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dimanche 5 avril 2020

Coronavirus : le préfet Lallement, bourrin ordinaire ou vrai "nazi"?

Les patients en réanimation n’ont "pas respecté le confinement, accuse ce préfet de police de Paris 

Carriériste arrivé, l'arrogant fait scandale, mais ne se fait pas limoger

Une simple "boulette", selon Le Parisien, mais une "faute", pour Le Figaro.


Les personnes hospitalisées en réanimation - les plus gravement atteintes et dont la vie est menacée - sont celles qui n’ont pas respecté le confinement, a jugé le préfet de police de Paris, un préfet "à poigne", selon Le Monde. Un qualificatif qui ne vient pas immédiatement à l'esprit s'agissant de ce bourrin, mais que les supporteurs de Macron, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, doivent flatter.  
"Pas besoin d'être sanctionné pour comprendre que ceux qui sont aujourd'hui hospitalisés, qu'on trouve dans les réanimations, sont ceux qui au début du confinement ne l'ont pas respecté. Il y a une corrélation très simple". Cette petite phrase de Didier Lallementpréfet de police de Paris à la casquette trop grande pour lui et tombée sur les yeux, a sidéré tout ce que la France compte de gens que le cynisme et l'arrogance macroniennes n'ont pas encore contaminés.
Macron - qui l'a nommé en Conseil des ministres - reste impassible.

Tandis que le président jupitérien refuse de se déjuger face à cette méga-"boulette", véritable faute politique nauséabonde, nombre d'acteurs politiques condamnent le président qui ne l'a pas limogé séance tenante pour cette sentence, accréditant l'idée une juste colère des dieux et un châtiment céleste, lesquels cadrent décidément fort mal avec l'image de modernité et d'innovation que Macron annonce avec l'instauration de son "monde nouveau" à venir. 
Dans l'Antiquité, la déesse Némésis, qui personnifiait cette vengeance divine, veillait au maintien d’un équilibre dans le monde, notamment contre la venue d’étrangers mettant en danger l'économie et la stabilité des états. Le préfet Lallement, eût-il sévi à Romans-sur-Isère, aurait-il pareillement applaudi à l'assassinat de deux Drômoisen rupture de confinement - tués (outre cinq blessés) par un demandeur d'asile soudanais, bras armé d'un groupe de trois hébergés par le Secours catholique, à l'insu de la maire de la ville ?
Au XXe siècle, le régime bolchevique a déporté 300.000 à 500.000 Cosaques du Don durant la guerre civile russe de 1919 à 1920.
La période allant de 1937 à 1948 a également connu un
paroxysme d'utilisation du nettoyage ethnique, à l'initiative des dictatures soviétique de Staline et nazie de Hitler.Le préfet Lallement se situe-t-il dans cette lignée ? D'aucuns le soupçonnent au vu de la brutalité de sa répression du mouvement social incarné par les Gilets Jaunes et aujourd'hui de ses propos radicaux accablants les contaminés par le Covid19.


Quand Juppé parlait de Lallement comme d'un "nazi" 

Pourtant meilleur choix de Macron pour le Grand-Paris


“Un nazi”: quand Alain Juppé parlait de Didier Lallement, le préfet de police de Paris

Texte de 'Chez Pol", publié par Libération, le 24 février 2020


"Le grand public a appris à connaître Didier Lallement depuis sa nomination à la tête de la préfecture de Paris et sa gestion très musclée et critiquée des gilets jaunes. Mais ce préfet qui fait flipper les flics était déjà bien identifié avant cela. Fin 2017, Alain Juppé apprend ainsi que Lallement va être nommé en Gironde, raconte le Monde. Le maire de Bordeaux appelle illico Dominique Perben, ex-garde des Sceaux et sorte d'ange gardien de la carrière du fonctionnaire. Et l'ancien Premier ministre s'enquiert frontalement de la nomination de cet obsédé de la Légion étrangère et «fana mili» autoproclamé : «Dis donc, il paraît qu'on m'envoie un nazi ?» Pas de quoi choquer Perben, qui «éclate de rire et tresse l'éloge de son ami», ajoute le Monde. (Libération)
Le Monde réservait ce portrait aux abonnés, riches ou institutionnels (extrait) 

Enquête sur Didier Lallement, le préfet de police à poigne d’Emmanuel Macron

C’est Emmanuel Macron en personne qui, au cœur de la crise des « gilets jaunes », l’a choisi pour devenir préfet de police de Paris. Républicain autoritaire et fan de la Légion étrangère, Didier Lallement est aussi un habile politique.

