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jeudi 11 mai 2017

Législatives : Mélenchon, candidat à Marseille, accusé par Mennucci (PS) de connivence avec le FN

Le député PS sortant accuse Mélenchon d'être "assez arrangeant avec le FN" 

Patrick Mennucci attaque bille en tête Jean-Luc Mélenchon, candidat à la députation dans sa quatrième circonscription de Marseille

Mennucci est le député PS des Bouches-du-Rhône et, pour lui, le candidat de 'La France Insoumise', PCF et Parti de gauche, a choisi la seule circonscription de la région, la 4e de Marseille, où le "risque FN n'existe pas". "C'est la circonscription la moins Front national de toute la région PACA", a reproché Mennucci  - qui s'était rallié à Benoît Hamon - au candidat d'extrême gauche, se faisant du tort au passage... Mennucci admet implicitement qu'il est l'élu d'une circonscription à l'abri du FN...
franceinfo : Vous avez réagi durement au choix de Jean-Luc Mélenchon de se présenter dans votre circonscription. Il vous fait si peur que cela ? 
Patrick Mennucci : "Je ne crois pas que ce soit un problème de peur, et chacun a pu constater ma détermination. C'est simplement une surprise par rapport à ce qu'il dit, c'est la circonscription la moins Front national de toute la région Paca. C'est une circonscription où la droite, avec François Fillon, n'a fait que 10%. Jean-Luc Mélenchon sait que, dans cette circonscription, il n'y a pas de risque Front national, et il vient là. C'est donc un choix qui confirme sa stratégie de ne pas appeler à voter pour le président Macron dans l'entre-deux-tours de la présidentielle. Il ne veut pas affronter le Front national. Ne le prenez pas pour quelqu'un qui fait les choses au hasard, il a tout à fait décidé d'être assez arrangeant avec le Front national.
D'ailleurs j'ai vu qu'hier [mercredi],
il avait reçu les félicitations de Wallerand de Saint-Just [trésorier du FN] pour son arrivée à Marseille.
Alors qu'
il y a une circonscription, la 3e circonscription de Marseille [celle de Sylvie Andrieux, député DVG, après avoir été élue PS pendant 10 ans, condamnée et exclue], où nous avons besoin de travailler ensemble pour battre le Front national, et qu'il peut gagner dans cette circonscription."


Patrick Mennucci "Mélenchon est assez... par franceinfo
Le député socialiste propose donc au 'parachuté' un débat sur les ...questions marseillaises

"Jean-Luc Mélenchon est un nomade électoral", a expliqué l'ancien homme-à- tout-faire de la candidate Royal, en 2007, invité de franceinfo jeudi 11 mai. 

Le coucou "se désintéresse absolument de ce territoire de Marseille pour venir dans un endroit où il n'y a absolument aucun risque que le député soit autre chose qu'un député de gauche. 
Mon sentiment aujourd'hui, c'est que Jean-Luc Mélenchon n'est pas quelqu'un qui recherche quelque chose à gauche, mais ailleurs. Il parle par exemple du peuple, alors que nous parlons de la Nation. Il est dans une logique qui est à l'extérieur de ce que nous appelons la gauche. D'ailleurs il n'en parle jamais et à aucun moment il n'emploie ce mot. 
Marseille est une des villes où Jean-Luc Mélenchon a réalisé ses meilleurs scores à la présidentielle, notamment dans votre circonscription... N'y a-t-il pas une logique à se présenter ici ? Je ne lui interdis pas et il a parfaitement le droit de se présenter où il veut. Ce que je dis, c'est que quand on change cinq fois d'implantation politique en huit ans, il y a un problème de capacité à se fixer quelque part. Jean-Luc Mélenchon est un nomade électoral, il l'assume, mais ça ne veut pas dire que moi, je n'ai pas le droit de dire qu'il est instable. Etre député, c'est bien sûr un travail que l'on fait à l'Assemblée nationale, mais c'est aussi un travail que l'on fait dans sa circonscription, avec les problématiques spécifiques et les citoyens de la circonscription. 
Jean-Luc
Mélenchon affirme en réponse qu'il est "partout chez lui" et qu'il est "un homme dans une odyssée" qui fait des "escales dans son existence, comme beaucoup de gens à Marseille". Que répondez-vous ? Nous sommes tous partout chez nous, mais vous voyez bien que dans le discours de Jean-Luc Mélenchon, de quoi parle-t-on, d'odyssée ? Jean-Luc Mélenchon n'est pas le seul à être pied-noir, né en Algérie, rapatrié. Qu'est-ce que c'est cette logorrhée, cette odyssée ? C'est absolument ridicule ! Jean-Luc Mélenchon choisit de venir dans cette circonscription en sachant parfaitement qu'il y est absolument inutile dans la bataille contre la droite et le Front national. Il a pu penser que ça allait être facile, je peux vous dire que ça va être extrêmement compliqué. 
Vous proposez un débat sur les dossiers spécifiquement marseillais à Jean-Luc Mélenchon. Il ne s'agit pourtant pas d'une élection municipale ? Je vous prends un exemple. Le président Macron propose le dédoublement des classes en ZEP. Je suis très favorable à cette mesure, mais il ne faut pas s'arrêter là, et dans notre circonscription, du fait de la non construction d'écoles par la municipalité de Jean-Claude Gaudin, cette mesure sera inapplicable. Or, le député doit être en capacité, à l'Assemblée nationale, de travailler ces questions. De voir comment on peut obliger les municipalités à fournir les locaux pour permettre cette réforme. [En cinq années d'Etat-PS, Mennucci a-t-il fait construire une seule école?] Est-ce que Jean-Luc Mélenchon sait combien il y a d'écoles dans cette circonscription, combien il y a d'enfants, quel est le travail que nous menons depuis des années dans cette bataille ? 
Moi, je propose un débat à Jean-Luc Mélenchon, et pas uniquement sur les questions locales. 
Je suis tout à fait capable de parler avec lui, s'il le souhaite, du Venezuela [d'E. Maduro, bolivarien contesté par le peuple dans la rue], de Bachar al-Assad [qu'il soutient au côté de la Russie], ou de ce qu'il veut. [Tandis que le candidat Macron était favorable à une intervention militaire française en Syrie]
Mais je vais vous dire une chose : moi je pense que pendant la campagne présidentielle, les candidats ont des obligations médiatiques, et que les débats ne sont pas allés au bout. Je dis à Jean-Luc Mélenchon, puisque tu viens là, le débat va aller au bout, on va poser toutes les questions !"
Le défi devrait être relevé.

