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mardi 28 mai 2019

A peine les européennes passées, les prix des carburants s'envolent

Les européennes n'étaient pas déjà passées que les prix des carburants s'envolaient

Hausse généralisée du sans-plomb et du diesel

Le prix des carburants vendus dans les stations-service françaises est en hausse.
Mains en l'air !
La hausse des prix du carburant était la cause principale de la colère des Gilets jaunes". Les prix des carburants routiers, vendus dans les stations-service françaises, ont progressé dans leur ensemble la semaine dernière, selon des chiffres officiels publiés, lundi 27 mai. 

Carburant le plus vendu avec près de 80% des volumes, en ruralité singulièrement, le gazole s'affichait à 1,4898 euro le litre en moyenne, en hausse de 0,82 centime, selon les données hebdomadaires publiées par de Rugy, le ministre de la Transition écologique et solidaire, menton haut et bras ballants. 

La hausse est encore plus marquée pour le sans-plomb. Il ne devrait pas rester encore longtemps en-deçà de son plus haut niveau de l'an dernier, lorsqu'il avait atteint une moyenne hebdomadaire de 1,5331 euro le litre en octobre.

Quant à lui, le litre d'essence sans-plomb 95 a déjà augmenté de 1,48 centime à 1,5943 euro, à des niveaux encore jamais atteints depuis 2013.
De même, celui du sans-plomb 95 (SP95) contenant jusqu'à 10% d'éthanol (SP95-E10) a pris 1,56 centime à 1,5669 euro.
Enfin, le sans-plomb 98 (SP98) a atteint 1,6551 euro le litre, progressant de 1,43 centime.

Composition des prix des carburants
Structuration des prix des carburants à la pompe en mai 2018, d'après UFIP et données ministérielles (©Connaissance des Énergies)

Macron maintient pourtant sa taxe TICPE et sa TVA sur la TICPE !

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Les prix des carburants à la pompe varient en fonction de plusieurs paramètres comme le cours du baril de pétrole, le taux de change euro-dollar, la demande ou les taxes (TICPE, Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques - qui augmente chaque année depuis 2014, pèse fortement dans le budget énergétique des Français - et TVA). Les cours du brut avaient reculé la semaine dernière, sur fond de ralentissement de l'économie et de tensions commerciales, mais les évolutions sur les marchés mondiaux se traduisent avec un décalage sur les prix à la pompe. En mettant ce coup de projecteur sur la hausse en dents de scie du brut, la presse institutionnelle et subventionnée joue le jeu du pouvoir macronien.

La presse nous ment sur le sujet de la politique gouvernementale du su-enchérissement des prix des carburants

Et, dans leur immense cohérence républicaine, aux européennes, les automobilistes français ont donné un coup de boost aux écologistes...
Comment est constituée la TICPE ?
La TICPE est constituée de la contribution climat énergie (CCE) depuis le 1er avril 2014. Il s’agit d’une adaptation de la taxe intérieure sur les produits énergétiques, également appelée 'assiette' carbone ou taxe carbone. Elle est fixée en fonction de l’émission de CO2 liée à l’utilisation de produits énergétiques. La tonne de carbone est passée de 30,50€ en 2017 à 44,60€ en 2018 (+14,1€) et devrait, selon les objectifs écologiques du gouvernement, quadrupler entre 2016 et 2030 pour atteindre jusqu’à 100€.

vendredi 24 mai 2019

Macron ne renonce pas à taxer (à 60%) nos carburants.

L'essence, au plus haut depuis 2013, et le diesel continuent de grimper

Macron ne fait rien pour arrêter la montée en flèche de Super SP95

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Paris (XVIe), le 5 mai. Le prix des carburants, gazole, diesel, essence avec ou sans plomb, est très élevé,
 en particulier à la station d’essence BP de l’avenue de Versailles. 
Le pouvoir a encore autorisé l'augmentation du SP 95, la semaine dernièrebien qu'il soit déjà au plus haut depuis 2013 : il s'affichait en moyenne à 1,5810 euro/l, selon les statistiques publiées ce lundi par le gouvernement. 
Le diesel s'est, lui aussi,  renchéri, mais à un rythme qui le tient encore à distance du pic de l'an dernier.

