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jeudi 9 janvier 2020

Opération pièces jaunes : Brigitte Macron se prend une gamelle


"Froidement accueillie" (Gala), "huée", "accueil glacial"(Femme actuelle), "un brin crispé" (Le Parisien), "prise à parti" (Public)

Rien à voir et pourtant, Europe 1 titre "Brigitte Macron sur les pas de Bernadette Chirac"...

Les réseaux sociaux se livreraient à cette intox qu'on parlerait de "fake news" (infox en français). Pour cette 31e édition, jusqu'ici populaire - 31e jour de grèves contre la réforme Macron des retraites, "Brigitte Macron sort de l'ombre et reprend le flambeau" pour le lancement de l'opération des Pièces Jaunes," selon RTL et Gala y va de son commentaire comparatif aussi partisan que faux, quand on sait que Bernadette Chirac était très appréciée dans ce rôle humanitaire : "une Première dame moins discrète, beaucoup plus politique".
"Brigitte Macron et Didier Deschamps sont apparus complices à Orléans, selon Closer. Le Figaro s'en tient sagement aux faits : "La première dame épouse du président était à Orléans mercredi pour lancer la collecte 2020 des Pièces jaunes avec le parrain de l'opération Didier Deschamps. Elle a notamment rendu un hommage appuyé à Bernadette Chirac, à qui elle a succédé à la tête de la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France en juin 2019." Et puis, plus rien : il ne s'est rien passé au CHR d’Orléans...

VOIR et ENTENDRE pourtant ce que Gala peut en dire de plus:


Du 8 janvier au 15 février, la Fondation Hôpitaux de France fait appel à votre générosité en collectant les fameuses pièces jaunes au bénéfice des jeunes patients, des soignants et des aidants.


Opération pièces jaunes : top départ au CHR d'Orléans

Didier Deschamps au CHR d'Orléans, le 8 janvier 2020

Le coup d’envoi de l’opération Pièces jaunes a été donné hier, dans un centre hospitalier régional d’Orléans "bruissant de monde" (sic), par Brigitte Macron, présidente de la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, et le sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, parrain de cette 31e édition. Plusieurs centaines d’enfants des centres de loisirs et Aselqo participaient à ce moment festif et partagé, une présence qui faisait sens avec les objectifs de l’opération créée en 1989 par Bernadette Chirac : collecter des fonds pour améliorer le quotidien des enfants et des adolescents hospitalisés.

"Une formidable leçon de vie" ternie par une manipulation de l'opinion
Brigitte Macron au CHR d'Orléans, le 8 janvier 2020La Fondation -à défaut de budget gouvernemental suffisant  - va s’attacher aussi à aider "les soignants, en créant, par exemple, des salles de repos, et les aidants avec l’ouverture de maisons de répit. Le but de la Fondation reste véritablement de lutter contre les ruptures familiales, sociales, scolaires et culturelles engendrées par l’hospitalisation." "Les enfants que nous avons croisés aujourd’hui [en passant] nous donnent à tous une formidable leçon de vie, a ajouté Didier Deschamps. Cette opération est pour eux, et pour le personnel hospitalier qui donne beaucoup d’amour et de passion."

Coup de pouce à Môme.
Coup d’envoi de l’opération Pièces jaunes au CHR d'Orléans : animations pour les enfants 15 février 2020, les tirelires attendent vos pièces jaunes dans les bureaux de Poste, tandis que les associations font quant à elles appel à des... legs ! 98 millions d’euros ont ainsi été collectés depuis la création de l’opération, donnant un sérieux coup de pouce au financement de plus de 8.900 projets à travers toute la France. Au CHRO, par exemple, 63 projets ont déjà reçu le soutien de la Fondation, parmi lesquels la Maison d’accueil hospitalière qui, avec sa douzaine de chambres, offre une solution aux parents pour rester à proximité de leur enfant hospitalisé. Cet établissement, ouvert depuis un an à proximité du CHRO, est géré et animé par l’association Môme, à l’origine du projet.

