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vendredi 22 septembre 2017

Plusieurs perquisitions dans l'enquête sur le patrimoine foncier de la sénatrice Samia Ghali (PS)

Perquisitions menées par des policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales

Le domicile marseillais de la sénatrice socialiste Samia Ghalia été perquisitionné le 20 septembre, sur ordre du Parquet national financier 

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Ces nouvelles perquisitions du PNF ont eu lieu dans les locaux de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et de la métropole marseillaisejeudi. Elue des quartiers nord de Marseille où elle est née dans une famille d'origine algérienne, Samia Ghali a assuré mercredi n’avoir "rien à cacher ". "Je suis une élue, une parlementaire, c’est normal dans le cadre de la transparence." 

"Je ne suis pas mise en examen, ni placée en garde à vue", a encore fait valoir S. Ghali, dont l’immunité parlementaire n’a pas été levée. "Les policiers sont venus me réclamer des documents, que je leur ai remis, notamment l’acte notarié d’achat de la maison", a-t-elle expliqué mercredi

Des soupçons sur les conditions d’acquisition de son patrimoine foncier 

Maire PS des 15e et 16e arrondissements de Marseille, Samia Ghali est visée depuis mai 2016 par une enquête préliminaire du PNF sur son patrimoine. Les vérifications de la justice portent notamment sur l’acquisition, par l’élue et son conjoint, le 12 mars 2010, de leur maison pour un montant de 1,35 millions d’euros, dans le quartier chic du Roucas-Blanc, sur les hauteurs de la cité phocéenne. "Une situation exceptionnelle, des ruelles sinueuses pleines de charme, des villas avec une vue fantastique aussi bien sur Notre-Dame de la Garde que sur les îles, le quartier du Roucas-Blanc associe tous les avantages pour séduire une population très aisée", écrit un site d’immobilier. 

Le couple Macron a passé des vacances de rêve au Roucas-Blanc, dans le Parc Talabot, un parc qui est un quartier d'exception dans un quartier privilégié depuis le début du XXe siècle. 
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"Le parc Talabot, ensemble résidentiel de villas de très haute classe sur un vaste terrain boisé, est pionnier en matière de fermeture. Le lotissement date de 1936 à l’instigation de la Société Immobilière de l’étang de Berre et de la Méditerranée. La Ville n’arrive pas alors à rassembler assez de fonds pour l’acquérir ", décrit un dossier qui se penche sur les ensembles résidentiels fermés de Marseille, paru dans Pouvoirs locaux.
La demeure de l'élue social-démocrate comporte notamment une piscine, construite de façon illicite par l’ancien propriétaire, mais régularisée ensuite par le couple, grâce à la modification du plan local d’urbanisme. Vue aérienne, ci-dessous.
  
Les enquêteurs passent par ailleurs au peigne fin les subventions accordées par la région, à l’époque où la sénatrice y avait des responsabilités. Lors de l’enquête sur les malversations de l’ex-députée socialiste, Sylvie Andrieux, condamnée pour avoir distribué des subventions régionales à des associations fictives de sa circonscription en échange de voix dans les quartiers nord de Marseille, l’un de ses proches avait évoqué le nom de Samia Ghali lors de sa garde à vue. Il l’avait alors accusé d’avoir eu "son propre circuit" pour distribuer de l’argent public. Bien que condamnée, Sylvie Andrieux s’accroche à son siège.
Image associéeLa justice n’avait, à l’époque, pas donné suite aux déclarations de Ghali.

mardi 30 mai 2017

Le ministre Ferrand n'a pas rompu avec les Mutuelles de Bretagne

"Les relations entre M. Ferrand et la direction des Mutuelles sont toujours très étroites"

Richard Ferrand mêle depuis vingt ans vie publique et affaires privées

Les révélations du journal Le Monde sur le ministre de la Cohésion des territoires (Aménagement du Territoire, à la suite de l'inutile Jean-Michel Baylet), ont suscité une enquête de l'association anti-corruption FRICC (Front républicain d'intervention contre la corruption), née de quatre membres issus de l’association Anticor, à la suite du Barçagate (juin 2015, usage par Manuel Valls d'un Falcon de l'Armée de l'air pour assister en famille à la finale de la Ligue des champions à Berlin: selon Libération, l'association devait porter plainte pour détournement de fonds publics). Celle-ci a demandé aux auteurs de l'enquête de presse (Jérémie Baruch, Yann Bouchez, Anne Michel, Alexandre Pouchard et Maxime Vaudano) de répondre aux  questions des internautes. En quoi cette affaire est illégale ou immorale ? Est-elle vraiment similaire aux affaires Fillon et Le Roux ? Richard Ferrand doit-il démissionner ? 

