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samedi 21 novembre 2015

COP21: les SAMU prêts à toute éventualité

Les Samu se préparent au risque d'attaque chimique avant la COP21

Poilus équipés de masques
contre les gaz toxiques
Puisque la date de lancement de la Conférence sur le climat est maintenue au 29 novembre dans la capitale, l'armée va fournir les Samu en sulfate d'atropine

C'est un antidote efficace en cas d'attaque aux gaz toxiques. Pour la première fois devant l'Assemblée nationale et quatre jours après la publication d'un arrêté autorisant l'armée à doter les Samu d'un antidote aux armes chimiques, Manuel Valls a évoqué le risque d'une telle attaque sur le sol français, lors du vote - quasi unanime - de la loi permettant le renforcement et la prolongation de l'état d'urgence : "L'imagination macabre des donneurs d'ordre est sans limite: fusil d'assaut, décapitation, bombe humaine, armes blanches (...) Il ne faut aujourd'hui rien exclure, et, je le dis avec toutes les précautions qui s'imposent - mais nous savons et nous l'avons à l'esprit -, il peut y avoir aussi le risque d'armes chimiques et bactériologiques."
Le gaz moutarde a été particulièrement utilisé comme arme chimique pour infliger de graves brûlures chimiques des yeux, de la peau et des muqueuses, y compris à travers les vêtements et à travers le caoutchouc naturel des bottes et masques, durant la Première Guerre mondiale (à la première attaque aux gaz toxiques 5.200 soldats mourront dans les heures suivantes) et lors de plusieurs conflits coloniaux, puis, plus récemment, lors de la guerre Iran-Irak.
L'usage de gaz toxiques est pourtant difficile et peu efficace

Le premier ministre cherche-t-il à faire illusion sur sa faculté d'anticipation ? 
Sur France Inter, un ancien officier supérieur des services de renseignement, Alain Rodier a en effet indiqué que "le risque n'est pas exclu," mais que ce type de produits (ypérite ou gaz moutarde et sarin) est "d'un emploi extrêmement difficile, beaucoup moins efficace qu'on peut le croire", a-t-il nuancé. 

Une mesure prévue avant les attentats... 
L'arrêté pris dimanche 15 novembre prévoit notamment qu'une grande quantité de sulfate d'atropine, antidote contre certains gaz toxiques -dont le gaz sarin que le régime de Bachar el-Assad en Syrie est accusé d'avoir utilisé en 2013 contre sa population- sera fourni aux Samu français par la Pharmacie centrale des armées, avant le lancement de la COP21, maintenu pour le 29 novembre. "Cette mesure était prévue dans la préparation de la COP21 et n'a pas été prise suite aux attentats de vendredi. C'est une précaution mise en oeuvre dans le cadre des grands rassemblements", affirme la Direction générale de la Santé, contactée par le Figaro.
Bien qu'inodore, incolore et volatile, le sarin est un neurotoxique  fatal pour l'homme et l'animal, même à très faible dose. On estime qu'il est environ 500 fois plus toxique que le cyanure. Il passe facilement la barrière des poumons et est absorbé par la peau d'où il passe directement dans le sang. Quand il ne tue pas, il laisse de graves séquelles neurologiques.
Pour ces raisons, il a été utilisé comme arme chimique, avant d'être considéré comme une arme de destruction massive par l'ONU. Les États devaient avoir détruit leurs stocks d'armes chimiques avant 2007. En 1952, les Britanniques l'ont modifié pour en créer une version dix fois plus mortelle nommée gaz VX.
En 
1995, une secte japonaise  perpétra un attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo. Celui-ci cause la mort de 12 personnes et en blesse plus de 5.500 autres.En 2013, le sarin aurait été utilisé en Syrie, par le régime, selon Le Monde, mais par les rebelles, selon d'autres. 
Un antidote efficace contre les risques neurotoxiques 
L'atropine, injectable en grande quantité (40 mg/20ml) est produite par la seule pharmacie centrale des Armées et doit normalement être administrée aux troupes exposées aux risques neurotoxiques, comme les gaz sarin, Tabun, Soman et VX. 
Le sulfate d'atropine est l'un des rares antidotes connus contre ce type de produits. Cette mesure intervient alors que l'Union des Industries chimiques (UIC) a réitéré, suite aux attentats de Paris, ses alertes auprès du gouvernement sur le risque lié à la libre diffusion d'informations relatives aux risques et aux stocks des usines du secteur sur internet.

mercredi 4 septembre 2013

Experts divisés sur les preuves d'attaques chimiques en Syrie

Les inspecteurs des Nations Unis se divisent sur les éléments de preuves
Experts de l'ONU venus enquêter sur 

l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, 
à Ghouta (est de Damas), le 28 août 2013
"Aucun doute" sur l'implication d'Assad ?

