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mercredi 17 juillet 2019

Gilets jaunes : l'autisme de Macron coûte un max à la France

L'obstination de Macron, pour finalement céder, a alourdi la facture de réponse aux Gilets jaunes

Les pertes se chiffrent à plusieurs centaines de millions d'euros 

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dans certains secteurs depuis le début du mouvement de protestation sociale, selon une mission parlementaire.

Service du ministère de l'Economie, l'Institut de la statistique et des études économiques avait estimé le coût en termes de PIB à 0,1 point au dernier trimestre 2018Un rapport d'une mission parlementaire a ensuite procédé à ses propres calculs pour savoir en termes plus parlants aux "gens" à combien revient le mouvement des Gilets jaunes, au-delà de l'estimation donnée pour l'ensemble de l'économie française produite par l'Insee. 
Le rapporteur de cette mission parlementaire est Jean-René Cazeneuve, un ingénieur (Bouygues) de 61 ans qui se déclare diplômé de l'Ecole centrale de Marseille (créée en ...2006 !)  élu LREM du Gers. 

Pour les élus de la mission constituée à l'initiative du député LREM Roland Lescure, le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, cette estimation semble faible, mais ne reflète pas totalement la réalité. " L'impact des violences [parti-pris affiché contre un mouvement social] sur l'activité est conséquent [?] et cette perspective macroéconomique est loin de refléter l'étendue des répercussions économiques liées aux débordements [et mutilations qui représentent un coût pour la Sécurité sociale]", écrivent-ils dans leur synthèse. Ce Lescure est un de ces socialistes ralliés à Macron. Fils de François Lescure, journaliste à L'Humanité, et d'une mère syndicaliste à la RATP, il est le demi-frère de Pierre Lescure, un homme d'affaires qui débuta à la radio et fonda Canal+ en 1984 avec André Rousselet, son président directeur général, avant lui.

Selon les parlementaires de la mission présidée par Damien Abad (LR), les assureurs ont indemnisé "217 millions de préjudices", dont 41 % à Paris, pour "vols, incendies, dégradations et pillages". "Toutefois, ce chiffre ne correspond qu'à la partie émergée de l'iceberg. L'approche adoptée par la mission d'information, davantage centrée sur les entreprises, les secteurs d'activité et les zones géographiques, a permis de révéler un ensemble de coûts bien plus larges et aux effets bien plus durables", considèrent-ils.

Selon eux, la baisse de fréquentation des centres-villes le samedi a causé des pertes de chiffre d'affaires comprises entre 20 et 30 % pour les commerces. Quant aux centres commerciaux, ils ont fait état "de pertes de l'ordre de 2 milliards d'euros".

71 millions pour remettre les radars en marche

Dans ce rapport, les députés citent également la baisse de fréquentation des hôtels au premier trimestre 2019 (- 2,5 % par rapport à l'année précédente alors qu'ils avaient enregistré deux ans de hausse trimestrielle continue.

Le rapport liste surtout le coût budgétaire de la crise des Gilets jaunes. "L'Etat a fait face à des coûts directs de rémunération de forces de l'ordre au titre des heures supplémentaires effectuées – au moins 46,08 millions d'euros ont dû être mobilisés pour permettre aux policiers et gendarmes de répondre à la crise – et à la prise en charge de certaines dégradations physiques. Des dégradations physiques subies par les contestataires ne sont pas évoquées. 
Quant à la remise en état des 2.410 radars détruits et des 577 abîmés, elle pourrait "à terme coûter 71 millions d'euros".

Plus de 12,4 millions de coûts pour Bordeaux, Toulouse et Rouen

Les collectivités locales ont aussi dû dégager des fonds. L'association France urbaine évalue les coûts pour les grandes villes de France à 30 millions d'euros. Une estimation qui comprend "notamment le coût des dégradations d'équipements et de mobiliers urbains, ainsi que des dépenses exceptionnelles engendrées par les manifestations, dont le bouleversement de l'agenda de certaines missions de services publics et de travaux, ou encore la rémunération des agents sollicités au-delà de leur temps de travail habituel". Pour Paris, le coût attendrait 10,43 millions d'euros.