Billy : Bonjour, M. Ferrand ne fait pour le moment l’objet d’aucune enquête ou de dépôt de plainte. Même si sa compagne a fait une belle affaire, les Mutuelles de Bretagne semblent aller dans son sens. Pourquoi devrait-il démissionner sur une simple publication d’articles de presse ? 
Premièrement, Le Monde n’a jamais appelé à la démission de M. Ferrand. Effectivement, les dirigeants des Mutuelles de Bretagne défendent Richard Ferrand depuis une semaine (et la parution du Canard enchaîné de mercredi dernier). Et pour cause, notre enquête montre justement que les relations entre Richard Ferrand et la direction des Mutuelles sont toujours très étroites. Joëlle Salaün, l’actuelle directrice générale, doit son poste à M. Ferrand dont elle était auparavant l’adjointe. Son compagnon a également été le collaborateur du député Ferrand. Enfin, ce dernier [le député] a défendu, dès 2012, les intérêts des Mutuelles en portant une proposition de loi qui leur était favorable. 

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brestois : Emmanuel Macron et Edouard Philippe vont-ils intervenir dans l’affaire Ferrand avant les législatives, ou bien laisseront-ils les électeurs décider par eux-mêmes de l’avenir de M. Ferrand au gouvernement, qui doit dépendre du résultat de l’élection ? 
Pour l’instant, Edouard Philippe a déclaré que les élections législatives seront "le juge de paix" pour Richard Ferrand. Le chef du gouvernement a par ailleurs renouvelé aujourd’hui sa confiance envers le ministre. "La question posée reste politique, puisqu’il n’y a aucune procédure judiciaire ouverte à son encontre", a fait savoir Matignon au Monde. 

Ludovic : Combien d’articles à charge contre M. Ferrand allez-vous encore sortir alors que rien d’illégal ne lui est reproché ? 
Effectivement, la justice a considéré qu’il n’y avait a priori rien d’illégal dans les faits rapportés par le Canard enchaîné. Mais notre enquête apporte des éléments nouveaux. Le rôle des journalistes n’est de toute façon pas celui des juges. Nous estimons en revanche que ces informations étaient d’importance et qu’il était nécessaire de les porter à la connaissance du public. D’autant plus que la moralisation de la vie publique est l’un des axes forts du début de la présidence de M. Macron. 

PL : Je ne comprends pas cette "affaire" : Il existe des milliers d’entrepreneurs ayant créé une SCI et qui font payer un loyer à leur entreprise pour des locaux qui leur appartienne. Où est l’illégalité voir[e] l’immoralité dans cette histoire étant donné qu’il n’y a pas d’argent public en jeu ? 
D’une part, les Mutuelles de Bretagne n’appartiennent pas à Richard Ferrand, il n’en était que le directeur général. Il s’agit d’un organisme à but non lucratif, au service de ses adhérents. Le problème n’est de toute façon pas le principe de la location. La question est de savoir s’il y a eu favoritisme dans le choix de l’offre de la compagne de Richard Ferrand par les Mutuelles de Bretagne. 

Pierre : Cet argent n’est-il pas de l’argent privé ? Pourquoi beaucoup de personnes parlent de la loi sur la moralisation de la vie publique dans ce cas, alors qu’il ne s’agit pas de l’argent de l’Etat ? Il s’agit certes d’une grosse somme mais à ce moment-là tous les candidats de tous les partis se présentant aux législatives ont été employés par quelqu’un (ou une entreprise) dans le privé ou le public et se sont donc enrichis d’une certaine somme… En quoi cette affaire est proche de celle de François Fillon sachant qu’il ne s’agit pas d’argent public ? 
L’argent des Mutuelles de Bretagne n’est pas public, mais il ne s’agit pas non plus d’intérêts totalement privés, puisqu’une mutuelle est au service de ses adhérents. En outre, les nouveaux éléments de notre enquête mettent en lumière l’embauche par Richard Ferrand d’un assistant parlementaire (payé par l’Assemblée nationale) non déclaré à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) et l’attribution par le Conseil départemental du Finistère (dans lequel Richard Ferrand était élu) de subventions à des projets auxquels participait son ex-femme. Il s’agit dans les deux cas d’argent public. 

Résultat de recherche d'images pour "mutualité francaise finistere"Pingouin75 : Vous dites que la Mutuelle de Bretagne est au service de ses adhérents. L’est-elle comme devrait l’être toute entreprise ou y a-t-il un statut particulier pour les mutuelles ? Les Mutuelles de Bretagne sont régies par le code de la mutualité. Ce dernier impose notamment le principe d’égalité envers les adhérents de la mutuelle : "un adhérent, une voix". Ce code oblige par ailleurs à une gestion très stricte des finances de la mutuelle, dans l’intérêt des adhérents. Elle ne fonctionne donc pas du tout comme une entreprise, à la recherche de profits. 