Le prix de l'essence bat un nouveau record récent. 
Le super sans plomb 95 trouvait en effet acheteur à 1,5810 euro le litre, la semaine dernière, selon les moyennes publiées ce lundi 13 mai par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Ce carburant se vendait à la pompe à 1,5802 euro/l la dernière semaine d'avril, comme la première de mai, un niveau jamais vu depuis le printemps 2013. Il faut en effet remonter à la première semaine d'avril 2013 - quand le Super SP 95 coûtait en moyenne 1,5968 euro/l - pour trouver des prix plus élevés qu'actuellement.

Le diesel, proposé pour sa part en moyenne à 1,4809 euro/l la semaine dernière, a augmenté d'un tiers de centime sur sept jours. Il retrouve ainsi un niveau similaire à celui atteint pendant la deuxième semaine de novembre 2018 (1,4840 euro/l). Même si son prix est marqué par une tendance à la hausse depuis le début de l'année, il n'a pas encore retrouvé les cîmes du début octobre, quand il se situait en moyenne à 1,5331 euro/l, juste avant de déclencher la crise des Gilets jaunes.

Comme le montre le graphique ci-dessus, les courbes des prix des carburants suivent celle du cours du pétrole. Le baril de Brent (159 litres), qui sert de référence en Europe, était coté ce lundi à 72,5 dollars contre 50,4 dollars la semaine de Noël, soit une envolée de 35% en cinq mois. Plus précisément, l'or noir a évolué en dents de scie ces derniers jours : après avoir atteint 75,6 dollars le 24 avril, il a chuté à 69 dollars mardi, avant de remonter tout récemment. Pour le moment, le pic à 86,7 dollars observé en octobre est donc encore tenu à distance.

Rappelons que les prix des carburants publiés par le gouvernement sont des moyennes. Ces statistiques n'empêchent pas les stations-services d'afficher leurs propres tarifs, plus élevés ou plus bas. Pour trouver le pompiste proposant les meilleurs prix à côté de chez vous, on pet trouver des applis fournissant une carte interactive. 



Quelle est la part des taxes dans le prix de l'essence à la pompe ?

D'après Total,
les taxes représentent "la part la plus importante du prix du carburant". L'an dernier, selon l'entreprise française, les taxes perçues par l'Etat représentaient par exemple "63% du prix du Sans Plomb 95-E10 et 60% de celui du gazole"
L'essence est en fait taxée deux fois : la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et la taxe sur la taxe (TVA) ! On retrouve également la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP).

La TICPE est, aussi, plus importante sur l'essence que sur le gazole. Plus le prix du diesel augmente, mieux se remplissent les caisses de Bercy, par deux arrivées, TICPE et TVA, frappant indistinctement les "riches" et les "pauvres"... En mars 2019, la TICPE représentait près de 70 centimes sur l'essence, 60 centimes sur le prix d'un litre de gazole.
En 2019, la TVA sur l’essence est déductible à 40 % – contre 20 % en 2018 et 10 % en 2017. Ce taux de 40 % est applicable aux véhicules de tourisme, comme aux utilitaires. Mais, les particuliers - retraités, défavorisés et demandeurs d'emploi ne doivent pas rêver : le carburant doit être utilisé pour les besoins de l’entreprise et doit concerner une activité assujettie à la TVA. De plus, une facture qui atteste le montant de la taxe doit être établie. 

Le poids des impôts et taxes a tendance à augmenter gouvernement après gouvernement, à tel point que la France est le deuxième pays dans le classement mondial des pays ayant les plus fortes pressions fiscales.

Voici l’évolution des prix du diesel et du sans plomb 95 depuis 1990 :
Alors que le mouvement des Gilets jaunes avait démarré notamment en raison des prix des carburants, cette hausse fait tache. Sous la pression, le gouvernement avait suspendu, puis annulé la hausse de la taxe carbone prévue pour 2019. Si le gouvernement ne peut agir sur les cours du pétrole, en revanche, il est maître de ses taux de taxation. 

dimanche 19 mai 2019

La majorité a voté l'interdiction des ventes de véhicules à essence ou diesel

Les députés ont décidé de la fin des véhicules diesel, mais  aussi à essence, pour 2040

