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mardi 11 février 2020

Le Haut conseil à l’égalité dit non à l’assistance sexuelle aux personnes handicapées

La secrétaire d’Etat Sophie Cluzel, bloquée dans son délire

L’assistance sexuelle des personnes handicapées qui inquiète le Haut conseil à l’égalité avait été relancé dimanche par la secrétaire d’Etat Sophie Cluzel.


Dans un communiqué publié mardi, le Haut conseil à l’égalité estime que le recours à des aidants sexuels pour les personnes handicapées  est assimilable à de la prostitution

Le Haut conseil à l'égalité (HCE) "s'oppose fermement" à la proposition de la secrétaire d'État Sophie Cluzel de permettre le recours à des assistants sexuels pour les personnes handicapées. Dans un communiqué publié mardi, l'instance estime que "légaliser l'achat de services sexuels serait contraire à notre législation contre l'achat de la prostitution".

Lors du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos dimanche dernier, Sophie Cluzel avait expliqué que des aidants sex
Quels existent déjà en Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse. "Moi, je suis très favorable à ce qu'on puisse accompagner [la] vie intime, affective et sexuelle" des personnes handicapées, avait indiqué cette mère d'une enfant trisomique.

Objection "ridicule"

En recourant à des assistants sexuels, il ne s'agit pas "d'ouvrir un réseau de prostitution, cette question est totalement ridicule, à côté de la plaque", avait assuré la secrétaire d'Etat qui a saisi le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) sur la question.

"La création d'aidant.e.s sexuel.les, c'est-à-dire d'hommes mais surtout de femmes, formé.es et employé.es pour fournir des prestations sexuelles, est une forme de légalisation de la prostitution", affirme de son côté le Haut conseil, mardi.

"Le HCE exhorte le gouvernement à ne pas dissocier la légitime aspiration de toute personne, quel que soit son état de santé ou de handicap, à une vie affective et sexuelle dans le respect de l'autre combat contre l'exploitation des êtres humains et la marchandisation des corps", conclut l'instance.

mercredi 27 mars 2019

Violences contre les Roms : la communauté musulmane est-elle lavée de tout soupçon ?

Après des rumeurs de rapts d'enfants et de traffic d'organes, les media mettent en cause les réseaux sociaux !

"Chasse aux Rom" en Seine-Saint-Denis : 
19 personnes en garde à vue


Des inconnus ont mené des expéditions punitives contre la communauté Rom, après une rumeur selon laquelle des Tziganes auraient tenté d’enlever des enfants et des adolescents dans les rues de leurs villes. 

Dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 mars, plusieurs individus ont alors tenté de mener des expéditions punitives contre la communauté Rom en Seine-Saint-Denis. 

Un dispositif de sécurisation a été mise en place sur le département par les effectifs locaux de la Bac en Seine St Denis et à Paris.Le fait démographique marquant est que la moitié de cette population se trouve concentrée dans cinq départements de la région parisienne. Si l'on y ajoute une dizaine de départements de province, comprenant notamment les agglomérations de Lille, Marseille, Lyon, Nantes, Toulouse, Nice, Strasbourg, Montpellier et Grenoble, on parvient à 85 % des implantations", expliquent les rapporteurs. Enfin, ceux-ci ont estimé la population rom à plus de 20.000 personnes, "fourchette basse" de l'estimation faite par les associations qui oscille entre 15.000 et 20.000. "Cette incertitude sur 20 % à 25 % de la population ne peut pas être réduite en raison de l'imprécision et de l'hétérogénéité des types de décomptes actuels." 
La vérité se situerait de fait à 350.000 Rom en France. Valls, le ministre socialiste de l'Intérieur avait provoqué des cris d'orfraie, en niant la volonté d'intégration d'une majorité de Rom. Tout en donnant "raison au ministre de s'inquiéter de l'exaspération de nombreux citoyens", le député Razzi Hammadi a précisé qu'il n'aurait "pas employé les mêmes mots".

Entre 20 heures et 3 heures du matin, au moins 3 expéditions ont eu lieu dans le département. 
A Clichy sous Bois (38,33 % d'immigrés), une vingtaine d’individus armés de bâtons se sont introduits dans un pavillon squatté par 23 membres de la communauté Rom qui ont dû prendre la fuite. Poursuivis par les malfaiteurs, ils se sont réfugiés dans une grande surface située à proximité. Cette agression a conduit à l'interpellation de 5 hommes, dont rien n'a filtré sur l' identité. Deux policiers ont été légèrement blessés.

