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jeudi 19 mars 2020

250 salariés de General Electric font valoir leur droit de retrait à Belfort

La grogne monte dans l'industrie 

General Electric à Belfort a dû suspendre  la production jusqu'à nouvel ordre

Résultat de recherche d'images pour "general electric belfort france"250 salariés ont exercé leur droit de retrait mardi en raison de la pandémie de coronavirus, a-t-on appris mercredi de source syndicale.

Dans un document interne envoyé aux salariés, la direction du géant américain explique avoir "temporairement stoppé l'ensemble des activités de production pour évaluer et préparer une reprise d'activité dès que possible dans les meilleures conditions sanitaires».

Selon la CGT, les salariés sont en danger s'ils poursuivent le travailnombre d'ouvriers travaillant dans des ateliers où la proximité est forte. 


"De nous dépend le bon fonctionnement de nombreuses centrales électriques dans le monde"

Celles-ci "sont clef pour maintenir l'activité d'industries vitales pour nos concitoyens", fait valoir la direction dans le document.
"On est des bêtes à produire que l'on n'est pas capable de protéger", tonne pourtant Cyril Caritey, délégué syndical CGT du site belfortain.

Le syndicat réclame des mesures de chômage partiel et menace d'aller devant les tribunaux si des cas de Covid-19 se déclaraient. 
Une procédure judiciaire pour danger grave et imminent a déjà été lancée mardi matin.

General Electric emploie 4.300 salariés sur l'ensemble du Territoire-de-Belfort.

Les salariés de Punch Powerglide, fabricants de boîtes de vitesse à Strasbourg, appelés à exercer leur droit de retrait par la CGT et la CFDT, ont obtenu la "mise en activité partielle (de l'entreprise) dès (mercredi) jusqu'au 15 avril", ont annoncé les deux organisations syndicales dans un communiqué.

"Il y a des cas (de coronavirus) avérés dans l'usine, avec un de nos collègues en réanimation", avance Christophe Schuhmacher, délégué syndical CGT, précisant que "500 personnes (travaillaient) dans les ateliers" en étant "très inquiets".

En Moselle, la fédération du PCF a appelé l'Etat à prendre «ses responsabilités (...) en imposant l'arrêt des activités non essentielles dans le département" pour "préserver les salariés et renforcer l'efficacité du confinement dans l'intérêt de tous".

Lors d'une réunion mardi, la CGT du site ArcelorMittal de Florange a pour sa part jugé "irresponsable" (...) "la décision de la direction de continuer à faire tourner les lignes de production".

mercredi 29 mai 2019

Après-européennes : Macron laisse General Electric licencier, après avoir retardé l'annonce

A Belfort, GE envisage la suppression de plus de 1.000 emplois en France

Avatar de la transition écologique :  le plan social touche principalement la branche turbines à gaz de l’entreprise américaine 


L'annonce avait été différée pour ne pas mettre en difficulté la liste ...Renaissance de Macron aux Européennes. 
Implanté dans le Territoire de Belfort, le géant américain General Electric (GE) a confirmé, mardi 28 mai, deux jours après le scrutin, son projet de suppression de plus de 1.000 postes en France. Au lendemain des élections européennes, Macron est rattrapé par son passé de ministre de l'Industrie, .

L’annonce, redoutée depuis des mois par les salariés, a été officialisée mardi matin par un communiqué du groupe : GE a présenté aux instances représentatives du personnel "des projets d’évolution de l’organisation de ses activités gaz et de ses fonctions support". Celles-ci, détaille-t-il, sont susceptibles d’ "entraîner un maximum de 1.044 réductions de postes", essentiellement sur les sites franc-comtois de Belfort et de Bourogne (Territoire de Belfort), ainsi qu’à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Résultat de recherche d'images pour "macron belfort"Le groupe américain avait racheté en 2015 la branche énergie d’Alstom : le 4 novembre 2014, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, avait approuvé et autorisé l’investissement de General Electric dans Alstom.
Emmanuel MACRON autorise l’investissement de General Electric avec Alstom
Emmanuel MACRON, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, a accordé aujourd’hui son autorisation à General Electric (GE) pour la réalisation de son projet d’investissement en France avec Alstom et la constitution d’une alliance industrielle entre les deux groupes dans le secteur de l’énergie.
Cette autorisation était une étape nécessaire. Elle a été délivrée sur la base du décret n°2014-479 du 14 mai 2014 sur les investissements étrangers soumis à autorisation préalable. Par ce décret, la France soumet l’acquisition d’entreprises nationales exerçant des activités stratégiques (défense nationale, transports, approvisionnement énergétique…) à l’engagement formel par l’acquéreur d’assurer la pérennité de ces activités, sous peine de sanctions. Elle vient clore un processus de six mois de discussions approfondies associant l’Etat (Agence des participations de l’Etat et Direction générale des entreprises, sous le pilotage du Ministre de l’Economie), GE, Alstom, mais aussi EDF et Areva qui sont les entreprises clientes d’Alstom. Les engagements pris par GE s’incarnent dans un ensemble de contrats signés respectivement avec l’Etat et les entreprises nationales concernées, dont les principes avaient été définis dans le protocole d’accord signé entre l’Etat, GE et Alstom le 21 juin dernier. Emmanuel MACRON s’est assuré, avec vigilance, que les intérêts de l’Etat, la pérennité de la filière nucléaire et la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de la France sont pleinement pris en compte dans cette opération.
Le nouveau groupe Alstom, par le biais de cette transaction disposera de
tous les moyens pour développer un champion français et européen dans le secteur des transports. Ces différents accords et contrats, signés le 4 novembre par les parties prenantes, constituent un dispositif juridique solide et complet, qui protège pleinement les intérêts nationaux que le gouvernement a poursuivis dans ce dossier depuis le mois d’avril. Un mécanisme de suivi des engagements sera immédiatement mis en place pour s’assurer de leur respect dans la durée. Par ailleurs, le Ministre rappelle que les dispositifs de l’accord conclu entre l’Etat et le groupe Bouygues, qui porte notamment sur un prêt de titres et une série de promesses de vente de Bouygues au bénéfice de l’Etat, portant sur un volume de titres pouvant représenter jusqu’à 20% du capital d’Alstom, seront activés à compter de la réalisation complète des opérations entre Alstom et GE.

