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lundi 16 septembre 2019

Dialogue et concertation ? Le gouvernement annule une rencontre avec les avocats opposés à la réforme des retraites

Le haut-commissaire aux retraites et la garde des Sceaux annulent la veille pour le lendemain

Les trois responsables du Conseil national des barreaux, de la Caisse nationale des barreaux français et de la Conférence des bâtonniers devaient être reçus.

Des avocats, dont la présidente du Conseil national des barreaux, Christiane Feral-Schuhl (au centre), manifestent devant le tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour une \"justice de qualité\", le 15 février 2018.Les représentants des avocats ont été avisés lundi 15 septembre que Jean-Paul Delevoye et Nicole Belloubet n'étaient disponibles pour eux. "Nous ne voyons pas le gouvernement demain [mardi], le rendez-vous a été annulé", a annoncé Maître Marie-Aimée Peyron, bâtonnière de Paris, lundi midi sur franceinfo (ci-dessous).

Macron veut en effet fondre les 42 régimes existants en
un système unique à points, sur la base du rapport Delevoye, mais le tour de passe-passe soulève  l'ensemble des professions libérales.

"Le rendez-vous est reporté sans date, je l'ai appris juste avant d'entrer dans le studio", a assuré Marie-Aimée Peyron. La bâtonnière espère que ce rendez-vous aura bien lieu.

En attendant, les avocats poursuivent le combat dans la rue

Résultat de recherche d'images pour "Paris manifestation pilotes septembre 2019"

Ils manifestent lundi aux côtés de médecins et paramédicaux (kinésithérapeutes ou encore infirmiers libéraux), pilotes, hôtesses et stewards pour défendre leurs régimes autonomes de retraite et contre le système universel voulu par l'exécutif. 
Résultat de recherche d'images pour "Paris manifestation medecins septembre 2019"
Les professions libérales sont en effet assurées de perdre les avantages liés à leur régime particulier, lequel est excédentaire et servirait à renflouer la caisse de retraite générale.
Les avocats, mais aussi les autres professions libérales, manifestent ce lundi à Paris pour défendre leurs régimes spécifiques de retraite.
Ce que ne dit pas la presse couchée, c'est aussi l'aide juridictionnelle qui est menacée : les avocats manifestent donc aussi pour la défense des justiciables.


mercredi 16 septembre 2015

Travail du dimanche: Hidalgo refuse de dialoguer avec Macron

Sentiment d'infériorité ou sectarisme idéologique, la maire de Paris refuse le dialogue

Le commerce parisien a-t-il à gagner à la baston socialiste ? 

La femme que "maltraite" E. Macron
C’est ainsi que l’entourage d’Anne Hidalgo reçoit la proposition d’Emmanuel Macron de discuter avec elle du dossier du travail du dimanche. La maire de Paris n’accepte pas "un strapontin", indique son cabinet après avoir été, selon elle, " maltraitée" par le ministre de l’économie que l'ont dit pourtant si bien élevé. Elle reproche à E. Macron d’avoir exclu les maires du travail d’élaboration des futures zones touristiques internationales (ZTI) dans lesquelles les commerces pourront être ouverts en soirée et le dimanche, en vertu de la loi pour la croissance, promulguée le 6 août. A Paris, Bercy prévoit d’autoriser la création de douze ZTI.

Mardi 15 septembre, le ministre de l’Economie a entrouvert sa porte. 
"La maire de Paris souhaite que nous parlions de manière concrète des zonages proposés par mes services. J’y suis tout à fait prêt," a-t-il indiqué. 
E. Macron a aussi mis une condition préalable à une discussion avec A. Hidalgo : "Si c’est un avis constructif, j’en tiendrai compte. Si c’est un avis de principe qui cherche à faire polémique, il ne m’apporte pas grand-chose et je crois qu’il n’apporte pas grand-chose aux Parisiens," a-t-il soupçonné. 
Et Macron de préciser enfin que "l’ensemble des décrets et arrêtés à la fois dans les zones touristiques et dans les gares" sera pris "d’ici à la fin du mois d’octobre".

L’entourage de la maire PS de Paris estime que cette offre de dialogue arrive trop tard. 
"On n’a aucune raison de rencontrer M. Macron pour donner un avis alors qu’il a peu de chances d’être retenu. La discussion de fond avec Bercy aurait dû avoir lieu avant", polémique le cabinet de la maire de Paris. Anne Hidalgo, intimement proche des frondeurs, à l'aile gauche du PS, ménage les membres de  sa majorité municipale, écologistes radicaux et du Front de gauche, à l'extrême gauche,  qui sont farouchement hostiles à l’extension du travail du dimanche. "Rencontrer Macron sans être sûrs d’être écoutés pourrait nous mettre en difficulté avec nos alliés de la majorité", reconnaît un proche de la maire de Paris. La patronne ne conçoit pas le dialogue sans imposer son point de vue.

