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lundi 27 août 2018

Edouard Philippe dévoile les mesures chocs du budget de 2019

Macron privilégie les entrepreneurs plutôt que les retraités, les allocataires ou les chômeurs

Le Premier ministre lève le voile sur les économies à réaliser en 2019
 
Le premier ministre, Edouard Philippe, le 3 août à l’Elysée.

Philippe présente notamment deux mesures chocs : la hausse très modérée de certaines allocations et la désocialisation des heures supplémentaires dès 2019.
Rentrée compliquée pour le gouvernement qui, en 15 mois, n'est pas parvenu à relancer la croissance et le pouvoir d'achat et rame pour juguler le chômage et le déficit public. Alors que la croissance s'annonce moins élevée qu'espérée en 2019, le gouvernement doit trancher les questions budgétaires. 

Dans le JDD, le Premier ministre Edouard Philippe présente les arbitrages décidés par l'exécutif. Il annonce notamment que l'Etat décide que plusieurs aides sociales devraient arrêter de suivre le rythme ascensionnel de l'inflation, donc baisser. 
Il prévoit également de lancer dès 2019 la réforme de la désocialisation des heures supplémentaires. Le JDD vous résume les principales annonces du Premier ministre.

1) La hausse des pensions de retraite ne sera plus indexée sur l'inflation

Edouard Philippe assure pourtant qu'"aucune prestation sociale ne sera réduite". Certaines vont néanmoins très peu augmenter, dans la mesure où elles seront désindéxées de l'inflation montante. C'est le cas de l’aide personnalisée au logement (APL), des allocations familiales et des pensions de retraite qui ne suivront plus le coût de la vie. Elles vont progresser de 0,3 % par an en 2019 et en 2020, soit a priori beaucoup moins que l'inflation (1,6% en 2018, selon les dernières prévisions de l'Insee). 
Edouard Philippe tient toutefois à préciser que "les prestations qui bénéficient à nos concitoyens les plus fragiles, comme le RSA, seront augmentées conformément à la loi. "Certaines le seront même très significativement : la prime d’activité, le minimum vieillesse, l’allocation pour les adultes handicapés", indique-t-il. Quid du RSA au profit des migrants non recevables au droit d'asile? 

Edouard Philippe reste rigide  : "Nous assumons [tout est dit !] une politique de transformation et de maîtrise des dépenses qui privilégie, je le redis, la rémunération de l’activité et qui rompt avec l’augmentation indifférenciée des allocations. C’est par le retour à l’activité et une meilleure rémunération du travail que notre pays sera plus prospère."

2) La désocialisation des heures supplémentaires dès 2019

Le coup bas va être avancé d'un an. Edouard Philippe annonce que le gouvernement compte supprimer dès le 1er septembre 2019 les cotisations salariales sur les heures supplémentaires, dans le privé comme dans le public. "Pour une personne payée au SMIC, cette mesure représentera en moyenne plus de 200 euros supplémentaires par an", calcule Edouard Philippe."Nous voulons que les Français puissent revenir vers le travail, que ce travail paie, et qu’il paie de mieux en mieux. C’est le sens de notre action", détaille-t-il.  16 euros par mois pour stimuler l'envie de travailler, notamment loin de son domicile, quand augmentent les prix des carburants... 

3) 4.500 postes de fonctionnaires supprimés en 2019

Après 1.600 postes cette année, Edouard Philippe annonce que le gouvernement prévoit 4.500 suppressions de poste en 2019. L'objectif étant d'atteindre 50.000 suppressions annoncées  par Emmanuel Macron sur le quinquennat. "C’est parce que je ne crois pas à la politique du rabot, répond Edouard Philippe. La réduction du nombre de fonctionnaires n’est pas le fondement, mais la conséquence d’une transformation de l’action publique qui monte en puissance au fil du temps. Je peux déjà vous dire qu’en 2020 le chiffre sera supérieur à 10.000.
En 2019, les réductions se concentreront sur les ministère des Finances, dans l’audiovisuel public, dans le réseau extérieur de l’État. "Mais il y aura par ailleurs des recrutements, assure Edouard Philippe. Plus 2.000 agents supplémentaires dans la police, la gendarmerie et à la DGSI, 1.300 à la justice – parce qu’il s’agit de priorités." La jeunesse et l'Education nationale ne sont donc plus une priorité...

4) La poursuite de la réduction des contrats aidés

Le Premier ministre confirme que le gouvernement va continuer à réduire le nombre de contrats aidés. Ils ne débouchaient pas nécessairement sur un emploi après deux ans. "Nous allons poursuivre l’action engagée : nous voulons transformer l’action publique en diminuant le financement des politiques qui ne sont pas efficaces, par exemple sur le logement ou les contrats aidés, dont la plupart ne permettent pas d’obtenir ensuite un emploi viable", explique-t-il.