Bien qu'on ne voit pas le rapport, pour Vincent Desportes, l'ex-directeur de l’École de guerre, habituellement très critique sur les dossiers défense, la crédibilité des éléments diffusés lundi serait renforcée par le refus de la France de s'engager en 2003 dans la guerre en Irak. "Le fait que nous n'y soyons pas allés en 2003 et que là nous montrions ces preuves prouve bien qu'il n'y a pas de doutes", dit-il. Ces preuves ne démontrent pourtant pas la culpabilité du régime, ni même que les documents produits aient un lien direct avec l'attaque du 21 juin.

Le volume des stocks chimiques accumulés par la Syrie,
les vecteurs dont dispose l'armée pour les utiliser, suffisent à accuser, selon lui, le régime.

Le général Desportes qui souligne en outre la connaissance qu'ont les services français de la Syrie et la fiabilité de leurs informations, n'a pas gardé en mémoire comment
le général Colin Powell avait été abusé par les documents de la CIA accusant Saddam Hussein en Irak.
Au delà du décryptage de courtes vidéos montrant les corps des victimes alignées, les informations diffusées reposent sur des analyses techniques des services de l'Etat, notamment de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Aucun doute ne l'effleure en particulier sur l'origine des tirs chimiques du 21 août dans la banlieue de Damas, estime l'officier général : "Ça fait très longtemps qu'on sait analyser la provenance d'un projectile, c'est de la balistique extrêmement simple. Ce serait extrêmement surprenant qu'on soit arrivé à de mauvaises conclusions sur ces affaires là". Tout n'est-il pas un peu trop simple ?

Les services de renseignement américains sont parvenus aux mêmes conclusions que leurs alliés français, souligne-t-il, et les Britanniques n'avaient eux-mêmes "aucun doute" sur l'implication du régime syrien. L'intox sur l'Irak reprend à propos de la Syrie.

"Nous sommes dans un exercice de vérité, dans une crise grave des relations internationales dans laquelle se joue la crédibilité des grandes puissances. Je ne pense pas qu'un pays comme la France, qui a une posture morale vis-à-vis du monde, s'amuserait à tricher sur les conclusions de son enquête", conclut le général Desportes décidément fort pour exprimer son sentiment.

Certains 
mettent en garde contre les risques de manipulations,
tandis que d'autres se disent convaincus de la responsabilité du régime syrien.

Les documents  diffusés par Paris divisent les experts
.
Opération vérité du gouvernement ou fuite en avant pour tenter de convaincre l'opinion française du bien-fondé d'une intervention militaire ? 

Les premières interrogations portent sur le choix des informations déclassifiées.
Le document diffusé lundi n'est pas une note des services de renseignement français, mais une "note de Matignon" 
C'est ce que déclare Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), qui émet de graves soupçons sur l'exécutif qui aurait pioché dans plusieurs rapports des services des éléments pour convaincre les parlementaires et les Français.
"Il n'y pas d'éléments nouveaux. C'est une démonstration par défaut. Ils ne prouvent à aucun moment que c'est Bachar al-Assad qui a conduit l'attaque, ils disent seulement que la résistance n'est pas capable de faire ça. Ce qui, en plus, est discutable", souligne-t-il.

Eric Denécé pointe "une série d'incohérences"

D'abord sur le bilan d'"au moins 281" morts lors de l'attaque du 21 août
près de Damas, avancé par le gouvernement. 
"Ils disent que seul Bachar est capable de conduire une attaque de grande ampleur. Or, 281 morts, c'est une attaque importante, ce n'est pas une attaque chimique de grande ampleur", souligne-t-il : "Si du gaz sarin avait été utilisé, il y aurait eu beaucoup plus de victimes". (cf. l'attentat par la secte Aoum qui a fait 5.500 victimes dans le métro de Tokyo, le 20 mars 1995.)

