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dimanche 20 janvier 2019

Gilets jaunes à Bordeaux : sans Juppé, la mobilisation serait-elle toujours aussi vive ?

Président de Bordeaux-Métropole et soutien de Macron, Juppé cristallise la colère des révolutionnaires  

Commencée dans le calme, la manifestation s’est tendue aux abords de l’hôtel de ville de Bordeaux, avant d’être dispersée par les CRS dans des nuages de gaz lacrymogènes.


Comme tous les week-ends depuis novembre à Bordeaux, les gilets jaunes se sont donné rendez-vous dès 13 heures place de la Bourse, sur les bords de la Garonne. Réunis sur le miroir d’eau, les manifestants profitèrent du soleil et entonnèrent une Marseillaise, avant que le cortège ne s’élance vers le quai Richelieu, en direction du centre-ville et de ses rues commerçantes. Aux rythmes des tambours battants, la foule convergea doucement vers la place de l’Hôtel de Ville. Les plus démonstratifs se trémoussaient dans une ambiance aux apparences bon-enfant. Pourtant, dans le ciel, un hélicoptère de la gendarmerie observait la manifestation.
L’affiche représentant Christophe Castaner est composée de photos de blessés 
durant les manifestations pour la défense du pouvoir d'achat

Ce chauffeur routier arbore une large pancarte sur laquelle on peut lire "Olivier, marié, 3 enfants et pompier volontaire". Le nom de cette victime des consignes sécuritaires de l'exécutif et du tir de LBD et de la grenade assourdissante est inscrit sur de nombreux panneaux. "Lorsque Castaner nous dit qu’il n’y a pas de violence policière, excusez-moi, mais ça me fait bien rire", affirme Daniel. 
En effet, les déclarations du ministre de l’Intérieur sont encore fraîches à la mémoire de nombreux mécontents. Au fil du cortège, on retrouve de nombreux slogans et affiches contre la BAC, la brigade anticriminalité, soupçonnée d’être responsable du tir de LBD contre le pompier volontaire lors du rassemblement du 12 janvier.

On n'est visiblement pas dans les "années 30"... 

Rue Sainte-Catherine, hyper-centre commerçant et piétonnier de la ville, les garçons de cafés rangent le mobilier de leur terrasse, pendant que des touristes profitent de la montée d'adrénaline. Badauds et habitants aux balcons sortent leur smartphone et immortalisent le défilé. "Ne nous regardez pas, rejoignez-nous !"leur crient en retour les Gilets jaunes. 
Arrivé place Pey-Berland, le défilé s’arrête. Le gros de la foule reste bloqué par les forces de police. Masqués et cagoulés, de nombreux 'Black Bloc' sortent alors des rangs et se dirigent vers la mairie, gardée par les CRS. Rompus aux techniques de 'guerre urbaine', les petits groupes mobiles allument des feux de poubelles, avant de se fondre dans la foule à nouveau, tandis que d’autres s’attaquent aux palissades de chantier qui protègent la tour Pey-Berland, et disparaissent.
La peste brune était rouge
Les faits démontrent que Macron a instrumentalisé l’Histoire de manière hasardeuse et inconsistante.
Par trois fois, l'exécutif a convoqué le passé pour établir des comparaisons aussi douteuses politiquement qu’erronées historiquement. Ce sera en outre Edouard
Philippe à Hanoï qui s'y est d'ailleurs livré à cet exercice de l’autoflagellation qui consiste à ériger en héros d’anciens adversaires de la France, tel aussi le FLN algérien. 


L'élément de langage suggéré par le président inspirera  d'autres lumières de son entourage.
 Ainsi, agitant à leurs tours la peur des "années 30", ce seront, le dernier week-end de novembre, l'improbable demi-ministre de l'Intérieur, Castaner qui a notamment dénoncé "une mobilisation de l'ultradroite" parmi les manifestants présents sur la célèbre avenue des Champs-Elysées, ou son garde-fou Nunez qui déraillera en assurant qu' "on a affaire à des séditieux, des factieux, qui sont des casseurs extrêmement violents". 

