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mercredi 15 mai 2019

Européennes - Macron récupère le chef indien Raoni jeudi. Et le dalaï lama, vendredi ?

Le dalaï lama est souffrant, mais se serait-il prêté à cette mascarade de com' politicienne ? 

Macron n'a aucun scrupule pour se faire passer pour ce qu'il n'est pas

Chef Raoni, avec J. Chirac, mai 2010
Il recevra le célèbre chef indien Raoni, jeudi après-midi, au cours de sa énième tournée en Europe pour mettre en garde sur la déforestation grandissante au Brésil : elle s'est accélérée sous les dictatures de Lula da Silva et de Dilma Rousseff, deux présidents socialistes corrompus. 
Raoni Metuktire a entamé lundi sa tournée de trois semaines en Europe et doit aussi rencontrer le ministre de la Transition écologique, François de Rugy.

"En tant que pays amazonien" avec la Guyane, sur le continent sud-américain,
"la France est naturellement engagée dans la lutte contre la déforestation" a assuré Macron. Il a même affirmé "défendre également les droits des Autochtones, notamment en tant qu'acteurs essentiels de la préservation des forêts et de la biodiversité et par conséquent engagés dans la lutte contre les dérèglements climatiques", a souligné l'Elysée dans un communiqué.
Macron n'a décidémment peur de rien ! C'est pourtant lui qui a fait le buzz en mars 2017, décrivant la Guyane comme une ...île ! Evidemment, "les gens" n'ont compris ni sa pensée, ni son propos.

VOIR et ENTENDRE Macron se défendre avec aplomb :

Macron aime aussi les Comoriens... Il a pourtant également jeté un froid en s'autorisant une blague douteuse sur les kwassa-kwassa, nom comorien des canots de pêche à fond plat et équipés aujourd'hui d'un ou deux moteurs, car il est attaché au "drame des kwassa" qui amuse tant le candidat : ce mot évoque en effet les personnes qui périssent chaque année dans l'océan Indien en tentant de se rendre sur l'île française de Mayotte.

VOIR et ENTENDRE l'allusion du chef de l'Etat sur les migrants des Comores entrant clandestinement en France par Mayotte. Elle signale son profond désintérêt de la misère humaine :

Cette rencontre avec Raoni "permettra également d'échanger sur la situation des communautés autochtones au Brésil", où la France "souhaite maintenir le dialogue avec les autorités et les membres de la société civile brésilienne pour promouvoir les valeurs communes liées aux droits de l'homme et à la protection de la diversité culturelle", a ajouté la palais présidentiel.

Une récupération politicienne, mais politique aussi


Chef Raoni: après Chirac et Sarkozy, Hollande
Les chefs indiens de la forêt amazonienne n'ont jamais cessé de dénoncer les menaces sur leurs territoires et leurs habitants. Mais leurs campagnes sont à nouveau fortement médiatisées depuis que le peuple brésilien a porté Jair Bolsonaro (Parti social-libéral) au pouvoir, contre le candidat du Parti des Travailleurs, après les périodes de corruption des présidences de Lula et de Rousseff. C'est dire que ces chefs sont résolument imprégnés d'anti-libéralisme.
  
Le chef indien Almir Narayamoga Surui (ci-contre avec  Mounir Mahjoubi) a pour sa part rencontré mardi des députés à l'Assemblée nationale. "Pour des raisons de culture du soja et d'élevage bovin, (Bolsonaro, comme ses prédécesseurs) menace de réduire les terres indigènes et de retirer toute possibilité de conservation des parcs nationaux et de préservation de la forêt. C'est un grand pas en arrière pour le Brésil", a affirmé le chef indien coiffé de sa "cocar" à plumes d'aigle, qui était invité au Palais Bourbon par l'ex-secrétaire d'Etat au numérique Mounir Mahjoubi (photo ci-dessus)

Le chef indien n'a pas certifié que les préoccupations de Macron sont devenues écologiques. Il a expliqué que l'objectif d'Almir Narayamoga Surui est "d'essayer de faire entendre ce sujet auprès de décideurs associatifs, de décideurs politiques (...) de faire prendre conscience à la jeunesse que ce qui se passe dans cette forêt amazonienne, c'est l'air qu'on respire".

