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mercredi 31 juillet 2013

N. Morano sur le laxisme du gouvernement, la souscription et les baisses des charges plutôt que les emplois aidés

Olivier Truchot a reçu Nadine Morano

L'ancienne ministre de la Famille et de la 
Formation condamne les émeutes qu'a connues Trappes durant deux nuits
 
et le gouvernement qui manque de fermeté
"Il y a des comportements extrêmement provocateurs
Le port du voile de cette femme et les émeutes qui ont assiégé le gouvernement angoissent les Français. Hier, j’expliquais que le tandem Valls - Taubira est explosif: ils envoient des messages de laxisme".

Nadine Morano a également pointé l'inutilité des emplois aidés, pour défendre la formation des jeunes.
"Les entreprises n'ont pas besoin d'emplois aidés, mais de baisses des charges", a souligné Nadine Morano. "Tout ce qu'on avait engagé sur les formations par alternance sont au point mort, il n'y a plus de ministère en charge de l'apprentissage et de la formation ...Thierry Repentin qui était en charge de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage dans le gouvernement Ayrault I (juin 2012-mars 2013) a été jugé plus utile aux Affaires européennes et n'a toujours pas été remplacé, ce qui en dit long sur l'intérêt que porte Hollande aux jeunes.
Alors que François Hollande est allé se montrer à Clichy-sous-bois ce mercredi pour la signature d'UN emploi franc qui, sur le principe, permet à une entreprise d'embaucher en CDI un jeune de moins de 30 ans sans emploi et habitant dans une zone franche, ou zone urbaine sensible (ZUS), contre une aide de 5.000 euros versée en deux fois, Nadine Morano est appelée à réagir sur le dispositif en faveur des emplois francs.
"
Il faudrait une génération pour régler le problème des quartiers, on a beaucoup avancé sur l'emploi des jeunes, aujourd'hui totalement à l'arrêt. François Hollande s'est comporté comme un incroyable démolisseur depuis qu'il est président, avec la suppression de la TVA sociale. Il n'y a pas de réforme structurelle sur l'emploi, quand l'UMP était au pouvoir, malgré la crise, il y a eu de la croissance ".

Nadine Morano ajoute : "Le problème de la gauche, c'est qu'ils restent bloqués sur l'idéologie. Ce dont ont besoin les entreprises, ce ne sont pas les emplois aidés, c'est de baisses de charges, et les jeunes ont besoin d'être formés aux métiers qui recrutent. Tout ce qu'on avait engagé sur les formations par alternance sont au point mort, il n'y a plus de ministère en charge de l'apprentissage et de la formation professionnelle. Les socialistes restent arqueboutés sur les dispositifs d'emplois aidés de l'ère Jospin qui ne fonctionnent pas ".


Olivier Truchot a amené la déléguée de l'UMP sur le terrain de la souscription pour le remboursement des créances de l'UMP. 
En sa qualité de trésorière  de l’association "Les Amis de Nicolas Sarkozy," Nadine Morano s'est félicitée de la mobilisation des militants pour combler le trou de 11 millions d'euros provoqué par l’invalidation par le Conseil constitutionnel des comptes de campagne de la présidentielle 2012, et  sur le report du délai jusqu'au 30 septembre. On peut donc toujours apporter sa contribution à la lutte contre les atteintes au pluralisme politique:  

L'ex-chef de l'Etat a participé à hauteur de 7 500 euros, le maximum fixé par la loi et a
 écrit une lettre de remerciement à tous les donateurs.
" Cette marque UMP aujourd’hui est porteuse d’espérance pour l’alternance future, je ne suis pas sûre que beaucoup de partis politiques auraient pu lever une somme pareille en trois semaines, en plein mois de juillet. J'ai vu des dons de 5 euros, j'en ai eu les larmes aux yeux".

François Fillon a donné 1.000 euros, demande Truchot.
"Je n'ai pas fait l'inventaire, mais les élus doivent être redevables à leur famille politique plus que les militants, et ils doivent être exemplaires,' explique Nadine Morano.

Avec une telle mobilisation, on peut y voir un retour de Sarkozy, suggère le journaliste.
" Dans leurs messages, les gens nous disent clairement qu'ils veulent qu'il revienne," confirme son invitée.

Bernard Debré a dit que Nicolas Sarkozy aurait dû donner plus, rappelle Truchot.
"Je laisse Bernard Debré à ses commentaires, mais après l'émission, il est venu donner un chèque de contribution", indique la responsable politique.

Nadine Morano commente aussi la situation
"J'ai beaucoup contesté la décision du Conseil constitutionnel. Elle est très grave pour la démocratie, une autre possibilité aurait pu être trouvée. Cette décision est injuste. Malgé ces temps difficiles, nous avons mobilisé plus de 8 millions d'euros, la moyenne étant de 86 euros par don, cette injustice a tellement choqué les gens qu'ils se sont mobilisés".

VOIR et ENTENDRE
l'échange sur RMC, ce 31 juillet 2013:

samedi 15 décembre 2012

Le contrat de génération adopté en Conseil des ministres

Sept mois pour mettre au point l'un des engagements phares du candidat Hollande


"Je proposerai un contrat de génération pour permettre l'embauche par les entreprises, en contrat à durée indéterminée, de jeunes, accompagnés par un salarié plus expérimenté, qui sera ainsi maintenu dans l'emploi jusqu'à son départ à la retraite", indiquait 

Mercredi, le Conseil des ministres a accouché de sa proposition soumise à l'examen examen mi-janvier au Parlement, dont le récalcitrant Sénat.

"Le texte adopté ce matin est en cohérence avec l'engagement du candidat Hollande et l'ensemble des priorités de l'action gouvernementale", a commenté en langue de bois, le très docile Michel Sapin, ministre du Travail. Le gouvernement socialo-écolo mise sur ce dispositif pour faire face à un double défi, le chômage des moins de 25 ans et aussi celui des seniors.

24,2 % des jeunes actifs sont demandeurs d'emploi. Pour les aînés, moins touchés par le chômage (6,9%), l'enjeu est de retarder leur licenciement, tant rebondir leur est difficile dans une société du "jeunisme" qui ne sait pas valoriser l'expérience.

Un coût de près d'un milliard d'euros par ans à partir de 2016


Le coût du contrat de génération à la charge de la moitié des Français solidaires, les contribuables,  devrait être de près d'un milliard d'euros par an à partir de 2016, année où la mesure devrait atteindre son rythme de croisière. 

Dans l'hypothèse d'une relance de l'économie et d'une réduction de la dette publique, 180 millions d'euros pourraient être déboursés pour sa mise en œuvre en 2013, 540 millions d'euros en 2014, 790 millions d'euros en 2015 et 920 millions d'euros en 2016, indique un document du ministère du Travail. 


Le contrat de génération s'adressera à tous les jeunes et toutes les entreprises privées,
 en plus des emplois d'avenir, destinés aux jeunes non ou peu qualifiés et au secteur non-marchand. Le projet de loi reprend les contours du dispositif dessiné en octobre dans un accord signé par les partenaires sociaux.


Seules les entreprises de moins de 300 salariés auront droit à une aide financière pour mettre en place le contrat de génération. Les moins de 50 seront directement éligibles, celles entre 50 et 300 devront au préalable avoir conclu un accord collectif (ou être couvertes par un accord de branche).

Un objectif de 500 000 embauches de jeunes en 5 ans

La Voix du Nord (06/09/2012)
Dans la pratique, ces contrats représentent pour les PME une baisse de 4 000 euros par an de cotisations sociales : moitié pour l'embauche d'un jeune en CDI et moitié pour le maintien dans l'entreprise jusqu'à la retraite d'un senior. Pour les grandes entreprises l'accord sera collectif et plus contraignant.

La prime, de 4 000 euros par an pendant 3 ans maximum, sera versée pour l'embauche en CDI d'un jeune de moins de 26 ans (moins de 30 ans si handicapé) et un salarié de plus de 57 ans maintenu en poste (55 ans si handicapé ou nouvelle embauche). Le gouvernement espère 500.000 embauches de jeunes sur 5 ans.

