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dimanche 22 octobre 2017

La hausse de la fiscalité sur le gazole adoptée à l'Assemblée


Les députés de la majorité nous veulent-ils vraiment du bien ?

29 députés de Macron ont soutenu le diesel dans la législature précédente 

En visite le jeudi 4 août 2016 à l’usine Bosch d’Onet-le-Château (Aveyron), Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie de Hollande, s’était lancé dans un plaidoyer en faveur du diesel, prenant franchement le contre-pied de s collègue ministre de l’Environnement, Ségolène Royale, mais aussi de la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, qui veut éradiquer ces véhicules de la capitale d’ici à 2020. Dans deux ans... Les salariés de l’usine Bosch n’ont pas manqué de le rappeler à Emmanuel Macron, lequel a alors rétorqué qu’il était "ministre", contrairement à "Mme Hidalgo". "Ses décisions [celles de l'Andalouse] ne valent pas pour la France", a-t-il insisté.
Dès le lendemain sur Twitter, ses adjoints socialistes et écologistes, maîtres de la maire de Paris, ont aussitôt déversé leurs insultes sur le trentenaire qualifié de "ministre du diesel". "La modernité serait donc que le diesel reste au cœur de notre politique industrielle. Nouveau slogan de #Macron : en marche arrière !", a ironisé Bruno Julliard, le premier adjoint d’Anne Hidalgo, tandis que son Raspoutine, Christophe Najdovski, adjoint (EELV) chargé des transports, a embrayé : "Démagogie, bêtise pure… Ou les deux."
Quant à la socialiste de gauche elle avait riposté dans un langage qui n'aura rien à envier à celui de Macron. Interrogée début mai sur l’ambition présidentielle de cet énarque, elle avait sèchement rétorqué : "Les itinéraires des uns et des autres, les petites phrases, tout ça, j’en ai rien à battre." Bordel ?

En 2013, la ministre de l’Écologie, Delphine Batho, mettait en avant une question de santé publique, tandis que celui du Redressement productif, Arnaud Montebourg, chantre du made in France, privilégiait le pré-carré des constructeurs français. Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, avait quant à lui exclu de créer un nouveau prélèvement, ce qui avait déplu au sénateur Vert Jean-Vincent Placé, jugeant son usage "dramatique" d'un point de vue sanitaire et "désastreux sur le plan industriel."
Or, depuis l'après-guerre  la France favorise ce type de carburant. A l'époque, il fallait redresser le pays et relancer l'économie. Seuls les camions et les tracteurs fonctionnaient encore au diesel. Et c'est pour soutenir les transporteurs routiers, agriculteurs et artisans que les gouvernements allégèrent les taxes sur ce carburant. Suite au deuxième choc pétrolier, dans les années Mitterrand, les constructeurs furent encouragés à faciliter l'accès des usagers au diesel et Peugeot se porta ainsi à la pointe de la recherche en la matière, proposant un carburant peu polluant."La perte de recettes fiscales reste très élevée", souligna bientôt dans son référé la Cour des comptes qui l’évalua à 6,9 milliards d’euros en 2011, soucieuse de rentabilité fiscale. Si on intègre les exonérations ou taux réduits sur le gazole dont bénéficient certains secteurs, le trou s’élevait à 8 milliards, avait-elle calculé. Pourquoi l'Etat se prive-t-il depuis des années de cette manne de recettes ? Pourquoi, alors que sa dangerosité pour la santé publique interpellait désormais, le diesel n'était-il pas prêt à subir la même pression que l'essence ? Le diesel a sauvé l'industrie française il y a 30 ans, en 1980.L'industrie automobile française était en perte de vitesse. Toyota était un roi en devenir et son modèle d'organisation du travail, le toyotisme, permettait de réduire les coûts par rapport à ses concurrents. Il fallait donc trouver un moyen pour que les constructeurs français ne perdent pas trop de plumes. Et c'est ainsi que le diesel s'est développé, grâce aussi aux efforts de réduction de sa nocivité.PSA était l'un des rares groupes (avec Mercedes) dotés d'un véritable savoir-faire dans les motorisations diesel. Sous l'impulsion de Jean Calvet, patron de Peugeot-Citroën, énarque influent et ancien chef de cabinet de Valéry Giscard d'Estaing, les avantages fiscaux sur le diesel furent augmentés. Il était soutenu par Renault, qui prit la même direction stratégique. Argument de vente de l'époque, ces véhicules sont certes plus coûteux à l'achat, mais ils consomment moins (entre 15 et 20%) et se revendent plus cher. Les acheteurs se laissèrent séduire et la demande décolla à la fin des années 1990, boostant non seulement l'industrie automobile mais aussi l'économie toute entière, avec aussi l'invention de l'injection directe, qui permet de réduire la consommation sans sacrifier la puissance.La motorisation diesel devint donc une technologie "made in France", soutenue par l'Etat qui favorise une compétence technologique nationale et l'emploi. Grâce à cette stratégie, des dizaines de milliers de postes furnt sauvés, depuis l'ingénieur motoriste jusqu'au concessionnaire, en passant par l'ouvrier de l'usine d'Aulnay-sous-Bois. Et on peut dire que ce pari à court-terme s'est transformé en long-terme: plus de 70% des véhicules vendus en 2011 ont une motorisation diesel (83,5% sur les premiers mois de 2012). Par comparaison, la part s'élève à 47% en Allemagne, l'autre pays champion du diesel.