A Bobigny (38,55 %), une cinquantaine d’individus armés de couteaux et de bâtons ont incendié 2 camionnettes de Rom et un véhicule particulier, en bordure de la nationale RN3. Les forces de l'ordre ont interpellé 7 "personnes" qui ne semblent pas avoir quelle que caractéristique ethnique que ce soit. 
Dans cette même ville, une rixe a éclaté entre des Rom et une quinzaine d’"individus" armés qui avaient suivi une camionnette. Cela a donné lieu à 5 interpellations. Des incidents ont également été signalés à Aubervilliers (42,83 %), Noisy-le-Sec et Bondy (30,90 %). Etrangement, les victimes sont interpellées et identifiées, mais les agresseurs ne le sont pas...


Ces faits font suite à une rumeur qui circule dans le département de Seine-Saint-Denis depuis quelques jours, selon laquelle des personnes de la communauté Rom tenteraient d’enlever des enfants et des adolescents dans les rues de leurs villes. La préfecture a déjà communiqué en indiquant qu’il s’agissait d’une 'fake news'.
La police a eu besoin de nombreux renforts tout au long de la soirée. Les forces de l'ordre ont procédé à l'interpellation de 20 individus. Mardi soir, 19 suspects étaient placés en garde à vue.

Les chiffres ne sont pas une information sur les auteurs des "infox". 
Alors que les députés de la majorité présidentielle se répand sur les media accueillant pour certifier que tout va mieux qu'avant, quel que soit le domaine considéré, les statistiques ne servent qu'à masquer l'embarras du pouvoir qui veut, par peur, éviter l'affrontement avec la population à dominante musulmane de Seine-Saint-Denis. Elle se dit chez elle dans le 9.3, à l'exclusion de tout autre.

Le gouvernement dénonce des "dérives inacceptables". Et puis voilà !

Benjamin Griveaux a rappelé "la nécessité absolue de lutter contre les 'fake news'". De son côté, le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre s'est déclaré "très favorable" à des sanctions financières à l'encontre des réseaux sociaux. 

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a qualifié mercredi 27 mars de "dérives inacceptables" les violences qui ont visé des Rom. Face à la rumeur sur les réseaux sociaux et aux expéditions punitives consécutives aux rumeurs d'enlèvements d'enfants et d'adolescents pour des prélèvements d'organes ou pour la prostitution, "il faut qu'on puisse adapter nos réponses, à la fois judiciaires, pénales, à la violence qu'on peut aujourd'hui constater et aux dérives absolument inacceptables qui visent en particulier la communauté rom depuis quelques jours", a déclaré - aussi finement qu'utilement - Griveaux, le représentant du gouvernement à l'issue du Conseil des ministres.


C'est "la démonstration de la nécessité absolue de lutter contre les 'fake news'", a encore commenté Benjamin Griveaux, en soulignant "l'importance de l'information, de la qualité des sources, (...) et du travail journalistique" et le besoin "de faire la différence entre des sites d'information et des sites de propagande, entre des sites d'information qui ont pignon sur rue et des sites complotistes, conspirationnistes". Une analyse conventionnelle et superficielle  faisant une large place, précisément, aux rumeurs de complot partout d'un gouvernement paranoïaque, mais notamment sur Facebook et WhatsApp ou Twitter qui épargneraient les media globalement dignes de fois, comme peuvent l'être les sondages...   

"Il faudra que les réseaux sociaux se donnent les moyens d'être transparents"

Alors que près d'une demi-douzaine de proches collaborateurs de l'Elysée ont des comptes à rendre à la justice pour leur manque de transparence et, rappelons-le, pour dissimulation de conflit d'intérêts ou pour faux témoignages, "c'est aussi le travail (...) des responsables politiques, membres du gouvernement, parlementaires, élus locaux de, en permanence, rappeler la rationalité du débat politique", a ajouté Griveaux. Débat qu'Edouard Philippe et Richard Ferrand reprochent au Sénat de mener sur les affaires Benalla qui impliquent des hommes de confiance de Macron puisque, depuis deux semaines, ces républicains vertueux boycottent les rencontres avec le président du Sénat. 

Le porte-parole souligne en outre que cette séquence trouble tombe à pic pour justifier la volonté du pouvoir macronien de museler les internautes. 
"Quand on voit que ce type de rumeurs, propagées de manière extrêmement virale et extrêmement organisée sur les réseaux sociaux, ont pour conséquence de la violence, la stigmatisation d'une communauté (...), c'est évidemment détestable", a ajouté le porte-parole du gouvernement. 


