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mardi 14 janvier 2020

Macron sacrifie les fonctionnaires sur l'autel du système "universel" de retraites

Les fonctionnaires se laisseront-ils berner ?

Le système de retraite proposé par Macron se traduirait par une pénalisation des fonctionnaires de niveaux intermédiaire et supérieur,


par rapport aux salariés en CDI du privé, mettent en garde deux sociologues, Thomas Amossé, sociologue, administrateur de l’Insee au CNAM et Joanie Cayouette-Remblière, sociologue, chercheure de l’INED.
Les nombreuses critiques formulées avec justesse contre l' "avant"-projet de réforme Macron des retraites, sont loin de se limiter à la seule question de l’âge pivot. 

D’abord, sur l’incertitude qu’engendrerait un système de points par rapport à un système où des droits réels sont accumulés, avec ses conséquences prévisibles, comme le recours croissant aux assurances privées et autres fonds de pension (on pense à BlackRock, mais pas seulement) pour y faire face. 
Ensuite, sur les limites d’un projet qui fixe à 14% du PIB le montant total des pensions de retraite, alors que la démographie française, ainsi que le volume de richesse produite par actif, sont en permanente évolution et peut chuter comme en 2008. 
Enfin, sur le caractère artificiel du déficit annoncé des systèmes de retraite actuels, qui a bien été mis en évidence par un collectif d’économistes.

En tant que sociologues travaillant sur les inégalités sociales, nous souhaitons intervenir dans ce débat, écrivent les deux sociologues dans une tribune, en insistant sur le renforcement du système d’inégalités dont est porteur la dernière version de ce projet. Ces inégalités, nous avons pu les mettre en évidence grâce à une nomenclature d’emplois élaborée dans le cadre de la rénovation des PCS 2020 de l’Insee, qui permet pour la première fois de comparer les fonctionnaires aux salariés du CDI dans le privé à quatre niveaux de qualification distincts.

Certes, la communication gouvernementale laisse entendre que la réforme vise à combattre les inégalités de notre société : le système universel proposé serait équitable dans la mesure où il applique les mêmes règles à tous et toutes. Emmanuel Macron déclarait encore, lors de ses vœux aux Français le 31 décembre, qu’il devait faire cette réforme parce qu’"il s’agit d’un projet de justice et de progrès social". Mais, contrairement aux apparences, la même équation n’aura pas les mêmes conséquences sur toutes les carrières, et le projet de réforme tend en réalité à accentuer les inégalités par rapport au système actuel, en particulier au détriment des fonctionnaires. Le renoncement annoncé à un "âge pivot" de 64 ans ne change en rien cette détérioration annoncée de leur situation.

Rappelons un fait central : en France, les conditions de rémunération et de progression salariale entre le secteur public et le secteur privé diffèrent fortement, au détriment des fonctionnaires et ce sur l’ensemble des carrières.

Le mode de calcul actuel des retraites compense, en partie seulement, cette inégalité structurelle.

Quels sont donc ces "privilèges" des fonctionnaires qui n'attirent pas les candidats aux concours ?
Vous avez dit privilèges : gel du point d’indice, modification des règles d’avancement, retour du jour de carence, réduction du nombre de postes aux concours, etc...? : les décisions politiques des dernières années sont sévères pour l’emploi public, et particulièrement pénalisantes pour les fonctionnaires. Plusieurs de ces décisions, motivées par l’objectif de contenir les dépenses publiques, contribuent à accroître les écarts avec les salariés du privé. Paradoxalement, dans le cadre de la réforme des retraites, c’est l’argument d’une plus grande égalité de traitement entre secteur public et secteur privé qui est cette fois convoqué pour justifier la modification du mode de calcul des pensions des fonctionnaires : ces dernières ne sont calculées que sur les six derniers mois d’activité, contre les 25 meilleures années dans le secteur privé. Un système universel des retraites serait ainsi plus équitable. En réalité, il ne ferait que prolonger les inégalités de carrière entre fonctionnaires et salariés du privé, qui se sont fortement accentuées avec les politiques conduites depuis quinze ans.

Les fonctionnaires les plus qualifiés sont sous-payés et ont des progressions de carrière plus tardives.
Entre 2014 et 2017, les fonctionnaires exerçant un emploi de niveau supérieur (dont font notamment partie les plus de 900.000 enseignants, mais aussi les médecins hospitaliers ou encore les hauts fonctionnaires) ont perçu en moyenne 2.668 euros net mensuels, primes comprises [quand elles existent] avant impôt, contre 3.508 pour les salariés du privé en CDI de même niveau de qualification (cadres et ingénieurs). Sur quarante ans de carrière, cette différence de 840 euros tous les mois équivaut à… 403 200 euros !

