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lundi 16 septembre 2019

Dialogue et concertation ? Le gouvernement annule une rencontre avec les avocats opposés à la réforme des retraites

Le haut-commissaire aux retraites et la garde des Sceaux annulent la veille pour le lendemain

Les trois responsables du Conseil national des barreaux, de la Caisse nationale des barreaux français et de la Conférence des bâtonniers devaient être reçus.

Des avocats, dont la présidente du Conseil national des barreaux, Christiane Feral-Schuhl (au centre), manifestent devant le tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour une \"justice de qualité\", le 15 février 2018.Les représentants des avocats ont été avisés lundi 15 septembre que Jean-Paul Delevoye et Nicole Belloubet n'étaient disponibles pour eux. "Nous ne voyons pas le gouvernement demain [mardi], le rendez-vous a été annulé", a annoncé Maître Marie-Aimée Peyron, bâtonnière de Paris, lundi midi sur franceinfo (ci-dessous).

Macron veut en effet fondre les 42 régimes existants en
un système unique à points, sur la base du rapport Delevoye, mais le tour de passe-passe soulève  l'ensemble des professions libérales.

"Le rendez-vous est reporté sans date, je l'ai appris juste avant d'entrer dans le studio", a assuré Marie-Aimée Peyron. La bâtonnière espère que ce rendez-vous aura bien lieu.

En attendant, les avocats poursuivent le combat dans la rue

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Ils manifestent lundi aux côtés de médecins et paramédicaux (kinésithérapeutes ou encore infirmiers libéraux), pilotes, hôtesses et stewards pour défendre leurs régimes autonomes de retraite et contre le système universel voulu par l'exécutif. 
Résultat de recherche d'images pour "Paris manifestation medecins septembre 2019"
Les professions libérales sont en effet assurées de perdre les avantages liés à leur régime particulier, lequel est excédentaire et servirait à renflouer la caisse de retraite générale.
Les avocats, mais aussi les autres professions libérales, manifestent ce lundi à Paris pour défendre leurs régimes spécifiques de retraite.
Ce que ne dit pas la presse couchée, c'est aussi l'aide juridictionnelle qui est menacée : les avocats manifestent donc aussi pour la défense des justiciables.


vendredi 12 avril 2019

"Grand" débat : Jupiter va adresser aux gueux ses conclusions

Le nouveau 'one-man show' de Macron serait pour le début de semaine prochaine 

Après trois mois de déplacements sous haute surveillance et de débats encadrés avec des élus consentants, des militants non représentatifs de l'ensemble de la population et des enfants des écoles
Macron doit tirer les conclusions d'une concertation, dont on sait que la synthèse est remontée pervertie et tronquée.

La place des enfants est en classe et pas dans une parodie d'assemblée délibérative, souligne le professeur J.-P. Brighelli
Macron devrait dresser son bilan de la consultation sur-mesures que les Gilets jaunes ont suscitée, mais qu'ils auraient voulue sincère. L'intervention jupitérienne devrait avoir lieu avant mardi, dès dimanche ou lundi, mais pas plus que pour les remaniements au gouvernement, Macron n'est le "maître [ponctuel] des horloges" qu'il prétend. "Ce sera en début de semaine prochaine, mais rien n’est arbitré à ce stade pour le reste", commente de son côté l’entourage du Président dans Le Parisien. En somme, vous verrez bien! "Il va surprendre, ce sera un bon coup. Il va être disruptif, scotcher tout le monde", affirme un "marcheur historique", soit fantasmé, soit honteux, mais amateur de "one-shot". Pour cet admirateur inconnu, l'Histoire de France aurait commencé il y a seulement trois ans.

Une intervention depuis l'Elysée ou le Fouquet's (fish & chips, 31 euros)

"Le chemin qui tient la corde [sic] pour le moment, c'est
une intervention solitaire et solennelle dimanche soir ou lundi soir à l'Elysée. Cela sera suivi d'une explication plus longue dans un entretien. Emmanuel Macron a assez envie de s'exprimer dans la presse quotidienne régionale parce que ça lui parait correspondre au mouvement des Gilets jaunes. Des télés et des radios ne sont pas exclu(e)s", a expliqué Jean-Michel Apathie [selon France Info, pour 'Aphatie'] jeudi matin sur Europe 1. "Je parlerai au début de la semaine prochaine et je ne dirais [selon ce même service public de qualité, pour "dirai"] pas tout d'une seul coup", a également confié Emmanuel Macron à des proches.