LREM vise la
 "décarbonation complète" d’ici à 2050, avoue Jean-Luc Fugit, le co-rapporteur LREM de cet amendement, un chimiste 

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Tous à vos vélos !
Les députés ont voté la fin de la vente des véhicules à carburants fossiles (essence, diesel et gaz naturel) d’ici à 2040vendredi en soirée et en commission, lors de l’examen du projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), en vue d'un vote avant l'été

A l’instigation de la ministre des Transports Elisabeth Borne, la commission du Développement durable - présidée par Barbara Pompili, ex-EELV passée à LREM -
a adopté en ce sens un amendement du co-rapporteur Jean-Luc Fugit (LREM du Rhône, lequel a exercé des responsabilités fédérales au Parti Socialiste de la Loire). Siègent à cette Commission, notamment Guillaume Garot, élu NG (PS) de Mayenne, ancien ministre de Hollande, délégué à l'Agroalimentaire, ou Alain Perea, député LREM, de l'Aude, anciens soutiens de Ségolène Royal en 2007, etFlorence Lasserre-David, élue MoDem des Pyrénées-Atlantiques, Damien Pichereau, ex-référent des Jeunes avec Macron en Sarthe, Bertrand Pancher, ex-UDF, puis Parti radical dirigé par Jean-Louis Borloo, et co-président du groupe Libertés et Territoires à l'Assemblée (avec Philippe Vigier, qui a voté en 2018 pour l'autorisation de l'usage du glyphosate en France).

"Si plusieurs pays européens se sont positionnés en ce sens, la France serait le premier à inscrire dans la loi" cette interdiction d’ici à 2040, s'est notamment flatté le député Fugit.
L'ex-directrice du cabinet de Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, qui a dirigé la RATP, dont une partie des bus en Ile-de-France, a jugé "très important d’afficher l’objectif de la France de neutralité carbone en 2050, que porte le président de la République", et de " fixer cette trajectoire sur le moyen terme pour éclairer tous les acteurs". Ce ne sera qu'en 2019 que la RATP achètera 800 bus électriques à Heuliez, Alstom et Bolloré (le groupe Canal+ - CNews et C8 - a-t-il d'autre choix que la docilité ?).

L’objectif est "ambitieux", mais "possible",
les constructeurs envisageant "une fin de commercialisation des ventes de véhicules exclusivement diesel et essence au début des années 2030", fait valoir le successeur de Matthieu Orphelin, démissionnaire de LREM, le 6 février dernier, en signe de protestation contre le vote de la proposition de loi anticasseurs.

Objectif "décarbonation complète"

Une station service à Arnage, à 10 kms du Mans, ville de
 l'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, dans la Sarthe 
Son amendement grave dans le projet de loi l’objectif pour le pays "d’atteindre, d’ici à 2050, la décarbonation complète du secteur des transports terrestres"
Pour cela, des "objectifs intermédiaires" sont fixés, avec la montée en puissance des véhicules à faibles et très faibles émissions à échéance 2030, dans la continuité des objectifs européens, ainsi que la fin de la vente des voitures particulières et des véhicules utilitaires légers neufs utilisant des énergies fossiles, d’ici à 2040.

Tous les cinq ans, un rapport d’évaluation devra être rendu par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Il donnera lieu à un débat à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Les véhicules utilisant de l’énergie fossile représentent aujourd’hui 93,6% des ventes, auxquelles s’ajoutent les 4,2% d’hybrides non rechargeables (double motorisation et très faible autonomie) et les 0,7% d’hybrides rechargeables (double motorisation mais intégrant une batterie de plus grande capacité, de 8 à 11 kWh; en tout électrique, la voiture a une autonomie moyenne comprise entre 20 et 45 kms et peut atteindre les 130 km/h).
Le projet de loi "mobilités" doit être examiné en commission jusqu’au 24 mai et en séance du 3 au 14 juin. Seul 1,6% des sondés voudraient que leur prochaine voiture soit 100% électrique.

mardi 26 février 2019

Macron laisse grimper les prix des carburants

+ 2 centimes en une semaine pour le diesel et l'essence: Macron confirme ainsi qu'il écoute bien et comprend la colère sociale... 

