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vendredi 6 avril 2018

Oxfam France : Duflot, drôle de choix pour redorer son blason souillé !

Duflot quitte la politique pour prendre la tête d’Oxfam France 

Oxfam offre un point de chute à la très contestée altermondialiste Cécile Duflot, alors que l'écologiste Jean-Vincent Placé vient d'être mis en garde à vue et que les électeurs l'ont rejetée.

Ce n'est pas Duflot qui abandonne la  politique, mais la politique qui abandonne Duflot.
Les électeurs ne lui ont pas renouvelé leur confiance et l'ancienne ministre doit renoncer. "J’ai jugé que le moment était venu de m’engager différemment et d’ouvrir une nouvelle étape de ma vie", a déclaré l'écologiste radicale jeudi dans un entretien au Monde. "Je quitte la politique avec beaucoup de sérénité; j’ai pris ma part de l’engagement et des difficultés," a-t-elle ajouté, avec une brin d'amertume. 
Le 20 août 2016, elle avait annoncé sa candidature à la primaire organisée par Europe Ecologie Les Verts. Mais, alors qu'elle était donnée favorite du scrutin, elle se fit éliminer dès le premier tour, arrivant en troisième position du premier tour, avec 24,41 % des voix derrière Yannick Jadot et Michèle Rivasi, Jadot choisit alors le mauvais cheval, le socialiste Benoît Hamon.
Le couperet tomba lors de la législative de 2017 
Nawel Oumer (PS) qui était investie par les militants socialistes en vue des élections législatives de juin fut la première victime de l’accord conclu entre Benoît Hamon (PS) et Yannick Jadot (EELV) et dû s’effacer devant Cécile Duflot (EELV) dans la 6e circonscription (XIe et XXe) : promesse de cette circonscription en échange du retrait de Jadot de la course à l’Elysée et de son ralliement à Benoît Hamon. L’accord provoqua la colère d’élus socialistes et d’Anne Hidalgo qui n’avait pas digéré ce parachutage en 2012, avec l’appui de Martine Aubry, alors à la tête du PS. 
Mais cette cuisine électorale, pas 'bio' du tout, ne profita pas à la plaie du corps politique. Comme en 2012, déjà sous l'étiquette commune Europe-Ecologie-les Verts et PS, en juin 2017, Cécile Duflot se fit refouler dès le premier tour à Paris, avec le score infamant de 14,6%, derrière Pierre Person (LREM 39,42 %) et Danielle Simonnet (LFI 18,8%).

Oxfam France  se choisit une vielle ganache pour directrice générale  

L'ONG ne fait pas elle-même l'annonce : "Je rejoins une organisation internationale formidable”, annonce l'ex-ministre déchue, assurant qu'elle n'a pas quémandé la place et qu’Oxfam l’a sollicitée pour poser sa candidature. Dans un communiqué, le conseil d’administration d’Oxfam France précise que Mme Duflot prendra ses fonctions de "directrice générale" de l’ONG "en juin". 

"J’ai toujours dit que la vie politique ne pouvait pas être éternelle. Chacun doit aussi pouvoir se ressourcer, avoue la politicienne au bout du rouleau. C’est aussi une forme de remise en question”, assure-t-elle, précisant qu’elle va "continuer à agir, mais différemment" :  début d'auto-critique ?

"Je m’engage avec Oxfam dans la durée”, prévient-elle, renonçant à être candidate aux élections européennes de 2019 ou encore à la présidentielle de 2022 ! Ses chantiers prioritaires à la tête d’Oxfam France seront "le développement de l’organisation, le renforcement de l’impact de (ses) propositions, et l’intégration dans Oxfam international". "Si l’on veut faire reculer la pauvreté et les inégalités, il faut agir politiquement au sens noble du terme", explique-t-elle sans rire. 
Résultat de recherche d'images pour "duflot cantat"
Questionnée sur le scandale sexuel qui a secoué l’organisation en Haïti,  Duflot rappelle être "engagée de longue date contre les violences faites aux femmes". Peut-on toutefois rappeler à cet égard que son compagnon est Xavier Cantat, frère de Bertrand Cantat, membre du groupe Noir Désir et assassin de sa compagne, Marie Trintignant, en 2003 Lituanie ?

La polytraumatisée du suffrage populaire se flatte de son nouveau parachutage. 
"La réponse qu’apporte Oxfam après ce traumatisme est à la hauteur, estime-t-elle. Interrogée sur les regrets qu’elle peut avoir sur sa vie politique, l’ancienne secrétaire nationale des Verts admet avoir échoué à ce que "la prise de conscience écologique soit plus vive et que notre pays s’engage enfin dans une autre logique". "Je suis aussi très inquiète de la montée de la parole et des actes de haine racistes et antisémites dans mon pays," a ajouté l'ayatollah de l'écologie. 
Et Duflot de se féliciter d'être patronne d'Oxfam France à la tête "d’une équipe de 42 personnes, forte du soutien de près de 700 bénévoles" et "dotée d’un budget annuel de 4 millions d’euros”. 
Claire Fehrenbach, actuelle directrice générale d’Oxfam France, "salue l’arrivée de Cécile Duflot, une femme connue et reconnue pour son courage politique et pour son engagement en faveur de la lutte contre le changement climatique, les inégalités et les droits humains en général".