Par Ariane Chemin et Nicolas Chapuis Publié le 23 février 2020 à 18h44 - Mis à jour le 24 février 2020 à 08h51

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Une casquette. Elle devance l’homme, comme le prolongement de l’être. Large visière arrimée à une coiffe bleu nuit brodée de feuilles de chêne et de laurier en cannetille dorée : depuis un an, elle mange le visage allongé et osseux de Didier Lallement – tour de tête 56 cm : un petit coiffant, comme on dit. Lorsqu’il descend dans la rue, impossible de le rater : le couvre-chef le dévore, comme une galette trop grande pour lui. « La taille réglementaire », assure le préfet de police de Paris.

Il faut le prendre au pied de la lettre : en matière d’uniformes, il s’y connaît. « La circulaire Castaner qui nous fait changer d’habit, c’est quand même à cause de lui ! », s’amuse un préfet de la région parisienne en citant l’arrêté de novembre 2019 qui propose une « tenue opérationnelle » aux hauts fonctionnaires allant sur le terrain.

Il fallait quand même une alternative au « veston croisé de cérémonie », cette tenue officielle, vieille de Vichy, « période amiral Darlan » ! Didier Lallement préfère la veste droite, façon Jean Moulin. En 2012, l’ex-secrétaire général du ministère de l’intérieur [Manuel Valls, puisqu'il faut tout dire] avait déjà tenté de faire valoir ses talents de créateur de la préfectorale devant le cabinet de Manuel Valls, mais le locataire de Beauvau avait d’autres priorités.

Sur les réseaux sociaux des « gilets jaunes », la casquette du préfet Lallement est devenue un mème, détournée, agrandie, moquée. Comme une métonymie du nouvel ordre policier [macronien] incarné par cet homme jusque-là inconnu du grand public. A 63 ans, ce père de deux enfants a réalisé son fantasme : « PP » pour préfet de police, comme on dit « PR » pour le président de la République : le Graal de la préfectorale. En 2015, au cœur des attentats, le visage de François Molins, procureur de la République de Paris, avait incarné aux yeux des Français le bouclier de la justice face au terrorisme. Celui, raide et austère, de Didier Lallement symbolise désormais le maintien de l’ordre à Paris.

"Je ne mets aucun affect dans mes relations professionnelles"

Le temps est à l’orage social et le président de la République raffole des grandes gueules [est-ce le trait de caractère qui le résume le mieux?]. Didier Lallement n’a pas besoin de forcer son caractère pour jouer le « bad cop », le méchant. Sur la route de ses affectations, il laisse des souvenirs de colères froides et de mots cinglants. Parmi les scènes épiques, cette réunion à la préfecture de Bordeaux, début 2018. Lallement est alors préfet de la région Nouvelle-Aquitaine. Il est mécontent du travail d’un des services de police. « Vous allez finir sur un croc de boucher », lance-t-il à l’un des commissaires du service lors d’une réunion hebdomadaire de sécurité intérieure. Silence pétrifié. « Le lendemain, on a tous regretté de ne pas s’être levés », raconte l’un des fonctionnaires présents.
La suite est réservée aux abonnés. Dommage pour les étudiants impécunieux...

Le préfet Lallement ne laissait rien ignorer de son idéologie, nazie, pour les uns ou bolchévique, pour les autres

Macron l'a choisi en toute connaissance de cause.
Fait membre du Conseil constitutionnel par la volonté du prince il a plus d'un an, où il côtoie Nicole Maestracci (magistrate du Syndicat de la Magistrature, SM, classé à l'extrême gauche), Juppé savait. A-t-il failli à son devoir en se taisant? 