Le chef de l'Etat prendra des décisions immédiates qui seront "puissantes et concrètes"

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Grand débat national à Saint-Brieuc, à l’Ephad des Filles du Saint-Esprit 
Tel est l'engagement qu'a pris pour lui Edouard Philippe devant l'Assemblée mardi
Même qu'il va ouvrir des "grands chantiers" lors de son intervention prévue dans les jours à venir. Ces "grands chantiers", que le Premier ministre n'a pas détaillés... 

Macron sera attendu sur les points qu'il a lui même définis :

  • Comment mieux accompagner les Français dans leur vie quotidienne pour se loger, se déplacer, se chauffer ?
  • Comment rendre notre fiscalité plus juste [notamment l'ISF], plus efficace, plus compétitive et plus lisible ?
  • Comment faire évoluer la pratique de la démocratie et de la citoyenneté ?
  • Comment faire évoluer l’organisation de l’Etat et des services publiques [publics] pour les rendre plus proches des Français et plus efficaces ?
Ces chantiers d'envergure concerneront "les sujets qui devront faire l'objet d'une concertation". La semaine prochaine, Emmanuel Macron devrait également évoquer les questions de fiscalité, les services publics et l'urgence climatique. 
Or, le 10 décembre en Conseil des ministres, les quatre questions majeures sur lesquelles le président avait autorisé les Français à débattre - pour sortir de la crise sociale incarnée par les Gilets jaunes - étaient : la transition écologique, la fiscalité, la démocratie et la citoyenneté, l'organisation de l'Etat et des services publics. 
A-t-il ouvert ce débat qui devait "redonner la parole aux Français sur l’élaboration des politiques publiques qui les concernent" [...], permettant "à chaque Français de faire part de son témoignage, d’exprimer ses attentes et ses propositions de solutions" ? Il semble bien qu'au contraire, Macron n'a pas évolué, puisque l'un des thèmes n'est plus évoqué : il se serait même plutôt replié...

mardi 27 février 2018

SNCF : pendant la concertation, les couteaux ne resteront pas au vestiaire

Pas de négociations : la bataille du rail aura lieu

Macron refuse de négocier, acceptant deux mois de ...concertation

Les quatre principales fédérations de la SNCF (CGT, Unsa, Sud et CFDT) se  réunissent ce mardi en fin d'après-midi pour discuter d'une réponse commune à apporter à la réforme du rail, annoncée lundi par le premier ministre.

Interrogé à l'émission Les 4 Vérités de France 2 sur la menace d'un long conflit social, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a nié toute volonté de s'engager dans un "bras de fer" et de passer "en force".

La ministre de Transports, Elisabeth Borne, lui a fait écho sur BFMTV, assurant qu'il y a "urgence à agir", mais de "la place pour la concertation", c'est-à-dire un dialogue de sourds, notamment sur le calendrier de l'ouverture à la concurrence et le changement de statut des cheminots. "Le rapport de force, ce n'est pas ce que souhaite le gouvernement. Commençons par discuter," a-t-elle répété. "Je comprends leur inquiétude. Ca veut dire qu'il faut en parler, et mettre les sujets sur la table." Et de souligner: "Ma méthode, c'est le dialogue, la concertation." Elle prévoit de rencontrer à partir de jeudi les organisations syndicales dans le cadre d'une concertation prévue pour courir en mars et en avril.

69% des Français applaudiraient à la fin du statut de cheminot.
L'opinion semble pour l'instant être du côté du gouvernement. D'après un sondage Harris interactive pour RMC et Atlantico, 69% des Français sont pour la fin du statut de cheminot et 54% se montreraient favorables au recours aux ordonnances pour faire adopter la réforme de la SNCF. 
Enfin, 69% des personnes interrogées estimeraient que cette réforme permettrait avant tout de "réduire la dette de la SNCF". Cette dette s'élèverait actuellement à environ 47 milliards d'euros.

