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mercredi 2 janvier 2019

Pour 'Le Monde' en Une, Macron, c'est le retour aux "années 30"...

"Le Monde" évoque-t-il intentionnellement l'"iconographie nazie" pour sa Une sur Macron ?

La couverture de l'hebdomadaire M, le magazine du Monde, paru vendredi 28 décembre, suscite une indignation générale


Portrait de Macron sur un fond rouge et blanc,
couleurs du drapeau nazi 
Le journal a repris "les codes de l'iconographie nazie" en Une pour un portrait d'Emmanuel Macron, visage fermé et regard sombre, sur fond rouge et blanc, sous le "M" noir gothique et historique du magazine. 
Sottise ordinaire ou geste intentionnel ? La Une du supplément week-end du "Monde" paru le 29 décembre au soir a atteint son objectif, à la veille de la présentation des voeux du président.

Preuve que l'insulte est avérée, cette Une outrageante a poussé le directeur des rédactions du journal, 44 ans, venu du Monde de l'Education, Luc Bronner, à présenter des excuses "à ceux qui ont été choqués par des intentions graphiques qui ne correspondent évidemment en rien aux reproches qui nous sont adressés". Dans ce court texte, le journaliste assure que la couverture signée par le directeur artistique, Jean-Baptiste Talbourdet, fait référence "au graphisme des constructivistes russes au début du XXe siècle", mais emprunte aussi aux travaux de l'artiste canadien Lincoln Agnew.

Après avoir essuyé de vives critiques, le directeur des rédactions du journal a présenté des excuses,  point final de l'affaire


Voici quelques éléments qui expliquent la polémique soulevée par cette couverture.

Pourquoi peut-on y voir une référence au nazisme ?

Capture d\'écran du compte Twitter de Richard Ferrand, président de l\'Assemblée nationale, dénonçant la une du magazine du \"Monde\" paru vendredi 28 décembre 2018.
Capture d'écran du compte Twitter de Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale, dénonçant la Une du magazine du "Monde" paru vendredi 28 décembre 2018
Le fond beige évoque un papier vieilli comme celui d'une affiche d'époque. Celle-ci est barrée de rouge, couleur souvent associée aux extrêmes en politique (du rouge du drapeau nazi au rouge maoïste en passant par le rouge soviétique). Le contraste du portrait en noir et blanc a été accentué, assombrissant le regard bleu clair du président de la République. Et en haut à gauche, se détache le "M" imposant du nom du magazine, dans la police de caractères historique du journal Le Monde, une typographie de style gothique, apparue en Allemagne au XVIe siècle, mais remise à l'honneur dans la période hitlérienne. N'oublions pas, incrustée dans le costume d'Emmanuel Macron, une photographie prise sur les Champs-Elysées (le sujet de l'article mis en avant sur cette couverture), qui montre la foule célébrant la victoire de l'équipe de France à la Coupe du monde, un cliché datant du 16 juillet 2018, selon les uns (!), mais pouvant évoquer la descente des Champs par Hitler et des troupes nazies, le 28 juin 1940 et établir une filiation, pour les autres. En fait, cette foule est celle des Gilets jaunes et Le Monde évoquerait plutôt une révolution contre une dictature.

Tout cela correspond manifestement aux "codes de l'iconographie nazie". 
Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, évite d'expliciter l'amalgame, mais juxtapose cette Une à une photo d'Adolf Hitler, assurant qu'il "ne peut s'agir d'un hasard".

Que n'aurait-on dit d'une telle ignominie si elle était le fait d'un internaute ? 
S'en serait-il tiré sans aucune poursuite judiciaire ? Accusé de malveillance dans le choix des codes de l'iconographie nazie pour la Une de son magazine "M", Le Monde s'est à nouveau excusé lundi 31 décembre. "Nous avons manqué de discernement dans la validation de cette couverture qui ne correspondait pas au fond du récit consacré à Emmanuel Macron dans ce numéro", assure le directeur dans ce papier intitulé "Notre erreur et notre responsabilité". 

C'est grave mais ça reste pourtant impuni


Or, les tentatives pleuvent pour démontrer que les gens ne comprennent rien.

Le journaliste Julien Joly tente, sur Twitter, une explication par l'effet Koulechov. "En gros, montrez au spectateur la tête d'un type (air neutre). Puis l'image d'un plat. Le spectateur se dira que le type en question a l'air affamé. Ou triste si l'image suivante est celle d'un cercueil", résume-t-il. Cet effet tient au besoin qu'à le cerveau de trouver un sens, une cohérence, aux images que les yeux lui envoient. "C'est comme la bande dessinée : votre cerveau fait le lien entre les cases pour créer une histoire cohérente", reprend-il.

Historien des cultures visuelles, André Gunthert analyse le photomontage comme une "caricature photographique". Anodine ? Pour lui, les couleurs et le style de la couverture de M "suffisent à aiguiller nombre de lecteurs vers une interprétation de l’image comme une critique sévère [de qui? de quoi?] et une allusion à peine voilée à la référence nazie", écrit-il dans un billet de blog publié dimanche

L'historien Michel Goya estime que Le Monde a commis "la grande erreur" de "ne pas avoir imaginé une seule seconde que beaucoup prendraient cela pour de l'esthétique nazie". Les lecteurs du Monde sont des ânes...

