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jeudi 9 mai 2019

Grève des fonctionnaires contre la loi fonction publique: Laurent Berger, CFDT, n'est plus réformiste ?

Les neuf syndicats de la fonction publique, dont la CFDT et l'UNSA, appellent à faire grève et à manifester, ce jeudi 

"Il faut qu’on soigne mieux les agents des fonctions publiques", selon Laurent Berger 

Résultat de recherche d'images pour "Matignon laurent Berger et EDOUARD Philippe"Le gouvernement doit faire des annonces pour préserver leurs missions et revaloriser les salaires, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, syndicat réformiste "macron-compatible" jusqu'ici et jusqu'à la prochaine, si elle ne frappe pas sa clientèle électorale. 
Les neuf syndicats de la fonction publique (CGT, CFDT, FO, FSU,Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC) lancent un appel unitaire à se dresser contre le projet de loi censé "moderniser" le statut des fonctionnaires"Depuis de nombreuses années, les fonctionnaires ont le sentiment d'être considérés comme des coûts et pas comme des professionnels qui apportent un service à la population", explique Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, qui participera à la manifestation parisienne.
"Les fonctionnaires ont un sentiment de mépris qui traîne depuis longtemps" (Laurent Berger, sur franceinfo)
"Nous avons déposé une trentaine d'amendements qui ont été retenus" sur le projet de loi qui sera débattu à l'Assemblée nationale à partir du lundi 13 mai "mais il y a encore beaucoup de désaccords".
"Quand on est contractuel en contrat court dans la fonction publique, on est moins bien traité que dans le privé," explique Laurent Berger sur franceinfo
"Dans le privé, il y a la possibilité d'avoir une prime de précarité à la fin du contrat. Ce n'est pas ce qui est prévu dans le projet de loi", fait observer le responsable syndical. Le texte envisage un contrat de six ans maximum dans la fonction publique : "Cela existe dans le privé, ce sont des contrats de chantier, mais on ne peut pas y mettre fin du jour au lendemain sans motivation alors que c'est ce qui est prévu dans le projet de loi." La CFDT se bat pour que les contractuels "soient traités à égalité avec ce qui se passe dans le privé".

Négociations avec le gouvernement

"Travailler ensemble avec le gouvernement" sur un certain nombre de sujets, "moi, je dis chiche", lance pourtant Berger, le secrétaire général de la CFDT. Edouard Philippe a reçu ce lundi à Matignon les syndicats, le patronat et les associations d'élus pour lancer sa "mobilisation générale" pour l'emploi et l'écologie. 

La réforme des retraites

Le projet de réforme des retraites doit être présenté au début de l'été. La concertation menée par Jean-Paul Delevoye planche sur plusieurs possibilités, mais Macron a rappelé le 25 avril que les Français devraient travailler davantage. 
L. Berger rejette la piste de l'allongement de la durée de cotisation, évoquée par le chef de l'Etat. "On n'a pas besoin d'un nouvel allongement d'une durée de cotisation", argumente le patron de la CFDT.
"Il faut arrêter de jouer les hypocrites sur l'âge de départ à la retraite," Laurent Berger à franceinfo
"Le patronat n’est pas sérieux, assure le macron-compatible. Quand je l’entends dire ‘il faut partir à 64 ans' et qu’il vire des salariés à partir de 55 ans pour des motifs tous plus contestables les uns que les autres, il n’est pas cohérent", développe Laurent Berger.
"Ce qui pèse sur nos systèmes sociaux, sur l'ambiance de la société et sur les situations d'exclusion, c'est la persistance d'un chômage de masse et de longue durée", souligne Laurent Berger. "C'est d'abord là-dessus qu'il faut agir", continue-t-il.

Des "gilets jaunes" fichés à l'AP-HP

Suite aux révélations du Canard enchaîné, une mission d'enquête a été déclenchée le 24 avril sur des soupçons de fichage de "gilets jaunes" par l'AP-HP. "Si c’est une réalité, c’est scandaleux", doute encore le secrétaire général de la CFDT sur franceinfo. "Si les choses se confirmaient, il faudrait mettre fin à ses pratiques mais aussi savoir comment et pourquoi elles ont été développées."