Sur ce point, la collectivité nationale devrait reprendre à son compte la dette de la SNCF, a confirmé le ministre de l'Economie et des Finances, sans toutefois préciser dans quelle proportion. 
Il s'est contenté d'affirmer que l'objectif est que le contribuable ait à terme "moins à payer" - après avoir réglé la dette - grâce à l'amélioration de la situation financière de la SNCF. "Aujourd'hui, la SNCF perd trois milliards d'euros par an. On ne peut pas continuer comme ça, on va droit dans le mur", a insisté Bruno Le Maire.

En 1995, la France avait été paralysée trois semaines, poussant Alain Juppé  à reculer sur un plan de réforme du rail et des retraites.
Malgré ce précédent, la menace d'une grève massive ne semble pas inquiéter le gouvernement. "Je ne crois pas un seul instant que des syndicats, y compris la CGT, qui sont responsables, qui connaissent leur outil de travail, qui aiment leur métier sont capables de prendre en otage les Français pendant de très longues semaines", a voulu croire le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, interrogé sur RTL. 
"Manifestement il y aura une grève, mais le statu quo n'est pas possible sur cette question importante qu'est l'avenir de la SNCF", a averti pour sa part le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur France Info, ce matin.

Quelle va être la riposte des cheminots à la réforme annoncée de la SNCF ? 

Les fédérations CGT, Unsa, Sud et CFDT se réunissent ce mardi à 17 heures pour en discuter. Alors que le gouvernement compte procéder par ordonnances pour réformer sans tarder le statut de l'entreprise publique, ainsi que celui des cheminots, les syndicats semblent déterminés à ne rien céder. 

Dès lundi, la CGT qui a déjà lancé un appel à la mobilisation pour le 22 mars, s'était dite prête à "un mois de grève" pour "faire plier" le gouvernement. 
Le secrétaire général du premier syndicat à la SNCF promet une "réponse appropriée" des syndicats, laissant aux cheminots le soin de décider de la forme du mouvement, a expliqué Philippe Martinez mardi sur l'antenne de RMCsans remettre en cause la nécessité d'une réforme, "mais pas celle-là". 
"On va déclencher une alerte sociale. Et probablement dans la foulée, après le 15 mars, un conflit si jamais le gouvernement maintient son agression à l'égard des cheminots", a aussi précisé Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT Cheminot, au micro de France Info. "On adaptera nos réponses à cette durée", alors que le gouvernement souhaite faire voter les "principes clés" de la réforme du rail avant l'été.

Il y a "urgence" à répondre à "l'attaque gravissime portée contre les cheminots et les usagers," estime le numéro un de la CGT. "Il faut expliquer, il y a une campagne mensongère qui a lieu en ce moment, dénonce-t-il. Des salariés qui touchent moins de 2.000 euros par mois, qui travaillent souvent la nuit, le week-end, est-ce que c'est ça être privilégié ?". 
Alors que le premier ministre Edouard Philippe a annoncé lundi qu' "à l'avenir" il n'y aura plus de recrutement au statut de cheminot, le leader de la CGT estime au contraire "les droits collectifs sont justifiés". Selon lui, il faudrait même "améliorer les grilles de salaire des cheminots parce qu'ils sont mal payés".

D'autres syndicats pourraient venir renforcer le mouvement. 
Deuxième syndicat représentatif, l'Unsa-ferroviaire a également annoncé lundi son intention de proposer à l'intersyndicale une grève "avant le 22 mars", journée de mobilisation commune avec les fonctionnaires. 

Quatrième à la SNCF, la CFDT-Cheminots veut proposer une "grève reconductible à partir du 14 mars" aux trois autres syndicats représentatifs.

mercredi 7 juin 2017

Loi travail 2: la ministre du Travail se défend d'avoir un "plan caché"

Concertation floue, puis ordonnances imposées: pas de quoi s'inquiéter !

Aucune base officielle à la concertation avec le gouvernement, son 
projet viendra après... 

"Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup" (Martine Aubry)
Il n'y a "pas de plan caché" pour réformer le Code du travail, a certifié la ministre du Travail, mercrediMuriel Pénicaud affirme s'en tenir au "programme de travail" remis mardi aux partenaires sociaux, tout "autre document" que les ordres du jour n'ayant "aucun intérêt".

Le  quotidien Libération évoque un document qui "émane de quelqu'un de la direction du travail, ce n'est pas signé par la direction du travail", "ce n'est pas un document officiel", a-t-elle admis sur France Inter.
"Ce n'est pas la peine de tourner autour du pot, la seule chose qui vaille, c'est le programme de travail qu'on a remis aux partenaires sociaux et toutes les concertations qu'on a avec eux", a ajouté la ministre. 

