POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Ayrault. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ayrault. Afficher tous les articles

vendredi 18 mars 2016

Ségolène Royal dézingue Valls en ciblant Stéphane Le Foll

Le porte-parole du gouvernement n'a-t-il pas droit à la parole dans le périmètre Royal ?  

La parole éclatée du gouvernement

La ministre de l'Environnement réclame l'exclusivité dans son domaine.
Jalouse de ses attributions, Ségolène Royal n'a pas apprécié que son homologue à l'Agriculture s'empare de ses sujets de prédilection et l'a méchamment rappelé à l'ordre sur BFMTV ce jeudi 17 mars, critiquant les prises de position de Stéphane Le Foll sur Notre-Dame-des-Landes et les pesticides.

A quelques heures d'intervalles, le 21 février 2016, les ministres Ayrault et Royal ont affiché leurs divergences sur le périmètre de la consultation locale sur lequel F. Hollande s'est engagé le 11 février dernier, qui sera organisé d'ici la fin de l'année et qui décidera de l'avenir de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le ministre des Affaires étrangères, ancien Premier ministre et ex-député-maire de Nantes s'est déclaré en faveur d'une consultation limitée au département de la Loire-Atlantique. "Il faut que ce soit le périmètre le plus proche du territoire impacté", a déclaré Jean-Marc Ayrault sur France 3.
A l'inverse, Ségolène Royal s'est prononcée en faveur d'un référendum  élargi aux autres départements de la région. "Au départ, tout le monde était contre ce référendum et maintenant, ce référendum est réclamé", avait souligné la ministre de l'Environnement, faisant référence aux quatre départements limitrophes de la Loire-Atlantique qui avaient exigé d'être inclus dans cette consultation locale. "S'ils réclament de voter, on ne va pas s'en plaindre", avait-elle estimé, lors de l'émission Le Grand Rendez-Vous sur Europe 1/Le Monde/i-télé.

Le 15 mars, le premier ministre, Manuel Valls, a tranché en faveur d'une consultation en juin et limitée à la seule Loire-AtlantiqueUn arbitrage conforme au souhait des plus fervents partisans du projet, notamment le ministre des Affaires étrangères et ancien maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault.
"On a choisi ce périmètre pour que le oui l’emporte, c’est le seul critère", a tempêté le maire (sans étiquette) de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud, co-président de l’association des élus opposés à l’aéroport.

Royal fait du projet controversé d'aéroport en Loire-Atlantique son domaine réservé

L'ex-épouse répudiée a jugé que les ministres n'ont pas à "donner des indications" sur ce que serait leur vote au référendum local. "Ce n'est pas aux membres du gouvernement de se prononcer", a jugé la ministre de l'Environnement. Stéphane Le Foll venait en effet de prendre position en favorable du projet, tandis que le secrétaire d'État à la Réforme et à la Simplification, l'écologiste Jean-Vincent Placé, avait également fait de même, en appelant en revanche à voter contre. "On ne peut pas à la fois restreindre (la) consultation au département de Loire-Atlantique et ensuite, quand on n'est pas de ce département de Loire-Atlantique, commencer à donner des indications (de vote), surtout quand on est membre du gouvernement", gronde Ségolène Royal.

Le Premier ministre a indiqué mardi que le référendum aurait lieu "avant l'été, au mois de juin"  et qu'il serait limité au seul département de Loire-Atlantique. Or, les opposants le considèrent comme plus favorable à l'adoption du projet et dénoncent donc un arbitrage partisan de Manuel Valls. Interrogée sur les propos de Jean-Vincent Placé (voir Emmanuel Cosse, manifestant contre NDDL, ci-dessus, et actuelle ministre du gouvernement), Ségolène Royal explique : "ce n'est pas que ça me choque, mais c'est un peu incohérent avec l'ordonnance", prise jeudi, qui prévoit la consultation en Loire-Atlantique. "Ceux qui ne sont pas dans ce département normalement n'ont pas leur avis à donner", estime-t-elle.

Le ministre n'est pas sur la même ligne que sa collègue
Il était favorable à un référendum élargi aux départements limitrophes et souligne qu'en tant qu'"organisatrice" et "médiatrice", Ségolène Royal doit "garder une attitude impartiale par rapport à cette question-là et faire en sorte que l'organisation de la consultation se fasse dans les meilleures conditions".

L'ordonnance sur le référendum, qui modifie le code de l'Environnement, doit être transmise pour consultation au Conseil national de la transition écologique (CNTE) qui réunit représentants d'ONG, collectivités, syndicats, patronat et parlementaires. "Si au cours de cette consultation, il y a des idées qui émergent et qui peuvent permettre d'avoir un critère objectif de consultation au-delà du département, pourquoi pas ?", estime Ségolène Royal. "À ce moment-là, nous en rediscuterons avec le Premier ministre pour dire : 'voilà ce qui ressort de la consultation, voilà comment je vois les choses, on en parle et on reprend une décision'", explique-t-elle.

La ministre de l'Environnement a également défendu son pré carré sur les pesticides

L'amère Royal a réagi sèchement à la lettre adressée par Stéphane Le Foll aux parlementaires, leur demandant d'éviter "l'interdiction brutale" de certains insecticides. Alors que l'Assemblée examine le projet de loi sur la biodiversité, le ministre de l'Agriculture a adressé aux députés un courrier pour leur demander de ne pas "interdire en France ce que les autres pays (de l'UE) autorisent". Les parlementaires doivent notamment se prononcer sur l'avenir des insecticides néonicotinoïdes, "tueurs d'abeilles" déclarés toxiques pour l'environnement et la santé. Dans sa lettre datée du 11 mars, Stéphane Le Foll estime également que les voies "alternatives ne présentent aucune garantie supplémentaire pour les pollinisateurs, bien au contraire".