Les ayatollahs de l'écologie ont fait des carburants synthétiques un cheval de bataille

L'Assemblée nationale a voté samedi la hausse de la fiscalité sur le gazole.

Résultat de recherche d'images pour "ou sont les bio carburants"
Ce que le candidat Macron promettait de ne pas toucher, le Premier ministre Edouard Philippe le fera. Pour des raisons budgétaires, lors de son discours de politique générale de juillet 2017, le gouvernement alignera le prix du diesel sur celui de l'essence d'ici à 2021, a-t-il annoncé avec plusieurs mesures pour atteindre "la neutralité carbone d'ici à 2050 ".

Pour forcer les automobilistes à la conversion à l'essence ou au diesel, l'exécutif  procède l'alignement de la fiscalité du gazole sur celle de l'essence, amorcé en 2015. 

Le budget 2018 prévoit d'augmenter la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE) de 2,6 centimes par litre de gazole. Et ce, chaque année pendant quatre ans. 
A cela s'ajoutera l'impact de la hausse de la contribution climat-énergie (CEE), taxe carbone déguisée, relevée à 44,6 euros par tonne de carbone dès l'an prochain.

"C'est une pénalisation supplémentaire pour les territoires ruraux"
Lui-même ancien exploitant et syndicaliste agricole, le chef de file des députés LR, Christian Jacob, a ainsi protesté. Des élus de son groupe avaient d'ailleurs déposé des dizaines d'amendements pour supprimer la hausse ou la réduire. "L'objectif de la transition écologique a bon dos", a aussi grondé Vincent Descoeur (LR) en référence aux recettes induites.

Polémique sur l'incohérence de l'état macronien 

Des aides coûteuses à la conversion seront supportées par la collectivité
Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin (toujours membre de LR), a estimé à la très peu scientifique louche écolo que "le diesel, c'est 45.000 morts par an" et que "tous les candidats à l'élection présidentielle" avaient ce projet de hausse, rappelle-t-il, sans aucune mention des nuances, notamment de calendrier adapté au avancées en matière de carburants de substitution. 

Son budget prévoit des aides en contrepartie, notamment le doublement de la prime de conversion automobile, a-t-il fait valoir, pour faire avaler la pilule en tordant le bras des automobilistes dans le collimateur écolo.

En réponse à une députée LREM soutenant la hausse, le président du groupe Nouvelle Gauche Olivier Faure a regretté une forme d'"écologie punitive", alors qu'"il n'y a pas que des gens qui ont la chance de vivre dans des grandes métropoles". 

L'alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l'essence pendant le quinquennat était une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron, fait désormais valoir une certaine presse... "Pour réduire massivement la pollution liée aux particules fines, la fiscalité du diesel sera alignée sur celle de l’essence pendant le quinquennat" (site de campagne, 2 mars 2017). Ce n'était pas celle du ministre de Hollande. 
Cette presse-là choisit ses références et souligne que le mouvement avait été engagé sous la présidence de François Hollande. Retouchant à peine ce volet du projet de loi de finances, les députés ont en effet voté une extension de l'exonération de TICPE pour les carburants utilisés dans le secteur naval [les yachts ??] afin de renforcer la compétitivité du secteur. 
Les transporteurs réclament aussi ce type d'exonération et la brèche est ouverte...

mercredi 2 mars 2016

Congédiée, Lebranchu se lâche sur Hollande, Valls, Loi Travail, etc...

Virée du gouvernement, Marylise Lebranchu libére sa parole

Dans... Mediapart, l'ex-ministre attaque vivement François Hollande.

