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samedi 19 janvier 2019

Besançon : des "gilets jaunes" s'invitent au grand débat organisé par Stanislas Guérini

Ces "gilets jaunes" refusent d'être exclus du grand débat que LREM dit "national"

Stanislas Guérini, délégué général de 'la République en marche', le parti présidentiel, était présent

Des "gilets jaunes" ont rappelé leur existence à la majorité présidentielle, vendredi soir 19 janvier à Besançon (Doubs)Ce premier débat, qui excluait une partie de la population, fut marqué par des tensions que le nouveau et jeune patron de la République en Marche a provoquées en sélectionnant les participants, dès l'une des premières réunions organisées dans le cadre du grand débat, tout en assurant répondre au mouvement des "gilets jaunes". Une cinquantaine d'entre eux a fait irruption dans la salle, rapporte France Bleu Besançon. 

L'échange avec le patron de LREM fut vif. 
"Vous n'ouvrez même pas la porte à la classe ouvrière, aux gens qui se battent et qui travaillent tous les jours. On doit les respecter", lui a reproché l'un d'entre eux au micro. 
En effet, les "gilets jaunes" ont été interdits d'entrée, mais  les organisateurs se donnent l'excuse qu'ils ont "refusé la fouille des sacs", indique France Bleu Besançon, chaîne régionale de service public.

Le délégué général de La République en marche (LREM) donna néanmoins une leçon de démocratie

Les débats se sont ensuite poursuivis avec les "gilets jaunes" dans une atmosphère "parfois pesante", commente la radio.
"Pouvoir d'achat, transition écologique, ISF... Ce soir-là, au Kursaal à Besançon, les débats sont vifs ! Merci à tous les participants. On n'est pas d'accord, on s'engueule, on discute. C'est ça, la démocratie", a tweeté Stanislas Guérini à l'issue de la réunion où l'assistance était peu nombreuse.

A l'extérieur, deux véhicules de police. 
Une trentaine de Gilets jaunes et autres discutent en petits groupes dans le calme... Et, par moment, ils entonnent des chants révolutionnaires. 

Les "factieux" sont d'extrême gauche, ceux des années 20, plutôt que des années 30...

lundi 20 novembre 2017

Macron inquiète les élus LREM soucieux de démocratie

Le président trentenaire au sommet du dispositif est-il capable de tenir sa promesse de renouvellement politique ?

La République En marche a donné un signe de vie politique, samedi


Tout commence par l’aventure individuelle 
d’un jeune homme ambitieux et pressé, 
marié à une femme plus âgée que lui 
et qui, pour parvenir à ses fins, 
bouscule les gens en place
Après dix-huit mois d'errements consécutifs à un succès inattendu à la présidentielle, LREM a tenu son premier conseil national, à Lyon samedi  au prétexte d'entériner la nomination de Christophe Castaner au poste de délégué général du mouvement. Un mauvais signal, puisque les adhérents ont été privé d'un vote démocratique: Castaner est le choix du président et non pas de la base... Sa tâche de démocratisation du parti est donc immense, urgente et compliquée. Mais est-ce vraiment sa mission ?

Des adhérents vigilants ont déjà claqué la porte. Certains, une première centaine, ont publié une tribune pour alerter l'opinion et dénoncer le manque de démocratie interne... Pourquoi Macron prend-il le risque de se couper de son parti ?

Trop occupés à se positionner dans les différents organigrammes du nouveau système et négligents de la base en demande de communication avec ses élus absents, les généraux du Bonaparte de l'Elysée ne se sont pas souciés de transformer la dynamique de campagne en adhésion populaire. Nombre de marcheurs restent dans l'attente d'un début de réalisation des promesses de renouvellement de la pratique démocratique. D'autant que la concentration des pouvoirs aux mains d'un hyper-président grognon et chafouin est organisée avec le concours de collaborateurs en réseaux technocratiques concentriques convergeant vers l'Elysée. 

