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dimanche 10 mai 2015

Ecoutes sur Nicolas Sarkozy: Guaino et Morano ne ménagent pas les juges

La liberté d'expression, c'est pouvoir dire que le politique dirige le judiciaire

La validation des écoutes téléphoniques sur Nicolas Sarkozy est la preuve d'un acharnement judiciaire et politique au prétexte de l'affaire Bettencourt.
 
Taubira tient ses juges en laisse
Les juges n'ont pas besoin de preuves pour mettre en garde à vue puis en examen: dans le cas de la droite et notamment de Nicolas Sarkozy, il suffit de simples soupçons de corruption d'un haut magistrat. C'est aussi bien ce magistrat qui sollicite l'entremise de Nicolas Sarkozy et peu importe qu'il n'obtienne pas le poste convoité à Monaco. Le juge obtient après coup la validation des écoutes téléphoniques illégales et peut resserrer l'étau de la Place Vendôme.
Si vous demandez au moteur de recherche Google de vous fournir des informations sur l'acharnement politique et judiciaire, il vous sort Sarkozy. Des fidèles de caractère de l'ancien chef de l'Etat ont réagi, montrant leur pugnacité pour sa défense. Ainsi, jeudi Nadine Morano a-t-elle dit haut et fort ce d'autres n'osent clamer. Vendredi, c'est le député UMP Henri Guaino qui est passé à l'offensive.

L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée a souhaité une réforme de la justice qui serait soumise par référendum. 

"
Je ne trouve pas anormal que des juges aient les moyens de placer des gens sous écoutes, mais encore faut-il, lorsqu’on leur donne ce pouvoir, qu’ils l’utilisent avec retenue et responsabilité, et je trouve que ce n’est pas ce qui a été fait dans cette affaire". 
Le député UMP s’est également déclaré "toujours étonné de retrouver ces écoutes dans la presse (...) D’où cela vient-il ? De ceux qui écoutent ? des services administratifs ? du gouvernement ? de la justice ?". " Pour l’instant, Nicolas Sarkozy n’est pas condamné à quoi que ce soit », a-t-il rappelé.
"Le secret professionnel est mort," a-t-il ensuite déploré, à propos de la validation des écoutes des conversations téléphoniques entre Nicolas Sarkozy et son avocat signifie. "Je ne vais pas reprendre la longue litanie des critiques que j’adresse au fonctionnement de la justice" 
Il a aussi répété qu'il est favorable à la suppression du syndicalisme dans la magistrature. Les justiciables n'ont que trop souffert de la liberté partisane des juges d'interpréter la loi de la République en fonction de leurs options idéologiques.  

"D’où cela vient-il ?", s’interroge Guaino

"Il y a parfois une ivresse de la surpuissance, une forme d’irresponsabilité de la part de certains juges", a-t-il estimé en critiquant aussi « la multiplication des gardes à vue ". "Il faudrait réformer tout ça pour instaurer des principes de responsabilité et soumettre cette réforme aux Français", a-t-il dit sur RTL.

Jeudi, Nadine Morano a apporté sa réponse:





La chambre d’instruction de la Cour d’Appel a validé jeudi les écoutes téléphoniques qui ont entraîné la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour corruption et trafic d’influence: l'intention d'infâmie est caractérisée. 
Nicolas Sarkozy s’est pourvu en cassation immédiatement.

samedi 13 décembre 2014

La CGT, hostile à son propre patron, Thierry Lepaon

Le secrétaire général de la CGT est sur un siège éjectable

La section la plus importante de la CGT 
a adressé un premier ultimatum à Thierry Lepaon.
  
Thierry Lepaon, physionomie
de totalitaire soviétique
Avec celle de la Santé, la Fédération des services publics s'est prononcée pour sa démission "dans les plus brefs délais". Avec 80.000 adhérents, sa volonté retentit comme une mise à prix de sa tête. 
Le bras syndical du PCF (Parti communiste) va avoir du mal à s'incruster après les révélations du Canard enchaîné qui publiait en octobre dernier le coût des travaux dans son domicile de fonction et dans son bureau: 167.000 euros. 
Et ce n'est pas tout. Il se serait aussi attribué 31.000€ d'indemnités pour son départ de la CGT de Basse Normandie, sa région d'origine. 


Le départ de Lepaon est inéluctable.

"La meilleure solution pour rassembler la CGT est la démission de Thierry de son mandat de secrétaire général dans les plus brefs délais", estime la fédération des Services publics. 
Dans un texte voté jeudi, sa direction a estimé que "compte tenu des responsabilités de la tête de la CGT et de l'incapacité dans laquelle il se trouve d'assumer ses missions de secrétaire général, le départ de Thierry Lepaon "est inéluctable".