Oxfam France se dit association non partisane et non confessionnelle.
Elle est pourtant politique, puisqu'elle revendique sa lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux qui, selon l’association altermondialiste, "menacent la stabilité financière et l’économie, sapent les systèmes fiscaux et les budgets des États, et creusent les inégalités dans le monde entier."
Oxfam France est d'ailleurs membre de la confédération internationale Oxfam. Or, outre que celle-ci a été mise en cause en 2018 par The Times pour un rapport dénonçant l'action du directeur régional de l’organisation à Haïti, elle est critiquée pour le mercantilisme de sa politique de commerce équitable, ainsi que son manque de transparence et traçabilité et son inefficacité sur le terrain. L'ancienne ministre du logement y a donc toute sa place...

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lundi 5 juin 2017

Le parachute de Jean-Luc Mélenchon (LFI) ne s'est pas ouvert dans une cité de Marseille

Shampooing aux oeufs frais offert au butor de la France insoumise

Le cordon de sécurité de sa garde rapprochée n'a rien empêché
Candidat parachuté de la France Insoumise dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, , Jean-Luc Mélenchon, a été chahuté samedi à Marseille lors de sa visite dans une cité populaire, avant un meeting devant ses sympathisants du centre-ville.
Le leader de la France Insoumise (LFI) a reçu des oeufs sur la tête, lancés par un groupe de jeunes de moins de 16 ans, lors de son arrivée dans le IIIe arrondissement de la cité phocéenne, 
à la cité populaire Félix Pyat, du nom d'un journaliste de la Commune de Paris, période insurrectionnelle de l'histoire de Paris qui dura un peu plus de deux mois, de mars 1871 à la 'Semaine sanglante' du 21 au 28 mai 1871.
L'insurgé-type de la Commune de 1871 est un travailleur parisien, un homme d'une trentaine d'années. Parmi ces insurgés, on rencontre principalement les ouvriers du bâtiment, les journaliers, et les travailleurs du métal, ouvriers d'ateliers ou de petites fabriques. Ils forment respectivement 17 %, 16 % et 10 % du total. Viennent ensuite les employés (8 %), les artisans et les ouvriers du livre (3 %), fortement politisés, notamment à Belleville et Montmartre. Parce que de petits patrons côtoyèrent des salariés, les marxistes nient donc qu'il y ait eu "lutte des classes" au sens " moderne" du terme. .
"On a bien rigolé tout à l'heure", a ricané Jean-Luc Mélenchon, 
histoire de garder une contenance légère, alors que sa campagne est plombée par son parachutage. "Ici, ils ont une habitude: ils envoient du monde pour gueuler et là c'était (Solange) Biaggi, raconte-t-il, un brin sexiste et méprisant. Il y avait une femme qui criait: 'Marseille réveillez-vous, votez Biaggi' ", la candidate des Républicains dans la 4e circonscription, a-t-il prétendu. Quatrième adjointe au maire, la candidate LR est aussi vice-présidente du Conseil départemental en charge de l’aménagement du territoire et peut se prévaloir d'avoir mis fin au marché "sauvage" et bigarré de la Porte d'Aix.
La circonscription convoitée par le tribun venu de Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais est le poumon économique de Marseille, au centre-ville, où se fait l’activité, où les gens travaillent et où Marseille peut se développer économiquement car on a dans cette circonscription le port, Euromediterranée, le centre-ville autour du Vieux-Port, l’hyper centre-ville historique, la Canebière, le boulevard Longchamp, la gare, la partie de la Belle de Mai avec le Pôle Média, la Friche de la Belle de Mai réhabilitée et tout le quartier en devenir de Saint-Mauront. C’est pour cela que je pars," explique la candidate LR, tout à fait couleur locale. Fidèlement attachée à la population, elle a été 20 ans pharmacienne sur le Cours Lieutaud.
Mélenchon s'est ensuite rendu sur une place à l'activité nocturne intense du centre de Marseille, le Cours Julien
et prononcé un discours, aux côtés des autres candidats de la France Insoumise dans le département, devant plusieurs centaines de sympathisants.

En écho à son meeting de campagne présidentielle sur le Vieux Port et en réponse à la phrase d'Emmanuel Macron sur les "kwassa-kwassa" (lien PaSiDupes), embarcations de migrants, il a appelé les personnes réunies à observer une minute de silence pour les Comoriens qui meurent en mer.

Jean-Luc Mélenchon, Corinne Versini (une Aixoise, pour le Rassemblement En Marche) et le député sortant Patrick Mennucci (PS) sont les trois candidats donnés en tête sur cette 4e circonscription, selon deux sondages publiés récemment.

vendredi 19 mai 2017

Législative de Mélenchon à Marseille : l'orque rouge boucherait le port

Un "parachutage" gagnant pour Mélenchon à Marseille

Un sondage promet un choix 
gagnant de Jean-Luc Mélenchon 

Le temps fait parfois la grimace à Marseille
Candidat aux élections législatives des 11 et 18 juin dans la 4e circonscription de Marseille, le prédateur éliminerait Mennucci, selon une enquête Harris Interactive pour les commanditaires France Télévisions et le SNJ qui le plaçaient jeudi soir largement en tête des intentions de vote.

