POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est CGT-Spectacle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CGT-Spectacle. Afficher tous les articles

jeudi 28 avril 2016

L'assurance chômage des intermittents motive en régions

Les incivilités "citoyennes" se multiplient

Le mouvement des intermittents commence à s'étendre en province

Odéon, théâtre public et... subventionné,
dirigé par Stéphane Braunschweig,
nommé par Fleur Pellerin 
Alors que les négociations sur le régime d'assurance chômage du spectacle doivent se poursuivre ce mercredi après-midi, après le théâtre de l'Odéon depuis dimanche soir et la Comédie Française mardi à Paris avec respectivement l'annulation des représentations de "Phèdre" avec Isabelle Huppert et de "Lucrèce Borgia", selon le compte Intermittents 2.0 sur Twitter,  cinq salles subventionnées sont aussi occupées désormais en province.

A Strasbourg (Bas-Rhin), les intermittents ont décidé d'occuper le Théâtre national (TNS). La décision a été prise mardi en début de soirée lors d'une assemblée générale (!) organisée dans les locaux du théâtre, et qui réunissait des intermittents, mais aussi des lycéens, étudiants, et des représentants du mouvement "Nuit Debout". "C'est une occupation, pas un blocage", a nuancé une comédienne présente sur place, précisant que les manifestants n'avaient en rien perturbé les deux pièces qui étaient jouées mardi au TNS.

Même chose à Montpellier (Hérault) au Centre Dramatique National. Les intermittents se sont réunis en assemblée générale pour décider une occupation jusqu'à jeudi avant d'assister à la projection du film "Merci patron".
Les théâtres de Caen (Calvados), le théâtre du Nord à Lille (Nord) et le théâtre du Port de la Lune à Bordeaux (Gironde) ont aussi décidé de rejoindre ce mouvement.

Après l'échec des négociations lundi soir, faisant suite aux précédentes depuis plusieurs années, mardi après-midi la Coordination des intermittents et précaires (CIP) a fait part de sa détermination avant la reprise des négociations. "Nous avons rendez-vous demain mercredi à 16 heures au ministère du Travail", a expliqué Denis Gravouil, secrétaire général de la Fédération CGT-Spectacle. "On veut arriver à un accord équilibré. Il faut que les employeurs prennent leur part de responsabilité." Mais, selon les intermittents de la CGT Spectacle, le compte n'y est pas.

Les artistes et techniciens du spectacle bénéficient déjà de règles spécifiques d'indemnisation du chômage.

Ce régime verse près d'un milliard d'euros chaque année, soit environ un quart du déficit général. Un cadrage financier, proposé le 24 mars par la partie patronale et signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC (syndicats minoritaires dans le spectacle) impose un effort global de 185 millions d'euros d'économies en année pleine d'ici à 2018 aux intermittents, mais suggère que l'État en compense une partie, de l'ordre de 80 millions. Mais l'Etat, c'est moins de 50% des Français, les contribuables.

Des conditions jugées "inacceptables" par la CGT et la Coordination des Intermittents et précaires (CIP) qui font planer la menace de perturber les prochains festivals. "Il nous manque encore deux choses pour parvenir à un accord. D'abord des éléments chiffrés qui nous permettront de savoir qui est touché par telle ou telle mesure, positivement ou négativement", a ajouté Denis Gravouil.
En cas de nouvel échec de la négociation, la CGT a déposé un préavis de grève reconductible à compter de jeudi.

VOIR et ENTENDRE les intermittents envahisseurs de l'Odéon dimanche:

Les intermittents envahissent le théâtre de l... par leparisien


La crise économique internationale qui perdure depuis 2008 et les déficits publics accumulés par Hollande depuis 2012 ne semblent pas "toucher" les mentalités particulières des travailleurs occasionnels du spectacle.

mercredi 16 juillet 2014

Avignon: la ministre Filippetti bat en retraite face aux intermittents

La ministre de Hollande a été prise à partie par des dizaines de manifestants aux slogans hostiles

Aurélie Filippetti 
a quitté précipitamment le village du festival.
La ministre de la Culture a été accueillie par les slogans des intermittents hostiles qui ont provoqué son départ précipité du village du Off. Arrivée mercredi après-midi pour deux jours de visite dans la Cité des Papes où elle doit assister à plusieurs séminaires, la ministre était attendue au village du Off par son directeur, Greg Germain. 

