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vendredi 25 octobre 2019

Les Français approuvent le mouvement social à la SNCF, malgré le parti-pris anti-cheminot de la presse gouvernementale

52% des Français contredisent les reportages hostiles au mouvement social à la SNCF

Une majorité de sondés partage la colère sociale à la SNCF, selon une commande de sondage de BFMTV à Elabe

Plus d'un Français sur deux pense que les agents de la SNCF ont eu raison de cesser le travail, le week-end dernier. 47% qui estiment qu'ils ont eu tort n'ont toujours pas compris que la sécurité à la SNCF est une garantie nécessaire à tous et non pas un acquis social.

Pourtant, Elabe interroge de manière biaisée sur la "cessation de travail" d'agents SNCF et non pas sur le fond du sujet, leur "droit de retrait" en cas de mise en danger de la vie d'autrui,
comme suite à l’accident d’un TER dans les Ardennes, quand un convoi exceptionnel est resté bloqué sur un passage à niveau, provoquant une collision avec le train et faisant onze blessés.

En estimant que les agents de la SNCF ont eu raison de "cesser le travail",
les 52% de Français ne se sont pas prononcés sur le "droit de retrait" des fonctionnaires de l'Etat. Elabe ne mentionne pas le "droit de grève", grève-sauvage" (selon Edouard Philippe) ou "grève-surprise" (selon Guillaume Pépy), mais évoque une "cessation de travail", comme on parle de victimes qui ont "perdu la vie" pour occulter le tabou de la mort.
Parmi les différentes catégories sociales de la population, les 25-34 ans jugent à 60% qu'ils ont eu raisonles 18-24 ans (57%) et les ouvriers (60%) soutenant le plus la cessation de travail des agents SNCF. Le soutien à cette cessation de travail est en revanche minoritaire parmi les personnes âgées de 65 ans et plus (43%).

A noter que les usagers (réguliers et occasionnels) de TER, Intercités et Car Ter SNCF estiment plutôt que les agents SNCF ont eu raison de cesser le travail (57%), alors que les personnes qui n’utilisent jamais ces moyens de transports estiment évidemment qu’ils ont eu tort (52%).

Politiquement, la cessation de travail d’agents SNCF clive fortement entre les différents électorats. 
A 71%, les électeurs de J-L. Mélenchon estiment que les agents SNCF ont eu raison), comme ceux B. Hamon, 65%, et de M. Le Pen, 56%,  alors que les électeurs de F. Fillon [tiens, les revoilou, quand on a besoin d'eux : notons que les manipulateurs d'Elabe et leur patron Bernard Sananès préfèrent ne pas citer l'électorat Les Républicains...] à 75% et d’E. Macron à 62% les désapprouvent au contraire.

Plus des trois quarts des Français jugent nécessaire la présence d’un contrôleur dans chaque TER

Résultat de recherche d'images pour "droit de retrait"
78% des Français jugent nécessaire la présence d’au moins un contrôleur dans chaque TER, en plus du conducteur - actuellement laissé seul - à bord, même s’il est équipé d’un dispositif "équipement agent seul", selon l’ensemble des catégories sociales de la population et l’ensemble des électorats. Les 21% qui estiment que cela n’est pas nécessaire sont probablement ceux qui ne prennent pas le train. 

Deux tiers des Français considèrent que les mobilisations sociales vont s’amplifier dans les semaines à venir

66% des Français considèrent que les mobilisations sociales vont s’amplifier dans les semaines à venir, notamment dès le 5 octobre, 28% qu’elles vont rester les mêmes et 5% qu’elles vont se réduire.

L’évaluation des mobilisations sociales est fortement corrélée avec l’âge, plus on est âgé et plus on estime [ou on espère, quand on est un retraité maltraité par Macron] que les mobilisations sociales vont s’amplifier : les personnes âgées de 65 ans et plus sont 77% à partager cette opinion, les 50-64 ans 72%, les 35-49 ans 69%, les 25-34 ans 50% et les 18-24 ans 45%.

L’ensemble des électorats estime majoritairement que les mobilisations sociales vont s’amplifier : M. Le Pen (76%), J-L. Mélenchon (72%), B. Hamon (69%), les abstentionnistes (69%), et un étrange tandem, une nouvelle fois atellé par Elabe, E. Macron (61%) et F. Fillon (60%).

Les Français font plutôt confiance aux syndicats pour défendre les salariés…

Résultat de recherche d'images pour "droit de retrait"Coup de sabot de l'âne Sananès aux Gilets Jaunes, 53% des Français font confiance aux syndicats pour défendre les salariés (13% tout à fait et 40% plutôt) et 46% ne leur font pas confiance (13% pas du tout et 33% pas vraiment).

