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mardi 7 juillet 2020

Jacob conseille à Macron de "se méfier" de Darmanin

Darmanin porte "les gènes de la trahison", prévient Jacob 

Le patron des Républicains a mis en garde Macron dès mardi

Alors que le nouveau premier ministre, Jean Castex vient de quitter LR, Christian Jacob souligne que "ces ministres sont d'abord des opportunistes".

Déserteur de la droite parmi d'autres (Philippe, Le Maire, Blanquer, Lecornu, Riester, Bachelot, Klinkert, Moreno et Montchalin, huit sur les 16 ministres (re)nommés le 6 juillet, 14 ministres délégués et un secrétaire d’Etat), Gérald Darmanin, promu ministre de l'Intérieur, n'est pas un homme de confiance. 
"Quel lien a Darmanin avec la droite ? Il est adhérent En marche", rétorque-t-il aussi à propos du ministre issu de la droite, rallié en 2017 à Macron et ministre des Comptes publics dans le précédent gouvernement.

"Si j'étais le président, je m'en méfierais"

Et d'expliquer que le ministre de l'Intérieur a les gènes de la trahison! Le président est allé chercher une personnalité ou deux qui avaient besoin de reconnaissance, c'est tout", critique Christian Jacob.

Guillaume Peltier, numéro deux des Républicains, évacue aussi la question d'un siphonnage de la droite par Emmanuel Macron. "Si la politique se résume à du spectacle, du cynisme, une simple tactique et des stratégies de débauchage individuels, qu'est-ce qu'elle est triste la politique, et c'est celle que mène Emmanuel Macron", a-t-il commenté sur franceinfo. Outre Gérald Darmanin, promu à l'Intérieur, l'ancienne ministre de Jacques Chirac Roselyne Bachelot fait son retour en politique en prenant les rênes du ministère de la Culture. 

L'ancien ministre Brice Hortefeux , sur RTL, a indiqué avoir été appelé lundi soir par Gérald Darmanin, proche comme lui de Nicolas Sarkozy: "Je l'ai naturellement félicité, je lui ai souhaité bon courage, parce que la réalité c'est que les clignotants sont au rouge" en matière de sécurité, a-t-il noté.

samedi 4 juillet 2020

Pour entrer à Matignon, Jean Castex quitte Les Républicains

Premier ministre parfait, selon la presse, ce technocrate est-il un mercenaire et un traître ?

Un homme qui ré-écrit sa propre histoire peut-il écrire une page d'Histoire ?

Jean Castex a déjà adopté le sourire factice de Macron...

Jusqu'ici dans le sillage de Sarkozy, ce nouveau premier ministre se renie-t-il ou Macron lui impose-t-il de d'effacer les traces derrière lui ? Il l'a fait et c'est ce qui compte.
Il a lâché son parti dans la matinée de vendredi 3 juillet. 
Une "trahison" ressentie par le chef de file LR, Christian Jacob. Le nouveau locataire de l'Hôtel de Matignon a démissionné du parti qui lui a fait confiance, Les Républicains: il a assumé cette lâcheté dans une lettre reçue vendredi 3 juillet matin par le parti, a-t-on appris auprès de LR. Son prédécesseur venu également de la droite, Edouard Philippe, avait eu plus d'élégance...

Si Paris valait bien une messe pour Henri IV, pour le montagnard Jean Castex aussi,  Matignon vaut bien un reniement.
Le nouveau locataire de l'Hôtel de Matignon a démissionné de son parti Républicains dans une lettre reçue vendredi 3 juillet matin par le parti, a-t-on appris auprès de LR. Mais, pour autant, comme le roi de Navarre, le Catalan de Prades peut-il  nous promettre la poule au pot tous les dimanches ?  
Le grand communicant attentif à ne pas froisser - et ce n'est pas dans Gala - n'a déjà pas tous les talents que la presse à genoux lui prête. "Nous avons reçu ce matin, par la poste, le courrier" où Jean Castex demande "à retirer son adhésion et à suspendre les prélèvements" [parce qu'il compte revenir !] , a-t-on précisé. Le courrier du maire de Prades (Pyrénées-Orientales) ne donnait aucune précision quant aux motivations de ce départ.
Consensuel ou rustre ?

Des signaux annonçaient ce départ, révèle le président de LR Christian Jacob, suggérant que la mine renfrognée de l'Edouard à la 'Convention citoyenne pour le climat' était la manifestation de son renvoi au Havre. Selon Jacob, Jean Castex "avait pris ses distances ces derniers jours", et "de fait, à partir du moment où il s'inscrit dans la politique menée par Emmanuel Macron, bien évidemment il n'est plus aux Républicains", depuis qu'il coordonne les travaux de déconfinement.