Même que le parti qu'il promeut serait en tête aux Européennes,
selon des sondeurs !
blog -carburants-affichage trompeur
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Affichage trompeur :  les flèches - toutes tournées vers le bas -
 n'indiquent pas des baisses de prix !...
En dépit de la révolte populaire contre la fiscalité discriminante et injustifiée, le prix des carburants poursuit sa hausse entamée au début de l'année. 
Le litre de diesel a ainsi augmenté de 1,89 centime en une semaine et celui du SP95 de 1,74 centime, selon les moyennes hebdomadaires publiées ce lundi par le gouvernement. En deux mois, ils ont grimpé respectivement de 7 et 5 centimes. 

La tendance à la baisse des cours du Brent depuis octobre ne justifie pas cette hausse soutenue et constante : le prix du pétrole brut  avait fini 2018 à son plus bas de l'année. Mais centime après centime, le prix du carburant remonte pourtant, au mépris des automobilistes furieux d'avoir été incités à l'achat de véhicules diesel, puis rackettés par l'Etat. Le litre de diesel, gazole B7, comme d'essence SP95-E10, distribuée en France depuis 2009 - carburant pourtant sans plomb et pouvant incorporer du bioéthanol à hauteur de 10% en volume - , vient ainsi de prendre près de deux centimes en une semaine, selon les moyennes hebdomadaires publiées ce lundi 25 février par le ministère de la Transition écologique et solidaire.


Parce qu'il a été révélé que le produit de la hausse n'allait pas au financement de la transition écologique - mensonge énoncé pour justifier la surtaxation de certains automobilistes - , mais été versé au budget général, le gouvernement a finalement décidé de geler sa hausse pour endormir la grogne des Gilets jaunes.

Le pic de la semaine du 1er janvier est dépassé

Précisément, le diesel s'est affiché à 1,4503 euro/litre la semaine dernière (contre 1,4314 euro sur la moyenne des sept jours précédents, soit + 1,89 centime). Depuis le début de l'année, et sans même que la taxe carbone n'ait été majorée, ce carburant a finalement augmenté de 7,43 centimes. 

Il y a près de deux mois, le diesel s'affichait à "seulement" 1,3769 euro/litre. 
A l'exception de trois semaines de quasi stagnation entre fin janvier et début février, il n'a cessé d'augmenter. Il ne reste plus que quelques jours encore pour qu'il retrouve son record à 1,5331 euro/litre enregistré début octobre quand il a mis le feu au pays. 

Pour le super sans plomb 95, la courbe est semblable. Toujours selon les chiffres du gouvernement, il s'affichait la semaine dernière en moyenne à 1,4586 euro/litre (contre 1,4412 euro/litre une semaine plus tôt, soit +1,74 centime). Il a ainsi augmenté de 5,15 centimes/litre en près de deux mois, puisqu'il coûtait 1,4071 euro/litre la semaine du 1er janvier.

Carburant : faut-il réhabiliter le diesel ?

La hausse de la part de la fiscalité est en cause
Seule peut être prise en compte à la pompe la tendance à la hausse des cours du pétrole :


Le cours du baril de Brent de 159 litres, la référence européenne, est reparti à la hausse - moindre toutefois que celle du prix du baril - après avoir atteint fin décembre un prix plancher de 50 dollars. L'or noir a clairement augmenté jusqu'au 9 janvier pour atteindre 61 dollars. Puis, après avoir stagné jusqu'au 11 février, il a de nouveau augmenté jusqu'à un pic à près de 68 dollars le 15 février. Stagnant plus ou moins depuis dix jours, il était coté à 69 dollars ce lundi à l'ouverture du marché, mais les prix à la pompe ont poursuivi leur ascension. 

Les prix des carburants communiqués par le gouvernement sont des moyennes. Ces statistiques n'empêchent pas les stations-service d'afficher des prix différents, plus élevés ou plus bas : ce sont ainsi les distributeurs qui sont incriminés : cherchent-ils - comme Michel-Edouard Leclerc - à récupérer leur manque à gagner sur leurs propositions passées de vente à prix coûtant ?...
Pour trouver le pompiste pratiquant les meilleurs prix à côté de chez vous, il existe des applications pour mobiles.

samedi 15 décembre 2018

Usine de Blanquefort : l’exécutif engage un bras de fer avec Ford

Dans l'"ancien monde", Montebourg n'avait pas fait autrement : avec quel résultat ?