5) Les entreprises n'auront finalement pas à prendre en charge une partie des indemnités versées en cas d'arrêt maladie

Selon les informations du journal Les Echos, de LVMH, le gouvernement souhaitait que les entreprises prennent en charge quatre jours d'indemnités journalières pour les arrêts de travail de moins de huit jours. Une hypothèse qui avait suscité la colère du patronat, MEDEF et CPME mettant en garde contre les effets néfastes sur la productivité. Dans le JDD, Edouard Philippe affirme qu'il "écarte l’hypothèse d’une mesure brutale de transfert vers les entreprises".

"Nous avons pris beaucoup de mesures pour stimuler l’activité des entreprises et l’investissement ; on ne va pas envoyer de contre-message. Mais je le répète, il faut trouver une solution pour contenir ces dépenses", note-t-il. "L’enjeu des arrêts maladie est considérable. Chaque année, un peu plus de 10 milliards d’euros sont consacrés à l’indemnisation des salariés arrêtés, et ce volume progresse de plus de 4 % par an. En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé. C’est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire!", s'inquiète le Premier ministre.

samedi 27 janvier 2018

Méthode Macron : le chômage n'a toujours pas baissé en décembre

"Le chômage a stagné en décembre," titre Le Monde: et le niveau de vie des chômeurs, bien davantage !

Pôle emploi et le ministère du Travail choisissent la catégorie A pour assurer que le 
nombre de demandeurs d’emploi a baissé de 0,1 % 

Non seulement c'est la catégorie des demandeurs sans aucun emploi, mais c'est sur un mois et dans la seule France métropolitaine... 
Ces chiffres diffusés et commentés chaque mois avaient plombé la politique de François Hollande, tout au long de son quinquennat, en dépit des mensonges de Michel Sapin. Dans un souci peu évident de transparence, Macron ne fera plus communiquer Pôle emploi sur le nombre d’inscrits que tous les trois mois. Le Monde suggère que la publication mensuelle d’une douzaine de pages consacrées à ces statistiques, serait une charge trop lourde. 
Mieux, elle ne contiendra plus désormais que des indicateurs moyens calculés sur trois mois. Certes, les services du ministère communiqueront toujours les données mensuelles, mais de façon beaucoup plus sommaire, au prétexte qu'elles seraient peu significatives, l’objectif étant qu’elles tombent dans l’oubli et soient de moins en moins commentées, non pas tant par les journalistes que par les experts, auprès desquels les premiers puisent leurs pseudo-"décryptages". 

L'effet Macron n'atteint toujours pas la courbe du chômage 
Selon la dernière livraison des chiffres officiels de Pôle emploi et du ministère du Travail, arrivée mercredi 24 janvier, le nombre de demandeurs d'emploi n'a pas évolué de manière significative : ce que Le Monde appelle de la "quasi-stabilité". Le nombre de demandeurs d’emploi qui n’ont exercé aucune activité (catégorie A) a très peu bougé en décembre 2017 : – 0,1 %, seulement, sur un mois en France métropolitaine, soit 2.700 inscrits en moins. Il y a, au total, 3,45 millions de chômeurs dans l’Hexagone.

Macron ministre ou Macron président, quelle différence ?

L'Outre-mer est encore considéré par-dessus la jambe. Pour mention, les services de l'Etat daignent parfois affiner la situation des demandeurs d'emploi "en incluant les territoires outre-mer". Et ça donne "un peu plus de 3,7 millions, rien qu'en Catégorie A. 

Solidairement, le ministère de Pénicaud et Pôle emploi enregistrent une même baisse de 0,5 %, sur un an. Sachant qu'Emmanuel Macron a été à Bercy d'août 2014 à août 2016, puis à l'Elysée pendant sept mois à la fin décembre 2017, on s'interroge sur sa capacité à peser sur l'économie.