Il faut citer enfin le comble du crétinisme partisan en la personne du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, qui a quant à lui jugé dans un tweet que les violences et débordements survenus en marge des manifestations reflétaient "un seul visage, lâche, raciste, antisémite, putschiste" :


Autre exemple de grand corps malade au pouvoir, et non des moindres, le ministre des Comptes publics, l'immense Darmanin, qui a voulu opposer gilets jaunes et casseurs des Champs-Elysées et a évoqué ...la "peste brune"


Ces expressions se voulaient en effet une référence à la montée du nazisme dans les années 30 et à la présence de membres de l'ultra-droite dans les rangs les plus violents des manifestants. Les violences de Bordeaux signent en vérité la présence de groupes de Black bloc qui sont au contraire à l'extrême gauche, comme du NPA, parti révolutionnaire trotskiste. 

"Castaner est un irresponsable ! Il invente et en rajoute contre un 'péril jaune fluo' d'extrême droite pour seulement insulter le peuple en colère. Les vrais séditieux sont au gouvernement", a renchéri le député LFI de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière.

Quelques gilets jaunes sont montés sur le toit de l’entrée du parking souterrain et guettent l’avancée des CRS.
 
"On est complètement pris en étau", constate, désespéré, un retraité venu de Dax. Malgré la cohue, Hélène, militante révolutionnaire à Lutte ouvrière continue de distribuer ses tracts. Imperturbable. "On viendra tous les week-ends, jusqu’à ce que Macron daigne nous entendre, promet-elle. On s’appelle "Lutte ouvrière", pas "causerie ouvrière". Alors il va falloir se battre." 

Plusieurs fronts se forment, l’un près de la mairie, l’autre dans les rues piétonnes du centre : jets de pavés contre LBD, les affrontements de la fin d’après-midi sont violents.

Sous un déluge de grenades lacrymogènes, la place Pey-Berland se vida très rapidement de plusieurs milliers de personnes : face aux canons à eau, le cortège fut contraint de reculer. 
Mais, sous les applaudissements, Philippe Poutou s’écart des échauffourées pour rejoindre un petit groupe d’ouvriers de l’usine Ford de Blanquefort. Un des leurs tient dans sa main une balle de LBD. "Les gaz lacrymos ça va encore. C’est quand ils tirent au "Flash-Ball" que ça devient dangereux", déclare l’ouvrier syndicaliste et ancien candidat à la présidentielle. 

Sur la place, les CRS procèdent à des interpellations sous les lazzis des gilets jaunes obligés de fuir. Ce samedi, 49 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre.
Le jeudi 7 juin 2018, à l’occasion d’une réunion extraordinaire de son comité d’entreprise (CE), la direction de Ford (US) confirmait l’ouverture "d’une information consultation sur un projet de fermeture" de son site girondin, à Blanquefort, dès la fin juin 2018, précisant l’hypothèse du plan social. 
Débrayage à l'usine Ford de Blanquefort, le 5 mars 2018.
En décembre 2018, la brillante politique économique et sociale du  président n'éloigne pas la perspective d'une fermeture de Ford à Blanquefort: "Avec les millions que l’Etat a injecté, elle est déjà presque publique cette usine," commente le délégué syndical CGT...
L’idée serait de racheter provisoirement cette usine, afin de la revendre au repreneur qui s’est positionné, le groupe franco-belge Punch Powerglide. Ce dernier a présenté une offre qui reprendrait environ 400 salariés, sur les 850 que compte l’usine actuellement.
Alors que la nuit tombait, le gros de la manifestation se dispersa. Cours Pasteur et cours Victor-Hugo, des feux sporadiques furent allumés. Devant les voies du tramway, des casseurs, armés de marteaux et de pieds de biche, s’en prirent aux vitrines des banques non protégées. Face à cela, de nombreux gilets jaunes aidèrent les garçons de café à ranger leur terrasse pendant que les commerçants se dépêchaient de baisser leur rideau de fer. Les petits groupes restants se dirigèrent vers la place de la Bourse. Une centaine de gilets jaunes et de jeunes se rassemblèrent sur le miroir d’eau, là où la journée avait commencé. 
De leur enceinte portative jaillit la voix de Bob Marley : "Get up, stand up, stand up for your rights", 1980, (Lève-toi, dresse-toi, bats-toi pour tes droits, une chanson contre le racisme et l'oppression exercée sur les diverses ethnies issues d'Afrique ou en Afrique même; album 'Burnin' ', En flammes, qui inclut 'I shot the Sheriff') reprennent en chœur les manifestants. 
'I shot the Sheriff' de Jamaïcain Bob Marley est au coeur d'une polémique suscitée par BFMTV qui, le 13 décembre 2018, en diffusa un extrait en musique de fond, lors de son émission spéciale consacrée à la mort du terroriste islamiste Chérif Chekatt, auteur de l’attaque du 11 décembre 2018 à Strasbourg...
Le maire de Bordeaux a appelé Macron à plus de fermeté

