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samedi 28 avril 2018

Bagnolet : Alexis Corbière, surpris par les violences dans sa circonscription

Seine-Saint-Denis : le bras gauche de Mélenchon n'a rien vu venir

Bagnolet a fait appel aux ...CRS, dans le quartier de la Capsulerie, connu pour son trafic de drogue. 

Le député de la circonscription, Alexis Corbière, a quitté son appartement social parisien en HLM pour la Seine-Saint-Denis et découvre le Far-West de Montreuil-Bagnolet  quatre personnes ont été blessées par balles, sans le soutien de la NRA américaine... Les deux élus de la gauche radicale demandent des renforts de police. 

Depuis trois semaines, Bagnolet, PCF depuis 1928 et passée au PS en 2014 (Seine-Saint-Denis) est à feu et à sang. Dans la nuit de jeudi à vendredi, à nouveau cinq bagnoles de Bagnoletais-es ont été incendiées dans le quartier des Malassis. Dix autres véhicules avaient été brûlés dans le même quartier dans la nuit de mardi à mercredi, après qu'un jeune homme de 22 ans a été blessé par balles mardi soir. 

Un autre quartier a franchi "une étape supérieure" de la violence
Une convergence des luttes semble s'être effectuée à La Capsulerie, autre quartier touché par la violence. Situé à proximité du terminus de la ligne 3 du métro, à Gallieni, ce quartier n'est donc pas un ghetto, mais il est pourtant connu pour son trafic de drogue. 

Or, depuis le 9 avril, des voitures de travailleurs sont brûlées et des coups de feu  tirés : c'est "une étape supérieure" pour François, membre du collectif "Retrouvons notre dignité", qui milite pour plus de sécurité dans ce quartier depuis 2011.
ENTENDRE ce témoignage sur des coups de feu et voitures brûlées, à la Capsulerie, à Bagnolet : 

"On se retrouve avec des règlements de comptes en plein jour avec des enfants autour de nous,"
s'inquiète Anissa une maman : "voir des gars avec des battes de baseball pour casser des voitures et des jerricanes d'essence pour les brûler, je ne vois pas ça en bas de chez moi, mais à la télé, dans un film américain" 

ENTENDRE le témoignage d'Anissa, habitante du quartier :
 

Depuis le 9 avril, trois personnes ont été blessées par balles dans le quartier. Des coups de feu ont été tirés devant un café, sur un immeuble et même sur la porte d'un appartement du quartier. "C'est pour mettre un coup de pression, de l'intimidation," estime Anissa. 

Une "guerre de territoires" entre trafiquants : "je n'ai pas le souvenir d'avoir connu une telle situation dans notre ville," constate Tony Di Martino, le maire (PS, 2014) de Bagnolet pour qui la situation est une "guerre de territoires" entre trafiquants. 

La gauche laxiste ne réclame pas de la prévention mais des sanctions
 
Avec le maire PS, le député LFI de la circonscription, Alexis Corbière a été reçu ce vendredi par le préfet de Seine-Saint-Denis, pour réclamer plus de moyens policiers et renouveler une vieille revendication : obtenir un commissariat de plein exercice à Bagnolet, qui dépend aujourd'hui de celui des Lilas. "Nous avons un commissariat subdivisionnaire, qui n'est pas ouvert 24h / 24 et qui a moins de moyens," explique l'élu. 

ECOUTER Tony Di Martino qui souhaite"stopper ces événements [sic] et surtout rassurer la population" :

Des CRS déployés, les élus demandent des renforts à long terme.
L'an passé, le maire a obtenu du gouvernement socialiste la création d'un GST, groupe spécialisé de terrain, doté de 18 policiers, spécifiquement dédié à la Capsulerie et à la lutte contre les trafics. Depuis mercredi, des CRS sont déployés dans le quartier. Une mesure exceptionnelle, qui n'a pas vocation à durer, nous indique une source policière. Les habitants rencontrés ce vendredi regrettent que les cars soient stationnés aux abords du quartier et non pas au pied des immeubles. 
Des caméras de vidéosurveillance vont enfin être installées, après des campagnes de rejet d'atteintes aux libertés publiques.  Sur le long terme, la présence des CRS, "ce n'est pas ce qui va régler les choses," assure une militante anonyme à Alexis Corbière de passage dans le quartier, ce vendredi matin. "On va demander des augmentations de moyens," rebondit le député. Une autre habitante insiste : "il ne "faut pas attendre qu'il y ait un mort pour commencer à se bouger". 
Le député et le maire ont aussi demandé un rendez-vous à Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur. 

jeudi 1 février 2018

L'INSEE intègre le trafic de drogue dans son calcul du PIB

La croissance décolle !