Un procédé qui a "un peu surpris" Ségolène Royal, qui assure toutefois n'être "par du tout en colère". "Ça fait parti du débat, plus rien ne m'étonne en politique", explique-t-elle. Mais la ministre a souligné sur BFMTV que les néonicotinoïdes sont "non seulement nuisibles pour les pollinisateurs [comme les abeilles], mais qu'on se rend compte maintenant que ça a des perturbations aussi sur le cerveau des êtres humains". 

La peste prend de haut le sujet et le grand escogriffe 
"Je comprend sa préoccupation au sens où il défend les agriculteurs qui lui disent qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Moi, je connais beaucoup d'agriculteurs qui commencent à faire autrement", a souligné l'énarque, estimant sa qualification supérieure à celle de son collègue d' 1 m 89 mais bac +2 (titulaire d'un BTS en produits agricoles et pourtant chargé de cours à l'université de Nantes de 1998 à 1999). Et de préciser: "On sait que maintenant il y a des substituts aux néonicotinoïdes et au glyphosate", un autre produit phytosanitaire dont elle "espère que bientôt ce sera interdit aussi pour l'agriculture car les premières victimes ce sont les agriculteurs, leurs familles et leurs enfants".

"Il vaut mieux dire clairement les choses et ensuite que les décisions soient prises dans l'intérêt général et surtout en regardant le futur, pas le passé", a méchamment taclé Ségolène Royal fustigeant "les combats d'arrière-garde sur le maintien notamment des pesticides". "Aujourd'hui, il y une femme sur 10 qui est touchée par le cancer du sein et on continuerait à faire comme si de rien n'était par rapport aux pesticides ? c'est inacceptable".

lundi 11 janvier 2016

Hollande enverrait Laurent Fabius sommeiller à la présidence du Conseil constitutionnel

Un septuagénaire au Conseil constitutionnel: le Sénat paraît jeune !

Le ministre français des Affaires étrangères est donné favori pour une nomination à la présidence du Conseil constitutionnel

Fabius pris d'un malaise à Prague en août 2015
François Hollande doit annoncer en février son choix pour succéder à Jean-Louis Debré, qui quittera ses fonctions en mars prochain, et deux sources au Parti socialiste ont confirmé l'idée d'une nomination prochaine de Laurent Fabius.
"C'est plus que fondé, c'est quasiment certain", a déclaré lundi un responsable socialiste anonyme qu'on imagine bien membre du réseau du ministre français des Affaires étrangères.

Trois nouveaux membres du Conseil constitutionnel doivent être nommés en février, respectivement par les présidents de la République, du Sénat et de l'Assemblée, pour remplacer Jean-Louis Debré, Renaud Denoix de Saint-Marc et Guy Canivet, qui arrivent en mars au terme de leur mandat de neuf ans non renouvelable.

Laurent Fabius n'a ni démenti ni confirmé.
"Je ne rentre pas dans ces spéculations et, de toute façon, je conserve mon rôle de président de la COP21", a déclaré le chef de la diplomatie française lors de ses voeux. En clair, ce siège convoité pourrait en effet lui échapper: il est officiellement à la tête de la COP jusqu'en... novembre prochain !
Un cumul des fonctions de président du Conseil constitutionnel et de la COP21 paraît difficilement compatible, les Sages étant soumis à une obligation de réserve.
Un responsable socialiste qui, cette fois, milite pour un autre réseau, a abondé dans le même sens, estimant qu'il s'agit surtout pour Laurent Fabius de faire monter les enchères avant sa nomination au sein du cénacle de 12 personnes- Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, deux anciens présidents de la République qui en sont membres de droit, n'y siégeant plus depuis respectivement 2013 et 2011.

Les rivaux de Fabius

Pour succéder à Fabius au Quai d'Orsay, des noms circulent: 
Martine Aubry, 65 ans, qui n'a pas ou peu d'expérience à l'international, mais qui pourrait être muselée, 
Jack Lang, 76 ans, ancien ministre de la Culture et qui s'étiole à l'Institut du monde arabe, 
Bertrand Delanoë, 65 ans, qui n'est pas juriste, mais se tient en réserve de la République depuis qu'il a quitté la mairie de Paris en 2014, 
Elisabeth Guigou qui, à 69 ans, est présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. 
Segolène Royal, 62 ans, qui est candidate à tout poste de prestige et se verrait bien succéder à son vieil adversaire Laurent Fabius. mais qui a échoué au perchoir...
Toutes ces personnalités souffrent du même handicap: ce sont des chevaux de retour de l'époque mitterandienne et le changement promis par Hollande serait une fois de plus absent au rendez-vous du quinquennat.   
Fabius en ajoute un souci d'ordre personnel: son fils Thomas est sous le coup d'un mandat d'arrêt aux Etats-Unis et il a dû démentir les signes répétés d'une santé chancelante. L'avenir pourrait s'annoncer moins radieux que prévu.