Grève nationale des fonctionnaires contre la privatisation des services publics

Fonctionnaires, vous ne travaillent pas assez? Vous serez bradés au privé !

Macron travaille-t-il assez ses projet de loi ?

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Le projet de loi fonction publique
est en réalité une boîte à outils 
portée par Darmanin. Le porteur de valise de Macron propose un nouveau contrat social avec les agents publics pour permettre les suppressions de postes et les transferts de missions vers des opérateurs privés.

La loi va en effet faciliter le recrutement de plus contractuels souvent en CDD mais sans les garanties du Privé. Par exemple, il n’y a pas d’indemnité de fin de contrat dans le public et le projet du gouvernement ne prévoit pas d’indemnité dans le public sur ce sujet.
 
En l'état du projet, la loi va affaiblir les dispositifs qui protègent les agents publics en supprimant les missions des instances de dialogue social. Elle introduit la rupture conventionnelle sans les protections des tribunaux prud’homaux. 

A tous ces motifs de grève, l’UNSA ajoute la nécessité d’une reconnaissance financière pour améliorer enfin le pouvoir d’achat des agents publics toujours exclus de la prime Macron
 
Le temps de travail des fonctionnaires pointé par un rapport de l'IGF
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310.000 agents de l'Etat travaillent moins que le seuil légal des 35 heures, selon ce document de l'Inspection générale des finances (IGF) remis à Gérald Darmanin. Il tombe à pic pour relancer l'éternel débat sur le temps de travail dans la fonction publique, mais ce n'est pas non plus une surprise, puisque l'IGF n'est pas un service d'inspection indépendant du pouvoir exécutif : son chef est nommé par le président de la République, sur proposition de son ministre des Finances. 
Sa patronne depuis 2012 est Marie-Christine Lepetit, une polytechnicienne qui a conseillé Alain Juppé à Matignon. En novembre 2017, elle a remis un rapport, certes passionnant, sur l'invention de la désormais fameuse taxe de 3% sur les revenus versés par les grandes entreprises, mais que le Conseil Constitutionnel a annulée, pour un coût pour l'Etat (et les classes moyennes constituant la masse essentielle des contribuables) de 10 milliards.
Quels sont les contours de ce rapport de l'IGF, remis en février dernier, au ministre en charge de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin ?
Ce document portant sur la très sensible question du temps de travail des agents de l'Etat offrit des arguments au gouvernement, lequel présenta mercredi 27 mars en Conseil des ministres son projet de réforme de la fonction publique, prévoyant -entre autres- une suppression du nombre de fonctionnaires.

Premier enseignement de ce rapport: 310.000 fonctionnaires sur les 1,1 million que compte la fonction publique (hors professeurs, militaires et magistrats) travaillent moins que le seuil légal de 35 heures. Pourtant, parmi ces 310.000 fonctionnaires, "190.000 n'ont pas à supporter de conditions de travail difficiles", juge Le Figaro, qui cite une remarque de l'IGF faite à ce propos: "les aligner sur le droit commun (1607 heures par an) permettrait de réduire les effectifs de l'Etat de 30.000 postes".

Quant au temps de travail des agents des collectivités locales - estimé à 1.578 heures par an en moyenne - il est également en dessous du seuil légal des 35 heures. Au delà de ce constat, l'IGF épingle également les avantages dont jouissent de nombreux fonctionnaires, selon les administrations.
Savoir si, parallèlement, la suppression de l'abattement fiscal des journalistes - d'un montant de 7.650 euros par tête -  permettrait d'économiser substantiellement l'aide de l'Etat à la presse subventionnée et de participer ainsi à l'effort collectif de maîtrise des dépenses publiques...
"Jours ministres"

"Le plus souvent, les agents bénéficiant de régimes dérogatoires travaillent aux côtés de collègues soumis à des contraintes particulières et bénéficient des mêmes avantages sans être soumis à la même pénibilité. Parmi ceux-ci, 149.000 fonctionnaires à l'Education nationale, 5.300 à la Justice et 800 électroniciens et techniciens à l'aviation civile", décrit Le Figaro, citant ce constat de l'IGF: "des dispositifs historiques injustifiés ont également été maintenus lors du passage aux 35 heures", mis en place par Martine Aubry, ministre PS des affaires sociales dans le gouvernement socialiste de Lionel Jospin à partir de l'année 2000 et rendu obligatoire en 2002.

