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mercredi 29 mai 2019

Après-européennes : Macron laisse General Electric licencier, après avoir retardé l'annonce

A Belfort, GE envisage la suppression de plus de 1.000 emplois en France

Avatar de la transition écologique :  le plan social touche principalement la branche turbines à gaz de l’entreprise américaine 


L'annonce avait été différée pour ne pas mettre en difficulté la liste ...Renaissance de Macron aux Européennes. 
Implanté dans le Territoire de Belfort, le géant américain General Electric (GE) a confirmé, mardi 28 mai, deux jours après le scrutin, son projet de suppression de plus de 1.000 postes en France. Au lendemain des élections européennes, Macron est rattrapé par son passé de ministre de l'Industrie, .

L’annonce, redoutée depuis des mois par les salariés, a été officialisée mardi matin par un communiqué du groupe : GE a présenté aux instances représentatives du personnel "des projets d’évolution de l’organisation de ses activités gaz et de ses fonctions support". Celles-ci, détaille-t-il, sont susceptibles d’ "entraîner un maximum de 1.044 réductions de postes", essentiellement sur les sites franc-comtois de Belfort et de Bourogne (Territoire de Belfort), ainsi qu’à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Résultat de recherche d'images pour "macron belfort"Le groupe américain avait racheté en 2015 la branche énergie d’Alstom : le 4 novembre 2014, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, avait approuvé et autorisé l’investissement de General Electric dans Alstom.
Emmanuel MACRON autorise l’investissement de General Electric avec Alstom
Emmanuel MACRON, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, a accordé aujourd’hui son autorisation à General Electric (GE) pour la réalisation de son projet d’investissement en France avec Alstom et la constitution d’une alliance industrielle entre les deux groupes dans le secteur de l’énergie.
Cette autorisation était une étape nécessaire. Elle a été délivrée sur la base du décret n°2014-479 du 14 mai 2014 sur les investissements étrangers soumis à autorisation préalable. Par ce décret, la France soumet l’acquisition d’entreprises nationales exerçant des activités stratégiques (défense nationale, transports, approvisionnement énergétique…) à l’engagement formel par l’acquéreur d’assurer la pérennité de ces activités, sous peine de sanctions. Elle vient clore un processus de six mois de discussions approfondies associant l’Etat (Agence des participations de l’Etat et Direction générale des entreprises, sous le pilotage du Ministre de l’Economie), GE, Alstom, mais aussi EDF et Areva qui sont les entreprises clientes d’Alstom. Les engagements pris par GE s’incarnent dans un ensemble de contrats signés respectivement avec l’Etat et les entreprises nationales concernées, dont les principes avaient été définis dans le protocole d’accord signé entre l’Etat, GE et Alstom le 21 juin dernier. Emmanuel MACRON s’est assuré, avec vigilance, que les intérêts de l’Etat, la pérennité de la filière nucléaire et la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de la France sont pleinement pris en compte dans cette opération.
Le nouveau groupe Alstom, par le biais de cette transaction disposera de
tous les moyens pour développer un champion français et européen dans le secteur des transports. Ces différents accords et contrats, signés le 4 novembre par les parties prenantes, constituent un dispositif juridique solide et complet, qui protège pleinement les intérêts nationaux que le gouvernement a poursuivis dans ce dossier depuis le mois d’avril. Un mécanisme de suivi des engagements sera immédiatement mis en place pour s’assurer de leur respect dans la durée. Par ailleurs, le Ministre rappelle que les dispositifs de l’accord conclu entre l’Etat et le groupe Bouygues, qui porte notamment sur un prêt de titres et une série de promesses de vente de Bouygues au bénéfice de l’Etat, portant sur un volume de titres pouvant représenter jusqu’à 20% du capital d’Alstom, seront activés à compter de la réalisation complète des opérations entre Alstom et GE.

En septembre 2016, Macron maintenait toujours qu'il n'avait pas fait des "promesses intenables"
, contrairement à d'autres responsables politiques...:


L'Américain envisage désormais jusqu’à 792 suppressions de postes
dans l’entité gaz, et 252 dans celle dédiée aux fonctions supports, a précisé un porte-parole du groupe.

