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mercredi 29 mai 2019

Après-européennes : Macron laisse General Electric licencier, après avoir retardé l'annonce

A Belfort, GE envisage la suppression de plus de 1.000 emplois en France

Avatar de la transition écologique :  le plan social touche principalement la branche turbines à gaz de l’entreprise américaine 


L'annonce avait été différée pour ne pas mettre en difficulté la liste ...Renaissance de Macron aux Européennes. 
Implanté dans le Territoire de Belfort, le géant américain General Electric (GE) a confirmé, mardi 28 mai, deux jours après le scrutin, son projet de suppression de plus de 1.000 postes en France. Au lendemain des élections européennes, Macron est rattrapé par son passé de ministre de l'Industrie, .

L’annonce, redoutée depuis des mois par les salariés, a été officialisée mardi matin par un communiqué du groupe : GE a présenté aux instances représentatives du personnel "des projets d’évolution de l’organisation de ses activités gaz et de ses fonctions support". Celles-ci, détaille-t-il, sont susceptibles d’ "entraîner un maximum de 1.044 réductions de postes", essentiellement sur les sites franc-comtois de Belfort et de Bourogne (Territoire de Belfort), ainsi qu’à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Résultat de recherche d'images pour "macron belfort"Le groupe américain avait racheté en 2015 la branche énergie d’Alstom : le 4 novembre 2014, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, avait approuvé et autorisé l’investissement de General Electric dans Alstom.
Emmanuel MACRON autorise l’investissement de General Electric avec Alstom
Emmanuel MACRON, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, a accordé aujourd’hui son autorisation à General Electric (GE) pour la réalisation de son projet d’investissement en France avec Alstom et la constitution d’une alliance industrielle entre les deux groupes dans le secteur de l’énergie.
Cette autorisation était une étape nécessaire. Elle a été délivrée sur la base du décret n°2014-479 du 14 mai 2014 sur les investissements étrangers soumis à autorisation préalable. Par ce décret, la France soumet l’acquisition d’entreprises nationales exerçant des activités stratégiques (défense nationale, transports, approvisionnement énergétique…) à l’engagement formel par l’acquéreur d’assurer la pérennité de ces activités, sous peine de sanctions. Elle vient clore un processus de six mois de discussions approfondies associant l’Etat (Agence des participations de l’Etat et Direction générale des entreprises, sous le pilotage du Ministre de l’Economie), GE, Alstom, mais aussi EDF et Areva qui sont les entreprises clientes d’Alstom. Les engagements pris par GE s’incarnent dans un ensemble de contrats signés respectivement avec l’Etat et les entreprises nationales concernées, dont les principes avaient été définis dans le protocole d’accord signé entre l’Etat, GE et Alstom le 21 juin dernier. Emmanuel MACRON s’est assuré, avec vigilance, que les intérêts de l’Etat, la pérennité de la filière nucléaire et la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de la France sont pleinement pris en compte dans cette opération.
Le nouveau groupe Alstom, par le biais de cette transaction disposera de
tous les moyens pour développer un champion français et européen dans le secteur des transports. Ces différents accords et contrats, signés le 4 novembre par les parties prenantes, constituent un dispositif juridique solide et complet, qui protège pleinement les intérêts nationaux que le gouvernement a poursuivis dans ce dossier depuis le mois d’avril. Un mécanisme de suivi des engagements sera immédiatement mis en place pour s’assurer de leur respect dans la durée. Par ailleurs, le Ministre rappelle que les dispositifs de l’accord conclu entre l’Etat et le groupe Bouygues, qui porte notamment sur un prêt de titres et une série de promesses de vente de Bouygues au bénéfice de l’Etat, portant sur un volume de titres pouvant représenter jusqu’à 20% du capital d’Alstom, seront activés à compter de la réalisation complète des opérations entre Alstom et GE.

En septembre 2016, Macron maintenait toujours qu'il n'avait pas fait des "promesses intenables"
, contrairement à d'autres responsables politiques...:


L'Américain envisage désormais jusqu’à 792 suppressions de postes
dans l’entité gaz, et 252 dans celle dédiée aux fonctions supports, a précisé un porte-parole du groupe.

