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lundi 3 février 2020

Congé pour décès d'un enfant : Aurore Bergé insulte les indignés de la pingrerie LREM

Aurore Bergé rétablit le "mur des 'cons' ” pour les détracteurs de la soumission des PlayMobil de Macron 

Les parlementaires couchés et décérébrés sont juste des "députés loyaux"

« Salut les Terriens » : la députée Aurore Bergé attaquée sur sa tenueEn charge de la "riposte", la députée et porte-parole du parti du président est surmenée par la série de couacs au gouvernement et l'ode à la loyauté de la girouette politique de l'hémicycle laisse sans voix, en attendant Schiappa... Cette mère de deux enfants (en 2016) a refusé que ses collègues portent à eux-seuls le refus de la majorité d'allonger le congé de deuil après le décès d'un enfant.

L'hégémonie obtuse des élus de Macron s'abat sur des centristes !

Aurore Bergé monte en première ligne pour défendre les godillots. La  porte-parole de LREM est revenue sur le scandale créé jeudi 30 janvier à l'Assemblée nationale. La majorité avait refusé une proposition de loi du groupe UDI-Agir qui demandait d'allonger de cinq à douze jours le congé de deuil après le décès d'un enfant. 
Bien que l'opposition s'attende au rejet systématique de ses propositions de loi par la majorité macronienne, ce sont des alliés aux municipales qui sont maltraités. 

Le rejet avait soulevé une telle vague d'indignation que, samedi, Macron avait dû lui-même demander au gouvernement de revoir sa position et "de faire preuve d'humanité". Dans l'exécutif, certains auraient déploré l''indécence de la majorité, faisant redescendre Macron de ses sommets, et auraient taclé - entre deux portes, souvent sous couvert d'anonymat - l'amateurisme des députés LREM désincarnés.

lundi 20 novembre 2017

Macron inquiète les élus LREM soucieux de démocratie

Le président trentenaire au sommet du dispositif est-il capable de tenir sa promesse de renouvellement politique ?

La République En marche a donné un signe de vie politique, samedi


Tout commence par l’aventure individuelle 
d’un jeune homme ambitieux et pressé, 
marié à une femme plus âgée que lui 
et qui, pour parvenir à ses fins, 
bouscule les gens en place
Après dix-huit mois d'errements consécutifs à un succès inattendu à la présidentielle, LREM a tenu son premier conseil national, à Lyon samedi  au prétexte d'entériner la nomination de Christophe Castaner au poste de délégué général du mouvement. Un mauvais signal, puisque les adhérents ont été privé d'un vote démocratique: Castaner est le choix du président et non pas de la base... Sa tâche de démocratisation du parti est donc immense, urgente et compliquée. Mais est-ce vraiment sa mission ?

Des adhérents vigilants ont déjà claqué la porte. Certains, une première centaine, ont publié une tribune pour alerter l'opinion et dénoncer le manque de démocratie interne... Pourquoi Macron prend-il le risque de se couper de son parti ?

Trop occupés à se positionner dans les différents organigrammes du nouveau système et négligents de la base en demande de communication avec ses élus absents, les généraux du Bonaparte de l'Elysée ne se sont pas souciés de transformer la dynamique de campagne en adhésion populaire. Nombre de marcheurs restent dans l'attente d'un début de réalisation des promesses de renouvellement de la pratique démocratique. D'autant que la concentration des pouvoirs aux mains d'un hyper-président grognon et chafouin est organisée avec le concours de collaborateurs en réseaux technocratiques concentriques convergeant vers l'Elysée. 

La mutation du mouvement En Marche! s'est opérée à la tête, laissant les militants au bord du chemin, déçus. Ce parti n'aura d'avenir que s'il réalise la régénération démocratique à laquelle ses membres aspirent. Or, bien qu'installé au pouvoir depuis six mois, il inspire doute et colère. Le pouvoir s'est privé de l'état de grâce qu'on croyait automatique. Si les contradictions et les incertitudes  perdurent, demain pourrait devenir très problématique.

