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dimanche 7 mai 2017

Le futur président sera-t-il mal élu et contestable ?

L'abstention et le vote blanc affaibliront le président

Conséquence du "ni-ni" de Mélenchon comme du favoritisme pro-Macron de la presse de l'Etat-PS, 

le taux de participation du second tour dira beaucoup de la légitimité du nouveau président de la République. les votes exprimés devraient toucher le fond lors du second tour, tandis que le vote blanc pourrait exploser. Ce sera le troisième résultat le plus scruté dimanche soir.Il viendra aussi confirmer la chimère d'un front républicain poreux face à l’extrême droite. 

Selon les dernières enquêtes d’opinion, l’abstention pourrait passer la barre des 25 %, contre 22,23 % le 23 avril. 
Si ce chiffre se confirme, la participation serait plus faible au second tour d’une présidentielle qu’au premier, pour la première fois depuis 1969, plus faible au second tour d’une présidentielle qu’au premier.

Les coups bas des institutionnels et les mensonges de la presse et des sondages ont dégoûté l'électorat

En 2002, avait bondi de plus de 8 points, après le choc du 21 avril et la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour, avec le concours de Christiane Taubira, future ministre de Hollande honnie de la population, le taux de participation . Pour faire barrage à l’extrême droite et offrir 82 % à Jacques Chirac, les réfractaires aux urnes avaient retrouvé l’adresse de leur bureau de vote entre les deux tours: de 28,4 % le 21 avril, l’abstention était tombée à 20,29 % en deux semaines.

La campagne sans foi ni loi de 2016-2017 a écoeuré l'électeur
Les apprentis-sorciers de l'Etat-PS craignent désormais d'en avoir trop fait pour laminer la rivale de Hollande-bis. Marine Le Pen pourrait en effet profiter de cette forte abstention annoncée pour accrocher la barre des 50 % et faire de ce record historique de suffrages un tremplin pour faire carton plein de députés aux élections législatives.

Pour tenir loin des urnes les deux-tours des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, d'un tiers de ceux de François Fillon, ou bien la masse des abstentionnistes déjà déterminés, la candidate, qui a puisé ses forces électorales dans l'extrême gauche, peut compter sur l'effet boomerang du bilan socialiste de Hollande, ainsi que des bassesses de la presse gouvernementale et des entreprises commerciales de sondages, au premier rang desquelles se situent France Télevisions comme Radio France, dans le secteur public, et BFMTV, dans le prive.

Dégoûtés du vote Macron pour longtemps, l'abstention et le vote blanc font craindre à Emmanuel Hollande, le candidat de l'Elysée, une majorite présidentielle introuvable aux législatives de juin, une cohabitation, voire une France ingouvernable.

L'extrême-gauche "insoumise" promet un redoutable quatrième tour social au banquier Macron

Le candidat de "La France insoumise" (et du PCF) a affirmé  qu’ "aucune voix ne doit aller au Front national", mais Mélenchon n'appelle pas pour autant à voter pour Macron, conseiller, puis ministre de Hollande, auteur de la loi Travail imposée par la force. L'hostilité de la gauche radicale, des partisans socialistes de Hamon aux militants trotskistes d'Arthaud et  Poutou, entrave la marche de Macron, sinon vers l'Elysée, vers les réformes promises. 

Jusqu’au bout, Mélenchon a refusé d'appeler à utiliser le "bulletin de vote Macron" pour "faire barrage à l’extrême droite". Pour lui, le risque est équivalent.
Parmi les 20% d'électeurs de Mélenchon,, les chiffres de l’abstention ou du vote blanc ont grimpé (de 30 % au lendemain du premier tour à près de 40 % à la veille du second, selon l’Ifop. A noter que Benoît Hamon y a été salarié...).

A cette baisse annoncée de la participation, il faudra sûrement ajouter l’explosion des votes blancs 

Ils pourraient atteindre 3 millions de bulletins, selon les études (en 2002, il y avait eu 1,8 million de blancs et nuls au second tour). 
Pour mémoire, s’ils sont décomptés dans la participation - et désormais comptabilisés séparément des bulletins nuls -, ils n’ont pas d’impact sur le résultat final, puisque celui-ci est un pourcentage des suffrages exprimés. 

La barre des 50 % pourrait être abaissée, en  millions de voix… 
"Mais attention, ces militants de l’abstention ou du vote blanc ne sont pas les plus nombreux, assure Céline Braconnier, politologue et directrice de Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye. Eux vont dans les manifestations, on les entend dans les media, mais ceux qui s’abstiennent le plus et le plus souvent sont des personnes plus fragiles, empêtrées dans les problèmes économiques. On ne les entend pas."

Selon Jean-Yves Dormagen, professeur de sciences politiques à l’université de Montpellier, cette "abstention sociologique", traditionnelle, serait en revanche défavorable à Le Pen car elle concernerait en premier lieu des départements populaires (comme les Alpes Maritimes, selon Elabe et le fallacieux Niçois Bernard Sananès, sur BFMTV !) où le Front national est fort. C’est dans ces zones que la participation a été la plus faible au premier tour. 

Jean-Yves Dormagen pointe par ailleurs "une abstention plus politique", liée aux malveillances politico-médiatiques de ce scrutin et donc plus favorable à la candidate FN agressée par l'Etat-PS, dont les électeurs pourraient la venger.