Le constructeur américain Ford veut fermer son usine de Blanquefort après avoir perçu 20 millions d’euros d’aides publiques entre 2011 et 2014 

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"Trahison", "lâcheté", "écœurement", "consternation", "indignité"… La classe politique n'a pas de mot assez blessant pour qualifier l’attitude de Ford.
Entre le fermeture de son usine de Blanquefort et sa reprise par le groupe belge Punch, le groupe Ford privilégierait la première option, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. 847 emplois pourraient être perdus en cas de disparition du site. 
Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des finances, s'est senti humilié et a perdu ses nerfs devant l’attitude de Ford, qui a transmis sa décision par un simple communiqué de presse, et dont le PDG, Jim Hackett, n’a pas daigné prendre le ministre au téléphone. "Je suis révolté, je suis écœuré par cette décision qui ne se justifie que par la volonté de Ford de faire monter son cours de Bourse, a déclaré, jeudi, B. Le Maire, au Sénat, à l’occasion de la séance de questions au gouvernement. Je veux dénoncer le mensonge de Ford, qui dit que l’offre de reprise de Punch n’est pas crédible (…). Et je veux dénoncer la trahison de Ford vis-à-vis des salariés du site de Blanquefort."
"Je suis évidemment en désaccord avec ce choix et je souhaite que nous nous mobilisions tous pour maintenir l'activité industrielle sur le site. Nous avons une option solide. Punch est un repreneur solide qui a une bonne réputation, qui a déjà apporté la preuve de sa capacité à reprendre une activité industrielle", a-t-il ajouté. Un porte-parole de Ford France a refusé, quant à lui, de commenter à chaud ces déclarations véhémentes.

Les Américains ont parfaitement tiré parti du mode de fonctionnement français de subventions et de primes. Aujourd'hui, le gouvernement veut contraindre le constructeur américain à accepter l’offre de reprise, plutôt que de fermer son usine. 
"Hostile et inacceptable" : c’est en ces termes qu’en marge d’un sommet européen à Bruxelles, ce vendredi, Emmanuel Macron a jugé  la décision du groupe américain Ford de fermer une usine à Blanquefort, commune socialiste gérée par Vincent Feltesse (dont Hollande avait fait un conseiller à l'Elysée), dans l'aire urbaine de Bordeaux, Gironde, en refusant une offre de reprise.

A Bercy, son ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, ne décolère pas. 
Lors d’un entretien téléphonique, ce vendredi, en début d’après-midi avec le PDG de Ford Europe, Steven Armstrong, il aurait exhorté le constructeur américain à "revoir sa décision", assure la presse. Et ce, rapidement, selon son entourage. La vérité est que ce PDG ne répond plus à Le Maire au téléphone. 
Si aucun calendrier n’a été fixé, Bercy prétend pourtant mettre la pression sur Ford pour qu’il accepte l’offre de reprise du belge Punch Powerglide, plutôt que de fermer l’usine fin août, en laissant sur le carreau les 850 salariés.
"S'ils pensent qu'ils peuvent mettre la clef sous la porte sans que ni l'Etat ni les collectivités locales ne réagissent, ils se trompent! Nous allons nous battre et nous ne nous laisserons pas faire", a tonné le ministre, jugeant cette position "indéfendable".
Le Maire dit avoir téléphoné au Secrétaire au Trésor du président Trump, Steve Mnuchin et à son conseiller économique  pour "obtenir leur soutien" et qu'ils alertent "la direction de Ford sur ce qui se passe actuellement sur le site de Blanquefort", près de Bordeaux.
Comme Margaret Thatcher, Macron "wants his money back" 
En effet, le constructeur américain a  pris l'argent offert contre la paix sociale. Il a abondamment bénéficié des aides publiques ces dernières années, sans pour autant se sentir lié. Ford aurait ainsi perçu 20 millions d’euros d’aides publiques entre 2011 et 2014 sur la base d’un premier accord de reprise du site : 10 millions d’euros au titre de l’investissement et 10 autres millions pour financer la formation et le chômage partiel des salariés. 
Parallèlement, il a bénéficié du Crédit impôt compétitivité emploi (CICE). Et même en cas de fermeture, Ford pourra imputer du CICE sur les impôts qu’il doit à l’Etat français en 2019 (au titre de 2018).
1998: accord de coopération signé par Ford et PSA Peugeot Citroën.
1999 : en remportant (ô surprise !) un important contrat avec l'UGAP (la centrale d’achat des administrations et collectivités publiques), Ford devint fournisseur de l'administration française, sous Jospin.