Aux abords du site de Belfort, 
les salariés se sont dit, la mine fermée,
 "abasourdis" et "assommés" par l’ampleur de l’annonce et sa "rapidité après les élections européennes".
"C’est une nouvelle épreuve pour la Cité du Lion, pour le bassin industriel du Nord Franche-Comté, et plus largement pour la filière énergie en France", ont fustigé dans un communiqué commun plusieurs élus locaux, parmi lesquels le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, et la présidente (PS) de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay. Insistant sur le timing de l’annonce, "au lendemain des élections européennes", ils ont sonné "la mobilisation générale" et prévenu : "nous ne lâcherons rien !"

VOIR et ENTENDRE
ce reportage mettant en cause le "développement des ...énergies renouvelables":


La "mort annoncée" du site

Au total, General Electric emploie à Belfort environ 4.300 personnes, dont 1.900 dans l’entité turbines à gaz visée par l’annonce et qui subit les conséquences des difficultés générales de GE et de la baisse actuelle de ses marchés : en France, l'entreprise se trouve en situation de surproduction. 
Il y a près de 6 ans, une commission travaillant pour le président Hollande conseillé par l’actuel président Macron engageait une course folle à la compétitivité, que poursuivit le conseiller devenu ministre, puis président : CICE, pacte de responsabilité, loi travail 1 (El Khomri), loi travail 2 (Pénicaud). Les statistiques du chômage et celles de la croissance sont venues démontrer le fiasco de leur politique de l'offre.
Pour GE, il s’agit "d’améliorer les performances opérationnelles et financières de ses activités gaz, de simplifier son organisation en adaptant ses fonctions support aux contraintes des divisions et ainsi retrouver le chemin d’une compétitivité durable".

Les procédures d’information-consultation auprès des organisations représentatives du personnel doivent s’ouvrir à la mi-juin. "Ces projets ne seront pas finalisés et aucune décision ne sera prise avant l’issue des procédures de consultation", insiste GE.
Même si salariés et élus redoutaient depuis plusieurs mois ces suppressions de postes, elles ont fait l’effet d’un électrochoc sur le site. C’est un "coup de tonnerre", a réagi sous couvert de l’anonymat un délégué syndical de la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC), à Belfort. "C’est la mort annoncée du site", a renchéri Dominique Thiriet, secrétaire de la Confédération générale du travail (CGT) à GE Belfort, qui a fustigé l’absence de "volonté de General Electric de [le] faire vivre".

VOIR et ENTENDRE Juppé casser les genoux du ministre Macron sur le sujet d'Alstom, lorsqu'il avait encore des espoirs à l'UMP :


Indignation de l’intersyndicale

Pour le gouvernement, ces suppressions tombent au plus mal, dans un contexte social dégradé et avec d’autres déconvenues industrielles, comme la reprise chaotique de l’aciérie d’Ascoval de Saint-Saulve (Nord), la fermeture annoncée de Ford à Blanquefort (Gironde) ou les difficultés de trésorerie du repreneur de Whirlpool choisi .

Début mai, Emmanuel Macron avait assuré dans un courrier aux élus locaux que le dossier GE Belfort faisait l’objet de "la plus grande vigilance de la part de l’Etat". Dans un "contexte économique difficile", Belfort "dispose d’atouts", mais il est "indispensable de mesurer les investissements nécessaires afin d’adapter l’outil industriel pour expertiser la faisabilité" des projets à l’étude, telle la "diversification dans le secteur aéronautique, dans l’hydrogène" ou dans "de nouvelles centrales nucléaires à l’international", avait-il, cependant, averti.

Fin mars, le ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire, avait précisé qu’il entendait "étudier toutes les pistes industrielles possibles pour maintenir l’emploi". Parmi ces pistes : puiser dans un fonds de 50 millions d’euros abondé par GE pour ne pas avoir respecté son engagement, pris après le rachat de la branche énergie d’Alstom, de créer un millier d’emplois net en France.

La semaine dernière
, B. Le Maire avait toutefois soulevé la colère de l’intersyndicale de GE Belfort, déclarant qu’
"aujourd’hui, [GE] a une empreinte très forte sur les turbines à gaz", secteur dans lequel ..."il n’y a pas de débouchés".