"En matière de trahisons, on a [beaucoup] donné déjà", a noté Jacob. 
Jean Castex succède à Edouard Philippe, un autre déserteur de LR, désormais accusé de trahison dans sa famille d'origine.
"Les Français en ont marre de ceux qui privilégient leur carrière plutôt que leurs convictions", a déclaré  le numéro 2 de LR, Guillaume Peltier, pour qui cette nomination est une "clarification". "Emmanuel Macron est définitivement le président d'une république des hauts fonctionnaires et des énarques en laquelle les Français n'ont plus confiance", a-t-il ajouté.
Depuis Juppé, "la lâcheté politique est devenue une banalité".
Le secrétaire général de LR Aurélien Pradié ajoute que Jean Castex "entre dans cette logique ultra coupable qui consiste installer dans notre démocratie l'idée que tout se vaut". Mais "ce n'est pas productif dans l'opinion", a-t-il ajouté, en soulignant que le nouveau chef du gouvernement n'est "pas une figure tutélaire de la droite".

Il n'est "pas identifié comme de droite" auprès du grand public et il "n'a jamais exercé de responsabilités" de premier plan, a souligné Christian Jacob.

samedi 15 décembre 2018

Usine de Blanquefort : l’exécutif engage un bras de fer avec Ford

Dans l'"ancien monde", Montebourg n'avait pas fait autrement : avec quel résultat ?

Le constructeur américain Ford veut fermer son usine de Blanquefort après avoir perçu 20 millions d’euros d’aides publiques entre 2011 et 2014 

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"Trahison", "lâcheté", "écœurement", "consternation", "indignité"… La classe politique n'a pas de mot assez blessant pour qualifier l’attitude de Ford.
Entre le fermeture de son usine de Blanquefort et sa reprise par le groupe belge Punch, le groupe Ford privilégierait la première option, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. 847 emplois pourraient être perdus en cas de disparition du site. 
Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des finances, s'est senti humilié et a perdu ses nerfs devant l’attitude de Ford, qui a transmis sa décision par un simple communiqué de presse, et dont le PDG, Jim Hackett, n’a pas daigné prendre le ministre au téléphone. "Je suis révolté, je suis écœuré par cette décision qui ne se justifie que par la volonté de Ford de faire monter son cours de Bourse, a déclaré, jeudi, B. Le Maire, au Sénat, à l’occasion de la séance de questions au gouvernement. Je veux dénoncer le mensonge de Ford, qui dit que l’offre de reprise de Punch n’est pas crédible (…). Et je veux dénoncer la trahison de Ford vis-à-vis des salariés du site de Blanquefort."
"Je suis évidemment en désaccord avec ce choix et je souhaite que nous nous mobilisions tous pour maintenir l'activité industrielle sur le site. Nous avons une option solide. Punch est un repreneur solide qui a une bonne réputation, qui a déjà apporté la preuve de sa capacité à reprendre une activité industrielle", a-t-il ajouté. Un porte-parole de Ford France a refusé, quant à lui, de commenter à chaud ces déclarations véhémentes.

Les Américains ont parfaitement tiré parti du mode de fonctionnement français de subventions et de primes. Aujourd'hui, le gouvernement veut contraindre le constructeur américain à accepter l’offre de reprise, plutôt que de fermer son usine. 
"Hostile et inacceptable" : c’est en ces termes qu’en marge d’un sommet européen à Bruxelles, ce vendredi, Emmanuel Macron a jugé  la décision du groupe américain Ford de fermer une usine à Blanquefort, commune socialiste gérée par Vincent Feltesse (dont Hollande avait fait un conseiller à l'Elysée), dans l'aire urbaine de Bordeaux, Gironde, en refusant une offre de reprise.

A Bercy, son ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, ne décolère pas. 
Lors d’un entretien téléphonique, ce vendredi, en début d’après-midi avec le PDG de Ford Europe, Steven Armstrong, il aurait exhorté le constructeur américain à "revoir sa décision", assure la presse. Et ce, rapidement, selon son entourage. La vérité est que ce PDG ne répond plus à Le Maire au téléphone. 
Si aucun calendrier n’a été fixé, Bercy prétend pourtant mettre la pression sur Ford pour qu’il accepte l’offre de reprise du belge Punch Powerglide, plutôt que de fermer l’usine fin août, en laissant sur le carreau les 850 salariés.
"S'ils pensent qu'ils peuvent mettre la clef sous la porte sans que ni l'Etat ni les collectivités locales ne réagissent, ils se trompent! Nous allons nous battre et nous ne nous laisserons pas faire", a tonné le ministre, jugeant cette position "indéfendable".
Le Maire dit avoir téléphoné au Secrétaire au Trésor du président Trump, Steve Mnuchin et à son conseiller économique  pour "obtenir leur soutien" et qu'ils alertent "la direction de Ford sur ce qui se passe actuellement sur le site de Blanquefort", près de Bordeaux.
Comme Margaret Thatcher, Macron "wants his money back" 
En effet, le constructeur américain a  pris l'argent offert contre la paix sociale. Il a abondamment bénéficié des aides publiques ces dernières années, sans pour autant se sentir lié. Ford aurait ainsi perçu 20 millions d’euros d’aides publiques entre 2011 et 2014 sur la base d’un premier accord de reprise du site : 10 millions d’euros au titre de l’investissement et 10 autres millions pour financer la formation et le chômage partiel des salariés. 
Parallèlement, il a bénéficié du Crédit impôt compétitivité emploi (CICE). Et même en cas de fermeture, Ford pourra imputer du CICE sur les impôts qu’il doit à l’Etat français en 2019 (au titre de 2018).
1998: accord de coopération signé par Ford et PSA Peugeot Citroën.
1999 : en remportant (ô surprise !) un important contrat avec l'UGAP (la centrale d’achat des administrations et collectivités publiques), Ford devint fournisseur de l'administration française, sous Jospin.

