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dimanche 15 décembre 2019

660 médecins hospitaliers menacent de démissionner

En refusant le dialogue social, la ministre Buzyn les pousse à bout

Ils sont chefs de service, responsables d'unités ou médecins hospitaliers...




Si la ministre de la Santé, Agnès Buzyn n'ouvre pas de "réelles négociations", quelque 660 médecins de l'hôpital public menacent de démissionner, menacent-ils dans une tribune parue dimanche 15 décembre dans le Journal du dimanche (JDD), alors que les médecins généralistes se mobilisent. 
"Afin de crier leur désespoir, des chefs de service, responsables d'unités de soins et médecins participant à la gestion des hôpitaux, nommés ou élus, ne demandant rien pour eux-mêmes, s'engagent à démissionner si la ministre n'ouvre pas de réelles négociations pour desserrer la contrainte imposée à l'hôpital public", écrivent-ils dans la tribune.
"Les médecins hospitaliers ont eu beau sonner l'alarme, la rigueur est devenue austérité, puis l'austérité, pénurie", écrivent les signataires du texte, venus de "toutes spécialités, de tous hôpitaux, de toutes régions" et membres du collectif Inter-hôpitaux qui appelle à la mobilisation mardi prochain.

"Comment forcer le gouvernement à ouvrir un Grenelle de l'hôpital public avec un vrai plan financé répondant aux besoins ?"

Pour les signataires, les mesures annoncées en novembre par le gouvernement pour répondre à la crise dans l'hôpital public ne répondent pas aux besoins des établissements. Par exemple, ces mesures "se résument, pour 2020, à moins de 300 millions supplémentaires, alors que de l'avis général, il manque 1,3 milliard d'euros pour répondre à la seule augmentation des charges".

Si Buzyn a confirmé au début du mois de décembre le déblocage "immédiat" de 415 millions d'euros, issus de la réserve du budget de l'Assurance maladie, les médecins signataires ne croient plus en leur ministre de tutelle. "La ministre actuelle ne manque pas de témoigner sa compassion, mais le vrai ministère de la Santé est à Bercy, écrivent-ils. L'hôpital se meurt, et la ministre ne lui administre que des soins palliatifs."

"Lorsque nous serons 1.000, concluent-ils, nous adresserons notre lettre à la ministre pour lui enjoindre d'ouvrir les négociations avec le collectif Inter-Hôpitaux (CIH)... ou de nous rejoindre."

Après neuf mois de crise à l'hôpital public, médecins, soignants ou encore internes sont de nouveau appelés à se mobiliser partout en France mardi, par des collectifs Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences rejoints par des organisations de praticiens et les syndicats CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, SUD, UNSA.

mardi 10 décembre 2019

Djebbari se fait clouer le bec par un gréviste

Le secrétaire d'Etat aux Transports ne fait pas le poids

Le gouvernement a été interpellé par des grévistes en gare du Nord à Paris 

Djebbari  était allé au contact pour une opération de com' tendant à prouver que le pouvoir est ouvert au dialogue. Sous les caméras qui s'étaient rendues à la convocation, le secrétaire d'Etat aux Transports comptait faire le point sur la situation et dire la "détermination" de Macron à mener la réforme des retraites comme il l'entend et quoi qu'il se passe à travers le pays. La rencontre avec des grévistes était imprévue.
En vérité, elle était tenue secrète, pour qu'il puisse pérorer face à des cadres, notamment ceux qui, à la demande de la direction, ont accepté de prendre la place des grévistes le 5 décembre.
Le petit bonhomme se tient bien droit - d'aucun le jugent raide - pour gagner en stature : il pèse en effet  64 kilos pour 1m72. Il souffre tellement d'être frêle qu'il assure dans Paris Match avoir pratiqué le rugby... A 37 ans, on ne lui connaît ni femme, ni enfant.

Résultat de recherche d'images pour "DJEBBARI GARE DU NORD"
Djebbari, pilote du dimanche
A l'issue de sa visite organisée au centre de contrôle de la gare du Nord, le sous-ministre s'est fait interpeller par une douzaine de grévistes de la SNCF qui l'attendaient de pied ferme. 

"Votre gouvernement doit prendre conscience que les cheminots ne vont pas lâcher. On ne lâchera pas jusqu'au retrait", a lancé un gréviste à l'ancien pilote d'avion d'affaires.