Autre interrogation sur les vecteurs - obus ou roquettes - qui auraient été utilisés et dont seul le régime syrien disposerait. "On a parlé de roquettes Grad, or toutes les photos que montre la rébellion sont des images de roquettes artisanales que personne ne connaît", fait-il valoir.

D'autres experts ont regretté qu'aucun résultat d'analyses réalisées sur des échantillons prélevés en Syrie n'ait été rendus publics.
Pour Hamish de Bretton-Gordon, ancien officier de l'armée britannique chargé de la défense contre les armes chimiques, les informations des services français confirment les éléments impliquant le régime de Damas fournis vendredi par le secrétaire d’État américain John Kerry. En particulier sur les sites chimiques, les lanceurs, ou le nombre de victimes.
"Un autre membre permanent du Conseil de sécurité vient appuyer ce qu'a dit Kerry, et le niveau de crédibilité de ces éléments est très élevé", a-t-il déclaré : "Je crois que nous sommes tous quasiment certains qu'une substance toxique a été utilisée". C'est une chose et l'identité du maître d'oeuvre en est une autre.

mardi 3 septembre 2013

Syrie: Ayrault présente un faisceau d'éléments qui ne prouvent rien

Le rapport des services français déclassifié lundi est jugé "décevant" par un expert

Ce document ne prouve rien
Pourquoi le gouvernement ne fournit-il pas les données brutes ? 

Que cherche-t-il à dissimuler en
  livrant les analyses de ses services de renseignement ? Dans une note déclassifiée diffusée lundi, résultat d'un travail de déduction, Paris accuse le régime syrien d’être responsable de plusieurs attaques chimiques, dont celle du 21 août, qui a fait plusieurs centaines de morts en banlieue de Damas. La synthèse est d'autant plus sujette à caution qu'il s'agit d'une construction superficielle et lacunaire: c'est ainsi que la note ne publie pas les résultats d’analyses d’échantillons recueillis sur les sites des attaques.

Des "preuves", c'est beaucoup dire ! 

Les éléments diffusés lundi relevaient du "secret défense". Ils ont été recueillis par les services de renseignement français, et ne s’appuient pas seulement sur des informations émanant des services américains. Le rapport se prévaut du sérieux de la Direction général de la sécurité extérieure (DGSE), de la Direction du renseignement militaire (DRM) et du Service de santé des armées (SSA), tous des services de l'Etat.

Quels sont les cinq points du rapport parisien ? 
1 -Une attaque en terres rebelles 
L'attaque chimique du 21 juin a été perpétrée dans des zones tenues par les rebelles, selon l'imagerie française. Après l'attaque au gaz, le régime est accusé d'avoir intensément  bombardé la zone avec une "volonté d'effacement des traces environnementales", affirme la note. De source gouvernementale et bien que les rebelles soient armés par l'Arabie saoudite, ils n'auraient pas les moyens de mener une telle attaque, "massive et coordonnée", qui a utilisé des roquettes "très vraisemblablement de fabrication industrielle", estiment les services du gouvernement français.

2 -"Un cas majeur" 
Les services d'Etat commentent la déclassification d'une telle note: "assez rare, voire exceptionnelle". Elle peut s'expliquer selon lui par le caractère aussi exceptionnel de la situation. "C'est un cas majeur de sécurité nationale française et de sécurité du monde", puisqu'il s'agit de la question de la prolifération des armes de destruction massive, a-t-elle insisté.

3 -Trois cas "vérifiés" d'attaque chimique 
La note des services de renseignement français revient sur trois cas "vérifiés" d'utilisation d'armes chimiques par le régime ces derniers mois. Contrairement à ces précédentes attaques, qui utilisaient de "petites charges chimiques", et avaient un "objectif de terreur", l'attaque du 21 août est qualifiée de "massive", avec un "objectif tactique, de reconquête du terrain". Cette note de neuf pages a été rédigée par la  DGSE) et par la DRM, toutes deux placées sous l'autorité du ministre de la Défense.

4 -Six courtes vidéos en guise de preuves 
Pour crédibiliser ses dires, Hollande a fait publier lundi soir six vidéos "sur les 47 analysées" -ou mises en forme- par le ministère de la Défense. Selon le ministre Le Drian, elles "attestent l'utilisation d'agents chimiques contre les populations civiles".

