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mercredi 8 juillet 2020

Nokia: manifestations de salariés menacés de licenciements à Lannion et Nozay


Le Finlandais Nokia annonce 1.233 licenciements dans sa filiale française 

Nokia se recentre sur la Finlande, membre de l'Union européenne

L’équipementier Nokia veut supprimer un tiers des effectifs de sa filiale Alcatel-Lucent en France, soit la suppression de 1.233 postes.

Mercredi 8 juillet, des salariés du groupe finlandais Nokia manifestent à Paris contre l'annonce de la suppression de 1.233 postes dans sa filiale française 








Des salariés du groupe de télécommunication Nokia ont manifesté mercredi contre le plan annoncé de licenciement massif, annoncé au CSE (comité économique et social extraordinaire) le lundi 22 juin 2020. 
Le cortège est parti à 10h30 d'Edgard Quinet dans le 14ème arrondissement de Paris pour se rendre à l’ambassade de Finlande, située dans le 7ème arrondissement. 

Mobilisations de Nozay (Essonne) à Lannion (Côtes-d’Armor)

Rassemblement à Lannion devant les locaux de Nokia ce 23 juin suite au nouveau plan socialContre ce plan de licenciement massif, les salariés se mobilisent à Paris. A cette occasion, 458 salariés du site de Lannion, dans les Côtes-d’Armor, ont affrété un TGV spécial pour rejoindre le cortège des salariés du site de Nozay, en Essonne, où 831 licenciements sont prévus. Le maire, sans étiquette, est directeur commercial dans... l'informatique
Le groupe prévoit en effet de supprimer 402 postes à Lannion (Côtes-d’Armor) et 831 à Nozay (Essonne), ont précisé les représentants des salariés à l’issue du CSE.

"Plan mondial de réduction des coûts"

Le groupe prévoit un plan de départs volontaires et "des solutions de reclassement". Les emplois supprimés en France vont concerner des postes de recherche et développement (R&D), ainsi que des fonctions support.

Ces suppressions de postes s’inscrivent "dans le cadre d’un plan mondial de réduction des coûts" lancé fin 2018, indique Nokia, qui veut "intensifier ses efforts pour améliorer sa compétitivité et garantir sa performance à long terme", "dans un contexte de marché où la pression sur les coûts demeure très importante".

Nokia France veut supprimer un tiers des effectifs d'Alcatel ...
Pour l'heure, Radio Frequency Systems (RFS), Nokia Bell Labs France (NBLF) et Alcatel Submarine Networks (ASN), trois autres filiales françaises de Nokia, "demeurent en dehors du périmètre de ce projet", ajoute la direction.


vendredi 3 juillet 2020

Airbus licencie 3.500 salariés à Toulouse

L'entrepreneur aéronautique européen français, allemand et espagnol a annoncé la suppression d'environ 15.000 postes au total


La faute à la Covid-19 !... 

Pénicaud, ministre du Travail, à l'image du reste du gouvernement

Fragilisé par la crise liée à l'épidémie de Covid-19, L'avionneur européen a annoncé mardi 30 juin la suppression d'environ 15.000 postes, soit 11% de ses effectifs, dont le tiers en France. Ce jeudi, ce plan social se précise avec la suppression annoncée d'un peu plus de 3.500 postes à Toulouse, dont 2.398 à la production, 980 au siège et plus de 200 dans des filiales de la ville, a indiqué à la presse le responsable syndical FO Jean-François, deux jours après l'annonce du vaste plan social de l'avionneur européen.

Pour la production, 386 postes sont aussi visés à Saint-Nazaire et 484 à Nantes.

La filiale Stelia, implantée à Rochefort, Mérignac, Méaulte et Saint-Nazaire, doit aussi perdre plusieurs centaines de postes, a précisé J.-F. Knepper, rendant compte de l'information communiquée aux syndicats par la direction du groupe.

"Nous allons vers un cataclysme social à l'automne", a mis en garde ce délégué du premier syndicat de l'avionneur. "Comment l'Etat peut-il accepter autant de licenciements?", a-t-il demandé. Les syndicats vont "maintenant s'asseoir à la table des négociations (...) On commence lundi matin et on est parti pour quatre mois", a-t-il prévenu.

FO a rappelé que l'objectif des syndicats restait "zéro licenciement sec". 