La mutation du mouvement En Marche! s'est opérée à la tête, laissant les militants au bord du chemin, déçus. Ce parti n'aura d'avenir que s'il réalise la régénération démocratique à laquelle ses membres aspirent. Or, bien qu'installé au pouvoir depuis six mois, il inspire doute et colère. Le pouvoir s'est privé de l'état de grâce qu'on croyait automatique. Si les contradictions et les incertitudes  perdurent, demain pourrait devenir très problématique.

Le jeune président n'a pas donné de coup de vieux à l'"ancien monde" 
Lorsque, dans leur arrogance, les nouveaux maîtres évoquent la création de l'UNR et de la Ve République, ils veulent ringardiser "l'ancien monde", mais n'ont  encore suscité aucun désir profond de nouveauté, ni proposé aucune alternative cohérent. Ils s'affirment ni de droite, ni de gauche et se cherchent un ancrage: tant est si bien que Juppé prend le relais de Bayrou, lui ouvrant le centre, un centre ancien, lui-même incertain. Cette proposition de repère stable, à l'ancienne, serait une intégration du parti au paysage politique du vieux monde, la promesse de sclérose qui guette le centre incapable de se régénérer.   
Au départ, l'UNR, ancêtre de l'UMP, ne se réclamait déjà pas de valeurs axées sur la participation des citoyens, mais son chef entretenait le lien. Si le gaullisme, en temps qu'organisation, a toujours été teinté de "bonapartisme", il était incarné, tandis qu'Emmanuel Macron n'incarne rien de plus que la présidence.

Le parti du président cessera-t-il d'être la chose du président pour représenter enfin le peuple de ses électeurs ? 

Ce chef d'Etat occupe toute la place et sa majorité n'a encore pas investi la sienne. Les députés se satisfaisaient, pensait-on, de l'ombre dans laquelle l'astre présidentiel les maintenait. Mais une poignée d'entre eux a redressé la tête, réclamant l'accomplissement des promesses de campagne et leur juste part des responsabilités.

C'est le défi que ce nouveau parti doit relever, à partir de rien, ni culture politique, ni maillage territorial. Etre un laboratoire, une fabrique politique qui renouvelle la participation et la mobilisation des militants en interne, ça va un moment, puis vient le besoin de produire des applications innovantes, tout en remplissant la mission institutionnelle classique qui est la leur : trouver des relais de terrain et passer de la pédagogie à l'action. Mais, six mois se sont déjà écoulés depuis l'élection et au temps des rêves et de l'arrogance doivent impérativement succéder les réalisations et la proximité. Or, l'enjeu des semaines à venir est de faire tomber le  doute qui s'est installé sur la capacité de la majorité à s'émanciper du chef.

En revendiquant le statut de parti start-up ou en multipliant les annonces d'efficacité prochaine, de pragmatisme potentiel, d'efficacité du 'team building', dont on a vu que le premier séminaire a manqué son objectif, provoquant l'ire de l'Elysée, LREM a placé la barre hors de sa portée. Ses membres prétentieux ont affiché leur incompétence à l'Assemblée et le registre managérial ne fait plus illusion, la "société civile" sur laquelle le candidat Macron misait, s'est révélée inadaptée : les start-uppers ont tout à prouver, et singulièrement sur la durée. 

Le président profite des défaillances des élus. Son avantage est-il de les laisser s'émanciper ? La démocratie y aura tout intérêt, si elle parvient à contrebalancer la propension du chef de l'Etat à s'engouffrer dans les failles de ses interlocuteurs. Les jeunes députés se hisseront-ils à la hauteur de la tâche où on les attend ou leurs défaillances profitent-elles à leurs cadres et à la garde rapprochée du président, éprise comme lui de verticalité et de pouvoir, sans partage, renforçant alors les déceptions et les frustrations, mais surtout, fixant durablement le déséquilibre entre les pouvoirs déjà créé... Si la centralisation du pouvoir, la volonté de modernisation numérique et la rhétorique marketing doit continuer, la crise démocratique ne sera pas surmontée. 

Le risque d'un parti au pouvoir est de perdre du poids, de l'efficacité et de la crédibilité.