"Paradoxalement, l’abstention pourrait prendre plus d’ampleur dans des milieux privilégiés, étudiants, qui sont traditionnellement très pratiquants les jours de vote, affirme sans nuances Céline Braconnier, et qui ne veulent pas légitimer un vote Macron", héritier de Hollande. Or, si -contrairement aux plus politisés (et radicaux), les plus tièdes de ces électeurs se déplaçaient, ils voteraient plutôt Macron, sans volonté de faire barrage à Le Pen. 

"En revanche, ajoute la chercheuse, dans les quartiers populaires des grandes métropoles, impactés par l’immigration et où les taux d’abstention battent des records, les retours de terrain que nous avons depuis plusieurs jours font état d’une volonté d’aller voter" pour s’opposer à l’extrême droite. Macron aurait une dette envers les quartiers, singulièrement la communauté musulmane, depuis que les islamistes de l'UOIF ont appelé à voter pour le protégé de Hollande.

Macron n’a pas fait grand-chose pour empêcher une forte abstention.

Il a refusé tout amendement de son projet présidentiel, notamment sur la future loi travail. Lors du virulent débat de mercredi, la prestation de Marine Le Pen face à la condescendance du banquier Macron, aura donc pu convaincre la gauche sceptique tentée par le "ni-ni" de voter ce dimanche pour l'alternance ?
Comme Bayrou, la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, ministre absente de son ministère de l'Education depuis plusieurs mois, soutien de Hamon, ralliée à Macron pour sauver sa candidature à Lyon (comme celle de son mari dans la circonscription des Landes  d'Emmanuelli !) a estimé mercredi, dans Libération, que "ne pas voter contre le FN avec les meilleures intentions du monde, ça reste ne pas voter contre le FN." 

Et d’affirmer, comme l’économiste Thomas Piketty, ex-compagnon frappeur d'Aurélie Filippetti et soutien de Hamon, lui aussi, que plus la victoire de Macron sera large, moins celui-ci pourra prétendre en être le propriétaire exclusif. 
Une petite victoire étriquée serait sa force ! Pareil pour sa rivale ?

mardi 8 novembre 2016

Hollande truque le marché des droits TV au profit de Canal+

La LFP porte-t-elle plainte? Et les journalistes vertueux de i-télé ?

Le Canard enchaîné pointe une énième révélation du livre "Un président ne devrait pas dire ça"
Le Graet, président de la FFF, fait ovationner Hollande
(3 juillet 2016, lors du quart de finale de l'Euro 2016 France-Islande)
Canal+ bénéficie de la manne des droits TV de la L1, sur un simple coup de fil de François Hollande à l’émir du... Qatar.
Le président de la République est donc responsable d'une perte sèche pour le service public estimée entre 100 et 150 M d’euros et devrait donc pousser la LFP à porter plainte.
  
Or, le président de la LFP (Ligue de football professionnel, 2002-2016) fut Frédéric Thiriez, avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation depuis 1990. En septembre 2013, F. Thiriez a publié un livre dans lequel il "décide d'instruire le procès du football à charge et à décharge", évoquant notamment les salaires, la violence, le racisme, le dopage ou encore les... matchs truqués. En avril 2016, il a annoncé qu'il quittait ses fonctions de président de la Ligue.

Depuis le début de l'été 2015, quand Vincent Bolloré est devenu l'actionnaire majoritaire de Vivendi, propriétaire de Canal+, la chaîne cryptée traverse une zone de turbulences - avec les réplique que l'on sait à i-télé, satellite du groupe. Malgré l'appui du sommet de l'Etat, Bertrand Méheut a laissé une impression plus que mitigée et Vincent Bolloré a préféré composer un nouvel organigramme. Jean-Christophe Thiery, le patron de Bolloré Média, de l’institut de sondages CSA (depuis avril 2015), dont Bernard Sananès est le président, ou du quotidien gratuit Direct Matin, concurrent de 20 Minutes, s'est vu confier les rênes.

La somme des fautes de Hollande est insondable
"Un président ne devrait pas dire ça", le livre des deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ajoute encore au discrédit de Hollande, l'exemplaire "Moi président, je..." Cette nouvelle déflagration s'est propagée de l'Elysée à la sphère politique. Non content d’inviter les footballeurs à se "muscler le cerveau" et les "sans dents" à manger de la brioche, au cours de cette série d’entretiens avec les deux  malfaisants du journal Le Monde, François Hollande s’est personnellement immiscé dans la vie de la Fédération française de football et des droits de diffusion des matches.


Celui qui se fait passer pour un fin stratège et un véritable homme d’Etat s'est vanté (page 305 du brûlot) d'avoir décidé de l’attribution des droits TV de la Ligue 1 lors du dernier appel d’offre datant du printemps 2014
alors que Najat Vallaud-Belkacem était ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et... des Sports. L'arrogante n'en a-t-elle rien su ?