La première aurait été tournée le matin du 21 août. D'autres ont précédé cette attaque sans créer autant d'émoi. Carla del Ponte (ONU) a pourtant donné au journal Le Monde un témoignage qui accuse les rebelles
Lien PaSiDupes consacré à l'article oublié du Monde du 6 juin 2013: "Syrie: les rebelles ont très bien pu à nouveau utiliser du gaz sarin de combat "
   
La deuxième montre des corps d'enfants non identifiés et recouverts sous des couvertures.
La troisième relève l'un des symptômes imputable à l'usage du gaz sarin: la cyanose, qui peu aussi bien être liée à une insuffisance respiratoire qu'à une malformation cardiaque congénitale, comme on en trouve dans tous les hôpitaux. Les images sont en outre précédées d'assertions de mise en condition, la source est inconnue et la scène est située dans une banlieue de Damas, sans éléments qui l'attestent.

Sur la quatrième, on exhibe encore un enfant, cette fois en détresse respiratoire, sans aucune preuve que cette pathologie soit la conséquence d'une attaque, celle-ci ou une autre. Ni même que l'enfant n'est pas soigné pour une autre cause que militaire...

La cinquième montre une hypersalivation mousseuse, manifestation possible d'un cancer ou de la rage.
et la sixième des mouvements incontrôléscomme dans les cas sévères d'hyperthyroïdie.


Les services français sélectionnent les éléments

Bien que ce ne soit pas son rôle, cette note de synthèse 
précise que l'attaque privilégiée par Paris aurait fait près de 1.500 morts et des civils intoxiqués, sans blessures physiques. Huit quartiers différents ont alors été visés en même temps par des tirs d’artillerie. Une opération qui suppose une planification et des moyens importants que la rébellion n’a pas, insiste Paris, qui accuse le régime de Bachar al-Assad

Ce qui manque dans le rapport 
Pour Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques et chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), le raisonnement est crédible, mais le rapport est "assez décevant en ce qui concerne son contenu". 
"J’aurais espéré que l’État français révèle les résultats des analyses sur les échantillons prélevés à Damas il y a quelques jours", déplore-t-il au micro d’Europe 1, expliquant que ces "analyses sanguines, capillaires et urinaires auraient permis d’affirmer, côté français, que nous étions certains de l’utilisation d’un neurotoxique". Nous n'avons au final aucune certitude...
Mais si le gouvernement tient à garder secrets les résultats de ces analyses, c’est pour une raison diplomatique officielle: Paris ne souhaiterait en effet pas court-circuiter l’enquête de l’ONU, qui doit être rendue dans ...trois semaines.

 Les dernières infos d'Europe 1 sur la Syrie :


Plus de deux millions de Syriens ont quitté le pays, selon l'ONU. C'est huit fois plus qu'il y a un an.

• Aux États-Unis, Barack Obama tente d'entraîner le Congrès dans la guerre , lui réclamant - sans y être obligé- le feu vert à une intervention militaire.


• Côté français, le Parlement doit débattre mercredi en vue d'une éventuelle intervention militaire, mais aucun vote des élus du peuple n'est prévu.


mercredi 28 août 2013

Hollande prêt à punir la Syrie aux côtés des islamistes

Les media évoquent l'hypothèse d'une intervention armée

La France a-t-elle les moyens de nouvelles dépenses ?


L'important, c'est la rose
et Laurent Fabius
Alors qu'ils avaient été jusqu'ici très prudents concernant l'éventualité d'une intervention armée en Syrie, les Etats-Unis évoquent désormais ouvertement l'option militaire pour mettre fin au conflit. Les media américain n'ont pas manqué de relayer l'information, chacun y allant de son opinion sur le probable, le possible ou l'éventuel scénario à venir si, depuis Washington, le président démocrate décidait d'intervenir. Cameron et Hollande s'empresseraient alors de suivre son sillage. 
Le mot n'a pas encore été lâché mais cela pourrait être une question de jours. Après plusieurs semaines d'agitation en coulisses, Washington a pour la première fois ouvert la porte à une intervention armée en Syrie. Les Etats-Unis auraient acquis la certitude que des armes chimiques ont été utilisées sur le front syrien. Une affirmation qui avait prévalu à propos de l'Irak, pour justifier l'ingérence occidentale contre Saddam Hussein, en mars 2003, par une coalition alliée des États-Unis et du Royaume-Uni, dirigée par Bill Clinton, sans mandat de l'ONU.
VOIR et ENTENDRE cet état de la situation, selon i-télé (groupe Canal+):





