POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est soumission. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est soumission. Afficher tous les articles

samedi 15 juillet 2017

"L'Etat, c'est moi !" : Macron confond fermeté et autoritarisme

"Je suis votre chef": fermeté, autoritarisme ou aveu de faiblesse ?
Résultat de recherche d'images pour "Macron Versailles"
Macron 1er en majesté

"Je suis votre chef" ou "c'est le chef de l'Etat qui vous le dit", martèle à toute occasion le frêle trentenaire.

Macron se sent constamment contraint de rappeler son autorité publiquement. Ainsi, jeudi, aux armées mais aussi à tout le pays, Urbi et Orbi, de sa voix de prêcheur en chaire. 
Le penchant d'Emmanuel Macron à l'autoritarisme se précise à chaque apparition officielle, avec une appétence particulière pour la scène internationale. Il ne maîtrise d'ailleurs pas non plus son corollaire, la difficulté à gérer la contestation, selon des députés et analystes. Tous ces problèmes d'ego ont jailli dès les deux premier mois. Et il reste cinq années... 

Le faible louvoie pour dissimuler ses carences.
Après des reproches adressés à son chef d'état-major des Armées, le général à cinq étoiles, Pierre de Villiers, naturellement soucieux d'empêcher les coupes budgétaires annoncées par le premier ministre, le président Macron a promis aux militaires une hausse des crédits de Défense à compter de 2018. Le chef d'état-major des armées (Cema), le général Pierre de Villiers, qui était pourtant bel et bien dans son rôle en protestant devant une commission parlementaire à huis clos, puis devant la presse, faute d'être écouté, contre les restrictions budgétaires pour l'armée en 2017.

Président 'La République en marche' de la commission de la Défense de l'Assemblée et conseiller défense d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, Jean-Jacques Bridey, "regrette" le "choix" d'imposer 850 millions d'euros d'économies au ministère de la Défense en 2017. "C'est un choix. Personnellement, je le regrette, surtout quand je vois l'explication qui a été donnée par Bercy, puisqu'on nous dit qu'il faut faire quatre et quelques milliards d'économies mais que dans le même temps, on ouvre 1,5 milliard d'ouverture de crédit pour la capitalisation d'Areva", a déclaré sur RFI J.-J. Bridey, ex-maire PS de Fresnes et directeur technique dans un laboratoire photographique, profession qui le prédisposait mal à cette fonction parlementaire. 
"Je regrette que ces propos soient parus dans la presse. C'était à huis clos; j'avais demandé à tous mes collègues de tenir la confidentialité de ces propos", a dit Jean-Jacques Bridey. Mais "je comprends le raisonnement du chef d'Etat-major qui est un excellent officier général, un excellent chef d'Etat-major, apprécié des armées et qui travaille en toute confiance avec le chef de l'Etat et le ministre", a-t-il ajouté. Présent jeudi soir à l'hôtel de Brienne, Jean-Jacques Bridey n'a pas perçu le discours présidentiel "comme un sermon vis-à-vis du chef d'Etat-major". "Quand il parle de pressions, c'est peut-être des pressions venant de Bercy". Des tensions seraient-elles déjà apparues avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ? 
Mais le petit bonhomme leur a aussi fait la leçon à tous, leur déclarant  gravement qu'il n'est "pas digne d'étaler certains débats sur la place publique", au nom de leur devoir de réserve.

Macron promet la transparence en tout, mais cultive le secret. 

Les méthodes élyséennes de barbouzes sont encore méconnues. Mais on a néanmoins appris qu'une voiture aux vitres teintées a pris en charge le maire de Rouen pour le conduire à travers les sous-sols du QG de campagne du candidat Macron jusqu'à l'émissaire de l'Elysée qui lui a proposé Matignon.