"La ministre est arrivée vers 16 h 30, on a parlé, je lui ai fait part de ce que le Off souhaitait, on a fait un tour du village", a expliqué Germain. "Et puis sont arrivés les énervés [...], comme d'habitude une vingtaine de brailleurs qui hurlaient on ne veut pas de vous", a-t-il précisé. "On a appris qu'elle était au village du off, donc on s'y est précipité. Elle était attendue, et on a scandé des mots d'ordre pour dire dehors, dehors les enfumeurs", a raconté de son côté Marc Slyper, de la CGT spectacle, qui estime leur nombre à "une petite centaine"

"
Elle n'a pas essayé de parler. Elle est partie, ce qu'on lui disait de faire. Elle a rejoint sa voiture, elle est partie en courant", a-t-il poursuivi.

"On ne peut pas en parler"

Selon Denis Gravouil, également de la CGT Spectacle, certains militants "étaient là avec des masques de Filippetti [...]. Un moment, il a été dit : ça suffit l'enfumage, on n'est pas là pour discuter [...] Donc, du coup, elle est rentrée précipitamment dans sa voiture". "On ne peut pas empêcher quelqu'un de voyager, partout en France, ici c'est un pays libre", a déploré G. Germain. Selon lui,  elle aurait essayé de poser des questions, elle aurait essayé de dialoguer, "mais impossible [...] On ne peut pas parler ! C'est assez navrant".

Un peu plus tôt, réunis en assemblée générale, les membres des collectifs des festivals In et Off, de la CGT Spectacle et de la Coordination des intermittents et précaires, avaient décidé qu'ils ne la rencontreraient pas. "Tant qu'il n'y a pas d'ouverture de véritables négociations, il n'y a pas de raison de la rencontrer", avait précisé Jérôme Tisserand, de la Coordination des intermittents et précaires (CIP). 
Les intermittents se sont adressés directement au Premier ministre Manuel Valls, lui demandant un engagement, dès jeudi, d'ouvrir des négociations sur le nouveau régime d'assurance chômage contesté, essentiellement par les techniciens, les mieux protégés, à la différence des artistes.

dimanche 13 juillet 2014

Festival d'Avignon: les intermittents ont encore frappé, samedi

Réussiront-ils à mettre le festival et les commerces en faillite?

O. Py apprend à se méfier sur sa gauche plutôt que sur sa droite


Six spectacles sur les treize prévus ce samedi au Festival d'Avignon ont été annulés dans le cadre du 'in', le festival officiel, en raison du mouvement des intermittents, a annoncé à la mi-journée le directeur du festival Olivier Py.


Pas moins de 13 spectacles sont donnés à Avignon dans le "In" ou festival officiel, qui avait repris après le coup de semonce sur l'ouverture quand les grévistes ont annulé les deux spectacles du 4 juillet, et après les intempéries. 
Le Prince de Hombourg qui avait déjà été annulé en ouverture le 4 juillet, faisait partie des cinq représentations promises lors d'une conférence de presse, éventuellement dans une forme allégée. Mais Py, le patron du festival, ne maîtrise rien et le doute subsistait sur les deux derniers spectacles au programme de la journée.

La CGT Spectacle et la Coordination des intermittents avaient lancé un appel à une nouvelle journée de grève samedi 
Le personnel du festival, consulté vendredi, s'était prononcé à 65% en faveur de la grève, mais la participation au scrutin n'avait pas dépassé 46%, et c'est spectacle par spectacle que les salariés ont voté samedi. 

L'emblématique "Prince de Hombourg" dans la Cour d'honneur, n'a encore pas été joué.
Parmi les quatre spectacles qui ont décidé de jouer, l'équipe d' 'Orlando', la pièce créée par Olivier Pyle directeur du festival, a choisi de verser son salaire du jour à la caisse de solidarité des intermittents du 'in'.  

Entre 1.500 artistes et techniciens du spectacle et employeurs (Syndeac), selon la police, et 3.000 à 5.000 selon les organisateurs ont par ailleurs défilé dans l'après-midi dans le centre ville. "Olivier Quy?", ont scandé les manifestants pour interpeller le patron de la manifestation.