Le jeune président n'a pas donné de coup de vieux à l'"ancien monde" 
Lorsque, dans leur arrogance, les nouveaux maîtres évoquent la création de l'UNR et de la Ve République, ils veulent ringardiser "l'ancien monde", mais n'ont  encore suscité aucun désir profond de nouveauté, ni proposé aucune alternative cohérent. Ils s'affirment ni de droite, ni de gauche et se cherchent un ancrage: tant est si bien que Juppé prend le relais de Bayrou, lui ouvrant le centre, un centre ancien, lui-même incertain. Cette proposition de repère stable, à l'ancienne, serait une intégration du parti au paysage politique du vieux monde, la promesse de sclérose qui guette le centre incapable de se régénérer.   
Au départ, l'UNR, ancêtre de l'UMP, ne se réclamait déjà pas de valeurs axées sur la participation des citoyens, mais son chef entretenait le lien. Si le gaullisme, en temps qu'organisation, a toujours été teinté de "bonapartisme", il était incarné, tandis qu'Emmanuel Macron n'incarne rien de plus que la présidence.

Le parti du président cessera-t-il d'être la chose du président pour représenter enfin le peuple de ses électeurs ? 

Ce chef d'Etat occupe toute la place et sa majorité n'a encore pas investi la sienne. Les députés se satisfaisaient, pensait-on, de l'ombre dans laquelle l'astre présidentiel les maintenait. Mais une poignée d'entre eux a redressé la tête, réclamant l'accomplissement des promesses de campagne et leur juste part des responsabilités.

C'est le défi que ce nouveau parti doit relever, à partir de rien, ni culture politique, ni maillage territorial. Etre un laboratoire, une fabrique politique qui renouvelle la participation et la mobilisation des militants en interne, ça va un moment, puis vient le besoin de produire des applications innovantes, tout en remplissant la mission institutionnelle classique qui est la leur : trouver des relais de terrain et passer de la pédagogie à l'action. Mais, six mois se sont déjà écoulés depuis l'élection et au temps des rêves et de l'arrogance doivent impérativement succéder les réalisations et la proximité. Or, l'enjeu des semaines à venir est de faire tomber le  doute qui s'est installé sur la capacité de la majorité à s'émanciper du chef.

En revendiquant le statut de parti start-up ou en multipliant les annonces d'efficacité prochaine, de pragmatisme potentiel, d'efficacité du 'team building', dont on a vu que le premier séminaire a manqué son objectif, provoquant l'ire de l'Elysée, LREM a placé la barre hors de sa portée. Ses membres prétentieux ont affiché leur incompétence à l'Assemblée et le registre managérial ne fait plus illusion, la "société civile" sur laquelle le candidat Macron misait, s'est révélée inadaptée : les start-uppers ont tout à prouver, et singulièrement sur la durée. 

Le président profite des défaillances des élus. Son avantage est-il de les laisser s'émanciper ? La démocratie y aura tout intérêt, si elle parvient à contrebalancer la propension du chef de l'Etat à s'engouffrer dans les failles de ses interlocuteurs. Les jeunes députés se hisseront-ils à la hauteur de la tâche où on les attend ou leurs défaillances profitent-elles à leurs cadres et à la garde rapprochée du président, éprise comme lui de verticalité et de pouvoir, sans partage, renforçant alors les déceptions et les frustrations, mais surtout, fixant durablement le déséquilibre entre les pouvoirs déjà créé... Si la centralisation du pouvoir, la volonté de modernisation numérique et la rhétorique marketing doit continuer, la crise démocratique ne sera pas surmontée. 

Le risque d'un parti au pouvoir est de perdre du poids, de l'efficacité et de la crédibilité.

Or, LREM n'a rien à perdre des trois. Il est pléthorique et son embonpoint le paralyse. Il est inefficace, puisque le président le contourne et décide par ordonnances. Sa crédibilité est si faible que ses membres sont déjà considérés comme des "godillots". Comme sous le quinquennat de François Hollande, les députés ne se sont encore pas distingués par des propositions innovantes. Ils se font une gloire de voter sans broncher tout ce que propose le président...

La majorité présidentielle n'a toujours pas compris qu'en démocratie, le pouvoir vient du peuple et que la fonction d'écoute des aspirations des militants et de traduction  des volontés des électeurs leur incombe.

La sanction n'a pas tardé. Il n'y aurait déjà plus que 120.000 adhérents actifs. LREM a renforcé la technocratisation du politique et l'imagination est forcément bridée par les schémas de pensée issus d'en haut. D'autant plus que LREM dispose de peu d'élus locaux et que ses députés sont souvent sortis d'une entreprise -certes ambitieuse- mais souvent petite et non consolidée par le temps. Ce parti hors sol s'alimente  faiblement du retour de terrain.