L'ancienne ministre de la Fonction publique lâche tout le mal qu'elle pense de François Hollande et de sa politique. "J'ai un délai de décence [Il aura tenu moins de trois semaines]. Je viens de sortir du gouvernement [après quatre années passées au gouvernement en tant que ministre de la Décentralisation, de la Fonction publique et de la Réforme de l'État]. Je suis coresponsable", affirme pourtant Marylise Lebranchu dans un long entretien publié ce lundi 29 sur le site trotskiste Mediapart et repris notamment par BFMTV. Mais elle en avait trop gros sur le coeur et n'a pas tardé à le percer à jour dans l'opinion. 

Marylise Lebranchu confie sur sa démission, qu'elle a été réglée par un coup de téléphone "d'une minute" du chef de l'État. "C'est le président qui a pris la décision," mais elle avait déjà envisagé de quitter le gouvernement dans la foulée de Christiane Taubira. Toutefois, "en tant que responsable politique, je ne pouvais pas ajouter un petit élément de crise à un petit élément de crise. Je pense que c'était malvenu pour mon pays. Finalement, je n'ai pas eu le choix".
Il reste que Hollande se comporte comme un sagouin, notamment avec les femmes. 

En 2013, Delphine Batho, alors ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, avait été brutalement licenciée pour avoir ouvertement dénoncé les arbitrages budgétaires de Hollande et Ayrault: c'était avant la COP21, quand Hollande n'avait que mépris pour l'environnement, la biodiversité ou le développement durable...
Fleur Pellerin, également limogée comme une malproprea confirmé la méthode Hollande, témoignant de son manque de respect des personnes.

"Valls sait où il va. Hollande a changé"

Cette proche de Martine Aubry cautionne la violence de Manuel Valls. 
Elle dit en effet ne pas lui en vouloir, car, avec ce premier ministre est connu pour ses mauvais traitements et on sait donc à quoi s'attendre: "Manuel Valls est Manuel Valls depuis le premier jour de sa nomination. Et depuis la primaire de 2011. Il a un corpus idéologique défini. On sait où il va."

Mais Lebranchu dénonce le "pragmatisme" cher au premier ministre.  
"Je refuse que l'on se cantonne à un débat sur le pragmatisme. Le pragmatisme, c'est quand on n'a pas d'idéologie. Ou pas de pensée", dit-elle. 
Dans son viseur, le ministre de l'Économie. "Pour avoir sa première de couv' d'un hebdomadaire, il faut dire que les 35 heures, c'est mal, comme l'a fait Emmanuel Macron. En trois phrases, il est apparu moderne. En réalité, il ne s'attaque pas à des tabous mais à des fondamentaux", attaque Marylise Lebranchu. "Tout cela est fatigant. Parce que la notoriété personnelle prend le pas sur l'intérêt du pays", avance la Bretonne. 

Macron aurait obtenu la mort politique de Lebranchu
En creux, l'ex-ministre sous-entend que le patron de Bercy aurait voulu atterrir dans sa circonscription du Finistère. A son suppléant qui a voté contre la déchéance de nationalité, des "pressions très inélégantes" ont été faites. "Je déteste ces ambiances où l'on vous dit: 'Si tu ne votes pas pour, on te mettra un député d'ouverture dans ta circonscription'. Ce n'est pas de la bonne politique. Ce n'est pas digne d'hommes d'État", tonne l'élue.
"Quand on est au gouvernement, on n'a pas le droit d'exercer ce genre de pressions. On ne fait pas de la politique avec la menace", s'insurge encore Marylise Lebranchu.
Lebranchu met clairement la faute sur le président de la République

"L'équilibre devait se faire entre Manuel et François Hollande et le discours du Bourget. Aujourd'hui, cet équilibre ne se fait plus". Mais ce n'est pas du fait de Manuel Valls. 

"C'est François Hollande qui a changé par rapport à la ligne dite 'du Bourget' ", souligne la socialiste. Lors de ce meeting, le candidat Hollande avait notamment lancé : "L'ennemi, c'est la finance", rappelle-t-elle.

Marylise Lebranchu aurait voté contre la déchéance de nationalitési elle avait alors été députée, assure-t-elle à Mediapart

La réforme du droit du travail va trop loin, trop c'est trop," s'insurge l'ancienne ministre de Lionel Jospin, à l'unisson des signataires de la tribune parue dans Le Monde sous le titre "Sortir de l'impasse". 
Elle livre son analyse: "Le débat a été tué quand la ministre [El Khomri] a parlé de 49-3, avant même que le texte soit présenté en Conseil des ministres. Je n'avais jamais vu cela dans ma vie". "C'est une erreur grave car elle crée d'emblée une lecture négative", affirme la députée.
Et de lancer: "Notre problème, c'est bien la crise économique. Pas les 35 heures" 

dimanche 29 septembre 2013

Duflot met le souk d'EELV à l'Elysée

Cécile Duflot contamine l'Élysée

La peste prend le dessus sur le choléra


Les socialistes n'en peuvent plus du harcèlement des Verts: de l'ultimatum de Pascal Durand à la dernière invective de la ministre du Logement sur la politique de Manuel Valls, notamment à l'égard des Rom.