Grégory : On entend beaucoup de choses sur cette histoire mais au-delà du côté moral, la transaction immobilière effectuée était-elle légale ou non ? Merci de votre réponse. 
Résultat de recherche d'images pour "Richard Ferrand mutualité francaise"Les juristes ne sont pas tous d’accord entre eux concernant la légalité de cette affaire. La notaire des Mutuelles de Bretagne estime que tout a été fait dans les règles. En revanche, l’avocat qui a effectué la vente, parle "d’enfumage" et pense que "le dossier mériterait des investigations complémentaires". [auxquelles le Parquet national financier et le Parquet de Brest - dépendants du ministre de la Justice, François Bayrou, qui ne se mouille pas - se refusent de procéder].

Cromorne : Faut-il s’attendre à d’autres révélations dans quelques heures ? Nous n’en avons aucune idée. Mais le Canard enchaîné paraît demain… 

Phil : Pourquoi la Mutuelle de Bretagne n’a tout simplement pas acheté elle-même les locaux ? Et pourquoi elle a dû payer les travaux alors que c’est au propriétaire de payer les travaux normalement. 
Les Mutuelles de Bretagne ont fait savoir qu’elles avaient toujours privilégié l’investissement humain à l’investissement immobilier. C’est pourquoi elles n’ont pas souhaité acheter elles-mêmes les locaux. Le fait de payer les travaux d’aménagement faisait partie du "deal" avec la SCI de Sandrine Doucen, la compagne de Richard Ferrand [Une SCI qui n'était pas encore constituée au moment de la transaction: un élément d'illégalité...]. Les Mutuelles de Bretagne gèrent de nombreux établissements, mais ne sont propriétaires que de deux immeubles : leur siège, acquis récemment, et une résidence sociale [Le Poan Ben, établissement d'hébergement pour personnes âgées: EHPA, soit 24 studios de la résidence réservés pour moitié à des personnes âgées encore autonomes, et l'autre moitié à des jeunes en parcours de formation et d'insertion professionnelle. Un établissement qui n'est pas sans but lucratif (devis sur demande) et qui fonctionne en réseau avec l'UDSMA, Mutualité Française d'Aveyron, d'où est originaire Ferrand], à Morlaix (Finistère).

Jean-Paul B. : Selon les dires de l’avocat qui a "supervisé" à l’époque la location du bâtiment par la SCI, détenue à 99 % par la compagne de M. Ferrand, à la Mutuelle dont ce dernier était le directeur, un article du code régissant les Mutuelles aurait été violé, ce qui devrait entraîner l’ouverture d’une enquête sur la légalité de la transaction. Qu’en est-il du point soulevé par cet avocat lors de son entretien avec un journaliste du Journal Du Dimanche ?
L’article en question (L114-34) précise qu’un commissaire aux comptes doit obligatoirement intervenir avant la conclusion d’une convention s’il y a un risque de conflits d’intérêts pour un dirigeant de mutuelle. Ce qui n’a pas été le cas au moment de choisir l’offre de la SCI Saca, détenue par Sandrine Doucen, la compagne de Richard Ferrand. 
Richard Ferrand se défend d’avoir été en conflits d’intérêts, car il n’avait à l’époque pas de lien juridique ou patrimonial avec Mme Doucen (ils n’étaient pas encore pacsés à l’époque). 

Bau25 : Peut-on comparer cette affaire, avec les affaires Fillon et Le Roux. Y a t il des similitudes ? 
Dans les affaires Fillon et Le Roux planait le soupçon d’emplois fictifs. Ce n’est pas le cas dans l’affaire Ferrand, à qui il est plutôt reproché de potentiels conflits d’intérêts et favoritismes. 

Olivier : En admettant – et ce n’est pas facile – que l’opération soit effectivement économiquement sensée pour les Mutuelles de Bretagne, comment M. Ferrand justifie-t-il le choix de sa compagne pour monter une SCI plutôt que n’importe quel autre tiers ? 
La notaire des Mutuelles de Bretagne a expliqué qu’elle avait eu vent de la disponibilité de ces locaux rue George-Sand, et l’a portée à la connaissance de Richard Ferrand. Les Mutuelles étant à la recherche d’un nouveau centre de soins, il a saisi l’occasion au bond en signant un compromis de vente. Quelques mois plus tard, c’est finalement la SCI de sa compagne qui s’est substituée à lui pour acheter les locaux. 

