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samedi 10 février 2018

Réforme de l'apprentissage pour combattre le chômage

C'est le prochain chantier social du quinquennat Macron, avec ceux de la formation professionnelle et de l'assurance chômage

"Le système actuel s'embourbe parce qu'il souffre d' "une trop grande complexité propre à notre pays"

Résultat de recherche d'images pour "Réforme de l'apprentissage"Le premier ministre, Edouard Philippe, a été critique de la politique socialiste. "L’ambition, c’est (...) de transformer le dispositif actuel d’organisation et de fonctionnement de l’apprentissage pour en faire un élément clé, la meilleure des solutions peut-être pour lutter contre le chômage des plus jeunes." Ce taux est d‘environ 22%.

Pour cela, Philippe souhaite engager une "révolution copernicienne", avec la volonté de mettre les entreprises au coeur du dispositif de financement et de gestion.
On passerait d‘une logique dite administrée dans laquelle les centres de formation d‘apprentis (CFA) se finançaient en grande partie auprès des régions à une logique dite de marché.

Le financement se fera ainsi au nombre de contrats signés. Les branches professionnelles détermineront le “coût contrat” de chaque diplôme ou titre professionnel. Les partenaires sociaux "co-écriront" les diplômes professionnels pour lesquels l'Etat devra mettre en place les contrats, pour correspondre davantage aux besoins en compétences des entreprises.

Les régions perdent donc la main sur les 51% de la taxe d'apprentissage qui leur étaient reversés pour financer le secteur et correspondent à 1,6 milliards d‘euros.
Leur capacité de subvention auprès des CFA sera réduite à 250 millions d’euros par an pour tenir compte des spécificités de l‘aménagement du territoire, et les régions resteront maîtresses d'une dotation de 180 millions par an pour investir dans la création de nouveaux CFA ou procéder à des rénovations importantes.

Les réactions sont diverses, en fonction du déplacement des lignes

Ce n'est pas assez, estiment les Régions de France
La présentation, vendredi, de la réforme de l‘apprentissage déclenche la colère des régions. "Le compte n’y est pas pour répondre sur tous les territoires aux besoins et au maintien du développement de l’apprentissage", écrivent-elles dans un communiqué.
Elle s‘interrogent notamment sur la question de l'orientation, une compétence jusqu‘alors réservée à l'Education nationale. Le gouvernement a donné aux régions le mandat d‘organiser avec le monde professionnel des journées annuelles d’information sur les métiers et les filières professionnelles dans tous les collèges et lycées.
Il faut que l'Etat leur donne une "autorité fonctionnelle," avec des moyens, insiste le président délégué de l'Association des Régions de France, François Bonneau. Dans le cas contraire, elles se retireraient de la réforme, écrivent-elles.

Le MEDEF et les Chambres de métiers et de l'artisanat parlent d‘une réforme "ambitieuse". "Les branches et les entreprises sont placées au coeur du système, le cadre juridique de l‘apprentissage est simplifié, les démarches d‘apprentissage sont assouplies", estime le Medef dans un communiqué.

Pour le président de l'U2P (artisans), Alain Griset, "cette réforme a encore besoin d’être musclée, notamment pour garantir le maintien des crédits dédiés aux formations aux métiers de l’artisanat”.


La CFDT, FO et la CFE-CGC estiment que des freins ont été levés pour les apprentis. La CFDT renvoie maintenant à la responsabilité du patronat. "Cette réforme réussira si les entreprises développent le nombre de contrats proposés aux jeunes", a-t-elle déclaré dans un communiqué, précisant qu‘elle les "rappellera sans cesse à ces obligations".

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière (FO) a tout de même jugé "insuffisantes" les aides dont bénéficieront les apprentis.
Nicolas Doze (BFMV), le 9 février 2018
Des aides allouées aux apprentis

Les jeunes de 16 à 20 ans verront leur rémunération augmenter de 30 euros par mois. Tous ceux de plus de 18 ans bénéficieront d'une aide de 500 euros pour passer leur permis de conduire. Les plus de 26 ans toucheront au minimum le SMIC.