Chez le président, l'obsession du huis clos commence à interpeller. 
En mai 2017, Emmanuel Macron a rassemblé ses équipes en séminaire à huis clos au Musée du Quai Branly. 
En juin, pour faire face au déferlement de député(e)s venu(e)s de nulle part dans le paysage politique - 91 % des députés REM sont des nouveaux, et parfois de très jeunes élus, à l'Assemblée, laquelle s'est renouvelée à 75 % - , Macron et Jean-Paul Delevoye, ex-président de la commission d'investiture, ont dû organiser une formation à la vie de l'Assemblée au cours un séminaire de rentrée ...à huis clos. Un "séminaire de cohésion" destiné à établir le fonctionnement du groupe majoritaire autour du déjà très controversé chef de groupe, Richard Ferrand, et sa relation avec le gouvernement: du formatage de députés godillots.

Cette consigne de silence s'ajoute à celle qu'Emmanuel Macron a formulée à ses ministres dès le début du quinquennat.
Chaque mercredi midi, à l'issue du Conseil des ministresles membres du gouvernement sortent désormais de l'Elysée, en se tenant à distance des journalistes, dociles comme des députés novices.

"Je suis contre le fait que les militaires parlent aux journalistes mais le Cema est légitime à répondre aux députés qui l'auditionnent, et à qui l'Etat doit rendre des comptes. Sinon, on peut supprimer la commission de la défense!", s'échauffe Jean-Christophe Lagarde (UDI), membre de la commission et "constructif". 

"Ca dénote une volonté d'autorité légitime mais il doit faire attention que ça ne devienne pas de l'autoritarisme. Depuis que son pouvoir se met en place, le mot d'ordre le plus courant c'est 'silence dans les rangs'. 
On le voit à l'Assemblée : les députés En Marche ont consigne de ne pas signer un amendement déposé par un autre parti et de ne pas parler à la presse. On voit un système qui se verrouille", s'inquiète J.-Ch. Lagarde.

Et le député de Seine-Saint-Denis de rappeler que "la force" de la campagne de E. Macron avait été de "créer un capacité d'adhésion, pas de soumission !".

Une 'chape de plomb' s'est abattue sur le monde politique

"Je crois que le président parlait de la tribune que le Cema a fait vendredi matin dans Le Figaro et qu'il parlait de cela", a nuancé député socialiste Luc Carvounas, également membre de la commission. "Mais tout le monde sait que cette présidence sera autoritaire". 

"La sortie du président face à des militaires heureux de venir défiler, ce n'était pas approprié. C'est étrange d'être obligé de répéter 'je suis votre chef'. C'est qu'il y a un sujet", veut croire cet ancien proche de Manuel Valls.

Le chef de l'Etat a annoncé un "spoil system", rappelle en outre l'élu du Val-de-Marne. 
Mis en place aux États-Unis, le 'système des dépouilles' est un principe selon lequel un nouveau gouvernement doit pouvoir compter sur la loyauté partisane des fonctionnaires et pouvoir substituer des fidèles à ceux qui sont en place. En France, il est vise aussi à changer les hauts fonctionnaires aux postes-clés pour s'assurer de disposer de personnalités dévouées. "Tout cela ne crée pas un bonne ambiance", met en garde M. Carvounas.

Craignant qu'une "chape de plomb" tombe sur la classe politique, L. Carvounas, désormais proche de Benoît Hamon, rend ainsi hommage à Jean-Jacques Bridey (REM), qui a publiquement expliqué vendredi matin qu'il "regrette" le montant des économies réclamées aux armées.

L'expert en communication personnelle des dirigeants (dont le président du Conseil Représentatif des Associations Noires de France, CRAN, ou ceux d' Ogilvy, d'IBM, Nestlé, la BPCE ou encore l’AFII) et ancien journaliste (Le Monde, La Tribune, L’Express) et réalisateur (TF1, France 5, ARTE), Philippe Moreau-Chevrolet voit lui aussi une faille dans la mise au point de Macron, que son proche entourage appelait déjà "le chef", même avant son élection. "Dire 'je suis votre chef' à l'armée de son pays un jour de défilé militaire du 14 juillet est un acte fort. Mais cela montre aussi une faiblesse, car normalement les images suffisent", décrypte ce chargé de cours en communication personnelle et stratégie d’influence à l’Institut Mines Telecom.