Chicaya socialiste, socio-démocrates vs socio-libéraux

Ces derniers mois, le directeur de cabinet d'A. Hidalgo, Mathias Vicherat, avait pourtant entamé des séances de travail avec le cabinet d'E. Macron pour définir les périmètres des futures ZTI, au nombre de quatre en France: à Paris, Deauville, Nice et CannesDes mesures technocratiques qui laissent  d'ailleurs perplexes et désemparés les habitants de Cannes aussi : les futures ZTI concernent la rue d'Antibes, les rues Hoche, Foch et du 24-Août, ainsi que le boulevard de la Croisette. Mais les commerces ne sont pas tous logés à la même enseigne. Rue d'Antibes, seules les boutiques situées entre le 27 et le 93 côté impair, et celles situées entre le 36 et le 100 côté pair seraient concernées.
Mais les ponts ont été rompus "unilatéralement" par Bercy, selon la mairie, quand le gouvernement a choisi d’imposer le projet de loi au Parlement par son recours à l’article 49-3.

La réconciliation Hidalgo-Macron n’aura donc pas lieu. 
Le 4 septembre, la maire de Paris a adressé une lettre au vitriol au ministre de l’Economie dans laquelle elle affirme son "profond désaccord sur les principes comme sur la méthode imposant aux acteurs locaux la définition des règles régissant leur territoire et dérogeant aux principes fondamentaux du droit du travail en France".  
Hidalgo reproche à Macron sa "profonde méconnaissance du tissu commercial parisien". Certaines ZTI arrêtées par le ministère "réalisent moins de 1 % de leur chiffre d’affaires en détaxe. Ce qui laisse douter qu’elles puissent d’une quelconque manière contribuer au tourisme international", écrit-elle. En revanche, Marseille qui développe une forte activité commerciale à partir des croisiéristes ne compte aucune ZTI, malgré un centre commercial flambant neuf, Les Terrasses du Port (lien), à proximité du fameux Mucem


Sur BFM-TV, mardi, A. Hidalgo a dégainé une nouvelle fois
"Ce qu’a fait la loi Macron, c’est une généralisation déguisée du travail le dimanche à Paris qui va fragiliser tout ce tissu économique local." Et d’ajouter que le périmètre des nouvelles zones "ne correspond pas à des critères objectifs ".
En riposte, E. Macron accuse Hidalgo de "caricaturer les choses". "Partout où cela crée de l’activité et de l’emploi nous souhaitons en soirée et le dimanche procéder à cette ouverture", a déclaré mardi le ministre de l’économie.

Dépôt d’une QPC

Hidalgo déplace la guerre contre Macron du périmètre des futures ZTI au Parlement: Hidalgo compte déposer, d’ici à la fin du mois, une question prioritaire de constitutionnalité pour obtenir que la maire de Paris puisse décider des douze dimanches d’ouverture pour tous les commerces.

Du fait de son statut spécifique de collectivité territoriale, Paris est depuis longtemps la seule ville de France où cette décision relève du préfet de police. A. Hidalgo comptait sur la loi Macron pour que la capitale ne fasse plus exception au droit commun qui confie cette prérogative aux maires. "Il n’y avait aucune raison que Paris soit traité différemment des autres villes s’agissant du pouvoir du maire sur le choix des dimanches", insiste l’exécutif municipal. "Nous sommes sûrs de voir notre QPC retenue", affirme l’entourage d'Hidalgo.

Fin juillet, Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, a reçu une lettre de la maire de Paris. Dans ce courrier, Hidalgo rappelle une décision du Conseil constitutionnel du 6 août 2009 selon laquelle la fixation par le préfet de police de Paris des dimanches ne donnant pas lieu à repos dominical "est contraire au principe d’égalité entre collectivités territoriales".
Début septembre lors d’un tête à tête avec François Hollande, puis avec Manuel Valls, Anne Hidalgo n’a pas abordé le dossier du travail dominical, préférant concentrer ses attaques sur la citadelle de Bercy, occupée par un "socio-libéral" !

lundi 15 juin 2015

Chevènement prône la concertation des souverainistes de tous bords

Chevènement (PS) veut dialoguer avec Mélenchon et aussi avec Dupont-Aignan

L’ex-président d’honneur du MRC recherche le dialogue avec "tous ceux qui souhaitent une alternative républicaine"…

"Il faut créer un mouvement d'idées alternatif qui transcende les sensibilités historiques, car on ne sortira pas de la France de l'ornière sans cela", assure Jean-Pierre Chevènement. L'ex-ministre de François Mitterrand, 76 ans, qui a quitté le MRC dont il était le président d'honneur précise, dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France, sa volonté de dialogue avec "tous ceux qui souhaitent une alternative républicaine, de Mélenchon à Dupont-Aignan"Ce dernier est énarque, député de l'Essonne et président de Debout la France, parti politique (1,79 % à la présidentielle 2012) se réclamant du gaullisme et du souverainisme, tandis que le premier est député européen, ex-coprésident du Parti de gauche et ancien candidat du Front de gauche en 2012 (PCF + PdG: 11,10 % des voix).