La mission s'est particulièrement concentrée sur les dégâts constatés dans des villes cibles, tel la rouge Toulouse (7,5 millions) récemment passée à la droitela juppéiste Bordeaux (3 millions) et Rouen, la socialiste (1,9 million), trois villes particulièrement impactées par des conflits sociaux (Ford à Blanquefort, ou la fermeture de l'usine d'hydroliennes à Cherbourg ou celle annoncée de l'usine de sucre "Saint Louis" de Cagny à 124 km de Rouen et bien sûr celle de Goodyear à Amiens, à 120 km. A elles seules, ces trois villes ont enregistré une perte de 12,4 millions entre les dégâts enregistrés et les mesures exceptionnelles nécessaires pour y faire face, selon le décompte révélé par le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, mais ce que l'on sait depuis le mercredi 20 mars 2019, lors de son audition par la commission des Affaires économiques et des finances de l’Assemblée nationale.

Cette facture est une conséquence des propos tenus par Macron, provoquant l'indignation et la colère, comme l'a lui-même reconnu le président méprisant, pompier-pyromane. "Je sais qu’il m’est arrivé de blesser certains d’entre vous par mes propos", a-t-il confessé, en référence à ses petites phrases comme le "pognon de dingue", pour parler des dépenses sociales, ou le "je traverse la rue et je vous en trouve", du travail, adressé à un jeune chômeur sur la pelouse de l’Elysée. Mais ce ne serait qu’incompréhension, parce que "je crois plus que tout dans notre pays et (…) je l’aime", a raconté Macron, qui a loué les "femmes de courage" venues exprimer leur "détresse sur tant de ronds-points"....

Cette nouvelle évocation du coût du mouvement social tous les quatre mois n'inclut pas l'évaluation à
2,4 milliards les mesures annoncées par Macron pour acheter la paix sociale.
La question est maintenant de savoir quel mauvais coup de Macron cette relance de la campagne gouvernementale vise à justifier, dès que les Français seront pour la plupart à la plage, déconnectés de la vie politique...

lundi 11 février 2019

Offensive gouvernementale pour retourner l'opinion contre les Gilets jaunes

La campagne gouvernementale de discrédit des Gilets jaunes est en marche

Des élus des grandes villes et métropoles font le jeu du pouvoir

Image associée

La cabale dénonce une "prise d'otage" qui dure depuis 13 semaines.
Les pertes sont de l'ordre de plusieurs "millions d'euros dans nombre de grandes villes". 
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Ces maires sont ceux de Bordeaux (Juppé en est le maire et c'est un proche de Macron et le mentor de son premier ministre), Lyon (ville dont le maire est l'ancien ministre de l'Intérieur de Macron), ou Saint-Etienne, gérée, comme le maire de Reims, par un soutien du ministre l'Economie de Macron, Bruno Le Maire, lors de la primaire présidentielle des Républicains de 2016...)", dénonce France Urbaine, qui réunit les élus de grandes villes et métropoles, dans un communiqué relayé par la presse officielle et les réseaux sociaux qui, pour l'occasion, ne sont pas diabolisés.

VOIR et ENTENDRE le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, défendre les intérêts catégoriels des commerçants contre ceux des Français les plus précarisés (ruraux, petits salaires ou
 retraités, notamment), relayé par BFMTV :