En septembre 2016, Macron maintenait toujours qu'il n'avait pas fait des "promesses intenables"
, contrairement à d'autres responsables politiques...:


L'Américain envisage désormais jusqu’à 792 suppressions de postes
dans l’entité gaz, et 252 dans celle dédiée aux fonctions supports, a précisé un porte-parole du groupe.

Aux abords du site de Belfort, 
les salariés se sont dit, la mine fermée,
 "abasourdis" et "assommés" par l’ampleur de l’annonce et sa "rapidité après les élections européennes".
"C’est une nouvelle épreuve pour la Cité du Lion, pour le bassin industriel du Nord Franche-Comté, et plus largement pour la filière énergie en France", ont fustigé dans un communiqué commun plusieurs élus locaux, parmi lesquels le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, et la présidente (PS) de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay. Insistant sur le timing de l’annonce, "au lendemain des élections européennes", ils ont sonné "la mobilisation générale" et prévenu : "nous ne lâcherons rien !"

VOIR et ENTENDRE
ce reportage mettant en cause le "développement des ...énergies renouvelables":


La "mort annoncée" du site

Au total, General Electric emploie à Belfort environ 4.300 personnes, dont 1.900 dans l’entité turbines à gaz visée par l’annonce et qui subit les conséquences des difficultés générales de GE et de la baisse actuelle de ses marchés : en France, l'entreprise se trouve en situation de surproduction. 
Il y a près de 6 ans, une commission travaillant pour le président Hollande conseillé par l’actuel président Macron engageait une course folle à la compétitivité, que poursuivit le conseiller devenu ministre, puis président : CICE, pacte de responsabilité, loi travail 1 (El Khomri), loi travail 2 (Pénicaud). Les statistiques du chômage et celles de la croissance sont venues démontrer le fiasco de leur politique de l'offre.
Pour GE, il s’agit "d’améliorer les performances opérationnelles et financières de ses activités gaz, de simplifier son organisation en adaptant ses fonctions support aux contraintes des divisions et ainsi retrouver le chemin d’une compétitivité durable".

Les procédures d’information-consultation auprès des organisations représentatives du personnel doivent s’ouvrir à la mi-juin. "Ces projets ne seront pas finalisés et aucune décision ne sera prise avant l’issue des procédures de consultation", insiste GE.
Même si salariés et élus redoutaient depuis plusieurs mois ces suppressions de postes, elles ont fait l’effet d’un électrochoc sur le site. C’est un "coup de tonnerre", a réagi sous couvert de l’anonymat un délégué syndical de la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC), à Belfort. "C’est la mort annoncée du site", a renchéri Dominique Thiriet, secrétaire de la Confédération générale du travail (CGT) à GE Belfort, qui a fustigé l’absence de "volonté de General Electric de [le] faire vivre".

VOIR et ENTENDRE Juppé casser les genoux du ministre Macron sur le sujet d'Alstom, lorsqu'il avait encore des espoirs à l'UMP :


Indignation de l’intersyndicale

Pour le gouvernement, ces suppressions tombent au plus mal, dans un contexte social dégradé et avec d’autres déconvenues industrielles, comme la reprise chaotique de l’aciérie d’Ascoval de Saint-Saulve (Nord), la fermeture annoncée de Ford à Blanquefort (Gironde) ou les difficultés de trésorerie du repreneur de Whirlpool choisi .

Début mai, Emmanuel Macron avait assuré dans un courrier aux élus locaux que le dossier GE Belfort faisait l’objet de "la plus grande vigilance de la part de l’Etat". Dans un "contexte économique difficile", Belfort "dispose d’atouts", mais il est "indispensable de mesurer les investissements nécessaires afin d’adapter l’outil industriel pour expertiser la faisabilité" des projets à l’étude, telle la "diversification dans le secteur aéronautique, dans l’hydrogène" ou dans "de nouvelles centrales nucléaires à l’international", avait-il, cependant, averti.

Fin mars, le ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire, avait précisé qu’il entendait "étudier toutes les pistes industrielles possibles pour maintenir l’emploi". Parmi ces pistes : puiser dans un fonds de 50 millions d’euros abondé par GE pour ne pas avoir respecté son engagement, pris après le rachat de la branche énergie d’Alstom, de créer un millier d’emplois net en France.

La semaine dernière
, B. Le Maire avait toutefois soulevé la colère de l’intersyndicale de GE Belfort, déclarant qu’
"aujourd’hui, [GE] a une empreinte très forte sur les turbines à gaz", secteur dans lequel ..."il n’y a pas de débouchés".

La responsabilité de Macron depuis 2014
Une responsabilité personnelle de Macron que ne manque pas de souligner sur son blog Jean-Pierre Chevènement, actuel sénateur du Territoire-de-Belfort :
"Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan 'America first !' ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris", s'indigne l'ancien ministre.