Or, LREM n'a rien à perdre des trois. Il est pléthorique et son embonpoint le paralyse. Il est inefficace, puisque le président le contourne et décide par ordonnances. Sa crédibilité est si faible que ses membres sont déjà considérés comme des "godillots". Comme sous le quinquennat de François Hollande, les députés ne se sont encore pas distingués par des propositions innovantes. Ils se font une gloire de voter sans broncher tout ce que propose le président...

La majorité présidentielle n'a toujours pas compris qu'en démocratie, le pouvoir vient du peuple et que la fonction d'écoute des aspirations des militants et de traduction  des volontés des électeurs leur incombe.

La sanction n'a pas tardé. Il n'y aurait déjà plus que 120.000 adhérents actifs. LREM a renforcé la technocratisation du politique et l'imagination est forcément bridée par les schémas de pensée issus d'en haut. D'autant plus que LREM dispose de peu d'élus locaux et que ses députés sont souvent sortis d'une entreprise -certes ambitieuse- mais souvent petite et non consolidée par le temps. Ce parti hors sol s'alimente  faiblement du retour de terrain.

Et Christophe Castaner est un homme de cabinets ministériels tardivement converti  au terrain...
Mais il ne connaît que Forcalquier -4.600 âmes- et sa région, PACA, n'a découvert ce "cacou" qu'en 2015, pour le quitter sans regret à la Régionale. 
Selon l’association Contribuables Associés, l’ancien maire y laisse un bilan pour le moins contrasté. Assommée par une lourde dette qui atteignait encore 7,8 millions d’euros fin 2016 (soit 1.500 euros par habitant, deux fois plus que la moyenne des communes de même taille), la petite bourgade se retrouve aujourd’hui avec des marges de manoeuvre financières réduites. Qu’il s’agisse de la commune ou du groupement de communes, les capacités d’autofinancement se situent en-dessous de la médiane des municipalités de tailles équivalentes, selon les données ...du ministère des Finances.
Au niveau local, certaines voix critiquent
la frénésie de grands projets initiés par l’ancien maire. "Alors que Christophe Castaner s’était engagé dès 2001 à redresser une ville au bord du gouffre - ce qu’il a réussi à faire un temps -, celui-ci s’est ensuite lancé dans une série de lourds investissements sans précisément mesurer le retour sur investissement que l’on pouvait en attendre."
Le parti du président promoteur d'un "monde nouveau" veut reproduire une pratique reprochée à l'"ancien monde"
Castaner veut cumuler sa fonction gouvernementale de secrétaire d'Etat et être chef de parti -celui du président !- bafouant ainsi le principe de séparation des pouvoirs entre exécutif et législatif. 
Pour les démocrates, la charge des Relations avec le Parlement et celle de la défense des  intérêts de parti sont incompatibles. Pour la majorité présidentielle et le président actuels, rien n'est impossible...

Pour commencer, la désignation de Christophe Castaner à la tête de LREM s'est faite sans les électeurs, ce qui choque le Républicain qui sommeille en chaque Français, sans déranger Macron Bonaparte, alors qu'à l'origine, nombre d'adhérents du parti sont dits proches d'une culture sociale-démocrate, tandis que le président-souverain a lui-même servi un pouvoir socialiste. Paradoxe, certes, mais signal d'alarme, assurément.

dimanche 30 juillet 2017

Un 'cahier d'été' pour les cafouilleurs du parti présidentiel à l'Assemblée

Test "Parles-tu le Macron ?", un poster à colorier 

La "pensée complexe" du souverain passe au-dessus de la tête des jeunes entrepreneurs de l'Assemblée

Emmanuel Macron à Istres, le 20 juillet 2017.