VOIR et ENTENDRE
dans quel mépris il tient certains Français, quand il se pavane dans Paris et croise une "Gilet Jaune"


Macron l'a-t-il préféré à d'autres pour qu'il réprime et casse des gueules ?
En refusant de le limoger, il confirme cette hypothèse.
La déesse Nemesis marche main dans la main avec Hybris, déesse de la démesure chez les mégalomaniaques.

jeudi 23 janvier 2020

24 janvier 2020: "ce qui vous attend" (Le Point), "journée noire" (CNews), "vendredi noir" (LCI,"vers un blocage total des transports" (France Soir)

Retraites: l'intersyndicale appelle à une nouvelle journée de grèves et manifestations le 24 janvier

Les syndiqués et sympathisants opposés à la réforme Macron des retraites appellent à une 7ème journée de grèves et de manifestations, vendredi, jour où le Conseil des ministres examinera le projet de loi.
manif-retraites





Test d'essoufflement... la mobilisation contre la réforme des retraites a pris des formes nouvelles, mais elle n’est pas pour autant terminée. Des actions coups de poing de la CGT Energie maintiennent la pression sur le gouvernement Philippe, tout en permettant aux grévistes de la SNCF et de la RATP de reprendre haleine. Les organisations syndicales CGT et FSU, FO, CFE-CGC et Solidaires de la Fonction publique ont appelé à "des actions de grève et de convergences interprofessionnelles" jusqu’à la journée de mobilisation du vendredi 24 Janvier 2020.
[Communiqué]
42 jours plus tard : un mouvement majoritaire et inédit !
L'intersyndicale FSU, CGT, Solidaires, FO, CFE CGC, UNEF, UNL, MNL et FIDL appelle à renforcer la grève et à une journée de mobilisation massive le ! 👇




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Avocats, profs, dockers, etc…

Après six semaines d’un mouvement social inédit sous la Ve République et après six journées de manifestations massives, aussi bien à Paris que dans les grandes agglomérations françaises, la colère ne retombe pas, contrairement à ce que donne à penser l’exécutif et sa presse aux ordres qui évoquent en choeur "une grève sans issue".

Ces derniers jours ont connu des actions-surprises dans des secteurs encore non impactés : on a assisté à une nouvelle intrusion au siège de la CFDT, mardi, à des coupures d’électricité dans plusieurs régions, au "jeter de robes" noires pour les avocats de plusieurs tribunaux (Caen ou Bordeaux, notamment) et blanches pour le personnel médical, au "jeter de manuels scolaires" par-dessus les grilles du rectoral dans plusieurs grandes villes de France, comme à Clermont-Ferrand ou à Créteil.

Les avocats grévistes (ils sont 70.000 en France) perturbent sérieusement les audiences dans toutes les juridictions. Les dockers bloquent les ports de Calais, Dunkerque, Le Havre, Nantes, La Rochelle, Marseille. Les enseignants refusent de faire passer les épreuves communes de contrôle continu (E3C) dans le cadre de la réforme Blanquer du bac dans de très nombreux établissements. Perturbations également à la Banque de France où des centres fiduciaires sont bloqués, avec pour conséquence le risque brandi d’une pénurie de billets de banque dans les distributeurs automatiques.

Le chaos, jusqu’à quand ?

Les causes doivent être pointées, plus que les conséquences.
📢
RDV

📍 Place de la République
⌚️ 11h, sous le ballon CFE-CGC

Pour les mobilisations en province, rapprochez vous de votre UR.

📌 Rappel : le 24, le projet sera présenté au Conseil des ministres.




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Si ils pouvaient, BFM, LCI et CNews ou Le Figaro enverraient leurs cadres pour  remplacer les grévistes de la SNCF ou d'ENEDIS, comme l'a fait Farandou Jean-Pierre. Mais on ne verra ni Jean-Jacques Bourdin, ni  Ruth Elkrief au sommet d'un pylône... 

La contestation se radicalise à mesure que Macron et Philippe exaspèrent les salariés.
Elle prend des formes inattendues : intrusion dans un théâtre, vendredi dernier, où les Macron n'ont pas hésité à aller se distraire en pleines grèves, blocage de l’entrée du Louvre le lendemain, prise à partie d’élus et de ministres lors de réunions publiques, incendie d’un grand restaurant parisien où Macron avait fait la fête entre les deux tours de la présidentielle, avec ses partisans… 
Les experts-comptables et commissaires aux comptes pourtant peu enclins à faire la révolution envisagent de ne pas valider les comptes de campagne des candidats aux élections. C’est dire si, avec sa réforme des retraites, Macron fait l’unanimité contre lui !