Les personnalités libres pour une accession au Conseil constitutionnel
Les trois noms de membres du Conseil le plus souvent cirés:
la ministre de la Justice, Christiane Taubira
du ministre des Finances, Michel Sapin
et de l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault sont également cités pour la nomination qui sera effectuée par le président de l'Assemblée Claude Bartolone.
Mais là encore, l'Elysée pourrait faire pression sur le battu des régionales en Ile-de-France pour mettre au placard les personnalités encombrantes.

C'est le président de la République qui nomme le président du Conseil Constitutionnel.
Les potentiels successeurs de Jean-Louis Debré s'agitent, prêts à manœuvrer pour récupérer un poste si prestigieux. Ni Jean-Louis Bianco, 73 ans, ni Lionel Jospin ne refuserait de faire don de sa personne, voire même un avocat sexagénaire, Jean Glavany
C'est surtout l'ancienne garde des Sceaux, Elisabeth Guigou, encore elle, qui, toque blonde et casaque noire et blanche, paraît sortir en tête de la dernière ligne droite - par défaut, si Fabius n'obtient pas de l'ONU d'être dégagé de ses obligations à la COP21 -, d'autant qu'il est de tradition ces dernières années de respecter une certaine parité hommes-femmes et de trouver un équilibre entre juristes et politiques dans ces nominations.

dimanche 10 mai 2015

Réforme du collège: les"pseudo-intellectuels qui relayent des contre-vérités" auront affaire à Vallaud-Belkacem

NVB prend ses détracteurs de très haut

Najat-Vallaud Belkacem sait mieux que les meilleurs

La ministre de l'Education s'adresse aux... inquiets ! Ce dimanche 10 mai, elle se veut rassurante en leur disant avoir finalement "entendu les inquiétudes" que fait planer sa réforme du collège

Tout reste à faire pour bientôt. "Parce que j’ai entendu les inquiétudes, je fixerai des objectifs très ambitieux aux recteurs", affirme Najat Vallaud-Belkacem au Journal du dimanche. Ainsi décrète-t-elle que -dès 2016- le nombre d'élèves apprenant l'allemand devra passer de 178.000 à 200.000 en primaire et de 487.000  à 515.000 au collège, précise-t-elle, au millier près, reprenant les chiffres déjà lancés jeudi par François Hollande.
De très nombreuses voix se sont élevées en Allemagne comme en France pour s'alarmer des conséquences de la réforme des collèges sur l'enseignement de l'allemand avec, en particulier, la suppression des sections européennes et des classes bilangues.
Mais NVB fait du quantitatif au détriment du qualitatif
La réforme du collège doit permettre notamment de débuter l'apprentissage d'une deuxième langue en 5e, un an plus tôt qu'auparavant, alors que les entrants au collège ne maîtrisent pas le français en 6e, on le sait. Et ce que ne précise pas la presse -qu'elle soit incompétente, à la botte ou les deux- c'est que les horaires seront réduits en compensation: la logique comptable reprend ses droits.
"En d'autres termes, nous élargissons la logique des classes bilangues à plus d’élèves", si toutefois les parents sont séduits par cette machine arrière: avant même que l'immigration massive augmente les difficultés des enseignants, l'apprentissage de l'allemand avait en effet été jugé difficile en première langue dès la 6e et repoussé en 4e, une fois venues la maîtrise du français et la maturité intellectuelle. La ministre assure pourtant que "nous améliorons l’apprentissage de la deuxième langue vivante pour tous," indépendamment de la surcharge imposée aux étrangers, clandestins ou non, qui s'imposent un effort particulier en langue française. Et de commenter: "C’est une réelle avancée". 

Najat Vallaud-Belkacem est dans l'apparence plutôt que dans l'efficacité
Elle maintient ainsi "qu'il y aura plus d'élèves qui apprendront le latin" avec cette réforme. Pour l'heure, celle-ci essuie pourtant de virulentes critiques de spécialistes. L'enseignement du latin, actuellement débuté en 4e et généralement abandonné en fin de 2e, n'assure qu'un vernis de connaissances, car il est à peine plus qu'un prétexte à un regroupement dans des classes, non pas élitistes, mais de protection contre les trublions.

La contestation est d'ailleurs venue de la gauche
Plusieurs voix très écoutées au PS ont émis des réserves. Outre Julien Dray, proche de François Hollande, qui a appelé mercredi à "reprendre la réforme", l'ex-premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien professeur d'allemand, s'était aussi placé au rang des "inquiets" de la disparition des classes bilangues.


Vallaud-Belkacem va devoir aussi apaiser les historiens

Car la colère gronde aussi chez les syndicats d'enseignants, qui appellent à la grève le 19 mai. La manipulation des programmes d'histoire a également échauffé les esprits. Il est prévu de diviser l'enseignement en sous-thèmes, certains obligatoires, d'autres facultatifs, ce qui fait craindre à certains que des périodes soient occultées, notamment par les adhérents de la FSU, syndicat dominant, mais aussi bien par ceux de SUD-éducation, voire d'UNSA-éducation, au profit d'autres sur l'esclavagisme, le colonialisme ou l'islam.

Et de nombreux intellectuels ont fait entendre leur voix. Le philosophe Michel Onfray, l'essayiste Régis Debray (castriste), le journaliste Jacques Julliard (L'Obs)… Tous, avec l'opposition, ont fustigé à la fois la réforme du collège, mais aussi celle des programmes, qui fait débat sur la liberté de choix des thèmes abordés en histoire, bien que François Hollande dise être "très attentif".