Mobilisation jusqu’au 15 février
Brigitte Macron au CHR d'Orléans, le 8 janvier 2020Pour faire un don, rien de plus simple :
  • dans les tirelires disponibles dans tous les bureaux de Poste
  • bornes électroniques de collecte « pièces jaunes » disponibles dans certains magasins Carrefour
  • par chèque bancaire à l’ordre de « Pièces jaunes » et à envoyer au 13 rue Scipion 75 005 Paris
  • en ligne sur www.piecesjaunes.fr
  • par SMS : envoyer DON au 92 111 (un don = 5€)
Informations et modalités sur www.piecesjaunes.fr
Rappel de l'information complète, sans travestissement de la réalité:
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samedi 22 décembre 2018

LREM, face à la montée de la fronde dans les rangs du parti présidentiel

Sébastien Nadot, premier 'marcheur' exclu

Pour avoir voté contre le budget 2019, le député LREM de Haute-Garonne a été chassé de son groupe à l'Assemblée 

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Ironie du sort
La majorité présidentielle ne manque pas de godillots, mais LREM sent-elle monter la contestation et craint-elle la formation d'un groupe de 'frondeurs' ?

Issu du 'Mouvement des progressistes', créé en 2009 sous le nom du 'Mouvement unitaire progressiste' (MUP) autour de l'ancien secrétaire national du Parti communiste français (PCF) et sénateur Robert Hue, proche de Hollande, le Toulousain Sébastien Nadot, 46 ans, a été écarté jeudi de son groupe.

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'Premier de cordée' agrégé d'Education physique, il a quitté le parti 'La République en marche' le même jour. Il s'est "exclu" lui-même en franchissant "une ligne rouge", ont répliqué vendredi plusieurs ministres - indélicats envers la séparation des pouvoirs -  et des députés de la majorité, deux femmes connues pour leur sectarisme et un dévot à Macron.
"Le vote du budget, c'est un vote de confiance (...). C'est la traduction de choix politiques. A partir du moment où on ne vote pas le budget, on s'exclut de soi-même du groupe auquel on appartient", a déclaré vendredi la porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée, Aurore Bergé, sur France2.
"Il y a des lignes rouges. Quand on vote contre le budget, on n'a pas sa place dans une majorité", a estimé la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, la stalinienne Marlène Schiappa, tout en précisant par nécessité appartenir "à un gouvernement (...), pas une secte".
"Quand vous votez contre le budget c'est que vous êtes contre la politique qui est menée par le gouvernement". "Il est donc "assez normal, assez logique que cette personne" ait été exclue, a pour sa part noté le ministre conformiste du Logement Julien Denormandie sur LCI. 
Et l'ancien directeur adjoint de cabinet de Macron, alors ministre de l'Economie, d'insister : "C'est un cas isolé", avant de nier : "il n'y a pas de frondeurs" chez les députés marcheurs. Une ingérence dans la marche du groupe parlementaire et donc dans le législatif, lequel n'est pas dans son domaine de compétence depuis deux mois qu'il est ministre, si il a le respect des institutions.


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Sébastien Nadot au côté de Macron

Le bureau du groupe, "convoqué ce soir [jeudi 21] en réunion extraordinaire sous la présidence du redouté Gilles Le Gendre a décidé à l'unanimité des présents l'exclusion de Sébastien Nadot", avait annoncé jeudi le groupe LREM dans un communiqué. 
"Pour moi et pour le bureau, voter contre le budget, c'est la transgression absolue", a commenté le patron du groupe majoritaire dans un entretien avec Le Figaro publié vendredi.


Le député exclu de LREM donne sa vérité

En mai 2017, Nadot déclara : "Je suis un bébé Macron, une déclinaison locale du nouveau président. Bien conscient d’avoir été choisi parce que je lui ressemble, y compris sur le côté belle gueule. Je suis la page que l’on tourne par rapport à une histoire ancienne." Silhouette affûtée dans son costume gris ajusté, teint hâlé et regard charmeur, Sébastien Nadot, 44 ans, prof de gym, mais aussi docteur en histoire, le candidat de La République en marche (LREM) dans la 10e circonscription de Haute-Garonne, assumait son style premier de la classe. Et voilà où nous en sommes ! Et qui donne corps à la revendication de Gilets jaunes : "Macron démission"...