A Paris,
Ford et PSA Peugeot-Citroën présentèrent le 1er moteur ...diesel issu de la coopération technique entre les deux groupes. En 10 ans, quatre familles de moteurs diesel seront ainsi développées en commun.
2002 : installation du Groupe Ford France dans de nouveaux locaux à Saint Germain en Laye.
2006 : Ford livre la première flotte de Focus Flexifuel, fonctionnant au super-éthanol E85, au conseil Général de la Marne.
De quoi faire hurler un peu plus Philippe Martinez. 
Le patron de la CGT a répliqué, jeudi, que Ford doit "rembourser l’argent public " versé à la satisfaction de Louis Viannet, et Martinez a demandé ni plus ni moins que la "réquisition" de l’entreprise ! Irréaliste, selon Bercy, car cela enverrait un très mauvais signal aux groupes étrangers qui voudraient s’implanter en France.

Dissuader Ford de fermer

"Si la volonté de Ford est de fermer l’usine et de quitter le pays le plus vite possible, il doit comprendre que la meilleure solution est d’accepter l’offre de reprise", insiste une source anonyme proche du dossier. Mais pour l’en convaincre, le gouvernement a peu de moyens de pression. Il pourrait, par exemple, placer des obstacles administratifs sur sa route en lançant une commission parlementaire ou freiner, voire retoquer, le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) que Ford souhaite engager. 
Le PSE est un dispositif légal visant à limiter les conséquences des licenciements collectifs. Mis en place en août 1989 par la loi 'Soisson', ce plan social a été renommé "plan de sauvegarde de l'emploi" par Martine Aubry dans loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002.
Bercy n’a pas non plus apprécié l'annonce par communiqué de la fermeture de l’usine à la fin août 2019, moins de vingt-quatre heures après avoir arraché un accord avec les syndicats et salariés du groupe. "Nous n’avons pas été prévenus de cette décision même si on sentait Ford devenir évasif dans les échanges", confirme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès de Bruno Le Maire.

Ford, prêt à se retirer dans les formes
Le constructeur américain trouve  des défenseurs parmi les experts du secteur automobile. "L’offre du belge Punch n’est pas robuste, détaille un fin connaisseur du dossier qui garde l'anonymat. Punch a fait la promesse de conserver un certain niveau production, mais rien ne prouve qu’ils seront en mesure de la tenir."
Punch Powerglide Strasbourg est un concepteur et fabricant mondial de boîtes de vitesse automatiques. Mais son site, qui a appartenu jusqu'en 2013 au groupe General Motors, a fait faillite deux années plus tôt et se trouve encore en profonde restructuration.
Ford fait aussi valoir que son intention est de bien faire les choses. Sur les 850 salariés que compte l’usine, la moyenne d’âge est de 51 ans. Dans le cadre d’un PSE, 150 d’entre eux pourraient être transférés à l’usine voisine, GFT (Getrag Ford Transmissions), qui fabrique elle aussi des boîtes de vitesses. Il resterait 700 salariés, dont la moitié partirait en pré-retraite, et l’autre moitié bénéficierait d’un accompagnement pour retrouver un emploi, lancer son entreprise, etc.

Le Maire mise sur une mobilisation nationale







Date butoir fin octobre
Lors de sa précédente visite dans l'usine il y a trois semaines, Bruno Le Maire avait affiché l'espoir de voir aboutir les négociations entre Ford qui entend se séparer de Blanquefort d'ici la fin de l'année 2019, et l'équipementier Punch, repreneur de l'usine de boîtes de vitesse que détenait General Motors à Strasbourg.

Le ministre avait fixé la fin du mois d'octobre comme date butoir pour trouver une solution. Les collectivités locales et l'Etat se sont engagés à investir 5 millions d'euros, dont trois millions d'euros pour des mesures de chômage technique qui seraient nécessaires et deux millions d'euros pour investir et moderniser le site, a précisé Bruno Le Maire.

Négociations sur un PSE
Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a ajouté que Bordeaux Métropole et la Région Nouvelle-Aquitaine présidée par Alain Rousset (PS) sont prêts à apporter ensemble 12,5 millions d'euros pour "imposer" une reprise. "Ça veut dire mettre en cause le cas échéant la réputation de Ford sur le marché européen. Ça veut dire agir auprès des instances européennes qui peuvent peser sur la décision de Ford. Ça veut dire nous solidariser de toutes les actions que les organisations syndicales pourraient envisager", a-t-il dit.

Devant la représentation nationale, Le Maire a rendu un hommage appuyé à Philippe Poutou, ouvrier à Ford Blanquefort, syndicaliste CGT, ancien candidat du Nouveau Parti anticapitaliste à l’élection présidentielle de 2017, et qui a pesé pour que son syndicat accepte de rentrer dans les clous de l’offre de Punch.