Le chef de l'Etat a "du mal à gérer la contestation", ajoute ce co-fondateur et dirigeant de MCBG Conseil qui est actuellement Chroniqueur associé au Nouvel Observateur Le Plus.
"L'interview traditionnelle du 14 juillet aurait permis de décrisper la situation en répondant aux questions des journalistes, en rassurant et en amorçant un dialogue. [Macron 1er l'a d'abord supprimée, avant de la rétablir sous une forme allégée] Au lieu de cela, on a une communication officielle, froide, sans aucun espace pour le dialogue, où ne peut jouer que l'affrontement", fait-il valoir. 

jeudi 13 juillet 2017

Macron veut s'attirer les faveurs de Trump, mais le critique

Macron inquiet de préserver "une relation incontournable dans la sécurité"

Le président français Macron a tenu à justifier jeudi l'invitation faite à Donald Trump pour le 14 Juillet

Trump broie la main de Macron
Le président jupitérien a exprimé sa volonté de "célébrer une relation incontournable dans le domaine de la sécurité". Dans un entretien commun aux journaux français Ouest-France et allemands du groupe Funke, il a expliqué que la France et les Etats-Unis ont "un point de convergence essentiel : la lutte contre le terrorisme et la protection de nos intérêts vitaux. Que ce soit au Proche ou Moyen Orient et en Afrique, notre coopération avec les Etats-Unis est exemplaire". 

Rappelant que les Etats-Unis sont "nos premiers partenaires en termes de renseignement, en termes de coopération militaire, en termes de lutte conjointe contre le terrorisme", il souligne que "c'est aussi un partenaire historique".

"C'est pour cela que j'ai invité Donald Trump pour le 14 Juillet, pour célébrer l'entrée en guerre à nos côtés des troupes américaines il y a 100 ans, leur rendre hommage et célébrer une relation qui est incontournable dans le domaine de la sécurité", a-t-il affirmé.

"Nous avons besoin des Etats-Unis d'Amérique", reconnaît le chef de l'Etat français.

Pour autant, son discours "complexe" n'est pas sans ambiguïtés. En effet, il estime aussi que "le monde occidental se fissure depuis l'élection" de Donald Trump et il évoque des "différends", et en particulier "un désaccord sur le climat". "Je le regrette, je le combats, avec beaucoup de force", assure le gamin, par ailleurs en demande de protection, qui promet - en s'appuyant sur l'opposition américaine à Trump - de faire "tout pour convaincre les villes, les Etats fédérés, les entrepreneurs américains de nous suivre. Les Américains seront de fait dans l'accord de Paris, que l'Etat fédéral le veuille ou non, grâce à cette mobilisation locale très forte". 

Résultat de recherche d'images pour "Trump macron"Il souligne également des "différends sur le commerce", en déplorant "une tentation protectionniste (qui) renaît aux Etats-Unis". 
"Je souhaite qu'on défende le libre et juste commerce. Le protectionnisme est une erreur, c'est le frère jumeau du nationalisme et cela conduit à la guerre", insiste-t-il, tout en assurant "qu'on peut trouver des espaces communs pour lutter contre les pratiques inacceptables comme le dumping".