Le secrétaire général de la CGT devrait être fixé sur son sort le 13 janvier prochain, sur vote du parlement de la CGT, seul habilité à destituer le numéro un.
Une fois le départ de Thierry Lepaon acté, la fédération estime qu'il faudra mettre en place "de manière transitoire une forme de direction collégiale" à la tête de la centrale. A chacun son triumvirat... 


jeudi 1 mai 2014

Syndicats: moins d'un Français sur trois leur fait confiance

32% des Français font confiance aux syndicats

Seuls 2% d'entre eux font "tout à fait confiance aux organisations syndicales"
Seulement 30% des sondés disent leur faire "plutôt confiance", selon un sondage Ifop pour Atlantico.fr publié jeudi, jour de la Fête du Travail.

Près de sept Français sur dix (68%) expriment même leur défiance
27% n'ont "pas du tout confiance", 41% "plutôt pas".

Les femmes sont plus nombreuses  que les hommes à accorder leur confiance aux organisations syndicales (37% contre 28%).

Les salariés du secteur public sont plus nombreux à faire confiance aux syndicats 

Sur 38% qui les considèrent encore, ceux du secteur privé ne sont que 33% contre 47%.
En octobre 2010, au moment de la mobilisation contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy, 53% des Français misaient encore sur les syndicats.

Ce sondage a été réalisé en ligne auprès d'un échantillon représentatif de 943 personnes (méthodes des quotas) du 28 au 30 avril.

1er mai de la discorde: ce n'est encore pas le changement !

CFDT, d'un côté, CGT et FO, de l'autre

Les organisations syndicales continuent de se déchirer sous Hollande
Esprit syndical français
La Journée internationale de solidarité des travailleurs, le 1er-Mai, n'est certes plus, depuis plusieurs années,  marquée par des manifestations en rangs dispersés. Mais le quinquennat de Hollande n'a fait qu'accentuer les divisions syndicales, comme les tensions dans la population. La CGT et la CFDT ont célébré, comme en 2013, le 1er- Mai séparément.

La nouveauté 2014 est le rapprochement circonstanciel entre la CGT et FO. Sœurs ennemies du syndicalisme – Force ouvrière est née, en 1948, d'une scission de la CGT –, les deux centrales ont livré bataille ensemble, en 2013, contre l'accord sur la flexibilité de l'emploi, d'ailleurs signé notamment par la CFDT, et la réforme des retraites, mais leur mobilisation a eu un faible écho. Elles ont pourtant recommencé cette année en manifestant ensemble le 18 mars contre le pacte de responsabilité proposé par François Hollande.  
La CGT et FO vont pourtant s'afficher – partiellement – ensemble. Traditionnellement, FO célèbre le 1er-Mai en se rendant devant le mur des Fédérés, au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Cette année, elle sera accompagnée par des militants de la CGT. Et l'union départementale FO de Paris et d'Ile-de-France ont décidé de se joindre – une première – au défilé parisien organisé par la CGT, entre Bastille et Nation, avec la FSU et Solidaires. Mais Jean-Claude Mailly ne défilera pas aux côtés de Thierry Lepaon, son homologue de la CGT. Le secrétaire général de Force ouvrière tiendra un meeting à Lyon.

Deux types de syndicalisme

L'aggravation des dissensions entre la CGT et la CFDT – hier sur la flexibilité de l'emploi et les retraites, aujourd'hui sur le pacte de responsabilité – n'a jamais empêché Lepaon d'appeler à l'unité avec son ex-alliée. Sa main tendue s'est heurtée à une fin de non-recevoir de Laurent Berger. "Nous n'avons pas d'objectifs communs à partager", a lancé le secrétaire général de la CFDT, le 18 avril, devant la presse. "Nous essayons de franchir l'obstacle, d'autres reculent", avait-il ajouté, en mettant en avant "deux types de syndicalisme ".

La stratégie de Lepaon, treize mois après son élection à la tête de la CGT, est celle des deux fers au feu consistant à saisir toutes les occasions de manifester avec FO et, en même temps, à rechercher (en vain) les voies de rapprochement avec la CFDT. Cette stratégie de "reconnexion syndicale", selon sa formule, est contestée au sein de la CGT. Lors du dernier comité confédéral national, en février, sa ligne a été chahutée. Alors que la légitimité du successeur – par défaut – de Bernard Thibault est loin d'être assurée, Lepaon doit faire face à une montée des dissensions internes. Le 12 avril, la CGT a refusé de participer à la "marche contre l'austérité", organisée par le Front de gauche, mais d'importantes fédérations (finances, fonction publique, services publics, Livre, chimie…) s'y sont associées.