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Ford, qui a pris la décision de ne plus investir dans cette usine ouverte en 1972, avait lancé fin juin un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) en parallèle à la recherche d'un repreneur. Les négociations sont toujours en cours et les membres du Comité d'entreprise se battent toujours pour obtenir des améliorations importantes dans les mesures proposées en cas de fermeture. La dernière réunion serait fixée au 18 décembre.

mercredi 11 avril 2018

François Hollande exécute Emmanuel Macron dans un livre

Enquête sur une affaire de parricide politique

Histoire d'un 'tueur du père' qui se fait assassiner

François Hollande refuse de rendre son dernier soupir politique sans un râle rageur. 
Il publie donc mercredi un bouquin intitulé "Les leçons du pouvoir" où, sur plus de 400 pages, il exécute son successeur, serpent qu'il a réchauffé dans son sein.
L'ancien chef de l'Etat y parle beaucoup de lui-même, mais le long bilan qu'il dresse de son quinquennat est l'occasion de planter un bon nombre de banderilles dans le président en exercice et de prendre position sur plusieurs sujets d'actualité, quand tant d'autres préfèrent se faire oublier dans une ONG. Duflot est allée squatter Oxfam et Ségolène Royal tente de fonder sa propre organisation non gouvernementale, tandis que Sapin rôde aux confins du monde politique et que Cazeneuve s'est fondu dans la nature et l'oubli.

Hollande porte la parole partout où Macron n'est pas.
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L'opération marketing mise sur pieds pour cette sortie a prévu un plan media lourd : entretien avec l'hebdomadaire L'Obs, propriété du Groupe Le Monde (Xavier Niel et Matthieu Pigasse) et du Groupe Perdriel, les sanisettes), et la réquisition du service public que Macron néglige au profit de TF1 et du groupe BFM. Il ira sur les chaînes boudées par son successeur, le JT de 20h sur France 2, la matinale de France Inter et France 5 (C à Vous)... Pour les Français, un rude moment à passer, puisqu'il ne sauront plus vers qu'elle chaîne se tourner pour oublier leurs tracas.

Hollande accuse notamment les réformes de Macron de "creuser les inégalités".
Hollande dénonce la politique fiscale de son ancien ministre de l'Economie, dans son livre, cette fois. 
"Mes gouvernements réduisaient les inégalités. Celui-là les creuse", attaque l'ancien président, après avoir déjà critiqué, à Angoulême au mois d'août, les "sacrifices inutiles" demandés aux Français et, à Séoul en octobre, la réforme de l'impôt sur la fortune.

A son ancien conseiller à l'Elysée, Hollande reproche aussi, pêle-mêle, 
le recours aux ordonnances, qui "traduisent l'abandon par le Parlement de ses prérogatives"; 
la mise à l'écart des syndicats dans les TPE, "laissant les salariés seuls face à leurs employeurs"; 
la suppression du secrétariat d'Etat aux victimes; 
la définition d'un statut pour la première dame (non élue).

Hollande désapprouve l'introduction d'un peu de proportionnelle 
Dans son interview à L'Obs comme auprès de France 2, Hollande a enfoncé le clou. "Mon expérience m'a prouvé que chaque fois que j'ai pu engager une concertation et négocier, j'ai réussi à réformer. Chaque fois que j'ai voulu aller trop vite ou trop brutalement, je n'ai pas été compris. La négociation prend plus de temps, mais elle produit des résultats plus solides", a-t-il taclé, sans considération du moment choisi pour faire entendre sa voix, alors que Macron affronte une conjonction de mouvements sociaux.
Sur la réforme institutionnelle envisagée par Macron, son ex-mentor estime qu'un peu de proportionnelle "priverait le chef de l'État d'un appui solide pour mener ses réformes".
Quant à la diminution du nombre de parlementaires, elle aurait "comme conséquence d'éloigner le député de ses électeurs," souligne Hollande.

Hollande, donneur de leçons

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Invité à réagir d'abord à l'actualité, mardi soir - justement sur France 2 - et donc à l'attaque chimique imputée au régime de Bachar al-Assad, Hollande estime que "la seule réaction possible (est) une frappe" aérienne, car il a la conviction qu'il y a "eu une nouvelle utilisation des armes chimiques".

Hollande met aussi en garde son ancien protégé contre un excès d'assurance, en particulier à l'international. "Pour lui, une volonté clairement affirmée et beaucoup de séduction pourvoient à tout. C'est sa méthode".
"Si on veut supprimer le statut des cheminots, on ne le fera pas sans la négociation et sans une convention collective pour tous les salariés du secteur ferroviaire qui soit au même niveau que leur statut actuel", a-t-il conseillé sur France 2.

L'ancien président de la République prend position sur d'autres réformes en cours ou à venir.
Il se dit favorable à l'euthanasie et à l'extension de la procréation médicale assistée (PMA) pour les couples de femmes. "La réforme de la PMA se fera", prédit-il.

De manière plus générale, Hollande prend ses distances avec l'effacement du clivage droite/gauche théorisé par Macron. Certains pensent que la gauche "professe une idéologie dépassée, que d'autres clivages dominent, que tout se réduit finalement à une lutte entre les tenants de l'ouverture et les partisans du repli. C'est une caricature", assène-t-il.