Toulouse, où Airbus et ses filiales emploient près de 30.000 salariés, "est la capitale de l'aéronautique: quand l'orage arrive, Toulouse est plus mouillée que les autres", mais "ce n'est pas une raison pour justifier tout et n'importe quoi", a-t-il ajouté estimant, comme les autres syndicats, que la crise est conjoncturelle. 
 
Seulement 1.500 emplois pourraient être sauvés en France.
Thierry Baril, le directeur des ressources humaines d'Airbus a annoncé mercredi, qu'environ 1.500 postes pourraient être sauvés en France. "On aura sans doute les moyens de réduire ce chiffre au travers du dispositif sur lequel l'Etat nous aide, notamment grâce au dispositif de chômage partiel de longue durée", a indiqué Thierry Baril.

Les dispositifs d'aide de l'Etat (les contribuables)  devraient permettre de "sauver" 2.000 emplois, n'avait pas hésité à  avancer mercredi le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, en comptant l'investissement humain dans la nouvelle génération d'avions verts.
Airbus travaille en effet sur un premier avion "décarboné" pour les années 2030. Selon le directeur commercial de l'avionneur européen, Christian Scherer, si le démonstrateur, baptisé E-Fan X, conçu en partenariat avec le motoriste Rolls Royce (propriété du constructeur allemand BMW Group) pourrait voler dès 2021, le lancement d'un premier avion régional à propulsion électrique ou hybride ne pourrait pas intervenir avant les "années 2030"... "Le grand pas [le défi] à franchir sera de passer des batteries à la production d'électricité en temps réel à bord de l'avion", avoue-t-il.
Le véritable objectif n'est pas de lancer un avion régional hybride au début des années 2020, mais bien de préparer l'arrivée du successeur de l'A320, qui devra être fortement "décarboné", même s'il ne sera certainement pas à propulsion électrique et qui n'arrivera pas avant 2035, au mieux. L'objectif visé serait donc de parvenir non pas au "zéro émission" à ce stade, mais à une réduction d'au moins 80 % des émissions de CO2 par passager et une réduction du bruit de 75 %.

Djebbari a en revanche admis que les licenciements secs ne pourraient pas forcément être évités. 
"Je ne sais pas dire comment les Français et les Européens vont re-voyager, s'ils vont re-voyager loin, si la clientèle d'affaires va revenir dans les avions. Je ne sais pas prévoir les carnets de commandes des avions", a-t-il raconté sur BFMTV, précisant que le retour à la normale n'est pas prévu avant deux à trois ans et que l'avionneur européen aura "une période très difficile à vivre""La responsabilité politique, c'est de ne pas faire de promesse que d'aucuns ne sauraient réellement tenir", a-t-il asséné.

A l'annonce du plan social d'Airbus, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait jugé son ampleur "excessive". "Nous attendons d'Airbus qu'il utilise pleinement les instruments mis en place par le gouvernement pour réduire le nombre de suppressions", avait insisté Bercy dans un communiqué.

jeudi 4 juillet 2019

Conforama licencie après avoir touché 63 millions d'euros de crédit d'impôt

Le syndicat Force ouvrière (FO) réclame des comptes à la direction de Conforama


"C'est de l'argent public qui est jeté par les fenêtres", pointe le représentant syndical Gérald Gautier, secrétaire de la section fédérale du commerce VRP à FO, mardi 2 juillet, alors que le groupe veut supprimer 1.900 en France.
Selon Force ouvrière (FO) la direction de Conforama  a touché "63 millions d'euros de crédit d'impôt compétitivité et l'emploi (CICE)" sur les cinq dernières années pour "conserver l'emploi". "63 millions d'euros pour lesquels on n'a vu aucun investissement pour conserver l'emploi ou moderniser l'enseigne", a dénoncé  Gérald Gautier. 

L'enseigne d'ameublement française, détenue par le groupe sud-africain Steinhoff, a confirmé la suppression de 1.900 postes en France et la fermeture de 32 magasins Conforama.
On est clairement sur des aides déguisées qui ont permis pendant des années à des gros groupes, qu'ils soient rentables ou pas, de remplir les poches des actionnaires. "Je veux savoir ce qu'on a fait de ces 63 millions d'euros, on n'en a absolument aucune idée". 