Macron est-il pour Trump un allié fiable ?

samedi 24 juin 2017

L'ex-ministre Ferrand, élu à la tête du groupe majoritaire : premier acte de soumission

Jugulaire-jugulaire, les moralisateurs de la vie publique désignent Ferrand, en pleine enquête judiciaire

Les 308 députés de la République en marche ont élu l'ancien ministre soupçonné de favoritisme et d'enrichissement personnel
 
Candidat unique, Richard Ferrand, ex-socialiste rallié de la première heure à Emmanuel Macron et devenu la cheville ouvrière d'En Marche !, a été élu à main levée 
Résultat de recherche d'images pour "Komsomol"par le 'Komsomol' LREMsamedi 24, lors de son "séminaire de cohésion" destiné à établir le fonctionnement du groupe majoritaire et sa relation avec le gouvernement.
Le fonctionnement du groupe et l'articulation de son travail avec celui du gouvernement est le thème central du séminaire, notamment en regard de la fronde sous le quinquennat Hollande.

"Vous n'avez pas un devoir d'obéissance au gouvernement mais un devoir de fidélité", a lancé, dès l'ouverture des travaux, celui qui a trié les candidats à la députation en fonction de leur inexpérience et de leur docilité, l'ex-président de la commission d'investiture. 
Premier congrès du Komsomol (octobre 1918)

Aux primo-arrivants, Jean-Paul Delevoye, 70 ans, a ainsi rappelé qui les a faits et à qui ils doivent leur présence au Palais Bourbon, alors que l'ancien sénateur n'est plus lui-même détenteur d'aucun mandat électif populaire depuis quinze ans (2002). 



Tous, comme un seul homme moins deux abstentions, ont installé "le 1er des macroniens" à sa tête,  lors d'un séminaire à huis clos dans la résidence du président de l'Assemblée. 
"Je m'attacherai à faire vivre la promesse de renouvellement des pratiques politiques dans le cadre du travail parlementaire et à donner corps, avec le gouvernement, au contrat avec la nation passé entre le président de la République et nos concitoyens", a promis le député du Finistère et ex-secrétaire général du mouvement présidentiel dans un communiqué.

L'ex-ministre de la Cohésion des territoires, mis en cause pour une opération immobilière en faveur de sa concubine, mais en défaveur des adhérents mutualistes de Mutuelles de Bretagne dont il était le directeur-général, sans compter l'emploi fictif de son fils à l'Assemblée nationale, avait quitté le gouvernement à la demande du président Macron pour briguer ce poste stratégique. Une enquête a été diligentée par la justice après un article du Canard enchaîné révélant qu'il y a seulement six ans (en 2011), les Mutuelles de Bretagne avaient décidé de louer des locaux commerciaux appartenant à sa maîtresse, qui bénéficia d'un prêt avantageux, valorisa son bien par une rénovation des locaux et profita de rentrées d'argent sous forme de loyers, sans que le Parquet ne décide une mise en examen.



Un fait du prince : "Je veux que tu sois mon Pierre Joxe", lui a demandé le chef de l'État.
Macron 1er faisait référence à l'éphémère ministre de l'Industrie (un mois) que François Mitterrand missionna pour diriger le groupe PS d'une main de fer (de 1981 à 1984, puis de 1986 à 1988).

Le porte-parole du gouvernement tenta de justifier cette exfiltration du favori du roi, assurant qu'"il fallait un leader qui connaisse bien chacune et chacun, qui connaisse bien le projet politique sur lequel Emmanuel Macron a été élu", déclara Christophe Castaner sur BFMTV, faisant de Richard Ferrand "l'homme idéal".



Personnel encadrant du législatif, l'exécutif représenté par Edouard Philippe, escorté du reste du gouvernement, a demandé aux députés "d'incarner la transformation du pays".



L'élection quasi unanime de Richard Ferrand a suscité des critiques de certains politiques

"Une vraie bande de godillots piétinant la morale !", a tweeté l'ex-député LR Thierry Mariani. 
Un point de vue qu'étaie par exemple ce tweet de la Juppéiste Aurore Bergé :


A noter que la page Twitter de Richard Ferrand n'accepte que les avis favorables...


"Richard Ferrand élu à la tête du groupe LREM : la "moralisation", ce sont de grands mots, mais des actes petits", a fustigé le n°2 du Front national, Florian Philippot.