samedi 16 juillet 2016

Deux erreurs de François Hollande ont conduit au carnage de Nice

Les frappes aériennes de Hollande sur la Syrie, suite aux attentats du 13 novembre, n'ont pas empêché les carnages de Paris ou Nice 

Atlantico a interrogé à ce sujet Alexandre del Valle, un géopolitologue et essayiste franco-italien. 


Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc), il intervient pour le groupe Sup de Co La Rochelle et des institutions patronales et européennes et est chercheur associé au CPFA (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme. Il est notamment auteur des livres
Le Chaos Syrien, printemps arabes et minorités face à l'islamisme (Editions Dhow 2014), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (Editions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (Editions du Toucan).

Atlantico : En réponse à l'attaque de Nice, François Hollande a affirmé : "Nous allons renforcer nos actions en Syrie et en Irak. Nous allons continuer à frapper ceux qui nous attaquent dans leur repaire". Cette rhétorique guerrière ne sert-elle pas à détourner le problème de sa réalité, à savoir que les auteurs des dernières attaques de nature terroriste en France sont des ressortissants français ?
Alexandre del Valle : On retrouve cette analyse dans l'un des rapports de Malek Boutih, co-fondateur de SOS racisme, qui a fait couler beaucoup d'encre. Il évoque une haine de type nazifiante, sous couvert d'islamisme, qui grandit dans les banlieues, sans rapport avec la misère - il affirme lui-même que les miséreux n'ont pas le temps de préparer des attentats terroristes.

Cette haine est produite en partie par notre société qui ne sait plus intégrer [où s'en défend pour des raisons idéologiques], transmettre le patriotisme, appliquer les règles. L'Etat a démissionné dans ces zones de non-droit où la haine peut prospérer, tant appuyée par des voyous que par des islamistes [sans compter les associations qui pullulent et s'activent, à l'instar des MJC auxquelles on ne pensent pas en matière de populisme communautariste]. Les théâtres [militaires] syrien et irakien n'ont donc pas une influence fondamentale dans cette haine qui s'est aujourd'hui autonomisée. 
Un véritable chaudron est en train d'exploser dans des zones de non-droit [hexagonales]des ressortissants français, souvent aux origines étrangères [ce qui soulève la question de la binationalité], mais pas toujours, vouent une haine farouche à notre société [en conséquence de l'anticolonialisme rampant et de la culpabilité post-coloniale insufflés par les réseaux et collectifs relayés par la presse de gauche], à tout ce qu'elle représente, et sont prêts à mourir pour cela. 

Sur le dossier syrien, le problème de la communauté internationale, et de la France notamment, réside dans l'absence de vision stratégique consensuelle quant à l'avenir des territoires sous contrôle de l'EI, lorsque celui sera défait. En lieu et place d'envoyer toujours plus de moyens pour frapper l'EI, le gouvernement français ne pêche-t-il pas par cette absence de réflexion et de conviction de ses partenaires dans cette voie ?

Alexandre del Valle : On le voit bien en Syrie : le fait de ne pas avoir désigné clairement la nature de la menace - à savoir l'islamisme radical ['islam radical' ne serait pas un pléonasme] - et préférer plutôt désigner Daesh [sur injonction de Laurent Fabius à la presse], a permis d'affaiblir ce dernier dans les zones ciblées par les frappes occidentales, tout en permettant la progression d'autres groupes djihadistes comme al-Nosra, le Front islamique, Jaich al-Islam, etc. En désignant l'islamisme radical, on aurait ainsi pu privilégier l'action contre cet ennemi principal dans son ensemble et trouver une solution de paix en Syrie, évitant ainsi le blocage des pourparlers, car en dehors de l'intransigeance de Bachar al-Assad, ces derniers sont bloqués parce que les Occidentaux, les Turcs, les Saoudiens et les Qataris ont réussi à mettre en place une représentation permanente dite de "l'opposition syrienne" (HCN) qui englobe plusieurs mouvements djihadistes dangereux, dont certains sont très proches sur le terrain d'Al-Qaeda. 
Le fait d'avoir intégré ces mouvements aux rebelles dits "fréquentables" a donné un prétexte à Bachar al-Assad, mais aussi à la Russie, pour dire qu'il n'est pas possible de mettre en place une transition en Syrie pour laquelle on identifie Daesh comme le grand méchant, tout en excluant les autres mouvements djihadistes de cette liste des méchants. C'est là où réside le problème quant au fait de ne pas avoir désigné la nature philosophique de l'ennemi principal et d'avoir cantonné la campagne de bombardements à Daech. 
C'est d'autant plus déstabilisant pour la Syrie qui avait fait du chemin sur la voie de la sécularisation et dans la lutte contre l'islamisme avant 2011 et que ni l’Occident ni les monarchies du Golfe ne peuvent être crédibles quand ils affirment que les djihadistes d’Al-Nosra et de Da’ech doivent être exclus des pourparlers de paix en vue de la transition, mais qu’au contraire d’autres djihadistes aussi barbares, comme Jaich al-Islam, doivent être acceptés comme le noyau-dur de l’opposition sunnite anti-Bachar fréquentable et destinée à prendre les commandes de la Syrie post-Assad… 
De ce point de vue, l’obstination de Moscou à demander que les Nations unies classent Jaich al-Islam ou Ahrar al-Sham dans la liste des organisations terroristes afin de les exclure de la solution de transition en Syrie ne me paraît pas du tout stupide et est bien plus cohérente que la schizophrénie occidentale pro-saoudienne et pro-qatarie