"Etes-vous prêt vous aussi à vous battre à nos côtés ?", a demandé au gouvernement le député Michel Zumkeller (UDI) à l'Assemblée nationale mardi après-midi. Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron lui a répondu en promettant d'être "extrêmement vigilant":
"Le gouvernement est à l'oeuvre et les engagements qui avaient été pris par General Electric devront être tenus", a clamé le chef de l'Etat à l'issue d'un sommet informel de l'Union européenne, visant à contrecarrer la candidature de Weber.
De son côté, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est engagé à préserver "l'avenir industriel de Belfort". 
Des promesses qui ne suffisent pas à rassurer les salariés: "Le gouvernement fait rien pour nous aider, ils s'en foutent", gronde un salarié de l'usine.

A l'Elysée, la parole de l'ex-banquier est complètement démonétisée.
VOIR et ENTENDRE une synthèse du sujet mettant en cause Macron personnellement:

Le 18 mai 2017, Richard Ferrand, alors ministre de la Cohésion des Territoires, député du Finistère et secrétaire général d’En Marche!, affirmait sur Europe 1: "C'est le gouvernement de la promesse tenue !"

lundi 5 février 2018

Législatives partielles : Macron prend deux claques de LR dans le Val-d’Oise et à Belfort

Deux arrogants de moins à l'Assemblée nationale !

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a qualifié cette double victoire de "désaveu" pour le chef de l’Etat.
 

C’est une double victoire pour Laurent Wauquiez et Les Républicains (LR) et un échec pour La République en marche (LREM), dans le Val-d’Oise et à Belfort après avoir remporté le second tour des élections législatives partielles : un carton plein ! 
Ian Boucard (Les Républicains), dont l’élection avait été invalidée en décembre, a été élu député de la 1re circonscription de Belfort - en terres socialistes - avec 58,93 % des voix au second tour face à un membre du Bureau exécutif national du MoDem, le candidat MoDem-LREM Christophe Grudler (41,07 %),  a validé la préfecture. 

Le parti a ensuite annoncé la victoire d’Antoine Savignat dans le Val-d’Oise  avec 51,45 % des voix, face à la concurrente LRM, Isabelle Muller-Quoy (48,55 %). 

Un "message clair" et un "désaveu" adressés par "la France du réel" à Emmanuel Macron et au gouvernement

"Les victoires de ce soir marquent une étape importante dans le renouvellement et la reconquête menés par notre famille politique", a encore ajouté Laurent Wauquiez, le président de LR, après ce qui apparaissait pour nombre d’observateurs comme un premier test pour le pouvoir macronien, près de neuf mois après l’élection d’Emmanuel Macron. 
La citation exacte et complète qu'a tronquée Le Monde est la suivante
"La France du réel s'est exprimée ce soir:
malgré huit mois de communication mensongère, les électeurs ont envoyé un message clair à Emmanuel Macron et au gouvernement. C'est un désaveu qui sanctionne sévèrement la politique du gouvernement", a déclaré le président de LR.
A Belfort, c’est une "belle victoire pour notre famille politique, non Les Républicains ne sont pas morts", a commenté Ian Boucard. "Les Terrifortains ont dit non à la hausse de la CSG, non à la hausse du [prix du] carburant", a-t-il poursuivi, soulignant que cette élection a la dimension d’un "enjeu national". Ian Boucard, 29 ans, suppléé par Damien Meslot, ancien député et actuel maire de Belfort, avait terminé, aux élections législatives de 2017, en tête au premier tour, recueillant 39 % des voix, soit 12 points de plus que son adversaire centriste Christophe Grudler (26,7 %). Au deuxième tour, le candidat LR avait remporté le scrutin avec seulement 279 voix d'avance. 
Le 8 décembre, le Conseil constitutionnel avait annulé l’élection sur requête du candidat MoDem de Bayrou. Le Conseil avait estimé que le candidat de la droite avait fait distribuer, en fin de campagne, deux faux tracts de La France insoumise et du Front national qui appelaient à voter pour lui au second tour. 
A Belfort, le FN et les Patriotes sortent perdants des législatives partielles 

Isabelle Muller-Quoy (LREM) perd dans le Val-d’Oise 
L’élection de la candidate LREM, qui avait pris en juin la circonscription à la droite, avait été invalidée en raison de l’inéligibilité de son suppléant mais le succès du candidat LR, Antoine Savignat, était plus inattendu. 
"Une remontada impressionnante cette semaine pour un excellent candidat, défenseur du Val d’Oise urbain et rural", a d’ailleurs tweeté, dimanche, la présidente LR d’Ile-de-France, Valérie Pécresse, félicitant A. Savignat de sa "belle performance". Au premier tour, déjà marqué par une très faible participation, Mme Muller-Quoy était arrivée en tête (29,28 %) devant A. Savignat (23,67 %).
Après sa défaite, la quinqua continue d'affirmer que "les électeurs de gauche se sont abstenus et les voix du FN se sont bien reportées sur LR"... La battue a en outre considéré que "la démocratie n'a pas gagné dans cette élection" et épinglé un député LR "sans états d'âme".

"L'ancienne droite bat la nouvelle droite", a tweeté Jean-Luc Mélenchonle chef de file de la France Insoumise, dimanche soir. 

Le premier ministre, Edouard Philippe, et le délégué général de LREM, Christophe Castaner, étaient venus soutenir leur candidate jeudi soir dans son duel serré, lors d’un meeting où E. Philippe a ironisé sur son ex-parti, désormais dirigé par Laurent Wauquiez, causant plus de torts que de bienfaits à sa candidate. Ils avaient appelé les électeurs à voter pour elle afin d'"amplifier le mouvement, pour faire en sorte de pouvoir continuer cette marche", mais sont tombés en panne...

En juin 2017, cette "marcheuse" avait été élue au second tour par 54,23 % contre 45,77 % à Antoine Savignat, l’abstention avoisinant alors 60 %. 
Ce second tour marqué par une participation faible n'a mobilisé aucun camp : 28,91 % à Belfort contre 45,25 % en juin 2017. Et à peine 19,09 % dans le Val d’Oise, deux fois moins que l’an dernier.