Surui est-il animé par un souci environnemental ou fait-il campagne contre son président ? "Aujourd'hui, le Brésil devrait être le leader mondial dans le développement durable. Mais ce gouvernement ne sait pas gouverner un pays avec une éthique culturelle et n'a aucun respect pour le peuple, assure-t-il, suggérant que ce peuple ne sait pas où est son intérêt. Il n'a même plus aucun respect pour la Constitution fédérale", a déploré Almir Narayamoga Surui qui défend la forêt depuis près de 30 ans. 
N'a-t-il pas pourtant subi le régime des deux présidents corrompus de la gauche extrême anticapitaliste dont le peuple brésilien a voulu se débarrasser ?

mercredi 18 octobre 2017

Castaner dénonce ceux qui pointent au chômage pour s'offrir des vacances

Le socialiste, porte-parole du gouvernement Philippe, a encore déraillé

L'ancien candidat PS à la présidence de la région PACA a heurté les sensibilités...
Plusieurs personnalités de gauche accusent Christophe Castaner de mépriser les chômeurs. Au cours de sa prise de parole au nom du gouvernement, lundi sur BFMTV, s'exprimant sur l'universalité des indemnités chômage auxquelles pourraient avoir droit les professions libérales ou  les démissionnaires, comme le souhaite Emmanuel Macron, Castaner a fait une sortie de route en marche.

Après avoir prétendu que, sur TF1, le volubile Macron a eu besoin d'aborder les sujets dans leur globalité, plutôt que de commenter telle ou telle petite phrase - ce qu'il n'a pas pourtant manqué de faire -, Castaner a pris les devants face aux reproches à Macron d'avoir évacué l'environnement et l'Europe et Merkel. La Voix de son Maître a assuré qu' "il [Macron] a regretté de ne pas avoir pu aborder certains thèmes", soulignant ainsi que, malgré 75 minutes, le "maître des horloges" n'a pas su gérer son temps de parole.
Le porte-parole du gouvernement était donc invité par ses amis de BFMTV pour faire l'éloge de l'entretien d'Emmanuel Macron, la veille sur TF1.

"L'universalité de l'allocation chômage implique des droits et des devoirs," a réaffirmé Castaner sur BFMTV

Cela dit,
Castaner s'est autorisé un jugement vécu comme une insulte.
"La liberté, ce n'est pas de se dire que je vais toucher les allocations chômage pour partir deux ans en vacances"

BFMTV est fort marri de ce dérapage qui plombe un entretien conçu pour vanter la parole présidentielle, au lendemain de sa prestation, le 16 octobre. Il a tout compte fait le mérite d'éclairer "les gens" sur l'état d'esprit général au sommet de l'Etat macronien. 
L'a priori désobligeant de Castaner vient en effet renforcer la liste déjà longue des sorties de route de l'ex-patron d'En marche ! , les salariés "illettrés" de Gad, les 'kwassa-kwassa' qui, selon le président humoriste, serviraient moins à pêcher qu'à "amener du Comorien" à Mayotte, les "gens qui ne sont rien", les détracteurs "cyniques" et autres "fainéants".

Le chef de l'État a surpris en posant dimanche des conditions à l'universalité des allocations chômage, auxquelles pourraient avoir droit les professions libérales ou les démissionnaires: le dispositif ne fonctionnerait que "tous les 5 ans, 6 ans, 7 ans", sous réserve d'avoir un projet professionnel. 
"On a toujours dit que l'universalité de l'allocation-chômage -qui doit profiter à celles et ceux qui n'y ont pas le droit, un agriculteur, un artisan, un commerçant- implique aussi des droits et des devoirs. Et on l'a élargie à la question des démissionnaires, mais encore avec cette idée de droits et de devoirs, c'est une forme de liberté ; mais une liberté pour aller vers quelque chose. Ce n'est pas de se dire : 'Finalement, je vais bénéficier des allocations-chômage pour partir deux ans en vacances'", a lâché Christophe Castaner. 

Le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement a d'ailleurs provoqué l'indignation de plusieurs élus. 