Ce problème technique est-il involontaire ? 
Peut-on y voir une censure du 'frondeur' ?
Pour avoir accès à la déclaration de Sébastien Nadot, c'est plutôt ici :

Sébastien Orphelin sera-t-il le suivant ?

Le député LREM du Maine-et-Loire a déjà fait son coming-out gay en 2018.

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Maintenant, face au mouvement des Gilets jaunes, l'écologiste - ex-militant EELV - a plaidé pour la mise en place d' "un conseil de 100 citoyens tirés au sort pour éclairer les décisions publiques".

Le 19 avril dernier, ce proche de Nicolas Hulot n'envisageait pas de voter le projet de loi Immigration et asile. Il annonça qu' qu'il comptait s'abstenir lors du vote. "Ma décision peut évoluer, mais pour l'instant je m'abstiens", déclara-t-il.
Défavorable au placement des mineurs étrangers dans des centres de rétention, l'élu LREM s'était également déclaré opposé à la réduction du délai pour déposer un recours devant la cour nationale du droit d'asile (CNDA).

Alors, en dépit de ces critiques sur le texte du gouvernement, Matthieu Orphelin rejette l'étiquette de "frondeur" qui lui est accolée depuis une dizaine de jours. "Je ne suis ni godillot ni frondeur", clame-t-il. 
"Macron m'a dit : 'sois-toi-même' ". 
Depuis, Orphelin a peut-être compris ce que, pour Macron, signifie "assumer" ? La limite à ne pas franchir est le vote 'contre'...

jeudi 14 septembre 2017

Poussée du réformisme syndical face aux syndicats extrémistes et à Mélenchon

FO se joint à la CFDT contre la CGT et SUD

Les Français "favorables à la transformation du pays" selon Castaner

Cette déclaration péremptoire de Castaner mériterait d'être 'fact checkée'. 
Quel spécialiste des media dans l'administration du sérum de vérité des vrais chiffres aux déclarations des acteurs politiques -style A. Krempf-  a osé contredire le porte-parole de Jupiter ?
Selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting pourtant réalisé pour Le Figaro et Franceinfo auprès de 995 personnes, les Français étaient - de peu- majoritairement favorables à la réforme du Code du travail : seulement 52% d'entre eux estimaient qu'une telle réforme favoriserait l'emploi et l'activité économique des entreprises. 
D'une part, c'était les 30 et 31 août et, d'autre part, 52% n'autorise pas à pavoiser. Enfin, le sondage ne pose pas la question de la méthode et du recours - après le 49.3 - aux ordonnances qui ne font pas confiance à la représentation nationale. Qui s'indigne qu'à propos de ses insultes à ses contestataires l'opposition dénonce un "mépris de classe" et, en même temps, ne s'inquiète pas que le souverain républicain exerce un pouvoir personnel, dès le début de son quinquennat ?
  
Le porte-parole du gouvernement a assuré ne pas craindre la manifestation de mardi mais les "débordements".  
Opération déminage tous azimuts du gouvernement à la veille des mobilisations contre les ordonnances sur le droit du travail, le mardi 12 septembre et alors que l'action de l'Etat est critiquée pour son manque d'anticipation face aux ravages annoncés de l'ouragan Irma sur les îles de Saint-Barthélémy et Saint-Martin. 


Deux jours plus tôt, Christophe Castaner s'est fait inviter au Grand Rendez-vous Europe 1-Les Echos-CNews, dimanche, et le porte-parole du gouvernement, face à la détresse des habitants confrontés seuls aux destructions et les pillages, a assuré ne pas "nier ce sentiment d'insécurité, il est réel" et a promis que des renforts supplémentaires finiraient par arriver très rapidement. Mais il a aussi défendu mordicus l'action de l'Etat, soulignant sa "mobilisation immédiate", en dépit de son manque de réactivité à un cataclysme prévu - l'ouragan Irma s'est formé le 29 août 2017 - , tandis que le président Trump s'est immédiatement rendu en Floridebalayée par le gigantesque ouragan Irma, avec son épouse (Brigitte Macron a préféré garder ses petits-enfants) et a aussitôt déclaré l’état de catastrophe naturelle, dans le but de débloquer des moyens supplémentaires pour venir en aide à la péninsule où trois millions de foyers et entreprises étaient plongés dans le noir. 

