POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est choc de compétitivité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est choc de compétitivité. Afficher tous les articles

vendredi 17 janvier 2014

"Pacte de responsabilité": loin d'être embarrassée, la droite se félicite que la gauche applique son programme

Des responsables UMP démentent les commentaires de la presse inféodée

France Info désinforme depuis mardi
 
Emmanuel Cugny s'est montré soupçonneux dans sa chronique d'hier jeudi
"La politique de l'offre que défend le Président de la République" - bien que socialiste- pour relancer l'économie sera-t-elle efficace
? s'interroge-t-il, tout en se disant "dans l'euphorie de la conférence de presse présidentielle." Et de s'inquiéter de savoir si la baisse de charges promise par Hollande aux entreprises permettra réellement de créer des emplois ? Après l'effet d'annonce, les patrons doivent  attendre de voir les détails, mais applaudissent au virage présidentiel à 180 degrés. 

Mais qu'est-ce exactement qu'une politique de l'offre C'est partir du principe que la fabrication d'un bien trouve toujours un débouché, un acquéreur, et que l'offre crée la demande, explique Cugny, qui "n'ose pas dire trop fort" que  ce principe est clairement libéral. Il fut développé par Jean-Baptiste SAY, économiste français du XIXème siècle, que Laurence Parisot prenait souvent comme exemple lorsqu'elle était patronne des patrons. C'est dire qu'elle sent le soufre à gauche qui ne jure que par l'économiste britannique Keynes, défenseur lui, de la politique de la demande. La relance par la demande publique (grands investissements, travaux... initiés par l'Etat, donc financés par les deniers publics...) Un nouveau virage crée des remous au sein même de la majorité. 

Cela nous ramène au fameux "choc de compétitivité" de Louis Gallois
, pressenti pour succéder un jour à Ayrault. Les entreprises françaises ont du mal à vendre leurs produits, notamment à l'étranger, parce qu'elles se positionnent (en France) sur le milieu, voire le bas de gamme. Les Allemands, eux, exportent très facilement leurs machines outils, car réputées de qualité et solide. Pourquoi ? C'est la deuxième explication : la compétitivité prix, c'est-à- dire le coût du travail. En résumé, il est difficile pour la France de vendre des produits bas de gamme rendus plus chers par le poids des charges. Il faut donc baisser le coût du travail pour redonner de la vigueur à nos produits.


La baisse de charges, c'est ce que le Président s'est 
 finalement résolu à préconiser mardi. Mais l'économiste proche du PS soupçonne le patronat de ne pas rééllement vouloir jouer le jeu. "Consommateurs et salariés sont en droit de s'interroger", assure-t-il, bien que le MEDEF ait initié cette offre de pacte et comme s'il n'avait pas intérêt à la relance de l'activité des entreprises. "Les entreprises vont-elles investir, créer de l'emploi ?" s'inquiète le journaliste.

La "tentation" - ou la priorité - 
pour beaucoup d'entreprises sera grande non pas tant d'augmenter les salaires que de reconstituer leurs marges qui sont aujourd'hui à un niveau historiquement bas. Elles vont remettre un peu de carburant dans les caisses pour éviter de licencier:  freiner l'hémorragie d'emplois sans pour autant en créer à la hauteur des attentes.  Or, inciter les entreprises à produire de meilleure qualité pour vendre mieux passe par l'investissement et la formation.
Cugny considère que Hollande a fait le boulot en prenant un risque économique et politique, mais que chacun doit prendre ses "responsabilités" à travers le "pacte" du même nom. 

Yannick Falt est, lui, politiquement vicieux  



La majorité exhibe sa nouvelle carte d'identité sociale-démocrate en se disant toujours de gauche ce qui fait s'étrangler Jean-Luc Mélenchon qui a dénoncé "le plus violent coup de barre à droite d'un gouvernement de gauche depuis Guy Mollet". La politique de l'offre et les allègements de charges aux entreprises font même grincer des dents l'aile gauche du PS.