La collection 'Les Nuls' serait-elle inaccessible aux recrues de Macron ?
Les performances des novices de LREM à l'Assemblée ont impressionné, mais dans le sens où l'ignorance insigne des nouveaux députés de la société civile pour la chose publique s'est étalée aux yeux de l'opinion effarée, jusqu'au-delà des frontières, dès le premier débat, cette semaine, au Palais Bourbon.
Vous avez besoin d'une formation accélérée, les p'tits gars ? Vous avez pris la mesure de vos lacunes et voulez rattraper le temps perdu à la fac et en entreprise protégée ? La République en marche (LREM) est descendue de son Olympe pour se mettre à votre niveau et lance ce lundi son "cahier d’été", composé de "posters à colorier", d’un test de personnalité ou encore d’un quiz " Parles-tu "Macron" ?", rapportent la presse.
La sortie de ce fascicule, programmée pour lundi 31 juillet, a été annoncée ce samedi sur le compte Twitter d’En marche ! Le document est d’ailleurs d’ores et déjà disponible sur le site Internet LREM.


LREM "voulait de la qualité, d'accessible et de légèrement décalé".
Il fallait que l’objectif de ce document fût limpide comme de l’eau de roche (une expression datée, mais familière du conjoint de la sexagénaire, pro de lettres à la retraite), explique l’édito : "Pourquoi un cahier d’été ? Parce que c’est l’été", explique-t-on aux plus attardés qu'il ne fallait pas décourager
Plusieurs pages du \"Cahier d\'été\" lancé par La République en marche.
A l’intérieur,
plusieurs "instants détentes" sont proposés
un texte sur le "regard de chercheurs américains sur l’accord de Paris" au sujet de l’environnement, une interview (ça fait en effet américain, mais dans notre langue, Françoise Nyssen, éditrice belgo-française et ministre novice de la Culture, dirait "entrevue" ou "entretien") du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, un test de personnalité pour les adhérents ou un quiz, sobrement intitulé "Parles-tu "Macron" ? ".
Vous pourrez aussi retrouver un lexique pour vous éclairer sur la définition exacte de perlimpinpin, carabistouille ou bovarysme (sic), ou président jupitérien, des expressions utilisées par Emmanuel Macron.

C’est "vraiment cool de travailler sur ce projet", assure Nicolas Herenstein, illustrateur à l’agence Hands Studio, pour une bouchée de pain. L’illustrateur a expliqué que La République en marche "voulait de la qualité et quelque chose de légèrement décalé".

Un bâton tendu aux Twittos, lesquels n'ont pas manqué de tourner ce projet en dérision

Ni une, ni deux : ils ont choisi la facilité en proposant une cahier d'été alternatif...



mercredi 28 juin 2017

Moralisation: deux députés PS trahissent leurs électeurs à l'Assemblée

Élus sous l'étiquette PS, deux députés siègent avec LREM

Deux députés élus avec le PS en Ille-et-Vilaine et dans le Doubs, siègeront à l'Assemblée nationale avec LREM : tranquilou !

Ils ont du sens moral à revendre ! Alors que s'ouvrent aujourd'hui les soldes d'été, Rue de Solférino, c'est la grande braderie d'éthique... 

François André, 60 ans, réélu député de la troisième circonscription d’Ille-et-Villaine, à Rennes, sous l’étiquette du PS mi-juin, a décidé de siéger aux côtés des députés de La République en Marche et non avec les socialistes, réunis sous le groupe de la 'Nouvelle gauche', après avoir adhéré à l'âge de 20 ans au Parti socialiste. 
Or, "Nouvelle gauche" évoque un ancien courant du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) et une sensibilité du Parti socialiste dans le courant Nouveau Parti socialiste (NPS) mené par Benoît Hamon.
Il était encore le seul député socialiste de Bretagne : membre de la commission de la Défense nationale et des forces armées et admis, à ce titre, comme colonel au sein de la Réserve citoyenne de la Défense en janvier 2015, il a tourné casaque.
Cet apparatchik qui n'a rien à voir avec la "société civile" siégera au côté de Manuel Valls avec les apparentés LREM. 
"J’ai toujours affiché ma volonté d’être membre d’un groupe se revendiquant de la majorité présidentielle, insiste le député de l’Ille-et-Vilaine. Ce n’est pas ce qu’ont décidé les socialistes." Au journal Le Parisien, le député confirme qu’il votera tous les textes de la majorité comme il l’a fait quand le PS était au gouvernement. Un béni-oui-oui professionnel assumé...