La responsabilité de Macron depuis 2014
Une responsabilité personnelle de Macron que ne manque pas de souligner sur son blog Jean-Pierre Chevènement, actuel sénateur du Territoire-de-Belfort :
"Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan 'America first !' ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris", s'indigne l'ancien ministre.


"Etes-vous prêt vous aussi à vous battre à nos côtés ?", a demandé au gouvernement le député Michel Zumkeller (UDI) à l'Assemblée nationale mardi après-midi. Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron lui a répondu en promettant d'être "extrêmement vigilant":
"Le gouvernement est à l'oeuvre et les engagements qui avaient été pris par General Electric devront être tenus", a clamé le chef de l'Etat à l'issue d'un sommet informel de l'Union européenne, visant à contrecarrer la candidature de Weber.
De son côté, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est engagé à préserver "l'avenir industriel de Belfort". 
Des promesses qui ne suffisent pas à rassurer les salariés: "Le gouvernement fait rien pour nous aider, ils s'en foutent", gronde un salarié de l'usine.

A l'Elysée, la parole de l'ex-banquier est complètement démonétisée.
VOIR et ENTENDRE une synthèse du sujet mettant en cause Macron personnellement:

Le 18 mai 2017, Richard Ferrand, alors ministre de la Cohésion des Territoires, député du Finistère et secrétaire général d’En Marche!, affirmait sur Europe 1: "C'est le gouvernement de la promesse tenue !"

jeudi 22 décembre 2016

L'expérimentation d'un kilomètre de route solaire en Normandie interpelle le contribuable

Une première mondiale, coup de com' coûteux

L’ensemble des travaux a été couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros, hors taxe…

Ce qui compte pour l'étranger, c'est que cette première mondiale est financée par les Français, 
Installation dans un sens d'une départementale à deux voies
plus soucieux de prestige que de dette publique. La ministre illuminée de l’environnement, Ségolène Royal, va inaugurer ce jeudi la première route solaire au monde dans un petit village normand de 3.400 habitants, près de Mortagne (si ça vous parle). En fait, un tronçon routier de 1 km recouvert de panneaux photovoltaïques. 
Elle n'a pas payé ses dettes en région Poitou-Charentes qu'elle creuse déjà un nouveau trou financier dans l'Orne.  
Ségolène Royal pose au volant d'un prototype de véhicule électrique, en octobre 2008, lors de la présentation de voitures "propres" à bas coût développées par des entreprises de la région Poitou-Charentes.
Après le coup de la voiture électrique, la Renault Zoé qui a reçu le soutien "important et inconditionnel" de l'ancienne présidente du Poitou-Charentes, mais qui a tourné au fiasco et au gouffre financier, Royal remet ça dans le solaire en Normandie.

Si elle confirme des irrégularités financières, la chambre régionale des Comptes de Nouvelle Aquitaine ne parle plus d’insincérité des comptes à propos de la situation financière jusqu'ici jugée "désastreuse" de la région que l'actuelle ministre présidait. 
Cette technologie, encore en phase test, est expérimentée en France par l'entreprise Colas, filiale de Bouygues, pour laquelle travaillent également des Néerlandais, des Américains et des Allemands. 
La fabrication d'un panneau photovoltaique destiné à la première route solaire en Normandie.Mais, à partir de jeudi, les 2.000 automobilistes en moyenne qui empruntent  quotidiennement la RD5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un km sur des dalles solaires encollées sur l'asphalte. Au coeur ce revêtement, les feuilles de silicium - un semi-conducteur qui n'existe pas naturellement à l'état libre sur la Terre et qu'il faut donc produire par électrométallurgie et consommation d'électricité - générant le courant sont enrobées dans une résine protectrice qui, affirment les partenaires de Wattway, les rend "capables de supporter la circulation de tout type de véhicule, y compris les poids lourds", tout en assurant une bonne adhérence entre les pneus et la chaussée.
L’idée de dérouler des panneaux solaires sur le réseau routier n’est pas neuve. Voilà plus de dix ans que l'idée d'un couple d’Américains de l’Idaho, Scott et Julie Brusaw, est de produire de l’électricité sans empiéter sur les surfaces agricoles ou les espaces naturels. Ce couple avait ouvert la voie en créant la société Solar Roadways. Depuis, des initiatives similaires ont été lancées dans plusieurs pays, notamment à Berlin ou dans la banlieue d’Amsterdam. Les Pays-Bas ont mis en place il y a deux ans une piste cyclable de 70 mètres au nord d’Amsterdam et ont pour projet l’installation de routes photovoltaïques pour 2018. En Allemagne, une installation test sera expérimentée à l’été 2017 à Cologne. Aux Etats-Unis, le Missouri travaillerait à l’installation d’une petite portion de dalles solaires sur un trottoir.
Mais, jusqu’ici, les expérimentations n’ont été réalisées que sur de très petites sections de route. Le concept a changé d’échelle, avec le projet Wattway porté par l’entreprise de travaux publics Colas (groupe Bouygues) et l’Institut national de l’énergie solaire (INES) qui associe le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et l’université de Savoie. A l'issue de cinq années de recherche et de tests menés en Vendée, dans les Bouches-du-Rhône et dans les Yvelines (sur des surfaces nettement plus petites: 50 à 100 m²), la route solaire normande va constituer le véritable banc d’essai.
L’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants...