Début décembre, Alain Juppé faisait déjà la leçon à Emmanuel Macron


"Le Président doit répondre concrètement à certaines attentes légitimes" a estimé l'ancien Premier ministre, le 9 décembre 2018. Au lendemain du quatrième weekend de mobilisation au cours duquel la ville de Bordeaux avait fait l'objet de nombreuses dégradations, le septuagénaire avait pris la parole lors d'un point presse organisé en compagnie du préfet du département, représentant du gouvernement en Gironde. Si, dans sa déclaration bien construite de pro, il a tenu à "rendre hommage aux forces de l'ordre qui ont été à la hauteur", l'ancien premier ministre des années 90 avait également déploré les scènes de "guérilla urbaine" par "200 à 300 casseurs en fin de défilé", affichant émotion et indignation.
Juppé revivait le douloureux souvenir de 1995
L'allocution du maire de la 5e ville de France (par l'aire urbaine, mais 9e par la commune) a rapidement pris une tournure politique, lorsqu'Alain Juppé a appelé Emmanuel Macron à s'adresser rapidement aux Français. "le Président doit répondre concrètement à certaines attentes légitimes", "mais les gilets jaunes responsables doivent cesser d'appeler à manifester, au risque de convoquer les casseurs à casser" a-t-il estimé.

"Les gilets jaunes et leurs revendications méritent la considération et il doit y avoir des mesures fortes. La surtaxation des carburants est réglée, mais le pouvoir d'achat doit également être abordé, tout comme la situation des salariés aux faibles revenus, la hausse de la CSG,...

Juppé revivait un précédent conflit social qui l'a durablement meurtri
L'acte 6 des Gilets jaunes, un retour aux «années 1930» ? C'est l'avis du gouvernement

La réaction de l'ancien premier ministre de Jacques Chirac est d'autant plus forte qu'en 1995, au moment du plan Juppé sur les retraites et la Sécurité sociale, le locataire de Matigon avait du faire face à une série de manifestations et de grèves d'une grande ampleur qui avait conduit à l'abandon du plan contesté.
Devenu très impopulaire, du fait aussi de l'affaire de son appartement et de celui de son fils Laurent (né en 1967, il est aujourd'hui producteur dans l'audiovisuel), un mois après son entrée en fonction, il dut quitter la tête du gouvernement après la défaite de la droite aux élections législatives de 1997, après avoir prononcé les mots qui caractérisent sa rigidité psychologique "Je suis droit dans mes bottes et je crois en la France". Il ne parvint jamais plus à revenir au pouvoir, ce qui le rendit vindicatif et le remplit de rancoeur. 

lundi 1 mai 2017

Six policiers blessés ce 1er mai : le gouvernement met les syndicats hors de cause

1er Mai violent à Paris :  le ministre de l'Intérieur dénonce les 'casseurs' 

Des incidents ont éclaté dès le départ du défilé du 1er mai à Paris


Des provocations ont marqué le défilé à l'avant du cortège, au départ de la place de la République : on ne peut donc dire "en marge" du défilé syndical, mais c'est pourtant ce qu'écrit la presse aux ordres, soucieuse de déculpabiliser les organisateurs.
Place de la Bastille, des manifestants "insoumis", vêtus de noirs et encagoulés, ont jeté des bouteilles et des cocktails Molotov sur les CRS, dont trois ont été blessés. 
Les gendarmes ont répliqué avec des grenades lacrymogènes. 150 "sauvageons" de Cazeneuve ont été isolés rue de Lyon, à proximité de la place de la Bastille. 
Au total, six policiers ont été blessés selon la préfecture. Parmi eux, 2 CRS blessés légèrement dont un suite à des brûlures, un CRS brûlé sérieusement "au niveau du visage et d'une main", 2 policiers de la Compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) de la préfecture de Police blessés légèrement après des jets de cocktail Molotov. Enfin, une fonctionnaire de la CSI a été blessée à la main lors de la manipulation d'une grenade.  