Mais Ayrault se justifie par une contre-vérité sur France Inter

"Nous sommes dans la cohérence de ce que François Hollande a engagé depuis qu'il est président de la République. Ma priorité et celle du gouvernement c'est de gagner la bataille de la croissance, de l'emploi et en même temps de sauver le modèle français et républicain. Ce n'est pas seulement la redistribution, la solidarité, la sécurité sociale, la retraite, c'est aussi la qualité des droits, des valeurs. Pour cela, il faut faire des réformes, être courageux. Le président de la République a choisi de parler vrai sur la situation. Il s'agit de mobiliser les entreprises, les salariés et les forces politiques."

Vincent Peillon est monté au créneau pour prétendre que Hollande ne renie pas ses engagements de campagne, lui qui s'était fait le chantre de la lutte contre la finance. Non, François Hollande n'a pas oublié sa gauche, estime  le ministre de l'Education mettant le doigt précisément sur les incohérences de l'exécutif
 sur RTL. "Vous ne pensez pas que c'est une politique de gauche de donner la priorité à l'école, ce n'est pas une politique de gauche lorsque l'on fait la réforme fiscale, de d'abord s'attaquer au patrimoine, aux grandes fortunes. Vous ne pensez pas que la garantie loyer c'est une mesure de gauche, vous ne pensez pas que la loi sur la consommation et l'action de groupe ce sont des mesures de gauche. Donc c'est une action de gauche et cela n'empêche pas, et elle a besoin du soutien économique."

Et ce serait la droite qui serait embarrassée, voire divisée !
Les avis sont partagés depuis mercredi 15 janvier. 

Les franchement incrédules sont au centre
Le centriste Hervé Morin a dit sur RFI NE pas croire du tout à l'inflexion de François Hollande. "Je n'y crois pas. François Hollande est le dos au mur, il a grosso modo effondré l'économie française en décourageant l'investissement, l'initiative, le risque, l'épargne dans l'entreprise. Il tire sa dernière cartouche. Il s'est renié sur tout et a tenu tous les discours depuis deux ans."

Dans le camp des circonspects, Nathalie Kosciusko-Morizet
, la candidate UMP à la mairie de Paris, s'est exprimée sur Radio Classique-LCI. "On aurait envie d'y croire mais cela nécessiterait de baisser les impôts et les charges. Pour baisser les impôts et les charges il faut réduire très sévèrement les dépenses. Or, le président de la République fait exactement le contraire depuis 18 mois. Quand il a annoncé un choc de simplification en mars dernier, tout le monde a dit que cela serait bien et on l'attend toujours. Là, c'est un peu pareil, parole, parole, parole."

Le filloniste
Eric Woerth met le pouvoir au défi sur iTélé.
"Je suis d'accord que le président de la République se réveille, au bout de 20 mois: tant mieux. On facilite la vie de l'entreprise parce qu'on pense qu'elle crée plus d'emplois que l'administration. On est d'accord puisqu'au cœur des propositions de l'UMP il y a la baisse des charges des entreprises."


Le chroniqueur serait-il sourd d'une oreille ?


" S'il y a une politique qui redonne confiance aux entreprises, je la soutiendrai "
, affirme François Fillon. N'en déplaise aux manipulateurs de la presse, peut-on être plus clair?  

Premier ministre pendant cinq ans, il affirme ce mercredi soir sur TF1 qu'il pourrait suivre cette politique prônée par le chef de l'Etat, "mais sans croire qu'il puisse vraiment l'appliquer", insinue Y. Falt. 

E
n fait, le chroniqueur doute bien davantage de la gauche
"C'était couru d'avance, le programme très social-démocrate de François Hollande donne des sueurs froides à gauche." "Son vote, il l'aura quand Ayrault engagera la responsabilité du gouvernement. Ce qui n'empêchera pas les uns et les autres de s'exprimer librement". Voilà en une formule comment un élu socialiste anonyme aurait résumé la situation : une partie du PS a déjà la gueule de bois depuis la conférence de presse présidentielle, commente Falt.