Najat Vallaud-Belkacem embrassant le camarade Le Graët


Hollande s'attribue le sauvetage de Canal+ et le marchand de tapis a l’autosatisfaction bouffonne

"J'ai reçu discrètement (Rodolphe) Belmer et (Bertrand) Méheut [les anciens patrons de la chaîne cryptée]. J'ai appelé l'émir du Qatar (la chaîne beIN Sports est qatarie) et lui ai dit: "Vous allez venir en France en juin; on vous a défendus par rapport aux Saoudiens; on est à vos côtés, mais là, qu'allez-vous faire sur les Rafale (marché militaire) ? 
Il y a aussi l'histoire du foot... Je souhaite qu'il y ait un partage »." C’est cette intervention qui, aujourd’hui, fait bondir les dirigeants du foot professionnel, à l’image d’un Frédéric Thiriez, ancien patron de la Ligue (LFP), qui dans les colonnes de L'Equipe n’a pas hésité à parler d’une "infraction grave au droit de la concurrence" en jugeant qu’en l’espèce "le football français a été spolié".
Dans la torpeur du mois d'août 2015, on apprend qu'il a été trouvé à Belmer un point de chute à... France Télévisions, où il va étudier... les tendances de l’audiovisuel et tenter d’aiguiller la politique stratégique de la nouvelle présidente du groupe audiovisuel public, Delphine Ernotte. Successeur de Pierre Lescure et Breton, comme Noël Le Graët, Bertrand Méheut fut président du groupe Canal+ (avec Dailymotion et Universal Music Group) de 2003 à 2015. Malgré l'état financier précaire du groupe soumis à la rigueur budgétaire, en 2004, il avait acquis l'exclusivité sur la totalité des droits du championnat de France de football, notamment en mettant 600 millions d'euros sur la table, soit le montant faramineux de 1,8 milliard sur trois ans, soufflant à son rival TPS (ancien bouquet numérique de télévision par satellite, diffusé en France de 1996 à 2008 par les Groupe TF1, Groupe M6, Orange (ex-France Télécom), France Télévisions, RTL Group). "La somme est importante, c'est vrai. Mais l'acquisition de ces droits était essentielle pour le groupe. On en voit déjà l'effet : notre portefeuille d'abonnés est en croissance très forte (...) Nous avons une base d'abonnés de 5 millions à Canal+ et de 3 millions à Canal Sat. Il était essentiel, pour conserver et développer cette base, d'acquérir ces droits."Bertrand Méheut est resté le conseiller de V. Bolloré "sur les importants développements que Vivendi souhaite voir réalisés par Groupe Canal+"

Là où la LFP avait tout intérêt à voir le Qatar assommer le marché, ce partage, orchestré donc a priori depuis l’Elysée, aurait dissuadé beIN Sports de surenchérir et permis à Canal+ de sauver les meilleurs lots (3 meilleures affiches jusqu’en 2020). Face à ces révélations, et à un manque à gagner estimé aujourd’hui entre 100 et 150 millions d’euros, le foot pro français n’entendrait pas en rester là, selon Le Canard Enchaîné, qui prête à la Ligue l’intention de saisir la justice pour réclamer réparation. Une plainte pourrait ainsi être déposée pour faute de l’Etat ou bien délit d’entente. 

Le socialiste Noël Le Graët va-t-il être intègre et ferme ?

Le président de la Fédération française de football, qui fut président de la ligue nationale française de football (LNF/LFP, 1991-2000), Noël Le Graët, membre du Parti socialiste, n'avait en revanche toujours pas saisi la Justice... C'est pourtant sous sa présidence que la Ligue porta plainte contre X dans l'affaire VA-OM. 


Noël Le Graët vient de tacler Frédéric Thiriez, alors que celui-ci  propose ses bons offices pour aider la LFP à sortir de la crise.

Le président de la Fédération française (FFF), Noël Le Graët, ne met pas d'huile dans les rouages.
Il s'en est pris à l'ex-président de la LFP. "Il est parti. Je ne suis pas certain que la Ligue ait besoin de lui aujourd'hui. Mais bon, peut-être que oui, s'il peut arranger les choses (sourires)... Il est parti en avril et il n'a pas été retenu par beaucoup," a-t-il taclé.
Frédéric Thiriez s'est dit prêt mardi matin, "à accepter toute mission temporaire qui viserait à apaiser les tensions actuelles" afin de "remettre en ordre de marche" la LFP, dont il était le président pendant 14 ans jusqu'à sa démission en avril. La Ligue, qui tient son assemblée générale vendredi, se déchire depuis un mois au sujet de la répartition des droits TV et n'a toujours pas trouvé de candidat pour sa présidence. 
Elle a actuellement un intérimaire à sa tête, Jean-Pierre Denis, un homme d'affaires breton, président du Crédit mutuel de Bretagne. Au titre de président de Crédit Mutuel Arkéa, il a touché 1,57 million d'euros, dont un bonus de 1,06 million, soit une augmentation de 44% sur l'exercice précédent. Un interlocuteur pour De Graët...

Les tensions latentes Le Graët-Thiriez étaient apparues au grand jour en décembre 2015 lorsque le président de la FFF avait attaqué ce dernier en conférence de presse: "Je prétends que 100% des journalistes considèrent que Thiriez n'y connaît rien en football. Et je ne discute qu'avec ceux qui connaissent le ballon."
Sens du dialogue typiquement socialiste.

jeudi 1 septembre 2016

Des anarcho-syndicalistes inspirent la politique de l'Education selon Hollande

Les défenseurs de l'Ecole roulent-ils tous pour le FN ? interroge J.-P. Brighelli

Mieux vaut à gauche un migrant illégal qu'un Français classé à droite, forcément extrême

La gauche révolutionnaire se donne en exemple à la droite...