Les Verts quittent le gouvernement, sixième épisode. 
Après la violente attaque de Cécile Duflot sur Manuel Valls jeudi dans la polémique qui les oppose sur les clandestins venus de Roumanie et de Bulgarie, la question de la présence des écolos dans la majorité n'a pas tardé à se poser à nouveau, mais cette fois directement à François Hollande. Le président de la République ne devait pas intervenir dans l'immédiat.

"Pas de commentaire", esquivait-on piteusement à l'Élysée. François Hollande devrait attendre lundi et profiter d'un déplacement à Cherbourg sur le thème des énergies marines renouvelables pour glisser un mot sur le sujet. Car chez les socialistes, qu'ils soient à l'Élysée, à Matignon, au gouvernement, au Parlement, Rue de Solferino ou à la base, une petite phrase tourne en boucle: "Ça a assez duré !"

Un lourd contentieux de guérilla

Il y avait déjà eu la
polémique sur la fiscalité verte dans le budget 2014 (septembre 2013), le coup de colère après le limogeage de Delphine Batho (juillet 2013), le coup de semonce des parlementaires écolos votant unanimement contre le projet de loi sur l'enseignement supérieur (mai 2013), les mises en garde face au rapport Gallois (novembre 2012), l'opposition à la ratification du traité budgétaire européen (septembre 2012)… À chaque fois, les Verts s'étaient posé la question du maintien de Cécile Duflot et de Pascal Canfin au gouvernement. Sans suite. 
Cohérent? "Ni plus ni moins que d'habitude. On les connaît, on fait avec. Ils ont plus besoin de nous que nous n'avons besoin d'eux", soupirait récemment un député socialiste anonyme.

Menaces sur le pacte social 

Cette fois, Cécile Duflot est plus concrète: plus altermondialiste qu'écolo, c'est une activiste. En accusant Manuel Valls d'avoir mis "en danger le pacte républicain" sur les Rom, la ministre du Logement a implicitement rappelé le texte qui justifie la présence des écolos dans la majorité: l'accord de gouvernement passé entre le PS et Europe Écologie-Les Verts. Signé à l'époque entre Martine Aubry et Cécile Duflot, ce texte ne parle pas explicitement du dossier des Rom. En revanche, dans sa partie consacrée à "améliorer la vie quotidienne des Français", en réaction au discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, les deux formations politiques dénoncent "la stigmatisation de certaines catégories de population" qui a "affaibli notre pacte social". Pour les socialistes et les écologistes, "la promesse républicaine, c'est l'égalité réelle des citoyens. Nous lutterons donc sans relâche contre toutes les formes de discrimination".

"En 2013, une ministre ça agit, ça ouvre sa gueule et ça ne démissionne pas " décrète Cécile Duflot, ministre du Logement.
Dès lors que Cécile Duflot juge Manuel Valls hors pacte républicain et somme François Hollande de trancher, c'est la place des Verts au sein du gouvernement qu'elle lui demande de conforter, contre Manuel Valls, ou d'infirmer en la limogeant. "En 2013, une ministre ça agit, ça ouvre sa gueule et ça ne démissionne pas", prévenait Cécile Duflot il y a un mois aux journées de rentrée des Verts.

Jusqu'à présent, le président de la République préférait maintenir les Verts dans sa majorité pour bénéficier d'une assise plus large que celle du seul PS et du petit PRG. Jusqu'à quand? Selon un sondage OpinionWay pour Metro, près de 70 % des Français jugent qu'Europe Écologie-Les Verts ne propose pas d'"alternatives politiques".
Duflot sera-t-elle limogée ?
Pour constater que nul n'est indispensable.

mardi 24 septembre 2013

Ecologie: Hollande ne bouge que sous la pression

Hollande s'engage sur la transition énergétique

Placé, arroseur arrosé
Sous la menace de ses alliés écologistes, le chef de l'Etat a ouvert les palabres de la deuxième conférence environnementale.
Attendu au tournant par ses alliés d'Europe Ecologie - les Verts et les ONG environnementales, François Hollande a donné vendredi 20 septembre le coup d’envoi de la seconde conférence environnementale de son quinquennat au Palais d'Iéna à Paris. 