En l'absence de consensus et de vision quant à l'avenir du territoire syrien en cas de défaite de l'EI, qu'apportent concrètement les frappes menées actuellement en Syrie, notamment par la France ? Ne s'agit-il pas d'une erreur stratégique dont nous payons aujourd'hui le prix ?

Alexandre del Valle : Si l'ennemi principal avait été désigné - celui qui a frappé à Nice, au Bataclan, à Bruxelles, aux Etats-Unis, etc. - nous aurions ainsi fait comme les Russes, c'est-à-dire nous aurions bombardé les positions de l'ensemble des mouvements djihadistes précités, et pas seulement de Daesh, même si cela risquait de servir les intérêts du régime syrien. Même s'il nous déplaît, nous aurions également collaboré avec le régime de Damas. Contrairement à ce qu'on nous dit, ce dernier n'est pas responsable des 200 000 à 300 000 morts du conflit annoncés, dans la mesure où près de la moitié sont des membres du régime ou des civils qui en étaient partisans. 
Nous sommes donc en présence d'une vraie guerre civile où il y a autant de morts des deux côtés et où les rebelles "syriens" sont souvent des moujahidines venus du monde entier dont le dernier souci est l’intérêt de la Syrie. La vision occidentale d'un Bachar al-Assad sanguinaire qui aurait fait 200/300.000 morts est donc simpliste et elle n’aide pas à désigner l’ennemi principal, celui qui menace notre civilisation, notre mode de vie, nos intérêts vitaux et notre population, comme on l’a vu à Nice entre autres. 

L'ennemi, c'est celui qui vous menace chez vous, qui menace votre territoire, votre population, votre intégrité même. Aujourd'hui, la Syrie de Bachar al-Assad - comme l'Irak hier - ne menace pas du tout l'Occident, à la différence des islamistes radicaux qui veulent islamiser leur population et à terme toute planète de gré ou de force. Si nous avions hiérarchisé l'ennemi, nous aurions eu la possibilité d'une plus grande entente avec les Russes - et donc d'une plus grande efficacité quant aux frappes menées - et d'une collaboration avec ceux qui connaissent le mieux le terrain, c'est-à-dire le régime syrien lui-même dont nous n’avons aucun droit de violer la souveraineté et à qui nous n’avons aucun droit de déclarer la guerre comme le voulaient les adeptes du régime, pour la bonne et simple raison qu’il ne nous a pas agressé ni menacé. 
De façon selon moi stupide et contre-productive, depuis le début du printemps arabe, toutes les communications ont été rompues avec le régime de Damas, y compris avec nos services de renseignement les plus hauts placés et notre armée. Il ne faut pas oublier que depuis la fin de la Guerre froide, la Syrie collaborait étroitement avec les Occidentaux en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme islamique, de même que la Libye de Kadhafi que nous avons agressée en détournant honteusement une résolution onusienne et là aussi pour complaire à nos étranges "amis" que sont la Turquie et les monarchies du Golfe devant lesquels tous nos hommes politiques s’agenouillent. La stratégie occidentale a ainsi été complètement renversée puisqu'elle a consisté à désigner comme ennemi celui qui ne nous menaçait pas -ou plus - (Syrie et Libye) et à désigner comme allié ceux qui nous menacent objectivement puisqu’ils veulent conquérir-islamiser la planète… 

Certes, plus il y a d'attentats commis en Occident, plus nos dirigeants semblent devenir plus raisonnables ou adoptent un discours plus réaliste sur ce constat. mais il est triste qu’ils sortent du formatage de guerre froide et des erreurs stratégiques uniquement après des attentats terroristes commis sur leur sol que l’on aurait pu éviter, si l’on avait adopté d’autres politiques et stratégies depuis des décennies. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard -même si cela était prévu avant - si John Kerry est allé à Moscou pour mieux coordonner la coopération militaire entre les Etats-Unis et la Russie. 

Les temps changent. Et le coup d’Etat perpétré par l’armée en Turquie hier le 15 juillet 2016 montre bien que l’ennemi principal n’est pas seulement Daesh, mais l’islamisme radical dans son ensemble qui est un tout et dont Erdogan était l’un des leaders au même titre que Khomeyni [Iran], Tourabbi [ancien chef des Frères musulmans soudanais], [Rached] Ghanouchi [islamiste tunisien], Morsi  [Egypte] ou même Bagdadi [djihadiste irakien de État islamique d'Irak], quoi que plus rusé et apparemment moins violent.

Au regard de ces deux constats et des erreurs commises, quelles seraient les réponses appropriées à apporter à une telle situation, aussi bien en France, que sur le terrain syrien ?