Il y a un an, juste élu, Lepaon avait adressé une "lettre ouverte" à Hollande, soulignant "le décalage immense entre les attentes des salariés et les réponses politiques apportées". Réclamant une "rupture avec les politiques d'austérité", il invitait le chef de l'Etat à changer de cap. Depuis lors,  Lepaon semble répondre à sa crise interne par un durcissement continu du ton à l'égard du pouvoir, sans modifier l'image que la CGT offre à l'extérieur, celle d'une centrale sans boussole.

Tête-à-tête

Après l'annonce du plan d'économies de Manuel Valls,  Lepaon a fait part de sa "colère", en pronostiquant que « les manifestations en préparation laissententendre qu'il y aura un grand 1er-Mai d'expression populaire sur les préoccupations des salariés ». La CGT annonce près de 300 défilés.

A un mois de son congrès, du 2 au 6 juin à Marseille, la CFDT peine à souder un "bloc" réformiste avec la CFTC, la CFE-CGC – qui fait de plus en plus bande à part – et l'UNSA. En 2013, elle avait fêté le 1er- Mai avec la CFTC et l'UNSA à Cormontreuil, près de Reims (Marne). Cette année, elle sera en tête-à-tête avec l'UNSA pour un rassemblement à la Rotonde de La Villette, à Paris, destiné à mobiliser sur les élections européennes. Intitulé "Europe, emploi, progrès social", il devrait accueillir des syndicalistes espagnols et britanniques.

La CFDT soutient le pacte de responsabilité, mais critique le plan Valls. Le 28 avril, parce qu'elle est politiquement proche du PS, elle a eu le sentiment d'avoir été "entendue sur les retraites et le plan pauvreté". Mais elle juge " inacceptable" le gel du point d'indice des fonctionnaires. 
Le 15 mai, tous les syndicats de fonctionnaires seront dans la rue.

mercredi 20 février 2013

Le PDG de Titan dit leurs quatre vérités aux syndicats

Titan, le repreneur de Goodyear courtisé par Montebourg, tacle les acquis sociaux français

Montebourg trouvait Titan à sa convenance

Titan a repris une partie des activités du producteur de pneumatiques dans le monde, mais en septembre 2012 a dû renoncer à reprendre le site français d'Amiens-Nord, qui compte près de 1.200 salariés, faute d'accord avec la CGT sur un plan de départs volontaires. Le ministre du Redressement productif avait pourtant clamé sur RTL que l'Etat français était prêt à reprendre le dialogue avec le groupe américain. Nono Montebourg avait même fait des grâces à la CGT,  jugeant "constructives" les dernières déclarations de son secrétaire général, Bernard Thibault. Mais Montebourg, ce fin négociateur consensuel, s'est couché pour rien devant Titan en début d'année et a finalement dû avouer son échec le 12 février dernier: le repreneur américain présenti avait décidé de ne pas reprendre les négociations sur l'avenir du site.

Le PDG de Titan International fustige maintenant les "soi-disant ouvriers" français
Bien que menacés de licenciement,  les salariés du syndicat dominant de l'usine de pneus Goodyear d'Amiens-Nord cristallisent les remontrances  du repreneur dans une lettre adressée au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg publiée mercredi par Les Echos.
"J'ai visité cette usine plusieurs fois", écrit Maurice M.Taylor Junior dans cette lettre en anglais datée du 8 février. "Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures."
"Je l'ai dit en face aux syndicalistes français. Ils m'ont répondu que c'est comme ça en France", révèle-t-il.
Dans sa lettre, le PDG de Titan fait référence à un courrier envoyé par le ministre du Redressement productif le 31 janvier dans lequel Arnaud Montebourg l'a prié d'entamer de nouvelles discussions.
"Monsieur, votre lettre fait état du fait que vous voulez que Titan démarre une discussion", écrit-il. "Vous pensez que nous sommes si stupides que ça ? Titan a l'argent et le savoir-faire pour produire des pneus. Qu'a le syndicat fou ? Il a le gouvernement français."
"Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins d'un euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin", ajoute-t-il, visiblement irrité. "Vous pouvez garder les soi-disant ouvriers. Titan n'est pas intéressé par l'usine d'Amiens-Nord."