Ces 2.800 m2 de dalles à l'aspect de carrelage plastifié sur un kilomètre doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants, mais à des fins de circulation routière, selon la direction de Wattway. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. L’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros.


A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage du choix de cette portion de route départementale : la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20 % du temps, selon Colas. Avec un million de km de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en pavant le quart de ses routes, met en avant la société. 

Ce projet, sans précédent au monde par sa taille, suscite pourtant des critiques 

Le financement, de 5 millions d’euros, a en effet été assuré par une subvention de l’Etat. Hors taxe, précise le conseil départemental.
Surtout, il reste à Ségolène Royal de trouver le  modèle économique adéquat. "Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) raccordé", selon Jean-Charles Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER) pourtant plutôt porté à l'enfumage de l'opinion et des acteurs politiques.
A 5 millions d’euros le kilomètre, la perspective, envisagée par la ministre, de paver de silicium 1.000 km de routes exigerait d’y consacrer 5 milliards d’euros, hors taxes. Et la taxe autoroutière serait mise sur orbite... Cela, alors que le prix du watt-crête (puissance maximale) raccordé se monte, pour l’actuelle route solaire, à 17 euros contre seulement 1,30 euro pour le photovoltaïque posé en grande toiture, rappelons-le, et moins de 1 euro pour les installations au sol.

Techniquement, le rendement énergétique des panneaux à plat est en outre incertain: ils produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour "300 kWh installés", les dalles Wattway produisent "5 à 10 kW de moins" que les panneaux implantés sur les toitures, explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway. 
Et quand la route devient centrale photovoltaïque, il ne faut pas évoquer les cas de bouchons routiers qui plantent les véhicules électriques au milieu de nulle part dès lors qu'ils ne produisent plus leur propre énergie.

Un "gadget"  
Ce sont bien les performances de cette infrastructure, au regard de son coût, que mettent en cause certains experts. "Il s’agit sans doute d’une prouesse technique, mais, pour développer les renouvelables, il y a d’autres priorités qu’un gadget dont on est certain qu’il est très cher sans être sûr qu’il marche", pense Marc Jedliczka, vice-président du Réseau pour la transition énergétique (CLER) et directeur général de l’association Hespul, spécialisée dans le photovoltaïque.

Les réalistes attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement

avec le temps et sortis des laboratoires, à un passage intensif de poids-lourds et aux intempéries, neige et verglas. 
Ségolène Royal laissera-t-elle à son successeur ou assumera-t-elle personnellement la réactivation des portiques électroniques - abandonnés le long des autoroutes - et relancera-t-elle à la fois les taxes aux péages d'autoroutes et l'écotaxe poids-lourds laquelle avait enflammé les routes en 2015 ?

samedi 3 septembre 2016

Energies renouvelables: la France a investi deux fois moins que l'année passée

Les investissements dans les énergies renouvelables se sont effondrés en France  

La France, dernier pays hôte de la COP 21, est l'un des mauvais élèves sur les énergies renouvelables

Promesse non tenue
"La France est l'un des rares pays du monde où les investissements dans les énergies renouvelables s'effondrent," fait savoir le député européen Yannick Jadot,  candidat à la présidentielle 2017.
Dès février 2016, le dernier rapport de l'agence de l'ONU pour l'environnement et Bloomberg new energy finance le démontrait. 