"La clause du grand-père, on ne veut pas l'entendre", a renchéri une cheminote. "C'est la base qui décide", lui a dit un autre gréviste, un probable militant de Sud Rail.
Droit sur ses ergots, le petit coq à la crête tout-à-coup vermillon, lance alors : "C'est aussi les Français", ajoutant que "le gouvernement est aussi déterminé à faire cette réforme". "Je parle avec d'autres syndicats de la SNCF et vous représentez une vision", a-t-il également accusé.

L'un d'entre eux était plus ferme que les autres, comme en atteste cette vidéo de BFMTV. "Il y a eu des 'gilets jaunes' et il y a des travailleurs et c'est la réalité dans ce pays. Vous avez laissé les vrais travailleurs, ceux qui produisent les richesses dans ce pays, vous les avez laissé crever, et ces gens-là en ont ras-le-bol", a invectivé (AFP) expliqué ce salarié, assurant qu'ils "ne vont pas lâcher". "La force des travailleurs, c'est la grève", ont ensuite entonné le reste des militants.

VOIR et ENTENDRE Djebbari battre en retraite, la queue entre les jambes :

Juste avant, le secrétaire d'Etat avait préféré rencontrer des 'Gilets rouges' du centre opérationnel de la gare du Nord, des volontaires qui informent les passagers et gèrent les flux, ainsi que des agents de la police des chemins de fer.

Observez cette attitude familière de Djebbari:
les bras croisés sont-ils un signal d'ouverture ?
"Politiquement le calendrier est posé, puisque c'est mercredi que le premier sinistre donnera l'architecture détaillée de la réforme  - dont le projet a été rendu il y a six mois par Delevoye, le 19 juillet dernier - et notamment son application aux régimes spéciaux. J'espère que cela permettra d'avancer très concrètement vers une reprise du trafic, vers une résolution du conflit", a-t-il déclaré à des journalistes.

Selon les agents de la police des chemins de fer que le ministre a rencontrés, sur le plan de la sécurité, il y a "quelques tensions aux heures de pointe, notamment à l'arrivée des trains. On a eu quelques accidents vendredi, des gens qui se sont faits piétiner". "Bravo, bon courage, nous aussi on travaille pour trouver une solution", leur a lâché Djebbari.
Une opération de com' foirée !

Le système de retraites par points préconisé dans le rapport Delevoye est-il forcément perdant?
VOIR et ENTENDRE l'analyse de Nicolas Doze (BFM):


vendredi 15 novembre 2019

Le gouvernement laisse "dépérir l'hôpital" public, accusent les oppositions

L'exécutif fait l'unanimité contre lui autour du budget de la Santé

Les oppositions, rassemblées au chevet de l'hôpital

Résultat de recherche d'images pour "madone Buzyn"Le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, met en garde : "il faut des moyens en plus, 800 millions à 1 milliard, au moins, mais ça ne suffira pas". 

"Il faut débureaucratiser" le système, car "c'est l'administration qui a pris le pas sur les soignants"; "il faut le décentraliser", a-t-il insisté sur France 2.

Olivier Faure, le patron du PS a dénoncé "un gouvernement qui continue à laisser dépérir l'hôpital" parce qu'il a une "vision comptable et très étriquée", a-t-il observé sur Sud Radio, et il ne "saisit pas l'état dans lequel se trouvent" les hôpitaux publics.

"C'est une société à deux vitesses; il y a ceux qui ont la carte de Sécurité sociale et il y a ceux qui auront la carte bancaire" pour aller se faire soigner dans le privé, a estimé le communiste Fabien Roussel, sur BFMTV.
Selon le secrétaire national du PCF, "il manque 4 milliards d'euros pour notre système de santé publique pour répondre aux besoins de nos concitoyens en matière d'hôpitaux publics, en matière de désert médical et en matière de médicaments".