Le parti du président élude la question de l'identité présumée des auteurs de la rumeur

Se retranchant dans l'amalgame fourre-tout et systématique des "fake-news"sur internet, le chef de peloton des députés En Marche !, Gilles Le Gendre, s'est dit "très favorable" à des sanctions financières à l'encontre des réseaux sociaux"le cas échéant (...)même si "techniquement, c'est très compliqué de déterminer qui est derrière tout cela," admet, en même temps, le député finaud de Paris. "Il faudra que les réseaux sociaux, les plateformes se donnent les moyens d'être très transparents sur ces sujets-là", a-t-il ajouté, mercredi matin sur Franceinfo. LREM délègue à d'autres à chaque fois que le sujet est sensible : la piste de la rumeur pourrait ainsi passer par les quartiers en guerre permanente avec les Rom.

L'élu LREM a rappelé que les députés avait "un énorme chantier concernant les 'fake news', le complotisme, la manipulation. Nous l'attaquons par petits bouts. Nous allons voter bientôt une proposition de loi sur les propos haineux sur internet. C'est une première étape." 
Les attaques de Rom sont-elles utiles à la justification du projet gouvernemental de mise au pas des internautes ? Alors, leurs auteurs seraient de mèche !...

 

mardi 28 août 2018

Quand les réseaux sociaux permettent l'interpellation du harceleur d'une femme à Paris...

...les contributeurs n'exigent ni paiement, ni cookies !

L
es réseaux sociaux ont largement relayé la vidéo de l'agression 

Femme harcelée et frappée dans la rue à Paris: un suspect interpellé

Ce n'est à ni la police ni à la presse que l'on doit l'arrestation de l'homme
soupçonné d'avoir frappé en juillet à Paris une jeune femme qui venait de répondre sèchement à ses obscénités. Constamment décriés par les journalistes imbus de leur pouvoir, notamment les 'fact checkers', comme de leur statut privilégié qui les rend intouchables, les "gens qui ne sont rien" ont apporté, en toute humilité, une contribution aussi efficace que désintéressée.

Interpellé à sa sortie d'un hôpital psychiatrique, lundi soir, l'homme "correspond au signalement du suspect recherché", a précisé une source policière. La victime doit encore venir l'identifier, a-t-elle ajouté.
Le suspect a été placé en garde à vue à Paris dans le cadre d'une enquête ouverte fin juillet pour des faits qualifiés de "harcèlement sexuel" et "violences avec arme"



La victime est une militante féministe active. "J'ai donc lâché un 'ta gueule' en traçant ma route. Car je ne tolère pas ce genre de comportement. Je ne peux pas me taire et nous ne devons plus nous taire", explique cette étudiante dans sa publication.



Mais "ça n'a pas plu à cet homme", poursuit-elle, expliquant qu'il lui a d'abord "jeté un cendrier dessus", avant de la suivre, de la "frapper au visage en pleine rue, en pleine journée, devant des dizaines de témoins".

L'affaire avait été rendue publique le 25 juillet par un post sur Facebook.
images de vidéosurveillance à l'appui, Marie Laguerre, 22 ans, racontait comment un homme lui avait adressé des "bruits/commentaires/sifflements/coup de langue sales, de manière humiliante et provocante", alors qu'elle rentrait chez elle la veille au soir, dans le Nord-Est de la capitale, les quartiers populaires.
Le suspect a été placé en garde à vue au commissariat du XIXe arrondissement de Paris, dans le Nord-Est.



La victime ressemble étrangement à Marlène Schiappa


Les images de cette agression, en dehors du circuit des organes de presse institutionnelle ont été relayées massivement sur les réseaux sociaux. Ensuite, Marie Laguerre avait pu enchaîner avec des entretiens dans les media français et internationaux. 

La jeune militante a ouvert un site pour recueillir la parole des femmes victimes de harcèlement de rue. Non pas qu'elle soit habile, mais parce que soutenue par des réseaux féministes telles que 'Les Effronté-es', association féministe et LGBT. C'est au nom du féminisme que ses membres défendent la pénalisation du client de prostitué-e au sein de la plateforme associative ''Abolition 2012 menée par les deux associations catholiques du mouvement 'Le Nid' et de la 'Fondation Scelles' (contre la prostitution)...