  • Alors qu'ils avaient été jusqu'ici très prudents concernant l'éventualité d'une intervention armée en Syrie, les Etats-Unis évoquent désormais ouvertement l'option militaire pour mettre fin au conflit. Les médias américains n'ont pas manqué de relayer l'information, chacun y allant de son opinion sur le probable scénario à venir si Washington décidait d'intervenir.
Par la voix de son secrétaire d'Etat John Kerry, l'administration Obama s'est ainsi fendue d'une déclaration dépourvue d'ambiguïté

Elle affirme qu'une attaque chimique avait bien eu lieu et que ses auteurs devaient "rendre des comptes "
Aucune précision n'a cependant été apportée concernant la véritable cible et surtout la provenance des tirs, rebelles et armée s'en accusant mutuellement.
Néanmoins,
Obama croit savoir que le gouvernement de Bachar al-Assad "a gardé le contrôle des stocks d'armes chimiques " du pays, ce qui ne laisserait planer aucun doute aux yeux des Américains quant à la culpabilité du régime de Damas. Une intervention militaire -aérienne-pourrait donc être lancée plus rapidement qu'on ne le pense. 
La correspondante permanente à Washington, Laurence Haïm, parle même de possibles frappes dès jeudi :
Avant même qu'elle ne démarre, cette hypothétique "intervention" militaire, hors mandat de l'ONU, agite la presse
En France, l'Elysée orchestre une propagande visant à tailler au président Hollande un costume plus grand que le modèle. Le capitaine de pédalo a pris du galon au Mali et aimerait accrocher sa première étoile en Egypte: les media s'y emploient, ne serait-ce que pour dresser un rideau de fumée sur la montée, dite "modérée" du chômage (à plus de 10%!) ou sur la fiscalisation à outrance qui fait broncher Bruxelles.  

Le grand débat sur l'intervention est lancé à la télévision et dans les journaux. 
Aux Etats-Unis, la guerre, à défaut pour l'instant de s'exporter en Syrie, a déjà commencé dans les media. Ils s'interrogent à l'unisson sur la marche à suivre, CNN détaillant même le scénario probable prévu par l'armée américaine. Dans un pays où le paysage audiovisuel est marqué par la sacro-sainte liberté d'expression, qu'ils critiquent ou  saluent les déclarations de John Kerry, les chaînes d'information de tous bords consacrent une large part de leurs programmes à la Syrie. 
La gesticulation diplomatique désordonnée des va-t-en-guerre interpelle toutefois les media
Une intervention militaire serait à hauts risques, car elle ne manquerait pas d'embraser la région. Elle ne peut en outre être envisagée sans l'accord de l'ONU. Or, la Chine et la Russie, fidèles à leurs alliances avec la Syrie, opposeraient leurs vétos. 

Laurent Fabius fait pourtant l'important. 

Il participe à la pression médiatique générale, mais son flou et ses silences entretiennent la confusion. Le seul bénéfice que le gouvernement peut actuellement tirer de cette agitation serait un détournement de l'attention de la population des problèmes de chômage, de fiscalité et de pouvoir d'achat, et de la réforme des retraites. 
Bouffi d'orgueil, le ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, a annoncé qu'une réaction à la probable attaque chimique perpétrée par le régime de Bachar Al-Assad le 21 août, devait être arbitrée au cours des jours qui viennent. Lors de cet entretien Au micro d'Europe 1, lundi 26 août,  Fabius a estimé que "les options sont ouvertes" contre le régime syrien, mais ce que n'envisage pas le ministre des affaires étrangères, "c'est de ne rien faire".

Hollande avait promis des réductions de crédits aux armées

Le Livre blanc de la Défense remis à François Hollande en avril 2013 prévoyait une baisse des effectifs de l'armée française de 5.000 postes par an
entre 2016 et 2019. Il prévoit en outre une réduction du budget de la Défense de 179,2 milliards d'euros, hors pensions, sur la période 2014-2019 couverte par la prochaine loi de programmation militaire. Les Echos souligne que ce montant est à peu près conforme à la promesse faite le mois dernier par François Hollande de geler les crédits militaires à leur niveau de 2013. Or, cette enveloppe "cache en fait une baisse réelle des crédits budgétaires puisqu'elle va incorporer au moins 4,5 milliards de recettes exceptionnelles", écrit le journal.
L'impôt des Français va-t-il devoir aussi financer l'arrivée des islamistes égyptiens au pouvoir ?