"La droite est de retour", soulignent les porte-parole de LR.
L'exécutif et le parti présidentiel rejetaient toute portée nationale à ces deux élections partielles. Mais une double défaite sonne comme un mauvais signal, alors que l'exécutif marque le pas dans les sondages ces derniers jours.

"Les législatives partielles sont toujours difficiles pour les majorités en place; ceux qui soutiennent la politique du gouvernement ne se sont pas mobilisés comme le montre la forte abstention", a commenté l'entourage du Premier ministre, Edouard Philippe. "C'est un moment où il est plus facile de mobiliser contre que pour", a-t-on noté à Matignon.

S'il a concédé une "déception" pour LREM, le vice-président du parti présidentiel à l'Assemblée Hugues Renson a exprimé sur LCI un message similaire pour "ne pas surinterpréter ces résultats" !... 

Christian Jacob, le chef de file des députés LR,  a, lui, salué "une très belle victoire de nos deux candidats qui ont su mobiliser" leurs électorats, et "un sévère avertissement pour Emmanuel Macron, un président qui ne sent pas la contestation monter, sur le pouvoir d'achat, la CSG ou la sécurité"

Ces partielles "confortent notre stratégie d'opposition", selon l'élu de Seine-et-Marne. "Macron en mode En Panne ?", a ironisé Julien Aubert, secrétaire général adjoint de LR.

La mauvaise série se poursuit pour le parti présidentiel dans une période peu dense en élections.

Après des sénatoriales en septembre et un scrutin régional corse préoccupant pour LREM en décembre, d'autres législatives partielles doivent suivre, à partir de mars: dans le Loiret, en Haute-Garonne, en Guyane, à Mayotte, dans une circonscription des Français de l'étranger (Espagne, Portugal, Monaco...)

Mais le premier gros test pour l'exécutif attendra 2019 et les européennes, avant les municipales de 2020.

dimanche 6 novembre 2016

Le maire de Roanne ne voulait accueillir que des migrants chrétiens

Les réfugiés chrétiens ne sont pas prioritaires: sont-ils les bienvenus ?

Accueillir des "réfugiés", oui, mais à condition qu'ils soient chrétiens

C'était le message du député maire LR de Roanne (Loire) au gouvernement soucieux de concertation avec les élus territoriaux. .
Le député-maire Les Républicains, Yves Nicolin, voyait dans cette condition une "garantie" pour être sûr que les migrants arrivant en France ne soient pas des djihadistes "déguisés", avait-il expliqué sur France Bleu Saint-Etienne Loire le 7 septembre 2015. 

Le parti socialiste avait en revanche lancé un appel relayé par les villes de Clermont-Ferrand, de Lille, de Metz, de Strasbourg, ou encore les régions Basse et Haute-Normandie dont les présidents ont posé avec le panneau "l'accueil pour moi, c'est oui". Dans la Loire, le porte-parole de BenoitHamon2017, le député Régis Juanico, était du nombre. En décembre 2008, Martine Aubry l'avait nommé trésorier national du Parti socialiste. Mais cet apparatchik ne gère aucune communauté territoriale.

"Ce que je souhaite, c’est qu’on puisse avoir l’absolue certitude que ce ne sont pas des terroristes déguisés, c’est la raison pour laquelle je pense que demander ça, et que ce soit des chrétiens peut représenter une garantie suffisante", a ainsi déclaré l'élu, marié et père de trois enfants adoptés en Russie, et secrétaire national du groupe LR en charge des petites et moyennes entreprises à l'Assemblée nationale.

"Qui nous dit que, parmi ces réfugiés, ne se cachent pas des membres du groupe Etat islamique qui ont décidé de prendre le chemin de l’Europe avec de mauvaises intentions ?", a par la suite interrogé l'avocat sur France tv info. Et de plaider pour que la priorité en terme d'asile soit donnée aux "réfugiés chrétiens et yézidis, car nous sommes sûrs que ces minorités religieuses sont persécutées par les djihadistes".
L'émotion n'était pas unanime parmi les "humanistes" vertueux
pour qui, habituellement, nous sommes tous "des êtres humains"...
Pour ce qui est de la méthode pour vérifier la religion des migrants, maître Yves Nicolin estime que c'est à l'Etat de mener l'enquête. "Il suffit de leur poser deux ou trois questions sur le christianisme pour vérifier", suggère l'élu. A l'époque, seulement un peu plus de 24.000 des clandestins qui se sont introduits en Europe devaient être pris en charge par les Français au cours des deux prochaines années, avait annoncé François Hollande le 7 septembre 2015.

Le député-maire de Belfort, Damien Meslot, était sur la même ligne.
Il disait réfléchir à l'accueil de "familles de chrétiens syriens et de chrétiens d'Irak". "Je ne fais pas de tri. Je choisis d'accueillir ceux qui sont le plus persécutés: quand on est chrétien en Syrie ou en Irak, on risque la mort", a ajouté l'élu Les Républicains, cette fois au micro de France Bleu Belfort-Montbéliard. Il a été réélu député avec 58,66 % en 2007 et maire en 2014 dans une quadrangulaire.