Alexandre del Valle : Pour ce qui est de la France, comme le dit Malek Boutih, mais également Samia Ghali (PS), George Fenech, Thierry Mariani, donc les rares politiques lucides de tous bords, il convient d'appliquer la loi sans complexe, sans exceptions communautaires et sans compromission. Si besoin, il ne faut pas hésiter à envoyer l'armée dans certaines banlieues [une requête de Samia Ghali à Marseille] où les premières victimes sont les personnes qui y vivent, ne l’oublions jamais, car elles sont prises en otage et abandonnées par les forces de l’ordre alors qu’elles aussi un droit à la sécurité. 
C'est une extrême minorité qui terrorise ceux qui y habitent. Il est temps que l'Etat français renverse le sens de la peur : comme le disait Charles Pasqua dans les années 1990, il faut que celui qui est dans le camp des terroristes ou de la délinquance ait plus peur des forces de l'ordre que l'inverse. Or, aujourd’hui, hélas c’est largement l’inverse. 

Leur idéologie de haine culpabilise-t-elle les "rouges" de France ?
Quand on parle de répression, il n'est pas question du délit de faciès ou de l'islamophobie, il ne faut plus se laisser impressionner par la manipulation culpabilisante du politiquement correct et de l’antiracisme dévoyé, mais il est question de l'application de la loi, sans exception, et sans plier. Nulle "dérive sécuritaire" dans l’application de la loi, car sans la force qui l’appuie, la loi n’est rien, et sans le règne de la loi et le respect des forces de l’ordre, c'est le retour de la jungle et de la violence privée.

Il convient également de développer une pédagogie, un contre-argumentaire intelligent, afin de ne pas laisser la seule extrême-gauche occuper ce terrain de la communication. Or, c’est ce qui se passe depuis des mois quand des extrémistes gauchistes violents ouvertement hostiles aux lois en vigueur et aux forces de l’ordre ont ridiculisé l’Etat et bloqué des zones publiques en quasi totale impunité, de surcroît en médiatisant des messages révolutionnaires hostiles à la nation. A mon avis, le discours de l'extrême-gauche [anarchiste], révolutionnaire, anti-patriotique, antisioniste, tiers-mondiste, anti-patrons, anti-flics et anti-occidental prépare le terrain à la radicalisation islamiste que l'on observe. En effet, lorsqu'elle désigne les forces de l'ordre comme l'ennemi, comme l'Occident, et au contraire les casseurs, le Tiers-Monde anti-occidental et les terroristes islamistes comme étant des victimes, sur fond de haine de soi et de théories conspirationnistes anticapitalistes, le terrain du discours de haine islamiste et djihadiste est largement préparé. 

Mais il n’y a rien en face. La gauche la plus extrême est si banalisée et tellement légitimée depuis des décennies, qu’aucun discours ne parvient ou n’ose la remettre en cause [voire diabolisée et étiquetée 'fasciste']. A l'inverse, l'Etat et la nation doivent d’urgence produire un discours d'amour de la collectivité nationale plutôt que de laisser des idéologues subversifs haineux qui prônent la désobéissance de la loi, l'agression des policiers et la haine de la Nation fanatiser nos jeunes et légitimer indirectement les kamikazes. Il ne faut pas oublier non plus le contrôle des réseaux sociaux qui sont aujourd'hui la caisse de résonance principale des recruteurs djihadistes mais qui sont presque totalement hors contrôle.

Pour ce qui est de la Syrie, il est temps de désigner l'ennemi principal (lien Atlantico). L'ennemi principal n'est pas celui qu'on n'aime pas ou qui n'a pas nos valeurs, mais celui qui vient vous menacer concrètement chez vous. Aujourd'hui, Bachar al-Assad ne représente pas une menace pour l'Occident. De même que nous avions fait le choix de la collaboration avec les communistes pour défaire les nazis - soit le choix d'un moindre mal pour vaincre un plus grand mal - il faut désormais ne pas hésiter à collaborer avec certaines dictatures arabes, comme l'Egypte - injustement vouée aux gémonies, selon moi, lorsque le maréchal al-Sissi a pris le contrôle du pays - l'Algérie, les Emirats Arabes Unis ou la Syrie qui ont le même ennemi islamiste (Frères musulmans) commun [Ayons également une pensée pour Ben Ali, en Tunisie]. Face à l'ennemi principal, malheureusement, nous n'avons pas le choix, nous devons collaborer avec tous les Etats qui ont le même ennemi si leur collaboration s’avère être précieuse. Qu'on le veuille ou non, ceux qui agressent les populations civiles pro-régime en Syrie et veulent renverser Assad par le djihad sont les mêmes que ceux qui commettent des attentats en Occident. Ceux qui ne jouent pas le jeu comme la Turquie d’Erdogan, le Qatar ou l'Arabie saoudite, doivent être sanctionnés, car notre amitié et notre alliance sont conditionnés par le respect de nos intérêts vitaux que ces Etats violent depuis des décennies en armant, formant et appuyant ceux qui veulent clairement notre perte en tant que civilisation judéo-chrétienne européenne. 