"N'avez-vous pas honte ?" interroge Guillaume Balas, un professeur et eurodéputé PS. 
Ex-coordinateur du projet de Benoît Hamon, candidat PS à l'élection présidentielle de 2017, il a rejoint son Mouvement du 1er Juillet (M1717), après sa défaite par KO :
L'ex-députée PS de la Sarthe, Sylvie Tolmont, parodie la citation de Michel Audiard : Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît"...
Pour Sébastien Denaja, député PS de l'Hérault et porte-parole du Parti socialiste, "ce n'est plus du mépris, c'est de la violence ! Ça suffit !".

Le député  Front de Gauche de Seine-Maritime et maire de Dieppe, 
Sébastien Jumel ironise :
Le sénateur socialiste de Paris, David Assouline, juge que Christophe Castaner "dépasse Wauquiez et le 'cancer de l'assistanat'". 

"Après les fainéants, les vacanciers !", lance le député FN du Gard, Gilbert Collard, en référence au terme employé par le président de la République il y a quelques semaines.

Mis sur la touche de la presse nationale, le journaliste Bruno Masure insulte son camarade Castaner  :

TeamMacronPR a riposté: 
"Quand @CCastaner annonce de nouveaux droits pour les Français, il faut nous dire pourquoi les Insoumis y voient quelque chose à redire."

Mais la critique la plus violente vient des rangs de la France insoumise. Sur Twitter, l'ex-porte-parole kabyle de Jean-Luc Mélenchon lors des ses campagnes présidentielles de 2012 et 2017, Sophia Chikirou, conseillère en communication et proche de Caroline Fourest, prononce cette sentence définitive : Ce mec [Macron] est un salaud".
En Castaner, Macron a trouvé la Christine Angot de Ruquier.
Mais l'animateur du show de politique divertissement a viré sa chroniqueuse...

lundi 16 octobre 2017

Macron ne s'estime pas "arrogant" le moins du monde

Le président confirme son auto-satisfaction dans son entretien sur TF1

Emmanuel Macron nie son "arrogance"
 
En réponse aux critiques se ses manières et propos depuis le début de son quinquennat, marqué d'abord par une prise de distance hautaine avec la presse qui l'a qualifié de 'Jupiter' et des propos qui ont alimentés un procès en mépris de classe, il a tenté de se faire comprendre des Français à l'occasion d'un  entretien avec un hebdomadaire allemand, der Spiegel, publié ce samedi. “Je ne suis pas arrogant; je suis déterminé", a répliqué le chef de l‘Etat, qui fait avec cette phrase la une de l‘hebdomadaire allemand. 

"Je mets fin au copinage entre les politiques et les media."
“Pour un président, être constamment en train de parler avec des journalistes, être constamment entouré de journalistes, n‘a rien à voir avec le fait d’être proche du peuple", s'est-il justifié. "Un président doit garder les media à distance".
Depuis son élection le 7 mai dernier, Emmanuel Macron avait opté pour une communication verrouillée : parole raréfiée par rapport aux précédents quinquennats, déclarations la plupart du temps sans questions, distance avec les journalistes et priorité à l‘image.
Pendant les cinq années de présidence de Hollande, d'abord comme conseiller de l'Elysée, puis comme ministre de l'Economie, Macron a vécu de l‘intérieur l‘effet ravageur des prises de parole intempestives et mensongères. Sous l'effet de sondages en chute libre dès les quatre premiers mois et manifestations de rues contre la mise en oeuvre au bulldozer d'une politique personnelle qui lui vaut l'étiquette d'"autocrate",  il a ensuite fait quelques pas vers ces media dont il se méfie tant, accordant une série d'entretiens, à la presse internationale comme à la presse française et, au bout de seulement cinq mois, il s'est même fait inviter sur TF1 pour une émission qui lui est dédiée, dimanche soir.

Après une rentrée sociale agitée, Emmanuel Macron a entamé cette semaine son deuxième chantier social, la réforme de la formation professionnelle, de l'apprentissage et de l‘assurance chômage, après avoir signé les ordonnances Macron qui a imposé son Code du travail fin septembre. 