La trajectoire de l’ouragan Irma
En France, l’arrêté de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour les deux îles a été publié le samedi 9 septembre au Journal officiel, trois jours après le passage de l'oeil du cyclone (d’environ 50 km de diamètre), le 6 septembre, après être resté environ une heure et demie sur Saint-Barthélemy avant de frapper Saint-Martin. Le président Macron n'a pas déclenché le Plan ORSEC (dispositif polyvalent de gestion de la crise, permettant l'organisation des secours sous une direction unique). Il s'est satisfait d'une "alerte violette" pour un cyclone de catégorie 5 qui a détruit à 95% l'île française de Saint-Martin dans les Caraïbes,
et de l'annonce d'un plan national de reconstruction.

Le péroreur Macron a enfumé la presse à Athènes sur ses propos visant les "fainéants".
 
Le méprisant Macron passe son temps en exégèses de sa "pensée complexe", truffées d'insultes de la population (cf. libellés "illettrés", "costard", "kwassa-kwassa" ou "fainéants"), pour ne pas hésiter ensuite à mettre en cause l'incompréhension des analystes et autres décrypteurs. 
Vendredi, l'Élysée a tenté un décryptage hasardeux du choix du terme "fainéants" prononcé (avec "cyniques" et "extrêmes") et depuis la Grèce, allusion à la politique domestique que le candidat Macron s'était promis de ne pas pratiquer à l'étranger : le président visait "ceux qui n'ont pas fait les réformes pendant 15 ans, pas les Français"raconte son service de presse. Une mise en cause de l'ensemble de la classe politique à laquelle il appartient depuis plus de cinq ans au coeur de l'exécutif.


"FO ne participera pas aux manifestations du 12 septembre"
(
Jean-Claude Mailly)

Le secrétaire général de Force ouvrière a pris la décision de ne pas se joindre à la mobilisation appelée par la CGT et SUD le 12 septembre contre la réforme du droit du Travail.
Code du travail : "FO n'appelle pas à manifester le 21 septembre"
Jean-Claude Mailly, FO,
à la croisée des chemins
Jean-Claude Mailly avait dit qu'il attendait de pouvoir lire le texte des ordonnances dans leur version définitive pour se positionner sur une éventuelle mobilisation contre la loi travail XXL. Or, dans un entretien avec Les Échos, il avait déclaré le 30 août que le bureau confédéral de Force ouvrière avait déjà décidé à l'unanimité de ses treize membres de ne pas participer aux manifestations du 12 septembre avec la CGT et SUD, tout en affirmant qu'il ne soutiendrait pas le projet dans son intégralité : "Je suis sûr qu'il y a des choses sur lesquelles nous serons en désaccord fort demain. Mais nous allons peser le pour et le contre."

Interrogé par le journaliste des Echos sur la participation annoncée de certaines unions départementales de Force ouvrière, comme celle du Finistère, à cette journée de mobilisation, le secrétaire général a mis cette décision sur le compte du positionnement "anarchiste" de certains militants de FO : "Force ouvrière, il y a des gens qui se disent anarchistes; ils sont très critiques de manière générale."

L'annonce de Jean-Claude Mailly mettait fin à un suspense entretenu depuis le début des "concertations" sur la participation de FO à cette nouvelle mobilisation anti-loi travail, ainsi qu'à l'illusion de voir s'élargir un arc syndical alors restreint, pour l'essentiel, à la CGT et Solidaires.