A vouloir faire sa Thatcher, Macron entretient les flammes. Jusqu’à quand ? 
"Jusqu’au retrait total de la réforme," répondent en chœur les syndicats CGT, CFE-CGC, FO, FSU, Solidaires, mais aussi les syndicats enseignants et étudiants (MNL, UNEF) ou associations lycéennes (UNL, FIDL) qui, lors d’une AG commune, lancent un appel à une nouvelle journée de mobilisation le 24 janvier 2020, la 7ème depuis le début du conflit? Au 52e jour de grèves, ce sera le jour où le Conseil des ministres examinera le projet de loi sur les retraites. Tout un symbole.

La grève contre la réforme Macron des retraites bat le record de 1986-87.
En 1986, pour la défense des salaires et conditions de travail, la SNCF avait été paralysée par 28 jours de grève, sans trêve de Noël, face au second gouvernement Jacques Chirac, pendant la présidence de François Mitterrand.

En 1995: 22 jours contre la réforme des retraites (photo ci-dessous).
La grève contre le projet de réforme d'Alain Juppé, qui portait notamment sur les régimes de retraites des fonctionnaires et des agents de services publics, paralysa le trafic de la SNCF et de la RATP pendant 22 jours, du 24 novembre au 15 décembre 1995.
Les fonctionnaires observèrent également plusieurs journées de grève et les manifestations se multiplièrent. Alain Juppé renonça finalement à la réforme des retraites, tout en maintenant le reste de son plan de redressement de la Sécurité sociale.

Jeudi soir, veille de la grande grève du 24, des marches aux flambeaux dans toute la France !  
Des retrai­tes aussi, mais aux flam­beaux, à l’ini­tia­tive des gré­vis­tes des mar­ches de nuit... 

samedi 6 juillet 2019

Bayrou, dindon de la farce LREM-MoDem

Entre LREM et le MoDem, ça se gâte

Le parti présidentiel et celui de François Bayrou peinent à masquer leurs rivalités naissantes

Les municipales mettent au jour les stratégies divergentes des deux partis. 
"On nous parle en permanence de bienveillance à LREM, mais ils devraient quand même balayer devant leur porte avant", enrage un cadre du MoDem, après la série de provocations essuyées ces derniers jours par François Bayrou et les siens. Il y a bien sûr les récentes investitures En marche ! aux municipales, dans certaines villes où le MoDem est pourtant implanté et soutient d'autres figures locales.
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Des proies faciles :
consentantes ?
Ou encore ce document interne ayant servi le week-end dernier à la formation des futurs candidats marcheurs, lien PaSiDupes, et avec des profils politiques fictifs imaginés dans le cadre d'un jeu de rôles assez malveillant où la candidate du parti centriste s'appelle ainsi "Marielle Orange", présentée comme… "peu à l'aise dans son rôle de parlementaire". Une allusion limpide ou une agression frontale, selon les points de vue, à Marielle de Sarnez, proche depuis toujours de Bayrou. "Quand on voit comment les députés macronistes ont eu du mal à se mettre dans leurs habits politiques, c'est quand même l'hôpital qui se fout de la charité !", fulmine en retour l'état-major du MoDem, qui n'était pas aussi ombrageux jusqu'ici quand la droite républicaine était maltraitée par LREM, en interne et, par voie de conséquence, par sa presse alignée.

Le MoDem semble découvrir que LREM ne respecte rien ni personne.
Les marchandages des municipales pourraient bien aboutir à un éveil des consciences et mettre sur la place publique les coups bas ordinaires et traîtrises des cyniques du mouvement présidentiel : "L'enracinement de LREM sur le terrain, pour nécessaire qu'il soit, ne peut rimer avec le dénigrement de ses partenaires", a glapi Patrick Mignola, président du groupe MoDem, dans une lettre ouverte adressée cette semaine à Stanislas Guerini, le patron d'En Marche !, après les révélations sur les méthodes malsaines de la majorité présidentielle.