Les plus grandes entreprises ne recevront aucune aide mais risqueront une pénalité
si elles ne négocient pas, avant le 30 septembre 2013, des accords en lieu et place des accords seniors en vigueur depuis 2010.

Les partenaires sociaux sont sur leurs gardes

C'est la lutte des classes d'âges ?
Syndicats et patronat vont devoir être attentifs à sa mise en place. 
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, estime qu'il revient "maintenant au législateur de prendre des dispositions un peu plus contraignantes sur les conditions de mise en œuvre de ces contrats de génération, notamment au regard des obligations de formation, voire d'embauche de ces jeunes".
A la CGPME (Confédération générale du patronale des petites et moyennes entreprises), Geneviève Roy souhaite que ces contrats soient "très vite mis en musique" et espère "un regain d'activité" afin que les employeurs puissent s'en emparer.

Le MEDEF est très prudent sur l'objectif d'embauches. Pour Benoît Roger-Vasselin, le négociateur de l'organisation patronale sur ce dossier, "on ne peut vraiment pas le prévoir, compte-tenu du faible niveau d'activité et des pertes de productivité enregistrées ces dernières années".

Le financement du projet soulève en effet de grandes interrogations

Il pourrait se faire en rognant sur le fameux "choc de compétitivité" de 20 milliards d'euros, toute "mesure phare" qu'elle soit elle aussi. 

Près d'un milliard d'euros non financé

Le projet devrait coûter à l'Etat 180 millions d'euros en 2013, puis un peu moins d'un milliard d'euros par an une fois à pleine charge, a indiqué le gouvernement.

Un montant bien inférieur à ce que proposait F. Hollande à l'origine. Dans son projet, le candidat de la gauche évoquait "500 000" contrats en cinq ans, voire plus, pour un coût qui se serait élevé à 2, voire 2,5, milliards d'euros par an, selon les calculs à la fois de l'Institut Montaigne et de l'Institut de l'entreprise. D'où la révision des ambitions à la baisse et au détriment des jeunes alors pourtant l'objet de toutes les promesses et séductions socialistes.

Comment seront financés ces contrats ? 

Au départ, l'équipe Hollande avait évoqué un coup de rabot sur les allègements de cotisations sociales des entreprises. Actuellement accordés jusqu'à 1,6 SMIC, ils auraient été rabotés à 1,5 SMIC, ce qui aurait rapporté 2,3 milliards. Or, poussé à l'action par les entrepreneurs tenus dans l'expectative et face au front uni des syndicats et du patronat sur cette question, l'Elysée a reculé, sans pour autant fournir d'alternative. 

Les "solutions" de financements sont fallacieuses


En 2013, aucune financement n'est prévu. "Dans l'attente d'un projet de loi de finances rectificative, Pôle emploi avancera l'argent", avoue froidement le ministère du Redressement du chômage  de l'Emploi. Déficitaire de 124,6 millions fin 2011, Pôle Emploi n'est pourtant pas encline à avancer de la trésorerie. En toute "cohérence", Sapin est ainsi capable de déshabiller Pierre le matin pour habiller Paul Pierre le midi...

Ensuite, le gouvernement annonce qu'il peut trouver ce milliard d'euros annuel en rognant sur son autre projet phare : ainsi, cette fois, il déshabille Pierre le soir pour rhabiller  Paul Pierre  le matin suivant. Le milliard tourne sans s'arrêter: le même  sert et ressert encore.

Attrape-moi si tu peux ! Ce milliard flottant sera pris sur un allègement, celui des 20 milliards d'euros de l'impôt sur les sociétés prévu dans le cadre du "pacte de compétitivité", qui sera financé en partie par une hausse de la TVA. C'est dire que ce milliard est virtuel: il n'existe pas, puisque c'est de l'argent qui ne rentre pas dans les caisses de l'Etat ! 


Son montant global reste en effet des plus incertains : il faudra en effet attendre 2015 pour savoir précisément combien de contrats de génération ont été conclus et donc combien ils vont coûter. Idem pour l'ampleur du "choc de compétitivité". Le gouvernement navigue à vue.
Malgré tout, alloemploi.fr, à qui on est supposé se fier, assure le 13 décembre 2012 que "le contrat de génération satisfait les partenaires sociaux." Mais il faut savoir que c'est un site associé à Pôle Emploi, service public gouvernemental, dont le numéro de téléphone est le 3949, appel facturé 0,11 € par appel depuis une ligne fixe ou une "box"; coût d'une communication "normale" depuis un mobile, pour avoir droit à un service personnalisé avec un conseiller.


Par du flou, le gouvernement dissimule un revirement de politique

Comme le note L'Expansion, ce flou artistique sur le mode de financement va permettre  à Hollande de mettre en place des mesures promises, mais en creusant le trou de la dette publique

Cette hypothèque sur l'avenir trahit de surcroît le retournement opéré par le gouvernement. 

Les contrats de génération devaient être financés en limitant les baisses de charges des entreprises. Mais le "choc de compétitivité" décidé depuis revient à avouer que pour créer de l'emploi, ou en sauver, elles ont bel et bien besoin que le gouvernement diminue leurs charges et impôts, ce que le candidat socialiste niait avant la présidentielle.


Plutôt que de reconnaître que ses messages de campagne étaient fallacieux et de revenir maintenant sur les baisses de charge, le gouvernement transforme donc  l'ampleur salutaire d'un "choc de compétitivité" en "pacte "Avec la complicité du Sénat qui a refusé son feu vert au budget rectificatif de fin d'année prévoyant le crédit d'impôt compétitivité et des hausses de TVA, les socialistes espèrent sans doute que la conjoncture leur permettra de ne pas trop le raboter. Quitte à brouiller ce faisant la portée symbolique et politique de son message.


Les sournois du gouvernement continuent également à annoncer des mesures sans en préciser le financement. 
Comme le relevaient Les Echos, les mesures non financées se multiplient : de la prime de Noël à la revalorisation des bourses, ce sont de 1,2 à 2 milliards d'euros, hors contrats de génération, qui manquent dans les caisses pour financer l'action de l'Etat. Et ce alors que le gouvernement n'a toujours pas établi précisément comment il comptait faire baisser la dépense publique de 60 milliards d'euros, un effort sans précédent en France.

jeudi 3 mai 2012

Les flagrants délits de mensonges de François Hollande

Le menteur récidiviste de la gauche se fait pointer

Hollande ment sur les chiffres de la dette publique

Lors du débat présidentiel mercredi soir, François Hollande a assuré que la "dette a augmenté de 600 milliards d'euros" depuis le début du quinquennat. Un chiffre contestable et contesté par Nicolas Sarkozy, qui dénonce une "erreur de 100 milliards". Et les deux hommes ont invité la presse à trancher. C'est le président sortant qui a raison.  
Selon François Hollande, professeur d'économie à Sciences Po de Paris,  "la dette a augmenté de 600 milliards d'euros depuis le début du quinquennat, de 900 milliards depuis 2002. Elle a doublé depuis 10 ans." Il accuse: " Voilà la responsabilité d'une équipe sortante depuis 10 ans."
Un chiffrage qui est fait pour accabler le chef de l'Etat aux yeux des électeurs, mais ce dernier l'a contesté : "Le déficit depuis 2007 n'a pas augmenté de 600 milliards mais de 500 milliards. Une erreur de 100 milliards, ça pose question", a raillé le président-sortant. Les deux hommes sont convenus de laisser "la presse" les départager jeudi.
Voici le verdict : selon les chiffres de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), la dette publique était de 1.717 milliards d'euros fin 2011. Fin 2006, elle était de 1.211 milliards. L'augmentation est donc sur ces cinq ans de 505,7 milliards d'euros, comme Nicolas Sarkozy l'a dit.
Si toutefois, dans son flou habituel, François Hollande faisait  référence aux chiffres de 2012, ceux-ci ne sont pas encore connus puisque l'année n'est pas terminée. Selon une estimation gouvernementale de mars,  en proportion, cela donnerait 1.783,35 milliards d'euros de dettes. Et donc une différence de 571,75 milliards d'euros. Ce qui ne fait toujours pas les 600 milliards d'euros évoqué par le candidat socialiste.