Bilan provisoire: 138.500 euros de pertes pour le seul Festival
Les perturbations dans la programmation dues au mouvement des intermittents avaient déjà coûté 138.500 euros de pertes, avant les annulations de samedi, a calculé Olivier Py. "Je ne pense pas que la grève soit une bonne stratégie, c'est plutôt une tragédie", a-t-il commenté. 

Des manifestations et annulations partout en France

Aux Francofolies de La Rochelle, où ils sont assez discrets depuis l'ouverture, une cinquantaine d'intermittents vêtus de T-shirts noirs barrés d'une croix blanche ont organisé une marche funèbre avant le concert des Innocents. Ils sont montés sur scène sous les applaudissements du public. "Pendant dix ans, ceux qui sont maintenant membres du gouvernement ont soutenu nos propositions et affirmé que le protocole de 2003 [la précédente réforme du régime] était un mauvais accord. Aujourd'hui, ils agréent un accord qui reconduit le protocole de 2003 et l'aggrave", ont-ils dénoncé, amers. 

A Toulouse, les trois compagnies prévues au Théâtre du Grand Rond étaient en grève et leurs spectacles ont été annulés. 
Il n'y avait en revanche aucune perturbation attendue aux Nuits de Fourvière comme à Jazz à Vienne.

A Avignon, la contestation s'exprime aussi dans le Off, rassemblement de 1.100 compagnies en marge du festival officiel, mais les troupes, qui louent les salles très cher, ne peuvent se permettre pour la plupart de faire grève...

Ailleurs, la 34e édition de Montpellier Danse, achevée le 9 juillet, a finalement pu donner 38 représentations sur 48, 
tandis que le petit festival Uzès Danse était annulé, et le Festival de Marseille très touché.

Ils cassent leur outil de travail/
 Festival d'Avignon, samedi 12 juillet 2014
Les intermittents combattent la nouvelle convention chômage qui durcit leurs règles d'indemnisation. Vendredi, la justice a refusé de la suspendre en urgence. Depuis le début de la mobilisation, le Premier ministre, Manuel Valls, a multiplié les gestes pour tenter de déminer le conflit, annonçant une concertation sur l'intermittence puis la sanctuarisation des crédits du ministère de la Culture (hors communication) pour les trois ans à venir.

Interrogé sur la venue programmée de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti à Avignon, mercredi et jeudi, Olivier Py a souligné ne pas avoir connaissance qu’elle assistera à un spectacle. En début de festival, le collectif des salariés du festival avait souligné que les "membres du gouvernement sont persona non grata" au festival: "les spectacles n’auront pas lieu en leur présence".

A Avignon, outre la grève, une manifestation était prévue à partir de 14h30, tandis qu'à Paris, un concert de casseroles était organisé au Palais Royal.


Autre culture, autres moeurs
Parmi les spectacles emblématiques annulés figure le Mahabharata de Satoshi Miyagi. Les interprètes japonais "considérant que jouer est un acte sacré ont décidé de donner des extraits devant le Petit Palais (près du Palais des papes) gratuitement", a précisé Olivier Py. 

jeudi 3 juillet 2014

Intermittents: au festival d'Avignon: le gouvernement joue le pourrissement

Les socialistes abandonnent leurs artistes: ambiance électrique pour le "In" 

Incertitudes à la billeterie, ville PS en souffrance économique


Le festival a plus à craindre de la CGT que du FN ? Olivier Py avait politisé les municipales en stigmatisant les oppositions et singulièrement le FN. Aujourd'hui la ville a basculé à gauche et le festival 2014 s'annonce aussi tourmenté qu'en 2003, sous Jospin.

Le personnel (artistes, techniciens, etc) s'est prononcé massivement mardi 1er pour le maintien de l'événement, avec toutefois des "actions" ponctuelles... Une prise en otages des artistes et du public qui se tient sur ses gardes et tardent à réserver des places. Quant aux artisans et commerçants ils enregistrent déjà des pertes et crient haut et fort leur crainte de devoir licencier et déposer le bilan. 
Ca, c'est Le Prince de Hombourg...
Lors de la première de la pièce "Prince de Hombourg" mercredi, les intermittents en colère ont provoqué des discussions houleuses sur scène. 
Le Festival d'Avignon devrait toutefois démarrer vendredi 4 juillet, sous la menacé des intermittents du spectacle. Dès mercredi donc, plusieurs dizaines de grévistes ont interrompu la répétition générale du Prince de Hombourg dans la cour d'honneur du Palais des Papes, interrompant le spectacle par des applaudissements, et promettent d'autres perturbations sur les autres spectacles à venir.