Frédéric Barbier était lui une exception dans la 4e circonscription du Doubs dans le Pays de Montbéliard. Député sortant PS et frère de David Barbier, conseiller départemental du Doubs, ce cadre en entreprise de 57 ans avait obtenu deux investitures, celles du PS et celle de LREM. 
En février 2015, lors d’une législative partielle consécutive au départ de Pierre Moscovici à Bruxelles, Frédéric Barbier (PS) s’était contenté de 863 voix seulement devant Sophie Montel (FN).
Il a lui aussi choisi mardi de se lier au groupe parlementaire LREM, à la surprise de ses électeurs socialistes.

Le PS interdit la double-appartenance

"J’accepte les conséquences à venir quant à mon futur au Parti socialiste", assume le député renégat d’Ille-et-Villaine. A ce moment-là, quand Le Parisien/Aujourd'hui en France le contacte mercredi en début d’après-midi, François André ne sait pas que le PS est sur le point d’envoyer un communiqué à la presse. "Frédéric Barbier et François André se sont mis d’eux-mêmes hors du Parti socialiste", y écrit le parti. 

"J’ai toujours soutenu Emmanuel Macron, argue François André. Je n'ai soutenu personne pendant la primaire de gauche et je soutenais déjà le président de la République pendant la campagne." Pendant cette campagne, le candidat n'était pas président... Le député sortant était investi par le PS.
La République en marche n'avait mis personne face à lui dans sa circonscription. "J’ai toujours été très clair," affirme-t-il pourtant, malgré deux protecteurs
Selon les statuts du PS, les élus socialistes "ne peuvent appartenir à un autre parti, ou groupe politique relevant directement ou indirectement d’un parti autre que le Parti socialiste". 
Le service presse du Parti socialiste était toutefois incapable de dire, ce mercredi, si une procédure d'exclusion à l'égard des deux députés avait déjà été lancée ou non. Le PS annonce mercredi qu'ils "se sont mis d’eux-mêmes hors du Parti socialiste". 
Ce qui évite une nouvelle fois de faire monter Valls dans la même la charrette. 

mardi 27 juin 2017

Valls règle ses comptes avec le Parti socialiste

L'ex-socialiste juge "pathétique" l'attitude du PS

Entre Manuel Valls et le Parti socialiste (PS), le divorce est consommé

L'ancien Premier ministre socialiste avait souhaité "s'inscrire" dans le mouvement La République en Marche (REM) du président élu. Le 9 mai dernier, sur l'antenne de RTL, il avait annoncé son intention d'être "candidat de la majorité présidentielle" aux élections législatives de juin. Le PS lui avait retiré son investiture à la législative de juin, mais Emmanuel Macron avait laissé la porte close, acceptant seulement de ne lui opposer aucun candidat REM.

Manuel Valls avait également déclaré  "ce Parti socialiste mort", ajoutant qu'il "est derrière nous" et qu'il "doit se dépasser".

Et la dernière agression du député contesté de l'Essonne n'a fait que consacrer la rupture des relations avec Solférino. 
Sous la menace d'une procédure d'exclusion du PS pour non-soutien au candidat officiel du parti et son appel à voter pour Macron, Manuel Valls poursuit ses attaques en privé, comme le rapporte Le Monde ce samedi 13 mai. "L'histoire est finie pour le PS. Tout le monde le sait, mais on va quand même aux législatives en faisant semblant d'être toujours ensemble, c'est pathétique", aurait-il déclaré. 

La rupture semble donc bien consommée entre le paria et les 'has been' 

Il y a tout juste un an, Valls affirmait pourtant "rassembler la gauche". 
Quant au PS, le parti va devoir tenter de se reconstruire et sauver les meubles face aux critiques de son ancien ténor, aux départs d'une vingtaine de ses parlementaires vers les rangs de La République en Marche mais aussi face à la montée en popularité de La France insoumise. "Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer", avait récemment indiqué le leader de ce mouvement, Jean-Luc Mélenchon.