Or, le chef de l'Etat a récidivé, s'exposant à une recrudescence de critiques de l‘opposition suite à une nouvelle provocation.
Ce chef de l'Etat s'est livré à des stigmatisations de classe. 
Ainsi, depuis le Morbihan, 1er juin 2017, l'ex-banquier a-t-il mentionné les Kwassa-Kwassas de Mayotte, ces barques de pêche que les passeurs utilisent pour emmener des immigrants comoriens à Mayotte, taclant  les pêcheurs dont "le Kwassa-Kwassas pêche peu: il amène du Comorien"; 
ou le 29 juin 2017, alors qu’il inaugurait Station F, le plus grand incubateur de start-ups du monde, dans l'entre-soi de jeunes entrepreneurs, discriminant les Français d'une gare typique comme "un lieu où l’on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien";
le 17 septembre 2014stigmatisant  les salariées "illettrées" des abattoirs GAD (Finistère), depuis Paris, au micro de Jean-Pierre Elkabbach.

Ce chef de l'Etat parle peu, mais pour agresser les opposants politiques. 
Dans un discours à Athènes, il s'était attaqué aux "fainéants, les cyniques et les extrêmes qui empêchent la France de bouger", le vendredi 8 septembre, à la veille de la grande manifestation contre sa loi travail. Il avait ainsi tenté de se justifier, mais n'avait réussi qu'à réactiver le malaise provoqué par des propos prononcés à Bucarest, en Roumanie, le 24 août, où il avait jugé, sûr de lui, que : "la France n’est pas réformable. Les Français détestent les réformes. La France ne se réforme pas, parce qu’on résiste, on se cabre, on contourne";
il a encore récidivé le 4 octobredans un aparté avec le président de la région Nouvelle Aquitaine à Egletons en Corrèzepointant "ceux qui foutent le bordel", évoquant cette fois les syndicats, sans les nommer.

Emmanuel Macron n'a eu de cesse qu'il ne blesse ses concitoyens, cinq fois en cinq mois, souvent depuis l'étranger. Le trentenaire est ainsi apparu en "président souverain" imbu de sa petite personne toute-puissante, intransigeante avec toutes les sections de la population, et rigide.

Mais le parvenu nie en bloc ses agressions. 
"Certains voudraient juste me coller une étiquette, s'est-il plaint auprès des Allemands. Comme des entomologistes le feraient avec un papillon séché, et puis dire : 'regardez, c‘est le banquier qui n‘aime pas les gens' ", explique l'incompris dans les colonnes du Spiegel.
"Si c’était le cas, je ne serais pas là. Je ne suis pas arrogant à l’égard des Français, je suis déterminé", insiste-t-il. "Pendant la campagne présidentielle, j‘ai voyagé dans tout le pays. J'aime mon pays et les Français. J'adore leur parler et les convaincre (...), mais je ne dois pas succomber à la démagogie et aux mensonges." Tant d'amour qui ne trouve pas preneur...

"Je ne fais pas cela pour aider les riches," s'est-il par ailleurs défendu

Emmanuel Macron, le 8 septembre, lors de son discours en Grèce.Dans le sillage de la présentation du projet de budget pour 2018, le couple exécutif a également tenté d'endiguer les critiques montant contre le "président des riches".
Baisse de l‘aide publique au logement (APL), réduction des emplois aidés, suppression de l‘impôt sur la fortune (ISF): une majorité de Français regrette amèrement d'avoir contribué - par son vote ou son abstention- à l'élection de ce jeune président odieux de 39 ans.

"Distribuer de l'argent public, c‘est ce que certains attendent, notamment l‘extrême gauche", dénonce Emmanuel Macron.
"Ils pensent que vous aidez les gens en leur donnant de l‘argent", raille-t-il. "Mais, c‘est une erreur, explique-t-il, seul contre tous, parce que ce n‘est pas moi qui distribue l‘argent, mais les futures générations. Donc, c‘est mon devoir de dire : quelque chose doit changer."

Concernant la suppression de l‘ISF, "contrairement à ce que certains prétendent, je ne fais pas cela pour aider les riches", assure l'ancien ministre de l'Economie de Hollande. "Mon prédécesseur a taxé les riches à un taux jamais égalé. Et qu‘est ce qu‘il s‘est passé ? Ils sont partis. Est-ce que le chômage a baissé ? Non". CQFD ?