Autres dispositifs dans le viseur de l'IGF, les "jours de fractionnement". 
En résumé, si un fonctionnaire pose cinq jours de vacances entre le 1er novembre et le 30 avril, il peut bénéficier d'un jour de congé supplémentaire.
Le code du travail impose que le congé principal du salarié (24 jours ouvrables maximum) soit pris entre le 1er mai et le 31 octobre. Autrement dit, le salarié a droit de prendre 24 jours ouvrables ou 20 jours ouvrés de congés d'affilée pendant cette période. Lorsque le congé payé ne dépasse pas 12 jours ouvrables il doit être continu.
A partir du moment où ce congé principal n'est pas pris dans sa totalité, le salarié peut obtenir des jours de congés supplémentaires appelés jours de fractionnement. La 5ème semaine de congés payés ne rentrant jamais dans le calcul du fractionnement.
"En supprimant ces jours 'de fractionnement' pour l'ensemble des fonctionnaires, comme le recommande le rapport, l'Etat économiserait 29,4 millions d'heures, soit 18.300 postes", note Le Figaro.

Même principe avec les "jours ministres".
Ce sont des congés supplémentaires dont bénéficient les agents travaillant dans divers ministères, comme l'Intérieur (la police que le mouvement des Gilets jaunes perturbe), la Culture ou les Affaires sociales. L'IGF préconise de supprimer purement et simplement ce dispositif qui peut représenter jusqu'à 9 jours de congés selon l'administration.

Trois ministères ont attiré l'attention de l'IGF car "particulièrement concernés par les dérives consistant à travailler moins que les 1.607 heures annuelles". Il s'agit de la Justice, de l'Education nationale (hors enseignants) et de l'Intérieur.

VOIR et ENTENDRE
la défense :

mercredi 27 décembre 2017

La CGT a perdu un tiers de ses adhérents

La centrale syndicale accuse le Canard enchaîné d'une erreur de calcul

Un tiers d'adhérents en moins en 2017; la CGT dément

Résultat de recherche d'images pour "cgt adherents 2016"Les chiffres communiqués aux dirigeants de la confédération sont catastrophiques, révèle Le Canard Enchaîné. 
Au 7 décembre, seuls 427.431 adhérents CGT s'étaient acquittés d'au moins un mois de cotisations (le "timbre FNI" qui sert à comptabiliser les effectifs)contre 649.899 adhérents, selon un article du journal anarchiste paru ce mercredi.
Avec 34% de moins que fin 2016, le syndicat La CGT a perdu un tiers de ses adhérents en 2017.

Cette chute est consécutive à "la perte en 2017 de la première place aux élections professionnelles dans le secteur privé"

En effet, la CFDT est devenue la première organisation syndicale au niveau national chez les salariés du privé, détrônant ainsi la CGT. Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez justifie ce recul par le retard de certaines fédérations dans la transmission du timbre FNI. 

Faire revenir, avant la fin 2017, plus de 220.000 cotisants est... mission impossible, estiment les cadres du syndicat

VOIR et ENTENDRE Henri Krasucki faire la démonstration que la CGT maîtrise les chiffres:


Un mauvais calcul du Canard 

L'ex-secrétaire de la CGT commerce de Paris met en cause le Canard enchaîné.
Résultat de recherche d'images pour "cgt adherents 2016"
"Si les chiffres sont bien ceux qui ont été communiqués en interne, le Canard a oublié de préciser que les syndicats de la CGT (et non les fédérations, contrairement à ce qu'indique le Canard) règlent un exercice sur plusieurs années. Les 649.899 de 2016 correspondent donc à 22 mois de règlements, alors que les 427.431 de 2017 ont été réglés les 10 premiers mois de l'année," raconte Karl Ghazi sur Facebook.