A Paris,
Ford et PSA Peugeot-Citroën présentèrent le 1er moteur ...diesel issu de la coopération technique entre les deux groupes. En 10 ans, quatre familles de moteurs diesel seront ainsi développées en commun.
2002 : installation du Groupe Ford France dans de nouveaux locaux à Saint Germain en Laye.
2006 : Ford livre la première flotte de Focus Flexifuel, fonctionnant au super-éthanol E85, au conseil Général de la Marne.
De quoi faire hurler un peu plus Philippe Martinez. 
Le patron de la CGT a répliqué, jeudi, que Ford doit "rembourser l’argent public " versé à la satisfaction de Louis Viannet, et Martinez a demandé ni plus ni moins que la "réquisition" de l’entreprise ! Irréaliste, selon Bercy, car cela enverrait un très mauvais signal aux groupes étrangers qui voudraient s’implanter en France.

Dissuader Ford de fermer

"Si la volonté de Ford est de fermer l’usine et de quitter le pays le plus vite possible, il doit comprendre que la meilleure solution est d’accepter l’offre de reprise", insiste une source anonyme proche du dossier. Mais pour l’en convaincre, le gouvernement a peu de moyens de pression. Il pourrait, par exemple, placer des obstacles administratifs sur sa route en lançant une commission parlementaire ou freiner, voire retoquer, le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) que Ford souhaite engager. 
Le PSE est un dispositif légal visant à limiter les conséquences des licenciements collectifs. Mis en place en août 1989 par la loi 'Soisson', ce plan social a été renommé "plan de sauvegarde de l'emploi" par Martine Aubry dans loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002.
Bercy n’a pas non plus apprécié l'annonce par communiqué de la fermeture de l’usine à la fin août 2019, moins de vingt-quatre heures après avoir arraché un accord avec les syndicats et salariés du groupe. "Nous n’avons pas été prévenus de cette décision même si on sentait Ford devenir évasif dans les échanges", confirme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès de Bruno Le Maire.

Ford, prêt à se retirer dans les formes
Le constructeur américain trouve  des défenseurs parmi les experts du secteur automobile. "L’offre du belge Punch n’est pas robuste, détaille un fin connaisseur du dossier qui garde l'anonymat. Punch a fait la promesse de conserver un certain niveau production, mais rien ne prouve qu’ils seront en mesure de la tenir."
Punch Powerglide Strasbourg est un concepteur et fabricant mondial de boîtes de vitesse automatiques. Mais son site, qui a appartenu jusqu'en 2013 au groupe General Motors, a fait faillite deux années plus tôt et se trouve encore en profonde restructuration.
Ford fait aussi valoir que son intention est de bien faire les choses. Sur les 850 salariés que compte l’usine, la moyenne d’âge est de 51 ans. Dans le cadre d’un PSE, 150 d’entre eux pourraient être transférés à l’usine voisine, GFT (Getrag Ford Transmissions), qui fabrique elle aussi des boîtes de vitesses. Il resterait 700 salariés, dont la moitié partirait en pré-retraite, et l’autre moitié bénéficierait d’un accompagnement pour retrouver un emploi, lancer son entreprise, etc.

Le Maire mise sur une mobilisation nationale







Date butoir fin octobre
Lors de sa précédente visite dans l'usine il y a trois semaines, Bruno Le Maire avait affiché l'espoir de voir aboutir les négociations entre Ford qui entend se séparer de Blanquefort d'ici la fin de l'année 2019, et l'équipementier Punch, repreneur de l'usine de boîtes de vitesse que détenait General Motors à Strasbourg.

Le ministre avait fixé la fin du mois d'octobre comme date butoir pour trouver une solution. Les collectivités locales et l'Etat se sont engagés à investir 5 millions d'euros, dont trois millions d'euros pour des mesures de chômage technique qui seraient nécessaires et deux millions d'euros pour investir et moderniser le site, a précisé Bruno Le Maire.