Aux abords du site de Belfort, 
les salariés se sont dit, la mine fermée,
 "abasourdis" et "assommés" par l’ampleur de l’annonce et sa "rapidité après les élections européennes".
"C’est une nouvelle épreuve pour la Cité du Lion, pour le bassin industriel du Nord Franche-Comté, et plus largement pour la filière énergie en France", ont fustigé dans un communiqué commun plusieurs élus locaux, parmi lesquels le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, et la présidente (PS) de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay. Insistant sur le timing de l’annonce, "au lendemain des élections européennes", ils ont sonné "la mobilisation générale" et prévenu : "nous ne lâcherons rien !"

VOIR et ENTENDRE
ce reportage mettant en cause le "développement des ...énergies renouvelables":


La "mort annoncée" du site

Au total, General Electric emploie à Belfort environ 4.300 personnes, dont 1.900 dans l’entité turbines à gaz visée par l’annonce et qui subit les conséquences des difficultés générales de GE et de la baisse actuelle de ses marchés : en France, l'entreprise se trouve en situation de surproduction. 
Il y a près de 6 ans, une commission travaillant pour le président Hollande conseillé par l’actuel président Macron engageait une course folle à la compétitivité, que poursuivit le conseiller devenu ministre, puis président : CICE, pacte de responsabilité, loi travail 1 (El Khomri), loi travail 2 (Pénicaud). Les statistiques du chômage et celles de la croissance sont venues démontrer le fiasco de leur politique de l'offre.
Pour GE, il s’agit "d’améliorer les performances opérationnelles et financières de ses activités gaz, de simplifier son organisation en adaptant ses fonctions support aux contraintes des divisions et ainsi retrouver le chemin d’une compétitivité durable".

Les procédures d’information-consultation auprès des organisations représentatives du personnel doivent s’ouvrir à la mi-juin. "Ces projets ne seront pas finalisés et aucune décision ne sera prise avant l’issue des procédures de consultation", insiste GE.
Même si salariés et élus redoutaient depuis plusieurs mois ces suppressions de postes, elles ont fait l’effet d’un électrochoc sur le site. C’est un "coup de tonnerre", a réagi sous couvert de l’anonymat un délégué syndical de la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC), à Belfort. "C’est la mort annoncée du site", a renchéri Dominique Thiriet, secrétaire de la Confédération générale du travail (CGT) à GE Belfort, qui a fustigé l’absence de "volonté de General Electric de [le] faire vivre".

VOIR et ENTENDRE Juppé casser les genoux du ministre Macron sur le sujet d'Alstom, lorsqu'il avait encore des espoirs à l'UMP :


Indignation de l’intersyndicale

Pour le gouvernement, ces suppressions tombent au plus mal, dans un contexte social dégradé et avec d’autres déconvenues industrielles, comme la reprise chaotique de l’aciérie d’Ascoval de Saint-Saulve (Nord), la fermeture annoncée de Ford à Blanquefort (Gironde) ou les difficultés de trésorerie du repreneur de Whirlpool choisi .

Début mai, Emmanuel Macron avait assuré dans un courrier aux élus locaux que le dossier GE Belfort faisait l’objet de "la plus grande vigilance de la part de l’Etat". Dans un "contexte économique difficile", Belfort "dispose d’atouts", mais il est "indispensable de mesurer les investissements nécessaires afin d’adapter l’outil industriel pour expertiser la faisabilité" des projets à l’étude, telle la "diversification dans le secteur aéronautique, dans l’hydrogène" ou dans "de nouvelles centrales nucléaires à l’international", avait-il, cependant, averti.

Fin mars, le ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire, avait précisé qu’il entendait "étudier toutes les pistes industrielles possibles pour maintenir l’emploi". Parmi ces pistes : puiser dans un fonds de 50 millions d’euros abondé par GE pour ne pas avoir respecté son engagement, pris après le rachat de la branche énergie d’Alstom, de créer un millier d’emplois net en France.

La semaine dernière
, B. Le Maire avait toutefois soulevé la colère de l’intersyndicale de GE Belfort, déclarant qu’
"aujourd’hui, [GE] a une empreinte très forte sur les turbines à gaz", secteur dans lequel ..."il n’y a pas de débouchés".