"Tout autre document arrivant à n'importe quel moment, et je suis sûre qu'il y en aura d'autres qui arriveront de je ne sais pas quelle source, je n'ai même pas envie de les commenter, ça n'a aucun intérêt", a-t-elle dit.

Une série de "pistes" de travail explosives

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Révélée par Libération, après un autre lundi dans Le Parisien, ces pistes sont notamment la négociation, à l'échelle de l'entreprise, des motifs de licenciement, du niveau des indemnités légales de licenciement et des CDD, des points ne figurant pas dans le programme d'Emmanuel Macron.

"On ne peut pas vouloir la démocratie sociale et faire 48 réunions avec les partenaires sociaux en profondeur, et puis, avoir décidé à l'avance tout ce qui va en sortir, se justifie Pénicaud. C'est pourtant ce qui se prépare, puisque le projet de réforme gouvernemental pour lequel le Parlement devra donner son accord, global et préalable, aux ordonnances n'est pas connu.
"C'est vrai que c'est un changement de méthode, je sais que certains ont du mal à le comprendre, parce qu'ils pensent qu'on cache une copie. On ne cache pas une copie, on la co-construit", a prétendu M. Pénicaud.

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Affirmant sa volonté de donner "la primauté au dialogue social", la ministre a toutefois refusé de répondre à la question d'une éventuelle possibilité de négocier dans l'entreprise les conditions de rupture du contrat de travail. De son point de vue, "le sujet principal n'est absolument pas le contrat de travail", ce qui augure mal de la suite de le "concertation", assurant toutefois que "le CDI restera la norme et le but". Un but accessible, ou non...

lundi 7 novembre 2016

Contre-vérités de Cazeneuve pour défendre son fichage des Français

Mégafichier TES : Cazeneuve défend un projet... "transparent", selon lui 

"Ce projet a été conduit dans la transparence et a respecté les étapes du travail interministériel"
, prétend Bernard Cazeneuve.

Ce fichier controversé réunit dans une seule base les données personnelles des 60 millions d'habitants: Français et suspects ! Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a assuré lundi que son mégafichage a non seulement été mis en place "dans la transparence" mais en toute connaissance de tous les ministres concernés. Le Conseil national du numérique (CNNum), organe consultatif, a toutefois demandé la suspension de ce fichier scélérat.
Dans une lettre à Mounir Mahjoubi, son président, le ministre maintient que le " projet de décret » instaurant ce fichier « a respecté les étapes du travail interministériel" et qu'il y a eu "débat". 

La polémique autour du mégafichier s'est durcie lundi avec les protestations de la secrétaire d'État au Numérique Axelle Lemaire, qui a déploré "un dysfonctionnement majeur" dans l'adoption "en douce", pendant les fêtes de la Toussaint, de ce décret baptisé "Titres électroniques sécurisés" (TES).
 
Paru le 30 octobre au Journal officiel, "le projet de décret" pour ce fichier "a été soumis au contreseing de tous les ministres concernés et au Premier ministre, après les consultations interministérielles habituelles", argumente le petit ministre sournois de l'Intérieur. 

Avant cela,
Bernard Cazeneuve se défend en certifiant avoir informé les ministres de ce projet, notamment en conseil des ministres le 16 décembre 2015, dans "une démarche plus globale" de réforme des missions des préfectures. Autant dire subrepticement. "Ce projet a donc été conduit dans la transparence et a respecté les étapes du travail interministériel", coclut allègrement le perfide locataire de la place Beauvau.  

Menaces sur nos libertés publiques
 
S'agissant d'un débat devant le Parlement que réclament ceux qui le critiquent comme le CNNnum, l'"objet" du fichier "ne rendait pas nécessaire le recours à la loi", ni aux élus du peuple, estime le ministre de l'Intérieur.
 