On tombe dans le négationnisme : "y a-t-il vraiment une référence au nazisme"?
Résultat de recherche d'images pour "lincoln agnew Hitler"
Seule l'équipe qui a participé à l'élaboration de cette couverture peut répondre à cette question et le directeur des rédactions du Monde s'en défend dans son texte d'excuses. Sur son blog hébergé par Mediapart, Olivier Beuvelet, chargé de cours en histoire de la photographie, en esthétique de l’image et en cinéma à l'université Paris 3, y voit au moins une "référence à l'iconographie totalitaire des années 1930"

Et sur Twitter, un graphiste confirme que "tous les codes des affiches de propagande de dictatures" sont là, mais pas seulement Adolf Hitler. Il cite "Mao, Lénine, Hitler… tous !" Et que je banalise l'insulte !
Pour ce graphiste, "c'est fait exprès", mais il ne faut pas pour autant en déduire que Le Monde considère Emmanuel Macron comme un dictateur. Alors que la mobilisation des "gilets jaunes" dure depuis un mois et demi, et que les Champs-Elysées ont été le théâtre de violents affrontements, il estime que le journal "peut aussi vouloir illustrer le sentiment d'une partie du peuple". Pour lui, ce visuel, où la foule tourne le dos au chef de l'Etat qui regarde dans une autre direction, signifie surtout que "la foule ici descend dans la rue contre lui, pas pour l'aduler". Et je décrypte, donc je nie l'évidence...

Pour Julien Joly, utiliser le rouge, le blanc et le noir est simplement "efficace visuellement". Ces couleurs et cette mise en page existent partout. Il exprime un sentiment qui ressort davantage d'un courant de pensée que de l'analyse : "Je suis à peu près certain que Le Monde n'a jamais voulu assimiler Macron à Godzilla, et pourtant...", cite-t-il en exemple, affiche du monstre de cinéma à l'appui. Le style gothique du graphisme, intégré au montage, n'interpelle pas un instant notre exégète...

Qu'est-ce que le "constructivisme russe" ?

On peut se poser la question, mais elle n'arrange pas les affaires du Monde. Dans sa note d'excuses, le quotidien du soir fait référence aux "constructivistes russes" des années 1920 et donc à la révolution bolchévique d'octobre 1917Le paravent du 'constructivisme' mentionné ici est un courant artistique et architectural défini dans le 'Manifeste réaliste' dû à Naum Gabo (frère d'Antoine Pevsner), en 1920 et qui se veut fonctionnel. 
Résultat de recherche d'images pour "'Battez les blancs avec le coin rouge'"
Ce terme a d'abord été employé par le peintre 'suprématiste' Kasimir Malevitch - député au Soviet de Moscou, dès 1917, il tombera en disgrâce dans les années 30 - pour tourner en dérision un concurrent (Alexandre Rodtchenko). Mais des artistes russes se sont appropriés le mot, dans les années 1920, pour nommer leur style avant-gardiste, avec ses formes géométriques (le cercle, la ligne droite, le triangle) et ses superpositions et collages de photos. L'œuvre constructiviste la plus célèbre reste 'Battez les blancs avec le coin rouge' (1919), affiche (ci-dessus) de propagande communiste signée El Lissitzky, pour qui l'art, loin d'être une activité individuelle destinée à la production d'objets, est une activité sociale et collective au service de la révolution.

Il est ainsi devenu l'art "officiel" de la révolution russe, avant d'être remplacé par le "réalisme socialiste" dans les années 1930.

Par quelque bout qu'on le prenne, ce montage haineux du Monde renvoie à la période des dictatures nazie et bolchévique. Par le biais des partis communistes européens, ces artistes trouvent leurs amateurs et le style imprègne le XXe siècle, aussi bien les architectes et les designers, que les publicitaires et les propagandistes. 

Qui est Lincoln Agnew ?
Un décor croquignolesqueOn a eu un aperçu des goûts croquignolesque de Macron, dont "Liberté, égalité, fraternité" (ci-contre) de Shepard Fairey, 48 ans, qu'il est fier d'exhiber sur un mur à l'Elysée (entretien télévisé sur TF1, le 15 octobre 2017), mais on peut comprendre jusque là que le quadra ait une forte demande quotidienne de fraîcheur... 
Résultat de recherche d'images pour "shepard fairey Trump"On notera toutefois qu'avec lui et le mouvement social des 'Gilets jaunes' qu'il a provoqué, cette Marianne de fraternité n'est plus aussi crédible depuis quelques semaines.
Cet artiste américain engagé a produit plusieurs lithographies anti-Trump (une, à droite).