Une demande de l'institut européen Eurostat et une décision de Macron qui booste le PIB

Le trafic de drogue bientôt pris en compte dans la richesse nationale. / DDM Illustration Th. Bordas
La police va-t-elle encore pouvoir entraver la ...croissance ?
Le débat est relancé sur la pertinence du PIB comme outil de mesure économique ! L'Insee a décidé d'intégrer le trafic de drogue dans le Produit intérieur brut (PIB), indicateur de richesse intérieure et de croissance, laquelle a enregistré une "hausse", aux dires de Bruno Le Maire...

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) va "tenir compte de la consommation de stupéfiants et des activités liées à cette consommation sur le territoire national", a annoncé l'organisme public, mardi, dans un communiqué consacré à une série de modifications comptables actées par l'institut.

"Quelques milliards", une misère

Cette prise en compte, faite "à la demande" de l'institut européen des statistiques Eurostat - direction générale de la Commission européenne chargée de l'information statistique à l'échelle communautaire - et destinée à aligner les statistiques françaises sur celles "des autres pays européens", entraînera "une révision en très légère hausse du niveau du PIB", prétend l'INSEE. En somme, un non-événement ?

"Il s'agira de révisions à la marge", a insisté Ronan Mahieu, le chef du département des comptes nationaux de l'institut public. Il a évoqué "quelques milliards" d'euros, à rapporter aux 2.200 milliards d'euros du PIB français. "Ça n'influera pas sur le chiffre de la croissance" en 2017, a-t-il par ailleurs raconté.

Les nouvelles données seront intégrées aux chiffres du PIB révisés et détaillés, qui seront publiés en mai. La révision portera sur les résultats depuis 1947.
Jusqu'à 23% du PIB au Maroc
C’est une bombe qu’a lancée l’an dernier le département d’État américain. Il a affirmé dans un rapport que la production de cannabis au Maroc équivalait à 23 % du PIB. En 2016, ce dernier s’élevait à 93 milliards d’euros. Le PIB marocain devrait donc être augmenté de quasiment un quart afin de prendre en compte le poids de l’économie souterraine du narcotrafic. On estime que le Maroc produit chaque année 700 tonnes de résine de cannabis.
Les Français sont de petits bras, suggère Eric Heyer, directeur du département analyses et prévisions à l’OFCE. Il l'affirme, "la modification ne chamboulera donc pas les comptes de la nation" : elle mettra du beurre dans les épinards de Bercy et dans les manipulations occultes de l'INSEE.
Et bientôt la prostitution aussi ?

Image associée
L'argent de la misère sexuelle n'a pas d'odeur
La décision de l'Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L'institut statistique européen avait alors demandé aux Etats membres d'intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu'il s'agissait de ...transactions commerciales consenties librement.

L'objectif était d'harmoniser les données fournies par les pays européens, ces activités étant considérées comme légales dans certains Etats, à l'image des Pays-Bas, ce qui gonfle leur PIB, alors qu'on ne noterait que des effets à la marge ailleurs - selon Ronan Mahieu, et illégales dans d'autres.

L'Insee a pour l'heure refusé de comptabiliser la prostitution - en attendant que la GPA (gestation pour autrui), autre "transaction commerciale consentie librement", passe dans la loi -, estimant que le consentement des prostituées n'était "probablement pas vérifié". "Sur ce point, nous maintenons notre position", a indiqué Ronan Mahieu, 44 ans, droit dans ses bottes.

dimanche 20 août 2017

Les ministres Darmanin et Lecornu ont-ils loué la villa d’un ancien trafiquant de drogue ?

Se disant diffamés par Mediapart, les ministres Lecornu et Darmanin portent plainte

Les deux ministres de Macron ont loué une villa sulfureuse dans la région ajaccienne, affirme Mediapart

Résultat de recherche d'images pour "Gilbert Casanova drogue"C’est celle de Gilbert Casanova, condamné pour trafic de drogue international, et ancien président de la Chambre de commerce de Corse du Sud : le ministre du Budget, Gérald Darmanin, et Sébastien Lecornu, le secrétaire d'Etat auprès du ministre chargé de la transition énergétique, Nicolas Hulot, auraient-ils des relations douteuses ? 