"Le clivage droite-gauche ne correspond plus à la réalité depuis que la droite, tournant le dos au gaullisme, et la gauche, au projet de transformation sociale d'où est tirée sa légitimité, se sont retrouvées sur un projet soi-disant européen mais profondément régressif", explique-t-il.

"Le redressement de la construction européenne à partir de ses nations"

"Je suis partisan d'un dialogue sans exclusive et sans sectarisme". "Ce qui est en jeu, c'est le redressement de la construction européenne à partir de ses nations", a insisté l'ancien candidat à l'élection présidentielle de 2002 (5,33%).

Chevènement a indiqué samedi avoir décidé de quitter le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), pour "reprendre sa liberté". "J'ai essayé en vain de faire bouger la direction du MRC (...) Mais c'est un parti prisonnier de sa logique. C'est pourquoi le débat y a été étouffé". Et Jean-Luc Laurent le confirme. Le sectaire président du MRC a répliqué en certifiant que le parti, "à une forte majorité, ne veut pas du dialogue préférentiel avec Nicolas Dupont-Aignan" que propose Chevènement.

vendredi 29 août 2014

Frustré, Montebourg souligne l'ingratitude du président Hollande

Cible de l'ex- ministre redresseur: François Hollande

Arnaud Montebourg a épuisé son capital des primaires

Le flambeur a visiblement mal vécu l'échec de son coup de poker avec François Hollande. Alors qu'il était encore ministre de l'économie avant de se faire évincer lundi 25 août, il s'était confié à la caméra d' "Envoyé spécial", qui a diffusé ce reportage jeudi 28 août.
Dans un extrait, l'ancien candidat à la primaire socialiste  revient sur son soutien à Hollande lors de l'entre-deux-tours où, fort de ses 17 % du premier tour, Montebourg avait déclaré voter "à titre personnel" pour l'actuel président de la République plutôt que pour Martine Aubry :
"J'ai fait 17 % des voix au premier tour. Sans moi, François Hollande n'était pas là où il est aujourd'hui. Je lui ai dit."
Mais un faible récompensé par le hasard n'entend pas que sa bonne fortune lui soit rappelée. 

Dans un autre extrait, où il dément être l'auteur du surnom "Flanby"qui colle depuis des années à François Hollande,
le ministre se plaint de ne pas être assez pris en considération :
"Je suis allé dans les cantons, j'ai passé des soirées avec les gens pour leur expliquer dans quelle situation très difficile on était. C'est ce que devrait faire Hollande avec la France, ce qu'il ne fait pas assez. Je lui dis tout. Il ne m'écoute pas mais ce n'est pas grave, il fait ce qu'il veut."

Que reste-t-il des promesses de dialogue et de concertation? 

VOIR et ENTENDRE
l'amer Arnaud:
Un corps étranger au gouvernement

Des accusations ressassées par Montebourg. Le 27 juin 2014, lors d'un entretien avec le journaliste Valentin Spitz que celui-ci a retranscrit dans un livre titré "Montebourg, moi président", le ministre se déclare même en cohabitation :
"J'ai des rapports minimalistes avec le président de la République. Je me considère en cohabitation. Le président préside, mais nous, on fait. (...) Avec François Hollande, on ne peut plus discuter. Donc, on ne discute plus. Ça ne sert à rien, les discussions avec lui sont inutiles. Sympathiques, mais inutiles. Depuis que je suis ministre de l'Economie, je ne vais plus discuter avec lui à l'Elysée. Je passe mon temps à Matignon. D'ailleurs, j'ai donné instruction à mes équipes de ne plus aller à l'Elysée."
Au vu de ses dernières déclarations, la rupture semblait inévitable à terme avec le président de la République. Pourtant, Montebourg s'était pris pour une pièce maîtresse du dispositif gouvernemental. En 2012, il avait été nommé ministre du "redressement productif", un titre à la manière soviétique qu'il avait imposé. Un portefeuille créé sur mesure pour ce chantre de la démondialisation puis du "made in France" devenu ministre de l'Economie après avoir participé à l'éviction de Jean-Marc Ayrault après les municipales du printemps 2014.