Négociations sur un PSE
Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a ajouté que Bordeaux Métropole et la Région Nouvelle-Aquitaine présidée par Alain Rousset (PS) sont prêts à apporter ensemble 12,5 millions d'euros pour "imposer" une reprise. "Ça veut dire mettre en cause le cas échéant la réputation de Ford sur le marché européen. Ça veut dire agir auprès des instances européennes qui peuvent peser sur la décision de Ford. Ça veut dire nous solidariser de toutes les actions que les organisations syndicales pourraient envisager", a-t-il dit.

Devant la représentation nationale, Le Maire a rendu un hommage appuyé à Philippe Poutou, ouvrier à Ford Blanquefort, syndicaliste CGT, ancien candidat du Nouveau Parti anticapitaliste à l’élection présidentielle de 2017, et qui a pesé pour que son syndicat accepte de rentrer dans les clous de l’offre de Punch.

Résultat de recherche d'images pour "Blanquefort Jospin"

Ford, qui a pris la décision de ne plus investir dans cette usine ouverte en 1972, avait lancé fin juin un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) en parallèle à la recherche d'un repreneur. Les négociations sont toujours en cours et les membres du Comité d'entreprise se battent toujours pour obtenir des améliorations importantes dans les mesures proposées en cas de fermeture. La dernière réunion serait fixée au 18 décembre.

jeudi 6 décembre 2018

Amateurisme des prétentieux : le rétropédalage du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

Du moratoire à l'annulation, le rétropédalage des bras-cassés du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

L'Elysée a annoncé, mercredi soir, l'annulation de l'augmentation de la taxe carbone pour 2019

Résultat de recherche d'images pour "tango"Or, la veille, le premier ministre, Edouard Philippe, évoquait pourtant un moratoire de six mois sur cette hausse.
L'exécutif fait marche arrière et ces braves gens expliquent leur rétropédalage en se parant des vertus de l'écoute attentive et de la compréhension bienveillante dont ils ont pourtant si peu fait montre jusqu'ici : l'Elysée et Matignon sont tombés d'accord pour assurer qu'ils ont entendu la "colère" grave et "insaisissable" des "gilets jaunes"

Alors qu'il assurait maintenir le cap, affirmant et réaffirmant sa volonté d'augmenter la taxe sur les carburants au 1er janvier 2019,
le gouvernement a finalement cédé aux manifestants pourtant inorganisés, répondant à leur première revendication des Gilets jaunes : l'annulation de cette hausse de la taxe carbone qui frappe les automobilistes à la pompe, sans distinction de revenus. La hausse de plus de 40 centimes d'euros sur le diesel, en seulement quelques semaines, continue toutefois de grever tous les budgets, indistinctement.
La taxe carbone, un prélèvement fiscal pesant inégalement sur les produits énergétiques en fonction de leur niveau d'émission de CO2, devait passer de 44,60 à 55 euros la tonne de CO2 au 1er janvier 2019. Avant que les 'Gilets jaunes' ne prennent le mors aux dents, les taxes sur le gazole devaient ainsi augmenter de 6,5 centimes par litre l'année prochaine et les taxes sur l'essence de 2,9 centimes par litre. Elles étaient d'autant plus mal perçues que la tendance cours du Brent (prix du pétrole brut) est plutôt à la baisse depuis octobre et que le fruit de cet impôt indirect était détourné de l'écologie au profit du budget général de l'Etat...
De l'annonce d'un moratoire de six mois sur cette hausse, mardi 4 décembre, à l'annulation de l'augmentation en 2019, mercredi 5, retour sur les cinq actes du rétropédalage de l'exécutif

Résultat de recherche d'images pour "tango Macron Philippe"

1 - Sous la pression de la rue, Matignon annonce un moratoire de six mois

La journée de mardi marque un tournant dans la réponse du gouvernement face au mouvement des "gilets jaunes". Tôt dans la matinée, Matignon révèle à l'AFP que le Premier ministre, Edouard Philippe, va annoncer un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants.