L'article paru ce mercredi précise que Darmanin, ex-député UMP du Nord, et Lecornu, ex-président UMP du Conseil départemental de l'Eure dont Bruno Le Maire fut un député, lequel l'employa comme conseiller aux "affaires réservées" au ministère de l'Agriculture, ont loué une prestigieuse villa de 180 m² louée 4.000 euros la semaine et appartenant à Christelle Godani, miss Corse 1993, la compagne de Gilbert Casanova,  condamné en 2005 et 2010 pour abus de biens sociaux et trafic de drogue.
Gilbert Casanova, lourdement sanctionné par la justice.
Résultat de recherche d'images pour "Gilbert Casanova drogue"Le 9 décembre 2010, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Marseille : huit ans de prison ferme pour avoir été à la tête d’un trafic de cannabis à grande échelle entre le Maroc et la France.
Ancien militant nationaliste,
sa première condamnation remonte au 2 mars 2005. Trois ans de prison ferme pour abus de biens sociaux et banqueroute frauduleuse, qualifiés de "pillage en règle" par la cour d’Appel de Bastia.
Propriétaire d’une importante société de concession automobile,
il avait détourné 2,5 millions d’euros pour financer un train de vie somptueux.
Les ministres Darmanin et Lecornu ont décidé de porter plainte contre Mediapart

Résultat de recherche d'images pour "Gilbert Casanova drogue"
Selon une source syndicale policière proche du site trotskiste Mediapart, la préfecture de Corse du Sud alertée de cette connection, n'aurait pas déconseillé aux ministres de séjourner dans cette villa.

Sur France Info "Accusés de loger chez "un ex-trafiquant de drogue", les ministres Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu portent plainte contre Mediapart".

Dans Libération, "Mis en cause par Mediapart sur leurs vacances en Corse, les
ministres Darmanin et Lecornu portent plainte."

Dans le Huffpost, "Vacances en Corse: Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu portent plainte contre Mediapart.
Les deux ministres se disent diffamés par cet article."

Sur Facebook, Gérald Darmanin a réagi

Mise au point : nous portons plainte pour diffamation suite à l’article de Médiapart.
Naïvement, nous avons pris une semaine de congés en Corse, Sébastien Lecornu et moi, pensant que quelques jours de repos nous seraient donnés pour nous échapper de l’actualité médiatique.
Puisque la transparence à l’extrême est de mise et même si cela est très désagréable, nous souhaitons ne pas laisser dire n’importe quoi sous prétexte que le 15 août, il n’y a pas beaucoup d’évènements pour nourrir l’actualité.
Nous sommes en vacances dans une maison louée avec des amis de l’Eure (autrement dit, nous n’avons été invités par personne) qui ont trouvé ce bien sur le site homeholidays.com comme le font des centaines de milliers de Français. Cette maison est louée à une dame que nous ne connaissons pas qui est propriétaire de plusieurs maisons sur la côte près d’Ajaccio.
Une journaliste de Mediapart nous a téléphoné (et nous lui avons répondu). Elle nous a demandé si nous passions bien nos vacances chez un certain M. Casanova, jadis condamné par la Justice. Cette journaliste nous a alors appris qui était M. Casanova et nous avons compris qu’il était l’ex-époux de la propriétaire du lieu de vacances où nous résidons.
Nous avons fourni à la journaliste le contrat de bail prouvant que ce Monsieur Casanova n’est pas le propriétaire de la maison que nous avons louée. Nous lui avons également fourni les très nombreux échanges de mails que nos cabinets ont eus avec la Préfecture qui, depuis plus de 3 semaines, sait où nous allons passer nos vacances et quel est le nom de la propriétaire qui n’a jamais eu aucun problème avec la Justice. La Préfecture n’a émis aucune réserve sur le lieu desdites vacances (nous invitons les journalistes qui liraient ce post à vérifier auprès de la Préfecture ces éléments).
Nous avons été accueillis à l’aéroport par la police de la République chargée de notre protection et nous prévenons chaque jour les services de police de notre programme. Ces derniers connaissent donc l’adresse et s’emploient à nous protéger comme ils le font pour l’ensemble des membres du Gouvernement.
Nous nous désolons d’avoir ainsi à détailler notre vie privée et nous avons respecté toutes les procédures inhérentes aux déplacements privés des membres du Gouvernement.
Nous trouvons particulièrement scandaleux la formulation du titre de cet article qui n’a manifestement d’autre objectif que de nuire et d’annoncer des choses formellement inexactes et ce d’autant plus que nous avons répondu à toutes les questions de la journaliste et que nous lui avons transmis tous les documents pour clarifier la situation.
Nous avons donc décidé d’attaquer en diffamation Médiapart.
Nous avons fait comme beaucoup de Français : louer entre amis notre lieu de vacances par internet. Et nous avons fait même plus : nous avons prévenu la Préfecture qui n’a rien trouvé à redire de notre lieu de villégiature. Que la propriétaire du site que nous louons soit l’ex épouse de quelqu’un condamné par la Justice : cela mérite un article ?
Tout cela est délirant.
En attendant la reprise, nous vous souhaitons d’excellentes vacances.
Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu.
De son côté, une source policière exprime son incompréhension. 
"Dès le 21 juillet, nous avons allumé les warnings et alerté la préfecture de Corse-du-Sud. Comme personne ne réagissait, le directeur adjoint du cabinet du premier ministre, Thomas Fatome, a été prévenu par un appel privé, le 8 août. Mais visiblement, personne n’a déconseillé au ministre de séjourner à cet endroit… C’est incompréhensible !
Après l'affaire des villas d'un ami corse du président Macron Pierre Ferracci- construites en toute illégalité (lire PaSiDupes), une nouvelle polémique vient écorner encore l'image du nouvel exécutif.