Victime d'épuration, Nono a disparu de la photo...
Est-ce à dire que le régime prend un virage, stalinien en politique et "socialo-libéral" en économie? Le "changement", promis par Hollande et produit par GPA, accouche d'un bâtard, un jamais vu paradoxal que Valls devra tenir en vie. 


vendredi 1 août 2014

Répression: pour avoir critiqué la politique de Taubira, mise au placard du numéro 3 de la gendarmerie

Sanction politique: aucune tête ne doit dépasser
Le général Soubelet, devant la commission parlementaire de "lutte contre l’insécurité" 
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, et le Premier ministre, Manuel Valls, ont visiblement souhaité mettre un coup d'arrêt à la contestation dans l'armée, en fusillant le général de corps d'armée Bertrand Soubelet pour l'exemple.

L’homme a été remplacé hier et mis au placard.
C'est ce qu'il en coûte à quiconque n'opine pas aux projets gouvernementaux soumis à concertation vertueuse...
Les deux spécialistes du dialogue n'ont pas apprécié les critiques du numéro trois de la gendarmerie à l’encontre de la politique pénale du gouvernement socialiste, lorsque l’Assemblée nationale se livra à son audition

Le général Soubelet a osé donner un avis personnel et objectif sur la politique pénale de Christiane Taubira. Le 18 décembre dernier, lors de son audition devant la commission parlementaire de lutte contre l’insécurité, ses propos avaient créés un choc. Le général Soubelet, haut fonctionnaire, numéro trois de la gendarmerie, avait déclaré que la politique pénale est "en décalage" avec les infractions constatées. L’homme avait poursuivi son raisonnement en expliquant que le nombre d’incarcérations a diminué de 33%, alors que, dans le même temps, il y a eu une hausse de 14% de personnes inquiétées par les services de la gendarmerie.

Des chiffres qui ne sont manifestement pas du goût du gouvernement. 
Salué par les gendarmes, le général a provoqué la fureur de Manuel Valls. A la suite de la révélation des chiffres exactes du général par l'AFP en janvier, les réseaux sociaux n'ont pas manqué de diffuser les chiffres de cet expert qui contredisent ceux du pouvoir. Beaucoup de gendarmes ont salué le courage du général. Mais le ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls, ne l’a pas entendu de cette oreille: "opposer justice aux forces de l’ordre est extrêmement contre-productif et affaiblit l’Etat", avait déclaré l'actuel Premier ministre, lors de ses vœux à la gendarmerie. Une sorte d’avertissement, qui visait directement le général Soubelet. 

La direction de la Gendarmerie nationale avait confirmé les propos du général

Elle expliqua que "
son intention n'était pas de mettre en cause la politique pénale ni de critiquer l'institution judiciaire, mais de souligner les difficultés rencontrées au quotidien par les unités dans la lutte contre la délinquance". 

Des explications qui n’ont apparemment pas satisfait l'exécutif. 
Mercredi, lors du Conseil des ministres, il a été décidé que le général Soubelet sera limogé et expédié au "bagne" de Guyane, prendre le commandement de la gendarmerie d’Outre-Mer. L'exécutif a poussé le vice jusqu'à qualifier de "prestigieux" ce poste "de confiance"...
Beaucoup évoquent une mise au placard, comme le député UMP Philippe Goujon, qui est vice-président de la commission parlementaire où le général Soubelet s’est exprimé : "on a censuré un général qui a dit la vérité, c’est de la censure !" fustige l’élu dans des propos rapportés par Le Parisien. 

Une promotion fulgurante
Sous-directeur de la police judiciaire à la direction générale de la gendarmerie nationale en 2012, général de brigade depuis juin 2013, Michel Pattin va remplacer le général de corps d'armée Soubelet au poste de numéro trois de la gendarmerie, selon le compte-rendu du Conseil des Ministres. Dès août, Michel Pattin est à nouveau promu général de division et nommé adjoint coordonnateur des enquêtes internes de l’inspection générale de la gendarmerie nationale.
Dans la foulée, l’un des rares policiers réputés sarkozystes à être resté à son poste, Frédéric Perrin, fait partie de la charrette. Directeur central de la police aux frontières depuis 2009, il a été élevé au rang nommé inspecteur général de la police.

  

lundi 21 juillet 2014

Hollande, ado accro aux textos

Les ministres balancent sur la maturité du sexa

Libération raconte que François Hollande a le texto facile avec ses ministres...