Le leader de La France insoumise recueillerait 33% des intentions de vote au premier tour, loin devant la candidate de la République en marche (26%), Corinne Versini, une chef d’entreprise probablement déçue du secteur des biotechnologies, dans les Bouches-du-Rhône. 
Corinne Versini, référente du mouvement dans les Bouches-du-Rhône durant la campagne présidentielle, est un pur produit de la machine Macron : issue de la société civile, entrepreneuse (Genes'ink, une start-up), c’est la première fois qu’elle s’engage en politique.
Ainsi le parisien distancerait-il encore davantage le député socialiste sortant, Patrick Mennucci, qui n’engrangerait que 13% des voix, tandis que les candidates du Front national (12%) des Républicains/UDI (9%) seraient réduites à un rôle de figuration.
Patrick Mennucci a dit "n’accorder que peu d’importance à ce sondage" sur l’antenne de France Bleu Provence.

Au second tour, Jean-Luc Mélenchon s’imposerait en duel face à Corinne Versini

Cette simulation - qui est la seule testée... - accorde au parachuté  56% des intentions de vote contre 44% à son adversaire. "Ça donne de l’espoir, mais je ne veux pas m’emballer", réagit la novice, candidate LREM qui préfère ne pas donner trop d’importance aux sondages. "La seule stratégie qui compte, c’est d’être sur le terrain, écouter les gens, voir ensemble ce qu’on peut faire pour changer les choses", affirme-t-elle. 
Corinne Versini : une start-uppeuse à l’attaque des éléphants Mélenchon et MennucciSauf que Corinne Versini, "elle ne vient même pas de Marseille, c’est une Aixoise. Elle dit qu’elle est diplômée d’HEC alors que ce n’est pas vrai”, a raillé le député socialiste sortant, dans capital.fr en début de semaine. Et d’en remettre une couche : "Elle m’a salué une fois dans un bureau de vote et elle m’a dit qu’elle avait besoin d’un GPS parce qu’elle se perd dans les rues de Marseille. Personne ne la connaît !".Sur ses études, elle dit avoir été claire, elle n’a pas suivi la formation initiale de HEC mais une formation diplômante en continu. Et sur son implantation, elle rappelle les lieux où elle a vécu dans la cité phocéenne et son passage au lycée Marcel Pagnol, comme à Centrale Marseille. "Comme je n’ai pas fait de la politique, le hasard de mes mutations m’a fait voyager un peu partout à l’inverse de monsieur Mennucci qui n’a jamais bougé", a-t-elle répliqué, sans aucun humour, ni odeur de Pastis. Un tare au pays de Pagnol.
Cette première projection d'une entreprise commerciale de sondages semble légitimer le choix du leader de La France Insoumise de se présenter sur une circonscription populaire, un bastion historique de la gauche qui regroupe les 1er, 2e et 3e arrondissements de Marseille et une partie des 5 et 6e arrondissement de la ville.

A la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon y était arrivé en tête avec 39,09% des voix au premier tour, d'où son appétence pour cette proie.

Mélenchon veut instrumentaliser les Marseillais à des fins nationales

Partageant son temps entre Marseille et Paris, le député européen a clairement dit vouloir mener une "élection de politique nationale" avec un programme "pour gérer le pays". "Je vais essayer d’être un peu partout pour aider les copains", dit-il volontiers. "C’est la première fois qu’une élection législative est aussi ouverte".

Le port de Marseille, laboratoire politique de La France Insoumise
Le chef de file de La France insoumise, qui entend devenir une force d'opposition importante avec son mouvement, préfère ne faire aucun pronostic sur l’issue finale du scrutin.
"On espère un maximum de députés: je suis un professionnel de l’optimisme", a-t-il affirmé mercredi à la sortie du dépôt de ses listes pour les Bouches-du-Rhône.

En marche!, "une start-up politique", selon la macronnienne.
La candidate LREM reste positive. "On va commencer à travailler sur le terrain demain; rien n’est encore fait (...) Si on gagne, la victoire n’en sera que plus belle", clame l'ingénue. Elle garde en tête la raison pour laquelle elle s’est engagée auprès d’Emmanuel Macron. "Quand j’ai vu le démarrage d’En marche, dès le mois d’avril 2016, j’ai compris que c’était une start-up politique", dit-elle. "Les chefs d’entreprise que je rencontre sont tous des hommes et des femmes qui ont envie de changer le monde, qui sont idéalistes. Si vous avez l’occasion de changer les choses, vous ne la laissez pas passer".
Les semaines à venir seront rudes au coeur de cible de Mélenchon. Corinne Versini semble se voir en David contre Goliath... "Exactement, et souvenez-vous qui a gagné…", répond-elle. Voilà Jean-Luc Mélenchon et Patrick Mennucci prévenus.