Et Christophe Castaner est un homme de cabinets ministériels tardivement converti  au terrain...
Mais il ne connaît que Forcalquier -4.600 âmes- et sa région, PACA, n'a découvert ce "cacou" qu'en 2015, pour le quitter sans regret à la Régionale. 
Selon l’association Contribuables Associés, l’ancien maire y laisse un bilan pour le moins contrasté. Assommée par une lourde dette qui atteignait encore 7,8 millions d’euros fin 2016 (soit 1.500 euros par habitant, deux fois plus que la moyenne des communes de même taille), la petite bourgade se retrouve aujourd’hui avec des marges de manoeuvre financières réduites. Qu’il s’agisse de la commune ou du groupement de communes, les capacités d’autofinancement se situent en-dessous de la médiane des municipalités de tailles équivalentes, selon les données ...du ministère des Finances.
Au niveau local, certaines voix critiquent
la frénésie de grands projets initiés par l’ancien maire. "Alors que Christophe Castaner s’était engagé dès 2001 à redresser une ville au bord du gouffre - ce qu’il a réussi à faire un temps -, celui-ci s’est ensuite lancé dans une série de lourds investissements sans précisément mesurer le retour sur investissement que l’on pouvait en attendre."
Le parti du président promoteur d'un "monde nouveau" veut reproduire une pratique reprochée à l'"ancien monde"
Castaner veut cumuler sa fonction gouvernementale de secrétaire d'Etat et être chef de parti -celui du président !- bafouant ainsi le principe de séparation des pouvoirs entre exécutif et législatif. 
Pour les démocrates, la charge des Relations avec le Parlement et celle de la défense des  intérêts de parti sont incompatibles. Pour la majorité présidentielle et le président actuels, rien n'est impossible...

Pour commencer, la désignation de Christophe Castaner à la tête de LREM s'est faite sans les électeurs, ce qui choque le Républicain qui sommeille en chaque Français, sans déranger Macron Bonaparte, alors qu'à l'origine, nombre d'adhérents du parti sont dits proches d'une culture sociale-démocrate, tandis que le président-souverain a lui-même servi un pouvoir socialiste. Paradoxe, certes, mais signal d'alarme, assurément.

lundi 31 juillet 2017

L'arrogance des élu(e)s LREM n'est pas une excuse pour leur donner des coups

Une députée LREM Laurianne Rossi frappée sur un marché de Bagneux

Sans doute est-elle sympathique à ses électeurs, mais ça ne suffit pas aux autres 

Résultat de recherche d'images pour "laurianne rossi LREM"
Une élue vent en poupe doit aussi prendre les autres en compte.
Laurianne Rossi vient tout juste de porter plainte. Ce dimanche matin, alors que la députée de la République en marche distribuait des tracts sur un marché à Bagneux (Hauts-de-Seine), elle a été agressée par un passant. "Nous avions un échange mouvementé (...), mais rien ne laissait supposer l'acte de violence qui allait suivre puisque cette personne m'a asséné un coup de poing dans la tempe droite", a expliqué cette trentenaire, ex-collaboratrice parlementaire auprès du sénateur socialiste Yves Krattinger, actuellement président du Conseil départemental de la Haute-Saône, à 367 kms des lieux de l'altercation. Elle accédera ensuite à la direction générale de l'Office Public de l'Habitat de Paris (2009-2012), trois ans après un diplôme de l'IEP d'Aix-en-Provence, avec un master 2 Affaires publiques de l'université Paris I, et directrice du développement et de la communication (2012-2015) de l’Institut des Infrastructures pour la Mobilité (IDRRIM). Parcours sans faille qui doit moins à son militantisme politique, bien sûr, qu'à ses qualités avérées.