Ibnkbu : J’ai entendu dire ce matin sur RMC que 4 journalistes du Monde sont en train de travailler sur ce sujet. Pouvez vous confirmer ou infirmer ? 
Nous étions cinq à travailler sur ce sujet : Anne Michel, Alexandre Pouchard, Yann Bouchez, Maxime Vaudano et Jérémie Baruch. 

Nielda : A propos de l’emploi d’attaché parlementaire occupé par le fils de M. Ferrand, 
ce dernier a indiqué que la rémunération était égale au smic. Or, il semble que la rémunération a été de "1.266,16 euros net (…) pour 35 heures." Soit l’équivalent d’un salaire mensuel supérieur à 5.000 euros. Qu’en est-il ? 
Le cabinet de Richard Ferrand a indiqué qu’Emile Ferrand, le fils du député, avait été rémunéré 6.796,51 € net pour environ quatre mois de travail, soit 1.699 € par mois en moyenne. C’est supérieur au smic de l’époque (1.133 €)

Résultat de recherche d'images pour "Richard Ferrand mutualité francaise"Lecteur assidu : Vous n’avez pas répondu à la question concernant le nombre d’heures travaillées par le fils de M. Ferrand par mois. Ce n’est pas pareil d’être payé un smic pour 35 heures par mois et un smic pour un temps plein. 
Il était aux 35 heures par semaine entre février et avril, et touchait 1.266 € net par mois. Soit très légèrement plus que le smic. Par ailleurs, le travail du fils de Richard Ferrand n’a été mis en cause par personne. 

François12 : Quelles sont les réactions des associations anticorruption ? Il est assez étonnant qu’elles ne réagissent pas, notamment par un dépôt de plainte avec constitution de partie civile, forçant le parquet à ouvrir une enquête. Ce qui, en soit, n’aurait d’ailleurs pas de signification particulière. 
Il est en effet surprenant que le parquet n’ait pas enquêté sur le délit de favoritisme. Sans compter les emplois des proches. Selon nos informations, l’association Fricc (front républicain d’intervention contre la corruption) devrait déposer plainte contre X au parquet de Brest en fin de semaine. Elle devrait viser l’article L 820-4 du code du commerce, en pointant du doigt l’absence d’intervention de commissaire aux comptes dans la transaction immobilière (comme nous vous l’expliquions ici). Le fait de ne pas désigner de commissaire aux comptes alors que c’est nécessaire est passible de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. 

Headlift : Comparativement à la bombe atomique des emplois fictifs du FN au parlement EU, votre "bombinette Ferrand" paraît bien inoffensive. On se pose donc des questions bien légitimes… 
Nous avons aussi enquêté sur les affaires concernant le Front national. Vous retrouverez les principales informations en suivant ce lien. 

Richard Ferrand avec Sylvie Andrieux,
députée PS condamnée pour
détournement de fonds publics
Jean-Ed : Vous écrivez que "Richard Ferrand se défend d’avoir été en conflit d’intérêts, car il n’avait à l’époque pas de lien juridique ou patrimonial avec Sandrine Doucen (ils n’étaient pas encore pacsés à l’époque)". Dans ce cas, pourquoi Sandrine Doucen signe un compromis de vente pour l’achat d’un immeuble sous la condition suspensive qu’elle obtienne un contrat de bail avec les Mutuelles de Bretagne si elle n’avait aucune information de la part de son compagnon ? Cela semble incohérent. 
Ce n’est pas Sandrine Doucen qui signe le compromis de vente, mais Richard Ferrand. La SCI de Mme Doucen se substitue à lui par la suite. 

Juliette : Est-il possible de savoir si cette mutuelle a touché des subventions publiques ? 
Le mutualiste partage le tailleur
du banquier-président
Et aussi d’en connaître la date exacte, le montant et leur emploi ? Car je lis que c’est probable mais aucune information probante pour le moment. Par ailleurs, pourquoi personne ne porte plainte ? Notamment, les adhérents. Quelles sont les difficultés qui se présenteraient pour eux, à le faire ? 
Comme nous le précisons dans notre article, l’EHPAD de Guilers, construit en 2010 pour le compte des Mutuelles de Bretagne, a reçu à l’époque 1,66 million de subventions du conseil général du Finistère. L’ex-épouse de Richard Ferrand, Françoise Coustal, a effectué des travaux d’aménagement dans cet établissement. [La mutualité est-elle un business familial ?]