jeudi 11 mai 2017

Législatives : Mélenchon, candidat à Marseille, accusé par Mennucci (PS) de connivence avec le FN

Le député PS sortant accuse Mélenchon d'être "assez arrangeant avec le FN" 

Patrick Mennucci attaque bille en tête Jean-Luc Mélenchon, candidat à la députation dans sa quatrième circonscription de Marseille

Mennucci est le député PS des Bouches-du-Rhône et, pour lui, le candidat de 'La France Insoumise', PCF et Parti de gauche, a choisi la seule circonscription de la région, la 4e de Marseille, où le "risque FN n'existe pas". "C'est la circonscription la moins Front national de toute la région PACA", a reproché Mennucci  - qui s'était rallié à Benoît Hamon - au candidat d'extrême gauche, se faisant du tort au passage... Mennucci admet implicitement qu'il est l'élu d'une circonscription à l'abri du FN...
franceinfo : Vous avez réagi durement au choix de Jean-Luc Mélenchon de se présenter dans votre circonscription. Il vous fait si peur que cela ? 
Patrick Mennucci : "Je ne crois pas que ce soit un problème de peur, et chacun a pu constater ma détermination. C'est simplement une surprise par rapport à ce qu'il dit, c'est la circonscription la moins Front national de toute la région Paca. C'est une circonscription où la droite, avec François Fillon, n'a fait que 10%. Jean-Luc Mélenchon sait que, dans cette circonscription, il n'y a pas de risque Front national, et il vient là. C'est donc un choix qui confirme sa stratégie de ne pas appeler à voter pour le président Macron dans l'entre-deux-tours de la présidentielle. Il ne veut pas affronter le Front national. Ne le prenez pas pour quelqu'un qui fait les choses au hasard, il a tout à fait décidé d'être assez arrangeant avec le Front national.
D'ailleurs j'ai vu qu'hier [mercredi],
il avait reçu les félicitations de Wallerand de Saint-Just [trésorier du FN] pour son arrivée à Marseille.
Alors qu'
il y a une circonscription, la 3e circonscription de Marseille [celle de Sylvie Andrieux, député DVG, après avoir été élue PS pendant 10 ans, condamnée et exclue], où nous avons besoin de travailler ensemble pour battre le Front national, et qu'il peut gagner dans cette circonscription."


Patrick Mennucci "Mélenchon est assez... par franceinfo
Le député socialiste propose donc au 'parachuté' un débat sur les ...questions marseillaises

"Jean-Luc Mélenchon est un nomade électoral", a expliqué l'ancien homme-à- tout-faire de la candidate Royal, en 2007, invité de franceinfo jeudi 11 mai. 

Le coucou "se désintéresse absolument de ce territoire de Marseille pour venir dans un endroit où il n'y a absolument aucun risque que le député soit autre chose qu'un député de gauche. 
Mon sentiment aujourd'hui, c'est que Jean-Luc Mélenchon n'est pas quelqu'un qui recherche quelque chose à gauche, mais ailleurs. Il parle par exemple du peuple, alors que nous parlons de la Nation. Il est dans une logique qui est à l'extérieur de ce que nous appelons la gauche. D'ailleurs il n'en parle jamais et à aucun moment il n'emploie ce mot. 
Marseille est une des villes où Jean-Luc Mélenchon a réalisé ses meilleurs scores à la présidentielle, notamment dans votre circonscription... N'y a-t-il pas une logique à se présenter ici ? Je ne lui interdis pas et il a parfaitement le droit de se présenter où il veut. Ce que je dis, c'est que quand on change cinq fois d'implantation politique en huit ans, il y a un problème de capacité à se fixer quelque part. Jean-Luc Mélenchon est un nomade électoral, il l'assume, mais ça ne veut pas dire que moi, je n'ai pas le droit de dire qu'il est instable. Etre député, c'est bien sûr un travail que l'on fait à l'Assemblée nationale, mais c'est aussi un travail que l'on fait dans sa circonscription, avec les problématiques spécifiques et les citoyens de la circonscription. 
Jean-Luc
Mélenchon affirme en réponse qu'il est "partout chez lui" et qu'il est "un homme dans une odyssée" qui fait des "escales dans son existence, comme beaucoup de gens à Marseille". Que répondez-vous ? Nous sommes tous partout chez nous, mais vous voyez bien que dans le discours de Jean-Luc Mélenchon, de quoi parle-t-on, d'odyssée ? Jean-Luc Mélenchon n'est pas le seul à être pied-noir, né en Algérie, rapatrié. Qu'est-ce que c'est cette logorrhée, cette odyssée ? C'est absolument ridicule ! Jean-Luc Mélenchon choisit de venir dans cette circonscription en sachant parfaitement qu'il y est absolument inutile dans la bataille contre la droite et le Front national. Il a pu penser que ça allait être facile, je peux vous dire que ça va être extrêmement compliqué. 
Vous proposez un débat sur les dossiers spécifiquement marseillais à Jean-Luc Mélenchon. Il ne s'agit pourtant pas d'une élection municipale ? Je vous prends un exemple. Le président Macron propose le dédoublement des classes en ZEP. Je suis très favorable à cette mesure, mais il ne faut pas s'arrêter là, et dans notre circonscription, du fait de la non construction d'écoles par la municipalité de Jean-Claude Gaudin, cette mesure sera inapplicable. Or, le député doit être en capacité, à l'Assemblée nationale, de travailler ces questions. De voir comment on peut obliger les municipalités à fournir les locaux pour permettre cette réforme. [En cinq années d'Etat-PS, Mennucci a-t-il fait construire une seule école?] Est-ce que Jean-Luc Mélenchon sait combien il y a d'écoles dans cette circonscription, combien il y a d'enfants, quel est le travail que nous menons depuis des années dans cette bataille ? 
Moi, je propose un débat à Jean-Luc Mélenchon, et pas uniquement sur les questions locales. 
Je suis tout à fait capable de parler avec lui, s'il le souhaite, du Venezuela [d'E. Maduro, bolivarien contesté par le peuple dans la rue], de Bachar al-Assad [qu'il soutient au côté de la Russie], ou de ce qu'il veut. [Tandis que le candidat Macron était favorable à une intervention militaire française en Syrie]
Mais je vais vous dire une chose : moi je pense que pendant la campagne présidentielle, les candidats ont des obligations médiatiques, et que les débats ne sont pas allés au bout. Je dis à Jean-Luc Mélenchon, puisque tu viens là, le débat va aller au bout, on va poser toutes les questions !"
Le défi devrait être relevé.