Les dommages collatéraux du matérialisme dialectique

En annonçant le 31 janvier la fermeture de son site d'Amiens-Nord, la direction de Goodyear a assuré que c'était "la seule option possible après cinq années de négociations infructueuses."


Mickaël Wamen (CGT): Maurice Taylor (repreneur Titan),
"plus proche de l'asile psychiatrique que 
de pouvoir tenir les rênes d'une multinationale"
Invité sur Europe 1 mercredi matin, le délégué CGT de Goodyear à Amiens-Nord, Mickaël Wamen, a dénoncé une "lettre insultante", tout en confirmant le comportement syndical.

L'auto-critique n'est pas le fort du syndicat extrémiste
"Elle [cette lettre] nous conforte dans le fait que nous avons eu raison d'agir ainsi", a-t-il estimé, avant de s'en prendre au repreneur tant espéré.  "M. Taylor fait aujourd'hui état d'une usine qu'il vantait dans des entretiens il y a quelques semaines."
"Titan a du mal à percer en Europe. Ce n'est pas avec des propos comme il a tenu aujourd'hui qu'il pourra percer en Europe", a-t-il accusé, inconscient du fait que la CGT n'a pas les moyens de camper sur des positions aussi radicales et suicidaires.

Autre signal répulsif en direction d'un autre repreneur
Lors d'une manifestation le 12 février dernier devant le siège de Goodyear près de Paris, Mickaël Wamen avait annoncé son intention de faire condamner Titan pour avoir "soutenu un projet qui n'existait pas"  et pour être responsable du co-projet de fermeture du site, selon lui.

Le prochain comité central d'entreprise se tiendra le 7 mars au siège du groupe à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). La CGT a appelé les salariés du groupe à manifester ce jour-là.

La CGT a effacé des cartes d'adhérents ses emblèmes, la faucille et le marteau, mais a conservé les méthodes du marxisme révolutionnaire.

mercredi 2 mai 2012

1er mai de Hollande: passé et réhabilitation

Bérégovoy, aux antipodes de Hollande 


Mythe et réalité



Contre-vérité, amalgame et conflits d'intérêts hollandiens:
Mendès-France doit se retourner dans sa tombe



Le candidat socialiste a salué la mémoire de Pierre Bérégovoy, à J-5 du second tour et à la veille du débat télévisé entre les deux finalistes.

Fils de notable rouennais, François Hollande  a rendu hjommage mardi à Nevers tous ceux qui "humblement défendent les travailleurs", redorant  la figure  ternie mais recyclée de Pierre Bérégovoy, "un syndicaliste, un ouvrier", devenu Premier ministre.

Le sens de l'honneur...
Le fils de médecin de droite évoqua le passé militant de ce fils d'exilé russe blanc opposé aux bolcheviks   "un syndicaliste, un ouvrier, un homme d'Etat, un grand serviteur de la République", en ce jour anniversaire de sa mort suspecte, le 1er mai 1993, sur la berge du canal de la Jonction.
En 2002, bien que la hiérarchie déclare officiellement ne pas la tenir pour crédible, le quotidien Le Parisien fait état d'une note interne des Renseignements généraux concluant à l'assassinat.  L'actuel président du Conseil régional socialiste de PACA, Michel Vauzelle, était alors Garde des Sceaux, ministre de la Justice. 

L'ex-premier secrétaire du PS est un inconnu des syndicats 
Mal à l'aise et distant des syndicats, il fallait donc au candidat leur passer de la pommade,  étendant l' "hommage à tous les syndicalistes de France, celles et ceux qui, humblement, modestement, défendent les travailleurs" et qui "ont le plus beau des mandats: éviter au plus faible le licenciement, donner de la dignité à ces travailleuses, à ces travailleurs qui, rivés à leur machine, demandent à être défendus, protégés".

Auparavant, à la mi-journée, le candidat, devant le cimetière où repose  Bérégovoy, avait été accueilli par des militants l'encourageant ("Tu vas le mettre dans les cordes, Sarko!", "On y croit!"), dans une belle cohue de perches et de micros.

Un hommage prétexte à polémique
F. Hollande a transformé cet hommage en meeting, fustigeant son rival de l'UMP dans un discours en plein air devant le Palais ducal de Nevers, soulignant qu'en tant que fête du travail, le 1er mai serait "la fête des syndicalistes". Selon lui, propriété de la gauche, elle ne saurait être associé "à une bataille contre le syndicalisme".
A propos de la "valeur travail", au coeur du rassemblement parisien de l'UMP, il s'est opposé au "candidat sortant" avec un leitmotiv, plusieurs fois répétés: "Qui défend la valeur travail et qui l'abîme ?" Il n'a donc pas la réponse ! Et pourvu qu'il ne nous l'apporte pas le 7 mai prochain...
Alors que Nicolas Sarkozy allait prendre la parole au Trocadéro,  Hollande a infligé une double peine à Bérégovoy, avec la complicité  de la presse accréditée.
 "Je voulais rappeler ce qu'est la fête du travail, qui ne doit pas être une discorde, une désunion, une division mais au contraire le rassemblement; c'est ce qui me distingue du candidat sortant. Il divise, je rassemble", a estimé le rival socialiste.