Mais de ces inégalités-là, pourtant bien connues du gouvernement après deux ans et demi de consultation des partenaires sociaux, on n’en parle pas. Ou alors on les renvoie à d’hypothétiques plans de revalorisation, souvent annoncés mais toujours repoussés [la tendance étant de promettre sans jamais signer], et dont les montants ne semblent pas du tout à même de compenser le décrochage salarial de ces fonctionnaires. [Blanquer annonce 500.000 millions pour les enseignants, mais en 2021 - avant les élections du printemps suivant - et sans préciser les modalités de répartition]  Au contraire, ce que le projet de réforme prévoit, c’est d’appliquer un même mode de calcul des droits à la retraite à des carrières inégales.

Or, les rémunérations ne sont pas seulement inégales en moyenne, elles le sont aussi en progression : les salaires des fonctionnaires de 50 à 59 ans (3.177 euros) correspondent au double de ceux de 20 à 29 ans (1.686 euros) ; rien de tel ne s’observe dans le privé où les salaires sont nettement plus élevés en début de carrière et augmentent moins ensuite. Si, jusqu’à présent, la faiblesse des rémunérations pendant une grande partie de la carrière avait des conséquences sur l’attractivité de l’emploi public, les démissions précoces et les conditions de vie des fonctionnaires, elle ne pesait au moins pas dans le calcul de leurs pensions. La prise en compte de l’ensemble de la carrière et non des six derniers mois changera la donne. Difficile pour le gouvernement de présenter comme équitable une réforme qui accroît les inégalités à l’âge de la retraite alors qu’elles sont déjà béantes en cours de vie active !

Au niveau intermédiaire, la pénibilité horaire des fonctionnaires qui ne serait plus compensée.
Aux autres niveaux de qualification, les écarts de salaire entre public et privé sont moins marqués. Si les fonctionnaires exerçant un emploi de niveau intermédiaire (comme les infirmières ou les agents de police) gagnent moins que leurs homologues du privé en début de carrière (1.653 euros par mois, contre 1.750), ils tendent à les dépasser en fin de carrière (2.299 contre 2.216). Mais ce que gomme cette proximité, c’est l’écart des contraintes horaires que produisent les missions de service public : les fonctionnaires exerçant un emploi de niveau intermédiaire sont davantage concernés par le travail le dimanche (33% travaillent au moins un dimanche par mois, contre 14% de leurs homologues du privé), le soir (34% contre 21%) et la nuit (20% contre 9%).

On peut supposer que ces pénibilités ont été prises en compte pour justifier le maintien d’un régime spécifique pour les agents de police. Pour les autres fonctionnaires, si le projet de réforme était adopté, le nouveau mode de calcul des droits à la retraite réduirait le léger avantage qu’ils peuvent tirer de leur progression salariale, pour situer leur pension au niveau de leurs homologues du privé, qui ont pourtant moins eu à affronter ces contraintes d’emploi du temps. Equitable, dites-vous ?

Un nivellement par le bas et des fonctionnaires sacrifiés au lieu d’une politique ambitieuse de service public.
En appliquant à tous et toutes le mode de calculs des retraites le moins avantageux, le projet de réforme joue la carte d’un nivellement par le bas. Les données statistiques montrent qu’il se traduirait de plus, et surtout, par une pénalisation des fonctionnaires de niveau intermédiaire et supérieur, par rapport aux salariés en CDI du privé
Non seulement ce projet est donc loin d’être égalitaire, mais il serait en outre dangereux pour l’avenir des services publics qui, de fait, parviendraient de moins en moins à susciter des vocations. A l’heure où le nombre de candidats au concours d’enseignement ne cesse de chuter, où les hôpitaux peinent à recruter et à fidéliser leurs personnels, la perspective de cette dégradation est susceptible de porter un nouveau coup – et cette fois vraiment majeur – à la qualité des services publics.

Tribune signée de Thomas Amossé sociologue, administrateur de l’Insee au Cnam , Joanie Cayouette-Remblière sociologue, chercheure de l’Ined

dimanche 22 octobre 2017

La hausse de la fiscalité sur le gazole adoptée à l'Assemblée


Les députés de la majorité nous veulent-ils vraiment du bien ?