La CFDT, proche du Parti Socialiste, supplante la CGT aux élections professionnelles dans le privé.
C'est historique :
en mars 2017, la CFDT est devenue la première organisation syndicale des salariés du privé, à l’issue du deuxième cycle de représentativité. Avec 26,37 %, elle progresse ainsi de 0,37 point, mais surtout de 62.741 voix, devançant la CGT qui, à 24,85 %, est reléguée en deuxième position. 
FO prend acte de la tendance actuelle.
A la date du 31 mars 2017, la CGT conserve sa place de première organisation en termes d’audience (secteurs privé et public réunis), mais les organisations dites contestataires marquent plus ou moins le pas : la CFE-CGC progresse ainsi de 1,25 point à 10,67 %, la CFTC de 0,19 point à 9,49 % et l’Unsa de 1,21 point à 5,35 % ; dans le même temps, Sud reste stable à 3,46 % (–0,1 point), mais FO perd 0,42 point à 15,59 %.
Dans un éditorial particulièrement tendancieux du 1er avril 2017, le quotidien Le Monde titrait un très libéral "La CFDT risque et gagne" et concluait au "couronnement d’une stratégie résolument réformiste.
Les mobilisations syndicale et politique annoncées - le 21 septembre, Mélenchon et ses Insoumis veulent dépasser les syndicats comme la CGT et, le 3 octobre prochain, un rassemblement de plus de 10.000 militants satisferait la CFDT - nous diront quels sont les plus représentatifs, entre les réformistes et les extrémistes.
Jean-Claude Mailly n'appelle encore pas ses troupes à combattre la transformation du droit du Travail. Outre qu'il déclare ne pas regretter de ne pas avoir manifesté mardi 12 au côté de la CGT, il annonce que "le bureau confédéral de FO n'appelle pas à manifester le 21 septembre". 
De son côté, le syndicat Solidaires (SUD) se joint à l'appel de la CGT à manifester le 21 septembre après le "large succès" de la mobilisation de mardi.
Mais FO appelle les routiers à une grève reconductible, dès le 25 septembre, avec la CGT.

samedi 15 juillet 2017

"L'Etat, c'est moi !" : Macron confond fermeté et autoritarisme

"Je suis votre chef": fermeté, autoritarisme ou aveu de faiblesse ?
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Macron 1er en majesté

"Je suis votre chef" ou "c'est le chef de l'Etat qui vous le dit", martèle à toute occasion le frêle trentenaire.

Macron se sent constamment contraint de rappeler son autorité publiquement. Ainsi, jeudi, aux armées mais aussi à tout le pays, Urbi et Orbi, de sa voix de prêcheur en chaire. 
Le penchant d'Emmanuel Macron à l'autoritarisme se précise à chaque apparition officielle, avec une appétence particulière pour la scène internationale. Il ne maîtrise d'ailleurs pas non plus son corollaire, la difficulté à gérer la contestation, selon des députés et analystes. Tous ces problèmes d'ego ont jailli dès les deux premier mois. Et il reste cinq années... 

Le faible louvoie pour dissimuler ses carences.
Après des reproches adressés à son chef d'état-major des Armées, le général à cinq étoiles, Pierre de Villiers, naturellement soucieux d'empêcher les coupes budgétaires annoncées par le premier ministre, le président Macron a promis aux militaires une hausse des crédits de Défense à compter de 2018. Le chef d'état-major des armées (Cema), le général Pierre de Villiers, qui était pourtant bel et bien dans son rôle en protestant devant une commission parlementaire à huis clos, puis devant la presse, faute d'être écouté, contre les restrictions budgétaires pour l'armée en 2017.