C'est la thèse peu subtile de Grégory Chambat [militant syndical CNT-éducation  -Fédération des Travailleuses/eurs de l'Éducation- , ci-contre] dans "L'École des réac-publicains", où Debray, Chevènement, Onfray... se retrouvent à l'extrême droite!
d'après Jean-Paul Brighelli

J'ai l'habitude de rédiger, en fin d'année, des lettres de recommandation pour ceux de mes étudiants qui veulent s'inscrire, après une classe prépa, dans des cursus universitaires exigeants. J'ai donc l'intention d'en faire une afin de pistonner Grégory Chambat auprès du ministre de l'Éducation nationale, tout comme je lui ai recommandé jadis Jean-Loup Salzmann, le président de l'université Paris-XIII qui a tenté trois ans durant d'anéantir un enseignant, Samuel Mayol, qui voulait virer de l'IUT de Saint-Denis les salafistes qui y tenaient le haut du pavé avec la bénédiction des autorités universitaires. [En mars 2015, ce président d’Université dont dépend l'IUT était épinglé par l’Inspection générale de l’Éducation nationale pour son inaction partisane face aux alertes répétées et circonstanciées de Samuel Mayol: "Les dysfonctionnements repérés à l’IUT de Saint-Denis n’ont pas fait l’objet d’un suivi approprié de la part des services centraux de l’université", écrivaient les inspecteurs.
Le 17 mai, l’une des responsables administratives de l’IUT, à l’instar de cinq autres collègues, avait reçu des menaces par texto. Quelques jours plus tard, la porte de son bureau était taguée d’étoiles de David et de croix gammées. Un acte clairement antisémite que Najat Vallaud-Belkacem avait immédiatement dénoncé, pour la forme, avait rapporté Marianne. Le communiqué publié par la ministre de l’Éducation nationale mentionnait également que le président de l’Université Paris-XIII s’engageait à apporter toute "l’aide nécessaire" à la victime pour qu’elle puisse poursuivre ses missions. Comme son directeur d'université, le ministère de la parole avait encore failli]
Salzmann aurait pu être nommé recteur; il n'a été que président de la Conférence des présidents d'université. Bravo quand même — même si les enquêteurs ont finalement donné raison à Samuel Mayol.
Suspendu de ses fonctions de directeur de l'IUT depuis plusieurs mois par la présidence de l’université Paris 13, Samuel Mayol a été blanchi mercredi 3 juillet des accusations de manipulation islamophobe qui pesaient sur lui.
"Il pense comme vous !"
"Madame le ministre (et non 'la' ministre, comme disent tous ceux [et les féministes] qui ne savent pas parler français),


Je me permets de vous recommander particulièrement Grégory Chambat. Enseignant à Mantes-la-Ville, une municipalité de gauche récemment passée au FN, il énumère dans son petit ouvrage tous les adversaires de vos indispensables réformes — et cela fait du monde. En bref, il a le mérite de recenser [une liste noire livrée à la meute lâchée sur les réseaux sociaux], de Jean-Claude Milner [linguiste et philosophe] à moi-même, en passant par
Natacha Polony, Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, Michel Onfray, Régis Debray, Jean-Pierre Chevènement et quelques dizaines d'autres, tous les intellectuels qui à son sens sont aujourd'hui au service du FN, ce parti fascistoïde que vous avez si magnifiquement dénoncé dans votre pamphlet à deux voix Réagissez ! Répondre au FN de A à Z 
[lettre "à un citoyen tenté par le Front national", tutoyant le lecteur pour mieux l’interpeller, observait Les InRocks en octobre 2011 les deux socialistes Guillaume Bachelay, proche de Martine Aubry, et Najat Vallaud-Belkacem, soutien de Ségolène Royal, décortiquaient les idées de Marine Le Pen afin de les contrecarrer dans les règles.], Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 2011 (1). Pascal Bouchard [ancien chroniqueur à France Culture et soutien des "désobéisseurs" qui nie la crise de l'Ecole et préfère dénoncer le désordre de son administration], que vous connaissez certainement car il partage vos combats, a fait de ce livre une recension enthousiaste… Et Grégory Chambat n'a pas manqué de médias pour y expliquer ses thèses.
"Il vous reste quelques mois pour pistonner vos partisans — pensez à tous vos collaborateurs qui d'ores et déjà se cherchent des points de chute, à l'Inspection générale ou ailleurs. Vous-même allez peut-être diriger la Fondation pour l'islam de France, comme l'a suggéré Laurence Rossignol [plutôt que Jean-Pierre Chevènement: le féminisme ayant priorité sur la compétence ?]. Tout le monde se recycle. Embauchez du sang neuf [en prévision d'une année de campagne présidentielle promise à l'activisme radical]!
"En mai prochain, il sera trop tard. Distinguez donc dès aujourd'hui Grégory Chambat, il le mérite — il pense comme vous…"
Tous FN

Voilà ce que j'aurais pu dire d'un homme auteur d'un pamphlet qui se veut violent (mais pour que la violence passe, en littérature, il faut savoir écrire : n'est pas Voltaire ou Zola qui veut) [violence de bon aloi, toutefois, puisque révolutionnaire !], et qui pratique admirablement l'amalgame.