Le président de France Urbaine a fait les comptes pour sa ville lors du dernier conseil municipal, vendredi dernier: la facture des dégâts  - un montant global invérifiable incluant à la fois le mobilier urbain public et privé, ainsi que les aides aux commerçants - s'élèverait désormais à 5,65 millions d'euros. "Ça fait trois mois qu'il y a un énorme problème au niveau économique, au niveau commercial", a alerté - encore une fois au micro de BFMTV - le maire de Toulouse.
Dans de nombreuses villes, les municipalités ont dû mettre la main à la poche pour réparer les dégâts et aider les commerçants lésés, ce qu'ils font sans alarmer les populations s'agissant des mouvements syndicaux provoqués par Macron, comme lors de la Loi Travail ou de la réforme du statut des cheminots.
A Saint-Etienne, la municipalité a mis sur un pied un plan de soutien de 300.000 euros. A Toulouse, la Ville a voté des exonérations de taxes pendant trois mois pour un montant d'un million d'euros. Et à Nantes, la maire PS Johanna Rolland a annoncé fin janvier un plan de 500.000 euros pour les commerçants, notamment pour aider ceux qui n'arrivent plus à trouver d'assurance acceptant de couvrir les risques de casse, lorsqu'ils n'ont pas pris les précautions élémentaires pour se protéger : cherche-t-elle à récupérer sur les dégâts commis par les Zadistes et leurs soutiens radicaux en lutte contre l'aéroport Ayrault à Notre-Dame-des-Landes.

De troublantes contradictions
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Tout en rappelant aux plaignants que l'État est aux côtés des commerçants depuis le 26 novembre, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie souligne que les commerçants reçoivent déjà une aide... Invitée sur le plateau de ...BFMTV (surprise !) lundi matin, Agnès Pannier-Runnacher a déclaré : "Nous avons activé la cellule de continuité économique", financé le chômage partiel à hauteur "de 35 millions d'euros", et décalé les échéances fiscales et sociales... Malgré tout, ces dispositifs restent trop peu utilisés par les commerçants, révèle-t-elle, mettant à mal les lamentations mal fondées des commerçants et la campagne politicienne de France urbaine.

On dit qu' En Marche ! n'est pas implanté en régions, mais c'est occulter les élus de terrain ralliés à LREM et Macron.
Des anti-Gilets jaunes organisent une marche de soutien à Macron le 20 janvier
La foirade des 'Foulards rouges' appelait à une nouvelle charge
Ainsi, présidée par Jean-Luc-Moudenc, maire de Toulouse et proche de Juppécette association compte-t-elle parmi ses membres Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon, démissionnaire du PS et président de Tous politiques !, l'institut de formation de La République en marche, qui vise à "accompagner l'émergence d'une génération progressiste", André Rossinot, président Radical (MRSL, que les radicaux de gauche ont d'ailleurs quitté en février 2019) de la CU de Nancy, qui a apporté son "soutien personnel" au candidat Macron avril 2018, ou Christian Estrosi, maire LR de Nice, qui a créé 'La France audacieuse' et s'est rapproché de Macron.

L'association "demande au Premier ministre une rencontre avec le ministre de l'Economie (...) et la ministre de la Cohésion des territoires" , pour "définir les modalités d'indemnisation et d'accompagnement, au nom de la solidarité nationale". Un gag, vu l'état des finances publiques, mais le moyen de faire parler d'eux et d'aider le président à sortir du pétrin dans lequel sa politique à plongé la France, en discréditant globalement le mouvement des Gilets jaunes dans l'opinion.
Des chiffres d'affaires en baisse depuis avril et non pas depuis trois mois
Parmi les préjudices subis, ces élus citent, pour "les contribuables locaux", des dégradations de biens publics, la "mobilisation des services de la ville et des forces de l'ordre". Et pour les commerces, des dégradations, des pertes de recettes et des "pertes d'emplois".
Selon Procos, la Fédération du commerce spécialisé, les seuls mois de novembre et de décembre ont vu le chiffre d'affaires du commerce spécialisé chuter respectivement de -6,8% et de -3,9%, par rapport aux mêmes mois de 2017, "avec un pic à -12% au 17 décembre". Or, la baisse de la consommation des ménages en biens recule nettement depuis avril 2018 (−1,5 %) en volume, bien avant que n'éclate le mouvement de crise sociale incriminé... Ce repli concerne d'ailleurs aussi la consommation d'énergie  et les achats alimentaires. Les dépenses en habillement [des gilets jaunes ?) sont en revanche orientées à la hausse.