Bayrou "à fleur de peau"

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Macron est allé à Pau rouler Bayrou dans la farine
François Bayrou se prend sa fameuse maxime en pleine face - "nous sommes d'accord pour être en désaccord". Son entourage décrit le maire de Pau "à fleur de peau",  pour ne pas dire "fou de rage de voir que le deal présidentiel s'est fragilisé avec le temps". "Ils ont besoin d'envoyer des messages à leurs troupes, commente un proche du chef de l'Etat. Bayrou est un peu déstabilisé en ce moment car la campagne européenne a consacré le fait que nous étions plusieurs partenaires. Or, il veut être l'allié principal. Et il doit consolider son existant. Donc, il est inquiet."

 Nicolas Florian, actuel maire de Bordeaux, ne passe pas une semaine sans parler ou déjeuner avec Alain Juppé qui a dirigé la ville pendant près de vingt-deux ans.
Et c'est dans l'ancien fief d'Alain Juppé, Bordeaux, que les poings se serrent, dans les poches, avec un candidat marcheur investi - Thomas Cazenave très proche de Macron -, jeté dans les jambes de Nicolas Florian,  alors même que le MoDem gouverne avec le maire juppéiste sortant. Résultat, les deux alliés de la majorité feront donc campagne l'un contre l'autre…

Rivalités naissantes

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Le scénario est le même à Marseille avec Gaudin
Un cas de figure qui pourrait également se produire à Rennes. 
"Franchement, on marche sur la tête. Du grand n'importe quoi, c'est hallucinant !", gronde un parlementaire centriste, qui va jusqu'à parler de "tentation hégémonique du parti majoritaire". "Or, le pouvoir hégémonique, c'est tout ce qu'on a toujours rejeté. C'est notamment pour cela que Bayrou tourne le dos à l'UMP au moment de sa création en 2002" rappelle une élue. Le "monde nouveau" de Macron serait-il un copié-collé de l'ancien ?

"Nous pouvons avoir des différences d'appréciation avec LREM. Mais, pour nous, ces élections municipales sont avant tout locales. Et non partisanes. Il faut donc rechercher les meilleures équipes et les meilleurs projets", prêche Marielle de Sarnez.

Si, à l'heure des municipales, la stratégie macronienne du double-jeu fait naître un sentiment de maltraitance et de cocufiage maltraite ses alliés, provoquant chez eux des colères rentrées et des accès de psoriasis, sa stratégie du bulldozer ravive le sujet de la morale politique et du respect. 
L'égocentrique Macron la foule déjà aux pieds.

mercredi 29 mai 2019

Après-européennes : Macron laisse General Electric licencier, après avoir retardé l'annonce

A Belfort, GE envisage la suppression de plus de 1.000 emplois en France

Avatar de la transition écologique :  le plan social touche principalement la branche turbines à gaz de l’entreprise américaine 


L'annonce avait été différée pour ne pas mettre en difficulté la liste ...Renaissance de Macron aux Européennes. 
Implanté dans le Territoire de Belfort, le géant américain General Electric (GE) a confirmé, mardi 28 mai, deux jours après le scrutin, son projet de suppression de plus de 1.000 postes en France. Au lendemain des élections européennes, Macron est rattrapé par son passé de ministre de l'Industrie, .