Selon lui, les finalités de ce mégafichier visent à... "moderniser" [sic] le traitement des cartes nationales d'identité (CNI), en alignant leur délivrance sur celle des passeports. Le ministre qui n'est pas à une contre-vérité près,  invoque la lutte contre la fraude documentaire et sa volonté de faire de la CNI un "document sûr". Sans aucune arrière-pensée....
François Hollande, partisan du temps long et de la concertation, en tant que candidat à l'Elysée, une fois élu président, envisagea de gouverner par ordonnances. Depuis les attentats islamistes, le gouvernement veut aller vite en besogne et parce que le recours aux ordonnances doit s’accompagner d’un discours churchillien, il nous a convaincus que si il gouverne par ordonnances, c’est que la situation est grave, très grave. Or, il doit obtenir du Parlement un débat sur l’opportunité d’un recours aux ordonnances -sous le contrôle des juges- et c'est une perte de temps, à cinq mois de la présidentielle. Alors, puisque la démocratie parlementaire demande du temps long, il ne s'est pas encombré de démocratie et l'a consulté pour instaurer... l'"état d'exception", pour ensuite le contourner avec l'article 49.3 pour imposer la loi travail et, avec le fichage des Français, s'est essayé à gouverner par décrets, au mépris du Parlement et de la démocratie.
Mais, 
 alors qu'ils étaient premiers ministres, Georges Pompidou et Dominique de Villepin finirent par payer cher leur volonté de passer par-dessus le Parlement. Pompidou démissionna un an plus tard, après la crise de Mai-68. Villepin, quant à lui, paya sa témérité sur le CNE par un désaveu politique en forme d'abrogation et une impopularité abyssale.
Menaces sur les données privées des Français

Alors que les experts doutent fortement que les données privées recueillies soient inviolablesles politiques responsables craignent des dérives pour les libertés publiques. Pris en flagrant délit de Bernard Cazeneuve tente de rassurer, dans cette lettre de quatre pages, affirmant qu'il serait impossible de consulter les données relatives aux personnes à partir des données biométriques.
 
Le ministre certifie que le gouvernement ne peut pas non plus avoir accès aux données personnelles des Français. Le fichier réunit dans une seule base de données (identité, couleur des yeux, domicile, photo, empreintes digitales...) les détenteurs d'un passeport et d'une carte d'identité et concerne potentiellement près de 60 millions de Français. 
Les techniques et services dits de géolocalisation, permettent de suivre la position géographique d'un véhicule en déplacement (bateau, camion, voiture...), ou même d'une personne physique. Ces services sont proposés par les opérateurs de téléphonie mobile, puisque le lieu où se trouve un portable, en veille ou en communication, peut être connu à tout instant. Or, pour la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), la surveillance permanente des déplacements des salariés est disproportionnée et peut donc être contestée (art. L. 120-2 du code du travail) lorsque leur tâche ne réside pas dans le déplacement lui-même (un chauffeur-livreur, par exemple) mais dans la réalisation d'une prestation pouvant faire elle-même l'objet d'une vérification (dépanneur d'ascenseur ou d'électroménager). Idem de la géolocalisation des enfants par leurs parents via un portable.L'Etat totalitaire veut pourtant étendre ses propres possibilités de traque, non pas mercantile, mais politique. A quelle part de vie privée ou de secret les Français ont-ils droit ? Quel point d'équilibre peut être trouvé entre une confiance "aveugle" et un contrôle "policier" ?
Quid du  droit à l'oubli ?

Les Français seront désormais traçables par géolocalisation, dans chacune de leurs activités, comme ils le sont déjà par Google, entre autres espions de la vie privée sur Internet. 

Dans l'agenda officiel de Bernard Cazeneuve publié la semaine dernière, avant les protestations d'Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Économie et des Finances, une rencontre avec celle-ci était inscrite pour jeudi matin. Elle est "maintenue", selon des sources à Beauvau, qui se sont bunkerisées, cessant de communiquer.

vendredi 7 octobre 2016

Centre de migrants: des communes choisies avec la CGT en Loire-Atlantique, Isère ou Essonne et dans le Var

Les récalcitrants à l'implantation de migrants expulsés de Calais se rebiffent en régions

Hollande a choisi  la résidentielle station balnéaire de Saint-Brévin-les-Pins pour y 
installer des migrants 
Des tirs ont été entendus à Saint-Brévin-les-Pins, DVD, 13.000 habitants. 
Le préfet de la Loire-Atlantique a lancé vendredi un "appel au calme" après qu'un futur centre d'accueil de migrants de la "Jungle" de Calais a été la cible de tirs. Henri-Michel Comet a promis des "moyens totaux" pour retrouver l'auteur des coups de feu qui ont criblé les baies vitrées du centre, mardi dernier.

