d'ailleurs une "guérilla" sociale anti-loi El Khomri. Les usagers des transports adhéreront difficilement au "ça va mieux" du président.

SNCF, RATP, ports, trafic aérien


Les opposants à la loi travail mobilisent en effet tous azimuts suite à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, enseignants FSU et étudiants UNEF) "à poursuivre et amplifier les mobilisations" d’ici à l’Euro de football et à la prochaine journée d’action nationale, le 14 juin.

Perturbations à la SNCF
Mobiliséspour défendre leur statut dans le cadre de négociations internes  tardives sur le temps de travail, les cheminots sont appelés à la grève dès mardi soir par leurs quatre syndicats représentatifs (CGT, UNSA, SUD-rail et même CFDT). Un préavis reconductible sur lequel s’est greffée la contestation de la loi El Khomri par la CGT et SUD. Le dernier mouvement des 25 et 26 mai avait été mieux suivi que le précédent et, "vu le bras de fer en cours avec le gouvernement" (Libération) ou l'entêtement de Hollande et Valls qui réitèrent leur détermination à "ne pas lâcher", des perturbations plus importantes sont à prévoir sur le Transilien, les Intercités, le RER et dans une moindre mesure les TGV.

Grève "illimitée" à la RATP

Manifestation de jeudi 26 mai contre la loi travail,
entre Bastille et Nation, à Paris.
La CGT a lancé un appel à la grève "illimitée" à compter de jeudi sur toutes les lignes de la RATP. Le syndicat majoritaire demande à la fois la réouverture des négociations salariales annuelles et le retrait de la loi travail. Lors de la dernière grève du 30 mars, la CGT et l’UNSA, second syndicat de la régie des transports, avaient réussi à immobiliser un train sur deux en moyenne, sur les lignes A et B du RER. Dans le métro, les trois quarts des trains avaient continué à circuler normalement.

Or, la CGT promet cette fois une mobilisation plus forte sur la durée. L’idée est de tenir jusqu’à ce que les révolutionnaires de SUD arrivent en renfort : le troisième syndicat de la RATP a en effet appelé, lui, à la grève à compter du 10 juin, pour redonner du souffle au mouvement. Une date hautement stratégique avec le match France-Roumanie qui donnera le coup d’envoi de l’Euro au Stade de France. 
Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, voulait croire hier qu’"il n’y aura pas de grèves de trains et de métro" pendant la compétition, se disant persuadé que la CGT ne veut pas "prendre en otage la France" et ses invités. Mais les opposants à la loi El Khomri estiment que la défense du code du travail passe avant un match de foot.

Appel à "amplifier" la contestation dans les ports

Toute puissante chez les dockers, la CGT appelle à "poursuivre et amplifier l’action" avec un nouvel arrêt de travail jeudi. Les ports du Havre et de Saint-Nazaire, ainsi que le terminal pétrolier de Fos-sur-Mer, devraient être à nouveau paralysés. Et les navires chargés d’hydrocarbures à raffiner auront bien du mal à livrer leur cargaison, commente Libération, plutôt que de souligner que les clients étrangers, reconquis depuis la dernière grève, risquent de se rediriger vers Rotterdam.

Raffineries débloquées mais en activité ralentie

Six des huit raffineries françaises sont toujours à l’arrêt ou tournent au ralenti. La raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) constitue un point particulièrement chaud. La CGT a lancé un appel à la grève illimitée après les menaces du PDG de Total, Patrick Pouyanné, de "réviser sérieusement" ses investissements et tandis que les compagnies aériennes françaises sont incitées à s'approvisionner à l'étranger. Ce bras de fer pourrait à nouveau perturber l’approvisionnement en carburant des automobilistes cette semaine, malgré le déblocage provisoire de la plupart des dépôts. La seule solution pour le gouvernement sera de puiser à nouveau dans ses stocks stratégiques d’essence, comme il l’a déjà fait, bien que Le Foll l'ait nié (cf. lien PaSiDupes). Il  reste au gouvernement une centaine de jours de consommation disponibles depuis les trois premier consommés en deux jours.
Les dockers du Havre sont venus prêter main forte aux grévistes de la raffinerie Total. Gonfreville l'Orcher (Seine-Maritime), 27 mai.Les dockers du Havre sont venus prêter main forte aux grévistes de la raffinerie Total à Gonfreville l’Orcher (Seine-Maritime), 27 mai.
Retards et annulations dans les aéroports