L’annonce, redoutée depuis des mois par les salariés, a été officialisée mardi matin par un communiqué du groupe : GE a présenté aux instances représentatives du personnel "des projets d’évolution de l’organisation de ses activités gaz et de ses fonctions support". Celles-ci, détaille-t-il, sont susceptibles d’ "entraîner un maximum de 1.044 réductions de postes", essentiellement sur les sites franc-comtois de Belfort et de Bourogne (Territoire de Belfort), ainsi qu’à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Résultat de recherche d'images pour "macron belfort"Le groupe américain avait racheté en 2015 la branche énergie d’Alstom : le 4 novembre 2014, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, avait approuvé et autorisé l’investissement de General Electric dans Alstom.
Emmanuel MACRON autorise l’investissement de General Electric avec Alstom
Emmanuel MACRON, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, a accordé aujourd’hui son autorisation à General Electric (GE) pour la réalisation de son projet d’investissement en France avec Alstom et la constitution d’une alliance industrielle entre les deux groupes dans le secteur de l’énergie.
Cette autorisation était une étape nécessaire. Elle a été délivrée sur la base du décret n°2014-479 du 14 mai 2014 sur les investissements étrangers soumis à autorisation préalable. Par ce décret, la France soumet l’acquisition d’entreprises nationales exerçant des activités stratégiques (défense nationale, transports, approvisionnement énergétique…) à l’engagement formel par l’acquéreur d’assurer la pérennité de ces activités, sous peine de sanctions. Elle vient clore un processus de six mois de discussions approfondies associant l’Etat (Agence des participations de l’Etat et Direction générale des entreprises, sous le pilotage du Ministre de l’Economie), GE, Alstom, mais aussi EDF et Areva qui sont les entreprises clientes d’Alstom. Les engagements pris par GE s’incarnent dans un ensemble de contrats signés respectivement avec l’Etat et les entreprises nationales concernées, dont les principes avaient été définis dans le protocole d’accord signé entre l’Etat, GE et Alstom le 21 juin dernier. Emmanuel MACRON s’est assuré, avec vigilance, que les intérêts de l’Etat, la pérennité de la filière nucléaire et la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de la France sont pleinement pris en compte dans cette opération.
Le nouveau groupe Alstom, par le biais de cette transaction disposera de
tous les moyens pour développer un champion français et européen dans le secteur des transports. Ces différents accords et contrats, signés le 4 novembre par les parties prenantes, constituent un dispositif juridique solide et complet, qui protège pleinement les intérêts nationaux que le gouvernement a poursuivis dans ce dossier depuis le mois d’avril. Un mécanisme de suivi des engagements sera immédiatement mis en place pour s’assurer de leur respect dans la durée. Par ailleurs, le Ministre rappelle que les dispositifs de l’accord conclu entre l’Etat et le groupe Bouygues, qui porte notamment sur un prêt de titres et une série de promesses de vente de Bouygues au bénéfice de l’Etat, portant sur un volume de titres pouvant représenter jusqu’à 20% du capital d’Alstom, seront activés à compter de la réalisation complète des opérations entre Alstom et GE.

En septembre 2016, Macron maintenait toujours qu'il n'avait pas fait des "promesses intenables"
, contrairement à d'autres responsables politiques...:


L'Américain envisage désormais jusqu’à 792 suppressions de postes
dans l’entité gaz, et 252 dans celle dédiée aux fonctions supports, a précisé un porte-parole du groupe.

Aux abords du site de Belfort, 
les salariés se sont dit, la mine fermée,
 "abasourdis" et "assommés" par l’ampleur de l’annonce et sa "rapidité après les élections européennes".
"C’est une nouvelle épreuve pour la Cité du Lion, pour le bassin industriel du Nord Franche-Comté, et plus largement pour la filière énergie en France", ont fustigé dans un communiqué commun plusieurs élus locaux, parmi lesquels le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, et la présidente (PS) de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay. Insistant sur le timing de l’annonce, "au lendemain des élections européennes", ils ont sonné "la mobilisation générale" et prévenu : "nous ne lâcherons rien !"

VOIR et ENTENDRE
ce reportage mettant en cause le "développement des ...énergies renouvelables":


La "mort annoncée" du site

Au total, General Electric emploie à Belfort environ 4.300 personnes, dont 1.900 dans l’entité turbines à gaz visée par l’annonce et qui subit les conséquences des difficultés générales de GE et de la baisse actuelle de ses marchés : en France, l'entreprise se trouve en situation de surproduction. 
Il y a près de 6 ans, une commission travaillant pour le président Hollande conseillé par l’actuel président Macron engageait une course folle à la compétitivité, que poursuivit le conseiller devenu ministre, puis président : CICE, pacte de responsabilité, loi travail 1 (El Khomri), loi travail 2 (Pénicaud). Les statistiques du chômage et celles de la croissance sont venues démontrer le fiasco de leur politique de l'offre.
Pour GE, il s’agit "d’améliorer les performances opérationnelles et financières de ses activités gaz, de simplifier son organisation en adaptant ses fonctions support aux contraintes des divisions et ainsi retrouver le chemin d’une compétitivité durable".