Education : Hollande n'est pas loin de la vérité sur le taux d'encadrement

 "Nous avons le taux d'encadrement le plus élevé de l'OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques]", a déclaré Nicolas Sarkozy. Quelques minutes plus tard, François Hollande indiquait, au contraire, que "le taux d'encadrement dans le primaire est le plus bas de l'OCDE". Sauf que le primaire  (publics et privés) ne représente pas l'ensemble des cycles de l'Education nationale. En isolant le cycle primaire, Hollande n'a pas tort, mais si  la Grèce fait mieux (3e ) derrière le Portugal (1er), ce sont des pays qui vivent au-dessus de leurs moyens et sont en faillite. Mais, après sept années de socialisme et sur fond de contestation sociale contre les mesures d'austérité, l'Espagne (8e) a  gelé fin mars le salaire de ses fonctionnaires, alors qu'elle  a explosé en 2011 son objectif de déficit, à 8,51 % du produit intérieur brut (PIB).

Commerce extérieur : Sarkozy et Hollande à égalité

Selon Nicolas Sarkozy, la balance commerciale extérieure était déficitaire sous Lionel Jospin, le candidat socialiste assurant qu'elle était, au contraire, excédentaire en 2002. En prenant ces déclarations stricto sensu, ils ont tous les deux raison.
Le 7 février dernier, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Pierre Lellouche a bien annoncé un déficit commercial à 69,59 milliards d'euros. Le précédent record remonte à 2008 à 56,2 milliards. Or, il faut remonter à 2003 pour avoir une balance commerciale nulle et en 2002 pour qu'elle soit excédentaire, à + 3,5 milliards d'euros, dans un contexte économique international favorable, selon un graphique du Monde.fr. Ces chiffres sont ceux des douanes et leur tendance est confirmée par  ceux de l'INSEE"
Mais Nicolas Sarkozy n'a pas tort pour autant. La balance a bien été déficitaire en 2000 (-4,3 milliards d'euros selon les douanes, -10,6 milliards selon l'INSEE) et en 2001 (- 1,5 milliard d'euros selon les douanes, -4,6 milliards selon l'INSEE). Match nul donc et la charge était  injuste.
"Vous êtes fâchés avec les chiffres", a observé le président-candidat, avant d'assurer : "La (balance commerciale) extérieure en 2000 et 2001 était en déficit."

Croissance : les situations des pays de référence de Hollande se sont dégradées

Nicolas Sarkozy a défendu sa gestion du pays pendant la crise, soulignant qu'il a fait rebondir la croissance. "Depuis mars 2009, la France est le seul pays qui n'a pas connu un trimestre de récession", a-t-il affirmé lors du débat d'entre-deux-tours. Une déclaration qu'il a déjà effectuée pendant la campagne, notamment sur Europe 1 le 30 mars dernier.
Or, selon l'ancienneté des périodes considérées, la France n'est pas le seul pays à ne pas avoir connu de récession. Pendant les trois premiers mois de cette année, l'ensemble des pays de la zone euro aurait bénéficié d'une reprise après la forte crise financière de l'automne 2008. Du coup, depuis le deuxième trimestre de l'année 2009, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Suède, le Danemark, l'Autriche, la Slovaquie, la Pologne et la Finlande n'ont pas connu de récession.
Mais les situations récentes ne sont plus aussi exemplaires et les références du candidat de gauche se sont bien ternies. Le Royaume-Uni est en effet officiellement retombé en récession, selon des chiffres publiés mercredi 25 avril: la politique de rigueur draconienne de David Cameron est accusée d'avoir "tué" la croissance. L'économie britannique s'est contractée de 0,2 % au premier trimestre 2012,  au même titre que des États en mauvaise posture de la zone euro, comme la Grèce, l'Espagne ou l'Italie.


Alors, il n'est donc pas mou de partout ?
Chômage : Hollande et Sarkozy n'utilisent pas les mêmes indicateurs

Hollande assure que l'augmentation du nombre des chômeurs atteindrait un million entre 2007 et 2012, mais Nicolas Sarkozy établit  cette hausse  à   "422.000" entre 2007 et 2011. Tout dépend sur quelle source les deux candidats se fondent.  
Le président-candidat avait clairement cité sa source "au sens du BIT", collecté chaque trimestre par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), mais le professeur d'économie socialiste est resté arc-bouté sur ses données.
La contre-vérité du candidat de la gauche est grave
La démonstration de François Hollande, mercredi soir, lors du débat présidentiel, semblait implacable et le chiffre de un million marque les esprits. Sans citer sa source, il faisait référence  aux chiffres de la Direction de l'animation de la recherche et des études statistiques (DARES), qui dénombre les demandeurs d'emplois, toutes catégories confondues (tous ceux qui font une démarche active de recherche d'emploi, qu'ils aient déjà un emploi à temps partiel ou non. Hollande a forcé le trait sans ciller, considérant que, dans l'intérêt de sa campagne, il pouvait exploiter la situation des demandeurs d'emploi, à 600.000 près,  évalué à la louche, tous en les respectant ! "Le chômage a augmenté d'un million, quatre millions de personnes sont inscrites si elles n'ont aucune activité. C'est énorme, c'est beaucoup, c'est un record. Nicolas Sarkozy, vous aviez dit que 'si le chômage ne tombe pas à 5% de la population active, c'est un échec', et c'est un échec."
Or, les débatteurs utilisaient deux indicateurs différents
A la vérité, en mai 2007, il y avait 2,410 millions de chômeurs selon le BIT. Et 2,846 millions fin 2011, soit une augmentation de 436.000 personnes. Le président dit la vérité. D'autant plus qu'il établissait une comparaison avec les pays européens et que le BIT (Bureau international du travail) est une structure tripartite de l'OIT (ONU) qui rassemble des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs.

Emploi des jeunes : Hollande ajoute de la précarité

François Hollande a défendu son projet de "contrat de génération", assurant qu'il s'agissait d'une solution, alors que "trois jeunes sur quatre sont en intérim ou CDD quand ils ont un emploi". Une affirmation contredite par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES). Et selon l'INSEE, en 2010, seul un jeune actif de moins de 25 ans sur deux était, en moyenne, dans une situation d'emploi précaire. 
Le fonds de commerce de Hollande, celui qu'il privilégie, au détriment des personnes âgées et des femmes, est très dévalorisé !  
Ce qui pourrait lui réserver une cuisante surprise au soir du 6 mai.

samedi 3 décembre 2011

Des candidats d'opposition interpellés sur les quartiers populaires

Les candidats ne sont pas les potes des jeunes des quartiers
La Fédération nationale des maisons des potes (FNMP) a rendu publiques samedi à Paris les réponses de sept candidats à la présidentielle, dont François Hollande, Gro Eva Joly et François Bayrou, sur dix mesures pour l'égalité dans les quartiers populaires.

Pour info
Stéphane Troussel (PS), vice-président du CG de Seine-Saint-Denis (9.3) et proche de Claude Bartolone, est de ceux qui sont passés par SOS Racisme (subventionnée par l'État français, Pierre Bergé ou la fondation Ford, USA), l'UNEF-ID et la FNMP (dont Fadela Amara fuT la présidente en 2000). Bien que les Maisons des potes soient des associations de quartier, qui auraient, selon elles, une vocation d'accueil, on constate qu'elles ne sont ni indépendantes ni autonomes, comme elles le prétendent.


Parmi ces propositions figurent
la régularisation des travailleurs sans-papiers, c'est-à-dire clandestins
l'anonymat des demandes de HLM pour briser "la loi du ghetto",
une hausse de 30% du nombre de professeurs en Zone d'éducation prioritaire (ZEP)
ou la titularisation de 100.000 éducateurs de rue financée par une taxe sur les jeux de hasard.