Accusant pareillement le gouvernement de laisser "dépérir l'hôpital" public qui descend dans la rue jeudi, Marine Le Pen (RN) a sommé la ministre de la Santé Agnès Buzyn d'"exiger un budget" ou de "démissionner".
"A partir du moment où elle [Agnès Buzyn, médecin de profession] vient de l'hôpital, elle ne peut pas ne pas savoir que la situation de l'hôpital est catastrophique. Donc, quand on est ministre dans cette situation-là, soit on exige d'avoir un budget pour arrêter la fermeture des centaines de lits, des dizaines de salles d'opérations, des unités de soins qui ferment chaque semaine, soit on démissionne", a déclaré sur LCI la présidente du Rassemblement national.
"Le pouvoir dans notre pays, hélas, il est bien souvent entre les mains de Bercy", le ministère de l'Economie, duquel émanent "des décisions qui sont budgétaires", a dénoncé M. Le Pen.

Des médecins aux aides-soignantes, des doyens aux étudiants, c'est un hôpital public à bout de souffle qui est appelé à manifester jeudi pour exiger davantage de moyens et d'effectifs, pendant que le gouvernement peaufine un "plan de soutien" très attendu.

Agnès Buzyn a promis un "plan de soutien", mais la ministre de la Santé a déjà échoué par deux fois à sortir de ce conflit: ni la prime mensuelle de 100 euros versée depuis juillet, ni le plan de "refondation" annoncé en septembre n'ont suffi à faire baisser la tension. 
La poudre de perlimpinpin est inopérante.

samedi 31 mars 2018

Forte mobilisation des salariés de Carrefour pour leurs emplois et leur pouvoir d'achat

Les usagers de Carrefour étaient interdits d'approvisionnement, ce samedi de Pâques

Hypermarchés filtrés ou bloqués par des alignements de chariots et des piquets de grève

Un magasin Carrefour de Marseille

Faire ses courses pour le long de Pâques était galère dans certains magasins Carrefour samedi, au vu de la forte mobilisation des salariés, décidés à défendre leurs emplois et leur pouvoir d'achat, au détriment de l'entreprise.
C'est une mobilisation "historique", s'est félicité Michel Enguelz (FO).

Au moins 300 magasins intégrés ont été impactés par le mouvement de grève lancé par FO et la CFDT, et relayé séparément par la CGT, au lendemain d'une mobilisation dans les entrepôts. "Du jamais vu", selon Philippe Allard (CGT). 

La CFDT a recensé 170 hypermarchés (sur 220) mobilisés et 130 supermarchés (sur environ 470), avec un taux de grévistes avoisinant "50%". Sans considération des familles. 
Pour FO, 180 hypermarchés étaient dans le mouvement, dont "entre 40 et 50 fermés ou complètement bloqués". Le premier syndicat du groupe se targue de la fermeture de 80 magasins de proximité, au détriment des personnes âgées ou malades.
 
Le groupe Carrefour a lui même fait état d'hypermarchés fermés, une "première," selon Sylvain Macé (CFDT). A midi, "80%" des hypermarchés étaient "ouverts" (soit 20% fermés, ce qui équivaut à une quarantaine) et "100%" des supermarchés", a souligné la direction. 

Partout, le mouvement s'est traduit par des rassemblements, du "filtrage" aux entrées des magasins ou carrément des blocages, s'est réjoui  S. Macé. Parmi les hypermarchés complètement bloqués, ont été cités ceux d'Antibes (LR), Ollioules (UMP), Toulon Grand Var (LR), Nice Lingostière (LR) ou Port-de-Bouc (PCF) dans le Sud, Vénissieux (PCF), Chambéry (UMP), Toulouse-Labège (LR) ou encore Mérignac (PS). 

Cette mobilisation est l'aboutissement de l'inquiétude et de la colère qui montent depuis le 23 janvier, avec l'annonce du "plan de transformation," par le  PDG du groupe à l'été dernier, Alexandre Bompard l'accompagnant de la suppression de milliers d'emplois.

Ce mouvement "doit nous permettre de faire comprendre à A. Bompard que les salariés ne sont pas des pions", a souligné M. Enguelz (FO). Mais cette grève pourrait entraîner "entre 40 et 50 millions d'euros" de perte de chiffre d'affaires, avait indiqué vendredi Thierry Faraut (SNEC CFE-CGC)

Le dialogue social est "rompu"  

Carrefour de Lomme, Nord
Au-delà des suppressions de postes annoncées - 2.400, via un plan de départs volontaires dans les sièges, 2.300, via un plan social dans les magasins de proximité (273 ex-Dia qui vont fermer) -, les syndicats protestent contre le passage en location gérance d'hypermarchés (cinq confirmés, une quarantaine visés selon eux). 