29 députés de Macron ont soutenu le diesel dans la législature précédente 

En visite le jeudi 4 août 2016 à l’usine Bosch d’Onet-le-Château (Aveyron), Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie de Hollande, s’était lancé dans un plaidoyer en faveur du diesel, prenant franchement le contre-pied de s collègue ministre de l’Environnement, Ségolène Royale, mais aussi de la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, qui veut éradiquer ces véhicules de la capitale d’ici à 2020. Dans deux ans... Les salariés de l’usine Bosch n’ont pas manqué de le rappeler à Emmanuel Macron, lequel a alors rétorqué qu’il était "ministre", contrairement à "Mme Hidalgo". "Ses décisions [celles de l'Andalouse] ne valent pas pour la France", a-t-il insisté.
Dès le lendemain sur Twitter, ses adjoints socialistes et écologistes, maîtres de la maire de Paris, ont aussitôt déversé leurs insultes sur le trentenaire qualifié de "ministre du diesel". "La modernité serait donc que le diesel reste au cœur de notre politique industrielle. Nouveau slogan de #Macron : en marche arrière !", a ironisé Bruno Julliard, le premier adjoint d’Anne Hidalgo, tandis que son Raspoutine, Christophe Najdovski, adjoint (EELV) chargé des transports, a embrayé : "Démagogie, bêtise pure… Ou les deux."
Quant à la socialiste de gauche elle avait riposté dans un langage qui n'aura rien à envier à celui de Macron. Interrogée début mai sur l’ambition présidentielle de cet énarque, elle avait sèchement rétorqué : "Les itinéraires des uns et des autres, les petites phrases, tout ça, j’en ai rien à battre." Bordel ?

En 2013, la ministre de l’Écologie, Delphine Batho, mettait en avant une question de santé publique, tandis que celui du Redressement productif, Arnaud Montebourg, chantre du made in France, privilégiait le pré-carré des constructeurs français. Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, avait quant à lui exclu de créer un nouveau prélèvement, ce qui avait déplu au sénateur Vert Jean-Vincent Placé, jugeant son usage "dramatique" d'un point de vue sanitaire et "désastreux sur le plan industriel."
Or, depuis l'après-guerre  la France favorise ce type de carburant. A l'époque, il fallait redresser le pays et relancer l'économie. Seuls les camions et les tracteurs fonctionnaient encore au diesel. Et c'est pour soutenir les transporteurs routiers, agriculteurs et artisans que les gouvernements allégèrent les taxes sur ce carburant. Suite au deuxième choc pétrolier, dans les années Mitterrand, les constructeurs furent encouragés à faciliter l'accès des usagers au diesel et Peugeot se porta ainsi à la pointe de la recherche en la matière, proposant un carburant peu polluant."La perte de recettes fiscales reste très élevée", souligna bientôt dans son référé la Cour des comptes qui l’évalua à 6,9 milliards d’euros en 2011, soucieuse de rentabilité fiscale. Si on intègre les exonérations ou taux réduits sur le gazole dont bénéficient certains secteurs, le trou s’élevait à 8 milliards, avait-elle calculé. Pourquoi l'Etat se prive-t-il depuis des années de cette manne de recettes ? Pourquoi, alors que sa dangerosité pour la santé publique interpellait désormais, le diesel n'était-il pas prêt à subir la même pression que l'essence ? Le diesel a sauvé l'industrie française il y a 30 ans, en 1980.L'industrie automobile française était en perte de vitesse. Toyota était un roi en devenir et son modèle d'organisation du travail, le toyotisme, permettait de réduire les coûts par rapport à ses concurrents. Il fallait donc trouver un moyen pour que les constructeurs français ne perdent pas trop de plumes. Et c'est ainsi que le diesel s'est développé, grâce aussi aux efforts de réduction de sa nocivité.PSA était l'un des rares groupes (avec Mercedes) dotés d'un véritable savoir-faire dans les motorisations diesel. Sous l'impulsion de Jean Calvet, patron de Peugeot-Citroën, énarque influent et ancien chef de cabinet de Valéry Giscard d'Estaing, les avantages fiscaux sur le diesel furent augmentés. Il était soutenu par Renault, qui prit la même direction stratégique. Argument de vente de l'époque, ces véhicules sont certes plus coûteux à l'achat, mais ils consomment moins (entre 15 et 20%) et se revendent plus cher. Les acheteurs se laissèrent séduire et la demande décolla à la fin des années 1990, boostant non seulement l'industrie automobile mais aussi l'économie toute entière, avec aussi l'invention de l'injection directe, qui permet de réduire la consommation sans sacrifier la puissance.La motorisation diesel devint donc une technologie "made in France", soutenue par l'Etat qui favorise une compétence technologique nationale et l'emploi. Grâce à cette stratégie, des dizaines de milliers de postes furnt sauvés, depuis l'ingénieur motoriste jusqu'au concessionnaire, en passant par l'ouvrier de l'usine d'Aulnay-sous-Bois. Et on peut dire que ce pari à court-terme s'est transformé en long-terme: plus de 70% des véhicules vendus en 2011 ont une motorisation diesel (83,5% sur les premiers mois de 2012). Par comparaison, la part s'élève à 47% en Allemagne, l'autre pays champion du diesel.