Olivier D : Concernant, l’attribution au bail à la SCI de sa femme. Cela ne s’apparente-il pas à une convention réglementée telle que cela existe dans le droit commercial ? Ne pas déclarer que l’on est partie prenante des fournisseurs de la société pour laquelle on exerce un mandat social n’est en effet pas légal au titre du droit du commerce. Qu’en est-il dans le cas présent ? 
Richard Ferrand assure qu’il avait informé les membres du conseil d’administration des Mutuelles de Bretagne de son lien avec Sandrine Doucen, qui présentait l’une des trois offres en lice. Ce qu’ont confirmé plusieurs membres du conseil d’administration après la publication de l’enquête du Canard enchaîné. 

Fred44 : Mme Doucen s’est-elle expliquée sur cette affaire ? Elle est concernée, il me semble… 
Non, elle n’a pas souhaité répondre à nos questions. 

Par Alexandre Pouchar, Anne Michel , Jérémie Baruch, Maxime Vaudano et Yann Bouchez (échanges publiés le 30 mai 2017 à 16h26)

jeudi 11 mai 2017

Législatives : Mélenchon, candidat à Marseille, accusé par Mennucci (PS) de connivence avec le FN

Le député PS sortant accuse Mélenchon d'être "assez arrangeant avec le FN" 

Patrick Mennucci attaque bille en tête Jean-Luc Mélenchon, candidat à la députation dans sa quatrième circonscription de Marseille

Mennucci est le député PS des Bouches-du-Rhône et, pour lui, le candidat de 'La France Insoumise', PCF et Parti de gauche, a choisi la seule circonscription de la région, la 4e de Marseille, où le "risque FN n'existe pas". "C'est la circonscription la moins Front national de toute la région PACA", a reproché Mennucci  - qui s'était rallié à Benoît Hamon - au candidat d'extrême gauche, se faisant du tort au passage... Mennucci admet implicitement qu'il est l'élu d'une circonscription à l'abri du FN...
franceinfo : Vous avez réagi durement au choix de Jean-Luc Mélenchon de se présenter dans votre circonscription. Il vous fait si peur que cela ? 
Patrick Mennucci : "Je ne crois pas que ce soit un problème de peur, et chacun a pu constater ma détermination. C'est simplement une surprise par rapport à ce qu'il dit, c'est la circonscription la moins Front national de toute la région Paca. C'est une circonscription où la droite, avec François Fillon, n'a fait que 10%. Jean-Luc Mélenchon sait que, dans cette circonscription, il n'y a pas de risque Front national, et il vient là. C'est donc un choix qui confirme sa stratégie de ne pas appeler à voter pour le président Macron dans l'entre-deux-tours de la présidentielle. Il ne veut pas affronter le Front national. Ne le prenez pas pour quelqu'un qui fait les choses au hasard, il a tout à fait décidé d'être assez arrangeant avec le Front national.
D'ailleurs j'ai vu qu'hier [mercredi],
il avait reçu les félicitations de Wallerand de Saint-Just [trésorier du FN] pour son arrivée à Marseille.
Alors qu'
il y a une circonscription, la 3e circonscription de Marseille [celle de Sylvie Andrieux, député DVG, après avoir été élue PS pendant 10 ans, condamnée et exclue], où nous avons besoin de travailler ensemble pour battre le Front national, et qu'il peut gagner dans cette circonscription."


Patrick Mennucci "Mélenchon est assez... par franceinfo
Le député socialiste propose donc au 'parachuté' un débat sur les ...questions marseillaises

"Jean-Luc Mélenchon est un nomade électoral", a expliqué l'ancien homme-à- tout-faire de la candidate Royal, en 2007, invité de franceinfo jeudi 11 mai. 