Plus on est jeune et plus on fait confiance aux syndicats pour défendre les salariés, ce qui contredirait totalement la culture syndicale en France sur plusieurs générations : les 18-24 ans sont 68% à leur faire confiance, même si par ailleurs ils ne votent pas aux scrutins politiques majeurs, les 25-34 ans 61%, les 35-49 ans 55%, les 50-64 ans 52% et les personnes âgées de 65 ans et plus 43%.

Politiquement, la confiance vis-à-vis des syndicats de salariés est un sujet fortement clivant entre d’un côté, les électorats du 1er tour de l’élection présidentielle de 2017 de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon qui font très majoritairement confiance aux syndicats, respectivement 79% et 67%, et d’un autre côté, les électeurs de François Fillon qui sont 71% à ne pas leur faire confiance. A ce propos, considérant le chamboulement politique de 2017 et les retournements de vestes tout azimuth, on s'interroge une nouvelle fois sur la capacité d'Elabe à identifier un électeur de Fillon ou de Benoît Hamon en 2019 et sur la fiabilité des analyses ce cette entreprise commerciale de sondages de commande. 

Entre les deux, les autres électorats sont plus partagés : les abstentionnistes sont 55% à leur faire confiance, les électeurs d’Emmanuel Macron 46% et ceux de Marine Le Pen 45%.

Mais les Français seraient plus sévères sur l’efficacité de l'action syndicale…

Au moment des élections professionnelles, Elabe décrédibilise les syndicats.
55% des Français estiment que l’action des syndicats de salariés n’est pas efficace (11% pas du tout et 44% pas vraiment) et 44% qu’elle est efficace (6% très et 38% plutôt). Ces chiffres n'ont rien de scientifique, mais Elabe en donne une présentation péremptoire qui ne laisse aucune place au doute, puisqu'il exclut l'usage du conditionnel de rigueur.

Le jugement de l’efficacité de l’action des syndicats est corrélée à l’âge, plus on est âgé et plus on considère que leur action n’est pas efficace : une contre-vérité que les 'fact-checkers' ne manqueront pas de démonter. Encore que...
Les personnes âgées de 65 ans et plus sont 64% à la juger "pas efficace" - parti-pris négatif, puisque les sondés ne sont pas appelés à les juger sur leur "efficacité" - les 50-64 ans 58%, les 35-49 ans 54%, les 25-34 ans 45% et les 18-24 ans 41%.

Politiquement, ce sont les électeurs de F. Fillon (71% pas efficace) qui jugent le plus sévèrement l’efficacité de l’action des syndicats de salariés. Que Sananès nous dresse le portrait-type de l'électeur fillonniste en 2019 !... Suivent les électeurs de M. Le Pen (66%), d’E. Macron (60%) et les abstentionnistes (52%). Alors que les électeurs de J-L. Mélenchon et de B. Hamon sont une majorité à juger l’action des syndicats de salariés efficace, respectivement 62% et 54%.

Et les sondés d'Elabe seraient partagés sur le rôle des syndicats étendu à l'ensemble de la société française.

Résultat de recherche d'images pour "syndicats"
Sananès  poursuit son travail de casse des syndicats, en novembre à la SNCF.
51% des Français considèrent que les syndicats de salariés sont plutôt un élément de blocage de la société et 48% qu’ils sont plutôt un élément de dialogue.
Socialement, les catégories sociales populaires estiment davantage que les syndicats sont un élément de dialogue (61%) alors que les retraités - décidément des alliés de Macron sur le dossier des syndicats - les considèrent plutôt comme un élément de blocage (61%).

Politiquement, cette question clive fortement entre d’un côté, les électorats de J-L. Mélenchon et de B. Hamon (?) qui considèrent majoritairement les syndicats de salariés comme un élément de dialogue, respectivement 72% et 62%, et d’un autre côté les électorats d’E. Macron, de F. Fillon (?) et de M. Le Pen qui estiment majoritairement qu’ils représentent plutôt un élément de blocage de la société française, respectivement 75%, 62% et 60%.
Le sujet du  "droit de retrait" n'est pas abordé.

mardi 10 octobre 2017

Journée d'action unitaire des fonctionnaires : forte mobilisation attendue

Les 5,4 millions d'agents du service public se mobilisent en nombre mardi 10 octobre

A l'appel de tous leurs syndicats, une première depuis dix ans

Concertation des syndicats de fonction publique sans la CFDT: 
Groison (FSU), Mailly (FO) et Martinez (CGT) comptent sur forte mobilisation, mardi 10 octobre 2017
Des enseignants aux soignants (dont les médecins des hôpitaux) et des ministères aux collectivités, ils protestent contre des mesures "inacceptables" du gouvernement. 
Les neuf fédérations syndicales de la fonction publique - CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA (Autonomes) - lancent ensemble un appel à une journée de grève et de manifestations dans les trois secteurs de la fonction publique (Etat, hospitalier, territorial) pour exprimer leur "profond désaccord" avec les mesures annoncées par le gouvernement.