Gérald Gautier demande aussi des comptes au gouvernement

Il "n'a prévu aucun contrôle, il ne contrôle absolument rien, il laisse faire, ce sont juste deux lignes sur un bilan comptable", a-t-il accusé.
"Conforama a raté le virage du numérique parce qu'il n'y a pas eu d'investissements. Si ces 63 millions d'euros avaient été investis ne serait-ce que dans le numérique, aujourd'hui Conforama n'en serait pas là", a expliqué Gérald Gautier. 

mardi 18 juin 2019

Grève à Radio France, suite à l'annonce de suppressions de postes

Et si les contribuables avaient un droit de regard sur la gestion de ce service public

Crise sociale à Radio France: un rapport contredit la direction
Résultat de recherche d'images pour "crise sociale Radio France"
1.300 grévistes pour dénoncer des suppressions d'emplois
(sans que la cote de popularité de Macron en soit affectée,
selon BFM TV et les  sondeurs...)
Un an après son arrivée à la tête de Radio France, Sibyle Veil a annoncé un plan de licenciements transformation qui prévoit de supprimer sur trois ans autour de 300 postes sur 4.600 salariés, déclenchant de vives protestations des syndicats.
Ces suppressions de postes seraient "surdimensionnées", affirme, à l'avant-veille d'une journée de grève prévue ce mardi, un rapport indépendant du cabinet d'experts-comptables Tandem, des "consultants dotés d’une longue expérience du conseil aux comités d’entreprise et organisations syndicales, dans tous les secteurs d’activité" : le mot "indépendant" est-il donc véritablement approprié ? Choisi par le Comité social et économique (CSE) central du groupe Radio France, ce cabinet a confronté les comptes de l'entreprise au projet "Radio France 2022" présenté début juin par Sibyle Veil, la présidente du groupe, désignée, le 12 avril 2018, par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et épouse de Sébastien Veil, petit-fils de Simone Veil et fils de Jean Veil, en 78e position de la liste LREM-MoDem pour les élections européennes...

Selon les premières conclusions de Tandem, la hausse des charges de personnel sur les prochaines années aurait été surévaluée de 8,7 millions d'euros. La direction de Radio France, qui prévoyait entre 270 et 390 départs volontaires, pourrait donc épargner 118 postes, selon ce nouveau calcul.
Dans un contexte d'audiences excellentes et de bons résultats financiers, les comptables de Tandem s'interrogent aussi sur la "soutenabilité" de ces suppressions de postes pour les salariés qui restent, sur la capacité réelle de Radio France à avoir moins recours aux CDD, et sur les ambitions du réseau France Bleu, alors que ses effectifs baissent. 
De son côté, la direction de Radio France "s'apprête à contester fermement les analyses du cabinet Tandem", a déclaré la directrice des ressources humaines de Radio France, Catherine Chavanier.

La direction compte négocier ce nouveau "pacte social" dès la rentrée

La direction présentera ses observations lors d'une réunion du Comité social et économique prévue à partir du mardi 18 juin, jour choisi par six syndicats de Radio France pour lancer un appel à la grève contre ce plan qui constitue, selon eux, un "appauvrissement de l'entreprise".

La direction de Radio France souhaite par ailleurs désigner un autre expert - tout aussi indépendant - pour analyser les hypothèses économiques sur lesquelles se fonde ce projet "Radio France 2022".

Les délais sont serrés puisque  demandant aux salariés de rogner sur leurs vacances pour éviter des suppressions de postes. Si l'avenir de l'entreprise en dépend... Renonceront-ils aussi à leur abattement fiscal de 7.650 euros, en solidarité avec les contribuables retraités qui n'en peuvent plus mais de la pression fiscale qui les cible?

Le groupe veut réaliser 60 millions d'euros d'économies d'ici 2022, pour répondre à la baisse de la contribution de l'Etat (moins 20 millions d'euros sur quatre ans), anticiper une hausse des charges de personnel et investir davantage dans le numérique.

La crise sociale à Radio France atteint la direction. 
Des divergences seraient apparues notamment entre la présidente Sibyle Veil et son numéro 2, Guy Lagache, ancien présentateur de l'émission Capital (2003-2011) sur M6, ex-directeur des magazines et de l'information de la chaîne C8, et actuel directeur-délégué aux antennes, qui serait sur le départ... 
Et bientôt sur BFM ?

mercredi 29 mai 2019

Après-européennes : Macron laisse General Electric licencier, après avoir retardé l'annonce

A Belfort, GE envisage la suppression de plus de 1.000 emplois en France

Avatar de la transition écologique :  le plan social touche principalement la branche turbines à gaz de l’entreprise américaine 


L'annonce avait été différée pour ne pas mettre en difficulté la liste ...Renaissance de Macron aux Européennes. 
Implanté dans le Territoire de Belfort, le géant américain General Electric (GE) a confirmé, mardi 28 mai, deux jours après le scrutin, son projet de suppression de plus de 1.000 postes en France. Au lendemain des élections européennes, Macron est rattrapé par son passé de ministre de l'Industrie, .