Ensemble, elles ont lancé une nouvelle plateforme en ligne 
- "Nous Toutes Harcèlement" - pour partager les témoignages similaires de femmes agressées dans la rue. La page Facebook publie les premiers témoignages recueillis, sans contrôle des sources (du nanan pour les 'fact-checkers !). Quiconque tient un blog sait que certains commentaires émanent d'anonymes  qui prétendent apporter la contradiction au titre invérifiable de proches des protagonistes et de témoins visuels, quand ils ne sont pas acteurs secondaires!  Combien, parmi les quelques 500 témoignages actuels, sont-ils recevables ?


C'est L'association féministe "Les effrontées" qui collecte ces messages. Pour Fatima Benomar, sa co-porte parole, cela va permettre d'avoir une autre analyse que celle des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc : "#MeToo a été beaucoup axée sur le viol et le harcèlement sexuel. C'est important que plusieurs luttes s'organisent. Là ce sont des femmes qui s'emparent du sujet spécifique du harcèlement de rue. Tous ces témoignages [subjectifs et sujets à caution]nous permettent de nous rendre compte de nouvelles formes de harcèlement. Beaucoup de femmes noires, par exemple, témoignent en disant qu'elle ont des harcèlements de rue spécifiques." Ces femmes peuvent être musulmanes.

Marie Laguerre veut libérer la parole et surtout déconstruire les idées reçues.
Et d'affirmer : "Les agresseurs, ce ne sont pas des hommes en cagoule au coin d'une rue, qui sont un peu louches. Ce sont des hommes parfaitement intégrés dans la société.Une première contre-vérité grossière, en la personne de son agresseur, un déséquilibré sous traitement .
Mais elle continue. "Je pense que c'est important aujourd'hui aussi de pointer du doigt que ça peut être ton pote, ton frère, ton père ou ton fils, et ce n'est pas facile à accepter. Mais au lieu de les protéger, je pense qu'il faut vraiment ne plus tolérer ces comportements et ça, ça passe vraiment par tous les citoyens. Or, deuxième contre-vérité sexiste, les agresseurs de femmes peuvent aussi bien être des femmes, lesbiennes ou noncopine, soeur, mère ou fille. 



Les parlementaires français ont voté début août une loi contre les violences sexistes et sexuelles. Ils ont créé un
délit d'"outrage sexiste" pour le harcèlement de rue, désormais passible d'une forte amende. 

jeudi 12 avril 2018

Les prostituées dénoncent la pénalisation des clients, "préjudiciable" à leur business

Deux ans après sa mise en place, les prostituées n'y trouvent pas leur compte 

Revenus en baisse, violences en hausse : le compte n'y est pas !
Manifestation contre la pénalisation des clients des prostituées,
le 8 avril 2017 à Paris

La mesure la plus saillante de la loi entrée en vigueur le 13 avril 2016 concerne 
les clients de prostituées sur la voie publique qui risquent une amende de 1.500 euros, voire 3.750 euros, en cas de récidive.
Les travailleuses du sexe jugent "préjudiciable" la loi qui pénalise leurs clients, révèle une enquête auprès de plus 600 prostituées publiée par des associations et des ONG, jeudi.
La peur du gendarme coupe la chique des clients, dont le nombre diminue, ce qui provoque une baisse de leurs revenus, pointe l'enquête coordonnée par Médecins du Monde et publiée notamment par l'association Aides, le Planning familial et le Syndicat du travail sexuel (Strass).

Entre avril 2016 et mars 2018, 2.354 clients ont été verbalisés par les forces de l'ordre à travers la France.

En outre, la loi a provoqué une pression à la baisse sur les prix: plus rare, le client "impose plus souvent ses conditions", car c'est lui "qui prend des risques".
L'enquête relève d'ailleurs que 78,2% des travailleuses du sexe interrogées ont constaté une baisse de leurs revenus.
Yang Ma, une travailleuse du sexe chinoise dans le quartier parisien de Belleville, confirme cette tendance. "Avant, je me faisais jusqu'à 400 euros par jour, mais aujourd'hui j'arrive difficilement à 100 euros," assure cette pro d'une cinquantaine d'années.

La raréfaction de la clientèle pousse aussi les prostituées à accepter des clients qu'elles "n'auraient pas acceptés autrefois, quitte (...) à risquer une plus forte exposition aux violences" et à des pratiques sexuelles à risques. 
Ainsi, le refus du préservatif "redevient un enjeu de négociations avec le client" et "certains femmes acceptent parce qu'il faut bien payer le loyer".