Seulement cinq personnes interpellées... 



Le cortège, emmené par une intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires
Une partie de la nébuleuse socialiste
a dû s'arrêter à plusieurs reprises, pendant que des militants d'extrême gauche, positionnés à l'avant de la manifestation, 
avec des projectiles parfois trouvés sur place et des cocktails Molotov, trouvaient des cordons de policiers sur leur passage. 
Ces heurts se sont concentrés aux abords de la place de la Bastille, selon des images non pas diffusées par la presse pourtant nombreuse, qui avait reçu des consignes de banalisation, mais sur les réseaux sociaux, en direct, que le pouvoir n'a pu contrôler. 
Des saccages d'abribus et de vitrines ont émaillé le parcours.  

Côté manifestants, "une personne a fait une chute a priori fortuite depuis les marches de l'Opéra" Bastille, selon la préfecture, qui précise qu'un bilan médical est en cours. 


Cinq personnes ont par ailleurs été interpellées, pour port d'arme, violences et dégradations.  Comme il se doit et, sans surprise, en des termes consacrés, Matthias Fekl, le ministre de l'Intérieur, a condamné "avec la plus grande fermeté les violences intolérables commises à l'encontre des forces de l'ordre". Il a lancé un appel au calme.
Le défilé syndical a repris normalement vers 16h avant d'être à nouveau interrompu une heure plus tard. 
Lutte ouvrière


Vers 17h30, de nouveaux heurts ont éclaté place de la Nation, point d'arrivée du cortège.
 
Toutes les artères, sauf le boulevard Diderot, ont été bloquées par des CRS et la situation était tendue. Une borne Autolib a été incendiée et ses vitres ont été brisées. Vers 18h30, le calme était de retour aux abords de la place de la Nation.

jeudi 4 février 2016

Goodyear: les insupportables pressions de la CGT sur la justice

Mobilisation pour les "8 condamnés de Goodyear" et pour la "liberté syndicale" de violenter !

Etat dans l'Etat, la CGT est-elle au-dessus des lois ?
Wamen se tient debout derrière les deux cadres
de Goodyear séquestrés par les cégétistes
La CGT organise des "manifestations de solidarité" à Paris et dans plusieurs villes: prise en otage des usagers du RER  pour demander la relaxe des huit ex-salariés de Goodyear condamnés pour violences à une peine de prison ferme et, plus ridiculement, pour "l'arrêt de la chasse aux sorcières" syndicalistes.
En Ile-de-France, un train sur deux circulait sur les RER A et B, deux des lignes les plus fréquentées en Europe, en raison des préavis de grève déposés par la seule CGT. Le reste du réseau Transilien fonctionnait normalement, comme les lignes de métro, bus et tramway.

Le slogan outrancier "réprimés, méprisés, stop"

Un millier de militants d'extrême gauche s'est rassemblé place de la Nation à la mi-journée. En vedettes, les huit anciens de Goodyear sont montés à la tribune, ainsi que le leader de la CGT, Philippe Martinez, alors que l'altermondialiste Sanseverino (candidat aux élections régionales de 2010 sur la liste Europe Écologie à Paris) et HK et Les Saltimbanks (groupe lillois) monteront aussi sur scène.

Les militants de Nord-Pas-de-Calais-Picardie sont venus en nombre. Pas moins de dix-huit autocars ont été affrétés par la CGT pour les acheminer, selon l'ancien délégué CGT Goodyear, Mickaël Wamen, l'un des huit condamnés.
Ce dernier a demandé "l'arrêt des poursuites" contre les anciens salariés de Goodyear, condamnés le 12 janvier à 24 mois de prison dont neuf ferme - une peine inédite - pour la séquestration de deux cadres. Le Parquet avait décidé de les poursuivre malgré le retrait de plainte des dirigeants séquestrés.

La gauche radicale avait alors accusé le gouvernement d'être à la manoeuvre.
 
Le Premier ministre Manuel Valls avait répondu à ces accusations en portant un jugement ambigu - pour contenter tout le monde - sur la décision du tribunal: "La justice est indépendante", tout en reconnaissant une peine "indéniablement lourde".