En 2015, il y a eu un peu plus de 2,5 milliards d'euros investis dans les énergies renouvelables. Cela représente une baisse de 53% en l'espace d'un an. Et cette tendance n'est pas nouvelle. 

En 2013 déjà, la France de Hollande était à la traîne des autres grands pays développés.  
Afficher l'image d'origine
(Top 10 des pays investisseurs dans les énergies renouvelables © Ceres)
La France relativise ce retard par la baisse  de 42%... en Allemagne.  Comparaison fallacieuse, car avec 10 milliards d'euros d'investissements, le montant global reste largement supérieur à la France. 
Plus largement, à l'exception notable de la Grande Bretagne, c'était - en 2013 et avant la COP21- l'ensemble de l'Europe qui freinait sur les énergies renouvelables. En l'espace de quatre ans, sur l'ensemble du continent, on était passé de 110 milliards à une petite cinquantaine en 2015. 

A l'inverse, le montant des investissements est à la hausse en Chine, en Inde ou encore aux Etats-Unis
(2004-2015)
Et pourtant, l'Europe a fait des énergies renouvelables l'une de ses priorités. 
Chaque pays de l'Union s'est fixé des objectifs précis. D'ici quatre ans, en théorie, un peu plus du quart de l'électricité que l'on consomme devrait venir des énergies renouvelables.Or, on en est encore loin.

En 2013, elles représentaient 14% de la consommation finale, sous la moyenne européenne, alors que les prévisions tablaient sur 18% cette année-là. 

lundi 8 août 2016

"C'est l'été de tous les reculs de l'écologie," dénonce Duflot, ex-ministre de Hollande

Cécile Duflot s'en est prise au gouvernement et à Emmanuel Macron

La députée écologiste de Paris par la grâce du PS et ancienne ministre a pointé un "été de tous les reculs" pour l'écologie
,
Invité de France Info ce lundi matin, Cécile Duflot a dénoncé une "offensive anti-écologistedu  gouvernement, selon elle : "C'est l'été de tous les reculs de l’écologie". "On supprime les trains de nuit, en même temps qu’on développe des bus", regrette notamment la députée EELV de Paris, isolée dans son parti.

"Entre le discours et les actes en matière d’écologie, c’est là qu’existe le gouffre," selon Cécile Duflot. "Nous sommes dans un mode de développement insoutenable" et il existe, dit-elle, des dispositions législatives, comme la loi sur la transition énergétique, pour mieux protéger l’environnement. Mais d’après elle, c’est aujourd’hui "une loi de papier".

Elle a également dénoncé la position du ministre de l'Economie Emmanuel Macron 

Pour lui, le nucléaire "est non négociable et un outil de souveraineté". "On a relancé le projet très coûteux du Lyon-Turin, alors qu’on sait très bien qu’on a des projets beaucoup moins coûteux en matière de ferroviaire", a ajouté l’ancienne ministre du logement.

Nianshou, ou Nian, animal maléfique 
à tête de lion et corps de taureau,
dans le folklore chinois
Députée de Paris sur un siège gagé par le PS, l'élue réclame un changement de modèle en faveur "d’un scénario 100% énergies renouvelables." Il permettrait de créer 800.000 à 900.000 emplois, selon une étude macro-économique de l’ADEME (Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) rendue publique fin juin "dans une relative discrétion", rappelle Cécile Duflot. 

L'écologiste radicale conclut : "Ce quinquennat est en train de devenir un quinquennat gâché pour l'écologie, malgré l'accord de Paris" signé lors de la COP 21.
Bien qu'elle passe pour être l'actuelle ministre de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer, Marie-Ségolène Royal serait-elle un monstre de papier, un fantoche ?

dimanche 26 juillet 2015

Hollande étend la taxe sur l'électricité aux carburants et au gaz

La taxe sur l'électricité sera"allégée" par alourdissement de celles sur le gaz et les carburants... 

Le gouvernement Valls envisage d'étendre la taxe sur l'électricité 

Le pouvoir socialiste n'a pas les moyens de ses réformes
et les écologistes le poussent à faire la manche 


Les subventions aux énergies renouvelables seront aussi à la charge des consommateurs de gaz et de carburants.