Le raisonnement de Grégory Chambat est simple.
Les "républicains" (ainsi sont dénommés, effectivement, les membres de cette nébuleuse qui, depuis plus de trente ans, s'oppose au "pédagogisme" des amis de Philippe Meirieu [et nécrophages haineux]) veulent le retour à une école de la transmission des savoirs, où l'apprentissage des Lumières formerait le socle d'un projet éducatif sérieux, et où la référence prioritaire à la langue et à la culture françaises permettrait l'élaboration d'un socle national, seul susceptible de s'opposer à l'entrisme des idéologies mortifères venues d'ailleurs. 
Que d'un "républicain" à l'autre, les différences soient parfois nombreuses, nul n'en disconvient. Sauf Grégory Chambat, qui mêle allègrement Natacha Polony et Christine Boutin (il y en a une au moins que ça fera sourire), Régis Debray et Renaud Camus (pas sûr que Debray s'en amuse), Charles Coutel — vice-président du Comité Laïcité République, pure émanation franc-maçonne — et Valérie Laupiès — conseillère FN en PACA. Qui a crié à l'amalgame ?

En tout cas, tout ce qui s'oppose au Bien (le PS et Mme Vallaud-Belkacem, à qui l'auteur tresse des couronnes [mettant  en évidence leur radicalité du même coup] est forcément d'extrême droite. Que la plupart des "républicains" aient un passé d'extrême gauche (mais pas celle d'Edwy Plenel, autre idole de Chambat), souvent maoïste ou guévariste, ou soient passés par les rangs chevènementistes n'a aucune importance aux yeux de l'auteur : tous FN !

D'ailleurs, Philippot et Dutheil de la Rochère ayant travaillé pour Jean-Pierre Chevènement (dont le péché originel est, selon les socialistes, d'avoir fait échouer Jospin en 2002 – tiens, moi je croyais que c'était Christiane Taubira [et Hamon et Montebourg en 2017, comme s'ils avaient besoin de se mettre à deux - voire trois avec Lienemann - pour faire barrage à Hollande !]), et Jean-Pierre Chevènement ayant serré la main de Nicolas Dupont-Aignan, tout se tient : dans le bleu-blanc-rouge, il y a forcément du brun [Sans compter Emmanuel Macron, ministre de Hollande qui se rend en Vendée saluer Philippe de Villiers, fondateur du Mouvement pour la France (MPF), parti politique d’inspiration souverainiste et entrepreneur au Puy du Fou et collecteur de devises pour Bercy. 
A noter pour l'anecdote que la famille de Villiers est apparentée aux Saintignon depuis les épousailles, à la fin du 19e siècle, entre Jeanne de Saintignon et Louis Le Jolis de Villiers, dont descendent Philippe de Villiers et Pierre de Saintignon, homme lige de la maire socialiste de Lille, Martine Aubry, comme premier adjoint et vice-président des Hauts-de-France (ex-région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, fief socialiste historique) présidée par Xavier Bertrand (LR)].

Qui défend la réforme du collège ?

Se mêle à cet amalgame un discours antilibéral qui confond le libéralisme de Guizot avec celui de Hayek (Chambat a été [dé]formé en IUFM; ceci explique cela, on ne peut pas tout savoir), et la revendication d'une barre "à gauche toute" très en vogue actuellement — parlez-en à Gérard Filoche [signataire d'un appel "pour une grande primaire de toute la gauche et des écologistes les 4 et 11 décembre"]…

L'opuscule de Mr Chambat se clôt sur un répertoire de tous les grands noms qu'il vomit [au risque de les grandir] — l'ensemble des "pseudo-z-intellectuels" [qui "commentent la réforme du collège sans avoir lu les textes"] jadis fustigés par Mme Vallaud-Belkacem, comme le savent mes lecteurs les plus assidus. Mais cette liste est en soi impressionnante : elle comporte la quasi-totalité de ce qui pense en France en ce moment. Et en face ? Eh bien en face, il n'y a personne. Ah si, Grégory Chambat et Laurence de Cock (qui ça ? [professeure d’histoire-géographie en lycée à Paris, docteure en Sciences de l’éducation (parce que bien-pensante), et chargée de cours en didactique de l’histoire et sociologie du curriculum à l’Université Paris-Diderot (ex-Jussieu, pour tout dire). Membre du bureau du Comité de Vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH, créé avec un manifeste adopté en juin 2005 dans un contexte marqué par les débats autour de la loi du 23 février 2005 sur le colonialisme et la reconnaissance des Français rapatriés)]), qu'il remercie in fine.

Le raisonnement de cet "intellectuel" est d'une rigueur exemplaire[, observe-t-il, maintenant le ton de l'ironie]. "Le champ couvert par le courant "réac-publicain", écrit-il, concerne un large spectre politique qui correspond, sans le recouper absolument, au "souverainisme" français et au glissement de la gauche, voire d'une fraction de la gauche de la gauche, vers la droite de la droite au prétexte de la défense de l'ordre national et "républicain" ". Tout est dans les guillemets. Et de citer (pour les pointer aux yeux des lecteurs peu avisés en quête de repères) les vecteurs médiatiques qui servent de relais à cette pensée faisandée — le Figaro Magazine, Marianne, Valeurs actuelles, Causeur…

Il oublie Le Point, où la journaliste Sophie Coignard et moi faisons de la charpie des projets du ministère. Et aussi L'Huma, qui tire à boulets rouges sur la réforme du collège ? J'en passe et des meilleurs...