Sur TF1, l'arroseur-arrosé a cherché à colmater les brèches qu'il a ouvertes

La parole présidentielle s’est étalée sur 8 pages dans un hebdomadaire allemand, alors qu'elle se voulait rare dans les media français. 
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L'entretien avec der Spiegel a paru la veille de celui sur TF1 et LCI dimanche soir, une primauté  ressentie par tous, au mieux comme une maladresse, au pire comme un énième geste de mépris à l'encontre la presse hexagonale, notamment de gauche. 
Le choix de s’adresser d’abord aux Allemands n'apparaît pas en soi anodin à celui qui veut positiver la démarche élyséenne. Alors que la Chancelière, Angela Merkel, a dernièrement entamé une sorte de virage stratégique à gauche dans la nécessité d'une coalition gouvernementale avec les Verts et les centristes du FDP, Emmanuel Macron serait plus sensible au vent de critiques venu d’outre-Rhin et à l'apparition d’éventuels obstacles aux projets qu’il voudrait communs à la France et à l’Allemagne. Ne compte-t-il pas sur les retombées françaises de la reprise économique allemande ? Reste que, pour l'heure, cette première à la télévision depuis son élection embrouille toujours plus les relations intérieures du président de la République.

Macron a revêtu les habits du "héros politique"
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"Je ne me prends pas pour un roi. Mais la fonction de Président n'est pas une fonction normale. On doit l'intégrer quand on l'occupe. Pour moi, la fonction n'est d'abord ni politique ni technique, elle est symbolique. (…) Pour cela nous avons besoin d'une forme d'héroïsme politique. Ce qui ne veut pas dire que je veux jouer les héros. Mais nous devons être prêts à nouveau à écrire l'Histoire," a déclaré le président "hors norme" au Spiegel et aux "envieux". Dimanche soir, pour ses propos ennuyeux, flous et embrouillés, le président était un piètre héros de BD.
Après avoir supprimé la traditionnelle rencontre du 14 juillet avec la presse et les Français, à l'issue du défilé militaire où il a descendu les Champs Elysées à bord d'un 'command car' (ce James Bond devait ensuite se faire hélitreuiller d'un hélicoptère sur le sous-marin 'Le Terrible' ! : un fantasme de la sexagénaire en mal de stimuli) et après avoir multiplié les chantiers et propos clivants, se tenant au-dessus des bisbilles subalternes du microcosme, tout en suscitant lui-même des polémiques en rafale, la soirée du président je-sais-tout s'annonçait chargée à la télévision, avec quatre bombes à désamorcer. Sur RTL le porte-parole du gouvernement, l'ineffable Christophe Castaner a pontifié pour noter qu'il est enfin temps de faire un peu de "pédagogie nécessaire" sur les réformes en cours, tant les Français sont obtus.  

Bombe #1 : le président des riches
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C'est le sparadrap qui collera à la peau d'Emmanuel Macron en capitaine Haddock de kwassa-kwassa dans les aventures de "Tintin aux Comores". La confirmation de son intention de réformer l'ISF de manière à le rendre moins lourd pour les "pluzézés" (les plus aisés) a agité la gauche disqualifiée par la présidentielle et les législatives, notamment La France insoumise. 
Il s'agit certes d'une promesse de campagne présidentielle d'En Marche!, mais le timing de Jupiter a fait gronder la vallée : le surdoué de l'Elysée a trouvé malin d'enchaîner avec l'annonce de la baisse de l'APL, allocation logement essentielle aux petits revenus, singulièrement les jeunes. L'exécutif a bien tenté de rattraper le coup par de la pédagogie mais, les professeurs le savent, même peut-être la première retraitée de France, les jeunes sont réfractaires aux pédagos, et le grand mou de Matignon, Edouard Philippe, est resté sec et a échoué à capter  l'attention des grands ados, rares devant leurs écrans pour 'L'Emission politique' de France 2.
Pour contrebalancer, Emmanuel Macron s'est lancé dans de grandes considérations soporifiques sur sa réforme à venir de l'assurance-chômage, censée apporter de nouveaux droits et de nouvelles protections aux salariés.
 
Bombe #2 : répondre aux "fainéants"

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Depuis son élection, Emmanuel Macron boudait les media français et s'adressait à leurs confrères étrangers, une manière de leur manifester son souverain mépris ou de faire croire aux Français qu'il n'était pas redevable à la presse de son accès au logement à l'Elysée, pour cinq ans et cinq euros de moins par mois ? Au fond, son intervention majeure restait un entretien-fleuve exclusif accordé à ses amis du magazine Le Point en septembre, un retour d'ascenseur dans lequel le chef de l'État déclarait vouloir renouer avec "l'héroïsme politique". Pour le reste, des étrangers comme CNN ou, plus récemment, Der Spiegel ont été jugés mieux aptes à recueillir l'expression de sa "pensée complexe". 