Le Huffington Post montre du doigt l'opposition
"L'élection de Ferrand à la tête du groupe La République En marche fait grincer des dents dans l'opposition," titre-t-il. 



Le corps de l'article fait également état de la grogne de la gauche:
Notamment le vote à main levée, à la soviétique...



A l'instar des nouveaux députés, les journalistes du HuffPost ne sourcillent 
- ni aux modalités du vote censé désigner le président du groupe En Marche, - ni au rejet d'éventuelles candidatures alternatives- ni à la candidature unique- ni au vote à huis clos, à l'abri des regards des électeurs de la législative...



Le HuffPost n'a déniché aucun mouvement d'indignation ou de colère
 sur Twitter. En voici un, à son attention:



Encore un petit ?





Macron cherche une femme pour le perchoir de l'Assemblée 

Un stage intensif pour débutants
Après 10 heures de réunion samedi, le député de l'Essonne Cédric Villani a affirmé avoir engrangé "beaucoup d'infos". "On a beaucoup parlé de l'esprit dans lequel on va travailler. Il faudra trouver un bon équilibre entre le débat ouvert et la cohésion du groupe", a-t-il souligné, confirmant un formatage des esprits.

Les jeunes néophytes étant dépassés par les événements, il a fallu décider de repousser l'appel à candidatures pour les postes à responsabilités (présidences de commission, questure...) à dimanche soir, après une nouvelle matinée de formation accélérée... 

Le Premier ministre a aussi salué la féminisation de l'Assemblée, comme si "Marianne était enfin chez elle"... Depuis l'emménagement d'un locataire de droite à Matignon, certains responsables REM militent pour qu'une femme de gauche accède au "perchoir", poste le plus prestigieux, ce qui serait une première, mais un deuxième couac, après la promotion de Ferrand, si le critère du genre devait prévaloir sur celui de la compétence.

Deux candidates se sont déclarées vendredi soir.
Brigitte Bourguignon et Sophie Errante, deux ex-PS ralliées à En Marche qui entament leur deuxième mandat. 
Seul homme en lice jusqu'alors, l'ex-candidat à la primaire de la gauche François de Rugy, député depuis 2007, insiste sur son expérience et sa volonté de réformer l'Assemblée. Et sa flexibilité...

Le groupe votera mardi matin pour désigner son candidat, qui devrait être élu l'après-midi président de l'Assemblée dans la séance inaugurale. 

Pour tous les postes clefs, il faudra un équilibre entre novices et chevronnés, "marcheurs" de gauche et de droite, femmes-hommes, etc.
REM devra aussi tenir compte du MoDem, dont les 42 députés se réuniront dimanche à l'Assemblée. Sera notamment évoquée la présidence de groupe: Marielle de Sarnez était pressentie, mais elle devra vraisemblablement se contenter d'une présidence de commission, puisque sa moralité est salie par une affaire de fraude au financement de collaborateurs supposés, au détriment du Parlement européen, poule aux oeufs d'or du MoDem de Bayrou.

vendredi 24 février 2017

Faute de parrainages, Macron sauve Bayrou (MoDem) et Hamon récupère Jadot (EELV)

Les marchandages et combinazione de la gauche ne marchent pas à tous les coups

Bayrou s'abandonne à Macron 

Bayrou change encore de monture
Le MoDem François Bayrou n'a pas rassemblé les 500 parrainages nécessaires à sa candidature, bien qu'on dise son micro-parti bien implanté dans le monde rural : après Hollande, trop impopulaire, il doit renoncer à se lancer dans la présidentielle. Il s'est résolu à une alliance avec ...Emmanuel Macron.
Après trois échecs, François Bayrou a mis fin à l'insoutenable suspense d'une quatrième candidature. Depuis le siège de son parti, le président du MoDem a annoncé, mercredi 22 février, qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle. Le maire de Pau a présenté son renoncement comme une proposition d'alliance, sous conditions, à Emanuel Macron. "Je lui dis : 'Le danger est trop grand, il faut changer les choses, unissons nos forces pour y parvenir'", a lancé François Bayrou. Comment l'ancien ministre transparent de l'Education nationale en est-il finalement arrivé à jeter l'éponge, à 65 ans.