Au cours d’un discours inaugural, le chef de l’Etat a choisi de se concentrer sur la question de la transition énergétique, en en détaillant les "outils et les principes". De quoi se rabibocher avec les Verts ? Ce qu'il faut retenir :

  • Baisse de la TVA à 5% en 2014 sur la rénovation thermique
Pour réduire la consommation d'énergie de l'habitat, le chef de l’Etat a promis que le taux de TVA passera à 5% sur les travaux de la rénovation thermique des logements en 2014 au lieu des 10% prévus.

"François Hollande a par ailleurs précisé que "2.000 emplois d'avenir seront formés pour conseiller les ménages dans leur démarche de rénovation thermique".
  • Un dispositif de tiers financement des travaux de rénovation thermique 
"Un dispositif de tiers financement des travaux de rénovation thermique avec la Caisse des dépôts" verra le jour, pour permettre d'avancer des frais engagés par les ménages français choisissant de rénover leur logement. 
  • Une loi sur la transition énergétique avant la fin 2014
Après les travaux du Débat national sur la transition énergique qui ont duré plusieurs mois, le chef de l'Etat a annoncé que la future loi sera présenté au printemps 2014. "L’un des textes les plus importants du quinquennat" doit être voté avant la fin de l’année prochaine. La fixation du calendrier de cette loi a déclenché la colère des Verts la semaine dernière.

  • Réduction de 50% notre consommation d’énergie à l’horizon 2050
L'efficacité écologique
que les Verts envient aux Allemands
"C’est un choix politique majeur". Le chef de l’Etat a par ailleurs présenté "les principes et les instruments" de la transition énergique.  "C’est une décision stratégique, ce n’est pas un problème, c’est la solution", a-t-il commenté. "Nous devons agir, a lancé le chef de l’Etat. Nous devons réduire de 50% notre consommation d’énergie à l’horizon 2050" pour tenir les engagements climatiques de la France. Mais le président a expliqué qu'il ne souhaite pas faire de cet objectif ambitieux "un dogme".
  • Baisse de 30% la consommation nationale d’énergies fossiles d’ici à 2030
Autre objectif fixé, la diminution de 30% de la consommation nationale d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) d'ici à 2030, afin de lutter contre le réchauffement climatique, tout en réduisant la facture énergétique du pays. François Hollande qui souhaite que les pouvoirs publics soient exemplaires a également souhaité que "20% des véhicules commandés par l’Etat" soient électriques ou hybrides.
  • La contribution Climat Energie entérinée       
Comme annoncé lors de son interview télévisée de dimanche dernier, le chef de l’Etat a entériné l'idée d'une taxe carbone – une "contribution Climat Energie" – pour financer la transition énergique. "Ce qui compte c’est d’inciter les choix du futur, et de préserver le pouvoir d’achat des ménages", précise le président de la République, qui entend de ne pas tomber dans "une logique punitive".
  • Des outils juridiques pour fermer les centrales nucléaires
Conformément à sa promesse de campagne, François Hollande a confirmé son objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité en 2025. Elle est aujourd’hui de 78%. De même, la centrale nucléaire de Fessenheim sera bien fermée d'ici la fin de l'année 2016. Pour y parvenir, il a annoncé la mise en place de "modalités juridiques" qui permettront à l'Etat de prendre des décisions en matière d'"aménagement du parc nucléaire" - décisions qui incombent aujourd'hui exclusivement à l'exploitant (EDF) et aux autorités de sûreté.  
  • Des absences remarquées
Débarquée en juin dernier du gouvernement, l’ancienne ministre de l’Ecologie Delphine Batho n’était pas présente dans l'assistance lors du discours présidentiel, contrairement à quatre anciens titulaires du poste. Fragilisé après son ultimatum lancé au gouvernement, le secrétaire national d’Europe Ecologie – les Verts, Pascal Durand figure parmi les autres absents remarqués, tout comme la coprésidente du groupe écologiste Barbara Pompili et l’eurodéputé  Bové Joseph, comme Staline.

Le président nomme des patrons et coupe des têtes
L'ultimatum qu'à la mi-septembre Durand a lancé au président de la République et au Premier ministre sur la transition énergétique l'a mené à sa chute. Le chef de fil d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a annoncé ce week-end aux cadres de son parti qu'il ne briguera pas un second mandatIl devrait s'exprimer sur la question d'ici la fin de la semaine, mais Noël Mamère a déjà affirmé que "Pascal Durand n'était pas un chef, c'était un fusible" et que confirme que c'est Cécile Duflot qui continue de tirer les ficelles en interne.
"Le président a fait passer des messages", explque un parlementaire écologiste. "Impossible de travailler avec des gens comme ça", aurait tempêté François Hollande.
C'est une proche de Cécile Duflot, Emmanuelle Cosse, vice-présidente du Conseil régional Ile-de-France et activiste de Act-Up, qui pourrait lui succéder.

mercredi 4 septembre 2013

Madame Royal guérit-elle aussi des écrouelles ?