Les ayatollahs de l'écologie ont fait des carburants synthétiques un cheval de bataille

L'Assemblée nationale a voté samedi la hausse de la fiscalité sur le gazole.

Résultat de recherche d'images pour "ou sont les bio carburants"
Ce que le candidat Macron promettait de ne pas toucher, le Premier ministre Edouard Philippe le fera. Pour des raisons budgétaires, lors de son discours de politique générale de juillet 2017, le gouvernement alignera le prix du diesel sur celui de l'essence d'ici à 2021, a-t-il annoncé avec plusieurs mesures pour atteindre "la neutralité carbone d'ici à 2050 ".

Pour forcer les automobilistes à la conversion à l'essence ou au diesel, l'exécutif  procède l'alignement de la fiscalité du gazole sur celle de l'essence, amorcé en 2015. 

Le budget 2018 prévoit d'augmenter la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE) de 2,6 centimes par litre de gazole. Et ce, chaque année pendant quatre ans. 
A cela s'ajoutera l'impact de la hausse de la contribution climat-énergie (CEE), taxe carbone déguisée, relevée à 44,6 euros par tonne de carbone dès l'an prochain.

"C'est une pénalisation supplémentaire pour les territoires ruraux"
Lui-même ancien exploitant et syndicaliste agricole, le chef de file des députés LR, Christian Jacob, a ainsi protesté. Des élus de son groupe avaient d'ailleurs déposé des dizaines d'amendements pour supprimer la hausse ou la réduire. "L'objectif de la transition écologique a bon dos", a aussi grondé Vincent Descoeur (LR) en référence aux recettes induites.

Polémique sur l'incohérence de l'état macronien 

Des aides coûteuses à la conversion seront supportées par la collectivité
Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin (toujours membre de LR), a estimé à la très peu scientifique louche écolo que "le diesel, c'est 45.000 morts par an" et que "tous les candidats à l'élection présidentielle" avaient ce projet de hausse, rappelle-t-il, sans aucune mention des nuances, notamment de calendrier adapté au avancées en matière de carburants de substitution. 

Son budget prévoit des aides en contrepartie, notamment le doublement de la prime de conversion automobile, a-t-il fait valoir, pour faire avaler la pilule en tordant le bras des automobilistes dans le collimateur écolo.

En réponse à une députée LREM soutenant la hausse, le président du groupe Nouvelle Gauche Olivier Faure a regretté une forme d'"écologie punitive", alors qu'"il n'y a pas que des gens qui ont la chance de vivre dans des grandes métropoles". 

L'alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l'essence pendant le quinquennat était une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron, fait désormais valoir une certaine presse... "Pour réduire massivement la pollution liée aux particules fines, la fiscalité du diesel sera alignée sur celle de l’essence pendant le quinquennat" (site de campagne, 2 mars 2017). Ce n'était pas celle du ministre de Hollande. 
Cette presse-là choisit ses références et souligne que le mouvement avait été engagé sous la présidence de François Hollande. Retouchant à peine ce volet du projet de loi de finances, les députés ont en effet voté une extension de l'exonération de TICPE pour les carburants utilisés dans le secteur naval [les yachts ??] afin de renforcer la compétitivité du secteur. 
Les transporteurs réclament aussi ce type d'exonération et la brèche est ouverte...

dimanche 15 janvier 2017

Les automobilistes pollueurs montrés du doigt dès lundi à Paris

Discrimination des Parisiens par le degré de pollution de leurs véhicules

Les vignettes deviennent obligatoires à Paris, lundi 16  

Mesure coercitive: à compter de ce lundi, les vignettes "Crit'Air" de niveau de pollution seront obligatoires pour tous les véhicules motorisés autorisés à circuler à Paris, première Zone à circulation restreinte (ZCR) de France, mais les contrôles ne seront d'abord que... "pédagogiques". Selon le raisonnement primaire de la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, qui a fait de la lutte contre la pollution de l'air une de ses priorités, "plus de voitures égale plus de pollution, moins de voitures égale moins de pollution"
Crit'Air, certificat qualité de l'air, ou plutôt de conformité avec l'écologie punitive,
est érigé en "acte citoyen pour favoriser les véhicules les moins polluants:
mais discriminer les propriétaires défavorisés de véhicules anciens.