Le contradicteur aurait reproché à la jeune femme originaire de Toulon, non pas son parachutage à Bagneux, ni d'ailleurs son nomadisme, mais d'être
de ces députés "godillots" LREM, par ailleurs bénéficiaires de "la couverture médiatique orientée en faveur d'Emmanuel Macron". Pas de quoi en venir aux mains.
C'est encore un poste de direction qui lui échoie en 2016, quand elle rejoint une entreprise publique, la SNCF Réseau et sa direction Accès au Réseau - chargé de la maintenance, de l'entretien du réseau ferré national eet de la circulation des trains - où elle exerce jusqu'à la date de son élection. Pas exactement le poste idoine pour acquisition du sens du relationnel. Depuis ce 30 juillet, en gare Montparnasse, le SNCF ne fait d'ailleurs pas la démonstration de sa proximité avec les usagers...
A noter toutefois que le sénateur Krattinger est une relation influente dans le milieu des transports et qu'elle n'a pu nuire à la dame. Il est toujours président de la Commission "Aménagement du territoire, Transports, Infrastructures et NTIC" de l'Assemblée des départements de France (ADF) depuis 2004 ; membre du Conseil d'administration de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) depuis 2008 ; président de l’Institut des Routes, des Rues et des Infrastructures pour la Mobilité (IDRRIM) depuis le 19 janvier 2010 - ce qui nous rappelle quelque chose de la carrière de cette élue - ; président de l'association Autoroute Atlantique Rhin Rhône depuis décembre 2010 ; président de la commission "Périurbain et Intermodalité" du groupement des autorités responsables des Transports (GART).
Cette dame incarne bon nombre des griefs adressés à la majorité.
Sauf un : elle n'est pas issue de la 'société civile', comme si, cette origine suffisait à garantir une aptitude politique et une écoute attentive et respectueuse de la population. Il s'en faut de beaucoup, car la trentenaire a circulé dans le secteur public avec une aisance extrême jusqu'à être désignée, à 33 ans, à l'un des trois postes recherchés de questeur de l'Assemblée nationale. Une ascension éclair qu'elle ne doit évidemment pas seulement à son genre et à son jeune âge.  
Sa suffisance, commune aux élus LREM, est-elle blessante ?

Deuxième femme politique agressée

L'agresseur présumé, âgé d'une soixantaine d'années, a été interpellé et placé en garde à vue. Sous le choc, même à la tempe, la jeune cadre d'entreprise publique n'a pas perdu connaissance. "Avec ses équipes", elle a pu se rendre au commissariat. 
Peu après, elle a reçu sur Twitter le soutien du président de la République ou d'un collaborateur : "Tout mon soutien à Laurianne Rossi, agressée parce qu'elle défendait ses convictions. Respecter les élus, c'est respecter la République". En matière de respect, le réciprocité est toutefois la règle.

Éric Coquerel (La France insoumise) et Valérie Pécresse (Les Républicains) déplorent un climat délétère entre élus et citoyens.  

En juin, NKM avait été violemment bousculée sur un marché parisien. Elle avait perdu connaissance et fini la journée à l'hôpital le plus proche. Son agresseur, un maire d'une petite commune de l'Eure, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et 1.500 euros d'amende.

"Cet acte révèle un sentiment d'exaspération chez les citoyens et citoyennes", admet Laurianne Rossi.


samedi 24 juin 2017

L'ex-ministre Ferrand, élu à la tête du groupe majoritaire : premier acte de soumission

Jugulaire-jugulaire, les moralisateurs de la vie publique désignent Ferrand, en pleine enquête judiciaire

Les 308 députés de la République en marche ont élu l'ancien ministre soupçonné de favoritisme et d'enrichissement personnel
 
Candidat unique, Richard Ferrand, ex-socialiste rallié de la première heure à Emmanuel Macron et devenu la cheville ouvrière d'En Marche !, a été élu à main levée 
Résultat de recherche d'images pour "Komsomol"par le 'Komsomol' LREMsamedi 24, lors de son "séminaire de cohésion" destiné à établir le fonctionnement du groupe majoritaire et sa relation avec le gouvernement.
Le fonctionnement du groupe et l'articulation de son travail avec celui du gouvernement est le thème central du séminaire, notamment en regard de la fronde sous le quinquennat Hollande.

"Vous n'avez pas un devoir d'obéissance au gouvernement mais un devoir de fidélité", a lancé, dès l'ouverture des travaux, celui qui a trié les candidats à la députation en fonction de leur inexpérience et de leur docilité, l'ex-président de la commission d'investiture. 
Premier congrès du Komsomol (octobre 1918)

Aux primo-arrivants, Jean-Paul Delevoye, 70 ans, a ainsi rappelé qui les a faits et à qui ils doivent leur présence au Palais Bourbon, alors que l'ancien sénateur n'est plus lui-même détenteur d'aucun mandat électif populaire depuis quinze ans (2002). 



Tous, comme un seul homme moins deux abstentions, ont installé "le 1er des macroniens" à sa tête,  lors d'un séminaire à huis clos dans la résidence du président de l'Assemblée. 
"Je m'attacherai à faire vivre la promesse de renouvellement des pratiques politiques dans le cadre du travail parlementaire et à donner corps, avec le gouvernement, au contrat avec la nation passé entre le président de la République et nos concitoyens", a promis le député du Finistère et ex-secrétaire général du mouvement présidentiel dans un communiqué.