Selon une source gouvernementale, la mesure a été décidée lors d'une réunion de crise, présidée par Emmanuel Macron lundi soir. Quarante-huit heures plus tôt, de graves violences ont éclaté à Paris, en marge de l'"acte 3" de la mobilisation des "gilets jaunes". La situation est critique : 133 personnes ont été blessées et 412 ont été interpellées. 

L'idée d'un moratoire de six mois sur cette augmentation était présente dans une première version du discours d'Emmanuel Macron sur la transition écologique, mardi 27 novembre. Le président l'a finalement supprimée du texte final, au cours de son allocution... 

2 - Edouard Philippe confirme ce moratoire

Lors d'une allocation depuis l'Hôtel de Matignon, le chef du gouvernement annonce, quelques heures plus tard,, un ensemble de mesures en réponse à la mobilisation des "gilets jaunes". Edouard Philippe promet alors "une suspension pendant six mois de la hausse de la taxe carbone, de la convergence diesel-essence et de la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier".

Ces augmentations "ne s'appliqueront pas avant d'être débattues par toutes les parties prenantes" pendant la concertation sur les réponses à apporter aux "gilets jaunes", poursuit-il. "Il faut mettre en œuvre des mesures d'accompagnement. Si on ne les trouve pas, nous en tirerons les conséquences", lance le Premier ministre.
A ce moment-là, Edouard Philippe n'exclut donc pas l'inscription de l'augmentation dans un budget rectificatif "au printemps", à l'issue des débats sur les solutions à apporter aux "gilets jaunes".

3 - Le premier sinistre évoque une annulation

Changement de ton mercredi matin. Au cours d'un débat de cinq heures à l'Assemblée nationale sur les mesures annoncées la veille par Edouard Philippe, le Premier ministre va plus loin, dans les concessions faites aux "gilets jaunes". Il ne s'agit alors plus d'un moratoire de six mois, mais d'un abandon pour 2019.
"Si nous ne trouvons pas les bonnes solutions, alors, nous n'appliquerons pas cette taxe." (Edouard Philippe, devant les députés)
Et le locataire de Matignon de conclure en annonçant que "la hausse de cette taxe est désormais abandonnée dans le PLF [projet de loi de finances] 2019". "Elle ne sera pas dans le PLF 2019 et toute solution devra être issue du débat", ajoute-t-il. Ses mesures sont approuvées par les suiveurs de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale, par 358 voix contre 194. 

4 - L'Elysée confirme une hausse "annulée"

Mercredi soir, l'Elysée tente de clarifier la position du gouvernement. La présidence annonce ainsi que l'augmentation de la taxe carbone au 1er janvier n'est pas "suspendue, ni différée", mais purement et simplement "annulée". L'Elysée enterre donc le soir le moratoire de six mois proposé par Edouard Philippe la veille, et déjà remis en cause par le premier ministre lui-même trois heures plus tôt, au Palais Bourbon.

5 - L'exécutif nie tout différend

Peu après cette annonce, la présidence précise ses propos dans un communiqué, relève Le Monde. L'Elysée assure alors que "le président et le Premier ministre ont souhaité de concert que la hausse de la taxe carbone prévue dans le PLF 2019 soit supprimée". Il nie ainsi tout désaveu du Premier ministre par Emmanuel Macron.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a justifié lui aussi les changements de pieds successifs de l'exécutif, mercredi soir, sur BFMTV, lors d'un débat avec des "gilets jaunes". "Le président (...) m'a dit : 'Les gens ont eu l'impression qu'il y avait une entourloupe, qu'on leur disait, c'est une suspension, mais hop, ça reviendra après'", a défendu le ministre.

"Il n'y a aucun différend" entre le chef du gouvernement et le président, a dû nier de son côté le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, sur France 2 jeudi matin. "La taxe sur les carburants est supprimée pour 2019; je pense que le message est suffisamment clair." Il fallait oser cette audace de la clarté... 




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🗨️ @BrunoLeMaire "Il n'y a aucun différend entre le Président et le Premier ministre, on tirera les leçons au moment venu." @telematin

Et il n'empêche que le député LREM Gilles Le Gendre a le front d'affirmer que l'exécutif est "trop intelligent" et "trop subtil" pour que les Français puissent comprendre la "pensée complexe" du président et de ses valets.