Irresponsabilité des socialistes préoccupés de leur image

"J'avais raison," peut dire le maire de Roanne
, au surlendemain des attentats islamistes par des djihadistes qui ont frappé Paris. Avec force, Yves Nicolin (LR) a mis en garde sur le risque en n'accueillant pas seulement "les migrants chrétiens", comme il l'avait demandé trois mois plus tôt.
"Je fais simplement un constat, nous sommes face à une vague de terrorisme"
explique calmement Yves Nicolin, le tombeur de Jean Auroux (PS), ancien ministre du Travail. Le député-maire Les Républicains de Roanne (Loire) réagit à une publication faite samedi soir, sur son compte Facebook, au lendemain des attentats meurtriers qui ont fait au moins 129 morts et plus de 300 blessés à Paris. Dans ce message, il réaffirme sa volonté de n'accueillir dans sa commune des migrants "que sous certaines conditions et en priorité des chrétiens et Yezidis parce qu'ils ne représentaient pas le risque d'être infiltrés". (par Daesh ndrl) Yves Nicolin avait déjà défendu cette position en septembre dernier, déclenchant une polémique et de nombreuses protestations politiques.

Capture d'écran de la page Facebook d'Yves Nicolin - Aucun(e)
Amandine est une Lyonnaise, originaire de Roanne

"L'actu me donne malheureusement raison"
Le député-maire de Roanne rejette l'accusation lui prêtant la volonté de cibler les migrants et particulièrement les musulmans. Il précisa  au téléphone : "certains profitent du flux migratoire, en provenance de Syrie notamment, pour s'infiltrer, parmi des migrants qui sont de bonne foi et qui ne fuient que la guerre, pour venir sur notre territoire commettre le chaos"
Il appelait à la prudence. "Nous devons être beaucoup plus vigilants dans l'accueil de ces migrants. Nous devons trouver des moyens pour (...) étudier les dossiers des migrants avant de leur ouvrir nos portes. Si nous ne le faisons pas, nous serons confrontés à nouveau à des difficultés ". 

Yves Nicolin en a en outre appelé à Nicolas Sarkozy, le président Les Républicains, et à Christian Jacob, chef des députés LR,  pour demander la fermeture de toutes les mosquées salafistes de France et l'expulsion des imams radicaux.

Ses mises en garde avaient été condamnés par de nombreux responsables politiques. Ainsi le préfet de la Loire, Fabien Sudry, représentant du gouvernement, avait-il rappelé que "conformément à nos règles et nos principes républicains, l'accueil des réfugiés [?] ne saurait toutefois se faire sur une base discriminante, basée sur la religion par exemple".

Septembre 2016: réunion tendue sur les migrants à Saint-Denis-de-Cabanne, près de Roanne

L'accueil temporaire de 50 à 100 migrants, à partir de novembre, était à l'ordre du jour
Saint-Denis-de-Cabanne compte 1300 habitants, plus de 200 ont assisté à cette réunion

La réunion publique a duré deux heures dans la salle communale de Saint-Denis-de-Cabanne, à 23 km de Roanne. Elle avait pu accueillir plus de 200 personnes, mais des dizaines d'autres habitants étaient massés à l'extérieur. Tous voulaient demander des explications aux services de l’État, à l'association "Entraide Pierre Valdo" (Fédération Léo Lagrange, association d'éducation populaire fondée en 1950 par Pierre Mauroy et présidée par Bruno Le Roux), qui va gérer là-bas le Centre d’accueil et d’orientation (CAO) de migrants, à la gendarmerie et au conseil municipal et toutes les questions - même les plus taboues - ont été mises sur la table. 
Le sous-préfet de Roanne a répété que le centre n’ouvrira que pour cinq mois et que le village ne supportera aucun frais. Sur la sécurité, l’Entraide Valdo a tenté de rassurer en annonçant une présence (policière ?) 24 heures sur 24, avec huit salariés et la gendarmerie a promis des patrouilles régulières, dans le but surtout de rassurer le voisinage. Peine perdue pour le moment. 
Or, cet établissement a été créé le... 15-10-2016, pour une activité d'hébergement social pour adultes et familles en difficultés et autre hébergement social. Au 18-10-2016 cet établissement n'emploie aucun salarié.
Les migrants venant de la jungle de Calais seraient 80 adultes seuls pour 1.200 habitants, mais les autorités n'avancent aucun chiffre officiel...

Le maire et le préfet assurent ne pas connaître davantage les termes de l'accord financier entre l’État et le CCAS d'EDF pour l'occupation du centre de vacances.

A ceux qui ont profité de l’occasion pour réclamer, par exemple, des budgets pour l’éclairage des arrêts de bus, le sous-préfet Christian Abrard n'a pas dit non... Ni oui ! 

Il a filtré que les clandestins invités au château arriveront après les vacances de la Toussaint. 
Ils resteront au centre de vacances le temps de constituer un dossier pour une demande d'asile et d'attendre la réponse. Le comité citoyen mis en place par le maire de la commune, René Valorge, s'est réuni deux fois. Et, pourtant placé devant le fait accompli à la fin de l'été, il se veut constructif : "soit on hurle [sic] en permanence et on dit qu'on est contre, soit on se demande ce qu'on peut faire pour que tout se passe bien, en sachant que la décision est prise et qu'elle ne nous appartient pas. On ne trouve des solutions que par le dialogue, l'échange et la construction." 
Exemple :


Malgré ce grand flou, les pro-migrants sereins accusent les réfractaires de récupération politique 
L’idée d’un habitant de mettre en place un comité de suivi, est en revanche bien reçue par tous. "Je propose que, sur deux mois, on mette en place un comité citoyen composé d’opposants et de personnes favorables. Parce que là, en gros, j’ai bien senti dans mon dos qu’on va se mettre sur la courge !, propose un riverain, partisan du CAO et téléguidé par le maire (SE).
135 migrants doivent arriver dans la Loire.