Le candidat se retourna sur son passé

Un petit mois durant, F. Hollande a été fugitivement conseiller à l'Elysée, alors que P. Bérégovoy en était secrétaire général (1981-82) sous François Mitterrand.
Il a salué celui qui "lutta contre l'inflation", "modernisa notre pays". Il devint "l'homme qui savait gérer, l'homme qui savait ce qu'était la valeur de la monnaie" en tant qu'ancien "syndicaliste" et "ouvrier".

F. Hollande occulta les dévaluations

Bérégovoy (ici dans l'ombre de François Mitterrand)  fut en vérité confronté à la persistance des difficultés économiques et au mécontentement de la gauche, qui vit en lui le symbole  du ralliement des socialistes au libéralisme économique.

Trois dévaluations socialistes

En 1981, l’arrivée au pouvoir de la gauche fut marquée par de massives sorties de capitaux.


- Le 4 octobre 1981, quelques mois après l'entrée en fonctions du nouveau président de la République, le gouvernement dévalue le franc de 3% par rapport au mark allemand. Le ministre de l’Économie et des Finances est Jacques Delors (PS), père de Martine Brochen-Aubry.
- Le 12 juin 1982, nouvelle dévaluation du franc de 5,75%, avec Pierre Mauroy et Jacques Delors aux Finances.  

- Le 21 mars 1983 correspond  à la dernière des trois dévaluations. Elle annonce le plan de rigueur (" tournant de la rigueur "), le 6 avril, par les mêmes. Alors que l'inflation augmente, que le déficit budgétaire se creuse, que le franc vient de subir une nouvelle dévaluation de 2,5\% et alors même que le Deutsch Mark a été réévalué de 4,5\%, plusieurs mesures drastiques furent prises, par exemple un prélèvement de 1% sur les revenus imposables. 
C'est autre chose que l'abaissement du Triple AAA par Moody's !    

Le menteur fustigea le "mensonge, le dénigrement toujours présents dans le débat public", en allusion à l'affaire au centre de laquelle se trouvait l'ex Premier ministre à propos de l'achat d'un appartement à Paris, grâce à un prêt à 0% d'un million de francs, passé devant notaire et consenti par le richissime homme d'affaires Roger-Patrice Pelat,  ami personnel de François Mitterrand, pour l'achat d'un appartement de cent mètres carrés dans le XVIe arrondissement, mais aussi de nombreuses libéralités accordées à la famille Bérégovoy.

Deux hommes de gauche en bleu de chauffe,
Roger Patrice Pelat et François Mitterrand
(Affaire Vibrachoc, Prêt Bérégovoy, Affaire CBC…)

Et Pierre Bérégovoy est en outre bien vite rattrapé par l'affaire
Samir Traboulsi, un financier libanais, ami de la famille qui, depuis 1989, se débat avec la justice dans l'affaire Pechiney-Triangle, un délit d'initié qui semblait mettre en cause également les milieux politiques.


Cet obscur serviteur de la mitterrandie a-t-il été assassiné dans cette ville quelques semaines après avoir quitté Matignon et la défaite cuisante de la gauche aux législatives ?
L'enquête de police a conclu à un suicide.

D'autres suicides émaillèrent les présidences de François Mitterrand 
François de Grossouvre, conseiller du président F. Mitterrand pour les problèmes de sécurité et les dossiers sensibles, notamment ceux liés au Liban, à la Syrie, à la Tunisie, au Maroc, au Gabon, aux pays du Golfe, au Pakistan et aux deux Corée, est un descendant de maîtres de forges et de banquiers qui fut lui-même  proche des milieux de l'Action française et se suicida à l'Elysée. Malgré une garde rapprochée, le 7 avril 1994, son garde du corps du GIGN, le retrouva mort, d'une balle dans la tête, dans son bureau du palais de l'Élysée, situé au premier étage de l'aile Ouest. Sa famille conteste la thèse du suicide.