Dans le même temps, vendredi 8 février, la secrétaire d'Etat à l'Economie a exhorté les commerçants et entreprises à solliciter les mesures d'accompagnement mises en place, s'ils s'estiment touchés par les actions des "gilets jaunes" car les demandes spontanées sont à ce jour "extrêmement limitées", déplore Agnès Pannier-Runacher...

La presse officielle emboîte le pas du gouvernement et de ses relais territoriaux

Pilonnage de l'opinion
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Outre BFMTV, très en pointe, on l'a vu, dans son soutien aux maires et aux commerçants motivés par un soutien politique à Macron  - mais qui ne prennent pas pour autant la peine de faire appel aux mesures d'accompagnement offertes par le gouvernement -, une autre chaîne privée d'information, LCI, répercute le "cri de colère" de certains maires : "Ils n'en peuvent plus payer la note des dégradations en marge des manifestations des "gilets jaunes" et veulent présenter la facture à l'Etat, écrit la chaîne du groupe TF1, dont Bouygues est le principal actionnaire. "Cela fait treize semaines que les Gilets jaunes défilent à Paris comme en région. Et les fins de manifestations sont souvent synonyme de casse et d'affrontements violents avec les forces de l'ordre. La facture des dégâts provoqués par les Gilets jaunes est salée. Cinq millions d'euros de dégâts à Toulouse, treize dans la capitale, un million à Dijon ou Saint-Étienne. Exaspérées, beaucoup de communes ont décidé de ne plus réparer et de se tourner vers l'Etat. Les commerçants, eux, redoutent d'avoir à licencier des employés si les manifestations se poursuivent."
On le voit, cette dramatisation médiatique est non seulement orchestrée, mais inédite. 
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Quatre mois de manifestations
Seule 'La Manif pour tous' avait suscité ce type de réaction politicienne : c'était à Paris, quand Anne Hidalgo refusa aux manifestants le Champs-de-Mars qu'elle autorise aux Gilets jaunes. En janvier 2013, la socialiste avait estimés à 100.000 euros, les dégâts dus au "piétinement" lors de la manifestation contre le mariage homosexuel du 13 janvier.
En revanche, en avril 2018, deux groupes de manifestants cheminots se sont finalement retrouvés sur le Champ-de-Mars et la maire socialiste n'a pas constaté de dégâts...
L"acte 2" du mouvement des Gilets jaunes a pu se dérouler au Champ-de-Mars à Paris samedi 24 novembre 2018, ce lieu offrant les "conditions de sécurité nécessaires", a indiqué le ministère de l'Intérieur, sans problème avec la Mairie.

Gouvernement, quelques élus et des media font monter la pression
"Plus la journée passe, plus la facture augmente […] Le total atteint en gros 20 à 25 millions", raconte à PublicSenat.fr Olivier Landel, délégué général de France urbaine. Et cette facture ne concerne que les 20 premières villes françaises. Aussi, pour faire face à ces dépenses non prévues, les élus de la France urbaine demandent à être reçu par le ministre de l'Economie et le premier ministre, les deux.  
O. Landel est directeur-général à l'Agence France Locale qui oeuvre pour l'autonomie financière des collectivités territoriales, et il milite aussi à l'Association des communautés urbaines de France (ACUF) et à l'Association d'études pour l'agence de financement des collectivités locales (AEAFCL).

On attend pour bientôt l'entrée dans la campagne des sondeurs des reins et des coeurs, mais aussi, désormais, de "l'imaginaire" des Français...



mercredi 13 septembre 2017

Journée d'action anti-loi Travail: incidents à Paris, Lyon et Marseille

Forte présence policière et des affrontements dans plusieurs villes

Ce mardi 12 septembre a marqué le début des hostilités contre la réforme du code du travail par ordonnances du gouvernement.
 