"La cacophonie dans les rangs de la gauche qui pollue l'action gouvernementale" depuis le début du quinquennat n'est pas près de s'arrêter en 2014, reconnaît le journaliste, après avoir pointé l'UMP. 

Il distingue trois chapelles au bureau national du Parti socialiste
Tout d'abord ceux qui sont dans la ligne du parti et qui soutiennent le président positionné au centre. Combien de temps Hollande pourra-t-il compter sur cette majorité qui tient toujours. 
Une deuxième chapelle, celle des aubrystes, circonspecte, est d'accord avec les orientations du chef de l'Etat, mais exige de réelles contreparties pour les 30 milliards concédés aux patrons.
Le troisième groupe, l'aile gauche du parti, associée aux amis de Benoit Hamon, retrousse les babines : "Le président a été précis sur les cadeaux aux entreprises, mais il est resté flou sur ce qui reviendra aux salariés", se plaint Emmanuel Maurel. Le chef de file du courant socialiste Maintenant la gauche ne comprend pas les chiffres alignés par François Hollande, et s'interroge : "Où trouve-t-on tout cet argent, il ne le sait pas lui-même". La gauche du PS annonce déjà un soutien à reculons.

Et puis il y a, hors de la majorité, le Front de gauche en première ligne. A l'Est, Jean-Luc Mélenchon flingue: "on n'a jamais vu ça depuis Guy Mollet". Le leader du Front de Gauche fait référence à l'ancien président du Conseil, sous la IVème République, dont la particularité était de tenir des discours super musclés à gauche, et une fois au pouvoir, de gouverner de manière très modérée, en passant des compromis avec la droite. Vous transposez le mollétisme aujourd'hui : cela donne le Bourget, quand le candidat Hollande désigne son adversaire, la finance. Et une fois élu, le président Hollande se fait le chantre de l'entreprise, qu'il veut soulager de ses charges, en dialoguant directement avec Pierre Gattaz, le patron du Medef, le chantre également de la politique de l'offre, de la baisse des dépenses publiques, ou comment trouver 53 milliards alors que nous sommes déjà à l'os. 

La gauche de la gauche s'étrangle. Pierre Laurent, le leader du PCF, dénonce "un pacte d'irresponsabilité sociale". Si elle se mobilise comme elle le promet dès le début février, ce sera pour faire du bruit. Que peuvent donc faire les élus communistes, mis à part gronder, alors qu'ils ont besoin des nombreux accords passés avec l'hégémonique PS pour sauver leurs têtes aux municipales ?

Tour de force de Y. Falt

A la fois "le chef de l'Etat a certes semé le trouble à droite" avec "des propositions que saluent des personnalités telles que François Fillon, Jean-Pierre Raffarin ou Bruno le Maire", excusez-le du peu ! 

Hollande, soupçonné dans son camp de faire les yeux doux aux centristes et maintenant aux entrepreneurs, n'aura le soutien inconditionnel de sa majorité que
si les premiers résultats de sa politique se font rapidement sentir
Le chef de l'Etat a réfuté l'argument du tournant : "Moi, j'accélère".
Michel Sapin, ministre du travail et ami du président depuis l'ENA, a brièvement résumé la prestation à la sortie de la conférence de presse: "C'était le même que d'habitude, mais boosté par les difficultés qu'il traverse". S'il met les gaz de son scooter, son quinquennat va plus que jamais pouvoir se jouer en 2014...

jeudi 18 avril 2013

Hollande ne parvient pas à réduire la dette publique

Le gouvernement se résigne

Hollande crée des formules bizarres qui interpellent et font pschitt.

Ainsi, en réaction aux accusations de "ridicule" et de "démagogie" de la droite, le PS a d'abord inventé le  le "choc de transparence" et, à l'automne, avec le rapport Gallois, Hollande compta sur un "choc de compétitivité", et le blanchiment de fraude fiscale de son ministre du Budget inspira   cette fois à François Hollande un "choc de moralisation", tandis qu'aux petites entreprises, il vient de promettre  un " choc de simplification " administrative.