Les candidats n'avaient pas daigné se déplacer

Les potes ont donc vécu les désistements des Hollande, Joly ou Bayrou comme autant d'humiliations.

Samuel Thomas (photo ci-dessus), président de la FNMP et ex-reponsable de SOS Racisme , a affirmé que l'UMP, sollicitée, avait "fait faux bond", mais a également regretté amèrement que les grands frères aient eu mieux à faire. " Le fait que les candidats ne soient pas venus en personne montre qu'ils ne prêtent pas encore une attention suffisante à la question des quartiers populaires ".

Hollande cible sa campagne sur la jeunesse, mais de loin
Les interventions des candidats interpellés, qui vont de l'extrême gauche au centre, ont en effet été projetées en vidéo en présence de leurs représentants (Bruno Le Roux pour Hollande, Fadila Mehal pour Bayrou, etc.).
Non seulement ils ne sont pas présents (après avoir confirmé leur présence, comme Gro Eva Joly), mais François Hollande, Jean-Luc Mélenchon ou les trotskistes Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, ne se prononcent que sur certaines des dix propositions.

Dans son intervention enregistrée, le candidat du PS, François Hollande, a notamment estimé que " les quartiers méritent mieux qu'une redite des emplois jeunes " et s'engage à lutter contre la "précarité" des éducateurs de rue et à faire sienne la proposition concernant les professeurs de ZEP.

Thomas ne croit que ce qu'il voit
Il a observé que la parole politique, spécialement ce jour-là, souffre d'"un déficit de crédibilité" dans les quartiers populaires qui peut toutefois être compensé s'il y a une "réelle volonté de mouiller sa chemise". Il appelle donc à la création d'un "ministère de l'Education populaire".
Dont il ne serait pas même le sous-secrétaire d'Etat !
L’éducation populaire doit en effet être, selon Hollande, intégrée dans un " grand ministère de l’Education et de la Jeunesse " [contrôlé -ou autogéré- par la FSU], et non faire l’objet d’un ministère autonome. Le candidat lointain se déclare enfin " pas convaincu " sur la titularisation des animateurs : " Je ne crois pas qu’il y ait besoin de fonctionnaires de l’éducation populaire ", même s’il juge nécessaire de " mieux sécuriser les financements ".
Des réponses prudentes et économes qui ne feront sans doute pas exploser l’applaudimètre des Potes.

mardi 8 novembre 2011

Les 35 heures payées 39 par le gouvernement Jospin

Mais le PS critique les heures supplémentaires défiscalisées


"Travailler plus pour gagner plus"

C'était un slogan de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Il synthétise sa critique des 35 heures instituées par le gouvernement Jospin quelques années plus tôt. Nicolas Sarkozy proposait aux salariés de faire davantage d'heures supplémentaires, défiscalisées et mieux payées que les heures contractuelles.
Le bâtiment recherche désespérément de la main-d'oeuvre et devrait donc être intéressé par des heures supplémentaires défiscalisées. "Nous refusons des marchés faute de personnel qualifié, notamment de chefs de chantier et de maçons ", reconnaît Annick Berrier-Hannedouche, directrice générale de la Société Flandres Construction Bâtiment (Soflacobat), qui réalise le gros oeuvre de maisons et de petits immeubles pour le compte de promoteurs, comme Kaufman & Broad, Pierres et Territoires ou Akerys dans le Nord-Pas-de-Calais. Une citation du Monde, le 06.06.07.

En août 2011, Métro croyait pouvoir dénigrer: " Une des mesures phare de la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (TEPA), l'exonération de charges sociales et patronales sur les heures supplémentaires, en vigueur depuis octobre 2007, pourrait subir, dès demain, un sérieux coup de rabot. Le slogan de campagne lancé par Nicolas Sarkozy, "travailler plus pour gagner plus" prendrait alors un sérieux coup dans l'aile."

" Le PS remet l'économie à gauche. Les 35 heures payées 39 sont inscrites au programme officiel."

C'est un titre de
Libération en 1996... (lien)
Et que disait l'article ? Extraits:

Les socialistes "
ont simplement pris la peine de revisiter les unes après les autres les pistes qu'ils avaient murées lors de leur passage au pouvoir. "Il ne faut pas attendre de nous la pierre philosophale à laquelle personne n'avait songé jusqu'alors", explique François Hollande, porte-parole du PS. "En économie, il n'existe pas de remède miracle. Notre problème n'est pas d'être neuf, c'est d'être cohérent", ajoute Pierre Moscovici. Le PS ne joue pas la nouveauté, mais l'"intensité" de la réforme, le tout assaisonné d'une franche détermination ­ "Nous ne promettrons rien qui ne puisse être tenu", a coutume de dire le premier secrétaire du parti. Pour l'heure, les contributions circulent (1) et la synthèse se cherche.

L'Europe - Le PS entend retrouver des marges de manoeuvre et ne plus se contenter de slalomer entre les contraignants critères de convergences imposés par le traité.

Le partage du temps de travail - C'est un sujet qui a déchiré le PS. Au printemps 1994, lors d'une convention sur le sujet, les socialistes s'empaillaient sur la question de savoir si l'on pouvait travailler 35 heures payées 39. Ce débat est clos. Plus personne n'envisage un seul instant de baisser les salaires, qu'il est même prévu de revaloriser par le biais d'une vaste conférence salariale. Un compromis s'esquisse: une loi-cadre, votée rapidement après l'arrivée au pouvoir de la gauche, instituerait les 35 heures comme horaire légal sans diminution de salaires.
Car déjà les socialistes parlent des 32 heures. Honneur au pionnier, l'idée de Michel Rocard devrait figurer dans la mouture finale: il s'agit de baisser fortement les cotisations sociales payées par l'entreprise qui met en place les 32 heures par semaine et de les augmenter sensiblement pour celle qui ne le fait pas. La Gauche socialiste, qui plaide pour le passage aux 35 heures sans réduction de salaire dans un délai de trois mois après la victoire de la gauche, prévoit un soutien pour les entreprises qui seraient dans l'incapacité de financer de nouvelles embauches: un crédit d'impôts sur la valeur ajoutée leur serait accordé sous conditions. Il serait dégressif et supprimé au bout de cinq ans.

L'emploi des jeunes - Bernard Tapie lors de sa campagne européenne de 1994: interdire le chômage des jeunes. A l'époque, y compris chez les socialistes, tout le monde trouvait ça démagogique. Sous la plume de Strauss-Kahn, ami des financiers, les socialistes, inventeurs de TUC et autres CES, trouvent aujourd'hui l'idée intéressante. "Dans les entreprises privées et publiques, dans les associations, dans les trois fonctions publiques, tout jeune doit trouver un emploi, écrit l'ancien ministre de l'Industrie. Cette embauche peut prendre des formes variées, mais, dans tous les cas, une obligation d'insertion sera définie pour toute structure privée ou publique en même temps que seront précisées par la loi les modalités de sa durée de son financement et de son débouché". La mesure est chiffrée à 65 milliards de francs (financée par transfert des allocations existantes) et devrait concerner quelque 600 000 jeunes. La Gauche socialiste, pas en reste, a une autre formule à proposer: créer une agence publique locale de l'emploi des jeunes qui en embauche 600 000, leur décroche des contrats et les rémunère sous forme de chèque travail.

La réforme fiscale - C'est l'un des dadas de la gauche, mais jamais elle n'est allée au bout. Cette fois, le PS s'engage vers une sérieuse remise à plat: indexation des taxes locales sur les revenus, basculement quasi intégral des cotisations sociales vers la CSG, élargissement de l'assiette de l'impôt sur le revenu, prélèvement sur les revenus des placements financiers (excepté le livret A), modernisation de l'impôt sur la fortune en y incluant les oeuvres d'art.