Le gouvernement a souhaité lever certains freins à l‘apprentissage. Cette formation sera dorénavant ouverte aux jeunes jusqu’à 30, et non plus 26 ans. Elle sera accessible tout au long de l'année et non plus seulement pendant les quatre derniers mois de l‘année, selon le cycle scolaire.

Les aides à l’embauche seront unifiées et ciblées sur les TPE et PME et les niveaux bac et ..."pré-bac" (?). Ces aides, supérieures à 6.000 euros pour deux ans, seront payées par l’Etat [qui est l'Etat ?] et distribuées par les régions, qui pourront les compléter, si elles le souhaitent.

Point sensible avec certains syndicats, le passage obligatoire et préalable devant les prud’hommes pour rompre le contrat d’apprentissage après 45 jours sera supprimé.

Une certification de maître d’apprentissage sera créée. Elle sera accessible par la formation professionnelle ou la reconnaissance des acquis de l’expérience.

Une taxe unique sur l'alternance devrait être mise en place, au lieu de deux aujourd'hui (la taxe d'apprentissage qui correspond à 0,68% de la masse salariale et une part de la cotisation pour la formation professionnelle).
Elle devrait être revalorisée à 0,85%, selon les régions. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, n‘a pas souhaité confirmer cette information, indiquant que des négociations sont en cours entre les partenaires sociaux sur le sujet.

La CGT a "décliné l'invitation" vendredi à Matignon

Le syndicat dénonce une "opération de communication gouvernementale" qui "percute de plein fouet la liberté de négocier", puisque "le Premier ministre compte, par une conférence de presse, rendre des arbitrages, alors que l'avenir de l'apprentissage est à l'ordre du jour de la négociation". 
"La CGT est une organisation syndicale responsable et ne veut pas servir d'alibi pour que le gouvernement s'appuie sur un consensus qui n'existe pas à l'issue de la concertation apprentissage", explique la centrale dans son communiqué.
Nicolas Doze (BFMV), le 10 février 2018
Des aides allouées aux apprentis

La CGT n'exclut pas de boycotter les annonces. 
"Cela pose un problème majeur de convoquer tout le monde un jour de négociation interpro pour donner les orientations gouvernementales sur une partie de la négociation qui n'est pas encore négociée", a protesté Catherine Perret (CGT) en sortant d'une séance sur la formation, au siège du MEDEF. 
La CGT juge que "si le gouvernement voulait faire pression pour appuyer les régressions patronales, il ne s'y prendrait pas autrement". La concertation sur la réforme de l'apprentissage a été houleuse en raison d'un bras de fer entre le MEDEF et les régions, révèle la centrale. Cela a rejailli sur la négociation sur la réforme de la formation professionnelle, dont deux séances ont été suspendues par le MEDEF.

jeudi 12 octobre 2017

Macron ouvre le chantier formation apprentissage et assurance-chômage

Syndicats et patronat à l’Elysée pour débattre de formation et d'assurance-chômage

Emmanuel Macron reçoit les partenaires sociaux, syndicats patronaux et ouvriers pour aborder la suite des réformes sociales

Résultat de recherche d'images pour "Le président français Emmanuel Macron au marché de Rungis, dans la banlieue de Paris, le 11 octobre 2017© POOL/AFP Francois Mori"
Formation professionnelle, apprentissage et assurance-chômage sont à l'ordre du jour, dans un climat social alourdi par les premiers choix du quinquennat.
Plus de quatre mois après les premières rencontres sur les ordonnances réformant le droit du travail, l'exécutif reprend la même méthode: le président ouvre la concertation, jeudi et vendredi, en accordant une heure à chaque syndicat
Jeudi, Jean-Claude Mailly débutera la journée à 09h00 et sera suivi par Philippe Martinez (CGT) à 10h00, François Hommeril (CFE-CGC) à 11h00, Alain Griset (U2P) à midi, Pierre Gattaz (Medef) à 15h00, Philippe Louis (CFTC) à 16h00 et François Asselin (CPME) à 17h00. Laurent Berger (CFDT), indisponible jeudi, sera reçu vendredi à 09h00.
Macron passera ensuite le relais à Matignon et à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avec pour objectif un projet de loi  en avril