dimanche 25 octobre 2015

Politique socialiste de la ville: trois trafiquants, dont deux mineurs de 15 ans, tués par balles à Marseille

Prévention, renforcement des effectifs policiers et subventions d'Etat: tout ça pour quoi ?

Trois délinquants, un homme de 24 ans et deux mineurs de 15 ans, ont été mitraillés à mort dans la nuit de samedi à dimanche

Descente en force de Valls, Cazeneuve et Vallaud-Belkacem à Marseille 
En février 2015, Valls a promis à des élèves de "tout faire" pour "casser les ghettos" en France, sans quoi "on sent bien que tout va exploser".
L'économie souterraine a encore tué à Marseille, dans le cadre probable d'un règlement de comptes lié à un trafic de stupéfiants. 
A 2h30 du matin, les mineurs ont été abattus par des rafales d'armes automatiques  de calibre 9 mm devant un immeuble de la cité les Lauriers, dans le 13e arrondissement situé dans les quartiers nord de la ville, par une équipe de trois ou quatre personnes qui ont pris la fuite en voiture, a précisé le préfet de police, Laurent Nunez, un homme de confiance de Manuel Valls. Les trois individus étaient connus des services de police pour des faits de vols à main armée ou trafic de stupéfiants.
Les enquêteurs font un lien avec deux véhicules retrouvés brûlés dimanche matin à Gardanne, entre Marseille et Aix-en-Provence, a ajouté le préfet de police.

La Cité des Lauriers reste le lieu d'un important trafic de stupéfiants soi-disant démantelé en mai et dont certains trafiquants ont été écroués depuis. "On peut penser que le réglement de compte est sans doute lié à une tentative de reprise du trafic", a prétendu Laurent Nunez.
"Aucun élément ne laisse penser qu'il s'agit de dommages collatéraux, aucun qu'ils ne soient pas impliqués dans ce trafic", a-t-il insisté à propos des deux adolescents de 15 ans, soulignant que les jeunes jouent souvent un rôle de guetteur protégé par la loi.

Malgré les rodomontades de Manuel Valls, les règlements de compte ont fait 11 mots à Marseille depuis le début de l'année, 16 dans le département des Bouches-du-Rhône, soit le même bilan que l'année dernière à la même époque.

Devant la presse, le préfet a rappelé que dix réseaux de trafics de stupéfiants avaient été démantelés depuis janvier à Marseille, aboutissant à 132 placements en détention et à la saisie d'une tonne et demie de cannabis et 39 kg de cocaïne.

Les saisies d'avoirs criminels sont en augmentation de 50% selon le préfet, à hauteur de six millions d'euros contre quatre millions en 2014.

Fiasco de la politique de la ville du gouvernement socialiste

Le préfet Nunez devait être la botte secrète du dispositif mis en place par Manuel Valls.
Laurent Nunez était directeur de cabinet du préfet de police de Paris quand le premier ministre l'a dégainé pour le nommer préfet de police des Bouches-du-Rhône, en mars 2015, en conseil des ministre. L. Nunez, qui a déjà le rang de préfet, remplace Jean-Paul Bonnetain.
Né en 1964, le préfet Nunez est un ancien inspecteur des impôts passé par l'ENA (1997-1999) et la promotion Cyrano de Bergerac. Il occupait jusque-là la fonction de directeur de cabinet du préfet de police de Paris, après avoir été sous-préfet, puis sous-préfet hors classe, directeur de cabinet du préfet de Seine-Saint-Denis. Laurent Nunez était devenu le deuxième préfet de police des Bouches-du-Rhône de plein exercice.