D'autres manifestations devaient émailler la journée dans plusieurs villes (Nantes, Nice, Toulouse ...).
A Strasbourg, une centaine de militants est descendue dans la rue jeudi matin pour exprimer sa solidarité. La condamnation des ex-Goodyear "menace la liberté d'expression" des salariés et constitue une "atteinte" à l'exercice de la liberté syndicale, a affirmé Bruno Pannekoecke, délégué CGT chez le sous-traitant automobile Punch.

Une répression judiciaire sans précédent...
"La condamnation des ex-Goodyear, c'est une attaque contre tous les travailleurs. Qui se lèvent pour dire "ça suffit !"", a déclaré sur Sud Radio Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière).
Pour Philippe Martinez, le patron de la CGT, il faut que la "criminalisation de l'action syndicale cesse". Et la "solidarité", "rapide, spontanée et très large", observée depuis leur condamnation, est "une excellente réponse au gouvernement et au patronat qui lance une campagne de dénigrement du syndicalisme, et en particulier de la CGT", assue-t-il dans un entretien à... L'Humanité, le quotidien communiste.

Cette mobilisation "va se poursuivre" pour "défendre les Goodyear, mais aussi l'ensemble de nos syndiqués menacés", promet-il. 
Image du syndicalisme français en Europe
Martinez rappelle le cas des "camarades d'Air France", autres militants violents qui aliment le "dénigrement du syndicalisme" pour avoir arraché des chemises de plusieurs cadres de la compagnie aérienne nationale, notamment celle du DRH ils avaient été convoqués devant la justice en mai  pour les violences commises lors du CCE  avait vu sa chemise arrachée. Mais "notre souci est de n'oublier personne, car il n'y a pas de petites et de grandes attaques contre les syndicalistes".

Aujourd'hui, Martinez (CGT) déclare: "Les militants
ne sont pas là pour se faire taper dessus
"
La pétition lancée par la CGT pour demander la relaxe en appel des ex-Goodyear a recueilli plus de 150.000 signatures de partisans de la violence. Dans son exploitation politicienne de la ligne socio-libérale de l'exécutif socialiste, elle accuse notamment François Hollande et son gouvernement d'avoir "décidé de déclencher une répression sans précédent des syndicalistes qui luttent dans les entreprises". La CGT dit observer une "multiplication" de cas depuis l'affaire des cinq militants CGT de Roanne, fonctionnaires de la Défense et agents hospitaliers, poursuivis pour avoir refusé un prélèvement ADN, avant d'être relaxés en 2013. En novembre 2012, ils avaient été reconnus coupables par la cour d’Appel de Lyon de "dégradations en réunion", mais dispensés de peine, pour avoir inscrit des tags sur un mur de la sous-préfecture de Roanne, lors d’une manifestation contre la réforme des retraites en 2010.

vendredi 19 décembre 2014

Le tombeur FN du maire PS de Hayange déclaré inéligible pour un an

La justice au secours de la gauche: le maire FN de Hayange déclaré inéligible pour un an 

Le maire FN de Hayange a été déclaré inéligible pour un an


Le tribunal de Strasbourg  a condamné ce cégétiste rallié au Front national pour "manquement d'une particulière gravité" dans ses comptes de campagne.

Le tribunal a condamné Fabien Engelmann sur 1.575 euros de frais de création et d'impression de tracts électoraux que le candidat aurait omis d'intégrer à ses comptes de campagne, dont le total déclaré s'élevait à quelque 12.000 euros.
La somme aurait été avancée par une colistière, son ex-première adjointe Marie Da Silva aujourd'hui entrée en dissidence. Mais pour Fabien Engelmann, il s'agit d'une "erreur technique" et non d'une "fraude", comme l'en accuse Marie Da Silva. "M. Engelmann ne peut se prévaloir que les paiements auraient été effectués à son insu par sa colistière, car il n'apporte aucun élément pour corroborer" cette thèse, a estimé mardi la magistrate Guénaëlle Haudier, rapporteur public, nouvelle appellation du commissaire du gouvernement, au sein du Conseil d'État depuis le 1er février 2009, pour créer l'illusion de leur indépendance.