D'autant que la baisse de 0,5 % est beaucoup moins nette qu’en 2016 (– 3 %). Un universitaire maintient néanmoins "une confirmation du mouvement de recul, enclenché en 2015, et qui concerne la plupart des régions", mais Yannick L’Horty, professeur à l’université Paris-Est et directeur de fédération de recherche du CNRS, n'est pas qu'un observateur éclairé: il publie communément dans la revue de l'OFCE, classée à gauche. 
On aurait pu espérer une performance plus éclatante, sous la houlette de Jupiter, compte tenu de la solidité de la croissance chez nos partenaires européens, où elle n'est pas, comme en France, qu'un frémissement chronique : + 1,9 % en 2017, d’après les dernières prévisions de l’INSEE, une direction générale du ministère des Finances. 
Tout ça pour décrire un "dynamisme qui a soutenu les créations d’emplois" dont on a constaté en décembre qu'elles sont toujours limitées et peu significatives... Entre le troisième trimestre 2016 et le troisième trimestre 2017, les effectifs dans le privé se sont accrus de 260.000. Et sur les trois derniers mois de 2017, le nombre de déclarations d’embauche (hors intérim) de plus d’un mois a progressé de 3,4 % pour atteindre "un niveau jamais enregistré" depuis 2000, selon l’ACOSS, un établissement public à caractère administratif, EPA, sous les tutelles du ministère des Solidarités et de la Santé et du ministère de l'Action et des Comptes Publics (la caisse nationale du réseau des Urssaf), qui coiffe le réseau des organismes collectant les cotisations sociales. 

Deux phénomènes viennent toutefois "contrarier" ce beau "dynamisme" de "reflux du chômage." Le décryptage est cette fois assuré par Bruno Ducoudré, de l’Observatoire français des conjonctures économiques : toujours l'OFCE. 
Il est temps de rappeler qu'en février 2017, à la veille de l'élection présidentielle, l'OFCE était particulièrement volontariste. Cet éminent observatoire prévoyait une baisse importante du chômage pour les années à venir, atteignant 8,7 % pour 2019-2020, puis 7,7 % en 2022. Cette prévision est en contradiction avec une étude de l'UNEDIC de fin 2016, qui prévoit une légère hausse du chômage jusqu'en 2019 à 9,6 %.
1 - Le plan de 500.000 formations supplémentaires en faveur des demandeurs d’emploi, lancé début 2016, a cessé de produire ses effets : il avait contribué à la diminution du nombre de personnes relevant de la catégorie A de Pôle emploi et à l’accroissement concomitant de la catégorie D – celle qui regroupe les demandeurs d’emploi "non tenus" de rechercher un poste, en raison, notamment, d’un ...stage ou d’une ...formation (+ 24,6 % en 2016). Depuis, bon nombre des bénéficiaires du "plan 500.000"annoncé "massif' et "d'urgence" par François Hollande, le 18 janvier 2016, et mis en place par la précédente majorité, sous l'autorité de Myriam El Khomri (qui est passée au théâtre avec une énième version des 'Monologues du vagin', le 7 mars prochain, aux côtés des commères Marlène Schiappa et Roselyne Bachelot), ont dû refaire surface en catégorie A – ou en catégories B et C (demandeurs d’emplois ayant exercé une activité réduite). La preuve en est que la catégorie D a fondu (– 18,3 % en 2017). Bilan 2017 mitigé. 

2- L'autre magouille qui n'a pu perdurer et contribue à un possible retard dans la diminution du chômage : l’enveloppe des contrats aidés au second semestre 2017 a été amputée, rappelle Bruno Ducoudré. 
Le président Macron s'en est violemment pris aux opposants à sa suppression massive de contrats aidés, en novembre dernier à Tourcoing, dans le Nord. "Que ceux qui les défendent les prennent ! Ils n'en voudraient pas pour eux-mêmes ! J'entends les messages qui m'ont été livrés sur les contrats aidés. Il y a des publics très en difficulté, il y a des quartiers très en difficulté, il y a quelques priorités que j'ai déjà évoquées pour les emplois aidés, au niveau de 200.000", chiffre retenu dans le budget 2018, a déclaré le chef de l'État."Mais il n'est pas sain, selon les cycles électoraux, de monter à 500.000 ou 600.000 les emplois aidés en les plaçant comme des petits pains auprès des collectivités ou des maires pour arranger les chiffres du moment et nous expliquer que c'est l'alpha ou l'oméga de la politique de l'emploi. Un contrat aidé, c'est un contrat à court terme subventionné par l'Etat. Un contrat aidé, ce n'est pas la bonne solution quand il n'y a pas une formation à la clé pour trouver un emploi", a lancé le président de la République dans une nouvelle pique adressée à son prédécesseur François Hollande, qui avait porté à 459.000 le nombre de ces contrats en 2016.
Il est probable, par ailleurs, que la vigueur du marché du travail engendre un "effet d’appel", ajoute l'économiste de l'OCDE: des personnes qui avaient cessé leur quête d'un job – disparaissant, du même coup, des statistiques – auraient repris courage et se sont inscrites à Pôle emploi. C’est pourquoi le bilan 2017 est mitigé, y compris pour les moins de 25 ans, raconte-t-il. 