Paris est une ZCR depuis le 1er septembre 2015, date à laquelle l'interdiction ne concernait que les poids-lourds d'avant 2001. Depuis, des villes comme Grenoble ou Lyon ont adopté le dispositif, de façon plus modulée, et une vingtaine d'autres sont candidates. 
A partir de lundi, dans Paris intramuros (donc hors périphérique et bois de Vincennes et de Boulogne), tous les véhicules, motos, voitures ou utilitaires, qu'ils soient immatriculés à Paris, en France ou à l'étranger, devront arborer la vignette ronde.  

Les certificats de qualité de l'air pour les véhicules 
Certaines catégories sont carrément interdites en journée en semaine: les véhicules particuliers immatriculés pour la première fois avant le 1er janvier 1997, les véhicules utilitaires légers d'avant le 1er octobre 1997, les deux-roues d'avant le 1er juin 2000. "Non classés", sans vignettes, ils n'ont, depuis le 1er juillet 2016, le droit de circuler que le week-end et en semaine de 20h00 à 8h00. 

Six macarons sont prévus pour les voitures particulières 
vert pour "zéro émission" (véhicules électriques ou à hydrogène), 
puis numérotés du "1" violet (normes Euro 5 et 6 essence) au "5" gris (Euro 2 diesel). 

L'objectif assumé de la coalition PS-écologistes radicaux est de "diviser par deux" le nombre des voitures qui roulent dans la capitale
Il est aussi de bannir le diesel d'ici à 2020

Un dispositif contraignant qui "a montré son efficacité" 

Les certificats de qualité de l'air pour les véhiculesLa ministre de l'Ecologie, Segolene Royal présente la vignette "Crit'Air", le 5 janvier à Paris La mise en place de ces vignettes "va nous servir à reconquérir la qualité de l'air au quotidien", promet Christophe Najdovski, adjoint EELV aux transports. 

Pendant les pics de pollution, la circulation alternée sera remplacée par une circulation différenciée, "les véhicules les moins polluants pourront continuer à circuler quand les plus polluants devront rester au garage", a-t-il prévenu. 
"Ce que nous faisons, Berlin le fait depuis 2008, se justifie-t-il. Près de 200 villes en Europe ont déjà mis en place ce type de zones, qui ont montré leur efficacité", insiste l'élu écologiste. 

Crit'Air a été mis en place à la mi-2016 par Ségolène Royal, ministre de l'Environnement pour mise à disposition de toute commune souhaitant se déclarer en ZCR. 
La ministre de l'Environnement Ségolène Royal a imposé aux préfets de généraliser par arrêté les règles de "circulation différenciée" d'ici au 7 avril. 

La vignette n'est pas une taxe, mais a un coût de 4,18 euros...
La ministre assure que cette ponction ne représenterait que "le coût de l'impression", si elle n'a pas négocié de tarifs dégressifs en fonction du nombre d'automobilistes taxés. Leur satisfaction est de pouvoir l'obtenir sur www.certificat-air.gouv.fr. et de l'imprimer à leurs frais ? Voyez le code QR qui vous permet de l'imprimer à la maison en faisant économiser 4,18 au gouvernement... C'est en quoi la vignette est un "acte citoyen" !

Un gentil policier pédagogue nous montrera à l'aide d'un dépliant sur les "vignettes" anti-pollution comment vous flatter de posséder un véhicule propre et de ne pas vous faire pointer du doigt dans votre quartier comme détenteur d'une caisse qui pue.
Afficher l'image d'origineSelon le ministère de l'Environnement, 860.000 vignettes avaient été commandées par des  particuliers d'Ile-de-France et "bons citoyens" ostentatoires, à la date du 13 janvier; deux millions en France. Ce sont les délais d'impression, entre commande et réception, qui justifieraient en partie la mansuétude des autorités pendant quelques mois, selon plusieurs sources. Car il n'est pas question pour la presse aux ordres de tacler le pouvoir sur son défaut d'anticipation...

Un arrêté doit également être pris par la préfecture et la mairie pour la mise en place de la sanction. 
L'adjoint EELV anti-pollution
Nadjovski avec David Belliard,
lors d'un kiss-in à Paris
Mais les véhicules interdits "seront verbalisés dès lundi", a ajouté Christophe Najdovski, à droite sur la photo de gauche, ci-contre.  Contrôle de police dans le cadre des opérations anti-pollution, le 10 janvier 2017 à Paris Les amendes iront de 68 à 135 euros, selon les catégories de véhicules. Quelque 600.000 véhicules roulent chaque jour à Paris, dont 100.000 camionnettes et poids-lourds et 100.000 deux-roues. 