Hollande se dit vaincu par traîtrise

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A mots couverts, il accuse Macron de l'avoir trahi dans l'ombre. "J'ai toujours admis la compétition politique. Mais je pense qu'elle doit se livrer au grand jour et s'assumer franchement. Convenons que ce ne fut pas le cas".

En quelques formules bien senties, l'ancien chef de l'Etat règle aussi ses comptes avec d'anciens ténors du PS.
Martine Aubry, qui l'aurait assuré de son "soutien" en juin 2016, mais est restée muette, 
Arnaud Montebourg et Benoît Hamon qui, en poursuivant la "chimère" d'une réécriture des traités européens, "ont fait sombrer leur famille politique", et "ouvert à Jean-Luc Mélenchon un espace dans lequel il a constitué une force qui, si elle devenait dominante à gauche, interdirait le retour de la social-démocratie aux responsabilités".

mardi 10 avril 2018

Juliette Méadel, chassée du PS pour infidélité

Elle était à fond pour Hollande et maintenant pour Macron...

L'ancienne ministre n'a pas pu voter lors du congrès du PS, samedi dernier.

"C'est un divorce par "consentement mutuel", raconte-t-elle, avec aigreurs. L'ancienne secrétaire d'Etat à l'Aide aux victimes, Juliette Méadel, a annoncé, à ceux que ça intéresserait, mardi 10 avril sur franceinfo, qu'elle a appris sa radiation du Parti socialiste, à sa grande surprise, au moment de voter lors du 78e congrès, les 7 et 8 avril derniers. 

C'est pourtant dès février 2018 qu'elle a été radiée du PS par le bureau fédéral des adhésions de la fédération de Seine-et-Marne, en raison de son soutien affiché à La République en marche ! avant la dernière élection présidentielle, alors qu'elle appartenait encore au gouvernement de Hollande.

"Je suis socialiste, mais je ne suis plus membre du PS. J'en ai été radiée", a-t-elle fait savoir à la planète, précisant qu'ainsi elle n'a pas pu participer à l'élection du secrétaire général du parti. Elle avait été secrétaire nationale à l'Industrie, au Numérique et à l'Économie sociale et solidaire en août 2014.
"J'ai décidé de ne pas faire de recours. C'est un divorce par consentement mutuel", a-t-elle ajouté. "Ça s'est passé au moment du congrès. Mon secrétaire de section m'a dit que je ne pouvais pas voter. Donc, j'ai été radiée du Parti socialiste", a insisté celle qui fut ...porte-parole du parti (2014-2016) !

Le Parti socialiste continuera sans elle

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"Je continuerai à défendre les idées socialistes et je serai aussi cette héritière de la gauche de gouvernement dans laquelle je crois", a estimé celle, à bonne école, qui fut membre de l'équipe de campagne de Ségolène Royal pour l'élection présidentielle de 2007.

Samedi dernier, Olivier Faure est officiellement devenu samedi le 13e premier secrétaire du PS, avec 48,37% des voix, lors d'un congrès à Aubervilliers en région parisienne.

Secrétaire d'État à l'aide aux victimes pendant une année (février 2016-mai 2017) et fille de l'ancien directeur de cabinet d'Edith Cresson à Matignon, Juliette Méadel est aujourd'hui membre d'un groupe de travail désigné par l'Élysée de définir les contours du futur service national universel.

jeudi 18 janvier 2018

NDDL: le président renie son engagement et ne "fait pas ce qu'il dit"

Le président vibrion est dépassé par les événements

Macron se tient en retrait, envoyant Philippe au front.

Macron, fossoyeur de projets d'aménagement,
fait faire la sale besogne par Edouard Philippe
Que reste-t-il du président qui "fait ce qu'il dit" ? 
L'abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes est le premier d'une série de reniements d'Emmanuel Macron  à l'épreuve de la réalité. Tandis que le camp présidentiel s'en défend et qualifie son abandon du combat de capacité "à trancher", les rebelles bretons célèbrent une "victoire historique" et les collectivités locales indignées se repassent la patate chaude.

Durant la campagne présidentielle, le candidat Macron s'était déjà lavé les mains de cette guerre de 50 ans, se retranchant derrière la nécessité de respecter les résultats du référendum départemental de juin 2016 favorable au projet d'aéroport régional.
"Je prends l'engagement de faire respecter ce vote, avec ma méthode", déclarait-il sur France 2, le 6 avril 2017. "Mon souhait, c'est de respecter le vote qui a eu lieu", avait-il insisté.

Macron n'est pas parvenu à "apaiser les choses."
Mais il précisait aussi son souhait de nommer, s'il était élu, un médiateur pour six mois maximum. "Je regarderai la situation, j'essaierai d'apaiser les choses. Si je n'y arrive pas, je prendrai mes responsabilités", expliquait-il.