Le pétrole n'est pas le seul moyen de pression qui existe; nous disposons également de moyens de pression à l'encontre de ces pays, à commencer par nos bases militaires et accords de défense qui maintiennent en vie les dynasties en place incapables de gérer une armée et qui auraient été balayées depuis longtemps sans notre protection militaire. Nous ne pouvons pas accepter que nos alliés, protégés par nous, proposent à la fois des coalitions contre le terrorisme tout en finançant et instruisant les djihadistes anti-occidentaux. 
Prenons l'exemple du Koweït, Etat en faveur duquel nous sommes intervenus militairement contre le régime de Saddam Hussein 1990 : sous ses apparences pro-occidentales, celui-ci constitue le plus grand contributeur financier pour les mouvements terroristes. Sa façon d’être notre "allié" et de nous rendre la pareille a consisté à financer les djihadistes qui nous combattent… avec des amis comme ceux-là, pas besoin d’ennemis !

jeudi 17 septembre 2015

Hollande entre en guerre en Syrie: qu'en pense al-Assad ?

Nos frappes aériennes contre Daesh en Syrie vont commencer, prévient Le Drian

Pourquoi François Hollande a changé de stratégie en Syrie

Ce changement de stratégie s'ajoute à tous les revirements précédents. Le président Hollande a annoncé que la France envisage, pour la première fois, des frappes aériennes contre l’organisation Etat islamique en Syrie. "Aujourd’hui en Syrie, ce que nous voulons, c’est connaître, savoir ce qui se prépare contre nous et ce qui se fait contre la population syrienne", a lancé le chef de l’Etat lors de sa conférence de rentrée lundi. "Aussi ai-je décidé qu’il y aura dès demain (mardi) des vols de reconnaissance (…) et ensuite, selon les renseignements que nous aurons collectés [l'"audacieux" se laisse une porte de sortie], nous serons prêts à faire des frappes"Cette annonce pourrait permettre à la France de peser davantage dans les négociations, pense-t-il...

"Les combattants de Daesh ont gagné du terrain"

En fait, l’aviation française participe bien depuis septembre 2014 aux opérations de la coalition emmenée par les Etats-Unis en Irak, et ce soulignement de leur impuissance n'a pas manqué d'irriter les coalisés auxquels Hollande est supposé apporter son soutien.  Le président et Fabius pointent en fait la décision à laquelle ils ont adhéré de frapper l'Irak mais de laisser le président al-Assad se débrouiller avec ses rebelles et ses terroristes de Daesh également nuisibles aux habitants de Syrie. Que Hollande s'intéresse tout à coup à "ce qui se fait contre la population syrienne" est tout à son honneur, quoique tardif, alors que la Syrie subit une hémorragie dramatique de population, avec des répercussions historique sur l'Europe.  
Jusqu’à aujourd’hui, Hollande était resté aligné sur Obama qui refusait de frapper le territoire syrien. "Il y a un an, le gouvernement français souhaitait avant tout éviter de contribuer à renforcer Bachar al-Assad. En outre, Paris avançait l’absence de base juridique pour justifier une intervention militaire contre Daesh en Syrie, c’est-à-dire ni sollicitation du gouvernement légitime, ni mandat international", précise Bruno Tertrais, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).
Une intervention militaire contre Daesh en Syrie reste sans "fondement juridique" En clair, une ingérence militaire sur le territoire d'un état souverain est un acte de guerre. "Mais cet argument semble moins pertinent, car les combattants de Daesh ont gagné du terrain en Syrie, s'arrange le chercheur. Et d'accuser: "L’armée régulière ne fait plus grand-chose pour contre-attaquer dans les zones contrôlées par l’Etat islamique".
Combattre "l’EI imposait d’être présent sur l’ensemble du territoire" occupé par l'Etat islamique, estime-t-on désormais

"Le premier élément déclenchant est politique" [mais plutôt médiatique]. 
Cette décision découlerait du mouvement d’opinion que la presse a provoqué autour de la photo de cet enfant syrien mort sur une plage turque, raconte Jean-Claude Allard, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Aylan n'est pourtant pas le premier enfant échoué ou ramassé dans des filets de pêcheurs. La question est plutôt pourquoi la photo a été diffusée quand les précédents documents étaient censurés. "On sait bien que les personnes fuient les combats et les atrocités commises par les combattants de l’EI lorsqu’ils s’emparent des régions", commente le général à la retraite.

Frappes contre Daesh en Syrie : vers une politique du calcul du "moins pire"
Cette volte-face diplomatique est un revirement stratégique. "D’un point de vue militaire, il était évident qu’un combat contre l’EI imposait d’être présent sur l’ensemble du territoire occupé par le groupe, à la fois en Irak et en Syrie, 
reconnaît désormais Jean-Claude Allard, un bavard jusqu'ici moins catégorique sur la Syrie. La France faisait une distinction entre l’Irak et la Syrie qui n’était pas pertinente car les combattants islamistes ont aboli les frontières". 
"Peser davantage dans la négociation internationale," dernière intox de l'ElyséeEn août 2013, François Hollande, qui voulait "punir" Bachar al-Assad , si c'était aux côtés des alliés, comme il a voulu des "sanctions" contre Poutine, à la suite d'Obama, avait présumé de son poids international. S'agissant de l'Ukraine, depuis mars 2013, Vladimir Poutine ne cesse de dire, qu'il "faut s'asseoir à une table, il faut discuter et il faut que nous gérions le monde en multilatéral". Cela pose un problème, je le conçois, car on se dit toujours "est-ce qu'il est honnête et sincère ou est-ce qu'il veut nous tromper ?" expliquait le général. Et d'expliquer que "son intérêt, pourtant, en tant qu'exportateur de gaz et de pétrole n'est pas de dresser l'Europe contre lui, il faut le comprendre et s'asseoir à une table avec lui."
Voilà qu'Hollande se range finalement du côté de l’Iran et de la Russie, soutiens de Damas. "C’est une stratégie en deux temps", tente d'expliquer l’ancien militaire. L’EI devient maintenant la cible n°1, et le sort du président syrien, le seul qui résiste actuellement sur le terrain, viendra après". "Si son armée craquait dans les semaines qui viennent, l’EI s’installerait à Damas". La priorité est donc devenue l'éradication des terroristes de Daesh.
L’aviation française pourrait-elle avoir un impact sur l'issue du conflit ?
Un pas de plus vers l’intervention militaire en Syrie
L
es frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie débuteront dans les prochaines semainesa annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Lundi, le président François Hollande avait que la France devait mener ces frappes aériennes contre les positions de Daesh en Syrie.