Au total, 62,9% des personnes interrogées pour l'enquête "constatent une détérioration de leurs conditions de vie depuis avril 2016", qui se manifestent notamment par un stress plus élevé, de la fatigue, voire un état dépressif. 
La réglementation sur la pénibilité au travail prévoit des mesures pour la prévenir et la compenser. Les facteurs de risque associés sont les contraintes physiques marquées, l'environnement physique agressif, les rythmes de travail. Or, les travailleurs, travailleuses (selon l'expression d'Arlette Laguiller, députée européenne retraitée) du sexe ne sont pas encore organisées en entreprise que la loi oblige à prévenir la pénibilité au travail, quelles que soient sa taille et leurs activités. Lorsqu'un salarié est exposé à des facteurs de pénibilité au-delà de certains seuils, l'employeur doit établir une déclaration. Le salarié bénéficie alors d'un compte professionnel de prévention (C2P) sur lequel il peut accumuler des points : la rémunération au mérite ?
Autre temps, autres moeurs : la provocation a changé de camp

L'abrogation du délit de racolage constitue une autre avancée de la loi, mais, note l'enquête, au niveau local "des villes continuent d'appliquer des arrêtés visant à empêcher le travail du sexe dans certains quartiers".

Les relations avec les forces de l'ordre s'en ressentent: la police est vécue soit comme "une gêne dans le travail", soit exerçant une forme d'intimidation" visant à ce que les travailleuses du sexe "dénoncent" leurs clients.

Certaines prostituées étrangères ajoutent une multiplication des contrôles d'identité, comme à Belleville, par exemple.
Dans la crainte que des policiers lui demandent ses papiers, Yang Ma, qui est une clandestine et travailleuse en situation irrégulière, dit attendre la tombée de la nuit pour travailler, "mais là c'est dangereux, il y a beaucoup d'insécurité".

La loi d'avril 2016 met enfin en place des "parcours de sortie de la prostitution" qui prévoient, entre autres, une aide à l'insertion professionnelle, une aide financière de 330 euros mensuels, versée par l'Etat - comme diraient Hollande et Macron- et une autorisation provisoire de séjour minimale de six mois.

Mais les travailleuses du sexe interrogées veulent cumuler les ressources : les gourmandes refusent que l'abandon de leur activité soit retenue comme l'une des conditions impératives à l'attribution d'un "parcours de sortie", avec les aides afférentes. Le volet financier de l'aide leur paraît "très irréaliste" et la mise en place des commissions qui doivent valider les demandes de "+parcours de sortie+ est très lente depuis avril 2016".

Aiying regrette, elle, un manque d'information. "Personne n'est venu nous voir pour nous expliquer comment ça marche", explique-t-elle, tout en estimant que 330 euros "ça n'est pas suffisant pour vivre".

Au total, 583 prostituées et prostitués ont répondu à cette "enquête qualitative", tandis que 70 autres ont participé à des "entretiens longs".

jeudi 1 février 2018

L'INSEE intègre le trafic de drogue dans son calcul du PIB

La croissance décolle !

Une demande de l'institut européen Eurostat et une décision de Macron qui booste le PIB

Le trafic de drogue bientôt pris en compte dans la richesse nationale. / DDM Illustration Th. Bordas
La police va-t-elle encore pouvoir entraver la ...croissance ?
Le débat est relancé sur la pertinence du PIB comme outil de mesure économique ! L'Insee a décidé d'intégrer le trafic de drogue dans le Produit intérieur brut (PIB), indicateur de richesse intérieure et de croissance, laquelle a enregistré une "hausse", aux dires de Bruno Le Maire...

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) va "tenir compte de la consommation de stupéfiants et des activités liées à cette consommation sur le territoire national", a annoncé l'organisme public, mardi, dans un communiqué consacré à une série de modifications comptables actées par l'institut.

"Quelques milliards", une misère

Cette prise en compte, faite "à la demande" de l'institut européen des statistiques Eurostat - direction générale de la Commission européenne chargée de l'information statistique à l'échelle communautaire - et destinée à aligner les statistiques françaises sur celles "des autres pays européens", entraînera "une révision en très légère hausse du niveau du PIB", prétend l'INSEE. En somme, un non-événement ?