La centrale syndicale dément toutes les informations du Canard Enchaîné.
 
"La CGT évoque seulement un effritement de 1 % du nombre de ses adhérents sur les trois dernières années. Elle explique qu'elle comptabilise un adhérent seulement lorsqu'elle a reçu l'argent de sa première cotisation mensuelle, ce qui peut prendre deux ans. 
Il faudrait donc attendre 2019 pour connaître le nombre exact d'adhérents en 2017."

mercredi 2 novembre 2016

Excédés, les agents de sécurité expriment leur ras-le-bol dans la rue

Corvéables à merci, les agents de sécurité réclament des salaires respectueux

Une intersyndicale a appelé les agents de sécurité du secteur privé à faire grève
 à partir de mercredi 

Après les policiers, les agents de sécurité du secteur privé de descendre dans la rue. Ils manifestent depuis mercredi à l'appel de l'intersyndicale CGT, CFTC et Unsa pour réclamer des conditions de travail meilleures et une hausse des salaires.

Principale revendication: une hausse des salaires de 10% net. 
"Les salaires sont insuffisants par rapport aux risques auxquels nous sommes exposés", écrit, dans un tract, la CGT sur tous les fronts de la contestation. Depuis les attentats de 2015 et alors que la menace terroriste est maximale, le recours aux agents de sécurité et de sûreté s'est accru et certains salariés, sans cesse sur le qui-vive sont tout simplement à bout.
"Nombreux sont ceux qui sont contraints d'avoir un deuxième emploi, subissent des conditions de travail dégradantes, et vivent sous la pression permanente de perdre leur emploi, et de changer d'employeur régulièrement", ajoute l'intersyndicale.

"On s'est tous tenus tranquille jusqu'à maintenant"

"On a maintenant des collègues qui dorment dans leur voiture, voire sous des tentes. On voit aussi des salariés qui vont au resto du coeur", assure sur France 3 Henri D., vigile depuis 22 ans -sans qualification- pour 1.200 euros par mois. 
A noter toutefois que le terme de "vigile", comme celui de migrant", dissimule des réalités très contrastées: un 'vigile' désigne aussi bien un agent de sécurité, un gardien, un veilleur de nuit ou, plus rarement, un garde du corps.
"On s'est tous tenus tranquille jusqu'à maintenant. On a été compréhensifs, professionnels, souligne sur BFMTV Nelson Barbosa, délégué CFTC. On fait des métiers réglementés qui sont aujourd'hui payés comme un job. On veut juste la simple reconnaissance des choses." 
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Des rassemblements sont prévus à Paris-La Défense, Bordeaux, Lyon, Rouen, Toulouse ou encore Marseille.
A noter que la saison des élections professionnelles est ouverte
Ainsi, les entreprises de la branche des industries électriques et gazières voteront le 24 novembre 2016 et les salariés des TPE seront appelés aux urnes en décembre.

vendredi 22 juillet 2016

Maillage politique: Hollande place ses hommes dans le privé

Encore un cas de "pantouflage" à l'Elysée

Pantouflage à 40 ans ou maillage politique ?


Un conseiller de François Hollande devrait prochainement rejoindre Total. Il ne sera pas le premier dirigé par l'Elysée vers le privé.
La fin du quinquennat approchant, les départs des cabinets sont de plus en plus nombreux en direction du privé. Depuis le début du quinquennat, on compte huit départs d’un membre du cabinet de la présidence de la République vers une entreprise privée.

Se recycler dans le privé n’est pas commun à la sortie de l’Elysée
Le privé ne séduit qu'un conseiller sur 10. Le dernier en date, Julien Pouget, le conseiller économie de François Hollande à l’Elysée, devrait rejoindre Total, où un poste important lui aurait été réservé. 
Cette entreprise pétrolière française privée est pourtant décriée par la gauche sur le fait que groupe ne paie quasiment pas l'impôt sur les sociétés en France. L'ex-ministre et député PS François Lamy,, a jugé qu'il n'est pas normal que le groupe puisse toucher, selon lui, 80 millions au titre du CICE. "C'est bien le problème posé par le Crédit Impôt compétitivité emploi, qui bénéficie à toutes les entreprises, quelles qu'elles soient", a souligné cet  homme de main de Martine Aubry sur Sud radio. 
Sur 70 transferts constatés, ce départ vers le privé vient en effet après celui de:
• Hervé Naerhuysen, ancien conseiller en politiques fiscales, vers la direction de ProBTP, groupe de protection sociale complémentaire ;

