POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Ferrand R. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ferrand R. Afficher tous les articles

jeudi 26 septembre 2019

Débat sur la bioéthique : Richard Ferrand soupçonné de manipulation du vote

Le président LREM de l'Assemblée a-t-il faussé le vote à main levée? 

Déni de démocratie à l'Assemblée nationale à majorité LREM

Déni de démocratie ? Richard Ferrand fait adopter un amendement retoqué par les députés
Un citoyen vigilant a partagé sur Twitter une vidéo montrant un vote à main levée houleux des députés sur le projet de loi sur la bioéthique. "Regardez comment on compte les votes avec la méthode LREM… C’est hallucinant", s’insurge-t-il, prenant les internautes à témoins en diffusant l’extrait. 
On y voit en effet Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale (LREM) mettre au vote l'amendement 2123 déposé par des députés de la majorité et qui vise à introduire la notion de projet parental ("L’assistance médicale à la procréation [PMA] est destinée à répondre à un projet parental"), lors de la deuxième séance du 25 septembre.
Regardez comment on compte les votes avec la méthode LREM... c'est hallucinant 😱

Le vote est effectué à main levée. En un clin d'oeil, Richard Ferrand annonce que l’amendement est adopté. Un vent de protestation se lève alors dans l’hémicycle, majoritairement en provenance des bancs des Républicains présents en nombre, souligne le contre-rendu de la séance. Le député Thibault Bazin (34 ans, LR, Meurthe-et-Moselle) demande donc au président de voter à nouveau par "assis-debout". Une demande également formulée par le député LR de l'Ain Xavier Breton, 56 ans, faisant notamment valoir que "les votes favorables ont été à peine plus élevés que les contre au sein du groupe majoritaire", son groupe ayant voté majoritairement contre.
Demandes réglementaires rejetées par Richard Ferrand. 
"Le vote sur l’amendement no 2123 a été constaté et proclamé. Il est donc acquis", tranche-t-il.

Que le citoyen interloqué se fonde sur les images qui montrent le moment du vote uniquement sur les bancs de la République en Marche et des Républicains est une chose. Sur la vidéo, on peut voir qu’au moins 8 députés (et non 7, comme l’indique l’internaute) se sont prononcés pour l’amendement, et qu’au moins 15 ont voté contre parmi les élus de la majorité. Un autre plan partiel sur le groupe des Républicains montre qu’au moins quatre d’entre eux ont voté contre.
Mais Xavier Breton est quant à lui présent dans les travées. Le député LR a donc une vue d'ensemble de l'hémicycle et sa contestation ne peut être contredite par un 'fact-checker' qui n'est pas présent et porte un jugement extérieur sur la base de prises de vue en plan restreint. 
Vanneur @Vanneur
Il y a eu + 43% de mains levées entre le vote POUR et le vote CONTRE, selon cette prise de vue essentiellement cadrée sur la majorité LREM (on voit qu'un zoom en fin de vote sur LR). Mais Ferrand a vue un vote POUR... Ophtalmo!!!

Une vidéo authentique et consultable sur le site de l’Assemblée nationale "suffit-elle à prouver que Richard Ferrand s’est trompé ou a faussé le vote" ?

La question de la presse comporte la réponse... Le président de l'Assemblée dernier n'a donc pas à répondre aux sollicitations de la presse, semble-t-il curieuse de connaître son point de vue, mais qui, comme Libération, a une idée toute faite sur le sujet: il ne "suffit" pas d'images, à la différence, pour la police, de celles de vidéo-surveillance.

Le président "qui par sa situation dispose d’une vision complète et précise de l’hémicycle, a estimé que le résultat du vote sur l’amendement que vous évoquez ne faisait aucun doute," expliquent les services "libres et indépendants" de l’Assemblée Nationale, à propos des méthodes expéditives de leur patron. 
Ils arguent encore que les seules images disponibles - les mêmes que celles de l’internaute - sont celles diffusées sur le site de l’Assemblée. Or, ces documents ne permettent pas d’avoir une vue sur l’ensemble de l’hémicycle. 

Thibault Bazin ne se satisfait pas de ces commentaires, puisque, depuis l'aile droite de l'hémicycle, le député a lui aussi une vue d'ensemble qui n'exclut pas ses collègues de la majorité, comme de l’opposition, hors cadre sur l'extrait vidéo.