L'ex-ministre de la Cohésion des territoires, mis en cause pour une opération immobilière en faveur de sa concubine, mais en défaveur des adhérents mutualistes de Mutuelles de Bretagne dont il était le directeur-général, sans compter l'emploi fictif de son fils à l'Assemblée nationale, avait quitté le gouvernement à la demande du président Macron pour briguer ce poste stratégique. Une enquête a été diligentée par la justice après un article du Canard enchaîné révélant qu'il y a seulement six ans (en 2011), les Mutuelles de Bretagne avaient décidé de louer des locaux commerciaux appartenant à sa maîtresse, qui bénéficia d'un prêt avantageux, valorisa son bien par une rénovation des locaux et profita de rentrées d'argent sous forme de loyers, sans que le Parquet ne décide une mise en examen.



Un fait du prince : "Je veux que tu sois mon Pierre Joxe", lui a demandé le chef de l'État.
Macron 1er faisait référence à l'éphémère ministre de l'Industrie (un mois) que François Mitterrand missionna pour diriger le groupe PS d'une main de fer (de 1981 à 1984, puis de 1986 à 1988).

Le porte-parole du gouvernement tenta de justifier cette exfiltration du favori du roi, assurant qu'"il fallait un leader qui connaisse bien chacune et chacun, qui connaisse bien le projet politique sur lequel Emmanuel Macron a été élu", déclara Christophe Castaner sur BFMTV, faisant de Richard Ferrand "l'homme idéal".



Personnel encadrant du législatif, l'exécutif représenté par Edouard Philippe, escorté du reste du gouvernement, a demandé aux députés "d'incarner la transformation du pays".



L'élection quasi unanime de Richard Ferrand a suscité des critiques de certains politiques

"Une vraie bande de godillots piétinant la morale !", a tweeté l'ex-député LR Thierry Mariani. 
Un point de vue qu'étaie par exemple ce tweet de la Juppéiste Aurore Bergé :


A noter que la page Twitter de Richard Ferrand n'accepte que les avis favorables...


"Richard Ferrand élu à la tête du groupe LREM : la "moralisation", ce sont de grands mots, mais des actes petits", a fustigé le n°2 du Front national, Florian Philippot.



Le Huffington Post montre du doigt l'opposition
"L'élection de Ferrand à la tête du groupe La République En marche fait grincer des dents dans l'opposition," titre-t-il. 



Le corps de l'article fait également état de la grogne de la gauche:
Notamment le vote à main levée, à la soviétique...



A l'instar des nouveaux députés, les journalistes du HuffPost ne sourcillent 
- ni aux modalités du vote censé désigner le président du groupe En Marche, - ni au rejet d'éventuelles candidatures alternatives- ni à la candidature unique- ni au vote à huis clos, à l'abri des regards des électeurs de la législative...



Le HuffPost n'a déniché aucun mouvement d'indignation ou de colère
 sur Twitter. En voici un, à son attention:



Encore un petit ?





Macron cherche une femme pour le perchoir de l'Assemblée 

Un stage intensif pour débutants
Après 10 heures de réunion samedi, le député de l'Essonne Cédric Villani a affirmé avoir engrangé "beaucoup d'infos". "On a beaucoup parlé de l'esprit dans lequel on va travailler. Il faudra trouver un bon équilibre entre le débat ouvert et la cohésion du groupe", a-t-il souligné, confirmant un formatage des esprits.

Les jeunes néophytes étant dépassés par les événements, il a fallu décider de repousser l'appel à candidatures pour les postes à responsabilités (présidences de commission, questure...) à dimanche soir, après une nouvelle matinée de formation accélérée... 

Le Premier ministre a aussi salué la féminisation de l'Assemblée, comme si "Marianne était enfin chez elle"... Depuis l'emménagement d'un locataire de droite à Matignon, certains responsables REM militent pour qu'une femme de gauche accède au "perchoir", poste le plus prestigieux, ce qui serait une première, mais un deuxième couac, après la promotion de Ferrand, si le critère du genre devait prévaloir sur celui de la compétence.

Deux candidates se sont déclarées vendredi soir.
Brigitte Bourguignon et Sophie Errante, deux ex-PS ralliées à En Marche qui entament leur deuxième mandat. 
Seul homme en lice jusqu'alors, l'ex-candidat à la primaire de la gauche François de Rugy, député depuis 2007, insiste sur son expérience et sa volonté de réformer l'Assemblée. Et sa flexibilité...