La responsabilité de Macron depuis 2014
Une responsabilité personnelle de Macron que ne manque pas de souligner sur son blog Jean-Pierre Chevènement, actuel sénateur du Territoire-de-Belfort :
"Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan 'America first !' ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris", s'indigne l'ancien ministre.


"Etes-vous prêt vous aussi à vous battre à nos côtés ?", a demandé au gouvernement le député Michel Zumkeller (UDI) à l'Assemblée nationale mardi après-midi. Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron lui a répondu en promettant d'être "extrêmement vigilant":
"Le gouvernement est à l'oeuvre et les engagements qui avaient été pris par General Electric devront être tenus", a clamé le chef de l'Etat à l'issue d'un sommet informel de l'Union européenne, visant à contrecarrer la candidature de Weber.
De son côté, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est engagé à préserver "l'avenir industriel de Belfort". 
Des promesses qui ne suffisent pas à rassurer les salariés: "Le gouvernement fait rien pour nous aider, ils s'en foutent", gronde un salarié de l'usine.

A l'Elysée, la parole de l'ex-banquier est complètement démonétisée.
VOIR et ENTENDRE une synthèse du sujet mettant en cause Macron personnellement:

Le 18 mai 2017, Richard Ferrand, alors ministre de la Cohésion des Territoires, député du Finistère et secrétaire général d’En Marche!, affirmait sur Europe 1: "C'est le gouvernement de la promesse tenue !"

dimanche 4 mai 2014

Hollande veut croire au miracle économique

La croissance tombera du ciel,  hallucine la "gauche molle"

Le "retournement économique" tant attendu en France "arrive" d'Allemagne

Alors qu'il entame la semaine prochaine la troisième année de son quinquennat,  Hollande promet dans le Journal du Dimanche (JDD) que cette nouvelle phase permettra même une redistribution de pouvoir d'achat.
"On est entré dans la deuxième phase du quinquennat, dit le chef de l'Etat, cité par l'hebdomadaire. Le redressement n'est pas terminé mais le retournement économique arrive."

Le redressement n'est pas là que se profilerait pourtant un retournement et même une redistribution de la richesse
Hollande est dans l'irrationnel et le spectaculaire. "Cette phase doit se traduire par une croissance plus forte, une compétitivité plus importante, une redistribution du pouvoir d'achat par une baisse des impôts", rêve-t-il, bras ballants.

Le Larousse nous rappelle les sens possibles du mot retournement 

Soit il s'agit d'un "
bouleversement ou d'un changement complet et dans un sens opposé d'une situation", soit il peut s'agir d'une "figure de voltige aérienne"...

La potion magique de l'exécutif 
Valls a commencé par le gel pour cheveux
Le premier ministre, Manuel Valls, a fait voter mardi, malgré l'abstention d'une quarantaine de députés socialistes et l'opposition des écologistes, un programme intenable de réduction des dépenses publiques de 50 milliards d'euros sur trois ans. Une promesse irréaliste contrecarrée par la création de plus de 30.000 postes d'agents territoriaux. Lien PaSiDupes : "Les collectivités territoriales ont encore recruté 31.000 fonctionnaires de plus"

Le plan d'austérité de gauche voulu par Valls et Hollande a été dénaturé par l'aile gauche de la majorité présidentielle, mais l'exécutif lui prête encore des vertus miraculeuses. Ce programme tout-en-un doit notamment contribuer au financement d'une quarantaine de milliards d'euros de baisses de charges sociales et d'impôts pour les entreprises, dont le gouvernement espère une relance des investissements et de l'emploi. Mais il est également censé permettre à la France de ramener ses déficits publics à 3% du PIB en 2015. 