Pour sa part, la Gauche socialiste propose le chamboulement général: une TVA zéro sur les produits de consommation courante, suppression des abattements et exonérations profitant aux revenus financiers, relèvement de l'impôt sur les sociétés, augmentation des droits de succession, taxation des gains spéculatifs sur les marchés des devises.

L'aile radicale du PS est obligée de faire de la surenchère dans un parti où même les responsables réputés les plus prudents se redécouvrent de gauche. En finir avec l'esprit de gestion qui a conduit à la défaite de 1993, voilà une idée qui semble mettre tous les socialistes d'accord.

(1) Les cinq contributions sont signées par: les rocardiens, la Gauche socialiste (Dray-Lienemann-Mélenchon), les ex-fabiusiens du groupe Partages, Jean-Christophe Cambadélis et Bernard Roman, et Christophe Clergeau.


VOIR et ENTENDRE une évocation du slogan de ...2004 par Guaino et du "Donnant donnant" de Sa Cynique Majesté Royal:


Les socialistes occultaient bravement la dette publique

Ils l'ont découverte il y a cinq ans...

Et la dénonce aujourd'hui, à la veille de la présidentielle !
L'impact de la réduction récente du temps de travail reste incertain du fait de l'absence de recul historique. Ainsi une enquête de l’OCDE concluait en 200321 :
" Au total, les effets à court terme de cette mesure ont très probablement été positifs sur l’emploi. Dans une perspective de plus long terme, on peut craindre que cette politique de réduction collective du temps de travail pèse lourdement sur les finances publiques et qu’elle ait entamé le potentiel de croissance économique. "

Le dogme du "sens de l'Histoire"

En 1848, la durée légale du travail était de 48 heures en France, puis de 40 heures en 1936, 39 heures en 1982, et 35 heures en 2002.

Septembre 1997: " La réduction du temps de travail s'inscrit dans un mouvement historique permanent. Face aux conséquences du progrès scientifique, elle permet de maintenir le niveau de l'emploi, de redistribuer la richesse produite supplémentaire, et des créations nettes d'emploi. S'il n'y avait pas eu, dans ce siècle, la réduction du temps de travail, plus de la moitié de la population active serait au chômage, et les salaires seraient dérisoires !" assurait Henri Emmanuelli sur l'aile gauche du PS.

FO n'en démord pas sur la réduction du temps de travail
En septembre 1997, selon Marc Blondel, elle doit s'effectuer sans perte de revenus. En jugeant que les 35 heures payées 39 sont "antiéconomiques", Lionel Jospin est revenu sur "un engagement de campagne", a souligné le secrétaire général de FO, au Club de la presse d'Europe 1. En fait, explique-t-il, "le gouvernement s'est fait peur. Il a cru que le patronat ne viendrait pas à la conférence" sur l'emploi et la réduction du temps de travail. Pour Marc Blondel, la réduction du temps de travail n'est de toute façon qu'un "adjuvant" à la création d'emplois.

Le gouvernement Jospin la mettra pourtant en place à partir de l’année 2000 par deux lois votées en 1998 et 2000, pour créer 700 000 emplois.
Il aura fallu vingt ans au PS pour effectuer le passage aux 35 heures. Martine Aubry, ministre des affaires sociales de Lionel Jospin, réalisera cette mesure phare du programme économique socialiste: elle figurait dans les "110 propositions pour la France" de François Mitterrand, en 1981...

A la mi-décembre 2010, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a affirmé que "si sortir des 35 heures" c'est "faire travailler les Français 39 heures payées 35, les salariés ne sont pas d'accord, et moi non plus".
"Aujourd'hui, dans une entreprise, quand vous voulez faire travailler au-delà de 35 heures" il y a "le "dialogue social" et "les heures supplémentaires", a affirmé M. Bertrand.
Il souligne que, "plus que les politiques", il appartient aux "chefs d'entreprises, avec les représentants du personnel" de faire "du sur-mesure, avec un cadre légal et des protections générales".
Le ministre a souligné qu' "on est déjà sorti du carcan des 35 heures" à travers une loi que "j'ai fait voter, en 2008, sur la démocratie sociale".

lundi 31 octobre 2011

"Hollande ne pourra réaliser la totalité du programme socialiste", avoue Cahuzac

Les socialistes sont dans l'incapacité de répondre à leurs engagements


Complot Hollande-Cahuzac:

comment tromper les sympathisants
et les Français ?



Le PS a mené les militants des primaires en bateau

Les 3 débats télévisés passés, le candidat PS ne fait plus rêver les Français.

Invité ce lundi de l’émission Télématin sur France2, Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l’Assemblée, et proche conseiller de François Hollande n’a pas pu s'empêcher de mettre les pieds dans le plat.

Ce proche de Hollande admet que la crise des dettes souveraines limite le gouvernement
Jérôme Cahuzac, président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée, a révélé lundi 31 octobre que le PS se sait dans l'incapacité d'appliquer en totalité le programme du Parti socialiste français pour la présidentielle de 2012, ne pourra pas être appliqué, en raison notamment de la crise .

Les mensonges socialistes laissent aux Français un goût d'amertume
C'est la première fois que la gauche socialiste, donnée largement victorieuse par les sondages face à Nicolas Sarkozy, déclare aussi nettement que son programme, adopté en 2010 par compromis entre les candidats à la primaire et basé sur une hypothèse de croissance de 2,5 % en 2013, n'est plus valable.

Les sympathisants ont payé (au moins) 1 euro pour se faire berner
Jérôme Cahuzac, proche du candidat PS François Hollande et candidat potentiel au poste de ministre de l'Économie en cas de victoire de la gauche, a estimé sur France 2 qu'il faudrait faire le tri dans les propositions PS. "(François Hollande) puisera dans ce programme, mais ne pourra réaliser la totalité de ce programme, car tout simplement les moyens du pays ne le permettent pas", a-t-il dit.

Pour sa défense, il a piteusement rappelé que la tromperie est dans la culture socialiste tromperie: depuis 1981, a-t-il expliqué, le projet du candidat socialiste s'inspire du projet socialiste, tout en étant à chaque fois différent et sans qu'il se sente lié. François Mitterrand avait ouvert cette voie tortueuse: les 110 propositions de campagne de 1981 différaient sur maints points stratégiques du programme adopté par le Parti… D'autres fourberies avaient suivi et il faut s'attendre à ce que Hollande nous en réserve d'autres.
Cahuzac n'a pas attendu d'arriver à Bercy pour s'épancher. Sans doute faute avouée est-elle à moitié pardonnée, mais le dénigrement permanent du gouvernement est resté dans toutes les mémoires et en travers de quelques gorges.

Les révisions envisagées du projet Aubry

Les Français se font ballader

Les trois millions de participants aux primaires citoyennes croyaient que c'était fait, mais selon Jérôme Cahuzac, "il faudra choisir".
Les trois débats n'auront servi qu'à enfumer l'opinion
François Hollande devra maintenant arbitrer entre la proposition de 300 000 emplois "d'avenir", nouvelle mouture des "emplois-jeunes" subventionnés des années 1990, et celle du "contrat générationnel".
Cette proposition consiste à exonérer de cotisations sociales sur deux postes les employeurs qui embauchent un jeune de moins de 25 ans et le font "parrainer" par un salarié âgé maintenu dans l'emploi jusqu'à sa retraite à taux plein. "Il faudra choisir entre le contrat générationnel que propose François Hollande, qui me paraît une bonne chose, et les emplois d'avenir. Peut-être faudra-t-il faire un mix des deux mesures", a dit Jérôme Cahuzac.

Concernant les embauches de 60 000 enseignants sur cinq ans proposées par François Hollande, "la question sur le financement est parfaitement légitime", a-t-il finalement admis.
Il propose implicitement de la compenser, au moins en partie, par des suppressions de postes d'autres fonctionnaires. "Le financement se fera par des économies, par du redéploiement de fonctionnaires et peut-être par des créations nettes, trois composantes dans des proportions qui restent à déterminer en fonction de la croissance."
Il rappelle cependant que le coût de cette mesure, environ 500 millions d'euros par an, selon le PS, est très inférieur à certaines exemptions fiscales décidées depuis 2007.