Le nom du graphiste Lincoln Agnew, cité par le directeur des rédactions du Monde,  est un artiste canadien, qui s'est justement beaucoup inspiré des constructivistes russes, mais aussi de l'esthétique punk des années 1970 et 1980. Il est l'illustrateur de livres pour enfants de la série des Aventures de Harry et Horsie... Macron vu hélitreuillé ou en 'battle dress' dans la propagande stalinienne de l'Elysée ne s'identifie donc pas à Tom Cruise ! 
D'un rapide coup d'œil à l'œuvre d'Agnew, Le Monde constate qu'il utilise lui-même beaucoup de rouge, de noir et de blanc (mais aussi de bleu ou de vert et de violet...), ainsi que de photos découpées et collées, après bien d'autres artistes, quant à eux confirmés. C'est probablement ce qui l'a rendu "très populaire auprès des directeurs de magazine", souligne le site spécialisé Create (en anglais), parmi lesquels M le magazine du Monde, pour lequel il a par exemple réalisé un portrait de John F. Kennedy, mais aussi bien Ronald Reagan...

Un décor croquignolesque
FIAC présidentielle : bric-à-brac bordélique
révélateur d'un esprit confus
Les détracteurs de la dernière couverture de l'hebdo n'ont pas manqué de remarquer, dans son portfolio, un portrait d'Adolf Hitler à la construction similaire à la Une du magazine, avec une différence notable : la foule y salue le Führer, alors qu'elle tourne le dos à Emmanuel Macron. Ce portrait du leader nazi avait été publié dans le Harper's Magazine en 2017. Le même style se retrouve aussi dans un portrait du conservateur américain Mitt Romney ou encore une illustration pour l'œuvre du cinéaste David Lynch. Un procédé de masse qui n'atténue en rien la faute de l'organe de presse, mais un sujet qui offense les consciences plus gravement et durablement que la représentation d'un joueur de base-ball des Boston Red Sox.  

Bilan : au mieux, Le Monde est un suiveur de tendances et sa Une n'apporte rien d'innovant. Pour André Gunthert, d'ailleurs, la couverture de M "semble bien être une imitation servile". "Il est vraisemblable que le graphiste du Monde avait pensé son emprunt suffisamment camouflé pour rester dans un registre d’évocation floue", analyse-t-il encore, sur son blog.

Au pire, le journal des bobo-intello parisiens est susceptible de plaintes en justice pour insulte, diffamation et incitation à la haine
Les "agitateurs qui veulent l'insurrection", selon Griveaux, sont-ils les Gilets jaunes contre lesquels Castaner promet des sanctions exemplaires?
Le Monde encourt-il la même sévérité judiciaire ?

jeudi 7 septembre 2017

Macron fait de mauvais choix de réformes, selon un sondage

Les Français confirment qu'ils attendent de leurs gouvernants qu'ils réforment

Deux tiers des Français (64%) soutiennent le chef de l'Etat dans sa volonté de réformer le modèle économique et social de la France.

Image associée
L'un est désabusé, les autres, désenchantés
24% des personnes interrogées estiment que le président français a "certainement" raison de vouloir réformer et 40% qu‘il a "probablement" raison, selon une enquête Odoxa réalisée pour Challenges, BFM Business et l‘assureur Aviva.

Mais 61% des sondés jugent que Macron a pris de mauvaises décisions dans ces domaines, selon une enquête Odoxa parue jeudi.

Près de deux sondés sur trois (61%) pensent que les décisions annoncées par le gouvernement "ne vont pas dans le bon sens". Dans le détails, ils citent la réduction des aides au logement (APL), la refonte de l‘impôt sur la fortune et la hausse de la CSG
Trente-neuf pour cent des Français ont un avis contraire.

Les Français approuvent l'intention, mais rejettent ses choix

Résultat de recherche d'images pour "Macron Revolution"
La voie est étroite, un goulot d'étranglement
Emmanuel Macron a mal jugé les Français quand il a jugé qu'ils n’aiment pas les réformes. 
Il prétendait qu'il leur faut de grandes transformations qui auraient un sens et un objectif qui les dépasse. Selon le sondage, il n'a réussi qu'à démontrer qu'il n'est pas à la hauteur de la tâche.
Le petit président qui voudrait se faire grand serait-il un peu trop frêle pour bouger les montagnes ? Il aurait ainsi préjugé de ses forces pour tenter de réveiller le mythe d’une France audacieuse et pour de tuer celui d’une France bloquée, engluée dans ses statuts et ses acquis sociaux. Le mot "Révolution" sur-exploité avant son élection, jusqu’à en faire le titre de son livre, est un mot de campagne présidentielle. On ne joue pas avec les mots plus grands que soi.

Résultat de recherche d'images pour "Macron Revolution"Jusque dans les années Mitterrand, si un candidat prononçait (sur les sujets sociaux) cette phrase "il faut faire des réformes", chacun savait qu’il s’agissait d’avancées sociales, de plus de droits et de protections pour les travailleurs. Selon l'imagerie socialiste, les patrons étaient contre les réformes, les ouvriers pour… C’était le sens de l’histoire et du progrès. 
Aujourd’hui, cette même phrase a viré de sens, selon la gauche, et pas seulement extrême. Celle-ci, repassée dans l'opposition,  n'y voit plus que dérégulation, affaiblissement des droits sociaux et menaces. Le mot réforme a changé de propriétaire et de contenu idéologique. Et avec Macron, le conteneur est vide.