L’annonce, redoutée depuis des mois par les salariés, a été officialisée mardi matin par un communiqué du groupe : GE a présenté aux instances représentatives du personnel "des projets d’évolution de l’organisation de ses activités gaz et de ses fonctions support". Celles-ci, détaille-t-il, sont susceptibles d’ "entraîner un maximum de 1.044 réductions de postes", essentiellement sur les sites franc-comtois de Belfort et de Bourogne (Territoire de Belfort), ainsi qu’à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Résultat de recherche d'images pour "macron belfort"Le groupe américain avait racheté en 2015 la branche énergie d’Alstom : le 4 novembre 2014, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, avait approuvé et autorisé l’investissement de General Electric dans Alstom.
Emmanuel MACRON autorise l’investissement de General Electric avec Alstom
Emmanuel MACRON, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, a accordé aujourd’hui son autorisation à General Electric (GE) pour la réalisation de son projet d’investissement en France avec Alstom et la constitution d’une alliance industrielle entre les deux groupes dans le secteur de l’énergie.
Cette autorisation était une étape nécessaire. Elle a été délivrée sur la base du décret n°2014-479 du 14 mai 2014 sur les investissements étrangers soumis à autorisation préalable. Par ce décret, la France soumet l’acquisition d’entreprises nationales exerçant des activités stratégiques (défense nationale, transports, approvisionnement énergétique…) à l’engagement formel par l’acquéreur d’assurer la pérennité de ces activités, sous peine de sanctions. Elle vient clore un processus de six mois de discussions approfondies associant l’Etat (Agence des participations de l’Etat et Direction générale des entreprises, sous le pilotage du Ministre de l’Economie), GE, Alstom, mais aussi EDF et Areva qui sont les entreprises clientes d’Alstom. Les engagements pris par GE s’incarnent dans un ensemble de contrats signés respectivement avec l’Etat et les entreprises nationales concernées, dont les principes avaient été définis dans le protocole d’accord signé entre l’Etat, GE et Alstom le 21 juin dernier. Emmanuel MACRON s’est assuré, avec vigilance, que les intérêts de l’Etat, la pérennité de la filière nucléaire et la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de la France sont pleinement pris en compte dans cette opération.
Le nouveau groupe Alstom, par le biais de cette transaction disposera de
tous les moyens pour développer un champion français et européen dans le secteur des transports. Ces différents accords et contrats, signés le 4 novembre par les parties prenantes, constituent un dispositif juridique solide et complet, qui protège pleinement les intérêts nationaux que le gouvernement a poursuivis dans ce dossier depuis le mois d’avril. Un mécanisme de suivi des engagements sera immédiatement mis en place pour s’assurer de leur respect dans la durée. Par ailleurs, le Ministre rappelle que les dispositifs de l’accord conclu entre l’Etat et le groupe Bouygues, qui porte notamment sur un prêt de titres et une série de promesses de vente de Bouygues au bénéfice de l’Etat, portant sur un volume de titres pouvant représenter jusqu’à 20% du capital d’Alstom, seront activés à compter de la réalisation complète des opérations entre Alstom et GE.

En septembre 2016, Macron maintenait toujours qu'il n'avait pas fait des "promesses intenables"
, contrairement à d'autres responsables politiques...:


L'Américain envisage désormais jusqu’à 792 suppressions de postes
dans l’entité gaz, et 252 dans celle dédiée aux fonctions supports, a précisé un porte-parole du groupe.

Aux abords du site de Belfort, 
les salariés se sont dit, la mine fermée,
 "abasourdis" et "assommés" par l’ampleur de l’annonce et sa "rapidité après les élections européennes".
"C’est une nouvelle épreuve pour la Cité du Lion, pour le bassin industriel du Nord Franche-Comté, et plus largement pour la filière énergie en France", ont fustigé dans un communiqué commun plusieurs élus locaux, parmi lesquels le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, et la présidente (PS) de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay. Insistant sur le timing de l’annonce, "au lendemain des élections européennes", ils ont sonné "la mobilisation générale" et prévenu : "nous ne lâcherons rien !"