Les procédures d’information-consultation auprès des organisations représentatives du personnel doivent s’ouvrir à la mi-juin. "Ces projets ne seront pas finalisés et aucune décision ne sera prise avant l’issue des procédures de consultation", insiste GE.
Même si salariés et élus redoutaient depuis plusieurs mois ces suppressions de postes, elles ont fait l’effet d’un électrochoc sur le site. C’est un "coup de tonnerre", a réagi sous couvert de l’anonymat un délégué syndical de la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC), à Belfort. "C’est la mort annoncée du site", a renchéri Dominique Thiriet, secrétaire de la Confédération générale du travail (CGT) à GE Belfort, qui a fustigé l’absence de "volonté de General Electric de [le] faire vivre".

VOIR et ENTENDRE Juppé casser les genoux du ministre Macron sur le sujet d'Alstom, lorsqu'il avait encore des espoirs à l'UMP :


Indignation de l’intersyndicale

Pour le gouvernement, ces suppressions tombent au plus mal, dans un contexte social dégradé et avec d’autres déconvenues industrielles, comme la reprise chaotique de l’aciérie d’Ascoval de Saint-Saulve (Nord), la fermeture annoncée de Ford à Blanquefort (Gironde) ou les difficultés de trésorerie du repreneur de Whirlpool choisi .

Début mai, Emmanuel Macron avait assuré dans un courrier aux élus locaux que le dossier GE Belfort faisait l’objet de "la plus grande vigilance de la part de l’Etat". Dans un "contexte économique difficile", Belfort "dispose d’atouts", mais il est "indispensable de mesurer les investissements nécessaires afin d’adapter l’outil industriel pour expertiser la faisabilité" des projets à l’étude, telle la "diversification dans le secteur aéronautique, dans l’hydrogène" ou dans "de nouvelles centrales nucléaires à l’international", avait-il, cependant, averti.

Fin mars, le ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire, avait précisé qu’il entendait "étudier toutes les pistes industrielles possibles pour maintenir l’emploi". Parmi ces pistes : puiser dans un fonds de 50 millions d’euros abondé par GE pour ne pas avoir respecté son engagement, pris après le rachat de la branche énergie d’Alstom, de créer un millier d’emplois net en France.

La semaine dernière
, B. Le Maire avait toutefois soulevé la colère de l’intersyndicale de GE Belfort, déclarant qu’
"aujourd’hui, [GE] a une empreinte très forte sur les turbines à gaz", secteur dans lequel ..."il n’y a pas de débouchés".

La responsabilité de Macron depuis 2014
Une responsabilité personnelle de Macron que ne manque pas de souligner sur son blog Jean-Pierre Chevènement, actuel sénateur du Territoire-de-Belfort :
"Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan 'America first !' ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris", s'indigne l'ancien ministre.


"Etes-vous prêt vous aussi à vous battre à nos côtés ?", a demandé au gouvernement le député Michel Zumkeller (UDI) à l'Assemblée nationale mardi après-midi. Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron lui a répondu en promettant d'être "extrêmement vigilant":
"Le gouvernement est à l'oeuvre et les engagements qui avaient été pris par General Electric devront être tenus", a clamé le chef de l'Etat à l'issue d'un sommet informel de l'Union européenne, visant à contrecarrer la candidature de Weber.
De son côté, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est engagé à préserver "l'avenir industriel de Belfort". 
Des promesses qui ne suffisent pas à rassurer les salariés: "Le gouvernement fait rien pour nous aider, ils s'en foutent", gronde un salarié de l'usine.

A l'Elysée, la parole de l'ex-banquier est complètement démonétisée.
VOIR et ENTENDRE une synthèse du sujet mettant en cause Macron personnellement:

Le 18 mai 2017, Richard Ferrand, alors ministre de la Cohésion des Territoires, député du Finistère et secrétaire général d’En Marche!, affirmait sur Europe 1: "C'est le gouvernement de la promesse tenue !"