Décidée à tenir son rang, la ministre dans la tourmente affirme son autorité. "J’ai aussi décidé de nommer un délégué ministériel à la promotion de l’allemand qui sera chargé d’y veiller", ajoute la ministre sans plus de précision. et, à défaut d'avoir déjà décidé, elle annonce par voie de presse qu'elle va charger un délégué ministériel de veiller à la "promotion" de cette langue.

Elle compte ainsi réunir "prochainement" "des historiens de renom comme 
Pierre Nora (membre de l'Académie française, connu pour ses travaux sur le 'sentiment national' et sa composante mémorielle, et qui signa en 2008 l'Appel de Blois 'Liberté pour l'Histoire', engageant les historiens à lutter contre une moralisation rétrospective de l'histoire et une censure intellectuelle), Jean-Pierre Azéma (spécialiste de l'histoire du Régime de Vichy et de la Résistance, professeur honoraire à l'IEP de Paris, qui a signé en 2007 l'"appel des intellectuels" en faveur de la candidate PS, Ségolène Royal) et bien d’autres, pour que le travail [commencé sans eux] bénéficie de leur regard et de leur expertise". "L’enseignement de l’histoire doit bien être un récit qui raconte notre appartenance à la communauté nationale, pas seulement une succession de dates. Mais il faut veiller à ne pas instrumentaliser ce récit", concède-t-elle.

La méthode NVB: agresser en se disant rassurante

"Cette réforme du collège doit s’appliquer à la rentrée 2016", "malgré les critiques et la polémique qui enflent, alors Najat Vallaud-Belkacem promet qu'elle "continuer(a) [sic] d’écouter, de rassurer, d’expliquer. 

Elle s'en prend pourtant aux "pseudo-intellectuels qui relayent des contre-vérités", avec une légèreté ahurissante, cautionnant de leur statut d'intellectuels des mensonges éhontés qui brouillent la compréhension".
"Quand Pascal Bruckner explique, par exemple, dans une interview, qu'on va supprimer le latin, le grec et l'allemand pour les remplacer par des cours d'improvisation, comment ne pas tomber de sa chaise?", caricature-t-elle. Elle accuse aussi la droite de vouloir "réduire de 300.000 le nombre d'enseignants dans ce pays".

Le premier parti de France n'est pas non plus convaincu et voit un "nivellement par le bas". 
En qualité de secrétaire d'État bilangue lui-même aux Affaires européennes, à la différence de Jean-Philippe Harlem Désir, le député UMP de l'Eure, Bruno Le Maire, est l'un des opposants les plus éclairés.
Pour l'ancien ministre, "cette réforme est un long processus de déculturation de l'Education nationale et de nos enfants, un renoncement aux savoirs fondamentaux et aux exigences". Invitée d'Europe 1 le 11 mars dernier, la ministre avait fait le constat que "les élèves s'ennuient" et proposait des "enseignements pratiques interdisciplinaires" pour y remédier. Une erreur de stratégie, pour Bruno Le Maire : "Les enfants s'ennuient, on va les divertir. Eh bien, désolé, le collège et l'école ne sont pas là pour amuser et divertir les enfants", tonne-t-il sur Europe 1 également. Le député insiste pour que l'Education nationale soit "là pour les préparer à entrer dans la société et la vie professionnelle le mieux armé possible. Cette réforme ne va pas dans ce sens".

lundi 24 mars 2014

Jean Glavany tacle Jean-Marc Ayrault

La défaite fait sortir les contestataires socialistes du bois

Le député socialiste se dit "inquiet" face à une "gauche éreintée"
Des défaites, l'ancien collaborateur de François Mitterrand en a vu d'autres. Sur son blog, Jean Glavany ne se retient plus de communiquer son amertume au lendemain du premier tour des municipales. Parlant d'"un gros coup sur la tête" et de "la gauche (qui) sort éreintée" de ce premier tour, l'élu des Hautes-Pyrénées souligne cependant que cela n'avait "rien d'étonnant" 
Il assure qu'il l'avait vue venir et en avait prévenu "nos gouvernants" depuis "des mois".

'L'électorat de gauche va s'abstenir', annonçé-je ... et il s'est abstenu. 
qu'il est de gauche et ne vote donc pas à droite. Mais parce qu'il est mécontent de la gauche qui gouverne et voulait lui mettre une taloche. Ca, c'est fait !", ajoute l'ancien ministre de Lionel Jospin.

Il reproche au premier ministre son "ahurissante allocution" de dimanche soir.

"A écouter l'ahurissante allocution du premier ministre hier soir,
commentant les résultats comme on commente les chiffres du chômage,  et incapable de tenir un discours mobilisateur, je l'avoue, je m'inquiète", confie Jean Glavany, ce lundi, sur son blog.

Pour Glavany, "toute la question posée est simple: quelles leçons l'exécutif va-t-il en tirer?".
A écouter l'ahurissante allocution du premier ministre hier soir, Glavany s'avoue saisi par le 'doute' et l' 'inquiétude', là où il y a colère ...", conclut-il.