Les contrôleurs aériens, malgré leurs statuts très avantageux, seront aussi à nouveau en grève de vendredi à dimanche, à l’appel des syndicats de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), cette fois uniquement pour des revendications internes. Retards et annulations sont à prévoir dans la plupart des aéroports de Paris et de province du fait des aiguilleurs du ciel.

dimanche 24 janvier 2016

Grève du 26 janvier: le socio-libéralisme de l'Etat-PS à l'épreuve de la grogne sociale

Ecoles, avions, taxis… comment vous organiser pour éviter la galère

Plusieurs catégories socio-professionnelles appellent à des mobilisations. 

Mardi sera la grosse journée sociale de la semaine. Le fonctionnement des hôpitaux, des écoles et des collèges devrait être perturbé, jusqu'à 50% des vols pourraient être touchés, tandis que les taxis prévoient de bloquer l'accès aux aéroports parisiens dès 6 heures du matin.
Qui fait grève ? Pourquoi ? Et surtout, où ? Comment allons-nous faire?

"Mardi noir." 

"Importantes grèves."
C’est dit : mardi sera une grosse journée d’action sociale. Plusieurs catégories socioprofessionnelles (taxi, fonction publique, contrôleurs aériens) appellent en effet à la mobilisation. Alors autant se préparer.Metronews fait le point. Histoire de ne pas avoir (trop) de mauvaises surprises, mardi matin. 

Ça va bloquer dans les rues 

CGT, FO et Solidaires, trois syndicats majoritaires, ont appelé les 5,6 millions d'agents de la fonction publique à faire grève.
Pourquoi ils grondent ? Soumis à un régime de rigueur depuis 2010, les fonctionnaires manifestent pour la hausse de leur pouvoir d’achat.
Où est-ce que ça va bloquer ? A Paris, le cortège quitte Montparnasse vers 14 h rejoindra, en direction des Invalides. Des perturbations de circulation sont donc à prévoir sur le parcours.

Ça va bloquer dans les écoles

Les enseignants (environ 40% des 2,4 millions d'agents de la fonction publique d'État) devraient se joindre à l’appel de la fonction publique. Ils sont appelés à se mobiliser par l'intersyndicale Snes-FSU et CGT, Snep, Snalc, FO et Sud, contre la réforme du collège. 

Où est-ce que ça va bloquer ? Dans la capitale, le cortège des enseignants des académies de Paris, Créteil et Versailles s'ébranlera
à 13h30 de Port-Royal et rejoindra les autres fonctionnaires à Montparnasse. De nombreux défilés sont aussi prévus en province. 

Et dans les établissements scolaires ? Si les profs sont dans la rue, c'est qu'ils n'assurent pas la garderie des enfants.
Crèches publiques, écoles maternelles ou élémentaires, périscolaire ou cantine risquent d'être fermées. Les chiffres prévisionnels ne tomberont que lundi après-midi, mais "les premières remontées des écoles annoncent que ce mouvement sera suivi de manière significative", déclare le SNuipp (syndicat dominant du primaire) dans un communiqué. A Paris, déjà 35 écoles ont déclaré qu’elles seraient fermées et celles qui restent ouvertes compteront près de 45 % de grévistes.
 