vendredi 22 juillet 2016

Maillage politique: Hollande place ses hommes dans le privé

Encore un cas de "pantouflage" à l'Elysée

Pantouflage à 40 ans ou maillage politique ?


Un conseiller de François Hollande devrait prochainement rejoindre Total. Il ne sera pas le premier dirigé par l'Elysée vers le privé.
La fin du quinquennat approchant, les départs des cabinets sont de plus en plus nombreux en direction du privé. Depuis le début du quinquennat, on compte huit départs d’un membre du cabinet de la présidence de la République vers une entreprise privée.

Se recycler dans le privé n’est pas commun à la sortie de l’Elysée
Le privé ne séduit qu'un conseiller sur 10. Le dernier en date, Julien Pouget, le conseiller économie de François Hollande à l’Elysée, devrait rejoindre Total, où un poste important lui aurait été réservé. 
Cette entreprise pétrolière française privée est pourtant décriée par la gauche sur le fait que groupe ne paie quasiment pas l'impôt sur les sociétés en France. L'ex-ministre et député PS François Lamy,, a jugé qu'il n'est pas normal que le groupe puisse toucher, selon lui, 80 millions au titre du CICE. "C'est bien le problème posé par le Crédit Impôt compétitivité emploi, qui bénéficie à toutes les entreprises, quelles qu'elles soient", a souligné cet  homme de main de Martine Aubry sur Sud radio. 
Sur 70 transferts constatés, ce départ vers le privé vient en effet après celui de:
• Hervé Naerhuysen, ancien conseiller en politiques fiscales, vers la direction de ProBTP, groupe de protection sociale complémentaire ;

• David Kessler, ancien conseiller culture et communication, vers la direction d’Orange Studio ;

• Olivier Lluansi, conseiller industrie et énergie, qui est devenu conseiller du président de RTE (Réseau de transport d'électricité, gestionnaire du réseau français de transport d'électricité en France, EDF) et travaille maintenant chez EY, cabinet d’audit ;

• Axel Cavaleri, ancien chef-adjoint du cabinet après avoir été directeur de cabinet de Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion, vers la direction générale des Ateliers de l’accessibilité, une société de conseil sur les questions de handicap ;

• Xavier Piechaczyk, ancien conseiller transports et environnement, qui a rejoint le directoire de RTE (EDF), où il s’occupe des "Réseaux clients territoires";

• Laurence Boone, ancienne conseillère économie et finances, qui est devenue cheffe économiste pour la compagnie d’assurances Axa ;

• Jean-Jacques Barbéris, ancien conseiller affaires économiques, a rejoint Amundi, une filiale du groupe Crédit agricole, pour gérer les relations avec les banques centrales et les fonds souverains.

La commission de déontologie de la fonction publique ne sourcille jamais

Dépendante du premier ministre, cette commission n'a jugé illégitime aucun de ces transferts du pouvoir politique central au privé
Présidée par Jacques Arrighi de Casanova -qui expliquait à Marianne en octobre 2014 qu’ "il est absolument impossible de quitter l’inspection des Finances pour partir dans le privé sans qu’un arrêté soit publié au JO"- et composée de 14 membres issus des grands corps de l'État, la commission de déontologie est sensée contrôler le départ des agents publics, et de certains agents de droit privé, qui envisagent d'exercer une activité dans le secteur privé et dans le secteur public concurrentiel. Elle examine si les activités privées qu'ils envisagent d'exercer ne sont pas incompatibles avec leurs précédentes fonctions.
Il n’y a eu, semble-t-il, aucune opposition des déontologues d'Etat. 
Les avis donnés par la commission aux membres de cabinets sont assortis d’une réserve "habituelle", explique celle-ci dans son rapport annuel adressé au premier ministre, à savoir que les partants s’abstiennent "de toute relation professionnelle avec les membres du cabinet du premier ministre qui étaient en fonction" en même temps qu’eux pendant trois ans. 
Il reste qu'ils sont détenteurs d'information acquises et d'un carnet d'adresses, voire d'un réseau constitué au service de l'Etat. 