Glavany réconfortant Cahuzac,
le ministre fraudeur
Début octobre, dans le sillage du premier tour de la législative partielle de Brignoles avec une forte montée du FN, le député PS avait prévenu sur son blog ses "amis qui gouvernent: attention, si vous ne changez pas de cap, si vous ne trouvez pas vite le chemin de l'autorité-cohérence-clarté-exemplarité - et peut-être surtout, efficacité, l'avertissement d'hier pourrait bien se transformer en tsunami politique au printemps".

jeudi 13 mars 2014

Nouvel Obs: l'affaire des écoutes sur Sarkozy ne seraient que des erreurs de com'

Une affaire d'Etat réduite à 3 erreurs de com' qui pourtant "pourraient faire basculer le gouvernement Ayrault"

Le Nouvel Obs sort u
n communicant sur-mesures
La presse gouvernementale sent
plus fort que jamais
Affaire Sarkozy? Cette nouvelle affaire que la presse gouvernementale essaie de faire supporter par l'ancien président est une affaire Taubira, pour dire la vérité. C'est même l'affaire Taubira-Valls. Mieux une affaire d'Etat qui implique le Premier ministre, et bientôt le chef de l'Etat qui se tient à distance de peur des salissures. Eclaboussé par Sarkozy? Ou par ceux qu'il a nommé pour faire mieux que les prédécéceurs?... Il est d'abord sémantiquement tordu et malveillant de parler d'écoutes de Sarkozy quand il ne s'agit même pas d'écoutes de Taubira sur Sarkozy, puisque la menteuse nie, avec le soutien de Ayrault.

Le Nouvel Obs trompe certes le lecteur en titre, mais pose-t-il mieux le problème après l'avoir appâté?
"En enchaînant les contradictions [on peut toutefois y voir une accumulation de mensonges] dans l'affaire des "écoutes de Nicolas Sarkozy", les trois personnages-clés du gouvernement que sont Jean-Marc Ayrault, Christiane Taubira et Manuel Valls se sont créés des problèmes, là où il n'y en avait pas." [Il fallait l'oser, c'est fait! Mais pourquoi un "décrypteur, quand on a un Hamon sous le coude, voire des Le Roux ou un Désir, à la botte? 
Bon, voilà qui est clairement posé et présage de nouveaux mensonges par un expert en manipulation. 
Et qui s'interroge! "En quoi ces erreurs discursives peuvent-elles plomber sérieusement le pouvoir ?" [Nous demandons pourquoi appeler "erreurs" ce que est une série de "fautes"?] Décryptage [qui s'annonce sérieux?] de Philippe Moreau Chevrolet, communicant. 

Choix de photo anodin,
qui suggère 
perplexité ou embarras...
Mais avant de plonger dans l'exercice de style de Chevrolet, notons toutefois que la photo choisie aurait pu être celle de Taubira ou Valls ou des deux, puisqu'ils s'adorent et se rejoignent dans la méthode et la transparence. Eh bien, non! C'est encore la victime qui est ciblée en grand format. Aucune des photos des intrigants ne parsème d'ailleurs le "décryptage" dont on s'attend donc qu'il soit pour le moins tendancieux. C'est dire que l'entreprise du manipulateur s'annonce périlleuse.

L’affaire Sarkozy doit-elle entraîner la démission de Christiane Taubira voire la chute du gouvernement ?
[Le communicant se fait les questions et les réponses, créant un effet trompeur d'entretien] Le simple fait qu’on puisse se poser la question montre bien le désastre qu’est devenue la communication gouvernementale, quand le Premier ministre en arrive a démentir sa garde des Sceaux en prime-time, à la veille d’un cycle électoral à hauts risques, à une époque où la défiance des électeurs n’a jamais été aussi importante.

De quoi s’agit-il ? [s'interroge le communicant, devant son miroir]
Un ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, est mis sur écoute dans une affaire de trafic d’influence. [Tournure à la voix active qui continue à placer Sarkozy en acteur des turpitudes gouvernementales... Et sur un autre sujet, mais en tout bien, tout "honneur", sans amalgame aucun avec une affaire fabriquée qui n'a pas justifié de mise en examen] On écoute ses conversations avec son avocat, maître Thierry Herzog.[Ce "on" ménage une nouvelle fois le pouvoir]

Taubira, Ayrault, Valls, le billard à trois bandes

[Le communicant ne s'interroge plus, il affirme] L’UMP réagit aussitôt en dénonçant une affaire d'"espionnage politique". [L'UMP surgit dans le décryptage comme l'agresseur bondissant de l'ombre, pour "dénoncer" !] Et au lieu de continuer à parler de Nicolas Sarkozy, toujours de Nicolas Sarkozy, rien que de Nicolas Sarkozy... [honorable suggestion!!], le gouvernement tombe dans le panneau. [Soudaine inversion des rôles et des responsabilités: il n'y a qu'un socialiste pour ce genre d'agilité!] [Non seulement le communicant confirme que la méthode sémantique suivie est abandonnée, mais il suggère aussi une stratégie maligne de l'opposition tout en niant l'évidence d'un mouvement de panique générale dans l'exécutif [plus tôt dans le mois, un polémiste socialiste argumentait en ces termes contre Copé]: ce n'est plus de l'agilité, mais du haut vol].

Il [le gouvernement victimisé] rentre [ou "entre", en français, à moins qu'il n'y retourne] dans le cadrage imposé par l’UMP [ainsi, le premier parti d'opposition serait-il en capacité d'imposer sa tactique à une majorité disposant de tous les pouvoirs: ils sont forts, à l'UMP !]: celui d’une affaire politique téléguidée par l’Élysée, avec la complicité du gouvernement, pour barrer la route de l’élection présidentielle de 2017 à Nicolas Sarkozy. Autrement dit, le gouvernement se retrouve sur la défensive. [Ne faut-il pas que la réalité de la manigance élyséenne soit à ce point prête à éclater pour que Le Nouvel Observateur s'en émeuve et dépêche son démineur de la communication !]