Des tirs d'arme lourde lors de la visite du Premier ministre Manuel Valls. 
Sur les hauteurs de Marseille, les trafics de stupéfiants se déroulent au vu et au su de tous
Le labyrinthe de La Castellane, voulu par G. Deferre, maire PS des années 70,
est le quartier natal de Zinédine Zidane
et les règlements de comptes entre cités se multiplient dans les quartiers nord, notamment à la Castellane et ses 7.000 habitants répartis sur une dizaine de bâtiments, une zone de non-droit dans laquelle la police hésite à pénétrer et que les Marseillais appellent "la cité interdite".

Député PS
 de la VIIe circonscription voisine - longtemps acquise à Guy Lhermier (PCF) et à la suite de la sulfureuse Sylvie Andrieux, condamnée pour "détournement de fonds publics" du Conseil régional présidé par Michel Vauzelle (PS) -Henri Jibrayel s'insurge contre la mainmise des dealers sur le quartier du 13e arrondissement - sur une circonscription qui a cherché une solution en votant Stéphane Ravier (FN, VIIe secteur) et que dénigre sa voisine du VIIIe secteur ,  Samia Ghali, pourtant conseillère régionale PS. "Ils sont dans des prés carrés qu'ils veulent protéger. C'est leur territoire et ça, c'est inadmissible. [...] Si la police veut s'installer dans la cité, elle est la bienvenue", déclare Jibrayel, bras ballants face à la caméra de France 2.

Dans cette cité enclavée l'économie souterraine de la drogue est florissante. On compte jusqu'à 3.000 clients quotidiens et la recette journalière est estimée à plusieurs dizaines de milliers d'euros. La tour K, qui tient lieu de porte d'entrée de la Castellane, concentre l'essentiel des deals et des guetteurs de moins de 16 ans, puisque le code pénal les protège. Un projet de rénovation prévoit sa destruction et qu'une avenue la traverse pour couper la cité en deux.
Pour la sénatrice PS Samia Ghali, le drame humain est terrible. "Il y a des familles en souffrance parce qu'elles veulent en partir, de ces cités [...]. J'avais dit qu'elles étaient des prisons à ciel ouvert. Aujourd'hui, vous en avez la preuve", commentait-elle.
"Nous avons été rafalés." Lors de sa conférence de presse, Brice Robin, le procureur de la République avait raconté que les forces de l'ordre avaient évité un affrontement entre deux bandes rivales en lutte pour un point de revente de stupéfiants particulièrement rémunérateur dans ce quartier de Marseille. L'enquête n'avait pas permis l'arrestation de plus de huit individus. Deux hommes considérés comme responsables d'un réseau de trafic de drogue avaient été interpellés en région parisienne.
Le jour de son passage en grand appareil à Marseille, Manuel Valls, accompagné du ministricule de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et de celle de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem (un visite dominée par les thèmes de l’éducation et... de la sécurité...), le directeur départemental de la sécurité publique, Jean-Marie Bourniquel, et plusieurs fonctionnaires de police s'étaient rendus au pied d'une tour de La Castellane par deux accès différents, sur simple appel d'un riverain. Ils  étaient tombés dans un guet-apens d'individus cagoulés et équipés d'armes de guerre et avaient essuyé des tirs de kalachnikov.

Riposte aux violences du premier ministre?
Face à la multiplication des morts violentes et faisant fi de la politique de prévention prônée par le PS quand il était dans l'opposition, quelque 200 policiers ont été envoyés en renfort à Marseille fin 2012, ainsi que trois unités de forces mobiles.
En amont de sa visite, Valls avait décidé la conversion du poste de préfet délégué pour la sécurité et la défense en... préfet de plein exercice ! 
Et dans un entretien avec La Provence, le Premier ministre n'avait pas craint les contre-vérités, se réjouissant d’un "recul significatif de la délinquance", rapportait Libération - de l'ordre du recul significatif du chômage - et il citait une baisse des vols à main armée de 30% en deux ans, une diminution des violences physiques contre les personnes de 20%, et des saisies records de stupéfiants et d’armes. Les tirs qui ont salué sa venue risquent de démolir ce tableau de chiffres bidouillés.

Jean-Paul Bonnetain
, nommé préfet de l'Isère, tristement célèbre depuis les émeutes de gens du voyage à Moirans.
 

Scène de guérilla urbaine à Moirans, Isère


Son prédécesseur, Jean-Paul
Bonnetain, a été le promoteur de la méthode dite "approche globale", qui combine une opération policière massive et prolongée dans les cités sensibles, suivie d'interventions à caractère social (éducation, insertion, amélioration du cadre de vie...). Ce super-préfet a notamment hérité de la gestion de deux zones de sécurité prioritaires (ZSP), l'une, la ZSP nord, composée des arrondissements des quartiers nord de Marseille et de territoires jouxtant la ville au Nord, et l'autre dite ZSP Sud composée de 3 arrondissements du sud de la ville.