Les motifs sont multiples : suppressions de 120.000 postes d'ici à la fin du quinquennat, gel des rémunérations, rétablissement du jour de carence, remise en cause de leur statut... 

Le premier ministre Edouard Philippe leur a opposé lundi une fin de non recevoir
affirmant "assumer pleinement les mesures prises", considérant que les fonctionnaires ne sont "pas du tout déconsidérés" et jugeant démaguogiquement qu'ils sont "même essentiels dans le fonctionnement de notre pays".

La mobilisation promet d'être "forte", selon les syndicats

Près de 130 manifestations et rassemblements sont prévus dans 90 départements.
A Paris, le cortège partira à 14h00 de la place de la République pour rejoindre celle de la Nation. 

Représentent environ 20% de l'emploi, cette grève des fonctionnaires se traduira par des fermetures de crèches, d'établissements scolaires - où le service minimum, prévu par la loi, ne sera pas toujours assuré - et de nombreux services publics.
Selon la Fédération CGT des Services publics, première dans la fonction publique territoriale, il n'y aura notamment pas d'accueil périscolaire ou de restauration scolaire dans nombre d'écoles, essentiellement dans le secondaire.

Côté enseignants, "un sur deux au moins sera en grève dans les écoles primaires", a indiqué lundi la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison.

Dans le transport aérien, 30% des vols ont été annulés préventivement en raison de la grève des agents de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC qui emploie majoritairement des fonctionnaires). 

En revanche, il ne devrait pas y avoir de perturbations à la SNCF et à la RATP, ou dans les anciens secteurs publics mobilisés comme Orange ou La Poste en signe de solidarité, sauf sur le RER B qui est une ligne du réseau express régional d'Ile-de-France, qui relie Paris à l'aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV.

Fait inédit depuis 2009, une dizaine de syndicats de praticiens hospitaliers (médecins, pharmaciens, dentistes) se sont joints à l'appel du secteur hospitalier (infirmiers, aides-soignants).

Des appels à la mobilisation "solidaire" ont aussi été lancés dans le privé (banque, chimie, agroalimentaire ou commerce).

Les fonctionnaires demandent reconnaissance et respect 

En désaccord sur les moyens de peser sur les réformes sociales d'Emmanuel Macron, ce qu'a confirmé la réunion de l'intersyndicale lundi soir, les grandes centrales syndicales soutiennent unanimement le mouvement des fonctionnaires. 

De Philippe Martinez (CGT) à Laurent Berger (CFDT) en passant par Jean-Claude Mailly (FO), leurs leaders prendront part aux défilés mardi à Paris ou en région avec le souci de "ne pas parasiter" les revendications des agents publics avec la contestation contre la réforme du Code du travail.
Seule l'Union syndicale Solidaires - dont les trotskistes de SUD, la FAT (dans les transports), la FASP (dans la police) ou le SNJ dans la presse) - a clairement appelé à une "convergence" du public et du privé, contre le risque d'une "régression sociale généralisée". Lors d'un entretien avec le journal Sud Ouest, le 26 novembre 2007, François Hollande, alors secrétaire national du Parti socialiste, déclara que "le syndicalisme que l’on doit combattre est celui de SUD"...

Lundi, Martinez et Berger ont souligné le "besoin de reconnaissance" des agents du public. "Ils ont le sentiment qu'ils ne sont qu'un coût, alors qu'ils sont une richesse", a relevé le leader de la CFDT.

Jean-Claude Mailly a souligné le "malaise" dans les hôpitaux, avec des agents "en perte de sens", et des situations qui deviennent "impossibles à gérer" dans un contexte budgétaire contraint.

Le gouvernement a décidé de reporter unilatéralement un rendez-vous salarial, initialement fixé mardi. Il devrait se tenir autour du 16 octobre.
"On attend que le gouvernement entende ce que disent les neuf fédérations de fonctionnaires et que, le 16 octobre, soit vraiment prise la mesure de cette expression", a prévenu Groison, petit soldat de la CGT.

lundi 9 octobre 2017

Une majorité de Français favorable au mouvement de contestation des ordonnances Macron

Près de 6 Français sur 10 (57%) déclarent soutenir les grèves et les manifestations contre les ordonnances réformant le Code du travail

Les Français sont de plus en plus défavorables,
Ordonnances: une majorité de Français favorable au mouvement de contestationselon un sondage Harris Interactive pour LCP publié lundi.