A la date du 1er septembre 2015, les 14 membres étaient issus:
- du Conseil d’État: son président, Roland Peylet, candidat PS au Perreux-sur-Marne, et président-adjoint de la section des travaux publics;
- de la Cour des comptes: Yves Medina (Codeem, Comité de Déontovigilance des Entreprises du Médicament, déontologue chez PricewaterhouseCoopers, réseau d'entreprises américaines spécialisées dans des missions d'audit, d'expertise comptable et de conseil à destination des entreprises);
- magistrats de l’ordre judiciaire: Marie-Hélène Tric, élue à l'Autorité des marchés financiers (AMF);
- des personnalités qualifiées: Patrick Pierrard, préfet hors cadre (janvier 2015);
-membres de la formation spécialisée compétente pour la fonction publique de l’État: le directeur des ressources humaines du ministère chargé de l'écologie et le directeur des ressources humaines des ministères économique et financier ou leurs suppléants;
- membres de la formation spécialisée compétente pour la fonction publique territoriale: Jean-Pierre Bouquet, maire PS de Vitry-le-François, représentant de l’Association des maires de France; 
- représentant de l’Association des départements de France :Claudy Lebreton, président PS du Conseil général des Côtes d'Armor,
- représentant de l’Association des régions de France : Eric Loiselet, conseiller régional EELV de Champagne-Ardenne;
- directeur ou ancien directeur des services d’une collectivité territoriale : Fabien Tastet, directeur général des services du Conseil départemental de l’Essonne, PS jusqu'en 2015;
- membres de la formation spécialisée compétente pour la fonction publique hospitalière en tant que personnalité qualifiée dans le domaine de la santé publique : Cédric Arcos, directeur d'hôpital public à Lyon (PS), directeur de cabinet du délégué général de la Fédération hospitalière de France;
- inspecteur général des affaires sociales (IGAS): Jacques Metais, inspecteur général honoraire, ex-conseiller général des établissements de santé au ministère de la Santé;
- membres de la formation spécialisée compétente pour l’application des articles L. 413-1 et suivants du code de la recherche, en tant que personnalités qualifiées dans le domaine de la recherche et de la valorisation de la recherche: Michèle Hannoyer, retraitée de la fonction publique (adjointe au directeur général de la recherche et de la technologie et représentante professionnelle du gouvernement à la Fondation de France comme à l'Institut du développement durable et des relations internationales, IDDRI) et Alain Nemoz, professeur des universités émérite (Grenoble).
Depuis 2009 et la loi relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique, venue à la suite de l’affaire Pérol, qui avait pris la tête de la Banque populaire-Caisse d’épargne, après avoir suivi le dossier de leur fusion. Dans ce cas mais durant le précédent quinquennat, "la saisine de la commission [de déontologie] pour les membres des cabinets ministériels, ainsi que pour les collaborateurs du président de la République" est "obligatoire". Rien ne permet cependant de connaître les saisines et les avis de la commission, puisqu’ils ne sont pas rendus publics... Le doute naît de ce manque de transparence sur des recyclages en catimini au sommet de l'Etat. 

Dans son dernier rapport annuel, la commission a indiqué avoir rendu 1.061 avis en 2015 concernant la fonction publique d’Etat. La commission ne détaille pas les avis qu’elle a donné sur les changements de poste de membre de cabinets. On peut noter cependant que dans la fonction publique d’Etat, elle a donné un avis de compatibilité ou de compatibilité avec réserves dans 80% des cas. Dans 15% des cas, elle s’est déclarée incompétente. Ce qui laisse une vingtaine de cas, tous types d’agents de la fonction publique, où elle a vu une incompatibilité.

Eric Alt, magistrat et vice-président d’Anticor, association qui lutte contre la corruption, a constaté que la commission a tendance "à examiner de façon plus favorable" la situation d’un haut-fonctionnaire. En effet, pour des fonctionnaires avec un poste et un périmètre bien délimité, il est plus simple pour la commission de juger si le nouveau poste entre, ou non, en contradiction avec ce périmètre. "Lorsque le périmètre est vaste et moins précisément déterminé, la tâche de la commission est plus difficile et souvent, elle valide", souligne-t-il.

Parmi les membres des cabinets, il semble que seule la demande d’Alexandre de Juniac ait été refusée: alors directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère des Finances (2009-2011), l'actuel président-directeur général d'Air France-KLM souhaitait prendre la tête d’Areva. Depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir, aucune incompatibilité déontologique n'a plus été rendue publique. 
Par ailleurs, la commission poursuit en indiquant que "peu d’administrations, qu’il s’agisse de l’Etat ou des autres collectivités publiques, se sont acquittées de l’obligation, qui leur incombe en vertu de l’article 14 du décret du 26 avril 2007, d’informer la commission de la suite donnée à l’avis de la commission".