Ils s'inquiètent aussi de l'impact sur l'emploi d'autres mesures du plan Bompard (logistique, réduction de 100.000 m2 des surfaces des hypermarchés). 

"Nous comprenons que les projets de transformation puissent susciter de l'inquiétude chez certains de nos salariés", a admis le directeur exécutif de Carrefour France. Mais, "si nous souhaitons pérenniser et développer notre activité économique, et donc nos emplois, nous devons impérativement nous transformer", a insisté Pascal Clouzard, 

Côté salariés, l'annonce récente d'une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l'an dernier, vue comme une "aumône" ou un "pourboire", a aussi catalysé la colère.
"Bien consciente de l'impact sur le pouvoir d'achat" de cette baisse, la direction a proposé mi-mars de relever ce montant à 407 euros, via un complément forfaitaire d'intéressement, sans réussir à désamorcer la fronde.
Les actionnaires vont toucher, eux, un total de 356 millions d'euros de dividendes, globalement. 

Les syndicats populistes anticipent aussi des négociations salariales au rabais. 
"Augmenter les salaires, pas les dividendes des actionnaires", clamait une pancarte dans les rassemblements. "On s'est dit qu'on allait arrêter de payer pour les actionnaires", a relevé Olivier Ginestar (CGT), devant l'hypermarché de Lomme (Nord), fermé samedi et où les députés LFI du Nord Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis ont fait monter la pression.

Côté syndicats, le mouvement traduit aussi la crispation du dialogue social, dont tous dénoncent unanimement la "dégradation". Il est "rompu, c'est marche ou crève", relevait à Marseille Smaïl Ait Atman (CFDT), syndicat pourtant réformiste. 

"La balle est dans le camp" de la direction, estime FO, qui a déjà annoncé qu'il ne signera pas le projet d'accord sur le plan de départs volontaires, comme la CFDT. Si d'autres actions ne sont "pas exclues", "l'objectif" est un "retour à la négociation", souligne Michel Enguelz (FO). Il faut "rétablir le dialogue social qui a existé (chez Carrefour) pendant 30 ans", a plaidé S. Macé (CFDT).

mercredi 7 juin 2017

Loi travail 2: la ministre du Travail se défend d'avoir un "plan caché"

Concertation floue, puis ordonnances imposées: pas de quoi s'inquiéter !

Aucune base officielle à la concertation avec le gouvernement, son 
projet viendra après... 

"Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup" (Martine Aubry)
Il n'y a "pas de plan caché" pour réformer le Code du travail, a certifié la ministre du Travail, mercrediMuriel Pénicaud affirme s'en tenir au "programme de travail" remis mardi aux partenaires sociaux, tout "autre document" que les ordres du jour n'ayant "aucun intérêt".

Le  quotidien Libération évoque un document qui "émane de quelqu'un de la direction du travail, ce n'est pas signé par la direction du travail", "ce n'est pas un document officiel", a-t-elle admis sur France Inter.
"Ce n'est pas la peine de tourner autour du pot, la seule chose qui vaille, c'est le programme de travail qu'on a remis aux partenaires sociaux et toutes les concertations qu'on a avec eux", a ajouté la ministre. 

"Tout autre document arrivant à n'importe quel moment, et je suis sûre qu'il y en aura d'autres qui arriveront de je ne sais pas quelle source, je n'ai même pas envie de les commenter, ça n'a aucun intérêt", a-t-elle dit.

Une série de "pistes" de travail explosives

Image associée
Révélée par Libération, après un autre lundi dans Le Parisien, ces pistes sont notamment la négociation, à l'échelle de l'entreprise, des motifs de licenciement, du niveau des indemnités légales de licenciement et des CDD, des points ne figurant pas dans le programme d'Emmanuel Macron.

"On ne peut pas vouloir la démocratie sociale et faire 48 réunions avec les partenaires sociaux en profondeur, et puis, avoir décidé à l'avance tout ce qui va en sortir, se justifie Pénicaud. C'est pourtant ce qui se prépare, puisque le projet de réforme gouvernemental pour lequel le Parlement devra donner son accord, global et préalable, aux ordonnances n'est pas connu.
"C'est vrai que c'est un changement de méthode, je sais que certains ont du mal à le comprendre, parce qu'ils pensent qu'on cache une copie. On ne cache pas une copie, on la co-construit", a prétendu M. Pénicaud.