Le gouvernement a toujours contesté le chiffrage socialiste

Le vendredi 28 octobre dernier, le ministre de l'Education estima que la proposition du candidat PS coûterait 7,5 milliards d'euros sur le quinquennat, au lieu de 2,5 milliards.
Pour Luc Chatel, une telle mesure qui reviendrait à créer 12000 postes par an sur la prochaine mandature, coûterait "500 millions d'euros la première année, 1 milliard la deuxième année, 1,5 milliard la troisième année, 2 milliards la quatrième année et 2,5 milliards la dernière année". Le cumul "serait alors de 7,5 milliards d'euros et non de 2,5 milliards", chiffrait le ministre de l'Education, .
Jack Lang, ancien ministre de l'Education lui-même, se gaussa et répliqua en dénonçant l' "incompétence" du ministre. Lien PaSiDupes


La bande à Flamby nous trompe sciement depuis longtemps

Michel Sapin avait préparé la voie à Cahuzac.
Le député PS avait en effet affirmé mardi, sur i-Télé, que la création de 60 000 emplois dans l'Education proposée par le candidat PS à l'Elysée serait " bien entendu " compensée par des baisses de postes ailleurs. Imaginez un instant qu'un membre du gouvernement fasse cette annonce: "bien entendu", Libération ou Mediapart aurait dénoncé une reculade.

Questionné sur ce projet d'embauches dans l'Education nationale, sur fond de déficits publics aggravés, l'ancien ministre a répondu : "Bien entendu, elle est compensée par des baisses de postes ailleurs."
"L'idée est de ne pas augmenter le nombre de fonctionnaires, a poursuivi le député de l'Indre, ajoutant : "Je dirais même que l'idée est de stabiliser la masse salariale de l'Etat dans le budget de l'Etat."
Verra-t-on la FSU, syndicat d'enseignants, défiler dans la rue contre cette menace sur l'emploi dans l'Education nationale ? Se dirigeront-ils sur la Rue de Solférino pour demander des comptes à D'Jack Lang François Hollande ?

Le décryptage de Libération ?

Qu'y lit-on donc, s'il vous plaît ?

" Pour les socialistes, l'examen depuis le 15 octobre du dernier budget du quinquennat de Nicolas Sarkozy est une belle occasion de prouver que leur crédibilté n'a rien à envier à celle de la majorité. Pas question en effet pour François Hollande de se laisser caricaturer en dangereux dépensier déconnecté du réel, lui qui s'est fait traiter de père la rigueur par certains de ses amis socialistes quand il a fixé comme horizon un budget à l'équilibre en 2017. Il s'agit maintenant de capitaliser sur cette image raisonnable."
C'est la prose d'un certain fils de..., journaliste pistonné du journal donneur de leçons. Proche de Nicolas Demorand, ce journaliste (JDD, la matinale de France Inter,le 18/20 d’Europe 1, et Libération.fr - embauché "pour suivre les réseaux sociaux pendant la campagne présidentielle", comme maman- , tout ça à 30 ans), s'appelle Jonathan Bouchet-Petersen, du nom de Sophie Bouchet-Petersen (ex-LCR), conseillère de Désirdavenir Royal et en position de détachement du Conseil d'Etat (tour extérieur)...

Mais, pour ce qui concerne la déclaration de Cahuzac, toujours rien !
Libération n'a toujours rien à "expliquer aux gens"...
La majorité ne tire pas sur l'ambulance des experts économistes du PS

Le cortège Hollande-Sapin-Lang-Cahuzac est-il trop pitoyable ?

A propos de l'évidence énoncée par Sapin, Benoist Apparu a bien un peu fustigé François Hollande, c'est vrai : "On ne peut pas vouloir présider la France et dire tout et son contraire ". Il faut aussi savoir que si France Info ne l'a pas cité, il a néanmoins appelé François-le-flasque " à plus de clarté, de précision et surtout de constance ". Et de fermeté ?

Le vote du budget devrait tourner au festival du rire !

samedi 17 septembre 2011

Libération a recherché ce qui pourrait bien distinguer les six candidats

Le PS, au jeu des petites différences

Le quotidien socialiste démarre sur de mauvaises bases

"Le succès de leur premier débat télévisé a permis aux six candidats à la primaire d’exposer leurs divergences de vues sur des sujets clés."

A la vérité, c'est exactement le contraire.
En fait de succès, l'audimat du jeudi 15 septembre est cruel.
Le "1er Débat pour les Primaires socialistes", sur FR2 aurait été suivi par 4,9 millions de téléspectateurs, sans garantie qu'ils étaient encore éveillés après la première des trois longues heures. Au même moment, en revanche, Marine Le Pen était suivie par 6,1millions de téléspectateurs sur TF1. A elle seule elle faisait mieux que les six tous ensemble. Mieux, ils étaient encore assez vifs pour passer sur France 2 à la fin de l'émission. Libération peut bien se bercer d'illusion et faire de la désinformation, mais il ne faudra pas que la gauche nous joue la stupeur si le PS nous refait le coup de 2002...

Ensuite, si des différences notables étaient vraiment apparues, le journal militant n'éprouverait pas le besoin d'entreprendre des fouilles pour les mettre au jour.

Les trouvailles de Rue 89

Certes, ce sont leurs désaccords qui comptent.
C'est en se démarquant les uns des autres ou en prenant leurs distances avec certains aspects du projet socialiste pour 2012 que les six postulants à la primaire peuvent donner une tonalité particulière à leur candidature. [Mais ce faisant, ils se distinguent encore moins de certains, à droite comme aux extrêmes.]

Un mois après le lancement de la campagne officielle, on observe quatre attitudes :

La primaire en râlant
Jean-Michel Baylet a surtout pris la parole pour critiquer le fonctionnement de la primaire. Il ne fait pas la démonstration d'une motivation excessive et personne ne se fait d'illusion à son sujet : cette primaire est une manière d'habiller la non-participation du Parti radical de gauche (PRG) à la prochaine élection présidentielle.

Contrepartie : une augmentation des circonscriptions « octroyées » par le PS au PRG aux sénatoriales et aux législatives.

Au-dessus des débats des " petits candidats "
Martine Aubry, qui s'est souvent fantasmée en ministre de la Culture, a été la plus diserte sur ce thème. François Hollande a tenté de passer du costume de possible « président normal » à celui de père la rigueur et d'incarnation du sérieux. Ils se sont tous les deux exprimé sur la crise de l'euro et sur (presque) tous les sujets d'actualité – mais sans s'écarter du projet adopté par le parti.

Ils suivent le même objectif : éviter d'entrer dans des débats qui, pensent-ils, les abaisseraient au niveau des « petits » candidats.

A cheval sur son créneau
Arnaud Montebourg a réussi à faire tenir tout son programme dans un mot : la démondialisation. Il s'y tient. Intérêt tactique : ses concurrents vont, peu à peu, être tous obligés de se prononcer sur le sujet.

Service animation
Ségolène Royal et Manuel Valls animent la campagne, créent du mouvement, de la surprise. Ils en ont besoin pour gagner en visibilité. En plus de leurs marottes (ordre juste et démocratie participative pour la « présidente des solutions » Royal ; sécurité, parler-vrai, réalisme économique et « énergie du changement » pour Valls), ils avancent des propositions de rupture et créent le débat.

Rue 89 parvient à dégager des différences "de fond"...

Sur le nucléaire, la retraite à 60 ans, l'emploi des jeunes, le pouvoir d'achat, la culture, le déficit… Mais tous ces sujets n'ont pas été abordés jeudi et Rue 89 fait du collage pour faire illusion.

Agences de notation
Arnaud Montebourg réclame le démantèlement des agences de notation « devenues des dangers publics, complices des marchés dans la crise économique et financière ». Il propose de créer une agence de notation publique européenne « indépendante, transparente et déconnectée des intérêts privés ». On trouve la même idée chez Ségolène Royal.