Président 'La République en marche' de la commission de la Défense de l'Assemblée et conseiller défense d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, Jean-Jacques Bridey, "regrette" le "choix" d'imposer 850 millions d'euros d'économies au ministère de la Défense en 2017. "C'est un choix. Personnellement, je le regrette, surtout quand je vois l'explication qui a été donnée par Bercy, puisqu'on nous dit qu'il faut faire quatre et quelques milliards d'économies mais que dans le même temps, on ouvre 1,5 milliard d'ouverture de crédit pour la capitalisation d'Areva", a déclaré sur RFI J.-J. Bridey, ex-maire PS de Fresnes et directeur technique dans un laboratoire photographique, profession qui le prédisposait mal à cette fonction parlementaire. 
"Je regrette que ces propos soient parus dans la presse. C'était à huis clos; j'avais demandé à tous mes collègues de tenir la confidentialité de ces propos", a dit Jean-Jacques Bridey. Mais "je comprends le raisonnement du chef d'Etat-major qui est un excellent officier général, un excellent chef d'Etat-major, apprécié des armées et qui travaille en toute confiance avec le chef de l'Etat et le ministre", a-t-il ajouté. Présent jeudi soir à l'hôtel de Brienne, Jean-Jacques Bridey n'a pas perçu le discours présidentiel "comme un sermon vis-à-vis du chef d'Etat-major". "Quand il parle de pressions, c'est peut-être des pressions venant de Bercy". Des tensions seraient-elles déjà apparues avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ? 
Mais le petit bonhomme leur a aussi fait la leçon à tous, leur déclarant  gravement qu'il n'est "pas digne d'étaler certains débats sur la place publique", au nom de leur devoir de réserve.

Macron promet la transparence en tout, mais cultive le secret. 

Les méthodes élyséennes de barbouzes sont encore méconnues. Mais on a néanmoins appris qu'une voiture aux vitres teintées a pris en charge le maire de Rouen pour le conduire à travers les sous-sols du QG de campagne du candidat Macron jusqu'à l'émissaire de l'Elysée qui lui a proposé Matignon.

Chez le président, l'obsession du huis clos commence à interpeller. 
En mai 2017, Emmanuel Macron a rassemblé ses équipes en séminaire à huis clos au Musée du Quai Branly. 
En juin, pour faire face au déferlement de député(e)s venu(e)s de nulle part dans le paysage politique - 91 % des députés REM sont des nouveaux, et parfois de très jeunes élus, à l'Assemblée, laquelle s'est renouvelée à 75 % - , Macron et Jean-Paul Delevoye, ex-président de la commission d'investiture, ont dû organiser une formation à la vie de l'Assemblée au cours un séminaire de rentrée ...à huis clos. Un "séminaire de cohésion" destiné à établir le fonctionnement du groupe majoritaire autour du déjà très controversé chef de groupe, Richard Ferrand, et sa relation avec le gouvernement: du formatage de députés godillots.

Cette consigne de silence s'ajoute à celle qu'Emmanuel Macron a formulée à ses ministres dès le début du quinquennat.
Chaque mercredi midi, à l'issue du Conseil des ministresles membres du gouvernement sortent désormais de l'Elysée, en se tenant à distance des journalistes, dociles comme des députés novices.

"Je suis contre le fait que les militaires parlent aux journalistes mais le Cema est légitime à répondre aux députés qui l'auditionnent, et à qui l'Etat doit rendre des comptes. Sinon, on peut supprimer la commission de la défense!", s'échauffe Jean-Christophe Lagarde (UDI), membre de la commission et "constructif". 

"Ca dénote une volonté d'autorité légitime mais il doit faire attention que ça ne devienne pas de l'autoritarisme. Depuis que son pouvoir se met en place, le mot d'ordre le plus courant c'est 'silence dans les rangs'. 
On le voit à l'Assemblée : les députés En Marche ont consigne de ne pas signer un amendement déposé par un autre parti et de ne pas parler à la presse. On voit un système qui se verrouille", s'inquiète J.-Ch. Lagarde.

Et le député de Seine-Saint-Denis de rappeler que "la force" de la campagne de E. Macron avait été de "créer un capacité d'adhésion, pas de soumission !".

Une 'chape de plomb' s'est abattue sur le monde politique

"Je crois que le président parlait de la tribune que le Cema a fait vendredi matin dans Le Figaro et qu'il parlait de cela", a nuancé député socialiste Luc Carvounas, également membre de la commission. "Mais tout le monde sait que cette présidence sera autoritaire". 

"La sortie du président face à des militaires heureux de venir défiler, ce n'était pas approprié. C'est étrange d'être obligé de répéter 'je suis votre chef'. C'est qu'il y a un sujet", veut croire cet ancien proche de Manuel Valls.