Le parti d'Epinay est mort et bien mort", aurait même acté le Premier secrétaire du PS, selon Europe 1
"Après le 18 juin, on fera le bilan de tout ça, mais il est clair qu'il faudra une reconstruction, voire une refondation, du Parti socialiste, aurait ajouté Jean-Christophe Cambadélis, 65 ans, éliminé dès le premier tour de la législative, avec ... 8,60 % des suffrages exprimés.

mercredi 21 juin 2017

Des députés REM nient toute crise politique du fait des quatre démissions de ministres

Les "jeunes" députés de Macron ont-ils plus de sens moral que leurs anciens ?

Le ministre de la Justice et la ministre des Affaires européennes "ont choisi de se retirer, j'espère provisoirement"



Cela "donne plus de liberté au futur gouvernement pour appliquer sa politique", raconte à qui veut l'entendre Fabien Gouttefarde, nouveau député de l'Eure (Evreux), pour qui cela permet de surcroît de lui "laisser de l'oxygène".

Elu à la faveur d'un duel contre un candidat FN, le député plein de promesse à 38 ans considère encore que "ni La République en marche, ni le président de la République ne sont entachés". Ex-référent départemental du mouvement En Marche dans l’Eure, il juge même ces "démissions à la chaîne", après celles de Sylvie Goulard et de Richard Ferrand, "cohérent(es) avec l'exigence qu'Emmanuel Macron a fixée depuis le début".

Un nouveau venu issu de la "société civile" ?
Que nenni ! Il est juriste au ministère des Armées...

Ce fonctionnaire regrette enfin que ses aînés aient eu un sursaut de moralité. 
La règle voulant qu'on attende une mise en examen "aurait pu continuer à s'appliquer". "Il faut faire aussi attention à ce que ça ne fasse pas jurisprudence, c'est-à-dire qu'au moindre doute, un ministre ne puisse pas rester", a jugé ce ...conseiller juridique.
Une enquête est ouverte sur les conditions d'emploi des assistants parlementaires européens du MoDem, et une autre vise R. Ferrand pour une transaction immobilière favorisant sa compagne au détriment des mutualistes de Bretagne.

Ces départs, "cela ne jette pas une ombre", a aussi jugé Marie Lebec.
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Cette élue de 26 ans dans les Yvelines estime qu' "on avance de manière plus sereine, plus apaisée", elle aussi n'excluant pas un retour du MoDem au gouvernement plus tard.
br>Une nouvelle venue issue de la "société civile" ?
Que nenni ! Elle était ex-collaboratrice parlementaire...


Didier Baichère, nouveau député des Yvelines de 46 ans, a le sentiment que le départ des ministres Modem ne marque "absolument pas" le début d'une crise politique. "Je ne les sens pas dans l'opposition; on a partagé beaucoup d'histoire", a-t-il nié.

Un nouveau venu issu de la "société civile" ?

Que nenni ! Il a été DRH d'abord à France Telecom et à Akka Technologies, groupe d'ingénierie et de conseil, en passant par DCNS, société de droit privé spécialisée dans l'industrie navale militaire, l'énergie nucléaire et les infrastructures marines et détenue à hauteur de 62 % par ...l’État français, et par Thales, dont l'actionnaire majoritaire est l'Etat français...

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Lavallière et broche araignée au revers de la veste de son costume trois pièces, un troisième specimen était pressé de questions, salle des Quatre Colonnes, sur ces démissions. Pourtant perché, le mathématicien Cédric Villani paraissait un peu étourdi par le flot médiatique et quelque peu déphasé, voire décalé. Disons-le, déplacé.

Sur François Bayrou, "ce que j'ai entendu dire, mais il faudra encore que je prenne le temps de regarder les nouvelles, c'est qu'il souhaitait se consacrer à répondre aux attaques dont il a été l'objet (...) et je trouve ça extrêmement honorable", a-t-il jugé.

Confirmant son inadaptation,
"cette figure de la société civile" a supplié : "Aujourd'hui, c'est ma rentrée, laissez moi me concentrer sur ma prise de fonctions (...) Cela viendra les communications, mais aujourd'hui je souhaite me concentrer sur mes premiers pas à l'Assemblée".