On ne "réforme" d'ailleurs plus, Madame, on "transforme."
 
C’est la consigne de l’Elysée au gouvernement et à la presse pour parler de l’application du programme. La transformation est à la réforme ce que le non-voyant est à l’aveugle ou le légère surcharge pondérale à l'obèse…

Cette étude a été réalisée par internet les 30 et 31 août auprès d‘un échantillon de 995 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

lundi 28 novembre 2016

Les pleurs de Mélenchon à la mort du dictateur Fidel Castro indignent Michel Onfray

Le philosophe s'élève contre l'hommage poisseux qu'a rendu Mélenchon au dictateur cubain.

Mélenchon a-t-il fumé la moquette ?" interroge 
Onfray 

L'ancien soutien de Mélenchon rappelle le vrai bilan du "lider maximo"
Fidel Castro est cher au cœur de ceux que n'interpelle pas une dictature, pour peu que la gauche en ait fait une icône révolutionnaire: Staline n'a pas troublé leur sommeil. Pourquoi les nuits de la gauche vertueuse et donc exemplaire seraient-elles hantées par les victimes de l'épuration dirigée par le guérillero Che Guevara, âme damnée et homme à tout faire d'"El Comandante" (631 condamnations à mort, 146 fusillés et 70.000 prisonniers politiques).
Lula da Silva, président du Brésil (Parti des travailleurs, et soupçonné de corruption et de blanchiment d'argent, inculpé pour entrave à la justice et corruption), l'a qualifié de "seul mythe vivant de l'histoire de l'humanité". Hugo Chávez, président bolivarien du Venezuela, a, quant à lui, déclaré que "les hommes comme Fidel ne se retirent jamais". Evo Morales en Bolivie, Daniel Ortega au Nicaragua, les dirigeants de l'ANC en Afrique du Sud, ou encore ceux du MPLA en Angola ont également assuré le président cubain de leur soutien. 

Ahmed Ben Bella qui mena la rébellion FLN en Algérie contre la France alla faire allégeance à Castro dès 1962 (ci-dessous à gauche), mais le président Hollande aussi (ci-dessus à gauche) en mai 2015. Europe 1 écrivit alors que "François Hollande et Fidel Castro ont notamment discuté de la défense de... l'environnement, une cause qui les préoccupe tous les deux[sic]." Le socialiste a-t-il évoqué les droits de l'Homme avec le dictateur "l'ancien chef de l'exécutif cubain" ? 

"J'ai rencontré le président Fidel Castro et je voulais avoir ce moment d'histoire, parce que c'est l'histoire de Cuba, l'histoire du monde. J'avais devant moi un homme qui a fait l'Histoire. Il y a forcément un débat [sic] sur ce qu'a pu être sa place, ses responsabilités [que de pudeur coupable !], mais, venant à Cuba, je voulais rencontrer Fidel Castro. Je sais ce qu'il a pu représenter pour des peuples, y compris en France, et donc il y avait cette volonté de ma part d'aller vers lui, comme lui voulait aller vers la France".

La plupart des observateurs, think-tanks et ONG comme Amnesty International, ont pourtant dénoncé les dérives autoritaires du régime castriste. 
Castro avec le Syrien Hafez el-Assad,
père du 'dictateur' Bachar al-Assad
que combat F. Hollande
Le journaliste cubain en exil Jacobo Machover parle même de "pouvoir absolu". Le Lider Máximo a pris le pouvoir le 1er janvier 1959, jour de la naissance du philosophe. Voilà donc 57 ans que les deux hommes "cohabitent", selon Onfray. Aussi à la lecture du tombereau d'hommages qu'une partie de la classe politique a rendu au défunt, le philosophe a vu rouge ! "Mélenchon a-t-il fumé la moquette ?" se demande-t-il crûment. Le meneur du Parti de gauche et candidat à la présidentielle cherche tout bêtement à obtenir les bonnes grâces du PCF... Michel Onfray ne décolère donc pas contre le député européen qui  en apprenant la mort de Castro participa avec Jack Lang au choeur des pleureuses.
"Une partie de la gauche française rend hommage à Castro ? Elle se prosterne", corrige Pascal Praud sur RTL. "Ce béni-oui-ouisme de cette gauche qui pleure, révère et salue la mort de Fidel Castro montre une nouvelle fois qu'il existe des gentils dictateurs à gauche et méchants tyrans à droite", constate-t-il. "L'épée de Bolivar marche dans le ciel". Constat cinglant de Pascal Praud : "Fumer trop de havanes lui a tapé sur la tête". François Hollande a regretté des "manquements aux droits de l'homme" ? "C'est un peu court pour un régime qui a embastillé, torturé, supprimé des milliers de Cubains", déplore le journaliste. "Jack Lang, qu'on a connu plus inspiré, a évoqué un 'géant mondial', en souvenir de l'époque où Castro dînait à l'Élysée avec François Mitterrand", poursuit-il. "Seul [le trotskiste] Jean-Christophe Cambadélis a eu un éclair de lucidité : 'Il a manqué la démocratie à Cuba'. Tu parles ?", raille Pascal Praud."Staline, Mao, Pol Pot, Castro : les idoles de la gauche au XXe siècle dînent désormais en enfer", lance-t-il. "C'est vrai que tout le monde se trompe en politique. Enfin certains plus que d'autres, quand même", conclut-il.
M'as-tu-vu Jack Lang avec Fidel Castro
Jean-Luc Mélenchon n'a pas l'excuse d'avoir un demi-siècle de propagande derrière lui, ajoute, sans concessions, le philosophe qui déplore que dès samedi matin le fondateur du Parti de gauche se soit précipité à l'ambassade de Cuba pour exhiber son émotion. L'ancien ministre de François Mitterrand a entonné un refrain bien connu en encensant le système médical et le  système éducatif de l'île. Onfray lui réplique que lors d'un voyage à Cuba, il a rencontré des chirurgiens, qui, pour vivre convenablement, devaient conduire des taxis le jour et jouer de la guitare dans des bars le soir. Apprendre à lire et à écrire pour lire la propagande du régime, est-ce à mettre au crédit du dictateur, s'interroge Onfray ?