Les trois voyous qui se sont tués sur la route à bord d'une grosse cylindrée volée étaient liés à la communauté des gens du voyage.
La demande de permission de sortie sous escorte déposée par le détenu auprès du juge d'application des peines dont dépend la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône où l'homme a été transféré, a été refusée, un refus qui a provoqué la colère de la communauté, car cette permission d'une heure pour assister aux funérailles d'un proche parent est généralement automatique. Or, ce détenu, jugé dangereux, avait un casier trop lourd. 
Le bilan est de 35 voitures brûlées et 125 trains arrêtés.

Et qui peut nommer la ministre de Hollande, chargée de la politique de la Ville ? 
Myriam El Khomri, vous connaissez ? C'est une protégée de Claude Bartolone, une lumière de la Ville (1998-2002) au gouvernement de Lionel Jospin.

samedi 13 juin 2015

Val-de-Marne - deuxième fusillade en 12h à L'Hay-les-Roses: un homme entre la vie et la mort

Pendant que Hollande et Valls multiplient les déplacements de campagne, on s'entre-tue en Ile-de-France 

La commune de L'Haÿ-les-Roses dans le Val-de-Marne a été le théâtre de deux fusillades ce vendredi soir

Ce probable règlement de compte a fait un blessé grave par balles. Dans la matinée, des tirs sur une voiture ont provoqué des blessures sur un enfant de 10 ans atteint par des éclats de verre dans le véhicule de ses parents. Pour l'heure, "le lien entre les deux affaires n'est pas avéré", selon les enquêteurs.

Vers 19h15, un homme de 23 ans, jusqu'ici "connu des services de police pour de la petite délinquance", a été la cible d'un ou de plusieurs tireurs, qui l'ont atteint par balles. Il a été blessé "au mollet et dans l'aine". La victime a été transportée dans un état grave dans un hôpital parisien pour y être opérée. Le parquet de Créteil évoque "un seul tireur, casqué, à pied" qui aurait tiré sur sa victime, également à pied, avant de prendre "la fuite en voiture".

Selon Vincent Jeanbrun, le maire Les Républicains (ex-UMP) qui a pris la commune au PS en mars 2014 (et à la gauche, depuis mai 1045), "quatre coups de feu ont été entendus par les témoins" qui évoquent "un homme à pied poursuivi par une voiture" mais aussi "un scooter". L'élu  espère que "la future installation de la vidéoprotection" dans sa commune permettra de "dissuader les délinquants" et faciliter leurs interpellations. Une enquête a été ouverte pour "tentative d'homicide volontaire avec arme" et confiée à la Brigade criminelle de la police judiciaire de Paris.

Un enfant blessé dans une première fusillade

Le matin même et dans cette même commune, deux hommes ont tiré sur un véhicule, à la limite de Chevilly-Larueet et L’Haÿ, moins de 12 heures après un premier réglement de compte. Sur les quatre passagers, seul un enfant de 10 ans a été blessé par des éclats de verre. Il a été pris en charge à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre dans le Val-de-Marne, département présidé par le communiste Christian Favier.

Là encore, il s'agirait probablement d'un règlement de comptes, sur fond de trafic de drogue. "Deux individus à pied, armés et cagoules, ont ouvert le feu en direction d'un véhicule" arrêté à un feu rouge, dans lequel se trouvaient deux enfants - dont le garçon blessé - leur mère et leur père, selon une source judiciaire. Deux impacts de balles ont été constatés sur la lunette arrière du véhicule." Deux douilles de calibre 7.62 et une munition de fusil d'assaut type Kalachnikov, auraient été retrouvées sur place selon Europe 1.

Le père, âgé de 40 ans, est bien connu des services de police. 
Il a déjà été "lourdement condamné" à deux reprises pour trafic de stupéfiants. Il a aussi été condamné à deux autres reprises pour "infraction à la législation sur les armes" et "association de malfaiteurs"
Il "exécute actuellement la deuxième de ces peines" à la prison de Chauconin (Seine-et-Marne) mais se trouvait en permission de sortie, dans le cadre d'une réinsertion professionnelle. Après la fusillade, cet homme s'est présenté de lui-même au commissariat pour raconter qu'on avait tiré sur son véhicule. L'enquête pour "tentative d'homicide volontaire" a été confiée à la police judiciaire du Val-de-Marne. Le député de la circonscription de L'Haÿ-les-Roses est Jean-Jacques Bridey, PS, maire de Fresnes.