Des comédiens présents étaient d'ailleurs passés du côté des plus forts du moment, affichant leur soutien aux revendications des intermittents en colère. Les spectateurs qui ont pris des billets s'inquiètent de savoir si la première de cette pièce mythique présentée par le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti pourra être donnée. Sera-t-elle retransmise comme prévu en direct sur France 2.  

Le doute plane désormais sur tous les spectacles et le service de billetterie enregistre déjà une perte qui ne peut que grossir. La menace sur l'avenir du festival 2015 est réelle, faute de trésorerie, et peut-être même au-delà...

Une profusion insensée de troupes
Les écolos ne trouvent rien à y redire...
Au supermarché de la culture à bas prix, 1.300 compagnies qui se produisent dans le "Off" sont, de leur côté, bien déterminées à jouer à Avignon (Vaucluse). Comme si de rien n'était, les comédiens se sont déjà lancés dans le collage d'affiches sur les murs, sans engagement de respect de la propreté qui incombera à la ville et à ses contribuables.

Fer de lance de la mobilisation des intermittents contre la nouvelle convention d'assurance-chômage, la CGT Spectacle,  appelle en revanche à une "grève massive" pour l'ouverture du festival, avant une autre journée de mobilisation le 12 juillet.
 

samedi 21 juin 2014

Les intermittents haussent le ton: Valls inaudible ne convainc pas

A la promesse de Valls, la CGT répond par une journée de "grève massive"

Manuel Valls, une voix qui crie dans le désert
Réponse des intermittents à Valls
La CGT-spectacle reconduit son préavis de grève à partir du 1er juillet et appelle à une journée de "grève massive" dans l'ensemble des secteurs le 4 juillet, jour de l'ouverture du festival d'Avignon. "Si le gouvernement ne nous entend pas pour sortir un plan d'apaisement équilibré et durable qui prenne en compte nos propositions, l'été ne se passera pas normalement", a prévenu vendredi le syndicat par communiqué.
Les intermittents du spectacle rejettent la nouvelle convention d'assurance-chômage,
Elle durcit en effet les conditions d'indemnisation de plusieurs catégories de chômeurs, dont les leurs. Alors que de nombreux festivals sont menacés, le Premier ministre a pomis jeudi que l'Etat - c'est-à-dire les Français imposables - prendraient à leur charge le délai de carence pour l'indemnisation des intermittents du spectacle. 

Le premier ministre a refusé de reporter l'agrément de la nouvelle convention chômage, et la CGT estime qu'il s'agit d'une "mesurette pour passer l'été". 

La CGT dénonce une collusion MEDEF-CFDT 

Dans les "cintres" de la DRAC de Lille
"Manuel Valls annonce que l'Etat va financer le régime des intermittents du spectacle, préfigurant une caisse autonome que souhaite le MEDEF et la CFDT depuis des années", accuse la CGT dans son communiqué. "Pas plus qu'une subvention à l'industrie ou au commerce, l'assurance chômage n'est pas une subvention culturelle, c'est un droit de tous les salariés." 

Plusieurs autres coordinations ont appelé à poursuivre la mobilisation. 
Une coordination nationale est notamment prévue les 2 et 3 juillet prochains à Avignon. 