Alors que les syndicats doivent se réunir lundi soir pour dégager des convergences en faveur d'une action unitaire contre les ordonnances, 22% des personnes disent qu'elles pourraient participer à des grèves et manifestations et 35% soutiennent le mouvement mais sans souhaiter y participer. 
22% des sondés sont opposés à ces grèves et manifestations. Les autres (21%) sont indifférents. 

A l'inverse, parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, le soutien monte à 80%. Il est de 64% chez ceux de Marine Le Pen.

Une forte majorité (84%) estime que le gouvernement ne prendra pas en compte le point de vue des opposants, quelle que soit leur opinion sur le mouvement.

Les Français affichent une hostilité croissante envers la réforme

Plus de deux semaines après l'entrée en vigueur des ordonnances, ils sont désormais 65% à déclarer leur opposition, contre 58% lors du précédent sondage Harris publié le 1er septembre.

Ils sont de plus en plus nombreux à penser que la réforme va réduire le pouvoir des syndicats dans les entreprises (76%, +5 points) et détériorer les conditions de travail (63%, + 9 pts). Seuls 29% pensent qu'elle va permettre de réduire le chômage (-2 pts par rapport à septembre).

Certaines mesures laissent les Français dans l'expectative.
C'est le cas des referendums dans les entreprises de moins de 20 salariés, l'augmentation des indemnités de licenciement et la généralisation des accords d'entreprises majoritaires (signés par des syndicats représentant 50% des salariés).
Lors du précédent sondage, les Français n'avaient pas été questionnés sur leur opinion vis-à-vis des grèves et manifestations anti-ordonnances.

Ce sondage a été réalisé en ligne du 4 au 5 octobre auprès d'un échantillon de 1.137 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus (méthode des quotas).

samedi 26 août 2017

Islamisation de l'école: le "J'accuse" d'un principal de collège

Un "hussard noir" met la notion républicaine de laïcité en procès

Principal de collège ou imam de la République ? s'interroge Bernard Ravet

Il a été principal dans trois des collèges les plus difficiles de Marseille. Il raconte la guerre de positions que mène l'islamisme au sein de nombre d'établissements publics. 

Voici le "J'accuse" d'un hussard de la République.
"Il y a urgence. C'est pourquoi j'écris ce livre. Pour dire un fragile espoir. Pour ne pas laisser les prophètes de l'Apocalypse nous convaincre, collectivement, que tout est fichu, que l'obscurantisme l'a emporté."


En dehors de l'école, "un surveillant diffusait des ouvrages prônant la charia", témoigne B. Ravet

Un témoignage accablant sur la montée de l'islam, parfois dans sa version intégriste, auprès d'élèves mineurs de collège, au début des années 2000.
Invité d'Europe 1 vendredi 25 août, cet enseignant désormais à la retraite raconte avoir appris un jour que son "meilleur surveillant", écrit-il dans son livre, "joue le prédicateur auprès des élèves". "Il diffuse des petits ouvrages, en dehors de l'établissement, qui prônent la charia", révèle-t-il.

"C'est normal de couper la main d'un voleur"
"D'un seul coup, poursuit-il, nos logiciels tombent; on ne sait plus faire, on ne comprend plus. Et les profs sont complètement désarçonnés quand un jeune garçon répond à une prof, 'c'est normal de couper la main d'un voleur'."

Il raconte son désarroi : "On est en 2004 et on s'aperçoit qu'on est en face d'une réalité qui est en train de monter, mais on ne sait pas faire parce que depuis 1905, l'école ne prend pas forcément le religieux comme quelque chose à quoi elle doit s'opposer," estime-t-il. 
Et lorsqu'il se tourne vers le rectorat, ce dernier "ne répond pas", dénonce-t-il.

VOIR et ENTENDRE l'enseignant vigilant sonner l'alerte sur Europe 1 face l'islamisation souterraine de l'école en France :

Bernard Ravet livre un témoignage accablant sur la lâcheté de l'Education nationale, à son comble avec François Hollande et sa ministre Najat Vallaud-Belkacem, l'électoralisme des politiques et le silence des syndicats, diffuseurs de la pensée unique et dominante.
Lâcheté et silence ou complicité ?

vendredi 25 août 2017

Ça ne va toujours pas mieux pour le chômage (et les chômeurs...)

En juillet, le chômage a progressé dans toutes les catégories 

Les chiffres de Pôle emploi ne confirment pas la reprise économique prétendue

Résultat de recherche d'images pour "flexibilité"

Les statistiques de Pôle emploi (+1,0%) contredisent la proclamation d'une reprise de la croissance: 34.900 chômeurs désespérés supplémentaires sont allés pointer chez l’opérateur de Bercy en juillet , une forte hausse qui jette la suspicion sur la valeur des indicateurs économiques.  