Les "trois chantiers" sont "liés et "contribuent à protéger chacun", a estimé
M.
 Pénicaud,  mercredi sur BFMTV, malgré un climat social dégradé depuis l'été, avec la colère des policiers, la mobilisation des agriculteurs, des blocages routiers, un défilé de 2.000 retraités maltraités et le mécontentement des fonctionnaires qui ont défilé mardi, alors que la discussion budgétaire qui s'annonce animée à l'Assemblée et que la CGT a appelé à manifester une troisième fois le 19 octobre pour le retrait des ordonnances.

Publiées fin septembre, les ordonnances sont déjà entrées en vigueur, ce qui ne constitue pas un obstacle à leur retraitau vu d'un précédent notable, la loi instituant le contrat première embauche (CPE) adoptée par le Parlement le 31 mars 2006 qui avait entraîné trois mois de fronde étudiante avec le soutien par des partis et syndicats de gauche, bien que promulguée ne fut pas appliquée.

Macron joue la division

"On est tous d'accord pour dire qu'il y a de l'inquiétude sur ce qui va être fait en termes de formation professionnelle et d'assurance chômage, qu'il y a beaucoup d'incertitudes", a affirmé Véronique Descacq (CFDT) à l'issue d'une intersyndicale lundi. 

"On se demande ce qu'il y a de positif pour les salariés", résume le chef de file de FO, Jean-Claude Mailly, dans un entretien avec Paris-Match, voyant "davantage de signes négatifs", comme la "suppression de l'ISF".

Les syndicats peinent néanmoins à se mettre d'accord sur une riposte. 
Ils ont d'ailleurs prévu de tous se revoir le 24 octobre, après avoir rencontré l'exécutif sur ces nouveaux chantiers.

L'assurance chômage pour tous : attrape-nigauds ?

La réforme de l'assurance chômage risque de cristalliser la lutte sociale.
Il est prévu d'étendre le système aux indépendants et aux démissionnaires. "L'objectif, c'est d'ouvrir l'assurance chômage à tous et c'est aussi qu'elle puisse se réformer pour lutter contre la précarité", raconte Pénicaud. Car "les contrats précaires", c'est "ce qui coûte le plus cher à l'assurance chômage". Des sanctions sont prévues sous forme de "bonus-malus" à l'encontre des entreprises qui abuseraient des contrats courts. 

Pénicaud a par ailleurs qualifié de "fantaisiste", mercredi, le coût des nouvelles indemnisations chiffré à 14 milliards d'euros par la presse, tandis que les syndicats, eux, craignent que ces nouveaux droits n'entraînent une baisse des allocations. 

Le financement et la gouvernance est un autre sujet de friction. 
Le régime ne serait plus uniquement financé par les cotisations, mais également par l'impôt (CSG), et il passerait d'une gestion paritaire par les partenaires sociaux à une gestion tripartite avec un pilotage de l'Etat.

Les Français consacreront 15 milliards à la formation professionnelle

Le gouvernement a déjà promis de consacrer la somme sur cinq ans dans le cadre du grand plan d'investissement, dans le but de former un million de chômeurs de longue durée et un million de "décrocheurs". 
Ce gouvernement veut à son tour tenter de simplifier un secteur difficilement lisible où se côtoie une multitude d'acteurs intéressés à l'enveloppe budgétaire, au premier rang desquels, les syndicats.