Ce public particulièrement "fragile", et dont le gouvernement a indiqué vouloir faire une priorité, en particulier dans son plan d’investissement pour les compétences, a certes vu ses effectifs baisser, l’an passé, mais bien moins qu’en 2016 (– 3,5 %, contre – 8,8 %, pour la catégorie A, en ...métropole). 

Le chômage de longue durée repart à la hausse

C'est un fait que la cohorte des économistes et journalistes copieurs-colleurs macroniens ne peuvent glisser sous le tapis un accroissement "sensible" du nombre d’inscrits à Pôle emploi depuis au moins un an (+ 5,1 % en métropole, dans les catégories A, B et C). 

Si Emmanuel Macron et sa sexagénaire suscitent la curiosité des décideurs étrangers qu'il attire à Versailles, l'opération séduction n'a jusqu'ici été qu'un miroir aux alouettes. Les demandeurs d'emploi peuvent l'attester.

dimanche 8 octobre 2017

Les maires de France, de gauche et de droite, mettent en garde le président Macron sur les coupes dans les dotations de l'Etat

Au lieu des 10 annoncés, 13 millions d'économies sur les populations territoriales

Le président de l'Association des maires de France et présidents d'Intercommunalité (AMF) s'élève contre les économies imposées aux collectivités locales
Cette baisse des dotations aux collectivités décidée par le gouvernement est vivement critiquée par de nombreux élus."Nous tirons la sonnette d'alarme", déclare son président au JDD

Face au gouvernement d'Emmanuel Macron, l'AMF explique ce qui motive la "fronde" de ses 35.528 maires (sur 36.681 communes) et 1.360 communautés (sur un total de 2.456). L'association est actuellement présidée par le maire LR de Troyes, François Baroin, tandis que le premier vice-président délégué est le socialiste André Laignel.
Sa représentativité en fait l'un des interlocuteurs incontournables des pouvoirs publics. Association reconnue d'utilité publique depuis 1933, elle a pour directeur général un préfet.


"Un pacte de confiance, ça s'écrit à deux : Etat et collectivités locales. Or, nous sommes face à une addition de mesures venues d'en haut", déplore-t-il. 
La diminution du nombre de contrats aidés et la suppression d'un fonds de 450 millions d'euros pour les régions créé sous le précédent quinquennat sont encore d'autres points de discorde.

Les réductions de crédits touchent notamment la politique des territoires, "avec l'annulation de 46,5 millions d'euros sur la politique de la ville et l'aménagement du territoire d'une manière générale pour 35 millions", précise l'un de ses huit porte-parole de campagne de Manuel Valls pour la primaire citoyenne de 2017, Olivier Dussopt, président socialiste de l'Association des petites villes de France (APVF) et député de l'Ardèche.
Les crédits de la politique de la Ville permettent de financer des actions des collectivités ou des associations dans les quartiers prioritaires. "Pour la politique de la ville la réduction représente 11% des crédits d'intervention que l'État avait prévus pour 2017", assure Olivier Dussopt, qui a fait part auprès de France Info de sa "déception" et d'un sentiment de "trahison".
Les maires de France tiendront leur congrès dans six semaines.
Les maires de France tirent la sonnette d'alarmeLes élus de proximité veulent obtenir l'arrêt de la baisse des crédits de l'Etat aux habitants de leurs communes, alors qu'ils sont confrontés à des charges supplémentaires.

En plein été, fin juillet, le gouvernement a signé un décret qui fait baisser de 300 millions les dotations aux collectivités, dès 2017. "Les annulations porteront sur des projets non engagés et ce sont les préfets qui procéderont opération par opération pour éviter de pénaliser les dossiers les plus porteurs d'enjeux", a vait précisé le ministère de la Cohésion des territoires.

De nombreux élus s'insurgent.
Le 17 juillet au Sénat, Emmanuel Macron s'était engagé devant les associations d'élus à ne pas baisser brutalement les dotations aux collectivités en 2018. Les présentes coupes portent sur l'exercice 2017 !


samedi 9 septembre 2017

Contrats aidés: le déplacement de Philippe à Pau perturbé par des manifestants

Le premier ministre de Macron, hué et sifflé par des Français mécontents  

Une centaine de personnes a manifesté son mécontentement des mesures prises par le gouvernement

Des membres des Calendreta (écoles immersives en langue occitane) ont dénoncé la fin "brutale" des contrats aidés décidée par l'exécutif pour 2018, lors de l'inauguration samedi de la foire de Pau par le premier ministre Edouard Philippe"Nous déplorons l'arrêt brutal des contrats aidés à la veille de la rentrée," a déclaré Nathalie Cazenave, membre de la fédération, défendant "un des maillons indispensables pour assurer notre mission".