Si le but est de faire baisser le prix de l'électricité, les factures du gaz et des carburants augmenteront néanmoins. 

La charge de la facture d'électricité reste la mêmeprésenté comme une "réforme", l'élargissement de la taxe aux autres sources d'énergie vise à faire baisser la facture d'électricité d'environ 10%, pour commencer, apprend-on en plein chassé-croisé des vacanciers pourtant intéressés dès la rentrée, mais son montant reste inchangé et aucun consommateur n'y échappera au retour des vacances. 

Selon des sources proches de Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie, cette taxe intitulée "contribution au service public de l'électricité" (CSPE), prélevée sur les consommateurs, "pourrait être réformée à la rentrée lors du projet de loi de finances pour 2016". "L'objectif est d'élargir son champ aux énergies carbonées, c'est-à-dire le gaz et les carburants, alors que seule l'électricité est mise à contribution aujourd'hui". Le ministère concerné n'était pas joignable ce dimanche matin. 

Les subventions aux énergies renouvelables coûte 6 milliards par an


Ségolène Royal a choisi entre deux options: "faire porter l'effort aux seuls consommateurs de gaz" - solution qui permettrait une diminution de la facture d'électricité évaluée  à environ 4% pour les besoins de la cause- ou "étaler cette taxe entre électricité, gaz et carburants", ce qui "diminuerait d'environ 10% la facture d'électricité mais augmenterait celles du gaz et surtout des carburants", indique le ministère pour justifier la décision de la ministre.

La CSPE, qui coûte 6 milliards d'euros par an et pèse pour environ 15% de la facture d'électricité, sert à couvrir les charges liées au rachat à un prix bonifié de l'électricité d'origine renouvelable mais aussi aux tarifs sociaux. "Comme elle augmente d'environ 2,5% par an, elle s'ajoute aux hausses régulières des tarifs", découvre soudain le ministère. 
Le prix de l'électricité a augmenté de près de 6% l'an dernier, alors que près d'un tiers des ménages utilisent cette énergie pour se chauffer, selon le "Bilan énergétique de la France en 2014" publié vendredi. Le gouvernement a prévu une hausse de 2,5% des tarifs réglementés d'électricité à partir du 1er août prochain, bien en dessous des 8% demandés par le gendarme français de l'énergie pour assurer un rattrapage du manque à gagner d'EDF en 2012 et 2013.

Les portiques autoroutiers et l’écotaxe, c’était quoi ?

L'écotaxe devait être une nouvelle redevance sur les poids lourds circulant sur les principaux axes routiers gratuits : 10.500 km de nationales et 5.400 km de réseau local placés sous contrôle de portiques électroniques (ci-dessus). L’idée, née du Grenelle de l’Environnement de 2009, était de taxer les usagers pour inciter les transporteurs à diminuer leurs déplacements, faire chuter la consommations de produits carbonés et à privilégier le transport ferroviaire et fluvial. Le dispositif devait coûter 650 millions d’investissements et rapporter 1,2 milliards par an à l’État. Mais le projet a été retiré, les installations rouillent et les caisses de l'Etat n'ont pas profité de cette manne.
Mais le besoin de recettes publiques se fait cruellement ressentir, notamment pour financer les énergies dites propres, et la taxe CSPE va en tout état de cause s'appliquer autrement aux activités générant des dommages environnementaux, toujours en vertu du principe pollueur-payeur.

mardi 23 juin 2015

Prise de becs Royal-Lepage sur la transition économique

"Ce n’est pas un rapport, c’est un concentré de critiques !"

Le rapport remis par Corinne Lepage sur les 100 mesures pour débloquer l’économie verte énerve Ségolène Royal

"Ce n’est pas un rapport, c’est un condensé de critiques !" En janvier 2015, la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal, avait confié à Corinne Lepage une mission sur la transition économique pour les acteurs du Nouveau Monde. Elle s'en mord les doigts depuis le 15 janvier quand C. Lepage (ci-dessus) a présenté ses 100 mesures pour "débloquer" l'économie verte. Ce rapport modestement intitulé "Nouveau Monde" vise à identifier les points de blocage auxquels les nouveaux acteurs de l'économie verte sont confrontés. Royal en prend pour son grade...