Les manifestants contre la réforme du code du travail étaient 223.000 personnes dans toute la France, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, contre un chiffre de 400.000 annoncé par la CGT. 
"Pour une première, c'est une bonne première", a réagi Philippe Martinez, le numéro un de la CGT, à l'initiative de cette journée d'action avec Solidaires, la FSU et l'UNEF

Des manifestants de Force ouvrière (Cgt-FO) étaient présents
, en dépit de la décision de Jean-Claude Mailly, leur secrétaire général, de ne pas se joindre à la mobilisation appelée par la CGT et Sud. Interrogé par le journaliste des Échos sur la participation annoncée de certaines unions départementales de Force ouvrière, comme celle du Finistère, à cette journée de mobilisation, le secrétaire général a mis cette décision sur le compte du positionnement "anarchiste" des militants de cette structure : "A Force ouvrière, il y a des gens qui se disent anarchistes; ils sont très critiques de manière générale."

S
ur CNews, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a reconnu une "mobilisation d'un certain niveau",  assurant avoir "entendu les craintes" et l'obligation du gouvernement d'"y apporter des réponses".
De prochaines mobilisations sont déjà prévues.

Des affrontements se sont déroulés dans plusieurs villes lors de manifestations contre la réforme du droit du Travail, a confirmé mardi le ministère de l‘Intérieur.

Treize personnes ont été interpellées par les forces de l‘ordre sur l‘ensemble du territoire français

A Paris, ci-contre Place d'Italie, 
le cortège a réuni 60.000 personnes, selon la CGT, et 24.000, selon la police, entre Bastille et place d'Italie au son d'une fanfare animée par des forains, certains déguisés en clowns. Il a été stoppé à plusieurs reprises par des dégradations. 

Un groupe de près de 300 individus vêtus de noir avait pris la tête du cortège 
dès le début du défilé. Les forces de l'ordre ont répliqué à des jets de projectiles par des gaz lacrymogènes et un canon à eau.

Des heurts ont eu lieu entre des opposants encagoulés et des policiers sur le parcours et non en marge de la manifestation. Une vitrine de magasin a été cassée, du mobilier urbain et une voiture de police ont été abîmés, ont précisé les autorités.


Les policiers ont eu recours au gaz lacrymogène et à un canon à eau
 notamment pour protéger les abords de l‘hôtel de police du 13e arrondissement.
Deux participants ont été interpellés - quatre, selon la préfecture de police - , pour avoir notamment lancé des pierres, une autre a été arrêtée en possession de fumigène et une dernière pour outrage et rébellion.
Sept manifestants ont été pris en charge par les services de secours. L‘un d‘eux, légèrement blessé, a été conduit à l‘hôpital.
Société - Politique - Premier round dans la rue contre la loi Travail XXL
Marseille, 2016

A Lyon, 5.400 participants, selon la police, ont défilé contre la loi.
Les opposants à la réforme du code du travail lancent des "Macron démission !"

La police a aussi fait usage de gaz lacrymogène, indisposant de nombreux manifestants.
Les forces de l‘ordre ont isolé une centaine de jeunes pour procéder à des contrôles d’identité. Ces procédures ont permis la saisie de bombes lacrymogènes et des couteaux.
A Marseille, où la préfecture a recensé 7.500 manifestants - les organisateurs en en comptant 60.000, quelques incident ont aussi eu lieu.

Dans les autres métropoles régionales
A Toulouse, les opposants à la réforme étaient entre 8.000 et 16.000. 
Au Havre, la ville du Premier ministre Edouard Philippe, la police comptabilisait 3.400 manifestants. 
A Nantes, des échauffourées ont éclaté en fin de manifestation. 
Au total, 13 personnes ont été interpellées en France, a précisé l'Intérieur.