Ce "centre d'accueil et d'orientation" (CAO) doit s'installer de façon temporaire dans un centre de vacances de la Caisse centrale des activités sociales (CCAS) des personnels des industries électriques et gazières, le "comité d'entreprise" d'EDF, géré par... la CGT.
Considérée comme "le plus gros et le plus riche comité d'entreprise de France", la CCAS est un organisme qui - depuis sa création (CCOS par Marcel Paul) en janvier 1947 - gère les activités sociales dont les séjours de vacances, les assurances et la restauration d’entreprise des salariés  des Industries électriques et gazières en France (IEG), principalement EDF et GDF et leurs filiales (ERDF, RTE, GRTgaz et GRDF) mais aussi les entreprises locales de distribution de gaz et d'électricité et les nouveaux entrants sur le marché de l'électricité et du gaz pour leur partie production (E.ON, une société européenne, anciennement société par actions de droit allemand, ENEL, société nationale italienne d'électricité, ou Poweo, fournisseur et producteur français privé d'électricité et de gaz, qui a fusionné avec Direct énergies et mis fin au monopole d'EDF et de GDF en 2002...). Les bénéficiaires actifs ou retraités, ainsi que leurs familles représentent 677.578 personnes en 2008.
Le CAO doit permettre aux migrants de "réfléchir à leur projet" pendant plusieurs mois et de déposer par la suite, s'ils le souhaitent, une demande d'asile en France. Ce CAO n'accueillera que "cinquante personnes maximum", promet-on actuellement, et non plus soixante-dix comme cela avait d'ailleurs été initialement envisagé (lien Ouest France).

"De quoi parlons-nous ? 
D'accueillir une cinquantaine de personnes, dans une commune de 13.500 habitants, pendant quelques mois", a souligné le préfet lors d'une conférence de presse commune avec le maire (divers droite) de Saint-Brévin, Yannick Haury. En 2007, Saint-Brevin-les-Pins vota majoritairement pour M. Sarkozy (50,15 %), devant Mme Royal (49,85 %). Si les scores avaient été inversés, on aurait pu avancer que les Brévinois étaient récompensés par l'arrivée de migrants...

Le maire de la station balnéaire, qui voit sa population multipliée par trois ou quatre l'été, a salué "la qualité des échanges" avec le préfet mais s'est dit "convaincu que le choix de ce lieu n'est pas adapté."

Le préfet de la Loire-Atlantique a rappelé que le dispositif "fonctionne très bien partout ailleurs" : 117 migrants sont déjà accueillis dans trois autres CAO du département.

Depuis un an, quelque 5.500 migrants ont ainsi été pris en charge en France dans 164 centres d'accueil et d'orientation répartis dans 80 départements. Certains ont été accueillis par des maires qui en ont depuis perdu la trace... Selon les services de l'Etat, 90% d'entre eux auraient déposé une demande d'asile par la suite, alors qu'ils devaient originellement retrouver des parents au Royaume-Uni, disaient-ils. Auraient-ils renoncé au regroupement familial allégué Outre-Manche ?

Les pouvoirs publics se targuent d'avoir procédé à 1.300 refoulements -qualifiés d'"éloignements"- depuis le début de l'année pour les étrangers qui ne correspondent pas aux critères de la demande d'asile.

VOIR et ENTENDRE Yannick Haury, le maire de la commune confirmer avoir été mis "devant le fait accompli. Il n'y a eu aucune concertation avec moi et l'équipe municipale. Nous n'avons aucune indication sur la durée de cet hébergement, sur l'éventuelle participation de l'État, sur les mesures de sécurité qui seront apportées". Début septembre, il comptait écrire au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve pour lui "faire part de nos interrogations".
 