Grossouvre ne fut pas le deuxième et dernier mort de Mitterrand


Le capitaine Pierre-Yves Guézou est retrouvé pendu à son domicile en 1994 à la suite de l'affaire des écoutes de l’Élysée, dont François Mitterand a été reconnu comme instigateur principal. Il avait été mis en examen 4 jours auparavant et, en tant que décrypteur des écoutes, il avait connaissance de toutes ces dernières et aurait été tenu d'en informer le tribunal.

Hollande dans l'ombre de "Tonton" Mitterrand 
Sous un beau soleil, devant une petite foule, François Hollande avait pris la parole devant le Palais Ducal, là où François Mitterrand avait le 4 mai 1993, après l'enterrement de Bérégovoy, lancé son anathème contre la presse, affirmant que "toutes les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie".
 
Il déposa  ensuite une gerbe et observa une minute de silence sur la tombe de  Bérégovoy, accompagné notamment des députés PS Michel Sapin, Daniel Vaillant et Christian Paul. La fille de Bérégovoy, Catherine, ainsi que deux de ses petites-filles étaient présentes, tout comme sa soeur.
En fait, F. Hollande flatta les Verts
Le frère de Pierre, Michel Bérégovoy, qui est un ancien député socialiste de Seine-Maritime, est vice-président du Conseil général de Seine-Maritime. Le fils de ce dernier, Jean-Michel Bérégovoy, est un élu Verts au Conseil municipal de Rouen (PS), depuis les dernières élections, et l'épouse de Jean-Michel, Véronique Bérégovoy, est présidente du groupe Verts au Conseil régional de Haute-Normandie.
Dans cette journée pleine de symboles, Hollande  rappela aussi  que la Nièvre était la terre d'élection de François Mitterrand, et que c'est non loin de Nevers, depuis l'hôtel de ville de Château-Chinon, qu'il avait annoncé sa victoire en mai 1981.

L'invocation des morts ne peut habituellement faire de mal, mais ce pélerinage sur la tombe d'un suicidé n'augure rien de bon...

dimanche 3 juillet 2011

Grande Bretagne: les fonctionnaires combattent aussi la réforme des retraites par la grève


Les privilégiés opposent le bloquage au dialogue

Des centaines de milliers d'enseignants et de fonctionnaires ont entamé un mouvement de grève jeudi, en Grande-Bretagne

Ils protestent contre la réforme des retraites dans le secteur public
La grève s'annonce comme le défi le plus important lancé jusqu'ici au programme d'austérité de la coalition gouvernementale, Parti conservateur-Libéraux-démocrates.

Jeudi 30 juin, des milliers d'établissements scolaires sont en effet restés fermés faute de professeurs. Les voyageurs devaient s'attendre à des retards dans les aéroports, les services d'immigration se joignant à un mouvement qui pourrait mobiliser jusqu'à 750.000 personnes. Les services de la justice et de l'administration gouvernementale étaient également affectés.

Le Premier ministre, David Cameron, a qualifié ces grèves d'irresponsables
Il rappelle que les négociations entre les syndicats et les pouvoirs publics n'étaient pas encore achevées.
Francis Maude, ministre du Cabinet Office (services du Premier ministre), a rencontré les organisations syndicales lundi et une nouvelle réunion est prévue la semaine prochaine.
"Il est absolument injustifiable que des parents dans tout le pays subissent un tel désagrément, qu'ils soient obligés de perdre une journée de travail alors qu'ils travaillent pour gagner de l'argent et payer des impôts qui serviront à financer les retraites des enseignants", a-t-il déclaré à la BBC.

La France devient un modèle européen
En France, les syndicats ont mobilisé contre l'action du gouvernement Fillon, bien que les Français disposent d'un des âges de départ à la retraite les plus bas du monde, à 62 ans: l'âge légal est de 65 ans en Espagne et de 68 ans au Danemark mais doit passer de 62 ans en 2007 à 67 ans prochainement en Allemagne.
François Baroin annonça en mars 2011 que la France atteindra néanmoins tous ses objectifs budgétaires. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le ministre du Budget affirmait que pour 2010, « nous sommes assurés que le déficit sera inférieur à 7,7 % du PIB. Cela signifie que nous atteindrons bel et bien 6% en 2011, voire mieux », ajouta le ministre.

Au Royaume-Uni, la réforme de Gordon Brown ne suffit pas
Le travailliste (juin 2007-mai 2010) a fait voter en 2007 une réforme qui prévoit d'augmenter l'âge de départ à la retraite à 68 ans en ...2046.
Les employés du secteur public de Grande-Bretagne sont déjà touchés par un gel des salaires et plus de 300.000 suppressions d'emplois, la coalition à dominante conservatrice s'étant donné pour objectif de supprimer presque en totalité d'ici à 2015 un déficit budgétaire qui a dépassé 10% de PIB.