Tectonique des plaques idéologiques

Ce que ne comprend pas Chambat — et il aurait pu commencer par là — c'est pourquoi "sa" ville de Mantes-la-Ville a basculé [du PS] vers le FN. Pourquoi des électeurs de gauche ont voté Marine Le Pen. Ce qu'il ne voit pas, c'est que l'échiquier politique a tourné — et l'éducation est la pierre de touche de cette révolution —, si bien que ce qui se disait à gauche est aujourd'hui dans la mouvance angela-merkelienne, que ce qui était à l'extrême gauche [anti-coloniale, anti-sioniste et pro-palestinienne] a soit viré vers l'islamo-fascisme (c'est le cas de la plupart des trotskistes, à l'exception de mon ami Marc Le Bris), soit, quand ils étaient "maos", vers la défense de la nation.

Le fait est que le combat pour l'école des "républicains" s'apparente à une longue marche dans une contrée — la rue de Grenelle — peuplée de vrais réactionnaires. Le fait est que les idéaux républicains sont aujourd'hui défendus par ce que Chambat appelle "la droite de la droite". Il me reproche [à Jean-Paul Brighelli] d'avoir écrit que j'adhérais à 80 % aux thèses du FN sur l'école : le fait est que le FN a emprunté 80 % de mes thèses [démontant la soi-disant "démocratisation" de l’Ecole décidée sous Giscard d’Estaing, principalement avec la réforme du 'collège unique' en 1975, renforcée par la création des ZEP, la réforme des examens -du Bac notamment, en 1999 et les réformes a minima du lycée en 2010, puis du collège en 2016] — et forcément je m'y retrouve. Et je ne crois pas que ce soit par opportunisme pur : les positions ont tellement bougé (et Chambat peut bien feindre de croire que le FN de Marine est celui de Jean-Marie, les faits disent le contraire) que la République n'est plus défendue que par ceux qui ont compris que le discours sur la "démocratie" prélude à l'instauration d'une dictature molle.

Le fascisme n'est plus à l'extrême droite

Quoi que je pense des nostalgiques de Vichy (mais quel âge ont-ils ?). Il est dans cette partie de la gauche qui plaide pour une France métissée, addition de communautarismes qui se regardent en chiens de faïence; il est chez ces pseudo-démocrates qui brocardent les vrais intellectuels parce qu'ils croient au lieu de penser. Le sous-titre de l'ouvrage de Chambat — la pédagogie noire du FN et des néoconservateurs — en dit long sur l'amalgame que pratiquent des gens qui s'identifient au Bien parce qu'ils font le mal — et qu'ils le font bien.

Oui, il faut que l'école rétablisse la méritocratiesinon, elle entérinera les privilèges de la classe au pouvoir. Oui, il faut en finir avec la médiocratie ! Oui, il faut en finir avec l'égalitarisme — et je me permettrai de reprendre une formule de Jean-Claude Milner (De l'école, 1984) que cite Chambat sans la comprendre : "Pour que l'école résiste à l'inégalité, il ne faut pas qu'elle soit égalitaire, il faut qu'elle soit inégalitaire." Et que l'on encourage enfin le mérite, au lieu de le dénigrer.

(1) Je porte à votre connaissance, madame le ministre, que votre livre n'a pu exister que parce que j'ai présenté Guillaume Bachelay, qui était alors de mes amis, à Jean-Claude Gawsewitch, et que j'ai insisté pour qu'il le publie, au nom de la diversité des opinions. Mais je suis un républicain, moi — pas un pseudo-démocrate qui n'accepte que les avis de ses amis.

Jean-Paul Brighelli est délégué à l'éducation au mouvement Debout la France, précise Le Point, beaucoup moins précis sur les préférences des caricaturistes militants qui le dénigrent. 

L'obscur 
Grégory Chambat gagne-t-il à être connu ?


Enseignant depuis 1995, principalement à l'écoute d'élèves non-francophones dans un collège des Yvelines à Mantes-la-Ville, il participe au comité de rédaction de la revue N’Autre école. 
(revue syndicale et pédagogique de la CNT, syndicat révolutionnaire et anarcho-syndicaliste), au site collaboratif Questions de classe(s) -qui se présentent comme de simples "acteurs de l’éducation: parents, travailleurs, chercheurs, issus de différents horizons associatifs, pédagogiques, syndicaux, etc., qui pensent que "la question scolaire est une question politique"- et à la collection d’ouvrages "N’Autre École", aux éditions LIbertalia qui publie son amalgame offensif 'L’école des réac-publicains : la pédagogie noire du FN et des néoconservateurs'.
Une telle production laisse à penser que le métier difficile d'alphabétisation de migrants illégaux n'est pas une tâche à temps plein ou que la décharge horaire est motivante pour ce type de sacerdoce (dans l'Émission Rue des écoles sur France culture, lES Les décharges horaires syndicales profitent à la propagande médiatique.
Voyez le débat sur le service public avec Grégory Chambat, militant révolutionnaire à la CNT; Jean-Paul Mongin, délégué général de l’association SOS Education et Fatiha Boudjahlat, enseignante, secrétaire nationale du MRC [gauche et gauche radicale], un entre-soi du service public dans l'esprit discriminatoire du camp d'été "décolonial" interdit aux Blancs à Reims et autorisé par l'Etat à la fin du mois d'août). Qu'il dégage du temps libre pour l'activisme pédago-politique interpelle néanmoins...

dimanche 24 mai 2015

Présidentielle 2017: l'UMP Juppé est-il le joker du PS ?