La croisière s'amuse...
François Hollande a beau avoir interdit le téléphone portable de ses ministres pour éviter la tentation de fuiter pendant le Conseil des ministres, il est lui-même un accro du texto: faites ce que je dis, pas ce que je fais !
Le quotidien socialiste fait aujourd'hui cette révélation d'importance dans un long article de Libération, qui détaille l'utilisation – compulsive – de ce jouet qu'est le téléphone portable par ce président de la République.
Le 4 avril 2014, le président n'a rien de mieux à faire, en ce premier jour du gouvernement Valls, que d'annoncer …l’interdiction des portables en Conseil des ministres. "Il faut en finir avec les comportements addictifs, dit en substance le chef de l’Etat, nous devons être concentrés sur ce que nous avons à faire." Les membres du gouvernement Ayrault s'étaient vu imposer une Charte de déontologie au premier Conseil des ministres du 17 mai 2012 et chacun sait le bon usage que Jérôme Cahuzac en fit. Cette fois, le Conseil des ministres devra être un huis-clos, un caisson étanche. 
Les intimes du président ne s'étonnent de rien. Hollande, l’accro du portable, le junkie du texto, qui ose dénoncer le comportement "addictif" de ses ministres, c'est un enfantillage typique de pépère… "On a tous eu un fou rire intérieur", se souvient un participant anonyme et blasé des caprices de ces "grands" de la République. Désormais, les ministres devront déposer leur téléphone dans un petit meuble gris (qui sera ensuite recouvert d’un velours rouge), situé à l’entrée de la salle du Conseil. Tous, sauf le Président. Lui le laisse dans son bureau en mode recharge ou le garde dans sa poche. Privilège du suffrage universel...
"Hollande est un fanatique de la première heure du SMS. C'était vrai quand il était premier secrétaire du PS. Encore vrai quand il était candidat. Et toujours vrai depuis qu'il est président", énonce ainsi Libération, non seulement en mal de copie, mais aussi de lignes, en ce début d'été pluvieux. Pensez donc: on est au lendemain de violents affrontements antisémites en plein Paris et la presse socialiste amuse le peuple avec les petits travers d'un président à côté de ses baskets.

Et pendant ce temps, la courbe du chômage monte, monte...
"Même pendant les Conseils des ministres du gouvernement Ayrault, le chef de l’Etat ne répugnait pas à envoyer des textos. Au clan des hollandais (Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian et Stéphane Le Foll), mais aussi à quelques privilégiés comme Cécile Duflot, alors ministre écologiste du Logement, mais la plus connectée, avec qui il a entretenu une intense communication textuelle. Visible aux yeux de tous, ce petit jeu pouvait d’ailleurs agacer. "Ce n’était pas très compliqué à déceler. Car, après un SMS, Hollande et Duflot avaient l’habitude d’échanger un petit regard complice", balance un ex-ministre.

Ses proches récompensés de leur patience par un maroquin ou ses conseillers ont continué à l’alimenter en textos, et à faire avancer leur dossier par cette voie alternative. Très vite ce double circuit - l’officiel et le SMS - va créer des dysfonctionnements à l’intérieur de la machine élyséenne. Les travailleurs ignorent que le sort de leur entreprise et leur avenir ont pu se jouer par texto. Un conseiller du Président soupire : "Ça peut lui arriver de trancher une décision par SMS avec un ministre sans en avoir informé le collaborateur qui travaille sur le dossier." Un autre tempère : "Un texto du Président n’a jamais valeur d’arbitrage définitif. Il peut revenir dessus. Mais c’est vrai que ça complique la circulation de l’information." 
Le sujet avait été jugé suffisamment problématique pour qu’une réunion de crise consacrée aux SMS intempestifs du chef de l’Etat soit organisée à l’Elysée courant 2013. Mais il avait été statué que rien ne changerait puisque Hollande fonctionnait ainsi.

Comme son prédécesseur, le chef de l’Etat a deux portables. 

Le premier répond au même numéro depuis des lustres. Tout le Landerneau politico-médiatique le connaît.
A son arrivée à l’Elysée, son service de sécurité a tenté en vain de lui en faire changer.  Pas question pour lui de jeter les contacts amassés en trente ans de vie politique. 
Pour ses conversations strictement confidentielles sur des sujets de sécurité intérieure ou de défense, le Président dispose d’un second téléphone avec une ligne, cette fois, sécurisée. Mais peu de ministres en connaissent le numéro. Le premier secrétaire coopté, Jean-Christophe Cambadélis, l’a obtenu uniquement depuis qu’il a pris la tête du parti. "Mais je ne l’utilise jamais", assure-t-il. Car le vrai portable de Hollande, le seul, en réalité, est son téléphone historique. A l’abri des regards, Hollande le sort à tout moment quel que soit son agenda. Entre deux réunions, deux portes, deux coups de fil, dans sa voiture évidemment… "Quand on dîne avec lui, il lui arrive de le poser sur la table et de prendre un malin plaisir à ne pas le regarder", raconte un dirigeant du PS. 