VOIR et ENTENDRE
ce reportage mettant en cause le "développement des ...énergies renouvelables":


La "mort annoncée" du site

Au total, General Electric emploie à Belfort environ 4.300 personnes, dont 1.900 dans l’entité turbines à gaz visée par l’annonce et qui subit les conséquences des difficultés générales de GE et de la baisse actuelle de ses marchés : en France, l'entreprise se trouve en situation de surproduction. 
Il y a près de 6 ans, une commission travaillant pour le président Hollande conseillé par l’actuel président Macron engageait une course folle à la compétitivité, que poursuivit le conseiller devenu ministre, puis président : CICE, pacte de responsabilité, loi travail 1 (El Khomri), loi travail 2 (Pénicaud). Les statistiques du chômage et celles de la croissance sont venues démontrer le fiasco de leur politique de l'offre.
Pour GE, il s’agit "d’améliorer les performances opérationnelles et financières de ses activités gaz, de simplifier son organisation en adaptant ses fonctions support aux contraintes des divisions et ainsi retrouver le chemin d’une compétitivité durable".

Les procédures d’information-consultation auprès des organisations représentatives du personnel doivent s’ouvrir à la mi-juin. "Ces projets ne seront pas finalisés et aucune décision ne sera prise avant l’issue des procédures de consultation", insiste GE.
Même si salariés et élus redoutaient depuis plusieurs mois ces suppressions de postes, elles ont fait l’effet d’un électrochoc sur le site. C’est un "coup de tonnerre", a réagi sous couvert de l’anonymat un délégué syndical de la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC), à Belfort. "C’est la mort annoncée du site", a renchéri Dominique Thiriet, secrétaire de la Confédération générale du travail (CGT) à GE Belfort, qui a fustigé l’absence de "volonté de General Electric de [le] faire vivre".

VOIR et ENTENDRE Juppé casser les genoux du ministre Macron sur le sujet d'Alstom, lorsqu'il avait encore des espoirs à l'UMP :


Indignation de l’intersyndicale

Pour le gouvernement, ces suppressions tombent au plus mal, dans un contexte social dégradé et avec d’autres déconvenues industrielles, comme la reprise chaotique de l’aciérie d’Ascoval de Saint-Saulve (Nord), la fermeture annoncée de Ford à Blanquefort (Gironde) ou les difficultés de trésorerie du repreneur de Whirlpool choisi .

Début mai, Emmanuel Macron avait assuré dans un courrier aux élus locaux que le dossier GE Belfort faisait l’objet de "la plus grande vigilance de la part de l’Etat". Dans un "contexte économique difficile", Belfort "dispose d’atouts", mais il est "indispensable de mesurer les investissements nécessaires afin d’adapter l’outil industriel pour expertiser la faisabilité" des projets à l’étude, telle la "diversification dans le secteur aéronautique, dans l’hydrogène" ou dans "de nouvelles centrales nucléaires à l’international", avait-il, cependant, averti.

Fin mars, le ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire, avait précisé qu’il entendait "étudier toutes les pistes industrielles possibles pour maintenir l’emploi". Parmi ces pistes : puiser dans un fonds de 50 millions d’euros abondé par GE pour ne pas avoir respecté son engagement, pris après le rachat de la branche énergie d’Alstom, de créer un millier d’emplois net en France.

La semaine dernière
, B. Le Maire avait toutefois soulevé la colère de l’intersyndicale de GE Belfort, déclarant qu’
"aujourd’hui, [GE] a une empreinte très forte sur les turbines à gaz", secteur dans lequel ..."il n’y a pas de débouchés".

La responsabilité de Macron depuis 2014
Une responsabilité personnelle de Macron que ne manque pas de souligner sur son blog Jean-Pierre Chevènement, actuel sénateur du Territoire-de-Belfort :
"Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan 'America first !' ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris", s'indigne l'ancien ministre.