Alain Juppé, dans quel camp êtes-vous?

Plan B: avec le soutien de Bayrou, l'ancien premier ministre pourrait aussi bien être candidat du PS

On entend peu Alain Juppé, mais c'était dernièrement lorsqu'il dénonça "les jugements de valeur" de son camp contre la ministre de l'Education de Hollande, joignant sa voix au PS la semaine dernière pour fustiger les déclarations de Nicolas Sarkozy.

Pour marquer une nouvelle fois sa différence avec le président de  l'UMP, Alain Juppé prend le risque de s'isoler dans son propre parti lequel est unanime contre la réforme du collège de Vincent Peillon portée par Najat Vallaud-Belkacem. L'ancien premier ministre ménage son coeur de cible centriste, mais s'il est bel et bien opposé au projet du gouvernement, il recommande aussi à sa famille politique, de se garder "d'attaques personnelles". Juppé emprunte en effet l'habit de vertu de Hollande. "Moi je ne porte pas de jugement de valeur sur telles ou telles personnes. Aborder la question (de la réforme du collège) sur des attaques personnelles sur telles ou telles ministres n'est pas la bonne méthode", susurre le candidat à la primaire sur RTL.

Un conseil dans la lignée des propos du patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui, dans la semaine, avait taxé de "légèrement xénophobe" la prise de position du président de l'UMP contre la ministre de l'Education nationale. L'ancien chef de l'État venait de faire siffler Najat Vallaud-Belkacem lors d'un meeting à Pavillons-sous-Bois le maire est sénateur UMP) en... Seine-Saint-Denis (département PS longtemps géré vaille que vaille par l'actuel président de l'Assemblée): "Dans le combat effréné pour la médiocrité, Christiane Taubira [la ministre de la Justice] est en passe d'être dépassée par Najat Vallaud-Belkacem."
Avril 2013
Il se trouve que
ces deux représentantes de la diversité cristallisent l'hostilité du seul fait de leurs réformes imposées par la force pour le mariage entre personnes du même sexe ou d'un décret pour la réforme du collège, en plus du 49.3 pour faire passer la loi Macron. Le mardi 23 avril 2013 à l'Assemblée nationale, son président, Claude Bartolone, avait hurlé qu'on sorte "les ennemis de la démocratie" qui manifestaient dans la tribune.

"L'école mérite mieux que ce débat très politicien", avait commenté le maire de Bordeaux, un instant sorti de la rédaction d'un nouveau livre. Depuis sa bulle bordelaise, il s'offusqua d'un tweet de Nicolas Sarkozy (60 ans) qui annonçait son intention de revenir sur la réforme du collège s'il accède de nouveau à l'Elysée en 2017. "Tout le monde est monté au créneau pour annoncer qu'on annulera cette réforme, ce n'est pas un projet en soi", dénigra Alain Juppé.

Des propositions à l'automne

L'ancien premier ministre surveille la refondation de l'UMP par Sarkozy mais travaille à son projet personnel.
Il estime qu'il "faut d'abord dire ce qu'on mettra à la place", mais il n'avance aucune proposition. "Il faut aussi revoir ce que j'appelle la gestion de cette ressource humaine essentielle que sont les professeurs. Il n'y aura pas de réussite du système éducatif au XXIe siècle si les professeurs ne sont pas bien dans leur peau," mais il se cantonne dans le confort du  flou. Il faut revoir la formation de nos profs [déjà réformée par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était président de la République]. Comment ? Il faut revoir le déroulement de leur carrière, il faut revoir le fonctionnement de nos établissements. Vous voyez qu'on ne peut pas se contenter d'une polémique sur deux ou trois points majeurs qui ne permettent pas d'envisager l'ensemble du problème", estime l'édile bordelais dans un  vague survol de directions évidentes et qui reprend les tournures de phrases normatives et moralisatrices de Hollande, mais laisse à d'autres le soin de plonger les mains dans le cambouis.

Juppé se garde aussi bien de reprendre à son compte les propositions de Bruno Le Maire (ci-contre à gauche). A la différence du vieux sage sur sa dune, l'ancien ministre de 46 ans est monté en première ligne contre la réforme du collègeil a "un projet en soi" dont il a présenté samedi les propositions lors d'un entretien à Libération. 
Juppé en est encore à une esquisse de projet. "Je publierai à l'automne, au terme du travail que je suis en train de faire, une série de propositions sur ce sujet qui mérite approfondissement", annonce Alain Juppé (70 ans avant l'automne) qui craint fort de se laisser dépasser par ses cadets.