Derrière sa banderole, en tête du cortège, Christian râle un peu. "Ils attendent tous le leader maximo, ou quoi ?" envoie le syndiqué SUD à la nuée de caméras guettant l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon. Dans le cortège marseillais, la tête de gondole de 'La France insoumise', Jean-Luc Mélenchon, a annoncé qu'il ira saluer les dirigeants syndicaux avant de rejoindre ses troupes militantes en queue de cortège, et a promis de "faire reculer" le président de la République.
"Nous ne sommes pas en train de faire des barouds d’honneur, mais d’organiser une défense implacable du Code du travail", a-t-il déclaré. "Ce qui va être la surprise, c’est qu’il va finir par céder, ce pays ne veut pas du monde libéral. Ici, c’est la France, c’est pas l’Angleterre", a-t-il ajouté.
Mélenchon et les Insoumis défileront, eux, le 23 septembre contre le "coup d’État social" d’Emmanuel Macron.

lundi 20 juin 2016

Encore trois attaques de permanences du Parti socialiste

Dégradations contre des locaux du PS en Côte-d'or, à Paris et dans le Gard

Trois nouvelles permanences du PS ont été la cible de protestataires, signe d"un "climat de violence inacceptable"

Le Parti socialiste a condamné lundi ces nouvelles dégradations, le même  week-end, sur fond de contestation du projet de loi travail. 

En Côte-d'or, c'est la permanence du député Laurent Grandguillaume, déjà ciblée en mai, qui a été visée. "Tout est fait pour nous empêcher de faire notre travail parlementaire", a-t-il tweeté lundi. 

A la fédération du PS à Paris, des vitres ont été brisées, des insultes ("collaborateurs, menteurs...") inscrites et un liquide a été déversé dans le hall, a précisé le parti. 
Dans le Gard, l'attaque était directement en lien avec la contestation de la loi travail, a-t-on ajouté. 

Condamnation des méthodes socialistes

Le PS  "condamne, à nouveau, avec une extrême fermeté ces exactions commises à l'encontre de ses bâtiments et parfois de ses militants et de ses personnels". Cambadélis "rappelle qu'il porte plainte systématiquement et espère que les enquêtes aboutiront". Pression sur la justice ou mise en garde? 

Au moins une trentaine de locaux du PS ou permanences d'élus socialistes ont été pris pour cible depuis la fin février, 
début de la contestation contre le projet de loi El Khomri, subissant divers types de dégradations (tags, vitres brisées, locaux emmurés, etc.). Le mouvement s'est amplifié depuis que Manuel Valls a décidé d'employer l'article 49-3.



Parmi les permanences d'élus, vandalisées le 16 mai, citons celle de la présidente de la commission des affaires sociales, Catherine Lemorton, dont la façade a été de nouveau couverte d'affiches à Toulouse. Le 3 mai dernier ses locaux avaient été occupés, sans dégradations, par des syndicalistes. Pourtant la députée, assez critique, n'est pas au nombre des soutiens les plus actifs à la loi El Khomri.
Davantage occultés, les dégâts au domicile d'un ancien ministre de Hollande. 
Tandis que les locaux du député de Côte-d'Or, Laurent Grandguillaume, étaient couvert d'affiches et d'inscriptions, c'était le domicile du maire de Dijon, François Rebsamen, qui était souillé. Comme le député PS, l'ancien ministre du Travail annonce son intention de porter plainte suite aux dégradations commises dans la nuit de dimanche à lundi.
Même cause, mêmes effet pour le député Alexis Bachelay, co-fondateur avec Yann Galut de La Gauche forte, collectif de parlementaires PS, adversaire déclaré du 49-3 et dubitatif sur la loi travail. Il s'est à son tour plaint ce mardi sur Twitter de dégradations sur sa permanence à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). «Loi Travail, loi pourrie, député vendu!» ont écrit les manifestants.