Le chef de l'Etat a annoncé un "spoil system", rappelle en outre l'élu du Val-de-Marne. 
Mis en place aux États-Unis, le 'système des dépouilles' est un principe selon lequel un nouveau gouvernement doit pouvoir compter sur la loyauté partisane des fonctionnaires et pouvoir substituer des fidèles à ceux qui sont en place. En France, il est vise aussi à changer les hauts fonctionnaires aux postes-clés pour s'assurer de disposer de personnalités dévouées. "Tout cela ne crée pas un bonne ambiance", met en garde M. Carvounas.

Craignant qu'une "chape de plomb" tombe sur la classe politique, L. Carvounas, désormais proche de Benoît Hamon, rend ainsi hommage à Jean-Jacques Bridey (REM), qui a publiquement expliqué vendredi matin qu'il "regrette" le montant des économies réclamées aux armées.

L'expert en communication personnelle des dirigeants (dont le président du Conseil Représentatif des Associations Noires de France, CRAN, ou ceux d' Ogilvy, d'IBM, Nestlé, la BPCE ou encore l’AFII) et ancien journaliste (Le Monde, La Tribune, L’Express) et réalisateur (TF1, France 5, ARTE), Philippe Moreau-Chevrolet voit lui aussi une faille dans la mise au point de Macron, que son proche entourage appelait déjà "le chef", même avant son élection. "Dire 'je suis votre chef' à l'armée de son pays un jour de défilé militaire du 14 juillet est un acte fort. Mais cela montre aussi une faiblesse, car normalement les images suffisent", décrypte ce chargé de cours en communication personnelle et stratégie d’influence à l’Institut Mines Telecom.

Le chef de l'Etat a "du mal à gérer la contestation", ajoute ce co-fondateur et dirigeant de MCBG Conseil qui est actuellement Chroniqueur associé au Nouvel Observateur Le Plus.
"L'interview traditionnelle du 14 juillet aurait permis de décrisper la situation en répondant aux questions des journalistes, en rassurant et en amorçant un dialogue. [Macron 1er l'a d'abord supprimée, avant de la rétablir sous une forme allégée] Au lieu de cela, on a une communication officielle, froide, sans aucun espace pour le dialogue, où ne peut jouer que l'affrontement", fait-il valoir. 

samedi 27 août 2016

Le coup en douce de Najat Vallaud-Belkacem à la primaire socialiste

Quel est l'ambition secrete de Najat Vallaud-Belkacem contre la droite du PS ?

Et si c'était elle le coup de Jarnac de la gauche à la présidentielle ? 

Najat Vallaud-Belkacem se préparerait à entrer en campagne. Son récent désaccord affiché avec Manuel Valls sur les arrêtés anti-burkini en fait l'une des surprises de la rentrée du gouvernement. 

Alors que le Premier ministre a soutenu les arrêtés municipaux pris par plusieurs maires des communes littorales pour interdire ces tenues de bain islamiques visant à dissimuler le corps des seules femmes, de la tête aux pieds, Najat Vallaud-Belkacem a contesté ces arrêtés et a surtout carrément désavoué Valls publiquement, à la différence d'Axelle Lemaire (Numérique) et de Bernard Cazeneuve (Intérieur) qui ont pris une certaine distance avec la fermeté affichée par le chef du gouvernement.

"La prolifération des arrêtés sur le burkini, je pense qu'elle n'est pas la bienvenue", a-t-elle déclaré la ministre en charge de l'Education et donc de la formation de la jeunesse, au micro d'Europe 1. Tout en rappelant son opposition au burkini, elle a jugé que cela ajoute de "l'huile sur le feu".
Et de polémiquer : "Jusqu'où va-t-on pour vérifier qu'une tenue est conforme aux bonnes moeurs".

Manuel Valls a aussitôt recadré sa ministre sur RMC.
"Ces arrêtés ne sont pas une dérive. C'est une mauvaise interprétation des choses. Ces arrêtés ont été pris au nom même de l'ordre public", a rappelé Manuel Valls.