Soumis à un régime de rigueur depuis juillet 2010, les 5,6 millions d'agents de la fonction publique sont appelés à faire grève et à manifester pour une hausse de leur pouvoir d'achat. Majoritaires aux élections professionnelles chez les syndicats représentatifs (48,55% des voix),
rémunération et la carrière des fonctionnaires (PPCR) que le gouvernement a décidé, en septembre, de mettre malgré tout en œuvre. Ils entendent dénoncer le gel, depuis juillet 2010, du point d'indice servant à calculer le salaire de base des fonctionnaires qui auraient perdu, "compte tenu de l'inflation, 8% de leur pouvoir d'achat", a calculé FO.  les trois syndicats n'ont pas signé l'accord sur la 
Un premier rendez-vous salarial dans le cadre de cet accord est prévu en février. Sans exclure un dégel du point d'indice, la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a déjà prévenu que cette possible hausse ne serait "sans doute pas à la hauteur de ce que demandent les syndicats".

De son côté, le SNES-FSU, syndicat hégémonique du secondaire, fait le point sur les mobilisations prévues dans les collèges et lycées.
Outre la baisse du pouvoir d'achat, CGT, FO et Solidaires dénoncent "la perte d'emplois dans des secteurs clés de la fonction publique". Ils soulignent que si des créations de postes ont été annoncées dans l'Éducation nationale (+ 8561 en 2016) et dans les secteurs de la sécurité (+ 732 police-gendarmerie, + 978 justice en 2016), la fonction publique a perdu des effectifs. Les trois syndicats réclament "des créations nettes d'emplois publics statutaires dans les nombreux secteurs qui en ont besoin", notamment le secteur hospitalier.

Ça va bloquer en Ile-de-France.

Des milliers de chauffeurs de taxi sont appelés à se mobiliser dans toute la France.
Pourquoi ils grondent ? Ils protestent contre ce qu'ils appellent les "dérives" du secteur des voitures de transport avec chauffeur (VTC), leur bête noire, depuis qu'ils ont éliminé la concurrence d'Uber. "On mesure une baisse d'activité de 20% sur les plateformes de réservation et de 30% dans la rue", a assuré le directeur général des Taxis Bleus, Yann Ricordel. Cette dernière réclame au gouvernement "soit la suppression immédiate des VTC, soit l'indemnisation conséquente de tous les chauffeurs de taxi".

Où est-ce que ça va bloquer ?
Cette grève "risque d'être fortement suivie et très dure", a prévenu mercredi Serge Metz, PDG de Taxis G7, qui déconseille carrément de prendre sa voiture.
"Ça va être chaud", menace aussi Karim Asnoun (CGT taxis), porte-parole de l'une des intersyndicales. Blocages, des opérations escargots, barrages filtrants et embouteillages sont en effet prévus aux portes des grandes villes.... 
Des manifestations sont notamment prévues à Toulouse, Nantes, Bordeaux, Marseille, Grenoble, Lyon, Lille… A Paris, les taxis prévoient de se retrouver autour des aéroports parisiens de Roissy et Orly à partir de 6 h du matin. Des rendez-vous sont fixés porte Maillot et près du ministère de l'Economie et des Finances de Bercy. Des secteurs à éviter, donc, si vous êtes en voiture.

Ça va bloquer dans les airs

Les contrôleurs aériens sont appelés à cesser le travail, par les deux premiers syndicats d’aiguilleurs. 

Pourquoi ils grondent ?
Attachés à leur régime spécifique de primes, donc accrochés à leurs avantages acquis très favorables, qui représentent plus de la moitié de la rémunération des aiguilleurs, les syndicats de contrôleurs aériens réclament d'être exclus de la refonte du système de prime de la fonction publique, qui, selon eux, lèse leur pouvoir d'achat. Ils dénoncent aussi les suppressions d'effectifs opérées ces dernières années dans leur catégorie.

Où est-ce que ça va bloquer ?
Des "perturbations sont attendues sur l'ensemble du territoire", prévient dans un communiqué la DGAC (direction générale de l’aviation civile) en invitant les passagers à s'informer directement auprès des compagnies pour connaître les programmes précis de vols. Elle a cependant demandé aux compagnies d’annuler préventivement 20% de leurs vols en raison de cet appel à la grève.