Le coucou "se désintéresse absolument de ce territoire de Marseille pour venir dans un endroit où il n'y a absolument aucun risque que le député soit autre chose qu'un député de gauche. 
Mon sentiment aujourd'hui, c'est que Jean-Luc Mélenchon n'est pas quelqu'un qui recherche quelque chose à gauche, mais ailleurs. Il parle par exemple du peuple, alors que nous parlons de la Nation. Il est dans une logique qui est à l'extérieur de ce que nous appelons la gauche. D'ailleurs il n'en parle jamais et à aucun moment il n'emploie ce mot. 
Marseille est une des villes où Jean-Luc Mélenchon a réalisé ses meilleurs scores à la présidentielle, notamment dans votre circonscription... N'y a-t-il pas une logique à se présenter ici ? Je ne lui interdis pas et il a parfaitement le droit de se présenter où il veut. Ce que je dis, c'est que quand on change cinq fois d'implantation politique en huit ans, il y a un problème de capacité à se fixer quelque part. Jean-Luc Mélenchon est un nomade électoral, il l'assume, mais ça ne veut pas dire que moi, je n'ai pas le droit de dire qu'il est instable. Etre député, c'est bien sûr un travail que l'on fait à l'Assemblée nationale, mais c'est aussi un travail que l'on fait dans sa circonscription, avec les problématiques spécifiques et les citoyens de la circonscription. 
Jean-Luc
Mélenchon affirme en réponse qu'il est "partout chez lui" et qu'il est "un homme dans une odyssée" qui fait des "escales dans son existence, comme beaucoup de gens à Marseille". Que répondez-vous ? Nous sommes tous partout chez nous, mais vous voyez bien que dans le discours de Jean-Luc Mélenchon, de quoi parle-t-on, d'odyssée ? Jean-Luc Mélenchon n'est pas le seul à être pied-noir, né en Algérie, rapatrié. Qu'est-ce que c'est cette logorrhée, cette odyssée ? C'est absolument ridicule ! Jean-Luc Mélenchon choisit de venir dans cette circonscription en sachant parfaitement qu'il y est absolument inutile dans la bataille contre la droite et le Front national. Il a pu penser que ça allait être facile, je peux vous dire que ça va être extrêmement compliqué. 
Vous proposez un débat sur les dossiers spécifiquement marseillais à Jean-Luc Mélenchon. Il ne s'agit pourtant pas d'une élection municipale ? Je vous prends un exemple. Le président Macron propose le dédoublement des classes en ZEP. Je suis très favorable à cette mesure, mais il ne faut pas s'arrêter là, et dans notre circonscription, du fait de la non construction d'écoles par la municipalité de Jean-Claude Gaudin, cette mesure sera inapplicable. Or, le député doit être en capacité, à l'Assemblée nationale, de travailler ces questions. De voir comment on peut obliger les municipalités à fournir les locaux pour permettre cette réforme. [En cinq années d'Etat-PS, Mennucci a-t-il fait construire une seule école?] Est-ce que Jean-Luc Mélenchon sait combien il y a d'écoles dans cette circonscription, combien il y a d'enfants, quel est le travail que nous menons depuis des années dans cette bataille ? 
Moi, je propose un débat à Jean-Luc Mélenchon, et pas uniquement sur les questions locales. 
Je suis tout à fait capable de parler avec lui, s'il le souhaite, du Venezuela [d'E. Maduro, bolivarien contesté par le peuple dans la rue], de Bachar al-Assad [qu'il soutient au côté de la Russie], ou de ce qu'il veut. [Tandis que le candidat Macron était favorable à une intervention militaire française en Syrie]
Mais je vais vous dire une chose : moi je pense que pendant la campagne présidentielle, les candidats ont des obligations médiatiques, et que les débats ne sont pas allés au bout. Je dis à Jean-Luc Mélenchon, puisque tu viens là, le débat va aller au bout, on va poser toutes les questions !"
Le défi devrait être relevé.

lundi 12 décembre 2016

Démission de la députée PS Sylvie Andrieux après sa condamnation

La franc-maçonne Sylvie Andrieux renonce-t-elle aussi à Marseille ?

Enfin condamnée en justice à la hauteur de ses fautes, 
elle démissionne de son poste à l'Assemblée

Condamnée en appel à une peine plus lourde dans une affaire de détournement de fonds publics en septembre... 2014, son pourvoi en cassation n’a rien donné.
Andrieux et Vauzelle
Et il aura fallu un mois, ce vendredi, à la députée pour tirer les conséquences de sa condamnation devenue définitive début novembre. 

Elle est reconnue coupable d’avoir détourné des fonds du Conseil régional présidé par Michel Vauzelle, PS, à des associations fictives de sa circonscription marseillaise.

Liens utiles PaSiDupes

La justice a condamné la députée exemplaire pour avoir détourné à des fins électorales environ 700.000 euros de subventions régionales à des associations fictives, entre 2005 et 2008, alors qu’elle était conseillère régionale. Sylvie Andrieux avait retardé l'échéance en allant jusqu’à la Cour de cassation, mais la franc-maçonne n’a pas réussi à faire annuler sa peine de quatre ans de prison, dont trois ans avec sursis, 100.000 euros d’amende et 5 ans (seulement) d’inéligibilité.

L’Assemblée nationale a pris acte de la démission de Mme Sylvie Andrieux, députée de la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône", rapporte le journal officiel vendredi. Son siège restera vacant jusqu’à la fin de la législature. 