Emmanuel Macron ne s'est pas mis en scène, mercredi
 
Le référendum sur l'aéroport du Grand Ouest a eu lieu le 26 juin 2016,
S. Royal étant ministre de l'Environnement (avril 2014-mai 2017)

Soucieux de faire oublier son engagement à "prendre ses responsabilités", Jupiter s'est retiré au sommet de sa montagne, laissant en première ligne son factotum Edouard Philippe, après avoir pris la décision solitaire d'abandonner le projet et avoir fixé la répartition des rôles, lors d'un tête-à-tête à l'Elysée, lundi soir.

"On ne peut pas parler de reniement", se défend l'Elysée. 
"Il avait annoncé durant la campagne qu'il fallait mettre les choses à plat, prendre le temps de la réflexion, avant de trancher", se justifie-t-on dans l'entourage du monarque-président.
Par ailleurs, "lorsqu'il s'était exprimé, l'option d'un développement de l'aéroport de Nantes n'était pas sur la table, prétend-on à l'Elysée. Elle est arrivée avec le rapport des médiateurs", souligne-t-on de même source.

"On ne déchire pas une consultation publique mais (...) je me donnerai six mois avec une personnalité indépendante, dépassionnée, pour mettre sur la table les éléments de comparaison qui éclaireront ma décision finale", entre le projet de Notre-Dame des Landes et le réaménagement de l'aéroport actuel, avait-il  expliqué en février au directeur de WWF, Pascal Canfin, ex-ministre écologiste délégué au Développement de Hollande au gouvernement Ayrault (2012-2014), ancien député-maire PS de Nantes. En novembre 2013, démentant les rumeurs concernant une possible suppression de l'écotaxe faisant suite aux manifestations contre celle-ci, Canfin (ex-compagnon de l'ex-députée EELV Eva Sas, ex-concubine de Jean-Vincent Placé) avait affirmé qu'elle serait bien appliquée...
"Passer outre le référendum serait un déni de démocratie", avait estimé Jean-Marc Ayrault, en décembre 2017.

Condamnations politiques du repli de Macron face aux activistes d'extrême gauche

Les chantres de la macronie tentent de préserver l'image du général qui bat en retraite en rase campagne. "Sur ce dossier, Emmanuel Macron est passé par toutes les couleurs de l'arc en ciel", estime Philippe Moreau-Chevrolet, un ancien journaliste à La Tribune (actionnaire majoritaire à 37%, le groupe international de nettoyage et de services Atalian, avec Lagardère, 28%) et L'Express, détenu par SFR Group (Altice Media Group, de NextRadioTV et de l'actuel SFR), également propriétaire du quotidien Libération.
Mais, avec cette décision, "il montre son grand pragmatisme", clame froidement le flagorneur mou, col ouvert à la guillotine de l'opinion. De ce fait, "cet échec pour l'Etat est aussi une victoire pour le président, car sa grande vertu est qu'il prend une décision, et vite, contrairement à ses prédécesseurs. On lui en sait gré" [sic]. Ainsi lui en saurait-ON gré de sacrifier l'intérêt supérieur de l'Etat, donc des Français... Les crevures ne se sentent plus !
Et d'expliquer que Macron n'en fait "pas une question de principe : il considérait que ce dossier pouvait lui pourrir son quinquennat et affaiblir durablement l'autorité de l'Etat, que l'opinion publique était fatiguée", insiste-t-il, justifiant une lâcheté politique d'intérêt personnel.
C'est d'ailleurs cet argument que martèlent les enflures de la majorité. "Enfin une décision, après 40 ans d'hésitation - dont un quinquennat socialiste auquel Macron a participé, d'abord à l'Elysée, puis au ministère de l'Economie -  (...) Ce gouvernement prend ses responsabilités et assume", s'est évidemment félicité Christophe Castaner, le patron de LREM (et ex-socialiste), tandis qu'Edouard Philippe dénonçait 50 ans de "décisions, de reculades et de non-décisions" qui ont mis l'Etat "face à un dilemme impossible" sur ce dossier.

Profitant de sondages actuellement favorables du fait de la faiblesse de l'opposition, l'Elysée espère ainsi étouffer un "dossier empoisonnant", dans lequel Macron s'efface piteusement et dangereusement, créant un précédent sur d'autres projets contestés d'aménagement et de développement, à la veille de batailles réformes politiques délicates. "A l'évidence, il ne s'agit pas de faire une pause et se dire que l'essentiel a été fait. Au contraire, il y a encore beaucoup de pain sur la planche", avait reconnu Edouard Philippe à l'issue du séminaire gouvernemental de rentrée début janvier.

L
e président n'a pas tenu parole, 
dénoncent d'ailleurs les partisans de l'aéroport. 
"C'est la première fois qu'il renie sa parole, car il avait dit qu'il ferait l'aéroport", a dénoncé le président socialiste du Conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, tandis que Ayrault, désavoué, se tient en retrait.

Emmanuel Macron "désavoue la victoire du 'oui' au référendum, souligne l'ancien ministre et député LR Eric Woerth (...) et ce alors qu'il s'était engagé à respecter ce choix lors des débats à la présidentielle".
 