Le groupe votera mardi matin pour désigner son candidat, qui devrait être élu l'après-midi président de l'Assemblée dans la séance inaugurale. 

Pour tous les postes clefs, il faudra un équilibre entre novices et chevronnés, "marcheurs" de gauche et de droite, femmes-hommes, etc.
REM devra aussi tenir compte du MoDem, dont les 42 députés se réuniront dimanche à l'Assemblée. Sera notamment évoquée la présidence de groupe: Marielle de Sarnez était pressentie, mais elle devra vraisemblablement se contenter d'une présidence de commission, puisque sa moralité est salie par une affaire de fraude au financement de collaborateurs supposés, au détriment du Parlement européen, poule aux oeufs d'or du MoDem de Bayrou.

lundi 12 juin 2017

Législatives 2017 : le grand saut dans l'inconnu, dès le premier tour

Les moutons de Panurge veulent-ils une chambre d'enregistrement au Parlement ?

Des bénis-oui-oui novices vont occuper le Palais Bourbon

Le président Macron la joue général Boulanger
Les électeurs sous influence de la presse mercantile aux mains d'hommes d'affaires proches du banquier ont fait massivement confiance aux aventuriers inconnu(e)s qui profitent de l'appel d'air créé par le président Emmanuel Macron. 
Ont-ils vraiment voulu lui donner une très large majorité de députés inexpérimentés pour redresser un pays laissé en déshérence par le socialiste Hollande ? Abandonnés sans boussole, éperdus au milieu de nulle part, les Français ont cru faire leur devoir en votant comme un seul homme pour des candidats nouveaux dont ils ne savent rien. En ce beau dimanche ensoleillé et chaud, à plus d'un titre, les plagistes auront-ils été les plus raisonnables de ce corps électoral disloqué ? D'ici le second tour du dimanche 18 juin, les coups de soleil du premier les rappelleront-ils au bon sens, à la sagesse que l'on dit populaire ?

Une chambre à trois murs sur quatre tendus de violet renouvellera-t-elle la vie publique ? Ces représentants d'environ 30% de Français muselleront-ils l'immense majorité de leurs concitoyens qui rêvaient, pour certains, de VIe République mais qui, dans un moment d'égarement ou de lassitude, se donnent une "chambre introuvable" de 1815 en 2017 ? Les sans voix et les sans dents, les illettrés et les partisans du pluralisme politique, les démocrates et les républicains ont-ils voulu tenter le despotisme technocratique ?
La Chambre introuvable est celle élue en août 1815. Après l'épisode des 100 jours et la défaite de Napoléon à Waterloo (et de Hollande à l'Elysée), le roi Louis XVIII provoque des élections. Les résultats ont dépassé ses espérances. Sur les 400 députés élus, 350 sont de jeunes ultraroyalistes. Certains exigeront pourtant du monarque beaucoup plus de réformes que ce qu'il a prévu. Emmanuel Macron et ses jeunes ultras ne sont-ils pas en train de reproduire l'expérience de la Chambre introuvable de 1815 ?

Quelle "légitimité" de Macron, selon Stéphane Soumier (BFM), avec plus de 51% d'abstention ? 
Le régime du duc de Richelieu (1766-1822, équivalent d'Edouard Philippe, en plus pâle) va être très vite confronté à cette chambre sectaire, "plus royaliste que le roi" (Louis XVII ou Macron 1er), qui tente d'imposer une orientation contre-révolutionnaire (révolution aujourd'hui incarnée par Hamon, Mélenchon et la CGT), dont Louis XVIII (qui vient de nommer ministre le régicide Fouché, réincarné dans le socialiste Collomb) aura tout à redouter. 
Résultat de recherche d'images pour "Histoire les Verdets 1815"
Des bandes royalistes, appelées "verdets" en raison de la cocarde verte que portent leurs membres (le vert est la couleur du comte d’Artois, chef des ultras), s’arment et terrorisent le pays : à Marseille, à la nouvelle de Waterloo, le peuple se soulève et massacre des bonapartistes et d’anciens soldats de la garde impériale (25 juin); à Toulouse, le général Ramel, qui avait tenté de désarmer les Verdets, est assassiné (15 août); le maréchal Brune, passant à Avignon, est tué et sa dépouille jetée dans le Rhône. Ce fut la Terreur blanche de 1815, soit quelque 400 morts.
La loi Travail imposée aux jeunes gens consentants du Palais Bourbon - par ordonnances et sans débat démocratique - donnera-t-elle lieu à des violences de rue (une nouvelle Terreur rouge) ?
Les nouveaux venus laisseront-ils les coudées franches au général Macron, général Boulanger du XXIe siècle français ? 
Sont-ils candidats pour être des boucliers et faire écran entre le peuple et le président ? Les votants du premier tour vont-ils réaliser d'ici le second qu'ils se sont mis en marche vers plus de ploutocratie ?  Veulent-ils une Assemblée qui permettrait tous les délires de Macron 1er, sans contrepoids, ni garde-fou contre des réformes au pas de charge et sans constituer d'alliances toujours synonymes de compromis et de risques d'instabilité politique.
Résultat de recherche d'images pour "Boulangisme"