Des media pusillanimes sont toutefois restés du côté du manche, relayant certaines paroles accessibles à leur entendement, prononcées soit par le président soit par son entourage, et qui ont pareillement choqué l'opinion publique. Un déferlement d'insultes contre "les fainéants, les cyniques et les extrêmes" de la CGT et de La France insoumise. A CNN, le 20 septembre, comme on sait, le 'héros politique' a déclaré : "la démocratie, c'est pas la rue" et les salariés de l'équipementier automobile creusois GM&S en ont pris plein la tronche : "Y'en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d'aller regarder s'ils peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu'il y en a qui ont les qualifications pour le faire, hein. Et c'est pas loin de chez eux", s'est-il emporté, alors qu'une caméra du "pool" de journalistes était encore dans les parages. 

Bombe #3 : Mélenchon, l'opposant qui arrange ?

Résultat de recherche d'images pour "Macron melenchon"Soi-disant mal-aimés de l'un comme de l'autre mal-embouchés, les media trouvent leur compte au contexte d'apparente lutte des classes entretenus par le théâtreux Emmanuel Macron et le tribun Jean-Luc Mélenchon, auto-proclamé "premier opposant" à l'exécutif, comme le suggèrent les deux entretiens des compères l'un, dans Marianne, quelques jours après celui de l'autre, dans Le Point.
Très spectaculaire à l'Assemblée nationale, le groupe des 17 députés de La France Insoumise (LFI) ne cesse de ferrailler contre La République en marche (LREM).

Bombe #4 : une popularité en berne

Résultat de recherche d'images pour "macron impopulaire"Malgré une majorité de godillots néophytes et malléables à l'Assemblée transformée en machine à voter son programme, l'autocrate a perdu la confiance du peuple.  Une enquête Kantar Sofres-OnePoint parue le 5 octobre dans Le Figaro Magazine, confirme que le président est avant tout soutenu par les catégories aisées. Il est en baisse continue chez les plus modestes, qu'il s'agisse des employés ou des ouvriers, les "illettrés" et les "fainéants", ces "gens qui ne sont rien", mais "foutent le bordel"... 
D'après l'institut de sondage Ifop, Macron est passé de 68% à 44% d'approbation, au mois d'octobre. Il s'agit d'une chute libre historique. S'il avait pour objectif de restaurer la dimension régalienne de la fonction présidentielle, malmenée, selon lui, par le "président normal" qui lui a pourtant servi de marche-pied, Emmanuel Macron a renvoyé une image décalée qui, adossée à une politique jugée trop libérale, menace de le couper d'une part encore plus large des Français. 
Christophe Castaner l'a dit lui-même samedi: "Nous sommes sur une étape charnière [...]  "en même temps, Emmanuel Macron ne s'est jamais rien interdit dans sa communication. Il a juste évité une présidence bavarde, il a voulu une présidence d'action". "Il y a des moments où il doit aussi échanger avec les Français dans des formes plus traditionnelles [vulgarités comprises ?], et celle d'un 20 heures lui a paru la bonne", a argumenté Christophe Castaner.
A-t-il su éviter de les agresser ?

Sur TF1, il restait du Tartufe chez Macron

Avec sa prof de français il était allé la veille voir Tartufe donné au théâtre...
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Macron, l'épouvantail
Interrogé sur son insulte à "ceux qui foutent le bordel", visant les syndicats, le président a juré par tous les saints -et le pape François vient d'en faire 35 de plus, en une fois- qu’il n’a "pas cherché à humilier". Il n'y a même pas pensé au fond de lui-même ? Il a donc assumé cette phrase, sans la renier, et revendiqué l’usage par un président d’un mot du registre "populaire", par opposition aux " élites (…) habituées à ne plus dire les choses, à avoir un discours en quelque sorte aseptisé". Macron n'est pas le président des riches, puisqu'il parle mal...