Manuel Valls dessaisit Filippetti

Le Premier ministre a annoncé que trois experts seront chargés de plancher jusqu'à la fin de l'année pour formuler des propositions pour une remise à plat du système des intermittents
Intermittents sur le Pont d'Avignon,
Vaucluse, le 2 juin 2014
"La concertation avec les 'trois sages' peut être acceptable, à condition que nos propositions soient examinées, celles partagées dans la profession, popularisées comme 'plateforme du comité de suivi'. Elles sont portées depuis plus de dix ans tandis que les signataires de l'UNEDIC ont toujours refusé de les étudier", répond la CGT.
La nouvelle convention Unedic plafonne le cumul revenus d'activités-indemnités des intermittents à 175% du plafond de la Sécurité sociale, soit 5.475,75 euros bruts par mois

Une autre annexe introduit un délai de carence pour leur prise en charge par l'assurance chômage et augmente le taux global de leurs cotisations et de celles de leurs employeurs de 10,8% à 12,8%. De quoi réduire les avantages des plus précaires et le sur-nombre d'intermittents attirés par des conditions d'indemnisation exceptionnelles.

vendredi 20 juin 2014

Intermittents : la CGT menace le festival d'Avignon plus sûrement que le FN

Olivier Py adopte désormais un profil bas

Lors des municipales, Olivier Py,
le directeur du Festival d'Avignon, avait déclaré qu'il refuserait de travailler avec le Front national 
si ce dernier remportait la mairie. 

Le démocrate ne voyait alors que deux solutions, soit démissionner, soit délocaliser le Festival, "parce que je ne me sens absolument pas de travailler avec une municipalité Front national." Il soupçonnait une culture qui est "évidemment repliée sur elle-même qui ne s’intéresse plus à la parole de l’étranger, qui ne s’intéresse plus à l’international et qui fait du populisme croyant faire du populaire…"

Le Festival est maintenant menacé par la CGT

Le syndicat d'extrême gauche maintient son appel à la "grève massive" pour tout le mois de juillet. Manuel Valls a beau faire des promesses pour apaiser les esprits, le mouvement de grogne des intermittents devrait se poursuivre et menacer les festivals d'été. La CGT-Spectacle a en effet reconduit vendredi son préavis de grève pour tout juillet. Le syndicat appelle même à une "grève massive" le 4 juillet, jour de l'ouverture du festival d'Avignon.

"L'été ne se passera pas normalement,  "si le gouvernement ne nous entend pas pour sortir un plan d'apaisement équilibré et durable qui prenne en compte nos propositions."  Le préavis de grève, qui court jusqu'au 30 juin et qui a déjà occasionné de nombreuses perturbations dans les festivals, est "reconduit à partir du 1er juillet pour tout le mois".

Valls est passé aux menaces contre le syndicat. Jeudi, après avoir reçu le rapport du médiateur du député PS Jean-Patrick Gille, le Premier ministre a multiplié les annonces, soufflant le chaud et le froid. D'un côté, la réforme de leur assurance-chômage sera appliquée, mais en repoussant provisoirement sa mesure la plus contestée et en sanctuarisant les budgets. 

 Valls donne des coups de menton, mais recule

 Olivier Py dans tout son style
"Les intermittents concernés ne verront pas de changement de leur situation par rapport à la situation actuelle"
En effet, l'Etat prendra à sa charge le "différé d'indemnisation", mesure que les intermittents dénonçaient puisqu'elle rallonge le délai de carence entre la perception des derniers revenus et le versement des allocations-chômage.
L'Etat, ce n'est pas Valls, c'est nous. 
Au final, la réforme sera appliquée. "Je le confirme, cette convention doit être agréée et elle sera agréée par le gouvernement. Il y va du respect de la signature des partenaires sociaux majoritaires qui l'ont signée", a maintenu Manuel Valls. Il reste ferme, mais si l'Etat financera Pôle Emploi, c'est-à-dire qu'il fera l'avance, aggravant les déficits publics, ce seront en fait les Français imposables qui paieront 90 millions d'euros en année pleine, pour apaiser les intermittents...

Deuxième pas en arrière: un effort sur le budget de la création  

La bonne volonté des Français est sans limites. Le Premier ministre a annoncé que le budget alloué au spectacle vivant et à la création artistique serait maintenu pour les trois années à venir, jusqu'en 2017. Il a tenu à souligner qu'il s'agissait d'un "effort très significatif", fait "en plein accord avec le président de la République". Filippetti ne joue plus que les seconds rôles.

Une réflexion globale pour préserver l'avenir. Manuel Valls a annoncé un mission pour redéfinir le statut des intermittents. Une équipe de trois -les troïka se multiplient- , à laquelle participera l'actuel médiateur, devra plancher sur un nouveau cadre. "Il nous faut rompre avec ce cycle infernal de crises et de tensions" pour mettre en place "un cadre enfin sécurisé et stabilisé", a-t-il déclaré, avant de conclure : "il va falloir inventer, innover, créer, les conditions d'une nouvelle donne pour l'intermittence".