Pareillement, monsieur Choc a longtemps espéré voir refluer ce taux d'ici 2014

Monsieur Patate-Big Daddy BioShock
En vain: la recette des mots creux est indigeste.
La dette publique de la France atteindra en effet un pic record à 94,3% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain et ne devrait s'améliorer qu'en 2015, selon les nouveaux engagements du gouvernement présentés mercredi en Conseil des ministres.
Soit un an plus tard que prévu initialement.

Dans le détail, la dette passera de 90,2% du PIB en 2012 à 93,6% en 2013 (au lieu de 91,3% dans les précédentes prévisions), selon le "programme de stabilité" préparé par Bercy à l'adresse de la Commission européenne. 
Après le 'choc' de 2014, elle devrait reculer à 92,9% en 2015 et jusqu'à 88,2% en 2017, pour la présidentielle: ça tombe à pic ! 
C'est en tout cas l'espoir de l'exécutif et de François Hollande qui assurait fin mars à ce sujet: "Je sais ce que je veux faire". Un effort qui implique de nouvelles hausses d'impôts malgré les promesses de stabilité fiscale...



Lundi déjà, le journal Les Echos devançait les estimations publiques du gouvernement mais positivait : si les prévisions se sont dégradées, cela ne fait "pas bouger d'un iota les marchés", sur lesquels la France continue d'emprunter à des taux historiquement bas, selon la formule consacrée, séduisante aussi, mais non pas éternelle. 

D'ailleurs, en tablant sur une baisse du PIB de 0,2% en 2013, l'OFCE se montre plus pessimiste que le gouvernementmais également que le FMI
L'Observatoire français des conjonctures économiques anticipe une reprise très molle en 2014 en raison des multiples plans d'austérité en Europe.
VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze,  le 17 avril 2013,  préconiser un ..."choc de confiance":


Le prochain sera-t-il le "choc de la rue" ?

samedi 15 décembre 2012

Le contrat de génération adopté en Conseil des ministres

Sept mois pour mettre au point l'un des engagements phares du candidat Hollande


"Je proposerai un contrat de génération pour permettre l'embauche par les entreprises, en contrat à durée indéterminée, de jeunes, accompagnés par un salarié plus expérimenté, qui sera ainsi maintenu dans l'emploi jusqu'à son départ à la retraite", indiquait 

Mercredi, le Conseil des ministres a accouché de sa proposition soumise à l'examen examen mi-janvier au Parlement, dont le récalcitrant Sénat.

"Le texte adopté ce matin est en cohérence avec l'engagement du candidat Hollande et l'ensemble des priorités de l'action gouvernementale", a commenté en langue de bois, le très docile Michel Sapin, ministre du Travail. Le gouvernement socialo-écolo mise sur ce dispositif pour faire face à un double défi, le chômage des moins de 25 ans et aussi celui des seniors.

24,2 % des jeunes actifs sont demandeurs d'emploi. Pour les aînés, moins touchés par le chômage (6,9%), l'enjeu est de retarder leur licenciement, tant rebondir leur est difficile dans une société du "jeunisme" qui ne sait pas valoriser l'expérience.

Un coût de près d'un milliard d'euros par ans à partir de 2016


Le coût du contrat de génération à la charge de la moitié des Français solidaires, les contribuables,  devrait être de près d'un milliard d'euros par an à partir de 2016, année où la mesure devrait atteindre son rythme de croisière. 

Dans l'hypothèse d'une relance de l'économie et d'une réduction de la dette publique, 180 millions d'euros pourraient être déboursés pour sa mise en œuvre en 2013, 540 millions d'euros en 2014, 790 millions d'euros en 2015 et 920 millions d'euros en 2016, indique un document du ministère du Travail. 