"Il a répondu sur son vocabulaire, une manière de montrer qu’il est proche des Français car il parle comme eux"
, observe le politologue Bruno Cautrès, le chercheur au CNRS et au CEVIPOF. 
Tous les Français sont vulgaires ! C'est l'idée que se fait d'eux leur héros jupitérien.

jeudi 14 septembre 2017

Poussée du réformisme syndical face aux syndicats extrémistes et à Mélenchon

FO se joint à la CFDT contre la CGT et SUD

Les Français "favorables à la transformation du pays" selon Castaner

Cette déclaration péremptoire de Castaner mériterait d'être 'fact checkée'. 
Quel spécialiste des media dans l'administration du sérum de vérité des vrais chiffres aux déclarations des acteurs politiques -style A. Krempf-  a osé contredire le porte-parole de Jupiter ?
Selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting pourtant réalisé pour Le Figaro et Franceinfo auprès de 995 personnes, les Français étaient - de peu- majoritairement favorables à la réforme du Code du travail : seulement 52% d'entre eux estimaient qu'une telle réforme favoriserait l'emploi et l'activité économique des entreprises. 
D'une part, c'était les 30 et 31 août et, d'autre part, 52% n'autorise pas à pavoiser. Enfin, le sondage ne pose pas la question de la méthode et du recours - après le 49.3 - aux ordonnances qui ne font pas confiance à la représentation nationale. Qui s'indigne qu'à propos de ses insultes à ses contestataires l'opposition dénonce un "mépris de classe" et, en même temps, ne s'inquiète pas que le souverain républicain exerce un pouvoir personnel, dès le début de son quinquennat ?
  
Le porte-parole du gouvernement a assuré ne pas craindre la manifestation de mardi mais les "débordements".  
Opération déminage tous azimuts du gouvernement à la veille des mobilisations contre les ordonnances sur le droit du travail, le mardi 12 septembre et alors que l'action de l'Etat est critiquée pour son manque d'anticipation face aux ravages annoncés de l'ouragan Irma sur les îles de Saint-Barthélémy et Saint-Martin. 


Deux jours plus tôt, Christophe Castaner s'est fait inviter au Grand Rendez-vous Europe 1-Les Echos-CNews, dimanche, et le porte-parole du gouvernement, face à la détresse des habitants confrontés seuls aux destructions et les pillages, a assuré ne pas "nier ce sentiment d'insécurité, il est réel" et a promis que des renforts supplémentaires finiraient par arriver très rapidement. Mais il a aussi défendu mordicus l'action de l'Etat, soulignant sa "mobilisation immédiate", en dépit de son manque de réactivité à un cataclysme prévu - l'ouragan Irma s'est formé le 29 août 2017 - , tandis que le président Trump s'est immédiatement rendu en Floridebalayée par le gigantesque ouragan Irma, avec son épouse (Brigitte Macron a préféré garder ses petits-enfants) et a aussitôt déclaré l’état de catastrophe naturelle, dans le but de débloquer des moyens supplémentaires pour venir en aide à la péninsule où trois millions de foyers et entreprises étaient plongés dans le noir. 

La trajectoire de l’ouragan Irma
En France, l’arrêté de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour les deux îles a été publié le samedi 9 septembre au Journal officiel, trois jours après le passage de l'oeil du cyclone (d’environ 50 km de diamètre), le 6 septembre, après être resté environ une heure et demie sur Saint-Barthélemy avant de frapper Saint-Martin. Le président Macron n'a pas déclenché le Plan ORSEC (dispositif polyvalent de gestion de la crise, permettant l'organisation des secours sous une direction unique). Il s'est satisfait d'une "alerte violette" pour un cyclone de catégorie 5 qui a détruit à 95% l'île française de Saint-Martin dans les Caraïbes,
et de l'annonce d'un plan national de reconstruction.

Le péroreur Macron a enfumé la presse à Athènes sur ses propos visant les "fainéants".
 
Le méprisant Macron passe son temps en exégèses de sa "pensée complexe", truffées d'insultes de la population (cf. libellés "illettrés", "costard", "kwassa-kwassa" ou "fainéants"), pour ne pas hésiter ensuite à mettre en cause l'incompréhension des analystes et autres décrypteurs. 
Vendredi, l'Élysée a tenté un décryptage hasardeux du choix du terme "fainéants" prononcé (avec "cyniques" et "extrêmes") et depuis la Grèce, allusion à la politique domestique que le candidat Macron s'était promis de ne pas pratiquer à l'étranger : le président visait "ceux qui n'ont pas fait les réformes pendant 15 ans, pas les Français"raconte son service de presse. Une mise en cause de l'ensemble de la classe politique à laquelle il appartient depuis plus de cinq ans au coeur de l'exécutif.