Le Premier ministre,
proche d'Alain Juppé, accompagné de 
François Bayrou, maire de la ville, ex-ministre démissionnaire de son gouvernement, le patron du MoDem ont été fraîchement accueillis par des opposants rassemblés à l'entrée de la foire annuelle de Pau
 
Dans le groupe hétéroclite de manifestants figuraient des élus du Bassin d'Oloron protestant contre la fermeture de la maternité d'Oloron-Sainte-Marie programmée en 2018, des représentants de la FDSEA réclamant la mise en place d'un plan d'accompagnement des éleveurs de palmipèdes, ainsi que des militants de la CGT. "On est tous des fainéants !", a lancé l'un des extrémistes de gauche, faisant ainsi allusion aux propos polémiques du président Macron en Grèce. 
"Le Premier ministre nous a dit qu'il faut convaincre Bruxelles d'autoriser la France à verser ces aides", a-t-il poursuivi. "Il semble conscient de ces enjeux. N'oublions pas que les agriculteurs sont depuis plusieurs mois sans revenu", a-t-il ajouté.

Philippe et son escorte ont été accueillis par des huées et des sifflets

A l'intérieur de la foire, d'autres manifestants ont scandé des slogans hostiles à son encontre. "Loi Travail, non non non ! Rendez-vous le 12 !", a lancé l'un d'entre eux, en référence à l'appel à une manifestation le 12 septembre contre le projet de réforme de droit du travail. 

19 délégations avaient demandé un rendez-vous à Edouard Philippe. 
Seule celle de la FDSEA a été reçue par le Premier ministre, en rendez-vous "au débotté" à son arrivée à l'aéroport de Pau, samedi matin. 

Des élus ruraux de Pyrénées-Atlantiques avaient également décidé de boycotter la visite d'Edouard Philippe, mécontents de ne pas avoir obtenu de rendez-vous avec lui pour évoquer leurs inquiétudes sur l'avenir des petites communes. L'ancien candidat à la présidentielle et toujours député des Pyrénées-Atlantiques, Jean Lassalle, a suivi Edouard Philippe et son ancien compagnon François Bayrou dans les allées de la foire. "Je vais voir si le Premier ministre me reconnaît. J'ai été député avec lui", a-t-il raillé.

Le vendredi 01 septembre 2017, a
lors qu'il se montrait à la Foire agricole de Châlons-en-Champagne, parce que son maire est Benoist Apparu, un juppéiste, comme Edouard Philippe, le premier ministre avait déjà été copieusement sifflé à son arrivée par des représentants de la CGT.

VOIR et ENTENDRE
les huées - dont des "assassin" - et les sifflets pendant le face à face tendu avec une représentante de la CGT :  
"Qu'est-ce que vous nous cachez ? Il y en a ras-le-bol !" l'a interpellé la cégétiste ajoutant : "on a souffert avec Hollande. On a souffert avec Sarkozy. Ça suffit ! Les gens sont en colère. Ça suffit".
"Calmez-vous madame" a débord demandé le Premier ministre avant de lui expliquer : "Madame, vous dîtes : "Qu'est-ce que vous nous caché ? Rien. On ne va rien cacher. On va à l'objectif qu'on s'est fixé".

vendredi 25 août 2017

Ça ne va toujours pas mieux pour le chômage (et les chômeurs...)

En juillet, le chômage a progressé dans toutes les catégories 

Les chiffres de Pôle emploi ne confirment pas la reprise économique prétendue

Résultat de recherche d'images pour "flexibilité"

Les statistiques de Pôle emploi (+1,0%) contredisent la proclamation d'une reprise de la croissance: 34.900 chômeurs désespérés supplémentaires sont allés pointer chez l’opérateur de Bercy en juillet , une forte hausse qui jette la suspicion sur la valeur des indicateurs économiques.  

Le mois dernier, le nombre de chômeurs (catégorie A) inscrits à Pôle emploi a atteint 3,52 millions en métropole et 3,78 millions en France entière, des niveaux inédits depuis l’été 2016. 
La hausse a principalement frappé les jeunes (+2,8%), malgré les offres d'emplois saisonniers et la promesse de Hollande de faire de la jeunesse sa priorité. Le président déchu n'a pourtant pas hésité à affirmer la veille que son successeur à l'Elysée a bénéficié de son bilan sur cinq ans...
La situation des seniors s’est d'ailleurs également détériorée (+0,3%). 

Le chômage de longue durée a lui aussi augmenté (+0,8%). 
Après les annonces de frémissements de la courbe de l'emploi par Michel Sapin, escroc au Travail (2012-2014) et à l'Economie (2017-2017), et au-delà des effets de yoyo de l’indicateur, mois après mois mois, la tendance est clairement à la hausse: c’est le cas sur trois mois (+1,3%) et depuis le début de l’année (+1,5%). 