Le détail des votes n'est pas disponible auprès des services de l’Assemblée, bien qu'ils s'autorisent à voler au secours de leur président, puisque le vote a eu lieu à main levée, régulièrement utilisé par facilité. Mais le coup de force de Ferrand apparaît d'autant plus démocratiquement malsain qu'il ne laisse pas pas de trace : c'est un sorte de hold-up de voix, avec masque et gants, sans empreintes. Le président de séance - qui se trouve être le président de l'Assemblée soi-même - effectue un comptage à vue de nez : il décide s’il y a majorité absolue - ou non - et proclame si l’amendement est adopté ou non.

Les questions de la transparence et du respect du vote des représentants du peuple ne sont pas résolues.
En cas de suspicion et de contestation, "il est procédé au vote par assis et levé [rappel au règlement exprimé par les députés LR, stipule l’article 64 du règlement de l’Assemblée. Mais l'arrogant Ferrand en fait une boulette qu'il balaie d'un revers de la main.
Si le doute n'est pas levé, le vote par scrutin public ordinaire est de droit. Et, pareillement, Ferrand s'y refuse autoritairement. Toutefois, lorsque le premier scrutin à main levée est déclaré douteus, le Président peut décider qu’il sera procédé par scrutin public ordinaire". Ferrand fait obstacle à toutes les rappels à l'application du règlement.
Les services de l’Assemblée expliquent qu’une fois l’amendement adopté - même de nuit, à la sauvette et dans la contestation -, il n’est pas possible de revenir sur le vote...
Si les recours de Macron à l'article 49.3 sur la réforme du droit du travail sont constitutionnel, la conception LREM du vote à main levée est un déni de démocratie, un mauvais signal à l'entrée du parti présidentiel dans l'acte 2 du quinquennat.

samedi 21 septembre 2019

Affaire Ferrand : pas de mise en examen pour la "compagne" du président de l'Assemblée

Placée sous le statut de témoin assisté, sa maîtresse est épargnée par la vague des mises en examen par des juges  politiques

Après la mise en examen de Patrick Balkany ou de Richard Ferrand, jeudi 12 septembre, la compagne de ce dernier était à son tour entendue par trois juges lillois en charge de l’enquête dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne.

Richard Ferrand et sa compagne Sandrine Doucen, à l\'Elysée, le 15 octobre 2018. Dans la soirée, Sandrine Doucen a été placée sous le statut de témoin assisté pour "complicité de prise illégale d’intérêts et recel", a annoncé le Parquet de Lille.
"Elle était également entendue en qualité de représentante légale de la SCI SACA. La personne morale a été placée sous le statut de témoin assisté pour recel", a précisé le Parquet.

Des locaux loués alors qu’ils appartenaient à sa compagne

Le fait que sa compagne maîtresse (ils ne sont ni mariés, ni pacsés) ait été placée sous le simple statut de témoin assisté et non pas mise en examen "est de nature rassurante pour la suite de l’instruction", a anticipé l’entourage du président de l’Assemblée nationale.
Président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a été lui-même mis en examen pour prise illégale d'intérêts dans cette même affaire, parce que les Mutuelles de Bretagne, qu’il dirigeait alors, avaient décidé en 2011 d'accorder un prêt avantageux à un acquéreur dont le nom n'apparaissait pas, mais qui se révéla être sa compagne, ainsi devenue propriétaire de locaux commerciaux mis en location.

Cette prise illégale d'intérêts avec la complicité des Mutuelles de Bretagne avait toutefois conduit Richard Ferrand à quitter le gouvernement en juin 2017. A peine nommé ministre de la Cohésion des territoires, il avait été épinglé par Le Canard enchaîné qui avait révélé l’affaire.
Le procureur de Brest, Finistère, avait ouvert une enquête préliminaire en juin 2017, classée sans suite en octobre. Le représentant de la ministre Belloubet,  collègue au gouvernement de Ferrand - député du Finistère (Carhaix est à une heure de route de Brest) -  avait invoqué la prescription s’agissant d’un éventuel délit de prise illégale d’intérêts et jugé que les infractions d’abus de confiance et d’escroquerie n’étaient "pas constituées".



L’association anti-corruption Anticor avait alors déposé une seconde plainte avec constitution de partie civile. L’information judiciaire, ouverte à Paris, avait été dépaysée à Lille en juillet 2018, un magistrat parisien lié à Anticor étant à l’origine de la procédure judiciaire. 
Depuis, le vice-président d'Anticor, Eric Alt, également magistrat, est visé par une enquête administrative.

Richard Ferrand doit-il démissionner ?