"Nous avons annoncé des vols de reconnaissance permettant d’envisager des frappes si c’était nécessaire, et ce sera nécessaire en Syrie", a affirmé le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse commune avec son homologue du Nigeria Muhammadu Buhari, à Paris, le 7 septembre. Le 8 septembre, la première mission de reconnaissance avait été menée. De cet engagement militaire en Syrie, le Parlement français a débattu mardi, après décision présidentielle et sans vote.
"L’apport français sera de qualité, mais quantitativement, ce ne sera pas significatif par rapport à ce que déploient par exemple les Américains", répond Jean-Claude Allard. "Les frappes déjà menées par la coalition anti-Daesh ont permis de contenir un peu son expansion, mais dans des proportions limitées. Il est difficile d’en faire davantage sans troupes au sol, mais pour l’instant aucun pays n’est prêt à envoyer des soldats en Syrie".

François Hollande a d’ailleurs balayé cette idée d'un envoi de troupes au sol qu’il juge "irréaliste" et " inconséquente" lors de la conférence. Une prise de position qui, quant à elle, aura un impact sur l'évolution de la situation en Syrie et, du même coup, sur l'afflux de Syriens en Europe, notamment en Allemagne ou en Suède, et subsidiairement en France qu'ils préfèrent
, si possible, éviter. 
L'armée française sur tous les fronts
Les détachements de l'armée française hors du territoire européen comptent environ 6.500 militaires français (hormis les 20.000 soldats stationnés hors de la métropole) répartis, en 2015, dans les opérations extérieures (OPEX), dont les plus importantes se situent

- au Mali et au Tchad: opération Barkhane, soit 3.000 hommes, depuis plus d'un an (août 2014),
- en Centrafrique: opération Sangaris (2.000 hommes,
- Golfe de Guinée : mission Corymbe (300 hommes,
- Golfe d'Aden : opération Atalante (270 hommes)
- au Liban 
(opération Daman, 900 hommes) et en Côte d'Ivoire, sous mandat international de l'ONU.
Très impopulaire sur la scène intérieure, Hollande joue les matamores à l'internationale, dans l'ombre des puissants: le risque serait que les chiens aboient et que la caravane passe.

mardi 8 septembre 2015

"Haie d'honneur" à des milliers de terroristes infiltrés parmi les migrants accueillis en Europe ?

Politique étrangère socialiste: Fabius se comprend; il est le seul !

L’Etat islamique aurait réussi à infiltrer plus de 4.000 combattants en Europe 

 Fabius est-il vraiment remis de son malaise à Prague en août 2015 ?
Ces infiltrés se seraient dispersés dans toute l’Europe occidentale
Daesh est désormais suspecté d'avoir injecté quelque 4.000 terroristes  parmi les 340.000 migrants clandestins passés par la Turquie, la Grèce et l’Italie depuis janvier. 
Cet objectif avait d'ailleurs été clairement affiché par Dae’ch sur ses sites, à la fois pour préparer l'extension de leur califat en Europe et pour se venger des raids aériens menés en Syrie et en Irak par la coalition occidentale.
 
Ce 8 septembre, la télévision hongroise M1 révèle que les services secrets hongrois ont déjà identifié deux terroristes arabes arrivés en Europe dans le flot des migrants. Ces infiltrés ont été confondus grâce à leurs pages Facebook sur lesquelles ils s’étaient mis en scène en Syrie.

Laurent Fabius : "si tous ces réfugiés viennent en Europe, Daech a gagné"

Laurent Fabius, septuagénaire sclérosé
Fallait pas se braquer contre Bachar al-Assad ! Le ministre des Affaires étrangères de Hollande a indiqué sur l’antenne  RTL ce matin la nécessité de faire en sorte de préserver la présence des minorités au Moyen-Orient, alors qu’une conférence internationale sur le sujet se tient ce mardi à Paris, destinée à mettre en œuvre un plan d’action en faveur des minorités persécutées au Moyen-Orient par l’Etat islamique.


L'Europe doit choisir entre la peste et le choléra
Laurent Fabius,  ministre des Affaires étrangères de Hollande, s’est déclaré opposé à la venue massive de réfugiés expliquant que "c'est très difficile mais si tous ces réfugiés viennent en Europe ou ailleurs, Daesh a gagné la partie. Il faut que le Moyen-Orient reste au Moyen-Orient, il est important que soit conservée la diversité et  où il peut y avoir des chrétiens, des Yazidis".



Bachar el-Assad, toujours pointé du doigt
Cette stabilisation du Moyen-Orient ne peut cependant se faire avec le soutien de Bachar el-Assad, maintient Laurent Fabius.
Or, des voix se font désormais entendre pour lui suggérer un rapprochement de calcul", puisque le président syrien et les Européens ont un intérêt commun, l'éradication des islamistes de Daesh

Dans un entretien au journal Le Parisien, il révèle une sorte de haine personnelle, estimant qu’il faut des éléments stables pour lutter contre l’Etat islamique et que cela passe par une transition politique "dans laquelle Bachar ne détiendra pas le pouvoir". La cohérence de Fabius se concevrait mieux s'il ne privilégiait pas des relations douteuses avec les rebelles au régime de al-Assad. Il n'en démord pas: pour lui, le dirigeant syrien serait responsable du chaos qui fait le jeu de l'Etat islamique en Syrie. 