Il ne s’agit plus d’un simple "couac" [ni d'un "malentendu", quoi qu'en dise Pruneau Le Roux, jugulaire-jugulaire, à JJ Bourdin, ce matin]. 
Pour se défendre [ainsi serait-il donc sur la défensive?], le gouvernement déploie des moyens "hollywoodiens". [la Guerre des étoiles?] La ministre de la Justice, Christiane Taubira, choisit le 20 heures de TF1 pour affirmer qu’elle n’était pas au courant des écoutes de Nicolas Sarkozy. Elle est démentie le lendemain, au 20 heures de France 2, par le Premier ministre en personne, Jean-Marc Ayrault, qui est lui-même contredit le surlendemain par Manuel Valls sur RTL. Manuel Valls, qui prétend de son côté n'avoir entendu parler des écoutes de Nicolas Sarkozy qu’a [à] la lecture du journal "Le Monde".

Le triple problème du gouvernement 

1. D'abord, ce cafouillage des ministres sur un scandale en cours rappelle fortement l’affaire Cahuzac. [Certes mais, à y bien regarder, si on est décrypteur de talent, le scandale est provoqué par un quarteron de ministres et non pas par leur cible...] 
Il vient "confirmer" aux yeux de l’opinion que soit les ministres font preuve d’un très grand amateurisme – ils ne sont pas au courant qu'un ancien président de la République vient d'être mis sur écoute – [ils ont tant de vertu, et de mépris, qu'ils ne se soucieraient pas plus de Sarkozy que d'une guigne!], soit ils mentent ou du moins ne disent pas toute la vérité. [Notre Chevy a de la reprise...]

2. Ensuite, on l'a vu [suffit-il de mentionner pour donner à voir?], le gouvernement perd la main sur une affaire où il avait tout à gagner. [Ce qui reste à démontrer, puisque la candidate socialiste à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, n'avait rien "à y gagner" et aurait pu au contraire y laisser ses dernières plumes, au seul motif qu'elle partage avec Copé une même amitié pour le douteux Bastien Millot].  Il lui suffisait de surfer sur les séquelles de l'affaire Copé [estime le conseiller qui ne s'avère pas le meilleur payeur]. Une affaire qui laisse des traces [à sens unique, si on est assez téméraire pour tenter de suivre le biais d'un "raisonnement" de décrypteur, communicant de surcroît], puisque les cotes de popularités ["popularité"?] de Copé et Sarkozy semblent partis à la baisse dans le dernier baromètre Ifop-Paris Match. [sondage effectué les 7 et 8 mars, avant l'étalage des mensonges du gang des écoutes, faut-il le rappeler?] L'individualisme ministériel semble être devenu la règle.[Ce qui est bien peu de chose au regard de l'ampleur des violations du secret professionnel et des libertés publiques des citoyens ordinaires...]

3. Enfin, le Premier ministre et le gouvernement tout entier sortent encore plus affaiblis de cette affaire. À tel point qu'on se demande jusqu'à quand ils vont pouvoir tenir. [Inquiet, le communicant?]

François Hollande, comme un boomerang

Des rumeurs de remaniement courent dans tout Paris [et déjà plus au-delà du périph]. [Ce qui, quand les libertés individuelles sont menacées, s'appelle un détournement de l'attention, un "enfumage" sorti de la panoplie gouvernementale d'éléments de langage abandonnée par Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole fragile suppléée par ce bourin de Le Roux] Elles font les gros titres des journaux. [Avant le remaniement éventuel, les municipales peut-être? Et surtout le chômage, non, Phiphi?] Certaines formations comme Europe Ecologie-Les Verts font même déjà monter les enchères. [Taubira est d'ailleurs allée se changer les esprits à Montreuil et tenter de leur prendre la mairie, mais Razzie Hammadi (PS parachuté) n'était pas, dit-on, ravi de la voir polluer son meeting! Et voici que les ministres eux-mêmes, et le premier d'entre eux, se font hara-kiri en prime-time. [CriCri n'est pas seulement une indépendantiste guyanaise honteuse, c'est aussi une tombeuse de ministres].

Certains en appellent donc, naturellement, à l’arbitrage de François Hollande. [Certains ont pour profession de crier dans le désert, tandis que d'autres, pour avoir trop donné, tel Nono Mamère, sont en rupture de stock de bave] Un président de la République qui reçoit en boomerang une affaire qui aurait dû théoriquement couler son adversaire. [Si Hollande est un accidenté de la vie, la République est sous assistance respiratoire et Sarkozy est frétillant !]

Marine Le Pen a de quoi se réjouir [Elle n'en attendait pas moins du PS]

Le grand gagnant de toute cette séquence est, bien sûr, le Front national. [Faut-il s'en étonner, puisque depuis François Mitterrand, le PS instrumentalise le FN pour nuire à l'UMP?] Une très grand faiblesse à gauche, conjuguée à une très grande faiblesse à droite aboutit à une situation de fragilité démocratique sans précédent dans l’histoire de la Ve République. [Sauf le PS, point de salut ?] 