Le château de la Durie, ci-contre, est équipé d'une cabine téléphonique, d'un atelier, d'une bibliothèque, d'une salle de danse, d'une piscine, de terrains de volley et de basket, de tennis de table, et d'une aire de jeux.
Selon les services de l'Etat, le centre de vacances doit être libéré le 5 avril 2017, afin d'être remis en état pour accueillir à nouveau des enfants l'été prochain, précise France Bleue.

mercredi 5 octobre 2016

Les Français devront acheter 15 TGV pour sauver Alstom

Le gouvernement passe de nouvelles commandes de TGV pour maintenir l'activité de l'usine de Belfort.
Alstom s'est pour sa part engagé à investir 40 millions d'euros en trois étapes d'ici à 2020.
Les 15 TGV à étages seront destinés à la ligne Intercités Bordeaux-Marseille et Montpellier-Perpignan. "Nous avons anticipé pour étoffer le carnet de commandes et donner de la visibilité" au site d'Alstom à Belfort, a déclaré le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue.
A 30 millions d'euros pièce environ, l'Etat dépensera 450 millions pour faire circuler ces trains à grande vitesse sur des voies ordinaires, "par anticipation de l'arrivée des lignes à grande vitesse" sur ces trajets, selon un document remis aux élus et aux syndicats. La SNCF, elle, achètera 6 TGV spécialement adaptés à la liaison Paris-Turin-Milan, comme l'avait déjà indiqué le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies, évoquant un montant de 200 millions d'euros. L'entreprise publique commandera en outre 20 locomotives diesel "destinées au secours des trains en panne", pour un montant non spécifié.

L'objectif n'est ni la modernisation, ni le temps gagné et donc le confort des passagers, mais de maintenir l'activité de l'usine de Belfort, que François Hollande et Manuel Valls se sont engagés à "sauver". Par ailleurs, la commande de 30 trains Intercités, annoncée en février par le gouvernement, sera concrétisée d'ici à la fin du mois. 
Alstom va investir 40 millions d'euros en trois étapes Alstom s'est pour sa part engagé à investir 40 millions d'euros en trois étapes d'ici à 2020.


Les investissements d'Alstom seront principalement dédiés au développement et à la production d'un nouveau modèle de locomotive hybride ou... diesel.
Le groupe y consacrera 30 millions d'euros d'ici à 2018 et l'Etat étudiera un possible financement complémentaire. 
En outre, 5 millions d'euros seront dépensés d'ici à 2019 pour moderniser les ateliers de maintenance ferroviaire du site de Belfort, avec l'objectif de doubler les effectifs sur cette activité, soit 150 salariés à terme. Les collectivités locales devronr accompagner ce projet.

Enfin, Alstom investira 5 millions d'euros supplémentaires d'ici à 2020 pour diversifier la production de l'usine de Belfort, berceau du TGV qui compte actuellement plus de 400 salariés, et l'orienter vers d'autres types de trains mais aussi de véhicules routiers, notamment le bus électrique. 
Ces investissements s'ajouteront au projet de "TGV du futur", qu'Alstom et la SNCF doivent concevoir d'ici à la fin de 2017, en vue d'éventuelles commandes qui profiteraient en partie à l'usine de Belfort à partir de 2021. Le constructeur ferroviaire et l'Etat, via l'Ademe, y consacreront 30 millions d'euros sur deux ans.

mardi 13 septembre 2016

Alstom : "Evidemment, les ministères étaient au courant", lâche Hamon

Cet ancien ministre de l'Education met en cause l'inaction de ses camarades du gouvernement 

Le candidat à la primaire à gauche conteste les affirmations du gouvernement
Le gouvernement était-il au courant de la menace de fermeture du site Alstom de Belfort (Territoire de Belfort) ?
Non, certifie l'exécutif, mardi 13 septembre, notamment par la bouche d'Alain Vidalies, secrétaire d'Etat en charge des Transports. "Ça aurait été un délit d'entrave", s'est-il justifié sur Europe 1, niant toute faute ou défaut de gestion par le gouvernement.

VOIR et ENTENDRE le tableau d'Alstom que dressait Nicolas Doze et sa mise en cause du "redresseur" Montebourg, le 30 avril 2014:


"N’importe quel ministre de l’Industrie ne peut pas découvrir ce qui se passe à Alstom," objecte Hamon
Le candidat à la primaire à gauche n'est nullement convaincu par les propos du pouvoir. "Quand on détient 20% du capital d’une entreprise, on a des représentants dans les instances de décision," a souligné l'ancien ministre de l'Education nationale sur BFMTV et RMC, pointant les ministres successifs de l’Industrie, d'Arnaud Montebourg à  Emmanuel Macron, en passant par Michel Sapin, mardi. Et donc forcément, les choix stratégiques et industriels qui sont réalisés, l’Etat les connaissait. On peut donc s’interroger sur la responsabilité de l’Etat, sur le fait de ne pas avoir anticipé une annonce."
VOIR et ENTENDRE le président Hollande prendre l'engagement depuis la Roumanie, ce mardi 13 septembre que "TOUT sera fait pour que le site de Belfort puisse être pérennisé" (et 400 emplois sont menacés de transfert): 


Alstom : "tout sera fait pour que le site de Belfort puisse être pérennisé", assure Hollande


"C'est la chronique de l'impuissance volontaire"


"C'est pas sérieux de dire qu'on découvre [les annonces d'Alstom]. Evidemment, les cabinets étaient au courant, évidemment les ministères étaient au courant, a-t-il ajouté. C'est la chronique de l'impuissance volontaire."

ENTENDRE les accusations de Hamon et VOIR l'effarement du 'socialo-friendly' J.-J. Bourdin:

lundi 12 septembre 2016

"Ca va mieux", tellement que les fermetures d'usines continuent avec Alstom

Connaissant le sens moral de Hollande, les travailleurs ne seraient-ils pas instrumentalisés dans le coup monté d'un faux sauvetage ?