En 2011, la Commission de déontologie s’était d’ailleurs déclarée incompétente pour juger le transfert de la directrice générale de la Commission de régulation de l’énergie vers RTE. En effet, "RTE n’est pas dans le secteur concurrentiel", puisque dépendant d’EDF, une entreprise publique, expliquait à l’Opinion un conseiller élyséen. Christine Lebihan-Graf avait fini par abandonner. 
Depuis, François Brottes, ancien député PS de l'Isère et membre de l'équipe de Martine Aubry lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011, "nucléocrate" mais anti-OGM, préside le directoire de RTE, bien qu'il ait présidé la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale (2012-2015), et deux conseillers de François Hollande sont allés travailler chez RTE.

Si le dispositif "s’est amélioré", selon Eric Alt, ancien vice-président du Syndicat de la magistrature (SM, connu pour ses "juges rouges" et son "Mur des cons") des questions se posent encore, d’autant plus que les passerelles se multiplient vers le privé. "Il faudrait s’en emparer, constate ce magistrat, conseiller référendaire à la Cour de cassation, moins pour ses compétences que pour son engagement syndical. Il cite l’exemple récent de Barroso. Il y a de plus en plus de porosité entre l’intérêt général et les entreprises privées. Est-il sain que les passages en cabinets soient un tremplin vers des activités rémunératrices dans le privé ?"

Dans l'ambiance "fin de régime" actuelle, les avis de la commission ne semblent pas entraver les départs des cabinets qui se multiplient. Certains nouveaux postes font cependant polémique. Récemment, la nomination de Philippe Mauguin, ci-contre, directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, à la tête de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), est d'autant mal passée qu'elle participe d'un emblématique noyautage de l'ensemble d'un secteur.
Sa nomination "sur proposition de la ministre de l'Education et de la Recherche", Najat Vallaud-Belkacem, selon la formule consacrée, à François Hollande le 5 juillet 2016, elle avait donné lieu à des controverses : des élus d'opposition avaient dénoncé des "conflits d'intérêts" et un "recasage" du collaborateur de Stéphane Le Foll, un proche du chef de l'Etat qui lui confie des missions troubles et accessoirement ministre intermittent de l'Agriculture sinistrée et d'autant plus agressif qu'il est incompétent. Une pétition à cette nomination a rassemblé près de 3.000 signatures, dont 1.900 personnels des équipes de l'INRA, qui dénonçaient un "parachutage politique", alors que le sortant, François Houllier, était candidat à sa propre succession (nominations pour une durée de quatre ans, renouvelable une fois par décret). Le 13 juillet, les commissions des Affaires économiques de l'Assemblée (à majorité socialiste) et du Sénat avaient donné un avis favorable à la nomination de Ph. Mauguin, après un vote relativement serré, surtout au Sénat. Mauguin a promis de compenser son absence de doctorat par "plus d'humilité"...

dimanche 14 juin 2015

Fédération PS: Martine Aubry perd le Nord

Elle a fait son temps et n'a aucune excuse

Le ralliement de Martine Aubry à la motion Cambadélis et le parachutage de François Lamy à Lille ne sont que prétextes

Le parachutage par Martine Aubry à Lille du député de l'Essonne François Lamy fin décembre n'aura pas arrangé ses affaires. "Je viens vivre et militer à Lille", s'était contenté d'indiquer l'ancien maire de Palaiseau, sans que les Lillois ne comprennent ce qu'il venait faire là. Le député de l’Essonne était pourtant connu depuis décembre 2008 comme conseiller politique de la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry et il s'est par ailleurs beaucoup investi dans les élections internes à la fédération PS du Nord. Lui faire porter la responsabilité du désamour local pour la maire de Lille paraît toutefois abusif et destiné à désormais lui nuire personnellement. 
On peut toutefois concevoir aisément que l'ascension de Lamy doive plus à Martine Aubry qu'à l'aura individuelle de cet ancien instituteur.
En mai 2012, après la victoire de François Hollande à l’élection présidentielle, il entra au gouvernement de Jean-Marc Ayrault, au poste de ministre délégué chargé de la Ville, comme représentant de la tendance aubryste. Le 23 mai 2012, il annonça sa démission du poste de maire de Palaiseau. En juin 2012, il remporta l'élection législative avec 57,77 % des suffrages, il fut confirmé dans le second gouvernement Ayrault et laissa même son siège à son suppléant Jérôme Guedj lequel perdit le Conseil départemental de gauche en mai 2014 et rendit à Lamy, ministre jusqu'au 31 mars 2014, son poste de député.
Hollande et Royal ont obtenu la disgrâce de la Ch'tite de Lille
Affirmer qu'il aurait pour autant cristallisé le malaise qui flottait depuis des mois chez les militants socialistes serait une manière de dédouaner la Ch'tite maire. A 65 ans, celle-ci sature en fait la population par son autoritarisme et son complotisme. Depuis juillet 1997, elle n'est déjà plus députée. Aujourd'hui, Gilles Pargneaux, secrétaire de la 'fédé' 59 depuis dix ans, soutenu par Aubry et Lamy, a  été nettement devancé par Martine Filleul, adjointe lilloise de Martine Aubry, et surtout femme lige du ministre de la Ville Patrick Kanner, donc apprécié du couple Ségollande à la différence de Martine Aubry. Gilles Pargneaux a été contraint de retirer sa candidature afin d’éviter une implosion de la section.
A l’aube du vendredi 12 juin, la fédération PS du Nord était meurtrie. François Lamy semblait le seul à ne pas admettre la défaite, "froid et hautain", notaient les rares journalistes présents. "Un vrai ras le bol de Gilles Pargneaux" venait de s’exprimer dans les urnes, selon les observateurs, et la maison Aubry en est ébranlée.