Alliances
C'est Ségolène Royal qui, la première, a abordé le sujet : après le nécessaire « rassemblement » des socialistes, des écologistes, de l'extrême gauche et des centristes humanistes, elle prévoit une « main tendue aux gaullistes ». Selon elle, « Il y a aujourd'hui une partie de la droite qui ne se reconnaît plus dans le sarkozysme. Il n'y a aucune raison de la rejeter. »

Manuel Valls est lui aussi favorable à un large rassemblement, de la gauche au centre-droit :
« Je reste convaincu que des hommes et des femmes comme Dominique de Villepin, Français Bayrou ou Corinne Lepage, pour ne citer qu'eux, peuvent faire partie, s'ils le souhaitent, d'une majorité de large rassemblement. »

Culture
Nous avons dû nous assoupir longuement, car cette copieuse liste de différences nous a échappée...
Martine Brochen-Aubry s'est engagée à augmenter le budget de la culture de 30 à 50% (200 millions d'euros de plus par an apportés par l'Etat). Pour faire naître « un nouveau printemps pour la culture », elle propose un programme en cinq points :
•l'aide à la création, avec la mise à disposition de lieux pour les artistes et la « consolidation du système d'intermittence » ;
•l'éducation artistique, en inscrivant « la connaissance et la pratique de la culture » dans les programmes scolaires. « Chaque enfant pourra se rendre deux fois par an dans un musée, un atelier, au concert ou dans un lieu de spectacle de danse ou de théâtre » ;
•la création de 10 000 « emplois d'avenir », « 10 000 jeunes formés à la médiation culturelle » ;
•de nouvelles règles pour s'adapter à la « révolution » numérique. Pour « garantir une rémunération équitablement répartie entre les auteurs et les artistes », elle prévoit de mobiliser une part de « la richesse créée sur les réseaux numériques » et que « chacun d'entre nous » paye une contribution forfaitaire « modeste » ;
•le renforcement du rôle du mécénat.
=> Mais, parce qu'on ne débat vraiment pas à gauche, Rue 89 occulte la réaction de Nadine Morano (UMP)
VOIR et ENTENDRE la réaction effarée de la ministre:


Arnaud Montebourg, sceptique sur les marges de manœuvre budgétaires évoquées par Martine Aubry, veut financer la création artistique et « sa diffusion sur les territoires » en prélevant « des centimes » sur « les bénéfices publicitaires des télévisions privées, les profits gigantesques des fournisseurs d'accès à Internet et les produits industriels diffuseurs de culture comme ceux d'Apple ».
Sa grande idée est l'instauration d'un « prix unique » pour toute la culture, « à l'image du prix unique du livre » : une entrée inférieure à 10 euros dans toutes les institutions culturelles publiques (théâtre, danse, musée, expos…).
Il propose aussi :
•la création de « coopératives d'artistes » ;
•la relance et la généralisation du projet des « Arts à l'école » ;
•une redéfinition du « statut de l'artiste » en « préservant l'esprit de l'intermittence ».

François Hollande, qui a mis en garde contre « la surenchère » du plan Aubry, est beaucoup plus vague sur ses propres propositions :
« Nous reconstruirons ce qui a été supprimé, nous essaierons d'avoir une loi de programmation pour mettre ce qui doit être fait sur cinq ans. »

Manuel Valls veut :
•que chaque enfant du primaire puisse pratiquer une activité artistique ;
•que les institutions culturelles, qui « doivent porter les valeurs universelles de la République », s'ouvrent aussi « à la diversité qui fait le quotidien de nos villes et de nos quartiers » ;
•que soient inventés de nouveaux modes de financement « mixant solidarités internes aux filières, argent public et investissements privés » ;
•inventer « un statut de l'artiste digne du XXIe siècle, en mettant autour d'une table l'ensemble des organismes sociaux et sociétés civiles qui contribuent aux droits des artistes » ;
•transférer progressivement les moyens d'action de l'Etat « aux régions, aux intercommunalités et à des structures indépendantes spécialisées dans l'accompagnement des filières artistiques et culturelles ».

Cumul des mandats

Ségolène Royal est contre toute forme de cumul des mandats. Elle souhaite que tous les sièges de députés libérés par des cumulards soient réservés à des femmes.

Après l'avoir expérimenté, Arnaud Montebourg est désormais « convaincu » qu'il faut « mettre fin » au cumul.

Martine Aubry veut imposer une règle de non-cumul pour les ministres, les députés et les sénateurs. Elle s'aligne donc sur le programme du PS.

François Hollande est beaucoup plus flou. Il dit qu'il faut une loi pour réduire le cumul des mandats mais ne veut pas froisser les parlementaires qui le soutiennent :
" Lorsqu'il y a la possiblité pour la gauche de gagner pour la première fois sous la Ve République la majorité au Sénat, on doit effectivement chercher à éviter les cumuls de responsabilités et de fonctions mais, en même temps, si on peut être intelligent dans tel ou tel département pour permettre la victoire, il ne faut pas s'en priver. "

Déficit budgétaire

Sollicité pour réagir aux propositions de ses concurrents, François Hollande se retranche systématiquement derrière l'argument des finances publiques :
" Il faut faire attention de dire la vérité sur l'état de nos comptes publics et je ne tomberai pas dans une espèce d'échelle du perroquet où on va proposer plus. "
Il s'engage à ramener le déficit public à 3% du PIB dès 2013 (initialement, le PS avait prévu de se donner un an de plus).

Martine Aubry lui a emboîté le pas sur la nécessaire rigueur mais est persuadée de pouvoir dégager d'importantes marges de manœuvre en revenant sur « les cadeaux fiscaux ».

Manuel Valls, lui aussi, insiste sur ce " devoir de vérité " :
" Toutes les marges de manœuvre financières devront être affectées à la réduction des déficits et à la lutte contre l'endettement. On ne pourra pas dépenser un euro de plus. Toute mesure nouvelle ne pourra se faire que si on enlève ici ou là une politique publique qui nous paraît moins importante. "

Ségolène Royal s'engage à respecter les engagements européens de réduction des déficits.

Arnaud Montebourg, lui, rejette la contrainte maastrichtienne :
" Le respect d'un déficit de 3 % en 2013, en France, signifierait une levée d'impôts de 30 milliards d'euros dans la loi de finance à l'automne 2012. A la fois intenable socialement, elle serait de surcroît contre productive. Il convient de soutenir et non d'étouffer la reprise de la croissance et des recettes fiscales associées. "
(Voir aussi : Règle d'or)

Démondialisation

Arnaud Montebourg a réussi à imposer le thème de la « démondialisation » dans le débat public. " Un concept-bélier », sourit un de ses conseillers. Et suffisamment vague pour signifier à la fois « la protection des travailleurs du Nord et du Sud, la préférence pour les salaires et la protection sociale plutôt que les dividendes boursiers », « la conversation écologique du système productif », « le retour des usines en Europe »…

Le plus critique est Manuel Valls : dès le 5 juillet, face aux riverains de Rue89, il jugeait le concept « ringard », voyait en lui « un non-sens qui nous renvoie aux ruptures avec le capitalisme de 1981 ».

Martine Aubry préfère faire un pas de côté et parler de « redressement de la France ».

Ségolène Royal rejoint Montebourg sur la nécessité de faire en sorte que notre destin collectif soit décidé par la politique, pas seulement par l'économie. Elle veut notamment créer un fonds souverain européen et doter la France et l'Allemagne d'un ministre de l'Economie commun.

Emploi des jeunes

Parce que « les jeunes et les seniors apparaissent comme les premières victimes de l'augmentation du chômage », François Hollande propose de « les rassembler à travers un contrat de génération » et de favoriser la transmission d'expérience. Tout employeur qui embaucherait un senior et un jeune de moins de 25 ans serait exonéré de cotisations sociales sur ces deux contrats.

Ségolène Royal veut faire de la lutte contre l'inactivité des jeunes une grande cause nationale et mettre en place un « plan national de l'alternance et de l'apprentissage ».