La présidente de la région Poitou-Charentes : "Au gouvernement, je leur ferais de l'ombre"

L'amère Royal se pose en juge suprême de l'action gouvernementale
 

Ségolène Royal  ambitionne d'être l'électron libre du PS, distribuant les mauvais points à ses camarades, dans un portrait paru mercredi dans Le Point. "J'ai un charisme, de l'aura, du poids. Au gouvernement, je leur ferais de l'ombre", se flatte la battue de la présidence et rebattue de la prise du PS qui affirme avoir refusé le poste de garde des Sceaux en 2012. Mais, à l'entendre, elle serait même meilleure que quiconque à tous les postes.

"Ça n'aurait pas été mauvais pour le pouvoir que ce soit moi, la présidente de l'Assemblée. J'aurais fait vivre le Parlement. Il aurait dû être plus présent pour soutenir le gouvernement la première année", ajoute celle qui visait le perchoir, mais fut brisée dans son élan par la législative de La Rochelle qui renvoya la parachutée dans le marais poitevin. Elle juge "inadmissible" que le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, se soit opposé à la transparence du patrimoine des élus telle que la voulait l'Élysée.

Après une année difficile marquée par sa défaite aux législatives, la présidente de la région Poitou-Charentes n'arrête plus de se croire à nouveau indispensable : "J'ai subi une succession de frappes. Les gens m'ont vue souffrir, être trahie. Et résister. Je suis un personnage sécurisant." 

Ségolène Royal ne se considère d'ailleurs pas vraiment en retrait : "Ce que j'ai dit sur la taxe carbone a beaucoup influencé Jean-Marc Ayrault. Il y a eu recul grâce à moi." Elle prétend même avoir influencé Obama. Lien PaSiDupes 2009:


Elle dit encore être "l'une des rares à avoir poussé en avant une génération nouvelle", en faisant référence à l'entrée au gouvernement du monstre de mauvaise foi au porte-parolat du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, ou de l'invisible Guillaume Garot, des talents qu'elle considère avoir repérés. Fuyant "tout ce qui (la) tire vers le bas", Ségolène Royal, qui jure ne pas vouloir "remugler le passé", distribue pourtant les coups à l'adresse de ses camarades socialistes. 

"Pompage d'idées inconscient"

Première visée, son vainqueur à la direction du PS, la Ch'tite Martine Brochen-Aubry. "Je n'aurais pas dû me laisser voler le congrès de Reims. J'aurais dû imposer un rapport de force", resasse-t-elle, en référence à l'affrontement qui l'a opposée en 2008 à la maire de Lille pour le poste de premier secrétaire, sur fond de contestations, d'accusations de fraude électorale et de saisine de la commission de vérification des votes.

Moquant la tribune publiée par Martine Aubry dans Le Monde du 26 août,
elle y relève "un pompage d'idées inconscient" de son programme Désirs d'avenir. "C'est à mourir de rire, c'est énorme !" "Elle ne se rend même pas compte qu'elle pille", ajoute-t-elle. 

Elle raille aussi Arnaud Montebourg, son ancien porte-parole, qui "se prend pour un acteur américain"

Son ex-chose, Delphine Batho, fait également l'objet de critiques.
La candidate malheureuse de 2007 décrit sa doublure à l'Assemblée Nationale en "manipulatrice politique", "toujours dans le rapport de forces". 

"J'attends sans impatience", assure-t-elle, après avoir assuré contre toute évidence: "Je ne suis pas en attente, pas en demande, pas en frustration." Et d'ajouter : "Je ne veux faire que des choses agréables."
Pour nous, la "chose la plus agréable" aura été la succession d'affronts et de refoulements que les électeurs lui ont imposés. 

vendredi 23 août 2013

Le "PS d'or" 2013: conventionnel et bien peu impertinent

A La Rochelle, les journalistes passent la brosse à reluire

L'université d'été du PS est l'occasion pour la presse de décerner des prix aux différents ténors socialistes. 

Les votants de cette cinquième édition ne sont pas moins de 48 journalistes présents à l'université d'été du PS à La Rochelle. 
Voici le palmarès des vacheries 2013. 