Elle finit par poser la question du rapport des élites aux peuples. A-t-ont ["on"?] perdu à ce point le sens commun [et accessoirement de l'orthographe?], pour ne pas comprendre qu’en pleine crise économique, ces querelles pourraient avoir des conséquences beaucoup plus graves que l’avenir personnel de telle ou telle figure de la majorité ou de l’opposition...? 

Qui dans ce pays, à part Marine le Pen, pense à conserver un rapport au peuple ? Qui dans ce pays pense encore à aller parler aux électeurs de ce qui les concernent ? La fiscalité, l'emploi, la sécurité... Tous les thèmes qui montent dans la campagne en cours. 

La réponse se trouvera dans les urnes les 23 et 30 mars prochains, lors des élections municipales, ainsi que le 25 mai lors des prochaines élections européennes. À moins qu’elle ne se manifeste dans la rue. Avec des conséquences potentiellement graves. Car contrairement aux Français de Mai-68, les Français de 2014 ne s’ennuient pas. Ils n'ennuient pas, non. Ils sont en colère.  Ce "vent de révolte" que sentait monter Ségolène Royal en février 2008 pourrait-il balayer Hollande? 
La Cassandre du Nouvel Obs n'est visiblement pas Jean-Paul II qui exortait à la vertu d'espérance en 1978  à Hollande, le communicant retire même la confiance.

Le Nouvel Obs continue à émettre des effluves de sanisettes...  

mardi 11 mars 2014

Sarkozy sur écoute: Taubira et Valls ont effectivement menti

Ayrault cautionne les mises sur écoute téléphonique

Depuis le 26 février, 
Christiane Taubira et lui-même étaient au courant des écoutes téléphoniques visant N. Sarkozy

a finalement admis le Premier ministre invité du JT de 20h sur France 2 mardi soir.   

De son côté, le Président de la République estime qu’il ne "lui appartient pas" de "s’immiscer dans une affaire judiciaire". 
Quant à Manuel Valls, l'omniprésent ministre de l'Intérieur et favori des Français trompés, il semble avoir tout à coup disparu des écrans radar. 

Ayrault révèle le mensonge de la garde des Sceaux
Pour sa défense, Jean-Marc Ayrault a affirmé qu'il n'est pas au courant du "contenu" de ces écoutes, précision d'un intérêt subalterne, si vraiment il n'était pas en capacité d'y accéder. 

Surtout, il contredit la garde des Sceaux: lundi soir sur TF1, Taubira avait assuré avoir appris l'existence des écoutes le 7 mars, suite aux révélations du journal Le Monde.
VOIR et ENTENDRE Jean-Marc Ayrault sur France 2, mardi 11 mars :


Le gouvernement est acculé

Quelques heures auparavant, Le Canard enchaîné avait en effet mis l'exécutif dans l'embarrasdans son édition datée de mercredi 12 mars 
, affirmant que les ministres de la Justice, Christiane Taubira, et de l’Intérieur Manuel Valls, étaient au courant de la procédure concernant la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy. Concrètement, selon l’hebdomadaire, la garde des Sceaux ne pouvait pas ignorer l’affaire, dans la mesure où elle "reçoit régulièrement un résumé du déroulé de l’enquête", écrit Le Canard.

)

Le 26 février, elle a reçu "une synthèse des écoutes téléphoniques". L’hebdomadaire satirique contredit donc également les propos tenus par Christiane Taubira devant les Français : "Je n’avais pas l’information", a-t-elle menti lundi soir sur TF1, dressant un rideau de fumée à propos "d’une information judiciaire [...] traitée par des magistrats du siège [...] totalement indépendants, sans relation avec la Chancellerie"...

VOIR et ENTENDRE Christiane Taubira au JT de 20 h sur TF1 lundi 10 mars :


Le sénateur UMP Pierre Charon avait dit sa conviction que la ministre de la Justice savait que l'ancien président avait été placé sur écoute, contrairement à ce qu'elle affirme.
"Menteuse": c'est par ce terme direct et clair que le sénateur UMP Pierre Charon a qualifié la ministre de la Justice Christiane Taubira, lundi, sur le plateau du Soir BFM. Selon lui, il est impossible que la Garde des Sceaux n'ait pas été avertie qu'un ancien chef de l'Etat, en l'occurence Nicolas Sarkozy, avait été placé sous écoute depuis un an par la justice.
"J'ai été à l'Elysée auprès de Nicolas Sarkozy pendant quelques années [en tant que conseiller]. Tout revient au président de la République, et ce n'est pas du tout nauséabond, ce sont des informations traitées par la DGSE, la DCRI, qui lui reviennent" [aux oreilles].

A la question de savoir s'il affirme que l'Elysée, Matignon, ou au moins Christiane Taubira était au courant de ces écoutes, Pierre Charon tranche avec conviction: "Bien sûr".
VOIR et ENTENDRE 


Manuel Valls était également au courant, selon Le Canard

L'hebdomadaire précise qu'à la demande de Manuel Valls, les officiers de police judiciaire qui retranscrivent les écoutes sont tenus de lui faire parvenir régulièrement leur rapport sur l’avancement de l’enquête".