S'ajoutant aux mesures de piétonnisation qui déjà font grincer des dents, 
ce nouveau dispositif suscite la colère de certains. 
Des vignettes "Crit'Air" anti-pollution, photographiées le 2 juin 2015

La Fédération Française des Automobilistes Citoyens (FFAC) a appelé à une manifestation dimanche à Paris pour dénoncer le "trop peu d'effets" contre la pollution d'une mesure qui "pénalise les plus modestes"

La Fédération des Motards en Colère appelle à un rassemblement lundi "contre les ZCR" pour demander à la mairie de Paris de "reconnaître le 2 roues motorisé comme une alternative aux bouchons franciliens et l'autoriser à circuler dans la capitale".

lundi 24 novembre 2014

Première mobilisation des "Familles plumées" contre les atteintes aux allocations et au congé parental

Après la révolte des "pigeons", les familles volent dans les plumes du pouvoir socialiste

Opposé à la destruction de la politique de la famille,
ce collectif a appelé à des rassemblements, dimanche 23


Laurence Rossignol (PS) s'est faite voler dans les plumes
Dans une cinquantaine de villes, les "Familles plumées" avait organisé leurs premières manifestations contre la réforme du congé parental et la "modulation" des allocations en fonction des revenus. Ces deux mesures font partie du projet de budget de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2015, qui sera examiné en deuxième lecture à l'Assemblée nationale à partir de lundi. A Versailles (Yvelines), la mobilisation a été particulièrement réussie.
C'est devant le Palais Bourbon que 250 personnes (selon la police...), se sont réunies, scandant "Matraquage fiscal, malaise familial" ou encore "Congé parental, libre choix familial", avant d'asperger de plumes le bâtiment. "A partir du moment où on touche à l'universalité des allocations familiales, on met en danger les finances des familles", a dénoncé Julie Graziani, porte-parole du collectif des "Familles plumées".

Selon un sondage IFOP de samedi, 81% des Français jugent que la politique fiscale du gouvernement pénalise "fortement" les familles

Dans la foule, de nombreux manifestants ont brandi des drapeaux de la Manif pour tous, compétent en matière de mobilisation pacifique. Près de Paris, la police a également dénombré 200 personnes, rien qu'à La Défense. "Les sondages montrent que les Français rejettent en bloc la politique fiscale du gouvernement à l'égard des familles," a fait valoir la porte-parole Julie Graziani. 

La modulation des allocations familiales dénoncée, même à gauche

Sur les réseaux sociaux, c'est le troisième sujet de discussion.  Preuve que les Français sont tous attachés depuis 1945 aux allocations familiales et leurs conséquences sur la natalité. Les restrictions au versement des allocations aux familles en fonction de leur nombre d'enfants ont été voulues par la majorité présidentielle et votées par l'Assemblée nationale, mais leur esprit déplaît sur le fond, mais aussi dans la forme, avec l'hypocrisie du terme "modulation".
"La polémique est inhérente à toute décision politique aujourd'hui", minimisait, jeudi soir, la secrétaire d'Etat à la Famille, Laurence Rossignol (PS), une féministe sans enfants. 

Portée par les députés socialistes, ces dispositions ne font pas l'unanimité à gauche. 
Sur BFMTV, l'ancien ministre de l'Education nationale Benoît Hamon a regretté qu'on touche à l'universalité des droits. "Si demain on ne réserve les droits et les prestations qu'aux familles les plus modestes et que l'on réclame l'impôt à tous, on affaiblit le consentement à l'impôt et à la solidarité", a souligné le député PS des Yvelines. Mais il ajoute : cette économie "évite en tout cas que l'on remette en cause la prime à la naissance".

La maire de Paris désapprouve pas "les modalités de mise en oeuvre" de la réforme, pourtant "pas choquante". "Aujourd'hui, il y a un problème de pouvoir d'achat. Vous avez des familles qui ont 40, 45% de leurs revenus qui partent en impôts. A Paris, vous avez des familles dont 30 à 40% du revenu partent en logement. Compte tenu de ces problèmes, je souhaiterais beaucoup plus de progressivité" dans l'application de la mesure, a affirmé Anne Hidalgo (PS)" sur France 2.
Sur Sud Radio, la députée PS des Deux-Sèvres Delphine Batho a dit son opposition. "Il y a un problème d'écart de richesse pour élever les enfants au niveau des familles. Mais c'est au niveau de la fiscalité, avec le quotient familial qu'il faut agir, pas en remettant en cause l'universalité des allocations familiales", a défendu la ministre limogée du gouvernement en 2013 pour avoir critiqué le budget de son ministère (Ecologie).
Les radicaux de gauche, qui doivent décider dans la soirée s'ils restent dans la majorité, et les écologistes ont fait savoir de leur côté qu'ils étaient partagés.