Pendant près de dix ans, depuis 2007, la justice n'a pas fait de zèle 

La socialiste faisait acte de présence
en séance avec un bracelet électronique
L’enquête avait commencé à la mi-2007 par un signalement à la justice de la cellule Tracfin, qui avait relevé des flux financiers suspects sur les comptes d’associations censées œuvrer à la réhabilitation... sociale des quartiers. Ces associations situées dans le fief électoral d'Andrieux étaient en fait des coquilles vides. Les fonds versés servaient à assurer un train de vie confortable à leurs dirigeants. 

Plus sociale, tu meurs !
En retour, le deal de ses complices était d'aider S. Andrieux à se faire élire. Andrieux l’avait d'ailleurs emporté de justesse (51 %) face au Front national de Stéphane Ravier en 2012. Les quartiers situés au centre-nord de la ville de Marseille - à cheval sur les 12e (Valérie Boyer, maire LR), 13e (Stéphane Ravier, maire FN) et 14e (Stéphane Ravier, également) arrondissements populaires - qui forment l’une des circonscriptions les plus menacées par l’extrême droite et pourtant sacrifiée par son élue, sont parmi les plus défavorisées des Bouches-du-Rhône.
Le prétendant socialiste à l’investiture dans sa circonscription devra enrailler la montée du Front national qu'Andrieux a favorisée.

mardi 27 septembre 2016

Rebond du chômage: des proches de Hollande repoussent le lancement d’un site de sauvetage

La preuve que "cette hausse cache une baisse" !... comme l'affirme ce bouffon de Le Guen

Ce lundi, des proches de François Hollande devaient rendre public le lancement
 d'un site internet à la gloire du chef de l'Etat.
 

L'association "Répondre à gauche" est à la manoeuvre. 
Google ou PS ? Hégémonie !
Elle avait mené la campagne du socialiste en 2012. Elle promettait d'assurer ce lancement lundi 26 à partir de 18 heures, mais elle rétro-pédale à la veille de la primaire socialiste de 2016. En mars dernier, elle rappelait encore que Hollande a été élu président de la République en promettant le redressement du pays dans la justice et en donnant la priorité à la jeunesse. Ainsi, avançait-elle que "le déficit des finances publiques sera de 3,3% du PIB en 2016" ou qu' "en 2015 l’économie a recréé des emplois marchands (82.000) et le chômage a commencé à baisser : 10,2% fin 2015 contre 10,4% mi-2015".

"Répondre à gauche" est animé par les députés Laurent Grandguillaume (Côte-d'Or) et Gwendal Rouillard (Morbihan), qui ont décidé en 2012 de former autour d'eux une "coordination" d'élus hollandais, proches de Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, ainsi que du sénateur et maire de Dijon François Rebsamen. Ce club avait été mis en sommeil à l'élection de Hollande à l'Elysée, mais a été réveillé au printemps 2015, le temps d'un colloque à l'Assemblée nationale intitulé : "Trois ans et après ?" 


Ces hollandais pur jus disaient alors non à une primaire socialiste et reprennent de l'activité maintenant qu'elle est malgré eux en route. Aujourd'hui, combien de divisions ?


Au final, "la politique de la gauche réduit les inégalités", selon Dominique Villemot, avocat, président d’honneur de l’association Démocratie 2012, club de réflexion fondé par l'ancien député PS du Gard, Jean-Marie Cambacérès, ex-époux de la princesse Nanda-Dévi Norodom, petite-fille du roi Norodom Sihanouk du Cambodge.

"Hé, Oh, la gauche" est mort-née
mais ce mouvement politique de soutien à François Hollande et sa politique se déclare pourtant fière de son bilan, malgré aussi le déferlement de quolibets qui a accueilli sa venue au jour en avril 2016 ! Selon Le Figaro, il s'agissait d'une première étape en vue de présenter la candidature de François Hollande aux élections présidentielles de 2017, en indépendant et donc hors primaires.
"Ça va mieux"! était leur grand cri, mais les chiffres en hausse massive du chômage en août 2016 ont signé l'arrêt de mort du truc.