Ancien cégétiste rallié au Front national

Un symbole du glissement de l'extrême gauche à l'extrême droite
Ouvrier territorial à Nilvange, Fabien Engelmann, 35 ans, avait commencé par adhérer à Lutte ouvrière (2001-2008) qui en avait fait sa tête de liste trotskiste aux élections municipales de 2008 à Thionville.

Il a rejoint par la suite le NPA en 2009. "Sidéré par la candidature d’une femme voilée, il quitte le parti d’Olivier Besancenot et rejoint Marine Le Pen, "une femme gauloise au sacré culot". 
Sa candidature aux cantonales de 2011 lui vaudra son exclusion de la CGT. "J’ai ouvert les yeux sur l’immigration et sur l’islam", explique Fabien Engelmann. Pour lui, "la préférence étrangère est une injustice scandaleuse. À voir la politique du PS, qui trahit les classes populaires, Jean Jaurès doit se retourner dans sa tombe". À l’en croire, "le vote FN n’est plus un vote de contestation mais un vote d’adhésion." 
Dans sa ville, l’ex-syndicaliste pointe le matraquage fiscal et "l’escroquerie à la charité" sur la question des Rom. "Ici, l’affaire Leonarda a fait rire tout le monde, relève-t-il. Et Hollande qui se met à genoux devant cette gamine…" Dans la ville, "il n’y a même plus de boucheries françaises dans le centre, mais deux boucheries halal"!

Candidat du Front national en mars 2012, il avait fini en tête du second tour des élections municipales avec 34,7% des suffrages devant le maire socialiste sortant, Philippe David.
Il a d'ores et déjà déclaré qu'il fera appel. "Le Front national est derrière moi, Marine Le Pen également, et bien entendu nous allons faire appel au Conseil d'Etat", a-t-il déclaré, rappelant que son recours était suspensif.

Cette condamnation va-t-elle lui coûter son fauteuil ?

Fabien Engelmann et Marie da Silva
Cette décision ne contraint pas l'élu frontiste à la démission dans l'immédiat, Fabien Engelmann prévoyant "bien entendu" de faire appel, et d'aller devant le Conseil d'Etat, si besoin.

Si la décision venait à être confirmée en appel, l'élu serait poussé à la démission, mais cela n'entraînerait pas automatiquement de nouvelles élections. Le premier non élu de la liste du maire déchu ferait son entrée à sa place au conseil municipal, lequel devrait alors se réunir pour choisir un nouveau maire.

Sur BFMTV, il a dénoncé une justice à deux vitesses.
Avant ce jugement , il avait également chargé la presse. "Les media n'ont pas hésité à m'accuser de tous les maux : fraudeur, magouilleur, tricheur, incapable", a-t-il accusé. "Je n'ai trompé personne, ni magouillé, ni fraudé l'Etat et encore moins les habitants de la ville", a souligné le maire.

La gauche chassée de Hayange entretient la polémique
Des socialistes, dont Gilles Wobedo, président de l’association "Hayange plus belle ma ville" qui mena la querelle des wagonnets de mine repeints aux couleurs tricolores, critiquent la gestion de leur ville perdue, près de 16. 000 habitants, sinistrée depuis la crise de la sidérurgie lorraine. Outre la procédure devant la justice administrative, les comptes de campagne du maire sont visés par une enquête préliminaire du Parquet de Thionville, ouverte en septembre à la suite d'une plainte de son ex-première adjointe, Marie Da Silva.
Après cinq mois à la mairie FN d'Hayange en Moselle, Fabien Engelmann avait décidé de retirer ses délégations à sa première adjointe, estimant qu'il était "impossible" de travailler avec elle, révéla, le jeudi 28 août, le "Républicain Lorrain", propriété du groupe mutualiste Crédit Mutuel-CIC (la BFCM, Banque fédérative du Crédit mutuel). Le quotidien régionale écrivait que Maria Sa Silva ne supportait plus "les dérives autocratiques" du maire.

Dans son numéro du 28 décembre 2011, Le Canard enchaîné révéla que les agences de presse appartenant au Crédit mutuel (notamment Le Républicain lorrain) ont accès aux informations bancaires des clients du groupe ce qui donne lieu à une enquête de la CNIL.

samedi 7 juillet 2012

Le NPA se vide et s'en prend aux communistes

Besancenot critique le positionnement "ambigu" du FG qui aspire ses militants
Besancenot (NPA) a minimisé les nouveaux départs de cadres du NPA vers le FG qui doivent être actés ce week-end.