Manuel Valls a prévenu qu'il ne croyait pas du tout aux 300 000 « emplois d'avenir » du projet socialiste.

Jean-Michel Baylet milite quant à lui pour un dispositif incitant les PME à embaucher les jeunes de moins de 26 ans inscrits au chômage depuis au moins quatre mois.

Euthanasie

Jean-Michel Baylet et Manuel Valls sont favorables à l'euthanasie. Pour le maire d'Evry, « Il ne s'agit pas de définir les critères d'une mort digne. Il s'agit juste de permettre, à chaque individu, d'en être le seul juge, lorsque les affres de la maladie dépassent un seuil intolérable. »

François Hollande et Martine Aubry y sont également favorables.

Ségolène Royal est « très réservée ».

Impôts

Le programme socialiste prévoit une grande réforme fiscale (qui passera par la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG), l'annulation des « cadeaux fiscaux » et la taxation des transactions financières. Les candidats se distinguent sur les détails.

François Hollande veut :
•instaurer une taxe sur les établissements financiers ;
•alléger les cotisations patronales en en transférant une part « sur d'autres impôts : l'impôt sur les sociétés, la contribution sur la valeur ajoutée ou la fiscalité écologique ».

Martine Aubry entend :
•supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires, « véritable hérésie économique qui bloque les embauches » ;
•« abaisser à 20% l'impôt sur les sociétés des entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices, et l'augmenter sur celles qui privilégient les dividendes » ;
•instaurer un principe simple pour la fiscalité des particuliers : « à revenu égal, impôt égal, ce qui signifie que les revenus du capital cesseront d'être moins taxés que ceux du travail ».

Même souhait chez Ségolène Royal, qui prévoit d'inscrire dans la Constitution « l'égale contribution du capital et du travail » ainsi que « la garantie des ressources pour la sécurité sociale. Elle promet de ne pas augmenter les impôts, mais de faire des économies et de lutter contre la fraude fiscale.

Manuel Valls prévoit :
•l'abandon de la TVA réduite dans la restauration ;
•l'instauration d'une TVA sociale, qu'il appelle “TVA de protection”.

Nucléaire

Fukushima a bouleversé la tradition pro-nucléaire du PS.

Désormais, Martine Aubry veut sortir du nucléaire, “très vite” (vingt à trente ans). C'est aussi le calendrier d'Europe Ecologie - Les Verts. Base d'une possible alliance ?

Ségolène Royal se donne quarante ans pour en sortir. Entre-temps : économies d'énergie massives et développement des énergies alternatives.

Manuel Valls prévoit d'abaisser la part du nucléaire dans la production électrique à 50% en 2022.

François Hollande veut réduire de 75% à 50% en 2025 la part du nucléaire, sans abandonner ce mode de production d'électricité.

Pour Arnaud Montebourg, la priorité numéro un est la réduction de la demande en énergie. Il faudra ensuite organiser la transition énergétique.

Pouvoir d'achat

Ségolène Royal souhaite bloquer les prix de cinquante produits de première nécessité vendus en grande surface, ainsi que ceux des carburants et de l'énergie.

Règle d'or

Tous rejettent la “règle d'or” d'équilibre budgétaire voulue par Nicolas Sarkozy.

François Hollande préfèrerait, pour montrer “la détermination” de la nation, “que soit ajouté au projet de loi de finances pour l'an prochain un amendement dans lequel la France s'engage à respecter sa trajectoire de retour sous la barre des 3% en 2013”.

Ségolène Royal indique qu'elle pourrait l'accepter… à condition que Nicolas Sarkozy accepte de la compléter avec d'autres objectifs : “la lutte contre les inégalités fiscales, la contribution à égalité des revenus du capital et des revenus du travail aux dépenses, la justice fiscale”.

Même stratégie chez Manuel Valls, qui ne veut pas être accusé de la refuser par principe. Il exige qu'elle soit “assortie d'une réflexion sur nos institutions, comme par exemple le monopole du ministère des Finances dans les prévisions budgétaires, et sur la façon dont nous utilisons le levier fiscal”.

Quant à Martine Aubry, elle reprend à son compte l'expression mais lui donne un autre contenu : répartir les fruits de la croissance (et les ressources dégagées par l'annulation des cadeaux fiscaux) à parts égales entre le désendettement et les investissements. “Voilà ma règle d'or”, écrit-elle.

Arnaud Montebourg, lui, propose à la place un “pacte de désendettement”, sans en préciser le contenu (“Il commencera par une profonde réforme de la fiscalité”).

Retraite

Manuel Valls assure qu'il n'y aura “pas de retour à la retraite à 60 ans”. “Le dire, estime-t-il, c'est mentir aux Français.” Il préconise “un système de retraite par points” et considère que “le rôle de la gauche n'est pas de refuser l'augmentation des annuités mais de la rendre possible, acceptable et équitable alors que l'espérance de vie augmente”. Jean-Michel Baylet est sur la même longueur d'onde.

Sécurité

Manuel Valls, évidemment. Des six candidats, c'est lui qui est le plus identifié à ce thème. Il défend :
•l'utilisation des caméras de surveillance, mais ça n'a plus rien d'original au PS : même le programme du parti en parle ;
•l'instauration d'une police des transports sur les réseaux de bus de la grande couronne parisienne ;
•la création de “zones de sécurité prioritaires” dans lesquelles la “police de quartier” serait déployée en priorité (les policiers volontaires pour exercer dans ces quartiers bénéficieraient de primes) ;
•la construction de nouvelles prisons ; une pratique plus soutenue des aménagements de peines ;
•l'organisation de séjours à la campagne ou à l'étranger pour les délinquants mineurs.

Martine Aubry veut être “la présidente de la sécurité de tous les Français”. Elle entend rétablir les 10 700 postes de policiers et de gendarmes supprimés depuis 2007 (le projet du parti prévoit la création de 10 000 postes de gendarmes et policiers). Elle considère qu'il faut infliger des sanctions et des travaux d'intérêt général dès “le premier acte de délinquance”. Elle est favorable aux centres ouverts pour les primo-délinquants. Propose de réorganiser les forces de l'ordre en fonction des “zones de sécurité prioritaires”. Et propose aussi “une loi pour rendre plus lourdes les sanctions” contre les détenteurs d'armes.

Ségolène Royal reste favorable à un encadrement “militaire et éducatif dur et difficile” pour les mineurs délinquants récidivistes. Elle y voit “une solution à la surpopulation carcérale”. Le manque de places et les conditions épouvantables de détention font que les jeunes y sortent plus délinquants que ce qu'ils étaient en y entrant. » Elle propose, pour les jeunes condamnés, « une remise à niveau scolaire, un apprentissage professionnel, un passage de permis de conduire et du travail sur des chantiers humanitaires ». Elle réclame un « moratoire de toutes fermetures de régiments » et demande l'aide des militaires pour « lutter contre la délinquance et la violence ».

François Hollande s'est fixé deux priorités :
• " mettre les policiers et les gendarmes là où les besoins sont les plus nécessaires avec des réponses pénales plus rapides et mieux adaptées aux nouvelles formes de délinquance, assorties d'un suivi pendant et après la période d'incarcération pour éviter la récidive " ;
•" faire en sorte que les mineurs délinquants soient écartés de leur quartier en ouvrant des établissements de rééducation renforcés bien plus nombreux qu'aujourd'hui ".

Arnaud Montebourg défend l'idée d'un « pacte de tranquillité publique », préparé avec les syndicats de policiers, les représentants des gendarmes, les élus locaux… Il veut lui aussi « répartir autrement les effectifs de police et de gendarmerie », « obtenir la transparence sur l'usage de nos forces de l'ordre », « remettre des policiers sur le terrain et les faire vivre parmi la population ». Surtout, « ce ne sont plus forcément les préfets » mais « la population » qui doit « édicter les besoins, identifier les problèmes, déclencher les alertes, organiser la réponse et faire en sorte que la violence recule ».
Source Rue 89