Le mois dernier, le nombre de chômeurs (catégorie A) inscrits à Pôle emploi a atteint 3,52 millions en métropole et 3,78 millions en France entière, des niveaux inédits depuis l’été 2016. 
La hausse a principalement frappé les jeunes (+2,8%), malgré les offres d'emplois saisonniers et la promesse de Hollande de faire de la jeunesse sa priorité. Le président déchu n'a pourtant pas hésité à affirmer la veille que son successeur à l'Elysée a bénéficié de son bilan sur cinq ans...
La situation des seniors s’est d'ailleurs également détériorée (+0,3%). 

Le chômage de longue durée a lui aussi augmenté (+0,8%). 
Après les annonces de frémissements de la courbe de l'emploi par Michel Sapin, escroc au Travail (2012-2014) et à l'Economie (2017-2017), et au-delà des effets de yoyo de l’indicateur, mois après mois mois, la tendance est clairement à la hausse: c’est le cas sur trois mois (+1,3%) et depuis le début de l’année (+1,5%). 

L’indicateur est même en légère progression (+0,1%) sur un an, une première depuis mars 2016 : les campagnes présidentielle et législative sont pour beaucoup dans la soudaine surprise affichée par la presse et le silence au sommet de l'Etat. Emmanuel Macron n'a-t-il pas occupé le ministère de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique d'août 2014 à août 2016 ?

Sur le seul mois de juillet, il enregistre également une forte hausse (+1,1%) en n'ignorant pas les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité au cours du mois (catégories B et C). Il atteint 5,62 millions de personnes en métropole et 5,93 millions en France entière.   

La ministre du Travail ne communique pas sur cette aggravation 

Ces chiffres "ne reflètent pas bien l’évolution du marché du travail", estimait Muriel Pénicaud, peu après sa prise de fonctions. Elle a néanmoins promis de réaliser, à compter de fin août, un point trimestriel de tous les indicateurs du marché du travail. Mais son cabinet n'a toujours pas arrêté la date du premier rendez-vous. 

Comment les autres indicateurs du marché du travail auraient-ils pu tous passer au vert, à contre-courant des chiffres de Pôle emploi ? Des économistes ont indiqué qu'ils pourraient s'inscrire dans le sillage d’une croissance qui pourrait dépasser les 1,6% en 2017, mais ces devins-là sont passés aux abonnés absents. Pour le Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi, son président, Emmanuel Lechypre, éditorialiste économique de BFMTV, et Olivier Babeau, professeur d'économie, vice-président de la Fondation Concorde, avaient vu venir la reprise économique de la France mais, saisis d'un doute soudain le lundi 21 août 2017, leur scénario avait évolué face aux chiffres de l'emploi et des prévisions de croissance et à Hedwige Chevrillon, sur BFM Business.

Pôle emploi et l’INSEE divergent

Résultat de recherche d'images pour "precarité"Selon l’Insee, officine de Bercy, le taux de chômage mesuré poursuivrait sa baisse. Seul indicateur du chômage reconnu à l’international, il a reculé de 0,1 point au deuxième trimestre, pour s’établir à 9,2% de la population active en métropole et à 9,5% en France entière. Il serait même en baisse de 0,5 point sur un an. 
Contre-intuitive, la divergence entre les indicateurs de Pôle emploi et de l’Insee s’explique... Ils ne mesurent pas le chômage de la même manière ! Pôle emploi comptabilise les inscrits sur ses listes réelles d'entrées et de sorties, alors que l’INSEE réalise ...une enquête auprès de 110.000 personnes. Convaincant ?

Les seniors inscrits à Pôle emploi ne sont pas comptabilisés par l’Insee s’ils ne cherchent plus activement un emploi. A contrario, chômeurs pour l’Insee mais inéligibles à l’assurance chômage, certains jeunes ne s’inscrivent pas à Pôle emploi. Les chiffres de Pôle emploi, eux, peuvent avoir été affectés par la baisse des prescriptions de contrats aidés au deuxième semestre, selon la presse macronienne: le gouvernement a décidé de réduire la voilure d’un dispositif qu’il juge "coûteux" et "pas efficace", et si l’enveloppe a été portée à 310.000 contrats aidés pour 2017, cela reste bien inférieur aux 459.000 conclus en 2016. A croire que les victimes salariées des suppressions de contrats aidés passeront devant Pôle emploi sans s'arrêter...

VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze (BFM Business)  prendre le parti de l'INSEE (Bercy) contre Pôle Emploi (ministère du Travail), au prétexte que ce dernier prend essentiellement en compte la 'catégorie A'. 
Le journaliste n'a simplement pas envisagé (le 27 juin dernier) que Pôle emploi doive plutôt fournir des statistiques bimestrielles et comportant l'ensemble des catégories et non pas seulement celle qui arrange le gouvernement. 
  
Le gouvernement fait le pari que ses réformes du marché du travail porteront leurs fruits ...sur le long terme 

Résultat de recherche d'images pour "precarité"Les demandeurs d'emploi ne peuvent attendre, mais le président du MEDEF partage les espoirs du gouvernement à long terme. 
Pierre Gattaz a estimé que les mauvais chiffres de juillet rendent "d’autant plus urgente une réforme du droit du travail d’ampleur et ambitieuse"... 

Force ouvrière défend la thèse inverse. 
"Ces mauvais chiffres confirment l’échec des réformes qui flexibilisent les droits des salariés sans contreparties sur le terrain social", estime le syndicat dans un communiqué. 

La CGT a déploré des chiffres qui témoignent d’une hausse de la "précarité". 
Il est, selon la centrale, "plus que nécessaire de favoriser l’emploi à temps plein, afin que nous ne sombrions pas dans la pauvreté absolue comme le souhaitent le Medef et tous ces politiques assoiffés de pouvoir". 

Les réformistes de la CFDT, proche du pouvoir, mettent en cause l’annonce d’une baisse "très forte et brutale du nombre de contrats aidés pour l’année 2017 arrive donc complètement à contretemps, compte tenu du niveau toujours élevé du chômage, notamment de longue durée".

lundi 1 mai 2017

Six policiers blessés ce 1er mai : le gouvernement met les syndicats hors de cause

1er Mai violent à Paris :  le ministre de l'Intérieur dénonce les 'casseurs' 

Des incidents ont éclaté dès le départ du défilé du 1er mai à Paris


Des provocations ont marqué le défilé à l'avant du cortège, au départ de la place de la République : on ne peut donc dire "en marge" du défilé syndical, mais c'est pourtant ce qu'écrit la presse aux ordres, soucieuse de déculpabiliser les organisateurs.
Place de la Bastille, des manifestants "insoumis", vêtus de noirs et encagoulés, ont jeté des bouteilles et des cocktails Molotov sur les CRS, dont trois ont été blessés. 
Les gendarmes ont répliqué avec des grenades lacrymogènes. 150 "sauvageons" de Cazeneuve ont été isolés rue de Lyon, à proximité de la place de la Bastille. 
Au total, six policiers ont été blessés selon la préfecture. Parmi eux, 2 CRS blessés légèrement dont un suite à des brûlures, un CRS brûlé sérieusement "au niveau du visage et d'une main", 2 policiers de la Compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) de la préfecture de Police blessés légèrement après des jets de cocktail Molotov. Enfin, une fonctionnaire de la CSI a été blessée à la main lors de la manipulation d'une grenade.  

Seulement cinq personnes interpellées... 



Le cortège, emmené par une intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires
Une partie de la nébuleuse socialiste
a dû s'arrêter à plusieurs reprises, pendant que des militants d'extrême gauche, positionnés à l'avant de la manifestation, 
avec des projectiles parfois trouvés sur place et des cocktails Molotov, trouvaient des cordons de policiers sur leur passage. 
Ces heurts se sont concentrés aux abords de la place de la Bastille, selon des images non pas diffusées par la presse pourtant nombreuse, qui avait reçu des consignes de banalisation, mais sur les réseaux sociaux, en direct, que le pouvoir n'a pu contrôler. 
Des saccages d'abribus et de vitrines ont émaillé le parcours.  

Côté manifestants, "une personne a fait une chute a priori fortuite depuis les marches de l'Opéra" Bastille, selon la préfecture, qui précise qu'un bilan médical est en cours. 


Cinq personnes ont par ailleurs été interpellées, pour port d'arme, violences et dégradations.  Comme il se doit et, sans surprise, en des termes consacrés, Matthias Fekl, le ministre de l'Intérieur, a condamné "avec la plus grande fermeté les violences intolérables commises à l'encontre des forces de l'ordre". Il a lancé un appel au calme.
Le défilé syndical a repris normalement vers 16h avant d'être à nouveau interrompu une heure plus tard. 
Lutte ouvrière


Vers 17h30, de nouveaux heurts ont éclaté place de la Nation, point d'arrivée du cortège.
 