"Hollande est sur notre dos en permanence", grince un ministre anonyme au journal, qui n'invente évidemment rien pour meubler ses pages. La situation est telle qu'une "réunion de crise" a eu lieu l'an dernier à l'Elysée pour évoquer "les SMS intempestifs du chef de l'Etat". Nous sommes donc dans le scoop rassis. "Mais il avait été statué que rien ne changerait puisque Hollande fonctionnait ainsi", raconte Libération. A la bonne heure !
"Lequel d’entre nous n’a pas pris un SMS dans la gueule depuis le début de quinquennat ?" En réalité, beaucoup de ministres n’ont jamais eu ce privilège. Car Hollande a le texto sélectif. Par exemple, Vincent Peillon, alors en charge de l’Education nationale, n’en a jamais reçu. L’ex-ministre de l’Ecologie Philippe Martin, en son temps, n’a même pas eu le numéro de portable du Président. Avec Montebourg, la relation SMS est très cyclique. Et strictement professionnelle. En période de crise (Florange, Alstom…), cela peut monter à plusieurs textos par jour, puis rien pendant plusieurs mois. Le dernier remonte au jeudi 10 juillet. Montebourg vient d’appeler à une réorientation du pacte de responsabilité. Le soir, SMS de Hollande. Le ton n’est pas au recadrage disciplinaire. C’est plus subtil, quelque chose comme "bon discours, mais ne pousse pas trop dans les media quand même". Le lendemain matin, à France Inter, Montebourg mettra effectivement la pédale douce. L’autre représentant de l’aile gauche du PS, Benoît Hamon, a, lui, toujours été soigné. En septembre 2012, la préparation du congrès de Toulouse se règle par SMS. "L’important, c’est le rassemblement, l’unité. Sur cette base, il est possible de tous travailler", écrit le président à son ministre de l’Economie sociale et solidaire de l’époque. On ne se refait pas, même en très peu de caractère, Hollande cultive l’art de la synthèse impossible. Pendant le psychodrame de Florange, il envoie à ses ministres préférés : "Il faut soutenir Ayrault tout en solidarisant Montebourg."

Hollande fait tout avec son portable.
Il n'est pas un gros travailleur, mais, on l'a compris, il textote. "C’est la meilleure façon de communiquer avec un président de la République, car on est sûr de ne pas tomber au mauvais moment", assuree un de ses amis. Le chef de l’Etat ne décourage personne, lit tous les SMS sans exception, répond à beaucoup, mais selon son bon vouloir. Lors de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, un intime lui écrit sur le mode ironique : "Il faut comprendre la droite, elle n’a pas l’habitude de l’indépendance de la justice." Pas de réponse. Comme souvent quand l'ennemi Sarkozy est évoqué: les murs ont-ils des oreilles? Les écoutes, il connaît !La séparation des pouvoirs, encore un de ces principes bons pour la presse
Un député avoue. "J’ai toujours fonctionné comme ça avec lui, donc je continue… mais je fais attention à ne lui envoyer que des informations qui peuvent lui être utiles", confie Gwendal Rouillard, un des rares jeunes députés PS à avoir une relation SMS quasi permanente avec le Président.Mais pour Hollande, ces SMS sont autant de palpeurs qui le relient à la vraie vie, pense-t-il, à un monde d’avant… avec lequel il ne veut surtout pas couper. Bernard Combes, son ami aujourd’hui conseiller à l’Elysée et maire de Tulle, lui donne des nouvelles de la Corrèze. Toutes sortes de nouvelles, y compris les plus anecdotiques. 
Et le quotidien de publier dans ses colonnes de nombreux exemples de SMS envoyés par François Hollande à ses ministres... Dont certains valent leur pesant d'or, si on est calé sous sa tente de plage à La Baule ou du camping de La Bourboule. 

Car Monsieur P'tite Blague ne prend rien au sérieux.
Le chef de l’Etat est facétieux. Le lundi 2 juin, en plein conflit des intermittents, le ministre du Travail, François Rebsamen, vient de se faire remettre en direct un molière "de la meilleure trahison" par l’acteur Nicolas Bouchaud. Un peu avant minuit, SMS présidentiel : "Alors comme ça tu as reçu un molière ?" L’ex-maire de Dijon appelle alors son ami Hollande, qui se fout gentiment de lui. "En fait, je crois que ça lui fait du bien d’avoir des amis dans ce gouvernement", glisse le ministre du Travail. 

Quelques semaines auparavant, François Hollande était devant sa télévision en train d’écouter le discours de politique générale de Manuel Valls. Assis sur les bancs de l’Assemblée nationale, plusieurs ministres hollandais reçoivent le SMS suivant du chef de l’Etat : "Mais souriez, vous êtes tendus !" Un variante du "souriez, vous êtes filmés" ?