Ils s'opposent à l'ajustement prévu par la réforme travailliste de 2007 et à ce que leurs syndiqués travaillent plus longtemps et cotisent davantage pour leurs vieux jours. Le gouvernement Cameron envisage en effet de porter l'âge légal de la retraite à 66 ans en 2020 et non plus en 2024 comme l’avait prévu l’ancien Premier ministre travailliste Gordon Brown, mais dès 2016.
Elle est actuellement fixée à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes. Mais le système de retraite par capitalisation y est historiquement dominant depuis un siècle, l'essentiel du fardeau des retraites reposant sur les épaules des salariés et des employeurs du secteur privé, via des assurances-privées

Ce sont donc les syndicats britanniques privilégiés de la fonction publique qui refusent de contribuer au financement des retraites.
Le gouvernement et l'opposition travailliste ont tous deux condamné les grèves en les déclarant prématurées du fait que des pourparlers sont en cours entre syndicats et ministres.

Les syndicats de fonctionnaires maintiendront-ils la pression ?


Préparatifs dans les locaux londoniens du syndicat University and College Union (UCU)

Les arrêts de travail de jeudi pourraient n'être qu'un avant-goût des événements à venir cette année si ces pourparlers ne permettent pas de combler le fossé entre les deux parties.
"Je comprends pourquoi ils appellent à la grève, mais je crois qu'ils feraient bien de s'éveiller aux réalités", déclare Phil Stanley, 47 ans, ingénieur à Bishop's Stortford, au nord de Londres. "On n'a pas augmenté mon salaire depuis trois ans, alors ils manquent un peu de réalisme."

Les grèves constituent un test pour la coalition
Arrivée au pouvoir en mai 2010 avec les Libéraux-démocrates de Nick Clegg, elle a pour mission prioritaire d'assainir les finances publiques.

Les mesures de réduction du déficit public
Le gouvernement a donc annoncé des réductions de dépenses totalisant 81 milliards de livres d'ici à 2015 et tout signe de recul sur les retraites serait mal perçu par les marchés financiers.

La première coalition au pouvoir en Grande-Bretagne depuis 65 ans a connu des débuts difficiles
Il a fait marche arrière sur des projets de réorganisation du système de santé publique (NHS) sous la pression du lobby médical et des libéraux démocrates, partenaires des conservateurs au gouvernement.

Le gouvernement a aussi renoncé à autoriser des détenus à purger des peines plus courtes à la suite d'un tollé médiatique.

"Cela pourrait être le début d'une assez longue série de grèves", estime Alastair Newton, analyste politique au bureau d'études Nomura. "Je crois que le gouvernement est vraiment sous pression pour qu'il reste ferme, cela se verra dans la presse."

Mais les organisations syndicales britanniques sont décrédibilisés
Ils ont en grande partie perdu leur puissance depuis les batailles remportées dans les années 1980 par le gouvernement de Margaret Thatcher contre les syndicats des mines ou du livre, épreuves qui ont transformé le monde du travail dans le pays.

Certains représentants de la droite du parti préconisent un durcissement législatif pour limiter les grèves. Les syndicats font valoir que les règles en vigueur sur ce plan sont déjà très restrictives.

samedi 2 mai 2009

Les syndicats de dialogue ont-ils peur des partis révolutionnaires ?

La CGT épingle les partis "simili-syndicats"Ce serait le moment pour le magazine Marianne de faire à nouveau campagne sur le thème de la peur: il serait plus crédible... Bernard Thibault n'a pas attendu un éclair de lucidité de la part de la presse. A la veille de la Fête du Travail, le secrétaire général de la CGT n'a pas fait sien le slogan "Travailler plus pour gagner plus", non!
Le jeudi 30 avril, Nanard Thibault a déploré que certains partis, sans les nommer, se prennent "pour des simili-syndicats" et "entretiennent une vision archaïque du parti-guide". Ne pas les nommer serait-il un aveu de peur?

Le torchon rouge brûle à gauche?

Les actions sociales sont la chasse gardée des syndicats

"Parmi les partis de gauche, il y a ceux qui reconnaissent le rôle spécifique des syndicats et le respectent. Et ceux qui entretiennent cette vision archaïque du parti-guide", accuse M. Thibault dans "Libération". Ils "voudraient prétendre par leur présence ou leurs déclarations dicter aux salariés ce qu'ils devraient faire".
"Quand des partis veulent penser à la place de l'intersyndicale et nous dire ce que nous devrions faire, ils se trompent de mission", prévient le leader syndicaliste. "Qu'ils réfléchissent à l'évolution de la société, aux conditions dans lesquelles ils prétendent un jour parvenir au pouvoir plutôt que de se prendre pour des simili-syndicats".