VOIR et ENTENDRE Pascal Praud s'indigner sur RTL des hommages de la gauche à un "dictateur sanguinaire":


Construction d'un mythe de la mort de Castro...


Le philosophe attire l'attention sur la date suspecte  -le 25 novembre- de la mort officielle du commandant de la révolution. 
Halte aux mensonges politiques ! Le 25 novembre 1956 marque en effet le début de la guérilla menée par Castro... Dans une vidéo artisanale, l'écrivain s'étonne que les deux dates fassent coïncider l'Histoire et la naissance d'un mythe. Il remet donc en cause ce hasard qui refait l'Histoire, un savoir-faire communiste inégalé: "Cela tombe bien d'un point de vue de la mythologie et de l'histoire", ironise, sceptique, l'anarchiste proudhonien.

Il révèle que le chef révolutionnaire décédé à 90 ans se comportait "comme un nabab qui vivait comme un prince des monarchies pétrolières. Rien ne manquait à sa table. Il vivait de manière somptuaire alors que les Cubains manquent de beurre". 


Pour Michel Onfray, l'aveuglement a ses limites : "Un dictateur est un dictateur, quels que soient les buts qu'il propose." Et de conclure : "Sale temps pour la démocratie, sale temps pour la liberté !"

dimanche 17 avril 2016

La Nuit Debout est-elle foncièrement violente ?

Dans ce débat citoyen, "changement" signifie "subversion"

La violence est-elle étrangère au mouvement? s'interrogent des "indignés" de la Place de la République



Au fil des nuits et des débordements, les militants de la Nuit debout sentent monter l'urgent besoin de prendre position face à la violence qui les habite: est-elle étrangère aux débats du mouvement, l'expression d'une révolte "contre-productive" ou  nécessaire ? Le fait qu'ils en débattent pendant le week-end souligne les divisions sur le problème. Après quinze jours d'existence, cette question pourrait être une ligne de faille entre les intellos et les radicaux de ce mouvement lancé le 31 mars contre la loi Valls de réforme du code du travail voulue par Hollande et pour "penser un autre monde". Qu'en termes élégants se raisonne la révolution !
Place de la République, "coeur battant des luttes citoyennes" à Paris, l'assemblée générale des 2 à 3.000 activistes ardents, militants suiveurs et passants curieux tous les soirs s'interroge sur l'opportunité de gauchir la ligne officielle, de bobo à subversive.  

Les agitateurs d'idées échauffent les têtes folles
Distributeur à billets vandalisé
portant un autocollant "Nuit debout":
"Loi travail non merci"
le 16 avril 2016 place de la République
magasins, saccageant ici un magasin, là un chantier et brûlant palettes et poubelles. Seulement une trentaine de jeunes a ainsi été interpellée, accréditant l'idée de la complicité de la gauche au pouvoir avec l'extrême gauche dans la rue

Parmi les étudiants, employés, chômeurs et déçus en tout genre par les promesses électorales et la politique fluctuante et sinueuse de Hollande, une majorité de présents non représentatifs à ces états généraux modernes dit son opposition à la violence, mains levées, mais rêve de lendemains qui chantent.
A plusieurs reprises, des heurts ont éclaté avec la police et il convenait d'affirmer que les violences explosaient "en marge" des rassemblements et à la dislocation des défilés. Mais ces mouvements de foules sont émaillés de dégradations et de saccages organisés et ciblés, les anarchistes s'en prenant au mobilier urbain, les communistes à Pôle emploi et les antilibéraux réunis aux établissements bancaires