Résultat de recherche d'images pour "muriel pénicaud"
Affirmant sa volonté de donner "la primauté au dialogue social", la ministre a toutefois refusé de répondre à la question d'une éventuelle possibilité de négocier dans l'entreprise les conditions de rupture du contrat de travail. De son point de vue, "le sujet principal n'est absolument pas le contrat de travail", ce qui augure mal de la suite de le "concertation", assurant toutefois que "le CDI restera la norme et le but". Un but accessible, ou non...

jeudi 29 octobre 2015

Sondage: pas de réformes sans dialogue social

Réformer d'accord, mais en prenant le temps du dialogue et du respect

57% des Français réclament de "laisser le temps au dialogue"

Une grande majorité de Français voudrait du dialogue, quitte à aller moins vite dans le rythme des réformes, selon un sondage Odoxa pour MCI, France Info et Le Parisien/Aujourd'hui-en-France, publié ce jeudi. 

Une alternative... "D'ici à l'élection présidentielle de 2017, souhaitez-vous, l'accélération du rythme des réformes dans le pays, 
La CFDT suit toujours ce gouvernement
quitte à laisser moins de temps au dialogue ou, au contraire, laisser le temps au dialogue, quitte à aller moins vite ?" 57% des personnes interrogées ont répondu "laisser le temps au dialogue", indépendamment du type de réforme, structurelle ou sociétale, et de sujet, chômage, croissance ou dette publique.

Réformes pour l'emploi

Les négociations du DRH d'Air France
avec la CGT, FO et Sud
tournent au lynchage...
"Il y a un an, ils étaient 57% à souhaiter le contraire", souligne Odoxa dans Le Parisien. 42% souhaitent "accélérer le rythme des reformes".
"Ce sont davantage les sympathisants de la gauche (62%, contre 50% pour ceux de la droite) qui plaident pour qu'on mette le holà aux réformes", précise le quotidien.
Pour "mener des réformes économiques et sociales efficaces en termes d'emploi": 70% des sondés "font le plus confiance à la négociation entre les syndicats et le patronat". Seulement 27% ont eux plus confiance "à l'Etat et aule Parlement".

Contestation sociale

Enfin, 83% des personnes interrogées voient "dans les troubles causés par les taxis en juin, les agriculteurs en juillet, et ceux déclenchés par l'annonce de nouvelles suppressions de postes chez Air France, le signe d'un dialogue social qui se dégrade".
Pour seulement 16% des sondés, ce sont "des cas isolés qui ne sont pas représentatifs de l'évolution du dialogue social dans notre pays".

Sondage réalisé auprès d'un échantillon de 1.000 personnes, âgées de 18 ans et plus, interrogées par internet les 22 et 23 octobre, selon la méthode des quotas.



La loi Rebsamen sur le dialogue social 

Après 16 mois au ministère du Travail, François Rebsamen laisse une loi qui porte son nom, une réforme du dialogue social simplifiant les règles dans les entreprises, qui constitue selon lui "un levier de performance économique et sociale". Une gageure aussi, après le parcours chaotique de la loi Macron, imposée sans vote parlementaire, grâce à l'article 49-3 de la Constitution. 
Adopté fin juillet, le texte offre une représentation aux 4,6 millions de salariés des très petites entreprises (TPE, moins de 11 salariés), permet de regrouper des instances ou encore de sécuriser le régime des intermittents du spectacle. 