En décembre dernier, le sénateur avait également accusé Manuel Valls d'avoir mis Brice Horefeux sur écoutes. Lors du limogeage du directeur de la PJ parisienne Christian Flaesch, il avait déjà tonné, sans que la presse gouvernementale ne relaie: "Cela va au-delà" d'une chasse aux sorcières, avait mis en garde le sénateur de Paris, invité de l’émission "On refait la séance" sur Public Sénat. "C'est la Roumanie, on écoute les ministres de l'Intérieur et on fout en l'air les policiers les plus performants depuis six ans et demi, c'est honteux ", avait-il ajouté.
Christian Flaesch, nommé sous l'ancien Président Nicolas Sarkozy, a fait l'objet d'une mise en garde du Parquet général, donc du ministère de Christiane Taubira, à propos d'un appel à Brice Hortefeux, ami de l’ex-chef de l’Etat, dans lequel les deux hommes évoquent une audition comme témoin de l'ex-ministre de l'Intérieur dans le cadre d'une procédure judiciaire.
VOIR et ENTENDRE la mise en garde du sénateur Pierre Charon:


Les écoutes téléphoniques, une dérive socialiste héritée de Mitterrand

Selon Le Monde, Brice Hortefeux était sur écoute dans le cadre de l’enquête sur le financement éventuel par Mouammar Kadhafi de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. "M. Hortefeux a été placé sur écoute par la DCPJ. Trois appels sont recensés entre les deux hommes. Le troisième est le plus embarrassant pour le policier", écrit le quotidien du soir.
"Christian Flaesch est un grand flic, c'est un très grand professionnel", avait déclaré Manuel Valls, mais "ça fait 6 ans et demi qu'il est à la tête de la PJ, donc il est par ailleurs normal qu'à un moment ou à un autre, il soit remplacé".
Pour Pierre Charon "on le dégage comme un malpropre (...) si on avait fait ça, nous, ça aurait fait beaucoup de barouf". Parlant de la mise sur écoutes téléphoniques de Brice Hortefeux, il a jugé qu' "on a des écoutes téléphoniques à la Mitterrand". "Je mets en cause le ministre de l'Intérieur" Manuel Valls, a-t-il accusé.

"Moi, président", prend ses distances

François Hollande botte en touche: il ne lui " appartient pas, en vertu de la séparation des pouvoirs, de (s’)immiscer" dans une affaire judiciaire, estime-t-il, dans sa réponse au président de l’Union syndicale des magistrats (USM), Christophe Régnard, à propos des écoutes visant Nicolas Sarkozy et son avocat.
"Il ne m’appartient pas, en vertu de la séparation des pouvoirs, de m’immiscer d’une quelconque manière dans une affaire judiciaire en cours", fait écrire le président de la République dans cette lettre,. 
Dans un autre courrier au bâtonnier de Paris, Pierre-Olivier Sur, il se retranche derrière le fait que " la régularité de ces écoutes peut être contestée le moment venu par un recours devant la chambre de l’instruction", une fois le mal fait...

Demande de commission d'enquête parlementaire 

Un peu plus tôt, le Premier ministre avait étalé sa mauvaise foi.
"Dans quelle République sommes-nous ?" s'est-il interrogé !  C'était la réponse du sombre Ayrault aux députés UMP qui ont demandé mardi au Premier ministre de réunir " en urgence" le Parlement pour s'expliquer sur les écoutes dont ont été l'objet Nicolas Sarkozy et son avocat , Thierry Herzog.  "Demander une commission d’enquête sur une affaire judiciaire en cours, dans quelle République sommes-nous ?", a déclaré le Premier ministre à la presse en sortant d’une réunion du groupe PS à l’Assemblée nationale. "A l’UMP, on veut toujours que les politiques se mêlent des affaires judiciaires, ce n’est pas notre conception", a-t-il polémiqué en guise d'argument. Considérant la déferlante de révélation sur l'implication du gouvernement dans les écoutes téléphoniques des "citoyens ordinaires", Ayrault ne passe plus pour un pitre, mais pour un homme sans foi ni loi. 

Mardi, à la sortie du petit déjeuner du bureau politique de son parti, le président de l'UMP, Jean-François Copé, a demandé à François Hollande de dire s'il était ' oui ou non au courant" de ces écoutes judiciaires. "Et qu'il le dise clairement en tant que garant des libertés publiques ".

De son côté, l'ancien Premier ministre François Fillon s'est dit favorable à une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire. " C'est la seule manière de sortir de la confrontation des positions", a fait valoir  le député de Paris.

Des centaines d'avocats ont protesté contre ces écoutes judiciaires, rappelant "l'impérieuse nécessité de protéger le secret professionnel" des conversations entre un conseil et son client.

Hollande daignera finalement répondre aux courriers de l'USM et du bâtonnier de Paris

Mieux, il s'est résolu à les recevoir
Cette demande des parlementaires UMP intervient alors que le président de la République François Hollande assure qu'il leur fera la grâce de répondre aux lettres reçues de l'Union Syndicale des Magistrats (USM) et du bâtonnier de Paris, et qu'un peu plus tôt dans la matinée, le Premier ministre, a assuré qu' "il n'y a aucune immixtion de la garde des Sceaux, de l'exécutif, dans le déroulement des instructions judiciaires , c'est la garantie que je dois donner, que je veux donner aux citoyens", a en effet déclaré Jean-Marc Ayrault, interrogé par des journalistes à son arrivée à une réunion du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.
"Il faut que la droite française s'habitue à ce que la justice fonctionne en toute indépendance. Les moeurs du passé, c'est fini " le chef du gouvernement a-t-il aussi eu l'audace de déclarer.