Ce proche de Macron est rattrapé par ses tweets sur la mise en examen de François Fillon. En 2017, il estimait en effet que le candidat de la droite, alors mis en examen, avait "perdu toute autorité morale". Les réseaux sociaux ont tous les défauts, sauf celui d'étouffer les affaires ou d'effacer des propos radicaux tenus dans le passé. Depuis la mise en examen de Richard Ferrand ce jeudi 12 septembre,  la majorité et l’Elysée font bloc autour du président de l’Assemblée nationale, mais à l’exemple du socialiste Olivier Faure ou du député LR Philippe Gosselin, des responsables de l’opposition  estiment que l’élu du Finistère n’est plus en situation de diriger décemment les débats. "Il a perdu toute autorité morale"...

C’est en fait la "présomption d’innocence" à géométrie variable de Richard Ferrand qui est pointée, au delà de son maintien (ou non) au Perchoir. Des tweets ont effet été déterrés, non pas par la presse institutionnelle subventionnée, mais par les réseaux: il les avait publiés en pleine campagne présidentielle, alors perturbée par le "Penelope Gate", quand François Fillon avait été mis en examen pour détournement de fonds publics.

Ex-député socialiste qui a trahi le PS, Ferrand s’en prenait au principal candidat de l'opposition qui, selon lui, "voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale". Les "décrocheurs" ont reçu le message, mais l'appliquent désormais à Macron... 
Dans une autre publication, il tenait à peu près les mêmes propos concernant le candidat LR: "nous disons à François Fillon qu’il a perdu toute autorité morale pour diriger l’Etat et parler au nom de la France". 

Des propos qui intervenaient dans un contexte où le candidat du premier parti politique de France avait promis qu’il jetterait l’éponge en cas de mise en examen.
Une droite voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d'un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale.

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité
Nous disons à @FrancoisFillon qu'il a définitivement perdu toute autorité morale pour diriger l'Etat et parler au nom de la France.

ormations sur les Publicités Twitter et confidentialité
Ces deux tweets lui reviennent lui sont revenus en pleine face ce jeudi. “Fidèle à ma conception de la présomption d’innocence, je ne demande pas à Richard Ferrand de démissionner. Impliqué cependant dans une affaire concernant sa compagne, je ne peux cependant m’interroger sur le décalage entre ses propos d’hier sur Fillon et d’aujourd’hui", tacle le député LR du Vaucluse Julien Aubert, joignant à sa publication une capture d’écran de l’un de ces tweets.Et le candidat à la présidence des Républicains d’ironiser: "aux yeux de tous, il est arrosé, comme l’arroseur, pour ne pas dire douché ou rincé". 

Même ironie chez le député LR Bruno Dive, qui reprend mot pour mot la citation de Richard Ferrand.
Fidèle à ma conception de la présomption d’innocence, je ne demande pas à @RichardFerrand de démissionner. Impliqué cependant dans une affaire concernant sa compagne, je ne peux cependant m’interroger sur le décalage entre ses propos d’hier sur et d’aujourd’hui. (1/3)


Voir l'image sur Twitter
Le Parti présidentiel voudrait que soit maintenu à la tête de la représentation nationale le visage d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale ?
REMEMBER 👇


Voir l'image sur Twitter

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

Ces anciennes publications ont également été remarquées par le Rassemblement national. "Cher Richard Ferrand, ce message, daté du 4 avril 2017, vous est aujourd’hui destiné", tacle le cadre RN Jean Messiha, demandant au président de l’Assemblée d’
en tirer "toutes les conséquences", sous-entendu en démissionnant.
Cher @RichardFerrand, ce message, daté du 4 avril 2017. vous est aujourd’hui destiné.
Son auteur était un vrai visionnaire !
Veuillez svp en tirer toutes les conséquences.
https://
/status/852938381365522434 

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité
Quand l’affaire des Mutuelles de Bretagne avait éclaté en juin 2017, 
par la voix de Christophe Castaner, le premier ministre avait fait savoir que Richard Ferrand serait immédiatement démis de ses fonctions en cas de mise en examen. Mais à cette époque, l’intéressé était ministre, et non président de l’Assemblée nationale, comme c’est le cas aujourd’hui, sur désignation du président Macron, avec pour objectif de le mettre à l'abri de la Justice, une technique pratiquée par François Mitterrand. 
Un poste au gouvernement que le Breton avait finalement été contraint de quitter avant sa mise en examen.