Cette enquête ne devrait pas tarder à aboutir: le sénateur-maire d'Alfortville, Luc Carvounas, est un proche de l'ancien ministre de l'Intérieur et actuel premier ministre en campagne à travers la France. Il fut son directeur de campagne aux primaires du Parti socialiste quand Manuel Valls fit 5%Carvounas est maintenant le directeur de campagne de Claude Bartolone, tête de liste PS pour l'élection régionale de 2015 en Île-de-France

mardi 28 avril 2015

Indonésie: la grâce de Serge Atlaoui aurait été rejetée

L'Indonésie disposait de dix condamnés à exécuter pour trafic de drogue

Jeudi 23,
l
es autorités indonésiennes ont donné l'ordre de préparer les exécutions de dix condamnés à mort pour trafic de drogue

L'appel à la grâce de Serge Atlaoui aurait été rejeté par le tribunal administratif de Jakarta, selon le Jakarta Post et l'édition locale de CNN.
Condamné en 2007 pour un trafic de drogue qu'il a toujours nié, Serge Atlaoui dénonce l'absence de motivation dans le rejet de son recours en grâce par le président indonésien, Joko Widodo. Un recours avait été rejeté en première instance, avant que le Français ne fasse appel. Des étrangers sont principalement concernés, dont le Français Serge Atlaoui, suscitant l'indignation de la France et 
de l'UE. "L'ordre a été donné de lancer les préparatifs", a déclaré le porte-parole du bureau du procureur général, Tony Spontana, sans plus de détails.

Les Européens, réunis en sommet jeudi à Bruxelles, ont vivement réagi: "L'Union européenne est totalement opposée à la peine de mort. Cela ne peut pas être une réponse au trafic de drogue", a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Le président français François Hollande a pour sa part affirmé qu'il faut "tout faire jusqu'au dernier moment" pour que l'exécution du Français Serge Atlaoui n'ait pas lieu. "L'abolition de la peine de mort est pour nous un principe essentiel (...) Pour Serge Atlaoui, la mort ne peut pas être la sanction", a-t-il déclaré. 

Une procédure cruelle. 
Aucune date n'a été fixée pour les exécutions qui seront notifiées 72 heures au préalable aux condamnés. Le procureur général a précisé que cela n'a pas encore été le cas.
"C'est une torture psychologique intense", témoigne l'épouse de Serge Atlaoui. Sabine Atlaoui accuse la justice indonésienne d'exécuter "des innocents". " Il y a un énorme problème au niveau de la justice", déplore Sabine Atlaoui. Jusqu'à quand durera le sursis accordé à Serge Atlaoui ? Condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue, le Français a été retiré de la liste des exécutions imminentes en raison d'une procédure en cours devant le tribunal administratif de Jakarta. Si la procédure en cours était rejetée, il serait fusillé seul, a indiqué ce lundi 27 avril Tony Spontana, porte-parole du Parquet. 
Mon mari a été retiré de la liste mais il y a eu tout de suite une annonce du procureur général qui stipule que l'on n'attendra pas la troisième vague pour exécuter Serge Atlaoui : 'Dès que le recours administratif est fini, on l'exécute'. Et ça passe dans les media; c'est une torture psychologique intense".

L'Indonésie a exécuté huit personnes, dont sept étrangers, lundi 28 avril. Sabine Atlaoui évoque "un traumatisme". Elle ajoute : "Tout n'est que souffrance et tristesse". L'épouse du seul Français condamné à mort dans le monde reproche au gouvernement indonésien sa politique, qui vise à donner un sentiment de tolérance zéro vis-à-vis de la drogue. "Ce n'est pas avec des exécutions qu'ils régleront le problème", s'emporte-t-elle.

Serge Atlaoui, incarcéré depuis dix ans, affirme qu'il n'a fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique, et qui abritait en réalité une fabrique clandestine d'ecstasy.

Les dix condamnés, originaires d'Australie, France, Brésil, Philippines, Nigeria, Ghana et Indonésie, seront alignés ensemble devant un peloton d'exécution.

Paris n'a cessé de hausser le ton
Depuis le rejet du dernier recours du Français mardi par la Cour suprême d'Indonésie, François Hollande avait déjà menacé mercredi que cette exécution "serait dommageable pour l'Indonésie, dommageable pour les relations que nous voulons avoir avec elle", rappelant son opposition à la peine de mort, abolie en France en 1981.

L'Indonésie reçoit de l'Occident de l'aide humanitaire et de l'aide au développement depuis 1966, en particulier en provenance des États-Unis, de l'Europe occidentale, de l'Australie et du Japon. L'Indonésie est le seul pays membre du G20 dans l'Asie du Sud-Est.