Pendant ce temps, notre actuel Louis-Philippe d'Orléans est au Moyen Orient. Il a déjà déclaré la guerre, non pas à la Grande-Bretagne et aux Provinces-Unie  ou à la Belgique et à l'Espagne, mais guerroie ici et là en Afrique, tandis que se développent une Convention montagnarde moderne et des insurrections régionales. 
Les 'Nuit Debout' vont-ils décider d'ériger les premiers tribunaux révolutionnaires ? Déjà, le citoyen philosophe Alain Finkielkraut, qui a voulu se faire un avis, s'est rendu sur place et s'est fait invectiver et insulter. En revanche, le révolutionnaire grec Yanis Varoufakis a pu prendre la parole, avec la bienveillante protection de certains maîtres des lieux, en la personne de Julien Bayou, élu de liste altermondialiste, dressé à son côté, menton haut et regard lointain.

"Cette violence est contre-productive. Il faut dire qu'on n'a rien à voir avec ça", lance Adrien (le candide) à la tribune, où chacun peut prendre la parole trois minutes, en respectant son tour. Les débats télévisés quotidiens ne sont pas aussi sévèrement cadrés.
"Je ne vois pas pourquoi on devrait prendre position. Oui, on est un mouvement pacifiste mais pourquoi est-ce qu'on devrait se justifier?", rétorque Julien.
D'autres, encore minoritaires, estiment que la violence "fait partie de la lutte" et qu'on ne doit pas "la condamner en soi". La violence, c'est uniquement "celle que nous imposent la société, le chômage, la rue", font valoir les plus radicaux, et dans une France sous état d'urgence, soulignent les plus politiques. Quand on veut faire bouger les lignes, on lance la presse et toute une journée, la "commission presse" a planché sur cette question et rédigé un projet de communiqué pour démarquer le mouvement "d'une minorité" d'activistes qui donnent une "image fausse". "Il est temps pour nous de faire cesser le matraquage médiatique, qui associe la Nuit debout aux dérapages, qui vise à décrédibiliser le mouvement. Il faut prendre position, pour pouvoir passer à autre chose", se blanchit un minoritaire de la commission. Laissons la porte ouverte à la violence: "Restons hétérogènes"
Le modérateur (autoproclamé ou désigné par une éminence grise en coulisse)des débats tente de soumettre le texte au vote. Immédiatement, plusieurs bras se lèvent, main droite fermée sur le poignet gauche: le signe d'une "opposition radicale".
C'est toute la difficulté de la démocratie directe qui fonctionne "horizontalement": cela sera un "frein à notre développement", "peut signer notre mort", affirment certains. D'autres y voient une richesse sans frontière. Des manifestants se sont rassemblés à proximité du Musée de l'Homme, où se déroulait l'émission avec François Hollande."L'essentiel, le 31 mars, c'était de leur faire peur. Ils nous veulent univoques, restons hétérogènes; ils nous veulent divisés, restons solidaires. Le mouvement est encore un nouveau-né", clame un quarantenaire attentif aux déviances. Formé à l'agit-prop, il explique, sous les applaudissements, le "refus d'une obligation de réussite en 15 jours d'existence" quand la classe politique "n'a rien fait pendant des années". Au jeu de la démocratie directe de l'AG, cela signifie qu'on doit s'arrêter et en tenir compte. Alors, on vote sur le fait de savoir si on est d'accord pour mettre au vote le communiqué. Petit à petit, on avance. Le texte est amendé. Mais une tignasse blonde estime au micro qu'il faut "passer par d'autres canaux que les télés, les grands media", remettant à nouveau en cause le principe du communiqué de presse d'un mouvement sans chef, sans porte-parole officiel. N'offrant pas de prise au pouvoir... "Bon, lâche le modérateur un peu las, il faut quand même faire un peu confiance à la commission. A un moment donné, il faut prendre une décision". Le communiqué "violences" attend toujours. VOIR une vidéo d'une attaque de commissariat, symbole républicain:
Il faut durer jusqu'à une éventuelle grève générale. Cette résistance déterminée s'exprime jusque dans le calcul du temps, qui s'étire depuis la naissance du mouvement: dimanche 17 avril, nous sommes le "48 mars" en calendrier Nuit debout. Une jeune utopie qui ravit les poètes mais irrite les manoeuvriers de l'ombre: le mouvement n'ira pas loin si il refuse de s'amarrer à un projet, de se doter d'une structure, selon ses critiques. Des "jeunes" manipulables, qui acceptent de détourner cinq précieuses minutes de temps de parole au profit de l'ancien ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, que Julien Bayou a amené là pour les redynamiter  redynamiser et les mettre en garde contre "les récupérations".
Mais ces admirables jeunes "citoyens"  ne sont pas également prêts à accueillir le philosophe Alain Finkielkraut, considéré comme "réactionnaire" et "conspué" samedi soir place de la... République, selon Sofia Bouderbala de l'AFP. Conspué ? A la vérité, ils ont traité cet académicien juif de 'facho".
Le collectif Nuit Debout va devoir faire de la formation... A moins que les meneurs n'aient intérêt au maintien de leurs participants - violents ?- dans leur crasse.