Rebsamen, un modèle de maîtrise du dialogue social... 
Il a accumulé les couacs. Comme lorsqu'il a fait retirer un entretien publié par un magazine bourguignon dans lequel ce ministre socialiste affirmait "se battre depuis longtemps pour une vision libérale de l'économie".
Ou quand il assura que le gouvernement allongera la durée de cotisation pour la retraite "s'il le faut", avant d'être aussitôt démenti.
Il a aussi provoqué un tollé en appelant à renforcer le contrôle des chômeurs et à sanctionner les fraudeurs. Des propos qui aboutiront quelques mois plus tard à la mise en place à Pôle emploi d'un nouveau dispositif de contrôle de la recherche d'emploi. 
Parmi les mots maladroits, citons aussi le qualificatif de "petit syndicaliste" attribué au patron du Medef, Pierre Gattaz, accusé de "nuire à l'image de l'entreprise" avec ses "postures". Le ministre du Travail présentera ses excuses... aux syndicats ouvriers !

dimanche 18 octobre 2015

Avec Martinez (CGT), Lagarde (UDI) et Dupont-Aignan (DLF) redoutent une explosion sociale

Hollande et Valls sous la menace du "vent de révolte" que S. Royal sentait monter en... 2008

A gauche, au centre, à  droite et chacun de son côté, 
le président de l'UDI, J.-Ch. Lagarde, et de Debout la France (DLF), N. Dupont-Aignan, partage  la crainte du secrétaire général de la CGT Philippe Martinez d'une explosion sociale.

"Dans un pays qui n'offre aucune perspective, où on monte des bidouillages comme cette conférence sociale qui traite de sujets qui ne sont même pas essentiels, forcément la difficulté quotidienne à vivre des Français, le handicap qui pèse sur nos entreprises pour pouvoir être compétitives, vendre leurs produits, donc recruter, et un gouvernement qui vit dans un monde irréel, oui il y a un climat de tension sociale dans notre pays, oui j'ai une vraie crainte d'explosion sociale", a déclaré Jean-Christophe Lagarde sur Radio J.

"Ce n'est pas du dialogue social, c'est la pire régression sociale depuis la fin de la guerre, quand le gouvernement parle de dialogue social, comme le gouvernement d'avant d'ailleurs", a parallèlement estimé Nicolas Dupont-Aignan sur France 3.
"Les salariés ont un pistolet sur la tête et on leur dit, "soit tu acceptes le détricotage de toutes les conquêtes sociales qui ont été faites depuis 40 ans, soit tu es un méchant et ce sera encore pire,a poursuivi le député souverainiste.
"Quand on croise des ministres, on leur dit l'exaspération des salariés, on leur dit: 'faites attention, ça va exploser' ", avait déclaré Ph. Martinez au Journal du Dimanche (JDD), tout en prétendant que le volet social du quinquennat de François Hollande s'inscrit "dans la continuité" de celui de Nicolas Sarkozy qui, le premier, a dû faire face à la montée de la crise internationale.

Les socialistes ne font pas mieux que leurs cibles précédentes

Battue à plate couture en 2007, l'amère Royal dressa, dès février 2008, la liste des sujets qui fâchaient, selon elle, pour souligner "l'inquiétude" latente des Français  Ségolène Royal : "stagnation des salaires, croissance faible, hausse des prix, déficits publics"... 
Dans une tribune au journal... Le Monde, l'amère Royal avait menacé le président Sarkozy, son vainqueur. Son bilan mènera, disait-elle, à la "récession", si le président ne change pas de "cap". "Le choc de confiance promis a laissé place à un choc de défiance, qui dégénère aujourd'hui en vent de révolte", affirmait la présidente du Poitou-Charentes, qui qualifiait les réformes engagées ("universités, retraites, marché du travail") de "toujours partielles, souvent injustes et à l'effet aléatoire".
Elle est maintenant ministre de Hollande et ne sent plus gonfler la tempête...

lundi 5 octobre 2015

Air France: des affrontements font 7 blessés, dont un grave

De violents affrontements se sont produits ce lundi matin lors d'un CCE chez Air France 
Ils ont fait sept blessés dont un grave, annonce la direction, ce lundi.
Pour Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du Travail [que les trotskistes de Mediapart estampillent "officine patronale issue de la collaboration et de l’anticommunisme"...], les relations sociales au sein d'Air France évoluent à rebours de celles des entreprises en France, où le dialogue progresse, à ce qu'il dit.
Evacuation de force du DRH 
d'Air France, avant lynchage
Le Figaro - La tournure violente qu'a pris ce lundi le conflit social chez Air France marque-t-elle une rupture dans les relations sociales de la compagnie?