Et Olivier Py reste en coulisses

Alors que la menace cégétiste est aux portes du festival qu'il dirige, Py ne démissionne plus: plutôt que de se délocaliser sur l'autre rive du Rhône, il se maintient et joue les oies du Capitole. La billetterie a été ouverte ce lundi et le directeur de la manifestation a fait part de son inquiétude au micro d'Yves Calvi, sur RTL. "La menace est réelle : si le gouvernement agréé cet accord, il y aura grève et si il y a grève il y aura sûrement arrêt du festival et des festivals", a-t-il prédit, avant d'en appeler à Matignon. "Je pense que c'est à Manuel Valls de prendre une décision… qui sera peut être difficile, et à convaincre les deux syndicats qui ont signé qu'il faut revenir à la table de travail !", a estimé le  théâtreux.

Olivier Py fait le grand écart: à la fois il rappelle qu'il doit sauver " l'édition 2014 (mais peut-être aussi les suivantes) et non seulement défend la grève, "droit inaliénable de la République", mais "applaudit même les grévistes courageux" ! Les artistes ne sont pas des comptables -pas même en intermittence-  mais "le coût d'un arrêt du festival se chiffrera peut-être à 4 ou 5 millions d'euros, et l'avenir même de l'institution festival est mise en danger. On ne sait pas qui renflouera l'énorme trou que va causer cet arrêt du festival. On est face à une véritable catastrophe." D'ailleurs, pourquoi le public miserait-il un kopec sur cette entreprise qui part à vau-l'eau?

Valls a froncé le sourcil, mais les intermittents n'abandonnent pas un si beau rôle  Le premier ministre parle, mais est inaudible. La CGT a appelé vendredi 20 juin, à une "grève massive" pour l'ouverture du Festival d'Avignon, le 4 juillet, et reconduit son préavis pour tout le mois de juillet.
 

samedi 7 juin 2014

Des intermittents bloquent l'Opéra de Montpellier

Le mouvement s'intensifie

La force est le pari des artistes et des techniciens du spectacle
Quand le spectacle est bon...
Les occupations et annulations de spectacles visent à faire céder le ministre du travail, François Rebsamen.

A l’Opéra-Comédie de Montpellier, mercredi 4 juin, la première représentation de La Traviata de Verdi, un opéra mis en scène par Jean-Paul Scarpitta, a été annulée suite à l’occupation du plateau par environ trois cents intermittents du spectacle. 

Paul-Marie Plaideau (50 ans, ci-contre à droite), de la Coordination des intermittents et précaires (CIP) de Montpellier, justifie les moyens: 
"Les équipes de l’Opéra étaient un peu inquiètes, et surprises, car nous ne les avions pas prévenues. Nous avons eu un échange avec le personnel de l’Opéra, constitué essentiellement de salariés permanents. Puis, voyant que nous ne quittions pas le plateau, la direction a décidé d’annuler la représentation, vers 21 heures."
Des intermittents du spectacle manifestent
 le 12 mars 2014 à Strasbourg

 
En avril 2014, quelque 200 intermittents du spectacle avaient déjà occupé une salle municipale de spectacles à Toulouse et provoqué l'annulation du concert de musique classique qui y était programmé, a-t-on appris de source policière.

En mai, le journal de France 3 Nord/Pas-de-Calais a été interrompu au milieu du programme par une trentaine d'intermittents du spectacle.
"Sans intermittents, pas de spectacle", proclamait une feuille de papier, brandie à côté de la coprésentatrice par l'un des intermittents qui ont fait irruption sur le plateau, provoquant l'interruption du journal télévisé, qui n'a pas repris.

L'Appel de Montpellier

Manifestation d'intermittents le 14 mai à Paris
Cette occupation  était présentée comme était aussi une action de solidarité en direction de l’équipe du Printemps des Comédiens : en effet, ce festival de théâtre, situé également à Montpellier, est en grève depuis mardi 3 juin, pour protester contre l’accord sur l’assurance-chômage signé le 22 mars.