Depuis l’arrivée de Valls à Matignon, rien n'a changé. 
La fonction est très prenante...
"Ça continue comme avant", assure un conseiller. Un visiteur du soir tempère : "Il fait un peu plus attention, il répond moins souvent. Donc, moi, j’en envoie un peu moins." Mais c’est plus fort que lui. Le SMS a pour Hollande cette vertu transgressive dont les personnes âgées sont friandes. Celle de court-circuiter le protocole comme ses collaborateurs. Début mai, c’est lui tout seul, et par SMS, qui monte un entretien avec une journaliste du Journal du dimanche. Il lui fait le coup du "retournement économique qui arrive". Son nouveau conseiller en communication n’avait pas été appairé. A l’Elysée, on s’est fait une raison depuis longtemps : Hollande n’abandonnera pas ses SMS. Un intime : "C’est sa méthode, et il considère que c’est la bonne, puisque c’est grâce à elle qu’il est devenu président de la République."

Pour tel autre, la marotte était la serrurerie...


mercredi 16 juillet 2014

Avignon: la ministre Filippetti bat en retraite face aux intermittents

La ministre de Hollande a été prise à partie par des dizaines de manifestants aux slogans hostiles

Aurélie Filippetti 
a quitté précipitamment le village du festival.
La ministre de la Culture a été accueillie par les slogans des intermittents hostiles qui ont provoqué son départ précipité du village du Off. Arrivée mercredi après-midi pour deux jours de visite dans la Cité des Papes où elle doit assister à plusieurs séminaires, la ministre était attendue au village du Off par son directeur, Greg Germain. 

"La ministre est arrivée vers 16 h 30, on a parlé, je lui ai fait part de ce que le Off souhaitait, on a fait un tour du village", a expliqué Germain. "Et puis sont arrivés les énervés [...], comme d'habitude une vingtaine de brailleurs qui hurlaient on ne veut pas de vous", a-t-il précisé. "On a appris qu'elle était au village du off, donc on s'y est précipité. Elle était attendue, et on a scandé des mots d'ordre pour dire dehors, dehors les enfumeurs", a raconté de son côté Marc Slyper, de la CGT spectacle, qui estime leur nombre à "une petite centaine"

"
Elle n'a pas essayé de parler. Elle est partie, ce qu'on lui disait de faire. Elle a rejoint sa voiture, elle est partie en courant", a-t-il poursuivi.

"On ne peut pas en parler"

Selon Denis Gravouil, également de la CGT Spectacle, certains militants "étaient là avec des masques de Filippetti [...]. Un moment, il a été dit : ça suffit l'enfumage, on n'est pas là pour discuter [...] Donc, du coup, elle est rentrée précipitamment dans sa voiture". "On ne peut pas empêcher quelqu'un de voyager, partout en France, ici c'est un pays libre", a déploré G. Germain. Selon lui,  elle aurait essayé de poser des questions, elle aurait essayé de dialoguer, "mais impossible [...] On ne peut pas parler ! C'est assez navrant".

Un peu plus tôt, réunis en assemblée générale, les membres des collectifs des festivals In et Off, de la CGT Spectacle et de la Coordination des intermittents et précaires, avaient décidé qu'ils ne la rencontreraient pas. "Tant qu'il n'y a pas d'ouverture de véritables négociations, il n'y a pas de raison de la rencontrer", avait précisé Jérôme Tisserand, de la Coordination des intermittents et précaires (CIP). 
Les intermittents se sont adressés directement au Premier ministre Manuel Valls, lui demandant un engagement, dès jeudi, d'ouvrir des négociations sur le nouveau régime d'assurance chômage contesté, essentiellement par les techniciens, les mieux protégés, à la différence des artistes.

samedi 22 mars 2014

Tribune de Nicolas Sarkozy: le républicain Manuel Valls refuse de débattre avec Henri Guaino

Qu'a donc  Valls à cacher?

Le ministre de l'Intérieur fuit le dialogue à propos de la tribune de Nicolas Sarkozy
Manuel Valls veut le monopole de la parole: il exige d'être seul à parler lorsque qu'il est l’invité d’une matinale. Vendredi 21 mars, sur Europe 1, le ministre de l’Intérieur est monté au front, comme de nombreux autres ministres, suite à la publication de la tribune signée Nicolas Sarkozy dans Le Figaro.
Le locataire de la place Beauvau s’exprimait en duplex depuis Valence, tandis que, dans le studio délocalisé gare de Lyon, Henri Guaino attendait son tour pour répondre aux questions de Jean-Pierre Elkabbach. Il était prévu deux entretiens successives, mais le ministre du changement et du dialogue ne voulait pas céder le micro.