Bernard Vivier. - Oui clairement. C'est une rupture chez Air France, où les relations sociales ont longtemps été «confortables» et où les conflits sociaux durs, comme celui que connaît la compagnie aujourd'hui, étaient rares. Les syndicats comme la direction valorisaient le statut, comme un cadre stabilisateur et protecteur. Le SNPL, syndicat majoritaire parmi les pilotes, était directement associé aux décisions de la direction dans une forme de cogestion de l'entreprise. L'exposition d'Air France à une concurrence exacerbée - notamment des compagnies à bas coût ou, à l'inverse, haut de gamme, venue des pays du Golfe - a fait voler ce modèle social en éclat, de même que l'unité des salariés de la compagnie.

Cette évolution va-t-elle à rebours de celle des relations sociales en France ces dernières années?

Oui. Les conflits sociaux qui se soldent par des voies de fait sont devenus rares ces dernières années [depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir et malgré la montée du chômage] au sein des entreprises - les mouvements de protestation des agriculteurs, des transporteurs ou encore des médecins obéissent à une logique complètement différente. Les derniers débordements notables remontent à janvier 2014, lorsque des salariés de Goodyear et des syndicalistes de la CGT avaient séquestré deux cadres de l'entreprise.


Les conflits sociaux diminuent heureusement à la fois en nombre et en intensité, parce que le dialogue social gagne en maturité dans l'Hexagone [?]. 35.000 accords ont été signés l'année dernière dans les entreprises françaises ! Les débordements observés chez Air France sont des modes de protestation plus caractéristiques du 20e siècle que du 21e siècle. Même si les entreprises du secteur des transports, soumises à une concurrence très rude et en phase de transformation, restent plus sujettes aux mouvements sociaux.

A qui profitent ces débordements?

Ni aux salariés ni aux syndicats. Ils se révèlent in fine rarement profitables. Les dernières élections chez Air France, qui se sont déroulées en mars après la plus longue grève qu'ait connue l'entreprise, montrent qu'une partie au moins des salariés d'Air France sont conscients que la négociation reste plus fructueuse que le conflit: le SNPL [Syndicat National des Pilotes de Ligne] a perdu six points, et la CGT a essuyé un revers, au profit des syndicats modérés, notamment la CFE-CGC. Ces derniers n'ont d'ailleurs pas manqué de se désolidariser des heurts qui ont eu lieu ce lundi matin. La stratégie du SNPL et des manifestants qui ont fait preuve de violence risque plutôt de se retourner contre eux...


Rapidement,
les séquences, filmées par l'AFP, sont reprises par nos voisins européens, comme le site du Telegraaf, premier journal des Pays-Bas, ainsi qu'Euronews, chaîne basée à Lyon, qui traduit la situation en une dizaine de langues, dont l'anglais, le russe ou le portugais. Vers 13h, la Belgique diffuse les images dans ses journaux, peu après avoir évoqué la situation dramatique dans le sud de la France, après des inondations ce week-end. Enfin, la BBC a permis une diffusion mondiale de la situation via son canal international, BBC World News.
A chaque fois, les mêmes scènes: Xavier Broseta (images 1 et 2) et Pierre Plissonnier (image 3), violemment pris à partie, après la confirmation de la possible suppression de 2.900 postes, des salariés forçant une grille d'entrée, des cris "à poil, à poil", "démission" et enfin, les deux cadres torses nus, chemises déchirées, évacués au dessus d'un grillage.

C'est le "dialogue social" apaisé ...

mardi 8 juillet 2014

Conférence sociale: ouverture malgré la rupture du dialogue "social" avec Valls

Les absences de la CGT et FO consacrent l'échec de Hollande

La conférence sociale se poursuit ce mardi à Paris, malgré le refus des principaux syndicats de cautionner la démarche du gouvernement.
Th. Lepaon (CGT) et J.C Mailly (FO) côte à côte
L'absence de ces deux grands syndicats n'empêchera pas le gouvernement Valls de lancer les négociations pour combattre le chômage, déclaré grande "cause nationale" lors de la première journée par François Hollande.

La CFTC tacle le boycottage CGT et FO, "emprunté au patronat"
Le président de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), Philippe Louis, a jugé mardi "contre-productifs" les refus de la CGT et de FO de participer à la conférence sociale, soulignant toutefois que leur absence "peut ressembler" à un camouflet pour François Hollande.
Interrogé sur Radio Classique, il a "reproché au patronat d'avoir lancé cette mode de l'oukase".