Une conférence nationale des trotskistes du Nouveau parti anticapitaliste se tient samedi et dimanche à huis clos à Nanterre, au cours de laquelle doit être officialisé le départ du parti du courant "Gauche anticapitaliste" (GA), mené notamment par Pierre-François Grond, ex-bras gauche d'Olivier Besancenot.

Interrogé sur Europe 1, le médiatique facteur, ex-candidat NPA aux présidentielles de 2002 et 2007, a assuré que ces départs ne compromettent pas l'avenir de sa formation, considérant simplement que "c'est le dénouement d'une crise qui nous travaillait depuis des mois, avec le départ déjà annoncé d'une partie de notre organisation au Front de gauche", a déclaré le Che Besancenot.
"On est dans des basses eaux, on l'assume. On est en difficulté, on l'assume aussi. Mais on est là, toujours et bien là, y compris du point de vue des mobilisations", a-t-il encore ajouté, comme on lui demandait s'il y avait une place pour le NPA au côté du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.

Le NPA a aussi critiqué le discours "ambigu" du Front du Gauche (PG-PCF)
Il a comparé samedi son positionnement à un "ni-ni", ni participation au gouvernement, ni opposition. 

A la différence du FG, "nous, on est dans l'opposition, à la gauche du gouvernement, et on l'assume", a-t-il asséné. "Aujourd'hui la direction du Front de gauche tient un discours un peu plus ambigu (...) On nous explique que c'est un peu le 'ni-ni, on n'est ni au gouvernement, ni dans l'opposition'. Et pour nous, ça n'est pas le bon positionnement pour préparer les ripostes de demain".

Ciblant le FG, mais aussi les autres trotskistes de Lutte Ouvrière, Olivier Besancenot a renouvelé son appel aux formations de la gauche de la gauche à former un front unitaire "qui lutte concrètement contre l'austérité" et contre le Pacte européen de stabilité budgétaire.

A propos de la conférence sociale qui se tient lundi et mardi, réunissant les partenaires sociaux et le gouvernement, il a lancé : "Je crois que ce sommet social ne sera pas difficile à grimper pour le Medef, vu ce qui est annoncé. Le coup de pouce pour le SMIC, personne n'y croit !"



lundi 2 avril 2012

Nancy: Sarkozy rappelle ce qu'il a fait pour Florange


Le président-sortant a fustigé l'action partisane de la gauche politique et syndicale



15 mars à Paris: des métallurgistes CFDT, CGT et FO manifestent violemment devant le QG de campagne du candidat Sarkozy

 

Les syndicats se mêlent ouvertement de politique



La CGT est entrée en opposition frontale

Mardi 31 janvier, la CGT a clairement appelé à un changement à la tête de l’État.
Cette prise de position publique marque une rupture des organisations syndicales avec leur relative neutralité traditionnelle face aux échéances électorales.

Au meeting que la centrale syndicale communiste tenait dans au Zénith le 31 janvier pour revendiquer le retour à la retraite à 60 ans, la salle a été incitée à huer le nom de Nicolas Sarkozy.

Mais surtout, Bernard Thibault, qui appelle à manifester contre l’austérité, a lancé : " Vous aurez du mal, Monsieur le futur candidat (?), à trouver dans cette salle et chez ceux qui nous écoutent beaucoup de supporteurs pour vous aider à rempiler cinq ans de plus à l’Élysée. "



Au premier rang, quatre candidats de l'extrême gauche étaient à la fête

Jean-Luc Mélenchon, du Front de gauche, avec lequel Bernard Thibault a récemment tenu une conférence de presse commune, les trotskistes Philippe Poutou (syndicaliste CGT et NPA), avec  Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière (LO) ainsi que Gro-Eva Joly d’Europe Ecologie-les Verts (EELV). 


Outre la candidate altermondialiste binationale,
le Parti socialiste, lui, s’était fait représenter par Jean-Marc Ayrault

Les partis de droite et du centre, quant à eux, n’avaient pas été conviés...

Le président-candidat avait donc de bonnes raisons de villipendér, outre la radicalisation de la gauche, son "incompétence affichée" dans sa manière d'aborder le dossier du site ArcelorMittal de Florange.