A La Rochelle, les journalistes respectent la hiérarchie
Depuis les origines de ce concours truqué de staliniens, Harlem Désir se fait astiquer au cirage noir par des journalistes autrefois insolents. Le changement n'est décidément pas dans les cordes de la gauche: aussi innovants que leurs maîtres à penser,  la "Langue de bois d'or", catégorie reine des "PS d'or" est à nouveau attribuée au condamné pour recel d'abus de confiance. Est-ce pour avoir accusé le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, de "non-assistance à Marseillais en danger",  pour avoir sali la droite  à tout propos ou pour avoir fait de Copé "un problème, y compris dans son camp", l'accusant d'"irresponsabilité" envers l'extrême droite. Lien PaSiDupes
Les journalistes du jury tentent de primer ce premier secrétaire coopté (et non pas élu) que nombre de socialistes contestent.Gaëtan Gorce juge "catastrophique" et "contre-productive" l'action du PS, dans un entretien au Figaro. "Le premier secrétaire est en permanence à contretemps : il n'est pas là quand nous en aurions besoin et inversement", tacle le sénateur de la Nièvre. Jean-Christophe Cambadélis est également vent debout contre Harlem Désir. "Je trouve que le Parti socialiste n'est pas à la hauteur du combat", déplore-t-il sur Canal+, regrettant que Désir n'ait pas lancé une "campagne nationale d'explication" de l'action du gouvernement."Notre parti doit être plus offensif",estime dans Le Monde le jeune député Gwendal Rouillard, un proche du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui presse Harlem Désir de "s'affirmer". Lien PaSiDupes
Le ministre de l'Intérieur pouvait rivaliser avec Jean-Philippe Désir pour la palme d'or: Valls n'a-t-il pas lancé à la droite que le "retour du terrorisme, c'est vous !"
Valls disjoncte; la droite demande sa démissionNotons toutefois la percée d'un des porte-parole du PS, David Assouline.

Le "couac d'or" revient à Montebourg devant Cahuzac qui ne pouvait plus y prétendre: ç'eût été rappeler qu'il est déjà bien pourvu en lingots d'or placés en Suisse et déplacés à Singapour. Le gommeux, "il insulte tranquilou le Premier ministre, marinière au vent", résume un votant. On se souvient en effet de son "tu fais chier la terre entière avec ton aéroport" de Notre-Dame des Landes. 

Il est
talonné par Jérôme Cahuzac, considéré comme "un couac en soi". En effet, "commandant en chef de la lutte contre la fraude fiscale, titulaire d'un compte en Suisse... : on touche au sublime, 'couac' on en dise". 

Le "Planqué de l'année" est Benoît Hamon, le ministre délégué à la Consommation, qui a mérité ce "plat de lentilles". Le pinguoin a failli se faire voler la récompense par la Ch'tite Martine Brochen-Aubry, "en retraite à Lille de la tentation". L'ancien premier secrétaire du PS n'a qu'une voix de retard: cette fois, le bourrage des urnes n'a pas été efficace. 

Manuel Valls a le melon, 
le "Melon d'or 2013" "pour l'ensemble de son oeuvre, actuelle et à venir". C'est un ministre "bientôt président à la place du président". Le "Melon d'argent" est partagé par Arnaud Montebourg et la députée des Hautes-Alpes Karine Berger.
Le "Melon d'argent" est partagé par Nono Montebourg et la députée des Hautes-Alpes Karine Berger, laquelle se considère comme "l’un des députés les plus visibles" et, puisqu'elle n'a pas peur des mots, "extraordinairement influente"...

Fabius  est la "Langue de vipère 2013" 
Arrivent ex-aequo le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui s’était par exemple demandé s’il ne fallait pas un "patron" à Bercy, et le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis, qui "concentre toutes ses critiques sur une seule cible : Harlem Désir".

Roi des fayots et président du groupe PS à l'Assemblée nationale Bruno Le Roux, reçoit Le "Lèche cul d'or". 
Il est décrit comme le "président du fan club du FC Hollande"

Le prix du "ministre courageux" est attribué à une socialiste qui n'est plus ministre. Delphine Batho a fait parler d'elle par un coup d'éclat... en forme d'hara-kiri.
A l'évidence, ce n'est pas Harlem Désir: il avait appelé son parti à participer au rassemblement lancé par le Parti de gauche de Mélenchon, Place Saint-Michel à Paris, mais il a préféré battre en retraite quand les skinheads d'extrême gauche ont conspué les récupérateurs politiques de la mort de leur camarade antifa.

Le "Recalé de l'année" est le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen
 qui, mécontent de ne pas avoir été nommé au gouvernement, grogne à l'extérieur,  : "Lui qui aurait voulu être ministre de l'Intérieur ne loupe jamais une occasion de canarder Manuel Valls." 

La "Blagounette hollandaise de l'année" date du 21 juin, au salon du Bourget. Le blagueur de l'Elysée donne le bras à Serge Dassault (88 ans) pour monter des marches, à l'entrée d'un stand, et lâche finement : "C'est l'Etat qui soutient Dassault... comme d'habitude."