Alors que les deux premiers vols  français de reconnaissance viennent d'être lancés, le ministre des Affaires étrangères justifie l'absence d'intervention militaire au sol par le fait que les interventions précédentes en Irak ou en Afghanistan avaient produit des résultats tardifs, avec de lourdes pertes. L'intervention militaire française au Mali n'est pas un contre-exemple ?...


samedi 4 juillet 2015

En Syrie, Obama rectifie le tir: il pilonne Daesh et fiche la paix à Bachar al-Assad

Frappes américaines intenses contre le fief de l'EI

La coalition dirigée par les Etats-Unis a mené des raids aériens sans précédent sur Raqa
Ville de Raqa en Syrie, le 25 novembre 2014
L'Otan n'envisage pas de zone d'exclusion aérienne en Syrie
Seize raids de la coalition internationale ont fait au moins 30 morts et endommagé des infrastructures utilisées par les djihadistes dans la capitale de facto du groupe Etat islamique en Syrie, alors qu'il multiplie les crimes  à Palmyre. Par ailleurs, les forces du régime de Bachar al-Assad aidées par les miliciens du Hezbollah libanais ont pénétré dans la ville de Zabadani, l'une des dernières localités encore contrôlées par les rebelles dans la région du Qalamoun, près de la frontière libanaise.

Au nord, sur  le front d'Alep, les combats se poursuivent entre les troupes gouvernementales et deux coalitions de rebelles qui cherchent à avancer dans la deuxième ville du pays.
A Raqa, au moins 30 personnes avaient péri samedi soir et dimanche matin dans les bombardements menés par les avions de la coalition antidjihadiste, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Six civils dont un enfant, figurent parmi les morts et les autres victimes sont des combattants de l'EI, a souligné l'OSDH, basé en Grande-Bretagne.
"Les importantes frappes aériennes (...) ont été effectuées pour priver Daech de la capacité de déplacer des matériels militaires à travers la Syrie et en direction de l'Irak", a expliqué le porte-parole de la coalition, le lieutenant-colonel Thomas Gilleran.

Il s'agit de "l'un des plus importants engagements que nous ayons menés jusqu'à présent en Syrie", a précisé le porte-parole, en indiquant que des bâtiments de l'EI et des routes ont été détruits dans Raqa.
Les frappes "ont sévèrement réduit la liberté de mouvement des terroristes", a insisté le lieutenant-colonel Gilleran.

Le Hezbollah aux côtés des troupes régulières 

Les raids sont survenus après la diffusion samedi par l'EI d'une vidéo montrant 25 soldats du régime syrien exécutés dans l'amphithéâtre de la cité antique de Palmyre (centre) par des adolescentsCette exécution se serait déroulée peu après la prise le 21 mai par les djihadistes de Palmyre, qui abrite des ruines antiques mondialement connues et classées par l'Unesco au patrimoine mondial de l'Humanité.

Dans la région du Qalamoun, les forces du régime appuyées par le Hezbollah sont entrées dans Zabadani, située à 20 km au nord de Damas, selon la télévision d'Etat.
"En coopération avec la résistance libanaise (Hezbollah, mouvement politique chiite), les soldats ont pris le contrôle du quartier de al-Jamaiyat, à l'ouest de Zabadani et de celui de al-Sultana, à l'est de la ville", a-t-elle rapporté. Les opérations, qui se poursuivaient, ont fait des dizaines de tués et blessés chez les rebelles.
Selon l'OSDH, au moins 14 membres des forces du régime et du Hezbollah ont été tués dans les combats depuis 24 heures, ainsi qu'au moins 11 rebelles.

Selon l'Observatoire, une offensive menée par des rebelles islamistes et le Front al-Nosra, branche syrienne d'al-Qaïda, contre le quartier de Zahra, a échoué, mais les combats se poursuivaient à la périphérie du quartier.
Une deuxième coalition, Fatah Halab, composée de rebelles plus modérés, a pris un barrage militaire dans un quartier, que les forces du régime s'efforçaient dimanche de récupérer.
A Alep, ancienne capitale économique de Syrie, les combats de ces derniers jours ont été parmi les plus féroces depuis sa division en juillet 2012 entre secteurs aux mains des rebelles à l'est et quartiers contrôlés par le régime à l'ouest, avec des centaines d'obus et roquettes tombés sur les quartiers des deux côtés.
Plus de 230.000 personnes ont été tuées dans le conflit en Syrie qui a commencé en mars 2011.

mardi 3 septembre 2013

Syrie: Ayrault présente un faisceau d'éléments qui ne prouvent rien

Le rapport des services français déclassifié lundi est jugé "décevant" par un expert

Ce document ne prouve rien
Pourquoi le gouvernement ne fournit-il pas les données brutes ? 

Que cherche-t-il à dissimuler en
  livrant les analyses de ses services de renseignement ? Dans une note déclassifiée diffusée lundi, résultat d'un travail de déduction, Paris accuse le régime syrien d’être responsable de plusieurs attaques chimiques, dont celle du 21 août, qui a fait plusieurs centaines de morts en banlieue de Damas. La synthèse est d'autant plus sujette à caution qu'il s'agit d'une construction superficielle et lacunaire: c'est ainsi que la note ne publie pas les résultats d’analyses d’échantillons recueillis sur les sites des attaques.