• David Kessler, ancien conseiller culture et communication, vers la direction d’Orange Studio ;

• Olivier Lluansi, conseiller industrie et énergie, qui est devenu conseiller du président de RTE (Réseau de transport d'électricité, gestionnaire du réseau français de transport d'électricité en France, EDF) et travaille maintenant chez EY, cabinet d’audit ;

• Axel Cavaleri, ancien chef-adjoint du cabinet après avoir été directeur de cabinet de Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion, vers la direction générale des Ateliers de l’accessibilité, une société de conseil sur les questions de handicap ;

• Xavier Piechaczyk, ancien conseiller transports et environnement, qui a rejoint le directoire de RTE (EDF), où il s’occupe des "Réseaux clients territoires";

• Laurence Boone, ancienne conseillère économie et finances, qui est devenue cheffe économiste pour la compagnie d’assurances Axa ;

• Jean-Jacques Barbéris, ancien conseiller affaires économiques, a rejoint Amundi, une filiale du groupe Crédit agricole, pour gérer les relations avec les banques centrales et les fonds souverains.

La commission de déontologie de la fonction publique ne sourcille jamais

Dépendante du premier ministre, cette commission n'a jugé illégitime aucun de ces transferts du pouvoir politique central au privé
Présidée par Jacques Arrighi de Casanova -qui expliquait à Marianne en octobre 2014 qu’ "il est absolument impossible de quitter l’inspection des Finances pour partir dans le privé sans qu’un arrêté soit publié au JO"- et composée de 14 membres issus des grands corps de l'État, la commission de déontologie est sensée contrôler le départ des agents publics, et de certains agents de droit privé, qui envisagent d'exercer une activité dans le secteur privé et dans le secteur public concurrentiel. Elle examine si les activités privées qu'ils envisagent d'exercer ne sont pas incompatibles avec leurs précédentes fonctions.
Il n’y a eu, semble-t-il, aucune opposition des déontologues d'Etat. 
Les avis donnés par la commission aux membres de cabinets sont assortis d’une réserve "habituelle", explique celle-ci dans son rapport annuel adressé au premier ministre, à savoir que les partants s’abstiennent "de toute relation professionnelle avec les membres du cabinet du premier ministre qui étaient en fonction" en même temps qu’eux pendant trois ans. 
Il reste qu'ils sont détenteurs d'information acquises et d'un carnet d'adresses, voire d'un réseau constitué au service de l'Etat. 