"Etes-vous prêt vous aussi à vous battre à nos côtés ?", a demandé au gouvernement le député Michel Zumkeller (UDI) à l'Assemblée nationale mardi après-midi. Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron lui a répondu en promettant d'être "extrêmement vigilant":
"Le gouvernement est à l'oeuvre et les engagements qui avaient été pris par General Electric devront être tenus", a clamé le chef de l'Etat à l'issue d'un sommet informel de l'Union européenne, visant à contrecarrer la candidature de Weber.
De son côté, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est engagé à préserver "l'avenir industriel de Belfort". 
Des promesses qui ne suffisent pas à rassurer les salariés: "Le gouvernement fait rien pour nous aider, ils s'en foutent", gronde un salarié de l'usine.

A l'Elysée, la parole de l'ex-banquier est complètement démonétisée.
VOIR et ENTENDRE une synthèse du sujet mettant en cause Macron personnellement:

Le 18 mai 2017, Richard Ferrand, alors ministre de la Cohésion des Territoires, député du Finistère et secrétaire général d’En Marche!, affirmait sur Europe 1: "C'est le gouvernement de la promesse tenue !"

mercredi 13 janvier 2016

Alstom: Bercy avait permis le rachat du pôle énergie, General Electric veut y supprimer 6.500 postes

6.500 postes supprimés à Alstom et  1.000 re-créations promises : le compte n'y est pas !

6.500 postes supprimés dans l’ex-pôle énergie d’Alstom
Le conglomérat américain envisage un plan de restructuration en Europe avec promesse de créer 1.000 emplois nets en France d’ici trois ans. Les syndicats dénoncent des "licenciements boursiers".

Quand un géant de la taille de General Electric s’engage dans un plan de réorganisation, les chiffres apparaissent immédiatement impressionnants, justifie une certaine presse économique française.
Le conglomérat américain envisage de supprimer 6.500 postes en Europe dans les deux années à venir dans les anciennes activités énergie d’Alstom, dont le rachat a été finalisé en novembre. En France, 765 postes pourraient ainsi être concernés.

L'information confidentielle a fuité. 
"Le plan de restructuration va toucher plusieurs pays européens et impacter potentiellement 6.500 emplois sur 35.000. En France, 765 personnes seront impactées, sur un peu moins de 9.000, essentiellement au siège de Levallois et dans les activités grid [réseaux électriques]", a révélé un représentant syndical ulcéré, précisant que "le site de Belfort ne sera pas touché, ni les activités dans les énergies renouvelables". De quoi se plaint-on ?

Les fonctions support seront les premières concernées

Ce sont aussi des drames humains. 
Alstom en tricolore, c'était avant Hollande...
A quand la commémoration ?
Une vague de départs était attendue au sein du siège de l’ancienne branche énergie d’Alstom à Levallois, écrit non sans complaisance Les Echos. L'opération de licenciements intervient dans le cadre du regroupement avec GE, principalement dans les fonctions support (ressources humaines, juridique, communication), précise GE et le quotidien du groupe LVMH. 

Le site de Massy (Essonne), spécialisé dans les activités liées aux réseaux électriques, va également fermer pour être transféré en Angleterre, selon un représentant du syndicat CFE-CGC. Les partenaires sociaux ont été informés d’un tel projet mardi au cours d’une réunion au niveau européen.
Mercredi, Les syndicats CGT et CFE-CGC ont dénoncé "un plan de licenciements boursiers". Laurent Santoire, représentant CGT, estimé mercredi que cela "marque la première étape du démantèlement des activités Alstom énergie en France et en Europe". Ailleurs en Europe, ce plan de restructuration devrait toucher en premier lieu l’Allemagne, avec 1.700 postes concernés, et la Suisse, avec 1.300 emplois.

Le gouvernement Valls était prévenu
Le groupe américain, dont la nouvelle division énergie compte désormais 65.000 salariés à travers le monde, a justifié sa décision par un contexte économique difficile. Il a rappelé qu’il n’a "jamais caché que les fonctions support allaient être touchées", insiste son porte-parole, et que "ces suppressions de postes se feront essentiellement par des départs volontaires".

La création de 1.000 emplois nets confirmée, à réaliser...