"Le président avait pris un double engagement devant les Français : celui d'évacuer et surtout celui de respecter le vote", se souvient Bruno Retailleau, ancien président du Conseil régional des Pays-de-Loire et farouche partisan de l'aéroport.

mercredi 17 janvier 2018

NDDL: Macron fait marche arrière et renonce à son engagement

"Les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes," assure Édouard Philippe

"Le gouvernement a pris sa décision" : il ne fait pas ce qu'il dit...

Macron envoie son collaborateur à Matignon confirmer l'abandon du projet, ce mercredi 17 janvier, à l'issue du Conseil des ministres à l'Élysée. La ZAD devra être libérée "d'ici le printemps prochain". 

Le projet sera bien "abandonné". "Si la décision avait été facile, elle aurait été prise depuis longtemps", tente de se justifier le chef du gouvernement, rappelant les débats autour du projet depuis cinq décennies. L'aéroport de Nantes-Atlantique sera donc "modernisé", a indiqué Édouard Philippe, c'est-à-dire étendu. Les aéroports de Brest et Rennes seront eux aussi sollicités. 

Par ailleurs, la ZAD (un détournement de "zone d'aménagement différé" en "zone à défendre" : sorte de squat à vocation politique, voire zone de non-droit) devra être évacuée. "Nous mettrons fin à la zone de non droit qui prospère depuis près de dix ans", a promis Edouard Philippe. 
"La demande de prorogation de la déclaration d'utilité publique sera retirée. La déclaration d'utilité publique actuelle deviendra donc caduque le 8 février prochain", a-t-il précisé. 
De plus, les trois routes qui traversent la zone devront être à nouveau praticables, a-t-il précisé. Les agriculteurs dont les terres sont occupées par les zadistes vont pouvoir les récupérer. "Les occupants illégaux devront partir d'ici le printemps prochain ou seront expulsés", a averti le Premier ministre. 

Les élus locaux avait eu la primeur de la décision dans la matinée.
Le gouvernement avait confirmé à plusieurs élus locaux l'abandon du projet d'aéroport contesté à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) dans la matinée. Une trahison", selon ces élus qui étaient favorables au nouvel aéroport. 


"C'est officiel. C'est abandonné". Le projet de transfert d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne verra pas le jour, a indiqué Philippe Grosvalet, président du syndicat mixte aéroportuaire (SMA) et président du Conseil départemental de Loire-Atlantique, après avoir eu au téléphone un conseiller du Premier ministre Edouard Philippe dans la matinée. Le SMA regroupe les collectivités favorables au projet d'aéroport. 

Après six mois de médiation et une ultime consultation, l'exécutif a choisi d'abandonner le projet controversé d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, malgré des décisions de justice et un référendum départemental favorables. 

• Un projet passionnément controversé depuis 50 ans 

Prévenu par un conseiller de Matignon, Philippe Grosvalet fustige "un véritable reniement" et "une très très mauvaise décision du président de la République". "C'est pire que de la déception, c'est quasiment une trahison", s'étrangle l'élu. 
L'alternative devrait être d'aménager l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, comme l'envisageaient des médiateurs dans leur rapport remis le 13 décembre. Malgré les multiples rejets des recours en justice des anti-aéroport, le soutien au projet d'une majorité des élus de Bretagne et des Pays-de-la-Loire, ainsi qu'un référendum consultatif favorable, mais étriqué (55,17%) en Loire-Atlantique en juin 2016, l'exécutif a préféré lâcher "NDDL". 

Né dans les années 60, relancé en 2000,  l'aéroport "du Grand Ouest"  - attribué à Vinci par appel d'offres en 2010 - a traversé un demi-siècle, pour finalement devenir le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande, des  conflits environnementaux emblématiques du pays, mais aussi de la montée en puissance de la république des juges.

• Evacuation de la ZAD ce mercredi 
Edouard Philippe, qui a rencontré plus de 100 élus de l'Ouest depuis début janvier et s'est rendu en catimini samedi à la mairie de Notre-Dame-des-Landes, avait reconnu mardi, devant les députés la République en marche (LREM), la difficulté de trancher. "Quelle que soit la réponse, elle sera mauvaise car elle fera des mécontents", a-t-il admis. 

Malgré l'abandon, l'exécutif ne veut pas perdre la face et s'est engagé à évacuer la ZAD. Des renforts de sept escadrons de gendarmerie mobile, soit plus de 500 hommes, sont attendus mercredi sur place, selon une source proche du dossier, avec l'objectif de quadriller la zone et de procéder à des contrôles pour éviter l'arrivée de renforts d'activistes dans la ZAD. Plusieurs compagnies de CRS seront cantonnées à Nantes et Rennes, prêtes à intervenir et assurer le maintien de l'ordre en cas de manifestations. Soit quelque 1.500 personnels de maintien de l'ordre.

Le mouvement anti-aéroport Ayrault, qui prévoit une conférence de presse deux heures après l'annonce du Premier ministre, s'est donné rendez-vous mercredi à 18h00 à "La vache rit", une grange servant de lieu de rassemblement en plein coeur de la ZAD. 

• Occupants et partisans déçus.
Pour ses partisans, le nouvel aéroport devait permettre d'assurer le développement attendu du trafic aérien depuis Nantes, tout en soulageant les aéroports d'Ile-de-France, face à la saturation attendue, dans sa version actuelle, de Nantes-Atlantique, puisque son extension était gelée par les luttes menées par les écologistes et anti-libéraux.  