Macron est un coucou dans le nid de Bayrou
Le patron du MoDem et celui d'En marche ! se sont rencontrés la semaine dernière, car tous les deux occupent un espace commun sur l’échiquier politique. François Bayrou se dit "centriste", bien qu'il appelle à voter socialiste en toute occasion, Emmanuel Macron revendique un positionnement "central", et les deux hommes ont la même vision politique sur l’Europe ou sur "le dépassement du clivage entre la gauche et la droite". 



Dans sa proposition d'alliance, le quémandeur s'est toutefois payé le luxe de poser plusieurs conditions, comme "une loi de moralisation de la vie publique", ou un engagement sur la proportionnelle aux élections législatives.

Mais Bayrou aurait échoué à obtenir un groupe de députés à l’Assemblée nationale, affirme Le Point. Avec sa décision d'opter pour le rassemblement, le maire de Pau va pouvoir mettre en avant son sens des responsabilités devant l’Histoire. "Ce qui se passe en France est extraordinairement dangereux; mon seul souci est de faire en sorte que le pays s’en sorte", racontait récemment à franceinfo François Bayrou. "Il voulait ne rien faire qui puisse favoriser le FN, confirme Jacqueline Gourault, sénatrice proche du président du MoDem. Le rassemblement est plus fort que l'éparpillement." Nous sommes dans une situation d'extrême risque. A cette situation exceptionnelle, il faut une réponse exceptionnelle. Et l'homme d'exception, c'est qui ?

Parce que la gauche politico-médiatique n'a pas réussi à faire renoncer Fillon
Le président du MoDem a espéré plusieurs jours que François Fillon, harcelé de soupçons d'emplois fictifs visant sa femme Penelope, malgré l'insuffisance de preuves du Parquet national financier. François Bayrou a mis la pression à plusieurs reprises sur le candidat désigné de la droite républicaine, insistant pour qu'il abandonne la course dans laquelle il était engagé. "Je ne vois pas où l’obstination de François Fillon mène, avait-il expliqué à franceinfo. Le soutenir est impossible. (...) Quand bien même, par une espèce de miracle électoral, François Fillon remporterait cette élection, comment gouvernerait-il ?" Dépité de ne pas obtenir le retrait, le sexagénaire s'est tourné vers le trentenaire et ancien collaborateur de Hollande pendant toute la durée du quinquennat.



Parce qu'il a redouté d’être, à son tour, rejeté pour délit de faciès politique usé
Manuel Valls lors de la primaire de la gauche, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé lors de la primaire de la droite ont souffert de leurs engagements passés. Les hommes d’expérience n'ont plus la cote. Macron a accepté qu'à défaut d'incarner une proposition de renouveau, le maire de Pau, qui fêtera ses 66 ans en mai, joue les seconds rôles, avec entre 5 et 6% dans les derniers sondages. 


"Macron occupe un espace que François Bayrou avait pu occuper à un autre moment; il faut regarder la situation avec lucidité", explique la sénatrice centriste Jacqueline Gourault, soulignant son image de 'has been'. A moins de 5%, sa campagne présidentielle aurait pu lui coûter plusieurs chevaux de son haras... 
La proposition d'alliance de François Bayrou à Emmanuel Macron est aussi le signe que le président du MoDem était trop isolé pour se lancer dans une nouvelle aventure présidentielle.