Migrants: le placement imposé de clandestins afghans fait gronder Forges-les-Bains

La colère monte à Forges-les-Bains, à 30 kilomètres au sud-ouest de Paris

Manifestations pour faire barrage aux migrants, et parfois même incidents violents


La ventilation des clandestins de la Jungle de Calais à travers le pays échauffe les esprits: manifestations, pétition, invectives.Forges-les-Bains, petite bourgade "rurbaine" de 3.700 habitants en Essonne, un pied dans la vallée de Chevreuse, l’autre sur le campus universitaire d’Orsay, la récente arrivée inopinée de 44 migrants afghans - sur les 91 migrants soudanais et afghans initialement prévus - ne s'est pas déroulée sans heurts. Une partie du site destiné à les accueillir a même été incendié dans la nuit du 5 au 6 septembre dernier. 
L'inondation volontaire d'un bâtiment, suivie de l'incendie vraisemblablement [ou a priori] criminel d'un autre, avait repoussé son ouverture. Depuis ces événements, la commune d'un peu moins de 4.000 habitants est sous tension. Sa maire (sans étiquette), Marie Lespert Chabrier, dénonce "à l'envi", selon Le Figaro, le manque de concertation sur ce projet et soulignait vendredi dans une lettre ouverte que "l'État nous impose l'ouverture du centre"."Ce jour (3 octobre], 44 migrants afghans sont accueillis à Forges-les-Bains dans l'attente du traitement de leur demande d'asile", a fait savoir la préfecture dans un communiqué. L'institution a assuré que "les conditions de sécurité sont réunies" pour cet accueil. L'association Emmaüs Solidarité s'occupe de l'accueil des migrants et de la gestion du centre. Les hommes reçus y resteront en transit, pour une période d'un à quatre mois, le temps de formuler une demande d'asile avant d'être transférés dans des structures adaptées.
Depuis, réunions et conseils municipaux houleux se succèdent. 
Mme Lespert Chabrier avait organisé fin septembre une consultation populaire et une large majorité de votants (59%) a exprimé son opposition catégorique à l'arrivée de migrants dans la commune. Deux semaines plus tôt, une réunion publique d'information s'était déroulée dans un climat houleux, hachée par les cris, les quolibets et les inquiétudes des 700 personnes venues y assister.
Un collectif demande que le nombre d'hommes accueillis soit limité

Plus actif que jamais sur le site Forgeonslavenir.com, le 3 octobre encore, il organisait une manifestation devant l'école.
"Les gens sont en colère. On loge les migrants pas loin d'un établissement scolaire, explique le gérant de l'unique bar de la ville. C'est ce qui semble choquer le plus ici." C'est en effet l'argument principal avancé par le collectif, qui a lancé une pétition en ligne. Intitulée "Non au centre d'accueil des migrants à Forges-les-Bains dans ces conditions !", cette consultation avait recueilli 2.291 soutiens, le 3 octobre. 
"On demande qu'on s'arrête à 44 migrants !" insiste désormais un membre de ce collectif.

A Louveciennes
"Les attentats de Paris sont pour beaucoup dans cette peur des migrants", ajoute un retraité qui vit dans la petite commune. "La France a les moyens d'accueillir ces personnes, pense un autre habitant. Le problème à Forges, c'est que tous ces hommes - de 18 à 40 ans - sont concentrés sur un même lieu en plein centre-ville." Et de citer en exemple la ville voisine de Bonnelles (Yvelines), qui héberge 80 migrants "un peu à l'écart de la commune", sans que cela fasse aucune vague.
L'État, qui récupère une propriété de... la mairie de Paris pour y installer ce centre, a accordé des aménagements à Forges-les-Bains. Le centre doit s'installer dans la commune pour deux ans au lieu de quatre et il doit accueillir au total 91 migrants, et non pas 200 comme prévu à l'origine, avait récemment expliqué la préfète de l'Essonne, Josiane Chevalier. La technique est bien rodée: forcer le trait pour ensuite donner à la population le sentiment qu'au bout du compte elle est gagnante...
Les CAO, c'est quoi ?
164 CAO, centres d'accueil d'orientation, ont été créés par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve depuis novembre 2015. Ils sont gérés par des associations conventionnées par l'Etat et subventionnées par les contribuables. Il s'agit de petites structures [tant que 200 illégaux dans la force d l'âge n'y sont pas parqués] dans lesquelles les migrants -ou clandestins- sont orientés temporairement, le temps pour eux d'effectuer les démarches de demande d'asile. Les réfugiés ne touchent pas d'allocation. Ils bénéficient d'un accompagnement juridique, social et d'un suivi sanitaire: mieux que les salariés de certaines entreprises publiques. Le financement est assuré à 100 % par l'Etat: "Ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paye", assurait déjà Hollande en novembre 2014.... La part du contribuable représente 25 € par jour et par personne, soit 750 euros mensuel, sans les aides sociales. Le SMIC net mensuel à 1.144 €. 5.908 migrants ont d'ores et déjà été orientés dans ces structures temporaires, essentiellement depuis Calais et Dunkerque. 2.908 d'entre eux en sont ressortis depuis : ces centres sont transitoires, les migrants y restent de quelques semaines à quatre mois maximum et la plupart disparaissent dans la nature. 
Ils sont désormais environ 3.000 dans 164 CAO répartis sur 84 départements, soit une moyenne de vingt personnes par centre, mais près d'une centaine dans certains. Seuls 3 CAO disposent officiellement de plus de 50 places.
77 centres se trouvent dans des communes de gauche, 68 dans des communes de droite, et 19 sont implantés dans des villes "sans étiquette". La capacité d'accueil de chacune des communes sélectionnées -sans concertation- n'est pas évaluée en rapport de son importance numérique.
Ce sont les préfectures qui sont chargées de recenser des lieux "adéquats", comme des casernes de gendarmerie ou encore des centres de vacances inoccupés en hiver par les adhérents de syndicats, notamment la CGT.
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes afghans possibles:
la sécurité dans la commune a été renforcée, avec l'installation d'une... vidéosurveillance. Mieux, dans le genre endormissement de la population, la préfète a tenté de rassurer les Forgeois, précisant que "contrairement à ce qui a été écrit dans un tract distribué sur la brocante, les Forgeois n’auront pas à assumer financièrement le coût de l’hébergement des migrants". Qui, alors ? Les Français solidaires qui sont assujettis à l'impôt. Mais aussi les Forgeois, donc...