Conflit ouvert entre Manuel Vallset ses ministres
féministes Touraine et Vallaud-Belkacem
Mais qu'est-ce qui ferait que son jeu personnel serait plus signifiant que la prise de position tranchée de Marisol Touraine ? La ministre de la Santé qualifie de "retour en arrière" le port du burkini par des femmes en France et le juge "perturbant". Mais c'est pour mieux se distinguer du premier ministre:
"Mais faire comme si, en se baignant voilée ou en restant habillée sur une plage, on menaçait en soi l’ordre public et les valeurs de la République, c’est oublier que ces valeurs doivent précisément permettre à chacun de ne pas renier son identité." Ainsi, pour cette socialiste, l'identité  individuelle prévaudrait-elle sur  l'identité nationale et ses valeurs républicaines collectives, supérieures et valables pour tous et toutes : serait-elle plus libérale que le PS ?
"C’est oublier que la laïcité n’est pas le refus de la religion," estime-t-elle, consacrant le burkini comme signe religieux ostentatoire. "C’est une garantie de liberté individuelle et collective," assure-t-elle encore,
engageant les musulmanes à un usage non seulement individuel mais collectif du burkini. Toutes ensemble en burkini !"Elle ne peut pas et ne doit pas devenir le fer de lance d’une stigmatisation dangereuse pour la cohésion de notre pays," mais peut en revanche devenir, après la burka, le fer de lance de l'islamisation du pays
Or, rappelons que, pour Manuel Valls, le burkini n'est "pas compatible avec les valeurs de la France et de la République" et que le premier ministre "soutient" les maires l'ayant interdit sur leurs plages.

La ministre de Hollande, une féministe, n'épargne pourtant ni Sarkozy, 
ni Valls :
"Ce climat de haine, ces divisions attisées, le fanatisme en fait son carburant [Valls n'aurait pas aimé du tout]. Il est plus facile de convaincre des individus de se retourner contre un pays dont on leur fait croire qu’il les rejette", explique-t-elle, confirmant le danger d'attaque venue de l'intérieur. "Et quand j’entends un ancien Président de la République mélanger immigration, religion et terrorisme, pour appeler à l’assimilation, j’enrage,"polémique-t-elle, comme si elle était entrée en campagne "Ce débat sur l’identité relancé ad nauseam est pernicieux et dangereux, précisément parce qu’il permet toutes les dérives." Hollande a dû appeler les unes et l'autre au calme.

Mais, dans un entretien mercredi à La Provence, Manuel Valls refuse de légiférer en la matière.
"Je comprends les maires qui, dans ce moment de tension, ont le réflexe de chercher des solutions, d'éviter des troubles à l'ordre public", indique le Premier ministre. Et d'insister : "Je soutiens donc ceux qui ont pris des arrêtés, s'ils sont motivés par la volonté d'encourager le vivre ensemble, sans arrière-pensée politique".
D'où la demande de Benoît Hamon à Hollande de "mettre un terme à la dérive" de Valls.

La rentrée scolaire va de nouveau braquer les projecteurs sur la ministre de l'Education. 

Une exposition médiatique qui pourrait n'être que l'aube d'une contestation du chef du gouvernement.
A 38 ans, elle se préparerait à un avenir plus personnel, selon la révélation du journal Le Parisien qui indique qu'elle pourrait ne pas hésiter à se lancer dans la course à la primaire. "Najat, c'est la petite souris que personne ne voit venir: ils sont dans le mépris des femmes. Elle est jeune, elle est beure et elle a de bons sondages", aurait déclaré au quotidien un ami du président de la République. 
Selon le journal, des proches de Najat Vallaud-Belkacem auraient fait savoir dès avant l'été qu'elle songe à se présenter à la primaire du PS, dans le cas où François Hollande ne serait pas candidat.

Une façon pour celle que chef de l'Etat surnommerait Pimprenelle 
(lien) de contrer Manuel Valls et Arnaud Montebourg. 
Elle serait alors lancée, à l'image du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, "dans un combat de générations", commente ce proche flouté de François Hollande.

Selon elle, le premier ministre Valls "libère la parole raciste."