Bayrou a viré casaque
L'allégeance de Bayrou à Macron a surpris, y compris au sein de l'entourage du patron du MoDem tenu à l'écart de ses tractations. Ses anciens compagnons de route, depuis des mois, prenaient des paris sur sa candidature. "Où trouvera-t-il les parrainage pour faire campagne ?" s'interrogeait un sceptique. Et il avait raison car le Béarnais s'est finalement rendu à l'évidence cette semaine. Le Béarnais ne pouvait éviter une soumission à Macron, cet OVNI de la société civile, un banquier qu'il observait avec mépris quelques mois plus tôt.

"C'est affligeant, ce marketing électoral", mais il lui a suffi d'habiller du mot "sacrifice" sa capitulation. Car des mois durant, Bayrou n'a pas dissimulé ses divergences avec le leader d'En marche . Seuls les propos de Macron sur la colonisation lui ont inspiré un tressaillement : "Une incompréhension", a-t-il sobrement jugé. Mais, en privé, le Béarnais est allé beaucoup plus loin. 
Vendredi 17 février, cinq jours seulement avant son revirement François Bayrou découvre dans Le Figaro la tribune assassine du professeur de philosophie François-Xavier Bellamy, intitulée 'Emmanuel Macron ou la passion de la post-vérité'. En réaction aux propos de Macron en Algérie concernant la colonisation, quue le candidat candidat de l'Elysée qualifie de "crime contre l'humanité", Bellamy écrit : " Il est révoltant de voir aujourd'hui un candidat qui prétend présider notre République venir cracher sur leurs tombes par opportunisme électoral", avant de dénoncer : "La démocratie se dissout dans le marketing, et ainsi on détruit un peuple aussi sûrement que par la censure. C'est là la faute grave dont Emmanuel Macron est en train de se rendre coupable. Car qui ne voit pas la ficelle grossière dans cette surenchère mémorielle délirante ? La cible, en l'occurrence, ce sont des millions de binationaux, héritiers de cette histoire douloureuse."
Alors le président du Mouvement démocrate téléphone à Bellamy, candidat investi par Les Républicains aux prochaines législatives. "Bonjour, c'est François Bayrou. Merci. Votre texte, c'est tout ce que je pense. C'est tellement rare de lire sous la plume de quelqu'un d'autre ce qu'on aurait pu écrire soi-même… C'est affligeant, le marketing électoral de Macron, c'est tout ce qui menace la vie politique. Il est d'une inconséquence dangereuse…"
Alors le mercredi 22 février, quand Bellamy découvre l'alliance Bayrou-Macron, Bellamy n'en croit pas ses yeux. "Comment un homme aussi critique cinq jours auparavant peut-il rejoindre celui qu'il présentait comme le pire de la politique ?" Bayrou avait commencé à lui créer son lot de complications.

EELV se dissout dans le PS : Jadot abandonne au profit de Hamon

Jadot se fera-t-il broyer, composter ?
L'écologiste rouge Yannick Jadot a retiré sa candidature jeudi au profit du socialiste Benoît Hamon, après plus de quinze jours de tractations... Un petit tour et puis s'en va donc Jadot qui évoque l'"accord formidable [à faire peur ?] pour l'espérance" qu'ils ont passé en vue des législatives. Le leurre EELV du PS demande ouvertement à Jean-Luc Mélenchon de les rejoindre.

"Ma responsabilité (...), c'est de dépasser les ego, de déporter les appareils politiques et de construire la grande aventure de cette élection présidentielle. Alors oui, ce soir, je retire ma candidature. C'est ce sur quoi voteront tous ceux qui ont participé à la primaire écologiste", a déclaré Jadot sur France 2.

Pour être définitif, cet accord doit être validé par les quelque 17.000 électeurs de la primaire écologiste. Mais l'issue du vote fait peu de doute, la consultation sur l'ouverture de discussions avec Hamon et Mélenchon avait réuni près de 90% de suffrages favorables. Le vote électronique final doit se tenir entre vendredi et dimanche.