"On est en train de demander aux Français de payer pour se tirer une balle dans le pied"
a souligné Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), avant de voter contre le plan, tout en s'affirmant toujours dans la majorité... Les écologistes radicaux sont en effet très critiques de la "politique de l'offre" que propose François Hollande.
Comment le pouvoir pourrait-il gagner seul son pari, quand la logique même de faire de la course à la compétitivité sa priorité, par delà l’incohérence crasse que cela représente pour un gouvernement qui se dit de gauche, est plus que suicidaire. Comment peut-on rentrer dans cette logique alors que le coût du travail en France est 5 à 20 fois supérieur à celui de l’Europe de l’Est, de l’Afrique du Nord ou d’une partie de l’Asie. A moins de diviser le SMIC par 5, notre pays ne sera plus jamais compétitif sur les coûts. C’est ce qui explique les récentes offensives du "socialiste" Pascal Lamy et du MEDEF contre le SMIC. Dans ce cadre, nous ne pouvons aller que vers plus de chômage et moins de pouvoir d’achat.
La logique même du plan est totalement absurde. Les variations de l’euro, toujours aussi cher peuvent du jour au lendemain ruiner l’ensemble des efforts faits, comme cela s’est déjà passé avec le CICE. Les efforts de la France sont d’autant plus illusoires que notre voisin immédiat, l’Espagne, est allée plus loin que nous et restera donc plus compétitive… Ce plan, c’est un retour en arrière catastrophique aux politiques menées par Pierre Laval au milieu des années 1930.

vendredi 17 janvier 2014

"Pacte de responsabilité": loin d'être embarrassée, la droite se félicite que la gauche applique son programme

Des responsables UMP démentent les commentaires de la presse inféodée

France Info désinforme depuis mardi
 
Emmanuel Cugny s'est montré soupçonneux dans sa chronique d'hier jeudi
"La politique de l'offre que défend le Président de la République" - bien que socialiste- pour relancer l'économie sera-t-elle efficace
? s'interroge-t-il, tout en se disant "dans l'euphorie de la conférence de presse présidentielle." Et de s'inquiéter de savoir si la baisse de charges promise par Hollande aux entreprises permettra réellement de créer des emplois ? Après l'effet d'annonce, les patrons doivent  attendre de voir les détails, mais applaudissent au virage présidentiel à 180 degrés. 

Mais qu'est-ce exactement qu'une politique de l'offre C'est partir du principe que la fabrication d'un bien trouve toujours un débouché, un acquéreur, et que l'offre crée la demande, explique Cugny, qui "n'ose pas dire trop fort" que  ce principe est clairement libéral. Il fut développé par Jean-Baptiste SAY, économiste français du XIXème siècle, que Laurence Parisot prenait souvent comme exemple lorsqu'elle était patronne des patrons. C'est dire qu'elle sent le soufre à gauche qui ne jure que par l'économiste britannique Keynes, défenseur lui, de la politique de la demande. La relance par la demande publique (grands investissements, travaux... initiés par l'Etat, donc financés par les deniers publics...) Un nouveau virage crée des remous au sein même de la majorité. 

Cela nous ramène au fameux "choc de compétitivité" de Louis Gallois
, pressenti pour succéder un jour à Ayrault. Les entreprises françaises ont du mal à vendre leurs produits, notamment à l'étranger, parce qu'elles se positionnent (en France) sur le milieu, voire le bas de gamme. Les Allemands, eux, exportent très facilement leurs machines outils, car réputées de qualité et solide. Pourquoi ? C'est la deuxième explication : la compétitivité prix, c'est-à- dire le coût du travail. En résumé, il est difficile pour la France de vendre des produits bas de gamme rendus plus chers par le poids des charges. Il faut donc baisser le coût du travail pour redonner de la vigueur à nos produits.


La baisse de charges, c'est ce que le Président s'est 
 finalement résolu à préconiser mardi. Mais l'économiste proche du PS soupçonne le patronat de ne pas rééllement vouloir jouer le jeu. "Consommateurs et salariés sont en droit de s'interroger", assure-t-il, bien que le MEDEF ait initié cette offre de pacte et comme s'il n'avait pas intérêt à la relance de l'activité des entreprises. "Les entreprises vont-elles investir, créer de l'emploi ?" s'inquiète le journaliste.