Liste complémentaire

" La bavure d'Or" à Kader Arif : pour avoir annoncé la libération de sept otages en février 2013, en fait toujours retenus au Cameroun.
"Le sectarisme d'Or" à Najat Vallaud-Belkacem pour son prosélytisme sournois et l'ensemble de ses déclarations officielles.
"La Mauvaise foi d'Or" à Christiane Taubira qui en fait des caisses (voir photo ci-contre, prétendant  froidement garantir la sécurité autant que Valls .

dimanche 18 août 2013

Ecologie: quatre ministres de Hollande veulent ferrailler avec Ayrault

Trois mousquetaires à l'offensive, avec Le Foll !

Quatre ministres demandent d'accélérer la transition écologique

dans une lettre à Jean-Marc Ayrault, une de plus, après celle de Valls dénonçant (la politique de)  Christiane Taubira. 
Une façon de mettre un peu plus de pression (solidaire) sur le gouvernement, avant une rentrée qui s'annonce déjà chargée.


C'est une pression supplémentaire exercée sur Hollande. 
Le locataire de Matignon avait confié à ses ministres un devoir de vacances sur la France en 2025; ils lui remettent une copie rédigée en commun par Stéphane Le Foll (Agriculture), Cécile Duflot (Logement), Philippe Martin (Écologie et Énergie) et Pascal Canfin (Développement). "Cela me rappelle les quatre mousquetaires", ricane Martin, qui devrait pourtant se plaindre de ne rien décider par lui-même, si toutefois il avait la fougue de ses références. De même, Ayrault en Richelieu ne pouvait rêver d'un telle envergure ! Quant à la bande des quatre, elle nage en pleine fiction, mais le destin des quatre instigateurs de la Révolution culturelle chinoise devrait aussi leur donner à réfléchir...
En trois pages, cette lettre est un vibrant plaidoyer pour une transition écologique choisie plutôt que subie, mais un coup d'épée dans l'eau après quinze mois de croupissement. "Prospérité durable", "soutenabilité" et "solidarité" sont les trois mots-clés de ce document confié au JDD.

"Nous ferions fausse route en nous contentant d'indexer le projet d'avenir des Français sur la conjoncture économique ou sur les fluctuations du taux de croissance", écrivent les doux rêveurs. "C'est un texte qui est dans le droit-fil de la ligne gouvernementale", assure Martin, heureux de "faire naître le débat", à peine arrivé et plein d'illusions. Les reliefs du dîner début du mois dernier entre les quatre ministres, peu après l'éviction de Delphine Batho, ont ont été accommodé en ce plat de lentilles vertes. "C'est un engagement de conviction pour s'attaquer aux vraies racines de la crise", lance fièrement Cécile Duflot, sans crainte du ridicule, après tous ces mois passés l'échine courbée.


Querelle des "modernes," écolos, et des "anciens," socialos ?

Contrer Montebourg motive les altermondialistes !
L'alliance inédite entre d'une part, le pseudo "pôle socialo-écolo" du gouvernement, un ministre de l'Agriculture, hollandais docile, et un nouveau ministre de l'Écologie et de l'Énergie, proche du ringard de l'Elysée, et d'autre part la paire de Verts radicaux neutralisés à des postes peu écolos, est l'assurance d'une nouvelle esbroufe. "Avec cette alliance, nous pouvons être au cœur de l'action du gouvernement. C'est le triangle d'or", se gargarise Canfin. En creux, c'est un moyen à peine voilé de contrer Arnaud ­Montebourg. Comment ne pas voir un message au ministre du Redressement productif dans le passage sur la soutenabilité : "[Celle-ci] exige de ne pas sacrifier ce projet collectif sur l'autel d'une vision datée de l'activité économique. Les gaz de schiste, comme les OGM, procèdent d'une même fonction et induisent un même risque : ils permettent à certaines industries de garantir leurs perspectives financières mais peuvent, par le seul déploiement, mettre en péril l'ensemble des autres activités humaines qui les entourent."

La prospérité durable, elle, serait tirée par la possible création, d'ici à 2025, d'"au moins 500.000 emplois dans la transition écologique" tout en réduisant de "façon importante les dépenses contraintes". 
Avec des accents dignes d'un meeting de Mélenchon, les quatre ministres précisent que "cela exige de s'attaquer aux intérêts qui bénéficient aujourd'hui de l'alourdissement continu de ces dépenses contraintes : les intérêts financiers qui multiplient les encouragements à la dette pour consommer davantage". 
La bataille est lancée, sur le papier.