L’indicateur est même en légère progression (+0,1%) sur un an, une première depuis mars 2016 : les campagnes présidentielle et législative sont pour beaucoup dans la soudaine surprise affichée par la presse et le silence au sommet de l'Etat. Emmanuel Macron n'a-t-il pas occupé le ministère de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique d'août 2014 à août 2016 ?

Sur le seul mois de juillet, il enregistre également une forte hausse (+1,1%) en n'ignorant pas les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité au cours du mois (catégories B et C). Il atteint 5,62 millions de personnes en métropole et 5,93 millions en France entière.   

La ministre du Travail ne communique pas sur cette aggravation 

Ces chiffres "ne reflètent pas bien l’évolution du marché du travail", estimait Muriel Pénicaud, peu après sa prise de fonctions. Elle a néanmoins promis de réaliser, à compter de fin août, un point trimestriel de tous les indicateurs du marché du travail. Mais son cabinet n'a toujours pas arrêté la date du premier rendez-vous. 

Comment les autres indicateurs du marché du travail auraient-ils pu tous passer au vert, à contre-courant des chiffres de Pôle emploi ? Des économistes ont indiqué qu'ils pourraient s'inscrire dans le sillage d’une croissance qui pourrait dépasser les 1,6% en 2017, mais ces devins-là sont passés aux abonnés absents. Pour le Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi, son président, Emmanuel Lechypre, éditorialiste économique de BFMTV, et Olivier Babeau, professeur d'économie, vice-président de la Fondation Concorde, avaient vu venir la reprise économique de la France mais, saisis d'un doute soudain le lundi 21 août 2017, leur scénario avait évolué face aux chiffres de l'emploi et des prévisions de croissance et à Hedwige Chevrillon, sur BFM Business.

Pôle emploi et l’INSEE divergent

Résultat de recherche d'images pour "precarité"Selon l’Insee, officine de Bercy, le taux de chômage mesuré poursuivrait sa baisse. Seul indicateur du chômage reconnu à l’international, il a reculé de 0,1 point au deuxième trimestre, pour s’établir à 9,2% de la population active en métropole et à 9,5% en France entière. Il serait même en baisse de 0,5 point sur un an. 
Contre-intuitive, la divergence entre les indicateurs de Pôle emploi et de l’Insee s’explique... Ils ne mesurent pas le chômage de la même manière ! Pôle emploi comptabilise les inscrits sur ses listes réelles d'entrées et de sorties, alors que l’INSEE réalise ...une enquête auprès de 110.000 personnes. Convaincant ?

Les seniors inscrits à Pôle emploi ne sont pas comptabilisés par l’Insee s’ils ne cherchent plus activement un emploi. A contrario, chômeurs pour l’Insee mais inéligibles à l’assurance chômage, certains jeunes ne s’inscrivent pas à Pôle emploi. Les chiffres de Pôle emploi, eux, peuvent avoir été affectés par la baisse des prescriptions de contrats aidés au deuxième semestre, selon la presse macronienne: le gouvernement a décidé de réduire la voilure d’un dispositif qu’il juge "coûteux" et "pas efficace", et si l’enveloppe a été portée à 310.000 contrats aidés pour 2017, cela reste bien inférieur aux 459.000 conclus en 2016. A croire que les victimes salariées des suppressions de contrats aidés passeront devant Pôle emploi sans s'arrêter...

VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze (BFM Business)  prendre le parti de l'INSEE (Bercy) contre Pôle Emploi (ministère du Travail), au prétexte que ce dernier prend essentiellement en compte la 'catégorie A'. 
Le journaliste n'a simplement pas envisagé (le 27 juin dernier) que Pôle emploi doive plutôt fournir des statistiques bimestrielles et comportant l'ensemble des catégories et non pas seulement celle qui arrange le gouvernement. 
  
Le gouvernement fait le pari que ses réformes du marché du travail porteront leurs fruits ...sur le long terme 

Résultat de recherche d'images pour "precarité"Les demandeurs d'emploi ne peuvent attendre, mais le président du MEDEF partage les espoirs du gouvernement à long terme. 
Pierre Gattaz a estimé que les mauvais chiffres de juillet rendent "d’autant plus urgente une réforme du droit du travail d’ampleur et ambitieuse"... 

Force ouvrière défend la thèse inverse. 
"Ces mauvais chiffres confirment l’échec des réformes qui flexibilisent les droits des salariés sans contreparties sur le terrain social", estime le syndicat dans un communiqué. 