C'est ainsi que des militants de la CGT ont muré la permanence toulousaine de Christophe Borgel, secrétaire national aux élections du PS. "Ce genre de geste est parfaitement scandaleux, ça fait plus de trente permanences attaquées depuis le début de la contestation", s'indignait-il, alors que selon les affiches placardées sur la façade, les militants d'extrême gauche réclamaient notamment la semaine de 32 heures.
"Au moins, le mur de parpaing, c'est un symbole qui va dans le sens de la ligne de François Hollande, assurait Borgel: on dit, en économie, que quand le bâtiment tout va !" Droit dans le mur...

dimanche 17 avril 2016

La Nuit Debout est-elle foncièrement violente ?

Dans ce débat citoyen, "changement" signifie "subversion"

La violence est-elle étrangère au mouvement? s'interrogent des "indignés" de la Place de la République



Au fil des nuits et des débordements, les militants de la Nuit debout sentent monter l'urgent besoin de prendre position face à la violence qui les habite: est-elle étrangère aux débats du mouvement, l'expression d'une révolte "contre-productive" ou  nécessaire ? Le fait qu'ils en débattent pendant le week-end souligne les divisions sur le problème. Après quinze jours d'existence, cette question pourrait être une ligne de faille entre les intellos et les radicaux de ce mouvement lancé le 31 mars contre la loi Valls de réforme du code du travail voulue par Hollande et pour "penser un autre monde". Qu'en termes élégants se raisonne la révolution !
Place de la République, "coeur battant des luttes citoyennes" à Paris, l'assemblée générale des 2 à 3.000 activistes ardents, militants suiveurs et passants curieux tous les soirs s'interroge sur l'opportunité de gauchir la ligne officielle, de bobo à subversive.  

Les agitateurs d'idées échauffent les têtes folles
Distributeur à billets vandalisé
portant un autocollant "Nuit debout":
"Loi travail non merci"
le 16 avril 2016 place de la République
magasins, saccageant ici un magasin, là un chantier et brûlant palettes et poubelles. Seulement une trentaine de jeunes a ainsi été interpellée, accréditant l'idée de la complicité de la gauche au pouvoir avec l'extrême gauche dans la rue

Parmi les étudiants, employés, chômeurs et déçus en tout genre par les promesses électorales et la politique fluctuante et sinueuse de Hollande, une majorité de présents non représentatifs à ces états généraux modernes dit son opposition à la violence, mains levées, mais rêve de lendemains qui chantent.
A plusieurs reprises, des heurts ont éclaté avec la police et il convenait d'affirmer que les violences explosaient "en marge" des rassemblements et à la dislocation des défilés. Mais ces mouvements de foules sont émaillés de dégradations et de saccages organisés et ciblés, les anarchistes s'en prenant au mobilier urbain, les communistes à Pôle emploi et les antilibéraux réunis aux établissements bancaires

Pendant ce temps, notre actuel Louis-Philippe d'Orléans est au Moyen Orient. Il a déjà déclaré la guerre, non pas à la Grande-Bretagne et aux Provinces-Unie  ou à la Belgique et à l'Espagne, mais guerroie ici et là en Afrique, tandis que se développent une Convention montagnarde moderne et des insurrections régionales. 
Les 'Nuit Debout' vont-ils décider d'ériger les premiers tribunaux révolutionnaires ? Déjà, le citoyen philosophe Alain Finkielkraut, qui a voulu se faire un avis, s'est rendu sur place et s'est fait invectiver et insulter. En revanche, le révolutionnaire grec Yanis Varoufakis a pu prendre la parole, avec la bienveillante protection de certains maîtres des lieux, en la personne de Julien Bayou, élu de liste altermondialiste, dressé à son côté, menton haut et regard lointain.