"Il s'agira de révisions à la marge", a insisté Ronan Mahieu, le chef du département des comptes nationaux de l'institut public. Il a évoqué "quelques milliards" d'euros, à rapporter aux 2.200 milliards d'euros du PIB français. "Ça n'influera pas sur le chiffre de la croissance" en 2017, a-t-il par ailleurs raconté.

Les nouvelles données seront intégrées aux chiffres du PIB révisés et détaillés, qui seront publiés en mai. La révision portera sur les résultats depuis 1947.
Jusqu'à 23% du PIB au Maroc
C’est une bombe qu’a lancée l’an dernier le département d’État américain. Il a affirmé dans un rapport que la production de cannabis au Maroc équivalait à 23 % du PIB. En 2016, ce dernier s’élevait à 93 milliards d’euros. Le PIB marocain devrait donc être augmenté de quasiment un quart afin de prendre en compte le poids de l’économie souterraine du narcotrafic. On estime que le Maroc produit chaque année 700 tonnes de résine de cannabis.
Les Français sont de petits bras, suggère Eric Heyer, directeur du département analyses et prévisions à l’OFCE. Il l'affirme, "la modification ne chamboulera donc pas les comptes de la nation" : elle mettra du beurre dans les épinards de Bercy et dans les manipulations occultes de l'INSEE.
Et bientôt la prostitution aussi ?

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L'argent de la misère sexuelle n'a pas d'odeur
La décision de l'Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L'institut statistique européen avait alors demandé aux Etats membres d'intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu'il s'agissait de ...transactions commerciales consenties librement.

L'objectif était d'harmoniser les données fournies par les pays européens, ces activités étant considérées comme légales dans certains Etats, à l'image des Pays-Bas, ce qui gonfle leur PIB, alors qu'on ne noterait que des effets à la marge ailleurs - selon Ronan Mahieu, et illégales dans d'autres.

L'Insee a pour l'heure refusé de comptabiliser la prostitution - en attendant que la GPA (gestation pour autrui), autre "transaction commerciale consentie librement", passe dans la loi -, estimant que le consentement des prostituées n'était "probablement pas vérifié". "Sur ce point, nous maintenons notre position", a indiqué Ronan Mahieu, 44 ans, droit dans ses bottes.

jeudi 7 juillet 2016

Calais: la Commission nationale consultative des droits de l’homme fait la leçon à Hollande, donneur de leçons

La CNCDH demande de nouveau la dénonciation des accords du Touquet

Hollande n'a toujours plus levé le petit doigt depuis 2015

Droits de l'Homme
La Commission nationale consultative des droits de l’homme a rédigé un nouvel état des lieux après être retournée sur place, un an après avoir rendu public un rapport sans concession sur la jungle de Calais. Encore 48 recommandations… 
La situation a évolué depuis 2015, suite à des aménagements imposés aux services de l’Etat par Conseil d’Etat ou décidés par le ministère de l’intérieur. 

Pourtant, les droits de l’homme ne sont toujours pas respectés dans cet immense bidonville où stationnent des milliers de migrants illégaux afghans, soudanais, érythréens, syriens ou koweïtiens. La situation s’y est même tendue depuis mars, après l’évacuation forcée de la moitié sud de la zone, sur ordre préfectoral. Depuis, la surpopulation dans la moitié nord de la jungle fait à tout moment craindre des bagarres, mais aussi des incendies, redoutés par la CNCDH.

C’est sur cette toile de fond qu'a été dressé le bilan qui fait l'objet d'un rapport de l’instance consultative, chargée de rappeler à l’Etat les obligations qu’il a prises en matière de droits de l’homme. 

Ce travail se félicite d'avancées effectuées sous sa pression, mais fait aussi le compte de ses demandes de l’an dernier laissées de côté et s’attaque aux manquements actuels… Or, selon l’instance, il faudrait que l’Etat entende encore une liste de 48 recommandations pour que la vie dans la jungle de Calais ne soit plus attentatoire aux droits fondamentaux. Autant dire que l'exécutif doit mettre les bouchées doubles.