Le contrat de génération s'adressera à tous les jeunes et toutes les entreprises privées,
 en plus des emplois d'avenir, destinés aux jeunes non ou peu qualifiés et au secteur non-marchand. Le projet de loi reprend les contours du dispositif dessiné en octobre dans un accord signé par les partenaires sociaux.


Seules les entreprises de moins de 300 salariés auront droit à une aide financière pour mettre en place le contrat de génération. Les moins de 50 seront directement éligibles, celles entre 50 et 300 devront au préalable avoir conclu un accord collectif (ou être couvertes par un accord de branche).

Un objectif de 500 000 embauches de jeunes en 5 ans

La Voix du Nord (06/09/2012)
Dans la pratique, ces contrats représentent pour les PME une baisse de 4 000 euros par an de cotisations sociales : moitié pour l'embauche d'un jeune en CDI et moitié pour le maintien dans l'entreprise jusqu'à la retraite d'un senior. Pour les grandes entreprises l'accord sera collectif et plus contraignant.

La prime, de 4 000 euros par an pendant 3 ans maximum, sera versée pour l'embauche en CDI d'un jeune de moins de 26 ans (moins de 30 ans si handicapé) et un salarié de plus de 57 ans maintenu en poste (55 ans si handicapé ou nouvelle embauche). Le gouvernement espère 500.000 embauches de jeunes sur 5 ans.

Les plus grandes entreprises ne recevront aucune aide mais risqueront une pénalité
si elles ne négocient pas, avant le 30 septembre 2013, des accords en lieu et place des accords seniors en vigueur depuis 2010.

Les partenaires sociaux sont sur leurs gardes

C'est la lutte des classes d'âges ?
Syndicats et patronat vont devoir être attentifs à sa mise en place. 
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, estime qu'il revient "maintenant au législateur de prendre des dispositions un peu plus contraignantes sur les conditions de mise en œuvre de ces contrats de génération, notamment au regard des obligations de formation, voire d'embauche de ces jeunes".
A la CGPME (Confédération générale du patronale des petites et moyennes entreprises), Geneviève Roy souhaite que ces contrats soient "très vite mis en musique" et espère "un regain d'activité" afin que les employeurs puissent s'en emparer.

Le MEDEF est très prudent sur l'objectif d'embauches. Pour Benoît Roger-Vasselin, le négociateur de l'organisation patronale sur ce dossier, "on ne peut vraiment pas le prévoir, compte-tenu du faible niveau d'activité et des pertes de productivité enregistrées ces dernières années".

Le financement du projet soulève en effet de grandes interrogations

Il pourrait se faire en rognant sur le fameux "choc de compétitivité" de 20 milliards d'euros, toute "mesure phare" qu'elle soit elle aussi. 

Près d'un milliard d'euros non financé

Le projet devrait coûter à l'Etat 180 millions d'euros en 2013, puis un peu moins d'un milliard d'euros par an une fois à pleine charge, a indiqué le gouvernement.

Un montant bien inférieur à ce que proposait F. Hollande à l'origine. Dans son projet, le candidat de la gauche évoquait "500 000" contrats en cinq ans, voire plus, pour un coût qui se serait élevé à 2, voire 2,5, milliards d'euros par an, selon les calculs à la fois de l'Institut Montaigne et de l'Institut de l'entreprise. D'où la révision des ambitions à la baisse et au détriment des jeunes alors pourtant l'objet de toutes les promesses et séductions socialistes.

Comment seront financés ces contrats ? 

Au départ, l'équipe Hollande avait évoqué un coup de rabot sur les allègements de cotisations sociales des entreprises. Actuellement accordés jusqu'à 1,6 SMIC, ils auraient été rabotés à 1,5 SMIC, ce qui aurait rapporté 2,3 milliards. Or, poussé à l'action par les entrepreneurs tenus dans l'expectative et face au front uni des syndicats et du patronat sur cette question, l'Elysée a reculé, sans pour autant fournir d'alternative. 