Un "ultimatum" a été adressé au ministre du Travail, lui demandant de ne pas agréer le texte, et de rouvrir des négociations sur la base de propositions alternatives. Au Printemps des Comédiens, la situation devient sensible : la poursuite du mouvement pourrait se traduire par l’annulation du festival, prévu jusqu’au 29 juin. 

La CGT-Spectacle a adressé un préavis de grève national, le 4 juin, qui prend effet à minuit

Les partenaires sociaux ont décidé de mesures d'économies sur le régime des intermittents du spectacle et demandé l'ouverture de négociation avec l'Etat sur le sujet, selon un projet d'accord conclu dans la nuit de vendredi 21 à samedi 22 mars.
Le texte présenté par le patronat a recueilli un premier avis positif de la CFDT, la CFTC et FO. La CGT et de la CFE-CGC s'y sont opposés. Les syndicats doivent consulter leurs instances dirigeantes avant de signer officiellement cette nouvelle convention UNEDIC, qui devra aussi être agréée par l'Etat.

Près de 200 manifestants contre l’austérité 
à l’appel du Front de Gauche ont occupé 
une caserne désaffectée de la rue de Reuilly 
  à Paris, en avril 2014.
Le cumul entre allocations versées et salaires sera désormais plafonné à 5.475,75 euros bruts par mois, et un nouveau différé d'indemnisation est mis en place.
Le projet d'accord prévoit également une augmentation des cotisations des salariés et des employeurs du secteur par rapport aux taux appliqué actuellement.
Les signataires demandent enfin à l'Etat d'ouvrir des négociations avant la fin 2014 sur "les moyens de lutter contre la précarité" dans le secteur, "notamment en favorisant le recours au CDI, ainsi que sur la liste des emplois concernés" par le régime de l'intermittence.

La République a bon dos
Les intermittents refusent de subir un accord qui met à mal leurs avantages. 
Mais la reconduction de la grève est-elle concevable si elle doit nuire à leur propre outil de travail et quand le pays est en crise ? 
Si d’autres scènes artistiques prennent le relais et rejoignent le mouvement, alors le Printemps des Comédiens pourra pourtant souffler, selon les intermittents mobilisés. Sur le plateau de l’Opéra de Montpellier, l'un de ces intermittents a lu "l’appel de Montpellier":
"Il appartient à chacun, artiste, technicien, salarié et directeur de structures culturelles, de prendre sa responsabilité et de rejoindre le mouvement de grève."
Hidalgo fait pression sur Rebsamen

Le silence du gouvernement encourage désormais les affrontements au sein du PS, notamment son aile gauche. Après le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, après la maire de Lille, c’est en effet au tour d’Anne Hidalgo, une proche de Martine Aubry, d’interpeller François Rebsamen : mercredi 4 juin, la nouvelle maire de Paris a écrit une lettre au ministre du travail, l'enjoignant de "rouvrir la discussion avec l’ensemble des partenaires".Selon elle, l’accord ne serait "pas à la hauteur d’une réforme progressiste et nécessaire" de l’intermittence du spectacle. 

Mardi 3 juin sur Europe 1, la ministre de la Culture et de la communication, Aurélie Filippetti, a pataugé dans le flou, évoquant de vagues "pistes" à l’étude, comme des "Assises de l’intermittence", ou un fonds d’aide aux intermittents les plus précaires.

Si le Festival d'Avignon est perturbé,
ce ne sera pas la faute du FN...
Mais les intéressés sont susceptibles et ne veulent pas être considérés "comme des mendiants", avec un "régime à trois vitesses". Ils veulent "un accord juste et équitable".

Les intermittents du spectacle  ne sont pas d'accord avec la convention de l'assurance-chômage. Le régime spécifique des intermittents est pratiquement unique au monde. Il y a 30 ans, ils étaient 9.000; ils sont aujourd'hui plus de 100.000 et la Cour des Comptes dénonce régulièrement de nombreux abus.

"Comme un effort était demandé aux demandeurs d'emplois, l'idée était que cet effort soit partagé" par les intermittents, a indiqué la négociatrice de la CFDT, Véronique Descacq. Selon elle, ces mesures représenteraient 165 millions d'euros entre économies et nouvelles recettes.