Les syndicats rejettent l'ensemble de la réforme


Les syndicats ont rejeté ce vendredi une modulation des allocations familiales en fonction des revenus car, à leurs yeux, elle remet en cause le principe d'"universalité" de la sécurité sociale et amplifie "l'injustice" envers les familles. 
Sans surprise, pour la CFDT, "il est important que le gouvernement puisse affirmer le sens de la politique familiale et ce n'est pas par des ajustements incessants qu'il va arriver à le faire". 
Selon FO, "le gouvernement confond la politique familiale qui a pour objectif de maintenir un taux élevé de natalité avec une politique fiscale qui est de nature redistributive", or il "a renoncé à une réforme fiscale". 
La CFTC "ne peut l'accepter alors que de plus en plus de Français ne croient plus en notre système de protection sociale" et que "de plus en plus de ménages issus de la classe moyenne souhaitent se retirer de ce système qu'ils jugent injuste". 
Enfin dès jeudi, la CGT avait également condamné cette mesure "contraire à l'esprit même de la sécurité sociale".

Les associations familiales vent debout

D'autres dénoncent une
ouverture de "la boîte de Pandore". Sur BFM TV, Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche (PG), juge "dangereuse" la fin de l'universalité de l'allocation aux familles. "Demain, c'est le remboursement des médicaments qui ne sera pas le même suivant les revenus". 
Pour le secrétaire national du PCF Pierre Laurent, l'exécutif "met le doigt dans un engrenage très dangereux".

Avec la droite, tout le monde est contre ces mesures, mais les élus socialistes les votent...

samedi 30 novembre 2013

La "marche fiscale" de l'extrême gauche, prélude à une révolution en 2014, selon Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon : "La France est en 1788" 

L’appel de Jean-Luc Mélenchon à une "marche fiscale", ce dimanche après-midi à Bercy, sera-t-il suivi ? 
Révolution fiscale : après la Bastille, la prise de Bercy, en 2014
A ses yeux, le principal responsable de l’exaspération populaire a un nom : Hollande. Pour le leader du Parti de gauche, allié du PCF, le président n’entend rien aux "souffrances"des Français.

Le report d’application de l’écotaxe (aucune date n’est encore fixée, 2015 depuis vendredi, selon S.Le Foll), est-ce une sage décision ?
Jean-Luc Mélenchon. C’est incroyable de voir à quelle vitesse les patrons sont entendus à l’Elysée… au contraire de nous qui demandons le gel de la TVA en vain !

Pourtant, vous avez plutôt approuvé la réforme fiscale annoncée par Jean-Marc Ayrault ?
J’ai été content qu’il l’annonce car c’était une demande du Front de gauche. 
Mais je les crois capables de renvoyer le problème à plus tard puisque le chef de l’Etat a déjà annoncé que la réforme durerait tout le quinquennat. Alors, il leur en cuira ! Les Français ne sont pas des imbéciles que l’on peut gruger avec quelques bonnes paroles. Le gouvernement ferait bien de comprendre qu’il n’est pas dans les jeux d’un congrès du Parti socialiste mais face à un pays qui souffre avec des millions de gens qui commencent le mois dans le rouge et un désespoir social terrible.

Quel est le but de la marche fiscale sur Bercy ce dimanche ?
D’abord, regrouper un maximum de gens de divers horizons pour dessiner une sortie par le haut à la crise actuelle. Nous réclamons une réforme fiscale obéissant à un principe simple : tout le monde paye et plus on gagne, plus on paye. Dans l’immédiat: abolition de la hausse de la TVA en janvier. Les gens ne se méfient pas car le chef de l’Etat les a embrouillés avec le taux à 20 %. Il ne leur a pas parlé du taux qui va passer de 5,5 à 10 % pour un tas de petites choses de la vie quotidienne. L’augmentation de la TVA va coûter en moyenne 428 € par an pour une famille de quatre personnes. Cela va porter sur les médicaments non remboursables, les maisons de retraite, la consommation d’électricité, les transports. Bref, encore des sacrifices.