Les sondages ne peuvent qu'être favorables à Juppé 
qui se ménage et se réserve pour 2016. Quant à François Fillon, qui ne fait que de rares réapparitions dans les radars, s'il poursuit la même stratégie que Juppé, il pourrait représenter une menace dans la dernière ligne droite s'il surgit dans le virage.

lundi 18 mai 2015

"La réforme du collège ne verra jamais le jour", assure Jean-Paul Brighelli

Le gouvernement a braqué les acteurs éducatif de gauche comme de droite

Jean-Paul Brighelli a démonté la réforme de Najat Vallaud-Belkacem

Enseignant de terrain à la différence de Najat Vallaud-Belkacem ou de Florence Robine, ex-rectrice qui dirige la direction générale de l'enseignement scolaire, J.-P. Brighelli s'est engagé comme délégué national à l'instruction publique de Debout la France, et ne croit pas du tout à l'aboutissement de l'actuelle réforme du collège. "De toutes façons, cette réforme ne verra jamais le jour pour une raison simple: on est seulement en train de créer des commissions sur le latin-grec, l'allemand, l'histoire qui devront rendre leur conclusion en octobre", a-t-il observé lundi, durant une conférence de presse.
Calendrier à la main, Jean-Paul Brighelli estime qu'une fois engagé (ces jours-ci) et écoulé le temps des discussions portant sur ces commissions, on sera en décembre et les éditeurs n'auront plus le temps matériel de concevoir les nouveaux manuels dans de bonnes conditions. Il pense également que les conseils départementaux, chargés de financer les ouvrages et dont beaucoup sont passés à droite aux élections départementales, pourraient hésiter à considérer ces éditions comme une nécessité absolue. Sans compte que l'adoption des manuels dépendrait in fine de la bonne volonté des enseignants. "Entre-temps nous serons arrivés en janvier ou février 2017", prévient-il enfin, avant de prévoir que les priorités auront changé.

Plus incapables qu'idéologues

Réforme ou pas, Brighelli a dénoncé avec force les artisans du projet.
"Plus que des idéologues, ce sont des incapables", a-t-il souligné en ironisant au passage sur la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem. "Elle a finalement atteint son niveau d'incompétence très jeune", a-t-il raillé. Quant au premier ministre, l'enseignant n'a pas été plus tendre: "Que Manuel Valls se soit laissé avoir par cette réforme en dit long sur l'amateurisme absolu en matière d'éducation de tous ces gens-là."

Nicolas Dupont-Aignan a annoncé deux initiatives de son mouvement. 
Le président de Debout La France n'est pas dans l'opposition stérile. Avant même la manifestation nationale prévue mardi 19 à Paris, le président de DLF avait déjà demandé un arrêt immédiat de cette réforme dans une lettre adressée à tous les enseignants de France, pour dénoncer les contresens d'une réforme qui ne fera qu'accentuer la dérive continuelle de l'enseignement, ainsi qu'une liste de vingt propositions pour une nouvelle politique pour l'école, du primaire au collège.

"
Cette manifestation, j'en suis convaincu, prendra date dans l'histoire de ce quinquennat parce que quand on touche à l'instruction publique, creuset de la République, les Français se sentent concernés", a estimé le président de DLF en annonçant sa participation au mouvement de protestation mardi. 
Dans sa lettre "sentimentale" adressée aux enseignants, Nicolas Dupont-Aignan insiste sur l'urgence d'une mobilisation contre le projet gouvernemental. «Aujourd'hui, l'heure est grave. Le gouvernement propose une réforme du collège qui va accroître davantage encore le fossé entre les élèves les plus démunis et les autres", a mis en garde le député de l'Essonne avant de conclure: "On ne vient pas en classe comme on se rend au supermarché. On y va pour se construire une culture et un avenir."

Les syndicats enseignants de gauche sont opposés à la réforme Peillon/Vallaud-Belkacem 

La réforme sera abrogée en cas de victoire de l'UMP en 2017,
a annoncé l'ancien ministre de l'Education, Luc Chatel.

Il serai toutefois caricatural de donner à croire que la droite est seule contre
Certes deux syndicats (SE-Unsa et Sgen-CFDT) soutiennent le projet de Vincent Peillon-Benoît Hamon-Najat Vallaud-Belkacem, mais ils ne représentent que 20% des professeurs, et ils ne sont suivis que par les syndicats majoritaires de l'enseignement privé qui leurs sont proches (FEP-CFDT, Spelc et CFTC Snec).
La fédération de parents d'élèves (FCPE), à la différence de la PEEP, et les organisations lycéenne (UNL) - à la différence la Fidl (François Delapierre, Front de gauche, est l'un de ses ex-présidents) - et étudiante (UNEF), où le PS est dominant, ne descendront pas non plus dans la rue. 
L'UNI-Lycée et l'UMP Lycées seront présents.

Une intersyndicale très représentative appelle les professeurs à descendre dans la rue mardi 19 mai. A Paris, le défilé rassemblera le Snes-FSU, dominant dans l'enseignement secondaire, le Snep-FSU, le SNALC (classé à droite)FO, la CGT et Sud.
Ils partiront du Luxembourg en début d'après-midi. 
Une vingtaine de défilés seront organisés dans de nombreuses grandes villes à travers la France, à Marseille, Bordeaux, Toulouse et Nice.
Ils représentent ensemble 80% des votes des enseignants du collège lors des élections professionnelles de décembre dernier, auxquelles avaient pris part quelque 40% des professeurs.

Bien que chassé du pouvoir avec l'arrivée de Valls à Matignon, Vincent Peillon, tente un retour pour voler au secours de la ministre ou plutôt de son enfant défiguré par ses successeurs.