Le Brexit renforce la nécessité de débattre urgemment des accords bilatéraux

Comme en 2015, la première recommandation de la CNCDH a peu de chance d’être entendue. Créée en 1947 pour éclairer l'action du gouvernement et du Parlement, l’autorité administrative française réitère avec force sa demande de "dénonciation des traités et accords dits du Touquet et de Sangatte, ainsi que la dénonciation du protocole additionnel de Sangatte". Christine Lazerges, présidente de la CNCDH:
"Signés il y a dix ans, les accords du Touquet ont permis au Royaume-Uni, ni plus ni moins, de déplacer leur frontière sur le sol français. Des milliers de migrants se retrouvent bloqués; le littoral français est devenu une zone d’attente et la contribution financière britannique est complètement dérisoire au regard des besoins pour proposer des conditions de vie dignes aux migrants. Le contexte actuel, depuis le vote des Anglais en faveur du Brexit, ne saurait être pris comme excuse pour reculer ou éviter tout débat sur ces accords bilatéraux." 
D’autant que, pour la CNCDH, "du fait de l’externalisation des contrôles frontaliers britanniques sur le sol français, le Royaume-Uni ne sera quasiment jamais compétent pour traiter des demandes d’asile"… Par voie de conséquence, les accords et arrangements administratifs bilatéraux empêchent le dépôt des demandes d’asile au Royaume-Uni, ce qui est "une atteinte à la substance même du droit d’asile", déplore le rapport.

En matière de respect du droit à s’installer en Grande-Bretagne, la Commission "recommande aux pouvoirs publics de poursuivre leurs efforts dans le sens d’une application systématique de la clause humanitaire de l’article 17.2 du règlement Dublin III". En vertu de laquelle la France peut demander au Royaume-Uni "de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment sur des motifs familiaux ou culturels". La France se targue de le faire, certes, mais l’avancée des dossiers tend à montrer que c’est seulement du bout des lèvres. Pour les adultes comme pour les mineurs qui ont un parent en Grande-Bretagne.

Détérioration des relations autorités-associations

La CNCDH rend hommage au "travail exceptionnel réalisé par les associations présentes jour après jour sur le terrain". L'Etat s'en remet aux associations subventionnées et aux bénévoles qui assurent en effet toujours des missions qui devraient revenir à l’Etat. Qu’il s’agisse de l’accès aux soins de prévention, de la distribution de nourriture, de celle de vêtements ou de matériel de camping, si les associations n’étaient pas là, des pans entiers de ces besoins de base ne seraient pas couverts. D’ailleurs, une des recommandations porte sur la nécessaire distribution par l’Etat d’un deuxième repas quotidien. Aujourd’hui, un seul est servi par la solidarité nationale aux illégaux.

L'organisation déplore en outre que les relations entre les associations humanitaires et les autorités se sont tendues au fil de l’année. "Contrairement à ce qu’était la situation en 2015, la délégation de la Commission a eu l’impression très négative d’une détérioration des relations", ce qui provoque " une dispersion des initiatives", rappelle-t-elle.

Si elle apprécie la création du centre d’accueil provisoire (CAP) sur place et aussi la mise en place de centres d’accueil et d’orientation (CAO) ailleurs en France, la CNCDH préconise une montée en gamme de ces deux types d’hébergement. Dans le premier, le CAP, il juge nécessaire que "la gestion des espaces de convivialité et de vie" soit concédée à des associations, puisqu'aujourd’hui les conteneurs qui accueillent quelque 1.500 personnes ne sont que des lieux dortoirs.

"La CNCDH a eu connaissance, à plusieurs reprises, du manque d’information des personnes partant en CAO, sur leurs droits et sur les modalités de leur prise en charge", dénonce le rapport. C’est pourquoi elle préconise aussi à Calais "la création d’une maison de l’asile, c’est-à-dire un lieu dédié à l’accompagnement individuel des migrants qui souhaitent rester en France, afin de leur délivrer les informations utiles et de les aider à accomplir les premières démarches relatives à la demande d’asile ou encore à préparer un départ vers un CAO".

Le cas sensible des mineurs isolés

Elle demande aussi, même si ce droit ne figure nulle part dans la loi sur l’asile du 29 juillet 2015, que, une fois dans ces structures, ils bénéficient d’un enseignement précoce de la langue française. Les textes de loi ne prévoient cet enseignement qu’une fois que les illégaux sont déclarés réfugiés.