samedi 21 février 2015

Dérapages des manifestations d'extrémistes contre les "violences" policières

L'extrême gauche pourrit la vie des Toulousains et Nantais

800 manifestants à Nantes et 400 à Toulouse se sont rassemblés ce samedi 

Violences d'extrême gauche anarcho-révolutionnaire et trotskiste
pour lutter contre les... violences policières !
pour dire non aux "violences" policières. Les anarcho-révolutionnaires cultivent leur colère sans laquelle ils ne seraient plus grand chose. Des manifestations émaillées de violences ont en effet opposé les activistes aux forces de police ce samedi à Nantes et à Toulouse sur les zones à défendre comme celle de Notre-Dame-des-Landes, notamment, car ils faudrait également citer les fermes-usines.
Civisme et lutte contre l'austérité
des anti-républicains anarcho-révolutionnaires
A Nantes, ils ont défilé derrière une banderole "Contre les violences policières, sociales, économiques... Résistance", samedi après-midi, un an après la manifestation violente du 22 février 2014 contre l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, voulu par Jean-Marc Ayrault, avec "détermination."

La tension est montée peu avant 16h (photos ci-dessus), quand des activistes encagoulés ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des canons à eau pour tenter de les disperser.

17 blessés, dont 15 policiers, à Nantes
La police dresse le bilan: "1000 manifestants dont 2 blessés, 15 policiers blessés,10 interpellations". Plus tôt, elle faisait état d'un seul policier a été blessé au thorax par un jet de pierre, à la manière palestinienne' et qui avait été transporté au CHU.


A Toulouse, une manifestation en soutien aux "zones à défendre" (ZAD) a réuni 450 personnes, selon la police. Les manifestants ont dénoncé "l'agriculture intensive et le monde des bétonneurs".

Les forces de l'ordre ont répliqué aux jets de peinture des extrêmistes par des gaz lacrymogènes. Pendant ce temps, d'autres manifestants lançaient des projectiles contre des vitrines, dont celle d'un bureau de transferts d'argent et d'un magasin de... décoration.

Les pseudo-"pacifistes" n'assument aucune responsabilité républicaine

Les protestataires, souvent très jeunes et pour beaucoup le visage masqué, avaient déployé en tête de cortège une banderole - noire - aux lettres blanches, à la mémoire du jeune altermondialiste, Rémi Fraisse, porteur de matières inflammables : "Je suis Rémi et toutes les autres victimes de la police". Les dessinateurs anarchistes de Charlie hebdo qui ont provoqué les attentats meurtriers de djihadistes de France à Paris tiennent le même discours. "On n'oublie pas, on ne pardonne pas", clament les haineux sur la voie publique.
Le jeune militant avait été tué par une grenade défensive de la gendarmerie au cours d'affrontements avec les représentants de la loi lancés par le ministre de l'Intérieur sur le site du projet contesté de réservoir d"eau Sivens (Tarn), le 26 octobre 2014. Les activistes anarcho-révolutionnaires ont clamé des slogans anti-républicain comme "Tout le monde déteste la police", "Flics assassins".

Parmi les manifestants, quelques drapeaux du NPA (extrême gauche trotskiste), co-organisateur du mouvement. Plusieurs dizaines de jeunes s'étaient grimés en clowns. Quelques autres étaient déguisés en plante.




A Toulouse comme à Nantes, le dispositif des forces de l'ordre était particulièrement important, en rapport de la capacité de destruction des hordes en noir, les précédentes manifestations du même type ayant donné lieu à de nombreux affrontements et dégradations dans les deux villes.


jeudi 4 juillet 2013

NKM : Hollande est "fort avec les faibles"

Le président qui tire sur les ambulances

Le limogeage de Batho "en dit long sur la personnalité de Hollande", observe l'ex-ministre de l'Ecologie

L'ancienne ministre de l'Ecologie a taclé François Hollande mercredi matin sur Europe 1 après l'éviction de Delphine Batho. Pour la candidate UMP à la mairie de Paris, ce limogeage est "un signal mauvais pour l'écologie, les femmes et la personnalité du président".

La personnalité de la "gauche molle" ? 
"Je n'ai pas trouvé que l'action de Delphine Batho comme ministre de l'Ecologie pendant un an ait été formidable. A vrai dire, j'ai trouvé qu'il ne se passait rien. Mais la manière dont c'est fait en dit très long sur la personnalité de François Hollande", a jugé NKM. "Il y en a eu beaucoup des ministres qui se sont opposés au Premier ministre ou au président de la République. Montebourg, Hamon, il y en a bien eu des clashes dans ce gouvernement. Finalement, on veut faire acte d'autorité mais on fait acte d'autorité sans prendre trop de risque. Ça dit des choses sur la personnalité de François Hollande : fort avec le faible et faible avec le fort", a-t-elle dénoncé.