Un nouveau venu issu de la "société civile", clame la presse bien informé.

Las ! Celui-là n'en est pas non plus: il est directeur de l'Institut Henri-Poincaré de l'Université Pierre et Marie Curie et professeur à l'université Claude-Bernard-Lyon-I. Or, jusqu'à plus ample informé, l'Université n'est pas encore privatisée et le "matheux" (Mélenchon) est placé sous la tutelle de ministre de l'Enseignement supérieur. Oui, mais quid de l'Institut Henri-Poincaré ?objecteront certains esprits forts. Eh bien, non, diraient les 'fact checkers': il est rattaché au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), lequel est également rattaché au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. 

Dans le gouvernement Édouard Philippe, sa patronne est Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, ex-présidente de l’université de Nice-Sophia-Antipolis.
Un autre mensonge véhiculé par la presse s'effondre: non, Macron n'a chassé les professeurs ni de l'Assemblée, ni du gouvernement.

lundi 19 juin 2017

Législatives: qui sont vraiment les candidats et les élus de La République en Marche?

Deux profils se distinguent dans les investitures d'En Marche

Deux profils bien distincts qui pourraient constituer les deux forces centripètes de la future majorité présidentielle


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Une étude lève le voile sur le profil réél des candidats de la République en Marche aux législatives. Le Cevipof a passé en revue les 529 candidats du parti d'Emmanuel Macron aux élections législatives et les étudiants du Centre de recherches politiques de Sciences Po ont publié mercredi 7 juin le résultat de leur enquête électorale sur les candidats investis par le parti d'Emmanuel Macron pour le scrutin des 11 et 18 juin. Sexe, âge, parcours politique, origine sociale, métier des 529 impétrants désignés par la commission nationale d'investiture d'En Marche.

Deux portraits robots se dégagent: 
le candidat " novice en politique " est une femme aisée de 44 ans, sans affiliation politique, qui travaille dans le privé
le " candidat expérimenté en politique "  est un homme de 51 ans issu de la classe moyenne , mais un haut fonctionnaire  qui s'est formé dans les assemblées territoriales et les cabinets ministériels et a donc déjà occupé un mandat électif, plutôt de gauche. 

Les enquêtes d'opinion qui travaillent sur l'image de la République en Marche annoncent une entrée fracassante du parti présidentiel à l'Assemblée nationale, mais ces groupes plutôt homogènes qui constituent les deux pôles antithétiques pourraient cohabiter dans la nouvelle majorité macronnienne, mais sans se mêler. Les premières inquiétudes apparaissent d'un risque de rivalités, de  frictions et d'incohérence. 
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Les élus de la droite républicaine seront plus nombreux
qu'annoncés par les sondages
Promesse tenue pour Emmanuel Macron, la parité progresse
Avec 267 femmes-candidates contre 262 candidats-hommes, le mouvement du président de la République respecte une stricte parité hommes-femmes aux législatives. Un constat qu'il convient toutefois de nuancer. 
Les femmes sont plus nombreuses parmi les candidats " novices " – ceux qui n'ont jamais occupé de mandat électif – que chez les politiques "expérimentés" puisqu'elles représentent 57% des candidats n'ayant jamais eu d'expérience politique. Selon Le Monde qui a également étudié de son côté le profil de ces candidats, la République en Marche présente également plus de femmes que d'hommes dans les circonscriptions les plus défavorables (60%)
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Des candidats plus jeunes constituent un des aspects du renouvellement promis par le nouveau président de la République: les candidats de la République en Marche sont plus jeunes que les députés de la majorité socialiste sortante. Leur moyenne d'âge est de 47 ans contre 54,6 ans pour les parlementaires élus en 2012. La doyenne, candidate en Haute-Garonne, a 72 ans et la plus jeune, 24 ans. 

Là encore, l'âge varie selon l'expérience politique des candidats. L'âge moyen des " novices " est de 44 ans contre 51 ans pour les candidats qui ont déjà occupé un mandat électif. 