Lot de consolation pour un aubryste nommé numéro 2

La maire de Lille avait boudé la rue Lyderic, siège du PS Nord, ce jour-là. Le camp Filleul et le camp Pargneaux ont veillé à éviter de s’écharper en nommant l’aubryste Roger Vicot, numéro deux, chargé des élections: signe d'égard rétrospectif des militants à l’ancienne première secrétaire du PS. Le maire de Lomme était supposé succéder à Gilles Pargneaux en cours de mandat, si ce dernier avait été réélu. "Roger Vicot a une excellente image de marque. Elle aurait pâti de cet accord. C’est plutôt une bonne chose pour lui que Pargneaux soit battu", dit l’ancien maire de Tourcoing, Jean-Pierre Balduyck.

Mais l’étoile de la maire s’assombrit
: son cinglant courrier anti-Filleul, envoyé deux jours avant le vote, a choqué les militants de l'aile gauche du PS. Les supporteurs du 3e candidat, le politologue Rémi Lefebvre, journaliste professionnel, rédacteur en chef des publications de l'OURS et partisan de la motion B des frondeurs à Poitiers) ont décidé pour moitié d’entre eux de voter Filleul dès le premier tour…
M. Kanner, sous la pression de l’exécutif, a finalement retiré son soutien à M. Filleul, à un jour du vote. "Un double jeu", dénoncent les soutiens de M. Aubry qui y voit la main de Manuel Valls, le premier ministre qui n’aurait eu "qu’un coup de fil à passer" pour que tout cela cesse.

Le ralliement d'Aubry à Cambadélis est vécu comme une trahison du Nord 

Cambadélis - Aubry
Dunkerque, Wattrelos ou Tourcoing ont voté nettement Filleul. L’ancienne professeur de lettres, sociologue urbain, est supposée représenter le renouveau. Mais elle a déjà 62 ans, et ceux qui l’ont soutenue ruminent depuis vingt ans leur rancœur contre Martine Aubry: Bernard Roman et Michel Delebarre, écartés du beffroi lillois par Pierre Mauroy, ou encore Bernard Derosier, ancien président du Conseil général du Nord. Moyenne d’âge du trio, 70 ans.
Et si Martine Aubry a été lâchée par certains de ses anciens fidèles, tels Yves Durand ou Alain Cacheux, des députés qui l’avaient accueillie à bras ouverts quand Mauroy l’avait imposée, ceux-ci sont aussi des quasi septuagénaires…
Certes,
Martine Filleul a obtenu le soutien de l’aile la plus à gauche des socialistes, décontenancée par le ralliement de Martine Aubry à la motion Cambadelis, mais si l’on observe plus attentivement l’âge des militants qui ont voté massivement Pargneaux dans des villes comme Roubaix, Lomme, Denain, Gravelines, on y trouve de nombreux trentenaires. "Admirateurs d’Aubry plus que de Pargneaux", avance l’un d’entre eux.

La désignation d'un rebelle à l’autorité d’Aubry, le député-maire de Wattrelos, Dominique Baert, comme porte-parole de Martine Filleul, car partisan affiché du cumul des mandats, ne plaide guère en faveur du renouveau.
L’hypothèse du parisien Lamy pour succéder à Aubry sous le beffroi s’est bien éloignée. L'ex-élu de l'Essonne est devenu l’homme à abattre pour bon nombre de militants du cru. 

"Tout cela devient bien compliqué à l’approche des régionales, constate la nordiste Sandrine Rousseau, porte-parole nationale d’Europe Écologie-Les Verts et complotiste subalterne du tandem Aubry-Duflot. J’espérais que le Nord-Pas-de-Calais incarne une sorte de village gaulois défendant de vraies valeurs de gauche, proches de nous les écologistes… On en est loin…", déplore la candidate aux régionales. 
Son camarade socialiste, Pierre de Saintignon (ci-contre à gauche, famille noble lorraine propriétaire d’usines sidérurgiques), premier vice-président (PS) de la région Nord-Pas-de-Calais et premier adjoint de Martine Aubry à la mairie de Lille, est tête de liste aux régionales, avec une frondeuse proche de Martine Aubry, la député-maire de Denain, Anne-Lise Dufour, et la présence de l’ex-ministre... François Lamy (7e),  "l'homme à abattre", ou l’élue lilloise Charlotte Brun (10e), compagne d’Emmanuel Maurel, figure de l’aile gauche du PS.