Percée historique d'Alstom aux Etats-Unis

"TGV : contrat historique pour Alstom aux Etats-Unis," titrait Le Monde,. le 27 août 2016.
"Alstom a décroché un contrat historique de 1,8 milliard d’euros pour vendre ses trains à grande vitesse [ou plutôt sa technologie] aux Etats-Unis", a annoncé le groupe vendredi 26 août. Le constructeur français pénètre un marché important au moment où la construction de lignes à grande vitesse est en forte croissance au niveau mondial, commentait le journal officieux du PS.
La compagnie ferroviaire américaine Amtrak a en effet commandé 28 trains de nouvelle génération au groupe français pour remplacer ses rames en service depuis 2000 et fabriquées par le consortium Bombardier-Alstom, lequel ne détenait toutefois que 25 % de la coentreprise, comme l'Etat ne détient que 20% de la société française, mais alors qu'Alstom a vendu sa filière énergie à General Electric en 2014. Or, en septembre 2016, Alstom annonce la fermeture du site de Belfort pour 2018, faute de commandes suffisantes de matériel ferroviaire, et le reclassement de ses salariés dans d'autres sites, principalement celui de Reichshoffen, Bas-Rhin.
Ces TGV nouvelle génération vont relier Boston et Washington, la capitale fédérale, via New York et Philadelphie, couvrant une distance de 730 kilomètres, dans une région habitée par un Américain sur sept. Le nouveau train pourra transporter à la vitesse de 257 km/h (puis 300 km/h) jusqu’à 35 % de passagers en plus par rapport à son prédécesseur. 

Ce contrat tombe à pic au moment où le développement des infrastructures de transport fait partie des enjeux de la campagne présidentielle aux Etats-Unis, pays où le train reste le moyen de déplacement le moins emprunté face à la voiture reine et à l’avion, et  pour le groupe français, qui cherche à augmenter son activité près d’un an après la cession pour 9,7 milliards d’euros de son pôle énergie au conglomérat américain General Electric (GE).
Il pourrait lui servir de tremplin pour vendre sa technologie à d’autres Etats américains tels que la Californie qui construit depuis 2015 une ligne à grande vitesse devant relier San Francisco à Los Angeles (Californie) prévue pour 2020. D’autres projets comme Dallas-Houston (Texas), Las Vegas-Palmdale (Californie) sont également à l’étude. 
De telles perspectives interpellent donc sur l'opportunité de la fermeture de l'usine de Belfort, quand Le Monde n'hésitait pas à faire miroiter que cette vitrine américaine de la technologie française pourrait séduire l’Espagne, le Royaume-Uni, la Turquie, la Russie, l’Australie et la Chine qui construisent actuellement de nouvelles lignes à grande vitesse et ont besoin de nouveaux TGV, tandis que l’Allemagne et le Japon songent, eux aussi, à renouveler leur flotte vieillissante.
"Le marché du train à grande vitesse est porteur", assurait encore Le Monde. Il devrait avoisiner les 6 milliards d’euros en 2017 contre 5,2 milliards en 2014, d’après l’Union internationale des chemins de fer. Environ 60.000 kilomètres de lignes à grande vitesse supplémentaires devraient, selon l’organisation, être construites d’ici à 2030. Et Belfort dans ce tableau idyllique?

Alstom a signé un contrat qui sacrifie Belfort, UMP depuis 2014. 
Le groupe fera fabriquer à Hornell, au nord de l’Etat de New York, les rames de son TGV américain. Ce contrat de 1,8 milliard d’euros permettra la création de 400 emplois directs dans l’Etat de New York et non pas en France.

Hollande se pose en sauveteur potentiel du site de Belfort

"Le président de la République nous a fixé un objectif,
Menaces de grève des éleveurs bretons
- et un 'objectif' n'est pas un engagement fort - , celui de faire en sorte qu'à Belfort les activités ferroviaires d'Alstom soient maintenues", a déclaré sur le perron de l'Élysée, façon le ministre de l'Économie, Michel Sapin,  grave, façon Valls, visiblement en retrait, en attendant l'issue favorable, au vu du contrat mirobolant pour son signataire américain, Amtrak, après mises en cause du patron d'Alstom, mais aussi du candidat Montebourg, ex-ministre de l'Industrie, rebaptisée ministère du redressement productif, dénomination fleurant fort le stalinisme.

Ce matin, dès 8h30, une réunion interministérielle de crise - une de plus, avec les séminaires anti-terroristes de l'été - autour d'Alstom -qui a annoncé l'arrêt de la production de trains à Belfort la semaine dernière- s'est tenue à l'Élysée, présidée François Hollande. Avaient pris place autour de la table, outre le chef de l'État, le premier ministre Manuel Valls, le ministre de l'Économie Michel Sapin, le secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirugue et le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies. Le commissaire aux participations de l'État, Martin Vial, participe également à cette réunion concernant une entreprise dont l'État est actionnaire minoritaire.
A la sortie de cette réunion, confondant détermination affichée et colère rentrée, Michel Sapin a asséné que "le président de la République (nous) a fixé un objectif, celui de faire en sorte qu'à Belfort les activités ferroviaires d'Alstom soient maintenues". "C'est à cet objectif là que nous allons travailler, avec les élus, avec les organisations syndicales, avec la direction d'Alstom et avec l'ensemble de ceux qui, en capacité de passer un certain nombre de commandes en France, peuvent permettre d'assurer le plan de charge qui permettra de sauver les activités ferroviaires d'Alstom à Belfort". Ces discussions auront lieu cette semaine, a-t-il précisé.