Toutes les artères, sauf le boulevard Diderot, ont été bloquées par des CRS et la situation était tendue. Une borne Autolib a été incendiée et ses vitres ont été brisées. Vers 18h30, le calme était de retour aux abords de la place de la Nation.

dimanche 23 avril 2017

Présidentielle - Manifestation «Premier tour social»: violences et gaz lacrymogènes avant le premier tour

Des manifestants affrontent la police à Paris avant le premier tour de la présidentielle

A Paris, des syndicats et collectifs appellent à un '1er tour social'


Le mouvement, qui n'est pas soutenu par les organisations au niveau national, est né de la mobilisation contre la loi travail.


Une soixantaine de syndicats, fédérations et collectifs a invité les Parisiens à manifester ce samedi, à 14 heures, à la veille du premier tour de la présidentielle, pour replacer, disent-ils, l'agenda social au coeur de la campagne électorale.

"Soyons toutes et tous au rendez-vous avec notre avenir, celui de nos enfants, de nos petits-enfants, reprenons ce qui nous appartient, ne laissons pas notre devenir entre les mains d'une poignée qui décide depuis trop longtemps sans et contre nous." C'est ainsi que débute l'appel au "1er tour social" lancé sur un site de pétitions par une soixantaine de syndicats d'entreprises, structures départementales, fédérations et collectifs dont CGT Goodyear, CGT Info'Com, SUD Commerces, SUD Education, SUD PTT, Droit au logement ou 'Justice pour Théo'. 

Cette initiative (démocratique?) 
était destinée à montrer que "c'est à la rue d'imposer son programme", quelle que soit l'issue du scrutin.
"Nous Salariés du privé comme du public, chômeurs, précaires, étudiants, toute la jeunesse, retraités, smicards, qui survivons avec le RSA. Habitants de villes, des villages et des banlieues... Qui votons avec ou sans conviction, la large majorité des abstentionnistes convaincus... Qui subissons le racisme, le sexisme, l'exclusion sous toutes ses formes, les licenciements, la justice des puissants, les violences répressives... Syndicalistes, militants poursuivis et condamnés, sans-papiers et migrants, tous les opposants à la loi travail... Nous appelons la rue, vous toutes et tous, à se mobiliser, créer et être acteur d'un événement inédit... Imposons nos choix, crions haut et fort que nous comptons, que nous décidons, que nous serons une force incontournable du premier tour social."
Des organisateurs débordés par des "casseurs" "en marge" d'un "rassemblement pacifique" ?

Les activistes rassemblés place de la République devait défiler et manifester ensuite jusqu'à Bastille. "La préfecture nous a donné l'autorisation de manifester», a déclaré Gaël Quirante, de Sud Poste 92, syndicat révolutionnaire. Cette provocation à la veille d'un premier tour de présidentielle vise à "dire avec force que, quel que soit le résultat de la présidentielle, c'est à la rue d'imposer son programme social", a-t-il expliqué.



Le mouvement n'est pas soutenu par les organisations au niveau national
Il est né de la mobilisation contre la loi travail et "vient de la base", a insisté Laurent Degousée, co-délégué de Sud Commerce. "Certains disent qu'ils préparent le troisième tour social: eh bien prenons un peu d'avance!", commente-t-il, précisant que le mouvement ne prendrait parti pour aucun candidat: "c'est un message à la population, à ceux qui se battent, pour dire qu'il n'y a que la mobilisation sociale qui puisse renverser le cours des choses". Vendredi après-midi, cet appel à la mobilisation avait recueilli près de 1000 signatures sur le site de pétitions. Mélenchon se sentait le vent en poupe.


Le rassemblement a viré à l'affrontement à Paris

Autorisé vendredi par le Préfet malgré un contexte particulièrement tendu en raison de la menace terroriste et de possibles violences redoutées par la police, alors qu'un policier  venait d'être abattu par un islamiste sur les Champs-Elysées, la veille, ce rassemblement à haut risque organisé  - en période d'état d'urgence - par des syndicats et des étudiants a dégénéré, à la veille du premier tour du scrutin. Corvéables à merci, les policiers n'avaient-ils pas mieux à faire ?

Ils ont scandé des slogans comme
"Grève générale dans tous les pays, en Guyane comme à Paris !", aux sons mêlés d'une fanfare, de tam-tams et de sonos diffusant "Antisocial" du groupe Trust ou la musique du film de François Ruffin "Merci patron !".

Rassemblant environ 2.000 gauchistes anti-démocrates, selon les organisateurs, la manifestation "Premier tour social" de ce samedi 22 avril  a viré à l'affrontement en cours d'après-midi. Les forces de l'ordre, déployées en nombre, ont été prises pour cible par ces militants d'extrême gauche, pour la plupart cagoulés, qui les ont ciblées avec des projectiles, notamment des fumigènes et des bouteilles.
La police a dû répliquer en envoyant du gaz lacrymogène pour disperser les activistes.  