Il y a cent trente ans, la France républicaine se découvrait un héros, le général Boulanger, nommé ministre de la Guerre en janvier 1886. Inconnu du grand public avant sa nomination au ministère, il était devenu en quelques mois le chouchou de la presse et la personnalité politique la plus populaire du pays, éclipsant le président de la République et le président du Conseil lors de la revue militaire du 14 Juillet. Fascinés par leur nouvelle idole, les Parisiens chantaient. Or, on sait ce qu’il est advenu de ce général bravache, surnommé 'le Général Revanche'. Sagement écarté du gouvernement par les ténors de la République, il se lança dans une folle aventure politique dont le projet se bornait à rassembler tous les mécontents du régime afin de revenir au pouvoir. "Il est mort comme il a vécu, en sous-lieutenant !" lança Georges Clemenceau à la mort du général Boulanger, qui venait de se suicider sur la tombe de sa [jeune !...] maîtresse, le 30 septembre 1891, après que son parti a lamentablement échoué aux élections.
Avec le lourd handicap d'un taux record d'abstention, 51,3%, historique sous la Ve République, 
au premier tour des élections législatives, le président s'est vu refuser l'onction populaire, mais les entreprises commerciales de sondage estiment que le mouvement du président et son allié, le MoDem, pourraient remporter plus de 400 sièges dimanche prochain, soit nettement plus que la majorité (289). Depuis 1981, tous les présidents de la République ont obtenu une majorité lors des élections législatives organisées dans la foulée de leur élection, quelques semaines plus tard.

Les Républicains et leurs alliés seraient la première force d'opposition, avec une bonne centaine de députés, devant La France insoumise et le Parti communiste, puis le Front national et enfin le Parti socialiste et ses alliés.

Selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l'Intérieur, l'alliance La République en marche-MoDem obtient 32,32% des voix, devant le bloc LR/UDI/Divers droite (21,56%), la France insoumise/PCF (13,74%), le FN (13,20%) et le PS et ses alliés (9,51%).

S'ils récidivent au second tour, malgré la crainte de l'augmentation pourtant annoncée de la CSG, les électeurs signeront un chèque en blanc Emmanuel Macron et le Premier ministre juppéiste, Edouard Philippe, qui pourront, comme ils le souhaitent, mener rapidement des réformes contestées avec détermination et la promesse de conflits sociaux.

"Le message des Français est sans ambiguïté (...) vous avez été des millions à confirmer votre attachement au projet de renouvellement, de rassemblement et de reconquête du président de la République", s'est néanmoins félicité Edouard Philippe, lors d'une déclaration à la presse.
Pour le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, "les Français, ce soir, par leur vote, ont montré massivement leur volonté d'aller vite sur les sujets majeurs".

Ne pas donner les pleins pouvoirs à Macron et ses 'Verdets'

Premiers 'Verdets' de Macron
La réforme du droit du travail qui doit renforcer la loi Travail de Valls et El Khomri, édulcorée sur pressions de députés socialistes frondeurs et radicaux, probablement la plus périlleuse pour le gouvernement, fera l'objet d'un "package" d'ordonnances imposées par l'exécutif aux députés godillots et aux sénateurs consentants, à partir du vote d'une loi d'habilitation, globale et floue, soumise au Parlement, à prendre ou à laisser, mais qui sera acceptée par les députés réduits à jouer les inutilités. 
Présenté au conseil des ministres le 28 juin, le projet de loi doit être entériné par le Parlement durant l'été, pendant les congés payés ouvriers.

Le pouvoir macronien affronterait moins d'opposition à l'Assemblée sur le projet de loi contre le terrorisme et pour la sécurité, bien que très critiqué par les syndicats de magistrats dominants. Le pouvoir de Macron se veut fort et le président autocrate a prévenu de son intention de proroger l'état d'urgence jusqu'au 1er novembre.