Autour de Stéphane Le Foll, qui fut le bras droit de François Hollande au PS onze ans durant, et dans la perspective de la [Belle] Alliance populaire (BAP), entre politiques, associatifs, syndicats et société civile, en vue de la présidentielle de 2017, lancée par le trotskiste Jean-Christophe Cambadélis et Julien Dray (SOS Racisme), 
la gauche qui gouverne [et discrimine: profession de foi trompeuse jusque dans le logo en étoile à cinq branches; une allusion forte à la fois à l'islam et au communisme], c’est-à-dire le parti socialiste, les écologistes d’Emmanuelle Cosse et les radicaux de gauche de Jean-Michel Baylet, se réunit le 25 avril 2016 afin de remobiliser l’électorat de gauche face à la droite qui revient en force et se présentant agressivement comme "une alternative au libéralisme ambiant et au nationalisme conquérant". 
Dans un appel que les "journalistes d'investigation" de Libération ont reçu dans leurs boîtes mél (et veulent nous revendre par abonnement...), les signataires percevaient déjà le besoin d'un revitalisation de la gauche de gouvernement, PS hégémonique en tête, et d'un "nouveau départ". "Conscients de la gravité et de l’urgence, écrivaient-ils, militants de l’égalité et partisans de la fraternité, nous en appelons à la constitution d’une grande alliance populaire démocratique, écologique et sociale", à un an de l’élection présidentielle.

L'ouverture du site sera finalement repoussée de "quelques jours", officiellement pour des questions techniques..
Ca, c'était en 2012
Les proches de François Hollande organisent leur "sauve-qui-peut" pour conserver leurs sièges parlementaires, pressent donc le président de la République à se présenter officiellement sa candidature à sa réélection et comptent valoriser son bilan.
Mais finalement, ce lancement est percuté de plein fouet par les chiffres du chômage. Les raisons techniques font d’abord sourire. "C'est de l'artisanat", lâche un député. 
Puis, au vu de ces chiffres calamiteux tombés après les "Ca va mieux" massivement répercutés par la presse, on nous avoue que des ajustements sont nécessaires sur le premier texte d’un appel qui doit être lancé par des jeunes. Mais le timing est également peu propice à ces initiatives, notamment auprès des jeunes, priorités de Hollande, et pourtant frappés plus que jamais par le chômage.
"On pensait que les chiffres du chômage seraient bons, d'où le lancement du site...", glisse un élu plus stupide que les autres, à BFMTV. "On ne va pas marteler ça va mieux alors que les chiffres sont mauvais", poursuit-il, amer. Combien, comme lui, sont au bord de la crise de nerfs ?

Bras ballants au pouvoir, ils veulent valoriser leur inaction et contre-attaquer

On demande à voir... Après tout,
n'ont-ils pas assez de France Télévisions et ses cinq chaînes de télévision, du groupe BFM ou de LCP, ainsi que des groupes Le Monde et L'Obs ou de Libération ? Ce qui n'interdit pas à Hollande de déplorer qu’il n’y ait "plus de journaux de gauche en France" ! Parmi les totalitaires, Bernard Cazeneuve a tancé... Libération qui affirma le 21 juillet 2016 qu’il avait "menti" sur le dispositif policier déployé le soir du 14 juillet à Nice où un attentat revendiqué par Daesh a fait 84 morts sur la Promenade des Anglais. Le ministre de l’Intérieur s’était alors emporté (violemment, comme ils disent) sur "la déontologie des journalistes", dont les "procédés empruntent aux ressorts du complotisme". Pincez-moi !

Sans compter que le site, qui a des ratés à l'allumage, s'appellera "Notre idée de la France". Il doit être participatif et géré par l'association dont Stéphane Le Foll est le président. Une pointure, celui-là, et un gage de développement, à l'instar de l'agriculture, notamment bretonne. Bon, mais, après tout, ne sont-ils pas fiers d'être Bretons et de voter PS ?

Il y aura donc régulièrement des vidéos de "riposte" face à la droite. 
Vanter le bilan de Hollande ne semble pas crédible, pas même en milieu socialiste. Ils pensent se faire du bien en tapant sur la droite. Ainsi, leur première riposte doit-elle cibler Nicolas Sarkozy et les Gaulois, c'est-à-dire vous et moi. Autant que Hollande fasse donc campagne au Gabon. 
Au fil des semaines, seront également mis en ligne des appels thématiques pour soutenir le chef de l'Etat. Le premier appel doit concerner la jeunesse. Mais en évident d'aborder le chômage qui les attend. 

C'est ça que vous voulez ?
L'initiative doit aussi se propager parmi les trolls des réseaux sociaux puisque "Notre idée de la France" se déclinera également en un compte Facebook et un fil Twitter. Les sondages et les débats politiques ont fait leur temps à force de nous saouler. Alors les plus candides se feront piéger par les twittos et s'imagineront ainsi que la foule des anonymes adhère. 

Dans l'équipe en charge du projet internet, on assure que cela est fait bénévolement, "à zéro euro". Le maillage des collectifs et associatif pourra donner toute sa mesure. Mais ces réseaux socialistes ne sont-ils plus financés par le PS et la "réserve parlementaire" ou les conseils départementaux ? En cas de difficultés budgétaires, voyez plutôt Sylvie Andrieux et ses semblables...