dimanche 24 avril 2016

La CGT a décidé le boycottage de la conférence environnementale d'avril

La CGT a décidé de boycotter la conférence environnementale des 25 et 26 avril

La Confédération générale du travail (CGT) justifie son boycottage

La CGT tourne le dos à Hollande
Elle a dénoncé "une opération d’affichage et communication" d’un gouvernement "au plus mal", et a donc annoncé qu'elle opposera la politique de la chaise vide à la conférence environnementale organisée lundi 25 et mardi 26 avril

"Son contenu ne nous convient pas", a déclaré mercredi 20 avril Fabienne Cru, responsable CGT sur ce dossier, en marge du congrès de la confédération. " C’est une conférence complètement déconnectée des réalités du monde du travail et complètement déconnectée des aspirations et revendications des salariés."
Selon elle, la conférence ne permet pas de "répondre aux enjeux environnementaux et climatiques", et "ne permet pas à la France de tenir ses engagements pris à la COP21 à Paris".

Mme Cru dénonce aussi l’absence de concertation

La syndicaliste d'extrême gauche pointe la méthode gouvernementale, estimant qu' "elle  rappelle douloureusement la loi travail", révélant avoir reçu les documents cinq jours avant le début de la conférence. 

La CGT regrette en outre qu’aucune table ronde de la conférence environnementale n’évoque les questions des transports et d’énergie, "deux enjeux primordiaux" pour la réduction des gaz à effet de serre et qui "permettraient à la France de respecter ses engagements" pris lors de la COP21.

Cette 4e conférence environnementale, qui réunira associations, syndicats et patronat, est un rendez-vous lancé par François Hollande pour fixer une feuille de route "verte" chaque année.
"Je conteste avoir découvert l’écologie avec la conférence climat", riposte Hollande, mais il n’avait jamais, dans sa carrière, considéré l’écologie comme un dossier majeur. "L’écologie n’est pas une croyance, et cela m’agace d’entendre parler de conversion, ­réplique également une conseillère du président. Mais il a progressivement intégré, dans sa façon de penser, la croissance, le développement durable, la consommation de ressources par les entreprises, l’équilibre planétaire et même les migrations. Il n’a pas changé, mais sa fonction de président a modifié sa vision des choses".
"Même ceux qui demeurent sceptiques quant à sa politique environnementale en conviennent  :"Il a peu à peu installé cela dans son langage. Il n’y a plus un moment où il n’en parle pas ", assure Philippe Martin, ministre de l’environnement (2013-2014) du gouvernement Jean-Marc Ayrault.François Hollande affiche le zèle de l’écologiste néophyte, mais la CGT est  une nouvelle convertie aussi.