A la date du 1er septembre 2015, les 14 membres étaient issus:
- du Conseil d’État: son président, Roland Peylet, candidat PS au Perreux-sur-Marne, et président-adjoint de la section des travaux publics;
- de la Cour des comptes: Yves Medina (Codeem, Comité de Déontovigilance des Entreprises du Médicament, déontologue chez PricewaterhouseCoopers, réseau d'entreprises américaines spécialisées dans des missions d'audit, d'expertise comptable et de conseil à destination des entreprises);
- magistrats de l’ordre judiciaire: Marie-Hélène Tric, élue à l'Autorité des marchés financiers (AMF);
- des personnalités qualifiées: Patrick Pierrard, préfet hors cadre (janvier 2015);
-membres de la formation spécialisée compétente pour la fonction publique de l’État: le directeur des ressources humaines du ministère chargé de l'écologie et le directeur des ressources humaines des ministères économique et financier ou leurs suppléants;
- membres de la formation spécialisée compétente pour la fonction publique territoriale: Jean-Pierre Bouquet, maire PS de Vitry-le-François, représentant de l’Association des maires de France; 
- représentant de l’Association des départements de France :Claudy Lebreton, président PS du Conseil général des Côtes d'Armor,
- représentant de l’Association des régions de France : Eric Loiselet, conseiller régional EELV de Champagne-Ardenne;
- directeur ou ancien directeur des services d’une collectivité territoriale : Fabien Tastet, directeur général des services du Conseil départemental de l’Essonne, PS jusqu'en 2015;
- membres de la formation spécialisée compétente pour la fonction publique hospitalière en tant que personnalité qualifiée dans le domaine de la santé publique : Cédric Arcos, directeur d'hôpital public à Lyon (PS), directeur de cabinet du délégué général de la Fédération hospitalière de France;
- inspecteur général des affaires sociales (IGAS): Jacques Metais, inspecteur général honoraire, ex-conseiller général des établissements de santé au ministère de la Santé;
- membres de la formation spécialisée compétente pour l’application des articles L. 413-1 et suivants du code de la recherche, en tant que personnalités qualifiées dans le domaine de la recherche et de la valorisation de la recherche: Michèle Hannoyer, retraitée de la fonction publique (adjointe au directeur général de la recherche et de la technologie et représentante professionnelle du gouvernement à la Fondation de France comme à l'Institut du développement durable et des relations internationales, IDDRI) et Alain Nemoz, professeur des universités émérite (Grenoble).
Depuis 2009 et la loi relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique, venue à la suite de l’affaire Pérol, qui avait pris la tête de la Banque populaire-Caisse d’épargne, après avoir suivi le dossier de leur fusion. Dans ce cas mais durant le précédent quinquennat, "la saisine de la commission [de déontologie] pour les membres des cabinets ministériels, ainsi que pour les collaborateurs du président de la République" est "obligatoire". Rien ne permet cependant de connaître les saisines et les avis de la commission, puisqu’ils ne sont pas rendus publics... Le doute naît de ce manque de transparence sur des recyclages en catimini au sommet de l'Etat. 

Dans son dernier rapport annuel, la commission a indiqué avoir rendu 1.061 avis en 2015 concernant la fonction publique d’Etat. La commission ne détaille pas les avis qu’elle a donné sur les changements de poste de membre de cabinets. On peut noter cependant que dans la fonction publique d’Etat, elle a donné un avis de compatibilité ou de compatibilité avec réserves dans 80% des cas. Dans 15% des cas, elle s’est déclarée incompétente. Ce qui laisse une vingtaine de cas, tous types d’agents de la fonction publique, où elle a vu une incompatibilité.

Eric Alt, magistrat et vice-président d’Anticor, association qui lutte contre la corruption, a constaté que la commission a tendance "à examiner de façon plus favorable" la situation d’un haut-fonctionnaire. En effet, pour des fonctionnaires avec un poste et un périmètre bien délimité, il est plus simple pour la commission de juger si le nouveau poste entre, ou non, en contradiction avec ce périmètre. "Lorsque le périmètre est vaste et moins précisément déterminé, la tâche de la commission est plus difficile et souvent, elle valide", souligne-t-il.

Parmi les membres des cabinets, il semble que seule la demande d’Alexandre de Juniac ait été refusée: alors directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère des Finances (2009-2011), l'actuel président-directeur général d'Air France-KLM souhaitait prendre la tête d’Areva. Depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir, aucune incompatibilité déontologique n'a plus été rendue publique. 
Par ailleurs, la commission poursuit en indiquant que "peu d’administrations, qu’il s’agisse de l’Etat ou des autres collectivités publiques, se sont acquittées de l’obligation, qui leur incombe en vertu de l’article 14 du décret du 26 avril 2007, d’informer la commission de la suite donnée à l’avis de la commission".

En 2011, la Commission de déontologie s’était d’ailleurs déclarée incompétente pour juger le transfert de la directrice générale de la Commission de régulation de l’énergie vers RTE. En effet, "RTE n’est pas dans le secteur concurrentiel", puisque dépendant d’EDF, une entreprise publique, expliquait à l’Opinion un conseiller élyséen. Christine Lebihan-Graf avait fini par abandonner. 
Depuis, François Brottes, ancien député PS de l'Isère et membre de l'équipe de Martine Aubry lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011, "nucléocrate" mais anti-OGM, préside le directoire de RTE, bien qu'il ait présidé la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale (2012-2015), et deux conseillers de François Hollande sont allés travailler chez RTE.