Dans le même temps, General Electric a confirmé son intention de créer 1.000 emplois nets en France dans les trois années à venir - si le contexte économique le permet ! - , un engagement pris au cours des huit mois de négociations de rachat des activités énergie d’Alstom avec l’Etat, pour un montant de 17 milliards de dollars, contre le rival allemand -et européen- Siemens, après avoir fait mine de s'inquiéter des activités nucléaires, des emplois et du futur de ses activités ferroviaires, invitant General Electric à regrouper son ferroviaire avec celui d'Alstom.
Début 2015, Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, dénonça les conditions de cette vente à l'américain General Electric soulignant que, contrairement aux promesses d'Arnaud Montebourg, assurant que le secteur nucléaire resterait sous contrôle français, le protocole d'accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l'assemblée générale, a pour conséquence de placer sous la coupe du groupe américain les turbines produites par Alstom et de cette manière la maintenance des centrales françaises. " Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l'avenir de l'ensemble de notre filière nucléaire…"
Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, affirme aujourd'hui que le gouvernement, observateur passif,  "va être comptable et va surveiller l’application de cet engagement". Comme prévu, ce plan social hors normes - avalisé par l'Etat socialiste- frappe principalement les "services partagés", ceux qui font doublon dans les deux sociétés rassemblées.

De nouvelles promesses sous le regard de Macron
Début décembre, le conglomérat, dont l’un des axes stratégiques est de devenir la "première entreprise industrielle numérique au monde", avait détaillé cette stratégie : il va ainsi créer début 2016 à Paris un petit "centre d’excellence pour les logiciels" (250 postes): nous y sommes ! Un centre de services partagés emploiera aussi 200 personnes, entre Paris et Belfort. Un programme de "leadership" sera créé (240 postes): sans date ? Enfin, 310 postes seront créés dans la "réinternalisation de postes de fabrication". Le patron de GE Europe, Mark Hutchinson, estimait alors que, pour compenser les départs naturels, il devrait au total "embaucher au minimum 3.700 personnes d’ici à 2018", dans le meilleur des hypothèses.

Reste maintenant à attendre le millier de nouveaux emplois promis en France promis
et, pour l'heure, l’addition est lourde. Tous les salariés concernés appartiennent exclusivement à Alstom Power, qui se verra amputé de près d’un collaborateur sur six, puisqu’avant la fusion, l’entreprise en comptait 65.000 sur la planète.

vendredi 13 novembre 2015

Air France: les turbulences syndicales reprennent

Violences à Air France : 4 licenciements et une grève le 19 novembre 

"C'est inadmissible et on se laissera pas faire", dit la CGT.
 

La direction a engagé une procédure contre un cinquième employé. Onze autres sont mis à pied. 
Mehdi Kemoune, numéro deux du syndicat CGT Air France rappelle que la CGT appelle à la grève le jeudi 19 novembre 2015. En cause, les licenciements annoncés jeudi 12 novembre. Quatre salariés d'Air France, mis en cause pour des violences le 5 octobre dernier, ont été licenciés "pour faute lourde".
Un cinquième, représentant du personnel, fait l'objet d'une procédure de licenciement spécifique en raison de... son statut privilégié.  

Pour le délégué syndical CGT, une "procédure légale spécifique et plus longue" est engagée, indique la compagnie. Compte tenu de son statut de salarié protégé, son licenciement doit être autorisé par l'inspection du travail et les instances du personnel consultées

Sans indemnité ni préavis 

Petit rappel des faits... 
Le 5 octobre, deux dirigeants avaient été molestés et des vigiles blessés en marge du CCE, envahi par plusieurs centaines de salariés. L'image du DRH d'Air France, torse nu, chemise arrachée et escaladant un grillage pour échapper aux manifestants, a fait le tour du monde. Le Premier ministre Manuel Valls avait promis des "sanctions lourdes" contre les "voyous", François Hollande avait condamné des violences "inacceptables". 

Ces cinq employés, principalement issus de la branche cargo, sont licenciés "sans indemnité ni préavis", a précisé Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT-Air France.
 
Pour un sixième salarié, les faits "d'accusation d'agressions physiques n'ont pas été retenus", a indiqué le groupe aérien. Selon plusieurs sources syndicales, il fera l'objet d'une mise à pied, mais la direction va "retirer sa plainte pour violence", ne retenant que des "dégradations" à son encontre. 
Ces six salariés avaient été interpellés une semaine après les incidents survenues en marge du comité central d'entreprise (CCE) d'Air France où deux dirigeants avaient été molestés par des manifestants, l'image de leurs chemises arrachées ayant fait le tour du monde. 

Jugement en décembre 

Cinq d'entre eux seront jugés le 2 décembre au tribunal correctionnel de Bobigny. 