"FO ne participera pas aux manifestations du 12 septembre"
(
Jean-Claude Mailly)

Le secrétaire général de Force ouvrière a pris la décision de ne pas se joindre à la mobilisation appelée par la CGT et SUD le 12 septembre contre la réforme du droit du Travail.
Code du travail : "FO n'appelle pas à manifester le 21 septembre"
Jean-Claude Mailly, FO,
à la croisée des chemins
Jean-Claude Mailly avait dit qu'il attendait de pouvoir lire le texte des ordonnances dans leur version définitive pour se positionner sur une éventuelle mobilisation contre la loi travail XXL. Or, dans un entretien avec Les Échos, il avait déclaré le 30 août que le bureau confédéral de Force ouvrière avait déjà décidé à l'unanimité de ses treize membres de ne pas participer aux manifestations du 12 septembre avec la CGT et SUD, tout en affirmant qu'il ne soutiendrait pas le projet dans son intégralité : "Je suis sûr qu'il y a des choses sur lesquelles nous serons en désaccord fort demain. Mais nous allons peser le pour et le contre."

Interrogé par le journaliste des Echos sur la participation annoncée de certaines unions départementales de Force ouvrière, comme celle du Finistère, à cette journée de mobilisation, le secrétaire général a mis cette décision sur le compte du positionnement "anarchiste" de certains militants de FO : "Force ouvrière, il y a des gens qui se disent anarchistes; ils sont très critiques de manière générale."

L'annonce de Jean-Claude Mailly mettait fin à un suspense entretenu depuis le début des "concertations" sur la participation de FO à cette nouvelle mobilisation anti-loi travail, ainsi qu'à l'illusion de voir s'élargir un arc syndical alors restreint, pour l'essentiel, à la CGT et Solidaires.

La CFDT, proche du Parti Socialiste, supplante la CGT aux élections professionnelles dans le privé.
C'est historique :
en mars 2017, la CFDT est devenue la première organisation syndicale des salariés du privé, à l’issue du deuxième cycle de représentativité. Avec 26,37 %, elle progresse ainsi de 0,37 point, mais surtout de 62.741 voix, devançant la CGT qui, à 24,85 %, est reléguée en deuxième position. 
FO prend acte de la tendance actuelle.
A la date du 31 mars 2017, la CGT conserve sa place de première organisation en termes d’audience (secteurs privé et public réunis), mais les organisations dites contestataires marquent plus ou moins le pas : la CFE-CGC progresse ainsi de 1,25 point à 10,67 %, la CFTC de 0,19 point à 9,49 % et l’Unsa de 1,21 point à 5,35 % ; dans le même temps, Sud reste stable à 3,46 % (–0,1 point), mais FO perd 0,42 point à 15,59 %.
Dans un éditorial particulièrement tendancieux du 1er avril 2017, le quotidien Le Monde titrait un très libéral "La CFDT risque et gagne" et concluait au "couronnement d’une stratégie résolument réformiste.
Les mobilisations syndicale et politique annoncées - le 21 septembre, Mélenchon et ses Insoumis veulent dépasser les syndicats comme la CGT et, le 3 octobre prochain, un rassemblement de plus de 10.000 militants satisferait la CFDT - nous diront quels sont les plus représentatifs, entre les réformistes et les extrémistes.
Jean-Claude Mailly n'appelle encore pas ses troupes à combattre la transformation du droit du Travail. Outre qu'il déclare ne pas regretter de ne pas avoir manifesté mardi 12 au côté de la CGT, il annonce que "le bureau confédéral de FO n'appelle pas à manifester le 21 septembre". 
De son côté, le syndicat Solidaires (SUD) se joint à l'appel de la CGT à manifester le 21 septembre après le "large succès" de la mobilisation de mardi.
Mais FO appelle les routiers à une grève reconductible, dès le 25 septembre, avec la CGT.