Des "preuves", c'est beaucoup dire ! 

Les éléments diffusés lundi relevaient du "secret défense". Ils ont été recueillis par les services de renseignement français, et ne s’appuient pas seulement sur des informations émanant des services américains. Le rapport se prévaut du sérieux de la Direction général de la sécurité extérieure (DGSE), de la Direction du renseignement militaire (DRM) et du Service de santé des armées (SSA), tous des services de l'Etat.

Quels sont les cinq points du rapport parisien ? 
1 -Une attaque en terres rebelles 
L'attaque chimique du 21 juin a été perpétrée dans des zones tenues par les rebelles, selon l'imagerie française. Après l'attaque au gaz, le régime est accusé d'avoir intensément  bombardé la zone avec une "volonté d'effacement des traces environnementales", affirme la note. De source gouvernementale et bien que les rebelles soient armés par l'Arabie saoudite, ils n'auraient pas les moyens de mener une telle attaque, "massive et coordonnée", qui a utilisé des roquettes "très vraisemblablement de fabrication industrielle", estiment les services du gouvernement français.

2 -"Un cas majeur" 
Les services d'Etat commentent la déclassification d'une telle note: "assez rare, voire exceptionnelle". Elle peut s'expliquer selon lui par le caractère aussi exceptionnel de la situation. "C'est un cas majeur de sécurité nationale française et de sécurité du monde", puisqu'il s'agit de la question de la prolifération des armes de destruction massive, a-t-elle insisté.

3 -Trois cas "vérifiés" d'attaque chimique 
La note des services de renseignement français revient sur trois cas "vérifiés" d'utilisation d'armes chimiques par le régime ces derniers mois. Contrairement à ces précédentes attaques, qui utilisaient de "petites charges chimiques", et avaient un "objectif de terreur", l'attaque du 21 août est qualifiée de "massive", avec un "objectif tactique, de reconquête du terrain". Cette note de neuf pages a été rédigée par la  DGSE) et par la DRM, toutes deux placées sous l'autorité du ministre de la Défense.

4 -Six courtes vidéos en guise de preuves 
Pour crédibiliser ses dires, Hollande a fait publier lundi soir six vidéos "sur les 47 analysées" -ou mises en forme- par le ministère de la Défense. Selon le ministre Le Drian, elles "attestent l'utilisation d'agents chimiques contre les populations civiles".

La première aurait été tournée le matin du 21 août. D'autres ont précédé cette attaque sans créer autant d'émoi. Carla del Ponte (ONU) a pourtant donné au journal Le Monde un témoignage qui accuse les rebelles
Lien PaSiDupes consacré à l'article oublié du Monde du 6 juin 2013: "Syrie: les rebelles ont très bien pu à nouveau utiliser du gaz sarin de combat "
   
La deuxième montre des corps d'enfants non identifiés et recouverts sous des couvertures.
La troisième relève l'un des symptômes imputable à l'usage du gaz sarin: la cyanose, qui peu aussi bien être liée à une insuffisance respiratoire qu'à une malformation cardiaque congénitale, comme on en trouve dans tous les hôpitaux. Les images sont en outre précédées d'assertions de mise en condition, la source est inconnue et la scène est située dans une banlieue de Damas, sans éléments qui l'attestent.

Sur la quatrième, on exhibe encore un enfant, cette fois en détresse respiratoire, sans aucune preuve que cette pathologie soit la conséquence d'une attaque, celle-ci ou une autre. Ni même que l'enfant n'est pas soigné pour une autre cause que militaire...

La cinquième montre une hypersalivation mousseuse, manifestation possible d'un cancer ou de la rage.
et la sixième des mouvements incontrôléscomme dans les cas sévères d'hyperthyroïdie.


Les services français sélectionnent les éléments

Bien que ce ne soit pas son rôle, cette note de synthèse 
précise que l'attaque privilégiée par Paris aurait fait près de 1.500 morts et des civils intoxiqués, sans blessures physiques. Huit quartiers différents ont alors été visés en même temps par des tirs d’artillerie. Une opération qui suppose une planification et des moyens importants que la rébellion n’a pas, insiste Paris, qui accuse le régime de Bachar al-Assad

Ce qui manque dans le rapport 
Pour Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques et chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), le raisonnement est crédible, mais le rapport est "assez décevant en ce qui concerne son contenu". 
"J’aurais espéré que l’État français révèle les résultats des analyses sur les échantillons prélevés à Damas il y a quelques jours", déplore-t-il au micro d’Europe 1, expliquant que ces "analyses sanguines, capillaires et urinaires auraient permis d’affirmer, côté français, que nous étions certains de l’utilisation d’un neurotoxique". Nous n'avons au final aucune certitude...
Mais si le gouvernement tient à garder secrets les résultats de ces analyses, c’est pour une raison diplomatique officielle: Paris ne souhaiterait en effet pas court-circuiter l’enquête de l’ONU, qui doit être rendue dans ...trois semaines.

 Les dernières infos d'Europe 1 sur la Syrie :


Plus de deux millions de Syriens ont quitté le pays, selon l'ONU. C'est huit fois plus qu'il y a un an.

• Aux États-Unis, Barack Obama tente d'entraîner le Congrès dans la guerre , lui réclamant - sans y être obligé- le feu vert à une intervention militaire.


• Côté français, le Parlement doit débattre mercredi en vue d'une éventuelle intervention militaire, mais aucun vote des élus du peuple n'est prévu.