Le pouvoir compte ainsi réformer le CPF, compte personnel de formation. 
Dans un rapport publié mercredi soir, l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) juge que ce dispositif relatif à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale mis en place en 2015 "reste en-deçà des ambitions initiales" et ce "malgré un volontarisme incontestable dans son déploiement". L'argent n'aurait-il pas été dépensé au mieux des intérêts des personnes vulnérables concernées: les salariés du secteur privé et du secteur agricole, dès 16 ans, et les personnes en recherche d'emploi (demandeurs d'emploi inscrits ou non à Pôle emploi) ou en Contrat de sécurisation professionnelle.
"Clé de voûte" de la réforme de 2015, la gestion du CPF était confiée à la Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique placée sous le contrôle direct d'une commission de surveillance rendant compte au Parlement et dirigée par une personnalité nommée pour cinq ans par décret du président de la République, actuellement Pierre-René Lemas, ex-secrétaire général de la présidence de la République (2012-2014).
"Ce que je souhaite faire, c'est que chaque Français, chaque salarié, puisse avoir sur une 'appli', facile d'accès à tous, à ses droits à la formation, combien d'heures, ça coûte combien (...), quel est le taux d'insertion dans l'emploi après", annonce la ministre. 

La réforme de l'apprentissage se fera, comme celle de la formation, en concertation avec les régions et devra rendre plus attractif ce dispositif.


mercredi 23 août 2017

Penicaud supprime des emplois aidés jugés "inefficaces" : les maires grondent

Suppression de contrats aidés: une décision "intenable", selon le PS 

La diminution des contrats aidés décidée par le gouvernement est une "décision inacceptable"

Image associée"Et surtout intenable tant elle va dégrader la cohésion nationale", a estimé le Parti Socialiste aujourd'hui, par communiqué. 

Cette décision est "un nouveau coup dur pour les collectivités locales qui font traditionnellement appel aux emplois aidés pour remplir certaines missions de service public", explique le parti.

Le PS assure, par ailleurs, que c'est "une terrible attaque portée au secteur associatif", très développé dans sa nébuleuse

Résultat de recherche d'images pour "emplois aidés""C'est l'école qui va une nouvelle fois faire les frais de la politique du gouvernement".
La diminution du nombre d'emplois aidés programmée par le gouvernement inquiète les maires, habitués à recourir en métropole comme en outremer à ce type de contrats pour préparer notamment la rentrée scolaire, explique le PS. 

Mais la ministre du Travail n'est pas une élue locale
Cette année, quelque 293.000 contrats de ce type sont au total programmés, nettement moins que les 459.000 signés en 2016. Les emplois aidés ont "longtemps été un instrument de gestion opportune et politique", un outil "onéreux" et "peu efficace" dans la lutte contre le chômage, a jugé vendredi le premier ministre Edouard Philippe, qui fut pourtant maire du Havre, pendant six ans. 

Pénicaud fustige l'inefficacité des contrats aidés
"Des études de la Dares [service statistique ...du ministère], de l'OCDE comme de la Cour des comptes montrent trois choses: un, les contrats aidés sont extrêmement coûteux pour la nation ; deux, ils ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage ; et trois, ils ne sont pas un tremplin pour l'insertion professionnelle" (aux mains des syndicats), a lancé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, aux députés mercredi, durant la session des questions au gouvernement. 

Résultat de recherche d'images pour "emplois aidés"
Ces contrats permettaient surtout aux "associations ou (aux) collectivités locales d'équilibrer leur budget grâce à quelque chose qui devrait être de la politique de l'emploi", a-t-elle poursuivi. Voilà qui est dit. La ministre répondait à certains députés de la gauche alarmés par la possible baisse de ces contrats. Ils visent à aider financièrement les employeurs qui embauchent des personnes qui rencontrent d'importantes difficultés à revenir sur le marché du travail.

Le programme a été "surconsommé et sous-doté financièrement" par le gouvernement précédent. 
Le devenir des contrats aidés est donc l'un des dossiers chauds et éminemment politiques qui attendent le gouvernement à la rentrée, puisque Hollande avait développé l'emprise des associations, notamment autour et dans l'école, à la faveur  de la réforme des rythmes scolaires. 

Pour 2017, la ministre a besoin d'une rallonge budgétaire pour financer 13.000 contrats aidés supplémentaires. Le pouvoir précédent en avait financé seulement les deux tiers au seul premier semestre.