La présidente du mouvement Cap21-LRC ne mâche pas ses mots 
Corinne Lepage accuse le gouvernement d’être encore trop favorable à l’énergie nucléaire et de ne pas assez soutenir les entreprises innovantes.

Mais c’est sa critique sur le projet de loi sur la transition énergétique, accusé d’être trop faible et de ne pas aller assez loin, qui " a été la goutte de trop" pour Ségolène Royal. Un travail trop peu complaisant, qui a eu des conséquences. Alors qu’il est de tradition de communiquer sur la remise d’un rapport, le ministère de l’Écologie l'a occulté, ne faisant aucune communication officielle.

Corinne Lepage n’a d'ailleurs eu aucun retour du cabinet de la ministre sur son travail. Pas même un tweet, un e-mail ou un SMS. Difficile alors de croire certains qui, en off, affirment que ce rapport au vitriol n’a pas affecté la relation de confiance qui existait entre les deux femmes…

Corinne Lepage a fuité auprès de  Jean-Jacques Bourdin sur les principales mesures de son rapport, ce lundi

L'État est "bloqué" sur une économie du XXe siècle et est en passe de rater la "troisième révolution industrielle". C'est le constat du rapport que l'ex-ministre de l'Environnement Corinne Lepage remet ce lundi à Ségolène Royal.
"En France on est bloqué, se désole Corinne Lepage sur l'épaule de Jean-Jacques Bourdin ce lundi. Voir tous ces jeunes avec des idées formidables qui n'y arrivent pas, notamment dans le secteur de l'énergie, parce que c'est bloqué... Des jeunes qui vont du coup déposer des brevets en Italie ou en Suisse, c'est lamentable".

Selon l'avocate spécialisée dans les questions environnementales, "en France on ne veut pas développer sérieusement l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. C'est bloqué par le système nucléaire. On a de l'électricité à vendre et il faut bien que nous l'achetions, car si on ne l'achetait pas le système s'effondrerait".

"Créer un Mouvement des entreprises de la nouvelle économie". 
Le rapport cible cinq priorités pour aider au développement des entreprises vertes : "Il faut une marque commune pour toutes les entreprises et actions citoyennes qui s'inscrivent dans ce nouveau monde", propose Corinne Lepage. "Nous proposons également un Mouvement des entreprises de la nouvelle économie (MENE) pour qu'elles puissent défendre collectivement les intérêts de cette nouvelle économie". Un institut des savoirs devra également être créé afin de "mutualiser les savoirs".
Enfin, est avancée l'idée d'un fonds de remédiation qui permettrait de financer les investissements non rentables à court terme, notamment dans l'adaptation au changement climatique.

"TVA incitative pour le bio"
Parmi les 100 mesures préconisées par le rapport, on notera également la mise en place d'une TVA incitative pour le bio et les produits issus de l’économie circulaire ; la priorité donnée aux productions locales et aux circuits courts ; ou encore la meilleure valorisation des algues et des forêts françaises, notamment la forêt tropicale d'Outre-Mer.

jeudi 16 octobre 2014

Facture d'électricité: hausse minimum de 1,6%

Elément de langage: c'est la faute à un nouveau mode de calcul, selon l'AFP ou Le Point !

Les tarifs réglementés de l'électricité (hors taxes) augmenteront de 1,6% minimum pour la plupart des particuliers en 2014 
L'hebdomadaire Le Point incrimine non pas la politique du gouvernement, mais le régulateur et "le nouveau calcul": "C’est la hausse minimale prévue par le régulateur, en vertu du nouveau mode de calcul", écrit-il... Sauf que, sur le fond, le pouvoir socialiste est responsable des différents coûts qui conduisent à la hausse et que, dans la forme, la nouvelle méthode de calcul a été fixée  par le gouvernement et qu'il est minable de se retrancher derrière la Commission de régulation de l'énergie (CRE), dont le président, est nommé par décret, donc par le gouvernement.