Des tags anarchistes 
Sur des abris bus et des façades vandalisés, on pouvait y lire "Le pavé comme seul bulletin de vote", ou encore "La police assassine"
 
La liste des organisations -syndicats et étudiants- appelant à manifester le 22 avril 2017 est la suivante:
Syndicats : 
Commerces : CGT Simply Market Amiens, Fédération Sud Commerces, Collectif Salarié.e.s des Champs Elysées 
Education : CGT Education 93, Emancipation tendance Intersyndicale, SNUEP-FSU (syndicat de l'enseignement professionnel de la FSU), Fédération des travailleurs de l'enseignement de la CNT, Fédération Sud Éducation, Solidaires Etudiant-e-s SPC, Solidaires étudiants Paris 3, Solidaires étudiant.e.s Sciences Po Paris, Sud Education Alsace, Sud Education 27, Sud Education 76, Sud Education 91, Sud Education 92, Sud Education 95, Touche pas ma ZEP, UNEF Nanterre, UNEF Montrouge. 
Energie : CGT Energie 75 
Fonctions d'Etat : CGT Agri, CGT Préfecture de police de Paris, Union des Syndicats des Personnels Administratifs et Techniques du Ministère de l'Intérieur-CGT (USPATMI-CGT) 
Fonctions territoriales : CGT FTDNEEA (Syndicat CGT Filière Traitement des Déchets Nettoiement Eau Egouts Assainissement), US CGT Services publics parisiens, 
Industries : CGT Goodyear, Comité de soutien de Goodyear Limoges, Comité de soutien de Goodyear Mulhouse, USTM-CGT 87 
Information-Communication-Culture : Info'Com-CGT, SIP-CGT, CGT Elior Musée Intérim : CGT Cordistes, La Poste : Fédération Sud PTT, Sud Poste 13, Sud Poste 66, Sud Poste 91, Sud Poste 92, Sud Poste 95, Sud PTT Eragny, Sud PTT La Réunion, 
Privés d'emploi et précaires : Comité national des travailleurs privés d'emploi et précaires CGT 
Santé : CGT CHRU de Lille, CGT Hôpital de Blois, CGT Hôpital de Tours, CGT Hôpital de Wattrelos, Fédération Sud Santé Sociaux, SMICT CGT CHRU de Lille, USD CGT Santé Nord 
Transports : Collectif des livreurs autonomes de Paris (CLAP), SUD-Rail de Paris Saint-Lazare, SUD Rail Alsace 
Organisations territoriales : CNT-région parisienne, Solidaires 92, UD CGT du Nord, CNT Lille, CNT Villefranche Beaujolais Val de Saône 69, UL CGT Armentières, UL CGT de Nancy, UL CGT de Nanterre 
Confédérations : CNT 
Manifestation à Paris pour un "premier tour social"
Collectifs et associations : 
Collectifs demandant justice : Comité de soutien Paris 3 "Justice pour Théo et tous les autres", Collectif "Urgence notre police assassine" 
Associations : Compagnie Jolie Môme, Droit au logement (DAL), Droits devant, Galeano (Blois), Images Contemporaines, Collectif Féministes Révolutionnaires, Collectif anti-Linky, Mulêketu, SCALP Ile de France 
Media : Bellacio,... et le mouvement "La Picardie debout" du journaliste François Ruffin, à l'initiative de Nuit debout.

Les manifestants ont prévenu qu'il "faudra faire avec la rue" quel que soit le candidat qui sortira des urnes le 7 mai... 
"Souvent après des élections, il y a un troisième tour social. Nous, on dit que quel que soit le candidat élu dans 15 jours, on compte faire valoir nos revendications sociales", explique Laurence Karsznia, de la CGT Info Com, soulignant la "convergence d'une énergie revendicative née avec la loi travail, pour dire qu'il faudra faire avec la rue".

Mickaël Wamen, ci-contre, de la CGT Goodyear, a estimé que "le 15 septembre, on a eu un goût d'inachevé" après la dernière manifestation contre la loi travail, qui avait mobilisé la rue pendant des mois. "Depuis janvier, on a recensé 250 mouvements sociaux par jour mais ils sont tous dispersés", a expliqué le syndicaliste, affirmant que la manifestation de samedi est "une première étape".

"On a la rage qu'après le 15 septembre, il n'y ait plus rien eu ! ", a lancé Gaël Quirante, de SUD Poste 92, lors d'une prise de parole devant la foule. "On veut dire avec force que, quel que soit le résultat de l'élection, c'est à la rue d'imposer son programme social. Tout dans ce pays a été obtenu par la mobilisation: 1936, mai 68, n'étaient dans aucun programme".


Les organisateurs se sont donné rendez-vous le 1er mai.