Le secrétaire général de la CGT a avancé d'autre part que la manifestation intersyndicale du 1er Mai "sera historique". "Il n'y a pas de précédent à un appel de l'ensemble des syndicats".

"Cela se traduit par un nombre record de manifestations: 283". Un remarquable tableau de chasse qui sidère les pays voisins... "C'est deux fois plus qu'au 1er Mai de l'an dernier, et plus que le 19 mars, où trois millions de personnes sont descendues dans la rue", précisait-il.

A la bonne heure: Nanard ne se trompe pas de cible...

Interrogé sur les séquestrations de patrons, il a voulu croire que "les salariés ne sont pas idiots: ils essaient d'éviter les formes d'action qui pourraient desservir leur cause. Mais "si les salariés ont recours à des formes d'action plus spectaculaires, médiatisables, c'est aussi la conséquence de déclarations comme celles qu'avait faites le chef de l'Etat, disant que les grèves et les manifestations, cela ne se voyait pas".
Et alors, les grèves se voient donc ?
Le 1er Mai est tellement passé inaperçu que Monsieur Trois-millions, JC Mailly, ne moufte plus, et que, pour se faire remarquer (et apprécier?), les camarades de GrDF ont confisqué le gaz aux Parisiens... (LIRE PaSiDupes)

samedi 21 mars 2009

Le Che-Besansenot fait l’unanimité contre lui

Chérèque met le trotskiste au pilori
Les conflits sociaux, chasses gardées des syndicats

Le secrétaire général de la CFDT a invité les responsables politiques à ne pas piétiner les plates-bandes de syndicats
Dimanche 15 mars, François Chérèque, a invité ses camarades des marches unitaires, interprofessionnelles et tutti quanti des 29 janvier et du 19 mars, à ne pas se prendre pour "des super délégués syndicaux", estimant par ailleurs que la présence des vautours du NPA du Che-Besancenot autour des entreprises en difficulté "fait un peu rapace".

Prenant l'exemple du conflit dans l'usine GlaxoSmithKline d'Evreux (Eure), François Chérèque a opposé "le travail énorme" des délégués syndicaux, par opposition aux "visées politiques" qui, selon lui, animent les militants politiques qui s'y sont rendus.
"Je suis allé à cette entreprise, GSK. A l'entrée de l'entreprise, deux militants NPA qui font le tour des entreprises en difficultés. Ça fait un peu rapace, c'est-à-dire qu'on attend la misère pour agir", a déclaré le secrétaire général de la CFDT lors du "Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro". "Nous, on agit au quotidien. Eux, quand ils partent, nous on est encore dans les entreprises. C'est nous qui faisons le travail pour essayer de trouver des solutions (...) Notre objectif, ce ne sont pas des visées politiques".

Le Che-Besancenot, importateur de produits révolutionnaires ultra-marins

Interrogé sur les déclarations d'Olivier Besancenot dans "Le Journal du dimanche" estimant qu'il fallait "s'inspirer de la Guadeloupe" pour résoudre les conflits sociaux en métropole, François Chérèque a évoqué une forme de "mépris" de la part du leader du NPA.

Le Che-Besancenot est-il un révisionniste ?
"Comparer ce qui se passe en métropole et comparer ce qui s'est passé en Guadeloupe, je crois que c'est une forme de mépris, qu'il peut y avoir aussi vis-à-vis de la Guadeloupe", a-t-il affirmé, soulignant que les racines du conflit en Guadeloupe dataient "de deux siècles, trois siècles". "Dire qu'en métropole c'est pareil, c'est nier ce qui s'est passé en Guadeloupe, c'est nier les problèmes de Guadeloupe, c'est avoir du mépris vis-à-vis des Guadeloupéens".

La co-gestion, c’est fini !
"Plutôt qu'aller dire aux salariés -comme l'a fait parfois le président de la République- 'je reviendrai dans six mois et vous garderez votre emploi', et que ça soit nous qui gérons après les déceptions.


Chérèque se mêlerait-il de politique ?
L'hyperactif responsable syndical omniprésent cherche-t-il à confiner le Président de la République dans l'Elysée ? Vers un quatrième pouvoir, syndical ?
Allez, Chérèque président !