Pas question, donc, pour  l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy d'obtenir un temps de parole et de s'exprimer avec Manuel Valls. Et lorsque Thomas Sotto suggère que Manuel Valls débatte avec Henri Guaino, la réponse du ministre est cinglante .
"Non non non ! Excusez-moi, monsieur Sotto. Nous avions prévu une interview du ministre de l’Intérieur sur un certain nombre de sujets. Il n'était pas prévu d’organiser un débat ce matin. […] Il ne sert à rien de créer du spectacle sur un sujet grave alors qu’il y a une telle attaque contre nos institutions."
Manque de respect républicain pour l'opposition

C'est donc seul, face à Jean-Pierre Elkabbach, que Manuel Valls a confessé son  "malaise" après la tribune de l’ancien chef de l’État. Selon lui, "on ne peut pas comparer la France à une dictature. […] Ce sont des paroles de divisions, de confusions, mots violents, outranciers qui traduisent une absence de sérénité", a-t-il jugé en trop de mots pour incarner cette sérénité.
"Nicolas Sarkozy, pris par une forme de rage, veut tout détruire pour se protéger."
Valls refuse de réagir à l'accusation d'un "cabinet noir"
Un policier de la police judiciaire aurait transmis -directement au ministre- les synthèses des transcriptions des écoutes illégales sur Sarkozy...
Lien PaSiDupes

dimanche 16 mars 2014

Les sages-femmes promettent une semaine "noire" au gouvernement

"Jeudi sera le point culminant" des revendications du collectif des sages-femmes 

Hollande à l'épreuve de ses promesses d'écoute et de dialogue

Un nouveau statut imposé est à l’origine d’une grève entamée en ...octobre 
Le collectif a promis dimanche une semaine "noire" dans les maternités, cabinets libéraux, en réponse au mépris du gouvernement.
Après cinq mois de mouvement, nous n’avons "toujours pas été entendues par le gouvernement", explique le collectif. Elles revendiquent la revaloriser de leur statut actuel de fonctionnaire en celui de praticien hospitalier.

L’intersyndicale de sages-femmes hospitalières  a décidé de poursuivre son mouvement
La CGT, CFDT, FO, SUD, UNSA et UNSSF sont mécontents de l’arbitrage de la ministre de la Santé Marisol Touraine, qui a promis de créer un statut médical pour les sages-femmes à l’hôpital mais au sein de la fonction publique hospitalière.

Vers une grève du zèle

Jusqu’ici les grèves des sages-femmes n’ont pas entraîné de grandes perturbations puisque dans les maternités et hôpitaux, elles peuvent être assignées pour assurer les soins aux patientes et aux nouveaux-nés.

A partir de lundi, "beaucoup de sages-femmes vont aller travailler en noir" pour rendre leur grève plus visible, a expliqué Caroline Raquin, sage-femme hospitalière à Colombes (92), membre de l'ARONSSF Ile de France. "Puisqu’on semble considérer que nous ne sommes pas autonomes, les sages-femmes vont solliciter la nuit les médecins, on les appellera chaque fois pour leur demander leur avis", a-t-elle ajouté.

L’ONSSF est l'unique syndicat professionnel -représentatif et apolitique- des sages-femmes de tous les modes d’exercice : salarié ou libéral.

Jeudi, le collectif appelle "à la fermeture des cabinets libéraux" et demande aux sages-femmes des centres PMI "de ne pas aller travailler"
C. Raquin annonce aussi "des actions coups de poing dans des maternités" le même jour.

Les sages-femmes refusent de couper le cordon avec la Fonction publique

Les sages-femmes discriminées dans tous les domaines

Les revendications sont pourtant simples et claires :

Les sages-femmes hospitalières sont la seule profession médicale à ne pas avoir accès au statut des autres professions médicales à l’hôpital !

Les sages-femmes enseignantes sont les seules à ne pas avoir de statut universitaire !

Les sages-femmes libérales sont la seule profession médicale à ne pas être connue du grand public dans toutes ses compétences, les seules à être absentes du premier recours !

Les étudiants sages-femmes sont les seuls étudiants médicaux à ne pas avoir accès à une formation universitaire autonome !

Depuis de longs mois, les sages-femmes se sont montrées responsables dans leur grève.
Elles ont continué à faire tourner maternités et cabinets, afin que leurs patientes aient un accès aux soins.
Elles ont accepté les discussions lancées par le ministère, avec autour de la table des syndicats qui ont nié leurs compétences, qui ont eu des propos diffamatoires dans les journaux …

La revendication du collectif de créer un statut comme celui des médecins
(praticiens hospitaliers) ne fait pas l’unanimité puisque l’intersyndicale de sages-femmes hospitalières (CGT, CFDT, FO, SUD, Unsa et UNSSF) s’était opposée à la sortie de la Fonction publique.