"Notre pays attend des pouvoirs équilibrés et non concentrés dans un seul et même parti"

Image associée
C'est un appel de François Baroin, chef de file des Républicains pour les législatives, aux électeurs.

"Au deuxième tour, ne donnez pas et ne permettez pas que soient donnés les pleins pouvoirs au parti du président", a pour sa part demandé Jean-Luc Mélenchon.
"Il n'y a pas de majorité dans ce pays pour détruire le Code du travail, réduire les libertés publiques, ni non plus pour l'irresponsabilité écologique, ni pour cajoler les riches; toutes choses qui figurent au programme du parti du président", a ajouté le chef de file de La France insoumise.

Reconnaissant "le recul sans précédent de la gauche dans son ensemble et notamment du Parti socialiste"Jean-Christophe Cambadélis (lui-même sèchement battu), le premier secrétaire du PS a mis en garde contre une majorité "quasiment sans opposition réelle" et une Assemblée "sans véritable pouvoir de contrôle, sans débat démocratique".

"Une forte mobilisation doit pouvoir nous apporter la victoire dans plusieurs circonscriptions et ces victoires sont essentielles", a déclaré la présidente du FN, Marine Le Pen, qui est en position favorable en vue du second tour.

La moralisation de la vie publique s'engage mal

La petite majorité d'électeurs qui s'est exprimée au premier tour est indifférente aux affaires qui ébranlent l'autorité de Bayrou, ministre d'Etat et garde des Sceaux, ainsi que de deux ministres, Ferrand et Sarnez. Qu'en pense la majorité du corps électoral ?
Bruno Le Maire (ministre de l'Economie qui a rompu avec la droite républicaine, après avoir été ), Richard Ferrand (ministre de la Cohésion des territoires en délicatesse avec la Justice pour des soupçons de conflit d'intérêts, voire d'enrichissement personnel) et Christophe Castaner (secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement) sont en ballottage favorable. Marielle de Sarnez (ministre des Affaires européennes empêtrée dans une autre affaire d'emplois fictifs du MoDem) et Mounir Mahjoubi (Numérique) ont eux aussi bon espoir d'être élus.
Qualifiée pour le second tour, la ministre des Outre-Mer, la quinquagénaire Annick Girardin, ex-ministre PRG de la Fonction publique de Valls et ministre du gouvernement Philippe sous le règne de Macron 1er, a obtenu exactement le même nombre de voix qu'un autre candidat divers droite, Stéphane Lenormand.

Le président Macron semble pouvoir maintenir au moins une partie de son gouvernement. Au risque d'affaiblir sa position, alors que son taux de confiance est entamé par une abstention de plus d'un Français sur deux. 

Les membres du gouvernement doivent accepter l'autoritarisme du Boulanger du Touquet

Résultat de recherche d'images pour "Macron Boulanger"Edouard Philippe avait annoncé que de nouvelles personnalités pourraient venir renforcer le gouvernement après le second tour. Ce seront des exécutants soumis. Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait en effet annoncé qu'il exigerait des députés élus sous son étiquette une discipline d'adhésion à ses réformes. Avec des députés godillots et des ministres potiches, le quinquennat pourrait être une longue souffrance.

Le taux d'abstention de 51,29% ne semble pas devoir limiter le président. 

Il est déterminé à passer au-dessus de la représentation nationale et du peuple dont il tire théoriquement sa légitimité. Datant de 2012, le précédent record d'abstention, 42,78%, annonçait le délitement du pouvoir entre les mains d'un gros apparatchik sans expérience, mais Macron 1er n'entend pas s'exposer autant et ne restera pas, pareillement, bras ballants. Il compte bien circonvenir chacun avec des sourires et des attouchements, mais tirera les câbles depuis l'Elysée, d'une main ferme. Puisse-t-elle être inspirée... 
La tâche de Macron est en effet de démontrer désormais que ne lui sont en rien imputables les échecs de Hollande au temps où il a été  conseiller ou ministre du président, de l'Elysée à Bercy, pendant cinq ans d'atermoiements, d'arbitraire et de décadence.

Le verdict est attendu dès les premières semaines après l'ouverture de la XVe législature de la Ve République fixée au mardi 27 juin à 15h00.

Macron sera-t-il, comme le général Boulanger (1886-1889) une éphémère passion française ? Cinq longues années où il nous faudra assumer le vote d'une minorité d'entre nous.