Les "solutions" de financements sont fallacieuses


En 2013, aucune financement n'est prévu. "Dans l'attente d'un projet de loi de finances rectificative, Pôle emploi avancera l'argent", avoue froidement le ministère du Redressement du chômage  de l'Emploi. Déficitaire de 124,6 millions fin 2011, Pôle Emploi n'est pourtant pas encline à avancer de la trésorerie. En toute "cohérence", Sapin est ainsi capable de déshabiller Pierre le matin pour habiller Paul Pierre le midi...

Ensuite, le gouvernement annonce qu'il peut trouver ce milliard d'euros annuel en rognant sur son autre projet phare : ainsi, cette fois, il déshabille Pierre le soir pour rhabiller  Paul Pierre  le matin suivant. Le milliard tourne sans s'arrêter: le même  sert et ressert encore.

Attrape-moi si tu peux ! Ce milliard flottant sera pris sur un allègement, celui des 20 milliards d'euros de l'impôt sur les sociétés prévu dans le cadre du "pacte de compétitivité", qui sera financé en partie par une hausse de la TVA. C'est dire que ce milliard est virtuel: il n'existe pas, puisque c'est de l'argent qui ne rentre pas dans les caisses de l'Etat ! 


Son montant global reste en effet des plus incertains : il faudra en effet attendre 2015 pour savoir précisément combien de contrats de génération ont été conclus et donc combien ils vont coûter. Idem pour l'ampleur du "choc de compétitivité". Le gouvernement navigue à vue.
Malgré tout, alloemploi.fr, à qui on est supposé se fier, assure le 13 décembre 2012 que "le contrat de génération satisfait les partenaires sociaux." Mais il faut savoir que c'est un site associé à Pôle Emploi, service public gouvernemental, dont le numéro de téléphone est le 3949, appel facturé 0,11 € par appel depuis une ligne fixe ou une "box"; coût d'une communication "normale" depuis un mobile, pour avoir droit à un service personnalisé avec un conseiller.


Par du flou, le gouvernement dissimule un revirement de politique

Comme le note L'Expansion, ce flou artistique sur le mode de financement va permettre  à Hollande de mettre en place des mesures promises, mais en creusant le trou de la dette publique

Cette hypothèque sur l'avenir trahit de surcroît le retournement opéré par le gouvernement. 

Les contrats de génération devaient être financés en limitant les baisses de charges des entreprises. Mais le "choc de compétitivité" décidé depuis revient à avouer que pour créer de l'emploi, ou en sauver, elles ont bel et bien besoin que le gouvernement diminue leurs charges et impôts, ce que le candidat socialiste niait avant la présidentielle.


Plutôt que de reconnaître que ses messages de campagne étaient fallacieux et de revenir maintenant sur les baisses de charge, le gouvernement transforme donc  l'ampleur salutaire d'un "choc de compétitivité" en "pacte "Avec la complicité du Sénat qui a refusé son feu vert au budget rectificatif de fin d'année prévoyant le crédit d'impôt compétitivité et des hausses de TVA, les socialistes espèrent sans doute que la conjoncture leur permettra de ne pas trop le raboter. Quitte à brouiller ce faisant la portée symbolique et politique de son message.


Les sournois du gouvernement continuent également à annoncer des mesures sans en préciser le financement. 
Comme le relevaient Les Echos, les mesures non financées se multiplient : de la prime de Noël à la revalorisation des bourses, ce sont de 1,2 à 2 milliards d'euros, hors contrats de génération, qui manquent dans les caisses pour financer l'action de l'Etat. Et ce alors que le gouvernement n'a toujours pas établi précisément comment il comptait faire baisser la dépense publique de 60 milliards d'euros, un effort sans précédent en France.

mardi 6 novembre 2012

Rapport Gallois: 22 mesures pour que Hollande fasse son marché

22 mesures pour enrailler le " décrochage "

Paradoxe: le rapport Gallois fait 22 propositions visant à répondre à l'urgence de la situation, mais qui seront étalées 


Le redressement industriel n'est pas une urgence:  il " prendra du temps ". La priorité est l'investissement et la montée en gamme. Je propose 22 mesures principales pour arrêter la glissade, arrêter le décrochage, soutenir l'investissement ". C'est ainsi que Louis Gallois a résumé son rapport dans la foulée de sa remise officielle au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Vingt-deux mesures portant à la fois sur des facteurs dits de compétitivité coûts et hors coûts et visant à parer à " l'urgence " de la situation et à engager une reconquête de la compétitivité industrielle qui « prendra du temps, nécessitant méthode et persévérance ", a reconnu l'ex-patron d'EADS.