Dans une lettre adressée jeudi à son homologue indonésienne, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a dénoncé le fait que, selon lui, Serge Atlaoui n'a "pas bénéficié du plein exercice de ses droits", "du fait de graves dysfonctionnements de la justice indonésienne". Le ministre français a accusé la justice indonésienne de "traitement expéditif", jugeant que la victime a été "condamnée à mort par une décision qui comporte des affirmations erronées", a-t-il accusé.
A Jakarta, capitale de l'Indonésie, la ministre indonésienne des Affaires étrangères, Retno Marsudi, a indiqué qu'elle communiquerait dans la soirée par téléphone avec L. Fabius. "Je vais lui expliquer le système judiciaire en Indonésie, et je vais lui expliquer l'urgence de la situation provoquée par les crimes liés à la drogue" dans l'archipel, a déclaré Mme Marsudi.
Pour la troisième fois, Fabius a convoqué mercredi l'ambassadeur d'Indonésie pour... évoquer cette affaire.

L'UE s'était également déjà émue de cette condamnation.
"Nous reconnaissons que l'Indonésie doit affronter un problème de (trafic de) drogue grandissant, mais l'expérience dans d'autres pays montre que la peine capitale n'est pas la bonne réponse", avait estimé jeudi la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, avant le sommet.
"L'UE est prête à réfléchir aux moyens de soutenir les efforts de l'Indonésie dans sa lutte contre la drogue et nous sommes prêts à renforcer notre coopération avec l'Indonésie en ce domaine", avait-elle ajouté.

La détermination du président indonésien Joko Widodo dans sa lutte contre le trafic de drogue est implacable et passe par l'exécution de condamnés à mort, pour des raisons de politique intérieure, mais aussi de crédibilité.
Après avoir remporté la présidentielle l'été dernier et pris ses fonctions en octobre, l'une de ses premières décisions a été de rejeter toutes les demandes de grâce de condamnés à mort pour drogue. Après la reprise des exécutions en janvier pour la première fois depuis 2013 -six condamnés pour trafic de drogue dont cinq étrangers- les autorités ont montré leur intransigeance à exécuter une deuxième liste de condamnés à mort, en grande majorité pour trafic de drogue.

Dirigeant du Parti démocratique indonésien de lutte
Widodo, souriant, avenant, 
mais dur au travail et coeur sec
né de la fusion forcée par le régime de Soeharto de tous les partis non musulmans en un seul, Joko Widodo est proche des gens et en particulier des milieux les plus pauvres dont il est lui-même issu, celui que ses compatriotes appellent affectueusement "Jokowi" incarne un véritable renouveau dans la politique indonésienne. C'est toutefois un homme d'affaires qui exportait de par le monde des meubles en teck indonésien, fabriqués dans l'atelier qu'il avait monté à Solo, sa ville natale, dans l'est de l'île de Java. 
Ancien gouverneur de Jakarta, J. Widodo est arrivé à la politique par la mairie de Solo, conquise en 2005 sous la bannière d'une coalition d'entrepreneurs en guerre contre la corruption et la bureaucratie, fléaux qui freinent le développement global de l'Indonésie. A peine élu, il donna le ton en conservant jeans et chemise, en refusant également d'acheter une nouvelle voiture de fonction, et en reversant son salaire aux bonnes œuvres de la ville. Le genre de comportement que d'aucuns pourraient qualifier de "démago" si Joko Widodo ne vivait pas en Indonésie, pays 260 millions d'habitants où près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 2 dollars par jour et pratique l'islam à près de 90% (8 % des Indonésiens se déclarent chrétiens, dont les deux tiers protestants). Widodo est convaincu que c’est en changeant les habitudes que l’on peut espérer faire évoluer les mentalités.

Comme la France, l'Australie, dont deux ressortissants doivent être exécutés, a mis en garde contre des "conséquences" sur les relations bilatérales en cas d'exécution.


Joie à Manille après le sursis accordé à Mary Jane Veloso


Mary Jane Veloso, une domestique philippine qui devait être fusillée en Indonésie dans la nuit de mardi à mercredi, a bénéficié d'un sursis de dernière minute salué par une joie immense sur les places de Manille. Elle était au nombre des condamnés, dont huit hommes effectivement exécutés, tous convaincus de trafic de drogue. 

Mary Jane Veloso doit son salut provisoire à la personne qui l'aurait recrutée pour transporter de la drogue en Indonésie et qui se serait rendue aux autorités philippines. 

Ces dernières semaines, le pays tout entier s'était mobilisé derrière Mary Jane Veloso. Tout comme le champion de boxe Manny Pacquiao, star dans son pays et très populaire en Indonésie, le président philippin avait supplié de grâcier la jeune mère de famille