Le dossier s'invite dans la campagne pour la présidentielle
Le ministre de l'Économie ne se contente pas de clamer un objectif, du même tonneau que le redressement de la courbe de l'emploi ou le relèvement du pouvoir d'achat. Il assure que ce "début de semaine sera décisif en termes de rencontres, de concertations, de décisions pour l'avenir du site de Belfort d'Alstom". Rien qui soit de nature à rassurer les familles de Belfort, après quatre années de fermetures d'usines, dont celle de l'usine sidérurgique du groupe ArcelorMittal à Florange, à 270 kms de Belfort. "Un objectif et un seul", claironne-t-il: "redonner de l'espoir aux salariés [à défaut du maintien de leur emploi actuel], mais pas d'espoir pour l'espoir, pour la réalité des choses, du travail pour ceux qui aujourd'hui sont inquiets pour leur avenir". Déjà Sapin avoue-t-il qu'il travaille à un plan social...

Cette fermeture d'usine marquera la campagne pour l'élection présidentielle du printemps 2017: le quinquennat aura été une catastrophe sociale et humaine. Pour le président, le sauvetage du site historique du groupe désormais détenu à 20% par l'Etat rappelle cruellement l'incapacité de son gouvernement à sauver les hauts-fourneaux sidérurgiques de Florange, devenue pour l'ensemble des Français et notamment une partie de la gauche le symbole de l'impuissance du pouvoir socialiste, voire d'une trahison.

Une manière de faire jugée "inadmissible"
A la différence des politiciens, les industriels ne maîtrisent pas la sémantique. Et le ministre de l'Économie leur adresse le reproche de ne pas endormir les travailleurs, soulignant qu'il y avait parallèlement des "problèmes de forme: nous avons dit déjà aux responsables de cette entreprise combien la manière de faire était inadmissible". 
Comme Montebourg critiqua les patrons de Goodyear -confrontés dès 2007 à la lutte vaine de la CGT contre la délocalisation de l’usine d’Amiens Nord qui frappa 1.300 salariés de l'entreprise américaine- ou de Peugeot en 2009, Michel Sapin a critiqué lundi la direction d'Alstom

Dimanche, Manuel Valls s'était dit convaincu de pouvoir "sauver" Alstom à condition que les dirigeants du groupe "jouent pleinement leur rôle," mettant clairement en cause la direction

Or, l'ex-ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a quant à lui assuré qu'il n'a jamais été question d'un arrêt de la production à Belfort dans les discussions entre les dirigeants et l'Etat actionnaire. Ce qui donne à penser que dans cette affaire hautement médiatisée, l'exécutif joue le rôle trouble du pompier incendiaire. 

"Nous avons présenté un projet qui fait suite à un contexte que tout le monde connaissait (absence de charge, perte de commandes, etc.)", a d'ailleurs déclaré une porte-parole d'Alstom qui précise que sa direction garantit qu'aucune perte d'emploi n'est envisagée: "il s'agit d'un transfert de 400 personnes en France. On se donne deux ans pour étudier chaque cas". 

Pour mémoire, la semaine dernière, la direction d'Alstom a annoncé l'arrêt de la production de locomotives à Belfort (90) et son transfert à Reichshoffen (67, Bas-Rhin) - à deux heures de route - d'ici 2018. Ne resteront donc sur le site de Belfort, en 2018, que des activités de maintenance, ce qui entraînera le transfert de 400 des 480 postes de l'usine de Belfort. Les salariés se verront proposer un reclassement à Reichshoffen ou dans l'un des 12 sites du groupe dans 10 régions.
Depuis la vente de sa branche énergie à General Electric (GE), le premier actionnaire d'Alstom est Bouygues avec 28,3 % du capital (contre 29,2 % au 31 décembre 2015), l'Etat disposant désormais de 20% des droits de vote.
Le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge a été convoqué jeudi dernier à Bercy pour expliquer sa décision, que l'exécutif juge "soudaine" et menée "sans concertation", ce qui ne manque pas d'air après le passage en force de la loi Travail. 
Pourtant, depuis plusieurs mois, les dirigeants d'Alstom ont communiqué l'inquiétante baisse de commandes sur le site. Et ce sujet a été évoqué au conseil d'administration, auquel siège un représentant de l'État. 

De son coté, le nouveau secrétaire d'Etat à l'Industrie  (après Michel Sapin - un ex-Comités d'action lycéens, CAL, groupe d'ultra gauche animé par un trotskyste - et Macron), Christophe Sirugue - un apparatchik de 50 ans, permanent à la fédération socialiste de Saône-et-Loire depuis l'âge de... 24 ans - répond que Alstom traverse "une période difficile qu'il (nous) faut franchir, mais ce n'est pas la fin non plus de la filière ferroviaire dans notre pays". Sirugue fut le rapporteur de loi Travail en 2016...

Le conflit d'Alstom prend une tournure politique

"On a nationalisé Renault pour moins que ça",
a lancé un élu PS du Territoire de Belfort, Chevènement, cet après-midi.

Au moment où des membres du gouvernement se réunissent ce lundi matin en cellule de crise sur la situation d'Alstom,
Arnaud Montebourg les a appelés sur France Inter à empêcher la fermeture du site de Belfort.
"Quarante-quatre locomotives à fabriquer, c'est presque deux ans de travail", schématise Arnaud Montebourg
Pour Arnaud Montebourg, le gouvernement n’est pas assez réactif. Actionnaire majoritaire de la SNCF, l’Etat possède 20% des votes, souligne-t-il, et a le pouvoir d’agir, selon lui. 
Et c'est pourquoi, il est permis de penser que le président Hollande compte instrumentaliser cette crise sociale truquée pour faire reluire le candidat d'ici décembre. 
"Quarante-quatre locomotives à fabriquer, c'est presque deux ans de travail, a-t-il plaidé. Je demande que le gouvernement revienne sur ces décisions et que le site de Belfort soit maintenu en l'état".


Tout donne déjà à penser que
le président Hollande compte instrumentaliser cette crise sociale truquée pour faire reluire le candidat d'ici décembre.