Vous plaidez pour réhabiliter l’impôt. Croyez-vous que les Français vous suivent sur ce terrain ?
La France est en 1788. Le système de l’impôt est rejeté par tout le monde car tous savent qu’il protège les privilégiés fortunés. Pourtant, il n’y a pas d’alternative : sans impôt, il n’y a plus d’Etat. Il faut donc établir un impôt universel et juste. Et abolir les privilèges. Tous les efforts reposent sur la classe moyenne. Les très riches et les très grandes entreprises ne contribuent pas à la hauteur de leurs moyens. Au contraire, ils se servent à pleines mains. Voyez le cas de M. Varin (patron de PSA) !

Il a renoncé mercredi à sa retraite chapeau. Est-ce le signe que les patrons se sont autorégulés dans ce domaine ?
Entre la retraite chapeau de 21 millions pour M. Varin et les 50 millions pour cinq cadres de PSA, cela fait plus de 70 millions ! C’est exactement la somme dont le gouvernement a décidé de faire cadeau à l’entreprise PSA sous couleur de crédit d’impôt compétitivité. Cette somme va être puisée dans les 20 milliards de crédits compétitivité que l’Etat donne dès cette année aux très grandes entreprises. Comment est trouvée cette somme ? Par la hausse de la TVA ! Autrement dit, en janvier vous allez payer tout plus cher [sans aucun lien direct pourtant: quel est en revanche le coût des "contrats aidés"? 2 milliards en 2012 et encore 3 milliards en 2014] pour que M. Varin puisse prendre sa grosse retraite ! On le voit : le problème dans ce pays ce n’est pas le coût du travail, c’est le coût du capital.

Faut-il interdire les retraites chapeaux ?
Evidemment. Ces gens viennent de se distribuer entre eux de quoi payer 1 000 personnes au SMIC, pendant trois ans, précisément les 1 000 salariés de PSA qui restent sans emploi ! C’est monstrueux ! Il faut établir une échelle des revenus dans l’entreprise. De 1 à 20 d’écart par exemple, retraites incluses. Au lieu de poser cette limite, le gouvernement s’en est remis à l’autorégulation des grands patrons. Je ne parle pas des petits dirigeants de PME qui se payent difficilement de 1 500 € à 4 000 € par mois ! Je dénonce les gros bonnets du CAC 40 liés à la finance. François Hollande avait promis la taxe à 75 % et une échelle maximum de salaires. Pour finir il n’a rien fait et il ne fera rien. Hollande c’est le président des patrons.

Le recul du chômage en octobre, annoncé vendredi, semble donner raison à Hollande?
Mais c’est faux ! Il y a deux mois, on nous a déjà fait le coup, mais c’était en fait un bug [de SFR?].  Et maintenant ? Le nombre de gens qui n’ont pas fait une seule heure de travail a diminué. Ou sont-ils passés ? Dans les contrats ultracourts ! En septembre et octobre, c’est l’effet vendanges, c’est-à-dire des gens qui ont fait un petit travail saisonnier. Voilà pourquoi les chiffres sont bons. Encore une nouvelle carabistouille !

Vous avez lancé vendredi les municipales à Paris. Une partie des communistes a déjà rejoint Anne Hidalgo. Le programme de votre parti est-il si différent du sien ?
A Paris, c’est un programme de radicalités concrètes que porte notre candidate, Danielle Simonnet (le PCF de Paris a préféré s'allier dès le premier tour aux listes du PS) avec pour problème n°1 la cherté des loyers. Mme Hidalgo, c’est la liste Hollande. Des mots ! Exemple : elle s’engage sur 30 % de logements sociaux dans… trente ans. Autant promettre que les poules finiront par avoir des dents. Nous devons être l’alternative. Je n’irai soutenir que des listes autonomes au premier tour, et aucune autre.

A Montreuil, le renoncement de Dominique Voynet [56 ans] change-t-il vos plans ?
Non. On comprend ce qu’elle a pu ressentir : le PS l’a trahie. Le Front de gauche a choisi Patrice Bessac et nous allons l’aider. Nous accepterons sans doute le PS sur nos listes au second tour… Approuvez-vous les candidats PS qui se présentent contre des sortants communistes en Seine-Saint-Denis ? Cela démontre l’hypocrisie sournoise des solfériniens (du siège du PS, à Paris). Les mêmes qui poussent des cris d’égorgés quand on présente des listes autonomes en agitant le danger de l’extrême droite sont ceux qui présentent des listes contre nos amis.

Faut-il pénaliser les clients des prostitués ?
Je suis pour. Car on a essayé tout le reste en vain. Essayons de tuer le marché en éliminant la clientèle. Je demande à ceux qui considèrent que la prostitution est un métier s’ils le proposeraient à leurs filles, leurs fils ou leurs épouses ?