"Il faudra gérer la déception des partisans de l'aéroport, c'est une désillusion pour eux c'est certain", reconnaît un parlementaire anonyme. "Mais ce sont principalement des élus, il n'y a pas de mouvement citoyen de masse pour l'aéroport", selon le même élu masqué.

• Et maintenant, quel avenir ?
Pour les activistes, Notre-Dame-des-Landes était devenu un de ces "grands projets inutiles", condamnant un beau bout de zone humide au nom du développement d'un mode de transport contradictoire avec les objectifs de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. 

L'agrandissement de Nantes-Atlantique, une option longtemps écartée par les pouvoirs publics, en raison notamment de la présence d'une zone naturelle protégée à proximité et de la problématique du survol de Nantes, reste toutefois entouré d'incertitudes. Pour l'heure : comme la GPA après le mariage pour tous, une chose après l'autre... "Il s'agit de rallonger la piste vers le sud, l'extension des terminaux, l'aménagement des pistes de circulation pour les avions et changer la pente de la piste pour réduire les nuisances sonores", énumère un des élus voilés partisans de cette option. "Rallonger la piste en tant que tel le prendrait six semaines. Au total, je pense qu'en deux ans tout peut être réglé", juge le même optimiste.


  • La décision de Macron est vivement contestée par les élus partisans de Notre-Dame-des-Landes.
  • L'ex-président les Républicains (LR) de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau, ou la maire PS de Nantes Johanna Rolland, ont répété leur déception. Sur Twitter, l'ex-premier adjoint de Jean-Marc Ayrault dénonce une "trahison du Grand Ouest" et un "déni de démocratie". 







  • Macron se renie.
  • Macron promettait de construire l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
    Pendant la campagne, le candidat Macron s'était engagé à respecter le référendum validant la construction de Notre-Dame-des-Landes.
    "Je fais ce que j'ai dit". Emmanuel Macron a atteint son seuil de fiabilité avec ce dossier explosif de Notre-Dame-des-Landes. En annonçant l'abandon du projet d'aéroport, le chef de l'Etat ne respecte pas sa promesse de campagne. Interrogé dans l'Emission politique sur France 2, le 6 avril, le candidat Macron avait promis de construire l'aéroport s'il était élu. Il souhaitait respecter le référendum départemental de juin 2016, lors duquel 55% des votants s'étaient prononcés en faveur du projet. "Je prends l'engagement de faire respecter ce vote, avec ma méthode", avait assuré le candidat face à Bruno Retailleau, président du Conseil régional des Pays de la Loire et fervent soutien de l'aéroport.
    Alors que la droite réclamait à l'époque un "acte d'autorité" du gouvernement et l'évacuation de la ZAD, le candidat Macron avait exposé sa méthode: "Je nomme un médiateur pour faire tomber la pression pour une durée de six mois maximum. A l'issue de ces six mois, je ferai évacuer la zone avec les forces de l'ordre qui s'imposent". "C'est facile de dire: 'moi, j'enverrai l'armée". Allez faire un Sivens puissance 10...", avait-il craint, en référence à l'ultra tué dans un violent affrontement de l'extrême gauche avec la gendarmerie. "Je regarderai la situation; j'essaierai d'apaiser les choses. Si je n'y arrive pas, je prendrai mes responsabilités." 
    • Et maintenant, quel avenir ?
    Pour les activistes, Notre-Dame-des-Landes était devenu un de ces "grands projets inutiles", condamnant un beau bout de zone humide au nom du développement d'un mode de transport contradictoire avec les objectifs de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. 
    L'agrandissement de Nantes-Atlantique, une option longtemps écartée par les pouvoirs publics, en raison notamment de la présence d'une zone naturelle protégée à proximité et de la problématique du survol de Nantes, reste toutefois entouré d'incertitudes. Pour l'heure : comme la GPA après le mariage pour tous, une chose après l'autre... "Il s'agit de rallonger la piste vers le sud, l'extension des terminaux, l'aménagement des pistes de circulation pour les avions et changer la pente de la piste pour réduire les nuisances sonores", énumère un des élus voilés partisans de cette option. "Rallonger la piste en tant que tel le prendrait six semaines. Au total, je pense qu'en deux ans tout peut être réglé", juge le même optimiste. 

    • Le contribuable versera au moins 350 millions à Vinci
    Un éventuel abandon du projet soulève aussi la question de l'indemnisation prévue pour Vinci qui, selon le rapport remis à Edouard Philippe, pourrait atteindre 350 millions d'euros.

    Mardi, le PDG de Vinci, Xavier Huillard, a évoqué un contrat "béton", après des rumeurs démenties de contestation de certaines clauses du contrat par l'Etat. Certains élus suggèrent une négociation avec le géant du BTP - également exploitant de Nantes-Atlantique ! -  et qui se place en vue de la possible privatisation des Aéroports de Paris (ADP).
    Vinci pourrait obtenir des compensations lors de prochaines passationss de marchés publics...