Puis il a énoncé quelques faits que la propagande dénature
"Qui a dû discuter pied à pied avec les actionnaires d'ArcelorMittal ?, a-t-il interrogé. 
Nicolas Sarkozy a d'ailleurs expliqué qu’il ne laisserait "jamais tomber la sidérurgie parce que ma conviction, c'est que la production d'acier est essentielle pour une grande économie comme l'économie française".
Nicolas Sarkozy était donc particulièrement justifié à fustiger l'entrée des syndicats sur la scène politique, parrainés par le PS.

Lundi 2 avril, interrogé sur l’aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) dans un entretien à L’Est Républicain, Le Républicain lorrain et Vosges Matin, Nicolas Sarkozy a mis sur la place publique le rôle néfaste de la confédération et singulièrement des " permanents de la CFDT " du site, après ceux d'ailleurs de SeaFrance, à propos desquels le secrétaire général, François Chérèque, avoua sur RTL en janvier avoir "un peu honte" du comportement "pas honorable" des militants de la CFDT.


Le candidat fait valoir les efforts du président Sarkozy

Nicolas Sarkozy évoqua les métallos de la CGT


"Ils trahissent la confiance des salariés." Ils sont venus m’insulter et essayer de casser mon siège de campagne.
" Mais " nous accuser d’avoir voulu casser son QG de campagne alors que nous étions venus à Paris pour dialoguer, c’est instiller la haine et le mensonge ", a aussitôt prétendu Édouard Martin, l’un des syndicalistes visés, omettant de préciser que le rendez-vous était prévu le lendemain !...

Le président-sortant a épinglé les élus socialistes



A Nancy, Nicolas Sarkozy n'a pas épargné Aurélie Filippetti raillant "l'incompétence affichée" dans sa manière d'aborder le dossier du site Arcelor Mittal  pour qu'à Florange on remette 17 millions d'euros ? (...) Je les ai obtenus de l'actionnaire d'ArcelorMittal, je me suis battu pour cela (...) C'était mon devoir."

Membre de l’équipe de campagne de François Hollande,
la députée PS de la circonscription de Florange avait accusé Nicolas Sarkozy avec brutalité de "démagogie anti-syndicale".

"Je vois que Mme Filippetti est bien bavarde quand il s'agit de parler de moi. Mais qu'est-ce qu'elle a fait pour convaincre les actionnaires? 

Le chef de l'État a également apporté les mises au point qu'imposent les caricatures de son adversaire de gauche, François Hollande

"J’ai tenu mes engagements, je les tiendrai. Quant aux autres, qu’est-ce-qu’ils font ? " a-t-il interrogé. Il a d'ailleurs évoqué la légèreté du candidat socialiste qui "a pris un engagement qu’il tiendra. Il est venu et a dit – je ne promets rien –, il tiendra", a-t-il déploré.

Le candidat de la gauche a donc reçu son petit paquet-cadeau
Quant à monsieur Hollande, il a pris un engagement qu'il tiendra. Il est venu et il a dit : 'Je ne promets rien'. Et "il tiendra !", a-t-il ironisé

Il a encore cité le candidat de la gauche qui pensait se flatter: "Quand je ne suis pas sûr, je ne dis rien". Une fine remarque sur laquelle le chef de l'Etat le railla : "Il ne dira rien" !

"Dans mon identité, le mot renoncement n'existe pas, j'essaie toujours, je me bats toujours", commenta-t-il.
Il a insisté sur les 17 millions d'euros d'ArcelorMittal qu'il a obtenu pour les salariés de Florange.  "Je les ai obtenus de l'actionnaire d'ArcelorMittal, je me suis battu pour cela (...) C'était mon devoir", a souligné Nicolas Sarkozy à l'attention de ses détracteurs de mauvaise foi.

Avant cette réunion publique, Nicolas Sarkozy a visité la centrale solaire de Toul-Rosières, la plus grande d'Europe, installée sur une base aérienne désaffectée et qui doit produire à partir de l'été prochain l'équivalent de 115 mégawatts, soit la consommation d'une ville de 60.000 habitants. "Je crois à la vocation industrielle de la Lorraine qui a beaucoup souffert", a-t-il assuré devant les salariés enthousiaste de la centrale, construite par EDF Energies Nouvelles.