La FSU menace de quitter les discussions pour montrer ses exigences
Proche de la CGT, la FSU, première organisation syndicale de la fonction publique d'État, pourrait quitter la conférence sociale si elle n'est pas satisfaite des réponses apportées par le gouvernement à ses questions sur le service public notamment, a menacé mardi Bernadette Groison, secrétaire générale du syndicat.
"Nous allons dans chacune des tables rondes poser nos questions sur le dialogue social, la contrainte budgétaire, les services publics et la fonction publique, et au regard des réponses qui nous seront apportées, nous verrons si nous restons à cette conférence sociale ou si nous en partons."
"Si nous partons, il ne faudra pas que le gouvernement s'imagine que c'est anodin ou un simple signe de rupture, ce sera le signe d'une exigence forte de la FSU", a prévenu Bernadette Groison.

Le dialogue n'est pas rompu malgré le boycottage de FO, selon Mailly 
Comme la CGT, FO a décidé lundi de ne pas assister au deuxième jour de la conférence sociale réunissant gouvernement et partenaires sociaux, a déclaré sur France 2 que le dialogue social est "interrompu aujourd'hui mais il n'est pas rompu".
"On a voulu dire: "attention, vous prenez un drôle de chemin, un chemin qui est dangereux pour l'économie, un chemin qui est dangereux pour le social, un chemin qui est dangereux pour la démocratie, ça s'appelle l'austérité.""
"J'espère que ça va servir comme un petit électrochoc du côté des pouvoirs publics", a poursuivi le secrétaire général de Force ouvrière, qui estime avoir "réussi à marquer le coup".

Marine Le Pen : "les salariés ne se sentent pas représentés"

La présidente du Front National Marine Le Pen a jugé sur i-télé (groupe Canal+) les syndicats "complices"des choix politiques des gouvernements successifs et "discrédités" car ils ont "accepté le modèle" économique de l'UE.
"Que les syndicats boycottent la Conférence sociale, ça tombe bien, les salariés boycottent les syndicats depuis des années car ils ne se sentent absolument pas représentés."
Jugeant la "représentation syndicale complètement bloquée depuis la fin de la deuxième guerre mondiale", Marine Le Pen a estimé qu'il faut "permettre à n'importe quel syndicat de se créer comme n'importe quel parti politique".

Mise en cause de 
Valls, sa ligne et sa méthode 

Lundi, devant la presse, 
Jean-Claude Mailly (FO) a dénoncé "un vrai bug dans le dialogue social". A l'issue d'une réunion à huis clos avec François Hollande, le numéro 1  de FO a expliqué la décision de son syndicat de ne pas participer mardi à la seconde journée de la Conférence sociale par les "désaccords sur le pacte de responsabilité" et les "déclarations intempestives du Premier ministre" Manuel Valls sur les seuils sociaux dans les entreprises et la simplification du code du travail, et par le sentiment "qu'il y avait un vrai bug dans le dialogue social". Il a dit avoir le sentiment que le président de la République "regrette un peu" cette décision, "qu'il est un peu ennuyé".

Manuel Valls fait preuve de mépris à l'égard des syndicats.
Le secrétaire général de FO a répondu : "Quand vous prenez des décisions, que vous annoncez des choses et que vous ne consultez pas (...) j'appelle ça du mépris." 
Il a dû se justifier de la durée des entretiens à huis clos des partenaires sociaux avec François Hollande et Manuel Valls. "Il a fallu attendre que toutes les organisations patronales félicitent le gouvernement pour les initiatives prises, ce qui n'a pas été le cas des syndicats".
"Le dialogue social fait des bugs". "Ça a été vrai le 31 décembre quand le président de la République annonce le pacte de responsabilité sans consulter les organisations syndicales, et rebelote avec le Premier ministre. C'est deux gros bugs", a-t-il insisté.

Sept tables-rondes axées sur l'emploi, le pouvoir d'achat, l'éducation ou encore la réforme territoriale, seront animées par neuf ministres. 

Outre le patronat, 
les syndicats réformistes (CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa) seront présents, tout comme la FSU, qui signale toutefois que les discussions sont "très mal engagées".