Si le dispositif "s’est amélioré", selon Eric Alt, ancien vice-président du Syndicat de la magistrature (SM, connu pour ses "juges rouges" et son "Mur des cons") des questions se posent encore, d’autant plus que les passerelles se multiplient vers le privé. "Il faudrait s’en emparer, constate ce magistrat, conseiller référendaire à la Cour de cassation, moins pour ses compétences que pour son engagement syndical. Il cite l’exemple récent de Barroso. Il y a de plus en plus de porosité entre l’intérêt général et les entreprises privées. Est-il sain que les passages en cabinets soient un tremplin vers des activités rémunératrices dans le privé ?"

Dans l'ambiance "fin de régime" actuelle, les avis de la commission ne semblent pas entraver les départs des cabinets qui se multiplient. Certains nouveaux postes font cependant polémique. Récemment, la nomination de Philippe Mauguin, ci-contre, directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, à la tête de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), est d'autant mal passée qu'elle participe d'un emblématique noyautage de l'ensemble d'un secteur.
Sa nomination "sur proposition de la ministre de l'Education et de la Recherche", Najat Vallaud-Belkacem, selon la formule consacrée, à François Hollande le 5 juillet 2016, elle avait donné lieu à des controverses : des élus d'opposition avaient dénoncé des "conflits d'intérêts" et un "recasage" du collaborateur de Stéphane Le Foll, un proche du chef de l'Etat qui lui confie des missions troubles et accessoirement ministre intermittent de l'Agriculture sinistrée et d'autant plus agressif qu'il est incompétent. Une pétition à cette nomination a rassemblé près de 3.000 signatures, dont 1.900 personnels des équipes de l'INRA, qui dénonçaient un "parachutage politique", alors que le sortant, François Houllier, était candidat à sa propre succession (nominations pour une durée de quatre ans, renouvelable une fois par décret). Le 13 juillet, les commissions des Affaires économiques de l'Assemblée (à majorité socialiste) et du Sénat avaient donné un avis favorable à la nomination de Ph. Mauguin, après un vote relativement serré, surtout au Sénat. Mauguin a promis de compenser son absence de doctorat par "plus d'humilité"...

mardi 24 juin 2014

Les salariés français à temps complet travaillent 5 semaines de moins que les Allemands

Un rapport accablant sur le temps de travail des Français 

Fondé sur des données européennes,
 
L'idée fausse
qui nous a tuer
un rapport de l'institut Coe-Rexecode révèle que les salariés français à temps complet travaillent cinq semaines de moins que les Allemands par an. 
Les Français à temps complet ont nettement moins travaillé en 2013 que leurs voisins. En moyenne, ils affichent même 186 heures de moins que les Allemands (1661 heures contre 1847 heures), 239 heures de moins que les Britanniques (1900 heures) et même 120 heures de moins qu'en Italie (1781 heures). La Roumanie domine le classement avec 2099 heures en durée effective annuelle moyenne de travail par salarié.

Seuls les Finlandais ont un temps de travail inférieur aux Français en Europe. L'étude n'est pas tendre et fait de la France, avec la Finlande, "la plus faible de tous les pays européens" en nombre d'heures de travail effectif, selon les données recueillies par l'office européen de statistiques Eurostat pour l'institut de recherches économique.

La France enregistre la plus forte baisse de la durée du travail

Les Français ont une durée habituelle individuelle hebdomadaire de travail de 39,2 heures par semaine, mais cela ne tient pas compte des absences (congés, RTT, formation, jours fériés, maladie...). Et c'est aussi le pays où la durée de travail a le plus diminué au cours des quinze dernières années: entre 1998 et 2013, elle a chuté de 14,8% contre 9,8% en Espagne, 8,9% en Allemagne, 8,5% en Suède, 7,6% en Italie et 3,1% au Royaume-Uni.