Les tractations étaient une imposture pour montrer la voie à Mélenchon
Yannick Jadot avait été désigné début novembre candidat d'Europe Ecologie - Les Verts en remportant la primaire aux dépens des eurodéputés Karima Delli et Michèle Rivasi, mais surtout de l'ancienne ministre Cécile Duflot, laquelle a obtenu du PS de conserver sa circonscription gagée aux législatives.

Immédiatement après cette annonce, Benoît Hamon, en meeting à Arras, s'est dit "très heureux du choix de Yannick Jadot, qui n'est pas simple, que je devienne pas simplement le candidat de la Belle alliance populaire mais aussi de l'écologie politique".

Dans cet accord, Jadot a joué les négociateurs valeureux, obtenant un engagement sur "la sortie du nucléaire en 25 ans", alors que chacun sait que la réduction de la part de l’atome dans la production d’énergie ressemble de plus en plus à une gageure. Le candidat socialiste François Hollande n'avait-il pas promis de réduire de 50 % la part du nucléaire dans la production d’énergie française. Elle revient sur le devant de la scène alors que s’amorce une très difficile négociation entre l’Etat et EDF.
En août 2015, la loi de transition énergétique pour la croissance verte prévoyait déjà, dès son premier article, de "réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025 [contre 77 % en 2014]". Et la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, avait alors annoncé que la feuille de route permettant de concrétiser cet engagement serait publiée "au plus tard le 1er juillet [2016]".
La Cour des comptes, quant à elle, estime, dans son dernier rapport annuel de 2016, que baisser la part de l’atome à 50 % du bouquet électrique revient à arrêter "de dix-sept à vingt réacteurs" sur les cinquante-huit que compte l’Hexagone.
De qui Hamon et Jadot se moquent-ils ?

Les magouilles politiciennes de la IVe ont repris
Jadot aurait aussi arraché à Hamon la fin de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et la sortie programmée des pesticides

L'accord comprend égalementdavantage de proportionnelle aux élections, en sorte que les écologistes bénéficient de circonscriptions aux législatives, de telle sorte qu'"ils aient un groupe dans la majorité de M. Hamon", avec l'aval de la direction actuelle du Parti socialiste. 

Les deux gauchistes seraient également tombés d'accord sur le principe de la réunion d'une Assemblée constituante très vite après l'élection, en vue d'un passage à la VIe République, soit un retour au chaos de la IVe, et de nouvelles législatives avant la fin du quinquennat, ou encore un référendum dès 2017 sur le droit de vote des étrangers.

"Je serai dans cette campagne, je serai là tous les jours pour m'assurer que cet accord est tenu", a précisé Jadot, parlant d'une "grande aventure"...

Le retrait de l'écologiste est une première à une présidentielle depuis la candidature de René Dumont en 1974. 
Depuis, sous quelque forme qu'ait pris l'écologie politique, un candidat avait toujours concouru. Connu comme journaliste-présentateur du JT, Noël Mamère demeure le seul à avoir dépassé 5% des voix, en 2002.

L'écologiste rouge s'est adressé directement à un autre candidat de l'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, invité moins d'une heure plus tard à "L'Emission politique" de France 2. 
"Jean-Luc, dans cet accord, il y a tout ce que tu défends: une constituante, la proportionnelle, la sortie du nucléaire, la sortie des pesticides, la protection de la santé, la protection du travail, la lutte pour la justice sociale", a déclaré ce cheval de Troie du PS dans la campagne du Front de gauche (PCF/Parti de gauche).
"Je ne ferme aucune porte", lui a répondu Mélenchon, proposant de rencontrer Benoît Hamon "dimanche ou lundi". "Si Benoît Hamon me dit: 'je te propose le principe d'une candidature unique', je regarderai ce qu'il propose", a-t-il promis.

Mais à la question d'un éventuel retrait de sa candidature en faveur de. Hamon, l'aboyeur de l'extrême gauche sous l'étiquette 'La France insoumise' a répliqué: "pourquoi il ne la retirerait pas, lui ?".