Le Point nous enfume avec tous les détails de cette nouvelle méthode de calcul...
Savoir qu'elle est dite "par empilement" n'allège pas la facture, mais il est, semble-t-il, indispensable de savoir qu'elle prévoit de fixer le tarif par "l'addition" des coûts des différentes composantes de la filière, dont le prix de l'électricité sur le marché de gros (c'est la faute des autres, bien que EDF soit le premier producteur et fournisseur d'électricité en France et dans le monde !), et non plus par l'unique considération des coûts comptables d'EDF, SA où l'Etat est actionnaire principal à hauteur de ...84,48 %.
Ainsi, se superposeront le coût de production nucléaire (Arenh), le complément à la fourniture d'électricité, les coûts commerciaux d'EDF, les coûts d'acheminement calculés par le régulateur de l'énergie (Turpe), ainsi qu'une rémunération pour EDF
L'Arenh, le prix auquel EDF doit revendre jusqu'au quart de son électricité nucléaire à ses concurrents, est actuellement fixé à 42 euros par mégawattheure, mais il pourrait augmenter à 44 euros l'an prochain, puis à 46 euros en 2016, selon la CRE. 
Les prix du marché de gros, qui représenteront de 7 à 10% de l'empilement total, ont en revanche fortement baissé depuis deux ans.

Le calcul de la CRE n'inclut toutefois pas un montant de 1,1 milliard d'euros de manque à gagner subi par l'opérateur historique en 2012 et 2013, en raison de l'écart entre les tarifs appliqués et les coûts qu'il a supportés, qui devrait faire l'objet d'un rattrapage et entraîner une hausse plus importante des tarifs. Pour des raisons politiques et électorales, le gouvernement avait repoussé la hausse prévue au 1er août, mais qu'il faut un jour néanmoins faire supporter aux Français...

La loi prévoit en effet que les coûts d'EDF soient entièrement couverts par les tarifs.

Où est passée Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de ...l'Energie ? La hausse des "tarifs bleus" sera de 1,5% en 2015 et de 2% en 2016, a précisé le régulateur de l'énergie dans un rapport détaillé, mais elle devrait être bien supérieure si le gouvernement décide d'y inclure des rattrapages tarifaires. 
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Le régulateur assure-t-il son intérim pendant les hausses?
Le gouvernement s'était engagé en 2013 à augmenter les tarifs de 5% au 1er août, après une augmentation similaire intervenue l'an dernier. Mais Ségolène Royal avait décidé de ne pas l'appliquer sous le prétexte qu'une réforme de leur mode de fixation était  justement en cours pour préserver le pouvoir d'achat des consommateurs. Cette dernière préoccupation populiste finit par tomber !

Or, le 28 juillet, Ségolène Royal avait pris un arrêté en ce sens attaqué devant le Conseil d'Etat par les concurrents d'EDF, les fournisseurs alternatifs comme Direct Energie, qui estiment que les tarifs actuels ne couvrent pas la totalité des coûts d'EDF. La juridiction administrative avait décidé en référé, le 12 septembre, de ne pas le suspendre, mais une décision reste attendue sur le fond.

Cette méthode par "l'addition", prévue par la loi dite "Nome" (Nouvelle organisation du marché de l'électricité) votée en 2010, devait entrer en vigueur fin 2015 au plus tard, mais le gouvernement a souhaité anticiper sa mise en oeuvre.
Elle devrait faire prochainement l'objet d'un décret gouvernemental, qui précédera un arrêté d'évolution tarifaire.

La CSPE devrait également augmenter fortement, a prévenu la CRE dans un rapport distinct. Cette taxe prélevée sur les factures d'électricité et qui sert surtout à financer le développement des énergies renouvelables, la péréquation tarifaire et les tarifs sociaux, est en effet une autre composante de la facture totale d'électricité, appliquée aux tarifs réglementés comme aux prix libres.

Ces charges ont représenté 5,3 milliards d'euros en 2013, un montant qui devrait bondir à 8,9 milliards en 2020, puis à 10,9 milliards en 2025, le tribut versé à l'écologie punitive, notamment.
En cumulé, le seul surcoût lié au prix d'achat bonifié de l'électricité renouvelable atteindra 73 milliards d'euros entre 2014 et 2025, dont 31 milliards, rien que pour le photovoltaïque.
La CSPE, prélèvement fiscal sur les consommateurs d'électricité, destiné à dédommager les opérateurs des surcoûts engendrés par leurs obligations légales sur le service public de l'électricité et qui pèse pour 10 à 13% de la facture, a été fixée à 16,5 mégawattheure en 2014 et elle devrait augmenter de 3 euros l'an prochain, selon la CRE.