La CGT a déploré des chiffres qui témoignent d’une hausse de la "précarité". 
Il est, selon la centrale, "plus que nécessaire de favoriser l’emploi à temps plein, afin que nous ne sombrions pas dans la pauvreté absolue comme le souhaitent le Medef et tous ces politiques assoiffés de pouvoir". 

Les réformistes de la CFDT, proche du pouvoir, mettent en cause l’annonce d’une baisse "très forte et brutale du nombre de contrats aidés pour l’année 2017 arrive donc complètement à contretemps, compte tenu du niveau toujours élevé du chômage, notamment de longue durée".

mercredi 23 août 2017

Penicaud supprime des emplois aidés jugés "inefficaces" : les maires grondent

Suppression de contrats aidés: une décision "intenable", selon le PS 

La diminution des contrats aidés décidée par le gouvernement est une "décision inacceptable"

Image associée"Et surtout intenable tant elle va dégrader la cohésion nationale", a estimé le Parti Socialiste aujourd'hui, par communiqué. 

Cette décision est "un nouveau coup dur pour les collectivités locales qui font traditionnellement appel aux emplois aidés pour remplir certaines missions de service public", explique le parti.

Le PS assure, par ailleurs, que c'est "une terrible attaque portée au secteur associatif", très développé dans sa nébuleuse

Résultat de recherche d'images pour "emplois aidés""C'est l'école qui va une nouvelle fois faire les frais de la politique du gouvernement".
La diminution du nombre d'emplois aidés programmée par le gouvernement inquiète les maires, habitués à recourir en métropole comme en outremer à ce type de contrats pour préparer notamment la rentrée scolaire, explique le PS. 

Mais la ministre du Travail n'est pas une élue locale
Cette année, quelque 293.000 contrats de ce type sont au total programmés, nettement moins que les 459.000 signés en 2016. Les emplois aidés ont "longtemps été un instrument de gestion opportune et politique", un outil "onéreux" et "peu efficace" dans la lutte contre le chômage, a jugé vendredi le premier ministre Edouard Philippe, qui fut pourtant maire du Havre, pendant six ans. 

Pénicaud fustige l'inefficacité des contrats aidés
"Des études de la Dares [service statistique ...du ministère], de l'OCDE comme de la Cour des comptes montrent trois choses: un, les contrats aidés sont extrêmement coûteux pour la nation ; deux, ils ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage ; et trois, ils ne sont pas un tremplin pour l'insertion professionnelle" (aux mains des syndicats), a lancé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, aux députés mercredi, durant la session des questions au gouvernement. 

Résultat de recherche d'images pour "emplois aidés"
Ces contrats permettaient surtout aux "associations ou (aux) collectivités locales d'équilibrer leur budget grâce à quelque chose qui devrait être de la politique de l'emploi", a-t-elle poursuivi. Voilà qui est dit. La ministre répondait à certains députés de la gauche alarmés par la possible baisse de ces contrats. Ils visent à aider financièrement les employeurs qui embauchent des personnes qui rencontrent d'importantes difficultés à revenir sur le marché du travail.

Le programme a été "surconsommé et sous-doté financièrement" par le gouvernement précédent. 
Le devenir des contrats aidés est donc l'un des dossiers chauds et éminemment politiques qui attendent le gouvernement à la rentrée, puisque Hollande avait développé l'emprise des associations, notamment autour et dans l'école, à la faveur  de la réforme des rythmes scolaires. 

Pour 2017, la ministre a besoin d'une rallonge budgétaire pour financer 13.000 contrats aidés supplémentaires. Le pouvoir précédent en avait financé seulement les deux tiers au seul premier semestre.

Mais pour la ministre du Travail, c'est très clair: "la solution de demain, sur le long terme, ce n'est pas de l'emploi court terme précaire en contrat aidé".

Il vaut mieux "investir dans la formation, dans le développement". C'est l'objectif du grand plan d'investissement que le gouvernement lancera à l'automne.

mardi 11 juillet 2017

4,5 milliards d’euros d'économies gouvernementales sur notre dos, en six mois

Quand l’Etat fait des économies sur "son seul budget", tous les Français mettent au pot 

L’Etat français, c'est nous et nous allons réaliser 4,5 milliards d’euros d’économies sur ce qui reste de 2017

Macron a décidé de nous appuyer sur la tête
Le gouvernement Philou doit éponger la gabegie de Hollande et contenir son déficit public sous les 3% du PIB, sans diminuer les effectifs de fonctionnaires ou les minimas sociaux ! Le ministre des Comptes publics a annoncé mardi ce tour de magie.  "Nous avons trouvé 4,5 milliards d’euros d’économies (…) sur le seul budget de l’Etat. Ni les collectivités locales, ni la Sécurité sociale, ne seront mises à contribution", promet Gérald Darmanin dans un entretien au journal Le Parisien. 