"Il n'est pas trop autoritaire mais
il fait acte d'autorité pour pas cher. il n'y a pas de bilan à l'écologie, il n'y a pas de budget, manifestement ce n'est pas une priorité du gouvernement, Delphine Batho a été déstabilisée, elle élève la voix et boum, il l'a vire. Montebourg, il en a dit bien des choses et lui, il ne lui arrive rien", a encore poursuivi l'ex-ministre.

L'écologie. 
"Au delà des personnes, ce qui me scandalise c'est la manière, le cynisme avec lequel est traitée l'écologie. Depuis un an, l'écologie c'est la descente aux enfers. Le ministère est passé de n°3 à n°10, puis on l'a découpé, il a perdu le logement, donc on perd en cohérence. Puis la première ministre de l'Ecologie, Nicole Bricq (une spécialiste), a été virée pour avoir tenu tête au lobby pétrolier. Si je fais le bilan d'un an, sortir des décrets d'application dans la suite du Grenelle, ce n'est pas un bilan", a encore souligné Nathalie Kosciusko-Morizet. 

A demi-mot,
l'ancienne ministre du Budget a donné raison à Delphine Batho qui avait vivement critiqué la baisse de budget de son ministère
"Prendre 500 millions d'euros au budget du ministère de l'Ecologie, ce n'est pas la même chose que prendre 500 millions au budget d'un gros ministère avec un gros budget. Il y a un mensonge derrière tout ça: on dit que ce sera compensé par l'écotaxe poids-lourd. Mais ça s'appelle un hold-up, parce que cette écotaxe devait servir à faire du transport propre", a dénoncé NKM.


De Louis XVI à François Hollande

Mais comment en est-on arrivé là ?
Moins d'un an après son arrivée à l'Elysée, François Hollande fait l'objet de toutes les critiques, tant il accumule  reculades et répressions, en alternance. Dans ce climat délétère prévaut une violence verbale inédite où la haine transparait en filigrane. L'opposition méprisée voudrait que ce "vent de révolte" soit insurrectionnel. Il interpelle par ses analogies avec le contexte pré-révolutionnaire de 1789.

François Hollande partage les rondeurs physiques et morales de Louis XVI.
Un souverain que l'on décrit comme intelligent mais manquant de caractère, que sa timidité presque maladive aurait porté à adopter des attitudes hésitantes et contradictoires. Or, hésitations et contradictions, pour ne pas dire louvoiements et duplicité, sont les mamelles du Hollandisme. Un président qui paraissait certes normal et sympathique mais insaisissable. Ses supporters y voient du pragmatisme, mais ses détracteurs dénoncent une impréparation et une indécision constitutives qui lui confèrent un insupportable côté caméléon à ce poste. Son côté influençable satisfait les éminences grises, mais son côté imprévisible fait redouter des réactions brutales de velléitaire ombrageux.

Les similitudes ne s'arrêtent pas là.
Il y a aussi l'épouse, Marie-Antoinette, haïe par le peuple. Mais il y a surtout la volonté de rompre avec les habitudes de débauche de la Cour, d'avoir conscience des réformes à mener mais de ne pas donner pour autant à ses ministres (Turgot et Necker) le feu vert pour mettre en place les réformes nécessaires et juguler une dette publique abyssale. Le dernier souverain français se passionnait pour l'horlogerie. François Hollande il y a peu parlait de sa boite à outils. Comme si le président normal s'était mué en monsieur bricolage.

Autre point commun, la politique extérieure. Les Etats-Unis naissants ne sont pas le Mali, mais on retrouve cette idée de soutien à un idéal de liberté quitte à ce que cela contribue à dégrader des finances déjà mal en point (1 milliard de livres pour l’indépendance américaine). Or, aujourd'hui, le départ des forces françaises du Mali est loin d'être acquis avec un coût des opérations loin d'être négligeable. On parle de 400.000 € par jour et une facture déjà supérieure à 100 millions €.

Si
les prémices de la Révolution sont constituées d'une crise financière doublée d’une crise morale, politique et sociale, une question de mariage cristallisait hier les mécontentements. En 1789 c'était le mariage de Figaro, la pièce de théâtre de Beaumarchais qui dénoncait les privilèges archaïques de la noblesse. Aujourd'hui, c'est la question du mariage pour tous qui sert de catalyseur à une droite de convictions et à une France des mécontents.

Comment se terminera le mandat de François Hollande ? 
Nul ne le sait. L'intelligence ce serait de ne pas reproduire les erreurs. Dans un monde en plein bouleversement, notre pays attend un Christophe Colomb, un navigateur au long cours, un visionnaire capable de deviner derrière l'horizon des terres accueillantes. Pas un bricoleur du dimanche.

Force est de constater que le pouvoir socialiste fait aujourd'hui aux classes moyennes sur-fiscalisées une réponse à la Marie-Antoinette du style,
s'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche ! Les mauvaises analyses appellent les mauvaises questions. "C'est une révolte ? se serait interrogé trop tard Louis XVI. "Non sire. C'est une révolution," lui aurait-on répondu. 
Un sujet de méditation pour l’Élysée.