"Cette violence est contre-productive. Il faut dire qu'on n'a rien à voir avec ça", lance Adrien (le candide) à la tribune, où chacun peut prendre la parole trois minutes, en respectant son tour. Les débats télévisés quotidiens ne sont pas aussi sévèrement cadrés.
"Je ne vois pas pourquoi on devrait prendre position. Oui, on est un mouvement pacifiste mais pourquoi est-ce qu'on devrait se justifier?", rétorque Julien.
D'autres, encore minoritaires, estiment que la violence "fait partie de la lutte" et qu'on ne doit pas "la condamner en soi". La violence, c'est uniquement "celle que nous imposent la société, le chômage, la rue", font valoir les plus radicaux, et dans une France sous état d'urgence, soulignent les plus politiques. Quand on veut faire bouger les lignes, on lance la presse et toute une journée, la "commission presse" a planché sur cette question et rédigé un projet de communiqué pour démarquer le mouvement "d'une minorité" d'activistes qui donnent une "image fausse". "Il est temps pour nous de faire cesser le matraquage médiatique, qui associe la Nuit debout aux dérapages, qui vise à décrédibiliser le mouvement. Il faut prendre position, pour pouvoir passer à autre chose", se blanchit un minoritaire de la commission. Laissons la porte ouverte à la violence: "Restons hétérogènes"
Le modérateur (autoproclamé ou désigné par une éminence grise en coulisse)des débats tente de soumettre le texte au vote. Immédiatement, plusieurs bras se lèvent, main droite fermée sur le poignet gauche: le signe d'une "opposition radicale".
C'est toute la difficulté de la démocratie directe qui fonctionne "horizontalement": cela sera un "frein à notre développement", "peut signer notre mort", affirment certains. D'autres y voient une richesse sans frontière. Des manifestants se sont rassemblés à proximité du Musée de l'Homme, où se déroulait l'émission avec François Hollande."L'essentiel, le 31 mars, c'était de leur faire peur. Ils nous veulent univoques, restons hétérogènes; ils nous veulent divisés, restons solidaires. Le mouvement est encore un nouveau-né", clame un quarantenaire attentif aux déviances. Formé à l'agit-prop, il explique, sous les applaudissements, le "refus d'une obligation de réussite en 15 jours d'existence" quand la classe politique "n'a rien fait pendant des années". Au jeu de la démocratie directe de l'AG, cela signifie qu'on doit s'arrêter et en tenir compte. Alors, on vote sur le fait de savoir si on est d'accord pour mettre au vote le communiqué. Petit à petit, on avance. Le texte est amendé. Mais une tignasse blonde estime au micro qu'il faut "passer par d'autres canaux que les télés, les grands media", remettant à nouveau en cause le principe du communiqué de presse d'un mouvement sans chef, sans porte-parole officiel. N'offrant pas de prise au pouvoir... "Bon, lâche le modérateur un peu las, il faut quand même faire un peu confiance à la commission. A un moment donné, il faut prendre une décision". Le communiqué "violences" attend toujours. VOIR une vidéo d'une attaque de commissariat, symbole républicain:
Il faut durer jusqu'à une éventuelle grève générale. Cette résistance déterminée s'exprime jusque dans le calcul du temps, qui s'étire depuis la naissance du mouvement: dimanche 17 avril, nous sommes le "48 mars" en calendrier Nuit debout. Une jeune utopie qui ravit les poètes mais irrite les manoeuvriers de l'ombre: le mouvement n'ira pas loin si il refuse de s'amarrer à un projet, de se doter d'une structure, selon ses critiques. Des "jeunes" manipulables, qui acceptent de détourner cinq précieuses minutes de temps de parole au profit de l'ancien ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, que Julien Bayou a amené là pour les redynamiter  redynamiser et les mettre en garde contre "les récupérations".
Mais ces admirables jeunes "citoyens"  ne sont pas également prêts à accueillir le philosophe Alain Finkielkraut, considéré comme "réactionnaire" et "conspué" samedi soir place de la... République, selon Sofia Bouderbala de l'AFP. Conspué ? A la vérité, ils ont traité cet académicien juif de 'facho".
Le collectif Nuit Debout va devoir faire de la formation... A moins que les meneurs n'aient intérêt au maintien de leurs participants - violents ?- dans leur crasse.