Mais pour la ministre du Travail, c'est très clair: "la solution de demain, sur le long terme, ce n'est pas de l'emploi court terme précaire en contrat aidé".

Il vaut mieux "investir dans la formation, dans le développement". C'est l'objectif du grand plan d'investissement que le gouvernement lancera à l'automne.

dimanche 30 juillet 2017

Un 'cahier d'été' pour les cafouilleurs du parti présidentiel à l'Assemblée

Test "Parles-tu le Macron ?", un poster à colorier 

La "pensée complexe" du souverain passe au-dessus de la tête des jeunes entrepreneurs de l'Assemblée

Emmanuel Macron à Istres, le 20 juillet 2017.


La collection 'Les Nuls' serait-elle inaccessible aux recrues de Macron ?
Les performances des novices de LREM à l'Assemblée ont impressionné, mais dans le sens où l'ignorance insigne des nouveaux députés de la société civile pour la chose publique s'est étalée aux yeux de l'opinion effarée, jusqu'au-delà des frontières, dès le premier débat, cette semaine, au Palais Bourbon.
Vous avez besoin d'une formation accélérée, les p'tits gars ? Vous avez pris la mesure de vos lacunes et voulez rattraper le temps perdu à la fac et en entreprise protégée ? La République en marche (LREM) est descendue de son Olympe pour se mettre à votre niveau et lance ce lundi son "cahier d’été", composé de "posters à colorier", d’un test de personnalité ou encore d’un quiz " Parles-tu "Macron" ?", rapportent la presse.
La sortie de ce fascicule, programmée pour lundi 31 juillet, a été annoncée ce samedi sur le compte Twitter d’En marche ! Le document est d’ailleurs d’ores et déjà disponible sur le site Internet LREM.


LREM "voulait de la qualité, d'accessible et de légèrement décalé".
Il fallait que l’objectif de ce document fût limpide comme de l’eau de roche (une expression datée, mais familière du conjoint de la sexagénaire, pro de lettres à la retraite), explique l’édito : "Pourquoi un cahier d’été ? Parce que c’est l’été", explique-t-on aux plus attardés qu'il ne fallait pas décourager
Plusieurs pages du \"Cahier d\'été\" lancé par La République en marche.
A l’intérieur,
plusieurs "instants détentes" sont proposés
un texte sur le "regard de chercheurs américains sur l’accord de Paris" au sujet de l’environnement, une interview (ça fait en effet américain, mais dans notre langue, Françoise Nyssen, éditrice belgo-française et ministre novice de la Culture, dirait "entrevue" ou "entretien") du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, un test de personnalité pour les adhérents ou un quiz, sobrement intitulé "Parles-tu "Macron" ? ".
Vous pourrez aussi retrouver un lexique pour vous éclairer sur la définition exacte de perlimpinpin, carabistouille ou bovarysme (sic), ou président jupitérien, des expressions utilisées par Emmanuel Macron.

C’est "vraiment cool de travailler sur ce projet", assure Nicolas Herenstein, illustrateur à l’agence Hands Studio, pour une bouchée de pain. L’illustrateur a expliqué que La République en marche "voulait de la qualité et quelque chose de légèrement décalé".

Un bâton tendu aux Twittos, lesquels n'ont pas manqué de tourner ce projet en dérision

Ni une, ni deux : ils ont choisi la facilité en proposant une cahier d'été alternatif...



mercredi 8 février 2017

Formation professionnelle: 32 milliards gaspillés par Hollande, El Khomri et Clotilde Valter ?

Beaucoup de fraudes, mais peu de contrôles, dénonce la Cour des comptes à la recherche  de 32 milliards
En janvier 2016, Hollande a annoncé la création de 500.000 places de formation en plus pour les chômeurs. Mais, outre la multiplication des fraudes à la formation professionnelle, la qualité n'a pas été assurée. La Cour des comptes réclame une réforme de fond en comble du pilotage de l'Etat.
32 milliards, c'est le budget que la France consacre chaque année à la formation professionnelle

Mais cette manne profite à un secteur complètement atomisé, les procédures d'accès au marché sont laxistes et les contrôles, quasi-inexistants.  