Le premier ministre, Edouard Philippe, dit Philou, s'est engagé à procéder sans augmentation des impôts, confirme aussi G. Darmanin. 
Pour parvenir à respecter les engagements européens de la France, en termes de déficit, le gouvernement va rogner le train de vie des ministères, qu’il s’agisse de la gestion du parc de véhicules ou d’appels d’offres mieux négociés. Soit un gaspillage de 4,5 milliards d’euros pendant cinq ans ?   
"Il n’y a pas de coup de rabot global, selon la volonté du président de la République", Emmanuel Macron, raconte Gérald Darmanin. 

Macron fait des économies sans toucher à (quasiment) rien, ni personne

Et de détailler les économies envisagées: 
60 millions d’euros pour Matignon sur ses frais de fonctionnement (l'exemple ne vient pas d'en-haut),
 
268 millions d’euros à Bercy, en réduisant par exemple le coût d’un programme de numérisation, sans entraver l'action du secrétaire d'Etat, Mounir Mahjoubi.
 
282 millions d’euros au ministère des Affaires étrangères, dont la moitié provenant d’un "recul de l’aide publique au développement". 

260 millions d’euros au ministère des Transports, avec un passage en revue de tous les grands projets, comme annoncé par l'hyper-président Macron

Dans des ministères régaliens, la Défense ne verra pas son budget amputé, mais elle devra respecter l’enveloppe déjà votée par le Parlement qui prévoyait une réduction des dépenses de 850 millions d’euros. 

L’Intérieur va faire 526 millions d’euros d’économies, sans toucher aux effectifs de policiers ou de gendarmes, 

La Justice aura à économiser 160 millions d’euros, "essentiellement des programmations immobilières", précise Darmanin, qui bradera les biens de la République, comme en novembre 2016, lorsque l'Etat socialiste finalisa la vente des aéroports de Nice et Lyon, des concessions (jusqu’en 2044 pour Nice et 2047 pour Lyon) initiées par le ministre de l'Economie Macron ...fin juillet 2016: Alain Vidalies, le secrétaire d’Etat aux Transports de Hollande, a vendu 60% des parts qu'il détenait pour un bénéfice de 1,76 milliards d'euros, laissant 4,5 milliards d’euros de déficit... Cette braderie à l'Italie fait suite à la cession des parts de l’Etat (49,99 %) dans l’aéroport de Toulouse à un consortium chinois, décidée fin 2014 et bouclée en 2015, pour 300 millions.

L’Education nationale n'est pas sanctuarisée. Si aucun poste de professeur ne sera supprimé pour la rentrée scolaire (ce qui constitue un exploit, puisque les candidats aux concours de recrutement ne se pressent pas)75 millions d’euros seront toutefois économisés, tout en tenant "l’intégralité des promesses du président de la République, notamment sur l’accompagnement des auxiliaires de vie scolaire auprès des enfants handicapés", ajoute-t-il. 

Enfin, la Culture sera elle aussi mise à contribution, avec 50 millions d’euros d’économies sur la gestion du ministère. 

Confirmant son annonce de la semaine dernière, faite à l’occasion des "Etats généraux des comptes de la nation", le ministre des Comptes publics prévient aussi que le gouvernement va financement aussi réduire son financement des contrats aidés d’ici la fin de l’année. Ils sont pourtant dédiés aux publics les plus éloignés du marché du travail (demandeurs d'emploi de longue durée, jeunes en grande difficulté…). "Le précédent gouvernement en a fait 190.000 dans les cinq premiers mois, soit deux tiers de l’enveloppe prévue. Nous en ferons 110.000 dans les mois qui restent. C’est au ministère du Travail de les répartir", précise-t-il. 

Anticipant les futures économies à réaliser pour tenir les 3% de déficit public en 2018, Gérald Darmanin a prévenu mardi matin sur RTL qu’il "faudra effectivement faire des réformes de structure" l’an prochain. "La politique de formation et d’aide à l’emploi, la question du logement… Toutes les thématiques [sociales : en février, le candidat d'En marche ! souhaitait "25 milliards d'économies sur la sphère sociale", dont 15 milliards concernant l'assurance maladie] de la politique publique sont sans doute à revoir afin de moins dépenser", a-t-il prévenu.

Jupiter va donner dans le 'low cost'...mais le président en peau de lapin n'annonce aucune économie sur son budget élyséen : ce n'est pas donné de faire le beau sur la scène internationale ! Et en couple...