Une assez forte proximité avec le Parti socialiste
La promesse du " ni droite ni gauche " est partiellement tenue. S'il vaudrait mieux parler d'un "et de droite et de gauche", selon la fameuse antienne du chef de l'Etat, les candidats issus du Parti socialiste sont surreprésentés par rapport à leurs camarades de droite. Au total, près d'un tiers des candidats présentés par la République en Marche viennent de la gauche prise dans son sens large (avec Europe-Ecologie-Les Verts) dont 24,8% du PS. Parallèlement, ils ne sont que 15% issus de la droite (Les Républicains, UDI, divers droite) et 12,3% du Modem. Au total, 45% des députés macroniens sont des déserteurs de droite ou de gauche.

Les candidats de LREM ne sont pas autant issus de la "société civile" que proclamés
39,7% n'ont aucune proximité politique particulière. Si près de 40% des candidats de la République en Marche n'ont aucune affiliation partisane, cela ne veut pas dire qu'ils n'ont aucune expérience politique, tentent selon ceux qui tentent de nous rassurer : un élément de langage qui tend à combattre l'idée que l'inexpérience des nouveaux députés ajoutée au taux historiquement élevé de l'abstention  fragilise l'autorité du président Macron en entamant gravement sa légitimité. 
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222 candidats investis par En Marche ont déjà occupé un mandat électif, du conseiller municipal au député-maire, fait-on savoir avant le second tour. 
Parmi les 25 députés qui se présentent sous les couleurs de La République En Marche, 21 viennent du PS, 2 du PRG, 1 d'EELV et 1 seulement de Les Républicains (Bruno Le Maire). Mais les 300 autres candidats estampillés " société civile " ont -pour certains !- bénéficié d'expériences dans l'entourage d'élus locaux ou nationaux. D'autres ont été assistants parlementaires. Enfin, un bon nombre de candidats – près d'un tiers – ont déjà fait l'expérience d'une "socialisation politique": à la tête d'une association, d'une chambre de commerce et d'industrie, de services municipaux et des syndicats ou mutuelles étudiants (Fidl, Fage, UNEF, LMDE) ou des mouvements de jeunes politiques (MJS, par exemple)… 
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Des candidats issus d’un milieu aisé
C'est le principal échec du renouvellement porté par En Marche. Les candidats sélectionnés sont en grande majorité issus des classes sociales supérieures à ...68,6%. Les classes moyennes ne représentent que 23% du total des candidats investis et les classes populaires 8,5%. Dans le détail, La République En Marche n'a désigné que… 0,2% d'ouvriers et 0,9% d'employés. Guère mieux du côté des agriculteurs -constamment cités - mais qui ne représentent que 2,3% des candidats La République en Marche. 

Les cadres du privé sont les mieux pourvus et pèsent pour plus de 20% des candidats investis. Les chefs d'entreprises sont aussi en bonne position constituant près de 17% des candidats. 
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Un rééquilibrage public-privé
C'est la correction d'un travers largement critiqué de l'Assemblée nationale: s'ils sont élus les 11 et 18 juin prochains, les candidats choisis par le parti d'Emmanuel Macron apporteront un rééquilibrage entre secteur public et secteur privé. La République en Marche présentera en moyenne 60% de candidats issus du secteur privé. Un petit séisme, quand on sait qu'en 2012, les fonctionnaires représentaient 55% des candidats élus. 
Un choix qui se ressent dans la formation des candidats: alors qu'on compte seulement 8 anciens élèves de l'ENA, 2 anciens élèves de l'Ecole normale supérieure, et 2 anciens polytechniciens, les anciens étudiants d'écoles de commerce devraient faire leur entrée en force à l'Assemblée nationale. Ils sont 54 candidats au total à avoir suivi une formation commerciale. 26 anciens de Sciences Po Paris et 14 anciens d'un Institut d'études politique de Province ont également été désignés, avant d'avoir le temps de tenter d'accéder à l'ENA ou pour avoir à la suite de leurs études suivi un parcours privé pour la plupart.