"Organisation complexe" et "multiplicité d'acteurs" sont les principaux facteurs responsables de l'exposition très forte du secteur de la formation professionnelle à la fraude, selon le rapport annuel de la Cour des comptes publié mercredi. En 2014, l'administration dénombrait quelque 76.551 prestataires de formation, dont seulement 630, soit 0,8%, ont été contrôlés par l'Etat.

Les très nombreux prestataires, qui se partagent tous ces milliards d'euros déversés chaque année sur eux, sont insuffisamment contrôlés, dénoncent encore les magistrats de la rue Cambon :
"Les irrégularités et les fraudes les plus fréquentes émanent de (ces) prestataires", observent les Sages.
Il s'agit parfois de "mécanismes de fraude de grande envergure", mais plus souvent de "montages très simples" (fausses listes d'émargement, surfacturation des heures de stages, majoration du nombre d'heures effectuées), dont la mise au jour s'avère "particulièrement difficile" mais que les magistrats ont percé.

Face aux risques élevés, La Cour dénonce enfin "l'absence de politique de lutte contre la fraude". Certes, l'Etat ne dispose que de 152 agents affectés au contrôle des actions de formation professionnelle, mais en outre, leur répartition est "déconnectée des priorités d'action identifiées au niveau national". Ces ressources humaines sont gérées au niveau régional, avec un pilotage national "insuffisant".

La Cour appelle donc l'Etat à mettre en place une "organisation plus adaptée aux enjeux", notamment à travers une "stratégie de contrôle fondée sur une programmation annuelle".

Bercy dispose pourtant d'un Comité national de Lutte contre la Fraude
Le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Sapin soi-même, a présidé le CNLF, avec le secrétaire d’État chargé du Budget et des Comptes publics, Christian Eckert, en présence de la ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Myriam El Khomri, et du secrétaire d’État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, Jean-Marc Todeschini. Ce comité réunit chaque année l’ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre tous les types de fraudes. Un nouveau plan national triennal a été adopté pour inscrire cet engagement sur le long terme.Mais ce sont les ...contribuables qui sont visés - avec des redressements qui ont dépassé les 21 milliards d’euros en 2015 - et Bercy laisse par ailleurs filer 32 milliards...

Laisser-faire, mais aussi laxisme : l'arsenal de sanctions est "peu mis en oeuvre en raison de la lourdeur des procédures", déplore la Cour, qui note que "les cas de fraudes caractérisées donnant lieu à sanction sont très peu nombreux - moins d'une dizaine par an"...

Pour rendre l'arsenal plus dissuasif, la Cour recommande d'autoriser les Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) à "prononcer des amendes administratives" à l'encontre des organismes qui manquent à leurs obligations.

Les Opca ne contrôlent pas assez les formations qu'ils financent.
Résultat de recherche d'images pour "en finir avec gabegie gouvernementale"
Outre l'Etat, les Opca sont dans le collimateur de la Cour des comptes: ces organismes paritaires sont agréés par l'Etat pour collecter et dépenser les cotisations formation des entreprises, mais leur gestion est "inadaptée", fustigent les Sages. "La plupart" ne consacrent que "peu de moyens" au contrôle des formations qu'ils financent, "les contrôles sur place sont peu nombreux et les contrôles inopinés sont quasi inexistants", regrette la Cour.
Un OPCA est un "Organisme Paritaire Collecteur Agréé" en charge de collecter les obligations financières des entreprises en matière de formation professionnelle. Il constitue également un interlocuteur privilégié pour les salariés qui souhaitent se former.
Depuis une loi de 2014, les Opca doivent s'assurer de la capacité des prestataires à "dispenser une formation de qualité". Cette "évaluation en amont" devrait "à l'avenir limiter l'accès au marché de la formation de structures aux pratiques défaillantes ou anormales", mais il faut aller plus loin, selon la Cour.