Le rapport part d'un diagnostic "assez sévère", selon ses propre termes

" La cote d'alerte est atteinte ", souligne le titre alarmiste de la première partie pour qui l'industrie française atteint aujourd'hui un seuil critique, au-delà duquel elle est menacée de destruction "
Pour étayer ses propos, plusieurs chiffres sont rappelés, comme le faible poids de l'industrie dans la valeur ajoutée totale (12,6 %) ou encore la perte de 2 millions d'emplois dans le secteur depuis trente ans, toutes administrations confondues.
Pour Louis Gallois, l'industrie hexagonale est " prise en étau ", entre d'un côté des pays " haut de gamme", comme l'Allemagne qui " ont su se différencier par l'innovation, la qualité, le service, la marque " et, de l'autre côté, " des pays émergents ", mais aussi certains pays d'Europe du Sud ou de l'Est qui bénéficient de coûts de production plus faibles ".


" L'ambition industrielle est la montée en gamme "

Le nouveau concept-car Renault Alpine 
A110-50 sera présenté au Mans
Positionnée sur les produits de milieu de gamme, l'industrie française n'a pas les marges des premiers pays et a dû baisser ses prix pour rester compétitive face aux seconds, ce qui a contribué à la dégradation de ses marges. Pour Louis Gallois, " l'ambition industrielle est la montée en gamme ". " C'est le seul moyen de relâcher la pression mortifère sur les prix, estime-t-il. L'investissement est clairement la clef, donc la priorité. "

Mais encore faut-il que les entreprises en aient les moyens
C'est là qu'intervient la proposition la plus emblématique du rapport et la plus embarrassante pour le gouvernement : celle d'un " choc de compétitivité" visant à réduire les cotisations sociales de 30 milliards d'euros. " Il s'agit, dans une période critique, d'apporter un 'ballon d'oxygène' aux entreprises pour l'investissement et d'amorcer la montée en gamme ", indique le rapport. " Ce qui m'intéresse est l'impact direct, rapide, sur la capacité des entreprises à investir ", martèle Louis Gallois. 

L'auteur souligne que
son rapport ne parle " pas une seule fois " du coût du travail en tant que tel : " Ce choc de compétitivité est en fait un choc de confiance ", annonce-t-il, très politiquement correct...


Qu'en retiendra l'exécutif ?


Le rapport fait siennes les préconisations du rapport Attali sur la croissance
Nos handicaps structurels sont clairement désignés : le " millefeuille administratif " ou encore le " culte " de la réglementation et son instabilité.
Les mesures se concentrent spécifiquement sur les faiblesses de l'industrie, à savoir des appareils de recherche et de formation mal articulés avec les préoccupations du secteur, des flux de financement mal orientés, un tissu industriel insuffisamment structuré et solidaire, ou encore un dialogue social " insuffisamment productif " et un marché du travail qui " fonctionne globalement mal ". 

Pour Louis Gallois, il faut saisir l' "occasion historique de renouveler le pacte sociale de 1946" que constituent les trois discussions en cours sur le financement de la protection sociale, l'entrée des salariés au conseil d'administration et la sécurisation de l'emploi.

Lire également :  L'intégralité du Rapport Gallois


Qu'en retiendra l'exécutif ?