Par ailleurs, onze salariés, tous salariés au sol également, ont également écopé d'une mise à pied sans solde de 15 jours pour avoir participé, selon la compagnie, à l'"effraction" d'une grille d'accès. La direction a assuré agir "de façon juste, équitable, proportionnée et rigoureuse", ce qui n'a pas convaincu les syndicats interrogés. 
Pour les sanctions, elle s'appuie sur des vidéos tournées par des media. Bien que tierces personnes, "c'est juste une farce", de l'avis de Force Ouvrière. "On ne voit personne qui met un coup" mais "juste du chahut", a réagi un délégué FO.

Le FN paraît bien modéré
Sur BFMTV/RMC, Jean-Luc Mélenchon a affirmé que "retenir cinq gars qui défendent leur emploi, une nuit entière, c'est un abus." 
Et le dirigeant du Parti de gauche ajoute "Moi, je leur dis de recommencer, et de ne pas céder à la peur", se disant même prêt à aller en prison avec eux. 
Ou, tant qu’il y était, à leur place.

mercredi 14 octobre 2015

Emmanuel Macron interrompu à Lyon: "Tu assassines des chômeurs", lance une militante

La protestataire aux cheveux blancs est chassée manu militari

"Tu assassines les chômeurs"
Macron en tenue de campagne
Patricia s'adressait à Emmanuel Macron présent à la Bourse du travail de Lyon ce mercredi La dame en colère a aussi jeté son pot de yaourt en direction du ministre de l'Economie avant d'être expulsée par le service d'ordre. Malgré la "colère juste" et respectable de la contestatrice, la presse s'est donné le mot pour dire que le ministre a été "chahuté": élément de langage venu de Bercy ?

Emmanuel Macron était venu parler des "nouvelles opportunités économiques", lors de cette table ronde organisée à Lyon et vécue comme une "provocation" par la CGT, qui avait appelé à manifester devant la Bourse. Le Progrès rapporte que les membres de la CGT réclamaient sa démission et l'ont accueilli au son de la chanson de Rika Zaraï "Sans chemise sans pantalon".

Et le ministre de l'Economie a failli recevoir en pleine figure le yaourt d'une militante ulcérée par la politique du ministre de Hollande et Valls. "Ce n'était pas prévu. J'avais mon yaourt pour manger, mais je n'ai pas pu me retenir", a raconté Patricia à BFMTV.
"Licencieur, tu n'as pas à être là"

"Son lancer de yaourt a été agrémenté de slogans," écrit un journaliste anonyme de L'Express, moqueur, bien que frappé par les licenciements. "Tu assassines des chômeurs" ou "Licencieur, tu n'as pas à être là", a-t-elle crié, dénonçant aussi l'accord Tafta. Des mots qu'il faut resituer dans le contexte social, notamment à Air France où des dirigeants se sont fait arracher leurs chemises et ont dû être exfiltrés, hors de portée de syndicalistes de la CGT et FO qui en étaient venus aux mains

Emmanuel "Macron crée le chômage en faisant des lois pour faciliter les licenciements.
 Il veut casser le code du travail", a-t-elle encore expliqué. A Lyon, le service d'ordre est alors intervenu en la forçant à plusieurs à quitter son siège, rapporte BFMTV. 

L'utilisateur de l'article 49.3 se dit adepte du... dialogue

"Je respecte toutes les formes d'expression", a réagi Emmanuel Macron, après l'interruption, lors d'un point presse. "Les invectives ne sont pas des réponses. En même temps, il faut entendre tout ce que ces gestes disent de souffrance sociale, et de défiance", a-t-il commenté, alors qu'un syndicaliste a par ailleurs refusé de serrer la main de François Hollande ce même jour au chantier naval ATX de Saint-Nazaire. 
Expliquer la politique économique du gouvernement n'est pas tous les jours facile, explique L'Express, propriété de Drahi, ou compatissant ou ironique.

Quelques réactions moqueuses et/ou politiques ont été mises en ligne sur Twitter...
Qu'ils visent à tourner la scène en dérision ou à banaliser l'exaspération des Français, le choix de ces tweets n'est pas sans parti-pris:
Avant de quitter la Bourse du travail avec le maire de Lyon, Gérard Collomb, qui le "coachait", Macron est allé saluer le préfet du Rhône, Michel Delpuech, en prévision d’une rencontre à venir avec des militants socialistes lyonnais.


La politique socialiste, c'est du yaourt.