La "tentation" - ou la priorité - 
pour beaucoup d'entreprises sera grande non pas tant d'augmenter les salaires que de reconstituer leurs marges qui sont aujourd'hui à un niveau historiquement bas. Elles vont remettre un peu de carburant dans les caisses pour éviter de licencier:  freiner l'hémorragie d'emplois sans pour autant en créer à la hauteur des attentes.  Or, inciter les entreprises à produire de meilleure qualité pour vendre mieux passe par l'investissement et la formation.
Cugny considère que Hollande a fait le boulot en prenant un risque économique et politique, mais que chacun doit prendre ses "responsabilités" à travers le "pacte" du même nom. 

Yannick Falt est, lui, politiquement vicieux  



La majorité exhibe sa nouvelle carte d'identité sociale-démocrate en se disant toujours de gauche ce qui fait s'étrangler Jean-Luc Mélenchon qui a dénoncé "le plus violent coup de barre à droite d'un gouvernement de gauche depuis Guy Mollet". La politique de l'offre et les allègements de charges aux entreprises font même grincer des dents l'aile gauche du PS.

Mais Ayrault se justifie par une contre-vérité sur France Inter

"Nous sommes dans la cohérence de ce que François Hollande a engagé depuis qu'il est président de la République. Ma priorité et celle du gouvernement c'est de gagner la bataille de la croissance, de l'emploi et en même temps de sauver le modèle français et républicain. Ce n'est pas seulement la redistribution, la solidarité, la sécurité sociale, la retraite, c'est aussi la qualité des droits, des valeurs. Pour cela, il faut faire des réformes, être courageux. Le président de la République a choisi de parler vrai sur la situation. Il s'agit de mobiliser les entreprises, les salariés et les forces politiques."

Vincent Peillon est monté au créneau pour prétendre que Hollande ne renie pas ses engagements de campagne, lui qui s'était fait le chantre de la lutte contre la finance. Non, François Hollande n'a pas oublié sa gauche, estime  le ministre de l'Education mettant le doigt précisément sur les incohérences de l'exécutif
 sur RTL. "Vous ne pensez pas que c'est une politique de gauche de donner la priorité à l'école, ce n'est pas une politique de gauche lorsque l'on fait la réforme fiscale, de d'abord s'attaquer au patrimoine, aux grandes fortunes. Vous ne pensez pas que la garantie loyer c'est une mesure de gauche, vous ne pensez pas que la loi sur la consommation et l'action de groupe ce sont des mesures de gauche. Donc c'est une action de gauche et cela n'empêche pas, et elle a besoin du soutien économique."

Et ce serait la droite qui serait embarrassée, voire divisée !
Les avis sont partagés depuis mercredi 15 janvier. 

Les franchement incrédules sont au centre
Le centriste Hervé Morin a dit sur RFI NE pas croire du tout à l'inflexion de François Hollande. "Je n'y crois pas. François Hollande est le dos au mur, il a grosso modo effondré l'économie française en décourageant l'investissement, l'initiative, le risque, l'épargne dans l'entreprise. Il tire sa dernière cartouche. Il s'est renié sur tout et a tenu tous les discours depuis deux ans."

Dans le camp des circonspects, Nathalie Kosciusko-Morizet
, la candidate UMP à la mairie de Paris, s'est exprimée sur Radio Classique-LCI. "On aurait envie d'y croire mais cela nécessiterait de baisser les impôts et les charges. Pour baisser les impôts et les charges il faut réduire très sévèrement les dépenses. Or, le président de la République fait exactement le contraire depuis 18 mois. Quand il a annoncé un choc de simplification en mars dernier, tout le monde a dit que cela serait bien et on l'attend toujours. Là, c'est un peu pareil, parole, parole, parole."

Le filloniste
Eric Woerth met le pouvoir au défi sur iTélé.
"Je suis d'accord que le président de la République se réveille, au bout de 20 mois: tant mieux. On facilite la vie de l'entreprise parce qu'on pense qu'elle crée plus d'emplois que l'administration. On est d'accord puisqu'au cœur des propositions de l'UMP il y a la baisse des charges des entreprises."


Le chroniqueur serait-il sourd d'une oreille ?


" S'il y a une politique qui redonne confiance aux entreprises, je la soutiendrai "
, affirme François Fillon. N'en déplaise aux manipulateurs de la presse, peut-on être plus clair?  