Toute une partie du rapport porte sur le cas des mineurs isolés. Un des problèmes majeurs de Calais aujourd’hui, et un sujet dont le gouvernement n’a pas encore pris la mesure. La CNCDH recommande, comme tous ceux qui ont travaillé le sujet avec elle, la mise à l’abri, la délivrance d’une information sur leurs droits, afin que ces jeunes soient en mesure de renoncer de façon éclairée à passer en Grande-Bretagne…

Par ailleurs, la CNCDH écrit avoir "été informée à plusieurs reprises de
soupçons de commission de faits de traite et d’exploitation (prostitution, mendicité forcée…), notamment à l’encontre de femmes et d’enfants vivant dans la jungle de Calais. S’agissant plus spécifiquement des mineurs isolés étrangers, la récente étude d’Olivier Peyroux pour l’Unicef conclut aussi à l’existence "d’un risque potentiel de traite" après avoir constaté des cas d’exploitation sexuelle (masculine et féminine), d’incitation de mineurs à commettre des délits et d’exploitation économique", insiste le rapport. 

En dénonçant l'insouciance de l'Etat-PS, la CNCDH joue là encore un rôle d’alerte sur ce sujet de l’esclavage moderne qu’elle fait doucement émerger depuis quelques années en France.

vendredi 11 décembre 2015

Régionale : un co-listier EELV de Bartolone est travailleur du sexe

Le candidat se définit comme "pute" et "militant écologiste chez EELV"

Thierry Schaffauser, 33 ans, affiche fièrement cette bivalence 

Claude Bartolone la prit sur sa liste en vue du 2e tour des élections régionales en Ile-de-France. Or, depuis quelques jours, ce travailleur du sexe accuse et critique -parfois violemment- la politique menée par les socialistes sur le statut des travailleurs(ses) du sexe en France. 

Le co-listier de Bartolone qui traite Vallaud-Belkacem de "criminelle"
Migrant malgré lui, du fait de la fusion des listes entre le Parti socialiste, le Front de Gauche et Europe Écologie-Les Verts, le temps de racoler l'ensemble de la gauche pour le second tour, ce travailleur d'un genre très spécial se montre fort critique de la politique gouvernementale et de la gauche dans son ensemble. Alors, peu lui chaut de figurer au 40° rang (sur 42 pour Paris), en position non-éligible sur la liste parisienne de Claude Bartolone, derrière Jean-Luc Romero-Michel.
Ainsi, et comme l'a relevé AgoraVox - un site discrédité par son conspirationnisme (et qui hébergea en juin 2012 un article où le VIH est qualifié de "virus tout à fait hypothétique" !) - , son fil Twitter est une véritable niche à revendications anti-exécutif. "La sale putophobe et criminelle Najat Vallaud-Belkacem s'est fait virer du ministère des Droits des femmes. On a gagné LOL", postait-il par exemple en août 2014 (lien Le Figaro), pour en dénoncer le combat contre la prostitution. "Devinez qui va voir la courtisane Violetta à l'opéra mais fait arrêter et expulser les travailleuses du sexe?", s'indignait-il encore en septembre dernier, joignant une photo de Manuel Valls.

Mélange des partis de gauche oblige. 

"Les accords avec le PS sont purement électoraux"
D'autres tweets attaquent avec virulence le tournant sécuritaire pris par François Hollande au lendemain des attentats de Paris et approuvé par les écologistes. "Boire du champagne en terrasse, je veux bien, mais les drapeaux à la fenêtre faut pas abuser", a-t-il lancé le 25 novembre dernier, en réaction à la proposition du président Hollande aux Parisiens de "pavoiser" leur domicile. 
"Mon identité n'est pas nationale. Ma fierté n'est pas républicaine. Mes selfies sont avec butch, pas un étendard martial", lâchait-il encore le lendemain.
Des positions extrémistes, qui interpellent d'autant plus sur sa présence au côté du candidat socialiste. "Même si nos positions sont différentes, voire contradictoires, il faut savoir faire des alliances au second tour pour conserver des élus. Ce sont des accords purement électoraux", admet-il cyniquement. "J'estime que je suis le seul qui défend les vraies valeurs de gauche, et je crois qu'il y a besoin de gens comme moi pour qu'elles survivent", assure-t-il enfin, se félicitant de la décision d'EELV de bouder le gouvernement. Mais d'avoir une aventure d'un soir de second tour, histoire de s'assurer des postes et des revenus.
"C'est vrai que ma présence sur cette liste peut surprendre. Ce qui ne m'empêche pas de continuer à me battre contre la politique du gouvernement qui veut pénaliser le travail des prostitués, explique ce militant syndiqué au Strass, associé à Act Up, présidée par Emmanuelle Cosse (1999-2001) et actuelle taulière d'EELV. Mais je préfère m'allier au PS, plutôt que de laisser la droite ou l'extrême droite passer".
C'est combien la passe, le temps d'un dépouillement de scrutin ?