Pour les salariés à temps partiel, la durée moyenne de travail effectif était en France en 2013 de 993 heures par an, contre 851 heures en Allemagne, 864 au Royaume-Uni et 1.012 en Italie. 

L'étude pointe aussi d'importantes différences entre salariés

L'intox syndicale alimente l'humour toxique
En prenant en compte l'ensemble des salariés (temps complet et temps partiel), les écarts entre pays européens se réduisent nettement, avec 1.536 heures en moyenne pour la France en 2013, 1.580 pour l'Allemagne, 1.636 pour l'Italie, 1.637 pour le Royaume-Uni ou 1.643 pour l'Espagne. 
Du côté des non-salariés, la durée moyenne atteint 2.372 heures en France, soit 43% de plus que pour un salarié à temps complet. Cet écart est de 27% pour l'Allemagne, 21% pour l'Italie et de 7% pour le Royaume-Uni.

La durée moyenne effective de travail des salariés à temps complet (un concept large qui inclut la fonction publique) s'est établie à 1661 heures par an dans l'Hexagone en 2013. Ce mauvais résultat place la France au deuxième rang des pays qui travaillent le moins en Europe… 

Les salariés français passent ainsi 120 heures de moins par an au bureau ou à l'usine que les Italiens, 186 heures de moins que les Allemands et 239 heures de moins que les Britanniques.

jeudi 1 mai 2014

Syndicats: moins d'un Français sur trois leur fait confiance

32% des Français font confiance aux syndicats

Seuls 2% d'entre eux font "tout à fait confiance aux organisations syndicales"
Seulement 30% des sondés disent leur faire "plutôt confiance", selon un sondage Ifop pour Atlantico.fr publié jeudi, jour de la Fête du Travail.

Près de sept Français sur dix (68%) expriment même leur défiance
27% n'ont "pas du tout confiance", 41% "plutôt pas".

Les femmes sont plus nombreuses  que les hommes à accorder leur confiance aux organisations syndicales (37% contre 28%).

Les salariés du secteur public sont plus nombreux à faire confiance aux syndicats 

Sur 38% qui les considèrent encore, ceux du secteur privé ne sont que 33% contre 47%.
En octobre 2010, au moment de la mobilisation contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy, 53% des Français misaient encore sur les syndicats.

Ce sondage a été réalisé en ligne auprès d'un échantillon représentatif de 943 personnes (méthodes des quotas) du 28 au 30 avril.

mardi 26 mars 2013

Port du voile: 80% d'entre nous pour une extension de l'interdiction du public au privé

Les provocations des musulmanes braquent les Français

Plus de 80% se sentent agressés par le voile islamique

Islam décomplexé ?
Une majorité écrasante de Français ose se dire favorable à un renforcement de la loi interdisant le port du voile dans les lieux où l'on s'occupe d'enfants ou les entreprises privées, selon un sondage BVA pour I>Télé publié par Le Parisien/Aujourd'hui en France daté de lundi.

Si le législateur était à leur écoute...
Après l'arrêt de la Cour de cassation du 20 mars annulant le licenciement d'une salariée de la crèche Baby Loup renvoyée en 2008 pour avoir refusé d'enlever son voile, les Français approuveraient une extension de l'interdiction du public au privé.

Bilal Yusuf Mohammed 
(Franck) Ribéry,
converti prosélyte
86% seraient favorables à une loi interdisant le port visible de tout signe d'appartenance religieuse ou politique dans les lieux où l'on s'occupe d'enfants (écoles, crèches, de droit privé ou public)

Thierry Henry
Sur ces 86%, ils sont même encore 83% favorables à une loi étendant cette interdiction aux entreprises privées, 16% y étant opposés.


Les laïcs purs et durs  opposés seraient seulement 12% 
Mais ils continuent de bloquer le débat.
Les manifestations de prosélytisme sur les terrains de sport ne les indisposent pas.
Lien PaSiDupes : FIFA, laïcité et prosélytisme musulman", voile interdit dans les lieux publics, mais prière autorisée dans les stades"   

Sondage réalisé par internet auprès d'un échantillon représentatif de la population française de 1164 personnes les 21 et 22 mars 2013, méthode des quotas.