François Hollande a déjà prévenu que le "choc de compétitivité"  sera un "pacte de compétitivité."
" C'est un rapport désagréable pour nos prédécesseurs et qui est engageant pour le gouvernement d'aujourd'hui ", a polémiqué Arnaud Montebourg. Le gouvernement a toutefois déjà exclu de rouvrir le dossier du gaz de schiste et s'oriente vers une autre piste concernant les allégements de charges. Mais sur les 22 mesures, de nombreuses seront reprises ou l'on même déjà été.

La présidente du MEDEF, Laurence Parisot
 a, elle, salué  une " étape décisive vers un big bang économique salvateur " et jugé " extrêmement regrettable " que Matignon ait écarté la piste sur le gaz de schiste.
De son côté, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a " approuvé totalement " les mesures préconisées par le rapport, incitant François Hollande d'avoir "le courage " de les " appliquer dès maintenant "

VOIR et ENTENDRE J.-F.Copé dénoncer toutefois les crédits d'impôts, une usine à gaz, le "gag" de l'augmentation de la TVA, malgré la promesse de Hollande de ne pas y toucher :


Savoir maintenant quelle est la faisabilité des mesures complexes annoncées en matière de crédits d'impôts.

Et quel soutien le gouvernement socialo-écolo va obtenir du Front de gauche, Pierre Laurent (PCF) et Mélenchon (PG).

lundi 5 novembre 2012

Rapport Gallois: l'abaissement de Laurent Joffrin, journaliste militant

Sylvie Pierre-Brossollette dissipe le rideau de fumée dressé par l'indigne Joffrin 

Louis Gallois doit remettre son rapport sur les moyens de rétablir la compétitivité. 

Un rapport déjà contesté avant parution le 5 novembre, tout comme l'annonce par le premier ministre que le Conseil Constitutionnel va rejeter le projet de loi sur le logement social, avant qu'il n'ait statué...

L'ancien patron d'EADS va proposer un certain nombre de mesures pour relancer la compétitivité des entreprises françaises. 

Mais François Hollande a déjà prévenu, il n'est pas question pour lui de parler d'un "choc de compétitivité", il s'agira plutôt d'un "pacte", pour ne pas affoler les populations. Les mesures les plus attendues par les patrons pourraient bien être remises à plus tard.

Laurent Joffrin, parano de service du très socialiste Nouvel Observateur, il y a eu des fuites organisées, autant dire un complot, afin de pouvoir dire "vous voyez bien, ils n'appliquent pas ce qu'ils ont dit. 
Selon le chroniqueur des sanisettes Claude Perdriel, l'opération consiste à dire qu'ils ne font rien. Mais comme il y a un rapport et que certaines de ses mesures vont être appliquées, il faut pouvoir démontrer que l'on ne fait rien." Le procès d'intention de Mouchard-Joffrin aux gros sabots ne tient pas la route.
Une théorie bidon du complot qui ne convainc pas davantage Sylvie Pierre-Brossolette, du Point, que ses arguments à la graisse d'oie. "Il y a évidemment une partie de pression, mais le gouvernement s'est pris à son propre piège. Il a nommé Louis Gallois en sachant très bien ce qu'il pensait. Des mesures rudes qu'il a développées longuement devant les économistes à Aix."

VOIR et ENTENDRE le débat avec, en prime, les énormités avancées par Joffrin, décidément à la peine. Il casse du patron ("pour qui s'prennent-ils ces gens-là," s'indigne-t-il), mais en appelle avec désinvolture au "respect de la volonté populaire" :

VOIR, ENTENDRE, TELECHARGER et DIFFUSER ce modèle d'avilissement de la presse engagée, incarnée par le malodorant Joffrin:
Que faut-il attendre du rapport Gallois ?FranceInfo

Le plus rude, c'est que le gouvernement Ayrault va devoir faire du Sarkozy, en moins bien


Ce rapport emprunte largement au programme que Nicolas aurait mis en oeuvre si la presse soumise au PS n'avait pas fait élire l'ersatz de Dominique Strauss-Kahn.

Les duettistes Hollande-Ayrault vont devoir recycler le rapport avant de se l'approprier.