Premier ministre pendant cinq ans, il affirme ce mercredi soir sur TF1 qu'il pourrait suivre cette politique prônée par le chef de l'Etat, "mais sans croire qu'il puisse vraiment l'appliquer", insinue Y. Falt. 

E
n fait, le chroniqueur doute bien davantage de la gauche
"C'était couru d'avance, le programme très social-démocrate de François Hollande donne des sueurs froides à gauche." "Son vote, il l'aura quand Ayrault engagera la responsabilité du gouvernement. Ce qui n'empêchera pas les uns et les autres de s'exprimer librement". Voilà en une formule comment un élu socialiste anonyme aurait résumé la situation : une partie du PS a déjà la gueule de bois depuis la conférence de presse présidentielle, commente Falt.

"La cacophonie dans les rangs de la gauche qui pollue l'action gouvernementale" depuis le début du quinquennat n'est pas près de s'arrêter en 2014, reconnaît le journaliste, après avoir pointé l'UMP. 

Il distingue trois chapelles au bureau national du Parti socialiste
Tout d'abord ceux qui sont dans la ligne du parti et qui soutiennent le président positionné au centre. Combien de temps Hollande pourra-t-il compter sur cette majorité qui tient toujours. 
Une deuxième chapelle, celle des aubrystes, circonspecte, est d'accord avec les orientations du chef de l'Etat, mais exige de réelles contreparties pour les 30 milliards concédés aux patrons.
Le troisième groupe, l'aile gauche du parti, associée aux amis de Benoit Hamon, retrousse les babines : "Le président a été précis sur les cadeaux aux entreprises, mais il est resté flou sur ce qui reviendra aux salariés", se plaint Emmanuel Maurel. Le chef de file du courant socialiste Maintenant la gauche ne comprend pas les chiffres alignés par François Hollande, et s'interroge : "Où trouve-t-on tout cet argent, il ne le sait pas lui-même". La gauche du PS annonce déjà un soutien à reculons.

Et puis il y a, hors de la majorité, le Front de gauche en première ligne. A l'Est, Jean-Luc Mélenchon flingue: "on n'a jamais vu ça depuis Guy Mollet". Le leader du Front de Gauche fait référence à l'ancien président du Conseil, sous la IVème République, dont la particularité était de tenir des discours super musclés à gauche, et une fois au pouvoir, de gouverner de manière très modérée, en passant des compromis avec la droite. Vous transposez le mollétisme aujourd'hui : cela donne le Bourget, quand le candidat Hollande désigne son adversaire, la finance. Et une fois élu, le président Hollande se fait le chantre de l'entreprise, qu'il veut soulager de ses charges, en dialoguant directement avec Pierre Gattaz, le patron du Medef, le chantre également de la politique de l'offre, de la baisse des dépenses publiques, ou comment trouver 53 milliards alors que nous sommes déjà à l'os. 

La gauche de la gauche s'étrangle. Pierre Laurent, le leader du PCF, dénonce "un pacte d'irresponsabilité sociale". Si elle se mobilise comme elle le promet dès le début février, ce sera pour faire du bruit. Que peuvent donc faire les élus communistes, mis à part gronder, alors qu'ils ont besoin des nombreux accords passés avec l'hégémonique PS pour sauver leurs têtes aux municipales ?

Tour de force de Y. Falt

A la fois "le chef de l'Etat a certes semé le trouble à droite" avec "des propositions que saluent des personnalités telles que François Fillon, Jean-Pierre Raffarin ou Bruno le Maire", excusez-le du peu ! 

Hollande, soupçonné dans son camp de faire les yeux doux aux centristes et maintenant aux entrepreneurs, n'aura le soutien inconditionnel de sa majorité que
si les premiers résultats de sa politique se font rapidement sentir
Le chef de l'Etat a réfuté l'argument du tournant : "Moi, j'accélère".
Michel Sapin, ministre du travail et ami du président depuis l'ENA, a brièvement résumé la prestation à la sortie de la conférence de presse: "C'était le même que d'habitude, mais boosté par les difficultés qu'il traverse". S'il met les gaz de son scooter, son quinquennat va plus que jamais pouvoir se jouer en 2014...