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vendredi 12 juin 2020

Violence sexuelle d'un immigré dans un train des Bouches-du-Rhône

Islam Dendani nie l'agression d'une jeune européenne sur la ligne Gardanne-Marseille 

Avec les anti-racistes racisés du moment, le jeune musulman n'y voit pas une violence raciste, mais une drague lourde
On est Français quand on respecte
les usages, la culture et les lois du pays

Le sursis a paru suffisant au tribunal des Français racistes pour cette atteinte à l'honneur d'une jeune mécréante.<br>Les faits se sont déroulés dans le TER Marseille-Gardanne, peu avant 21h, le 27 novembre dernier. La jeune fille de 19 ans se trouvait seule dans un wagon du TER Marseille-Gardanne, quand un jeune adulte majeur de 18 ans a profité de l'isolement de sa victime pour tenter de la violer.
Trois mois avec sursis pour un apprenti dans le TER Marseille-Gardanne

Le sursis a paru suffisant au tribunal des Français racistes pour cette atteinte à l'honneur d'une jeune mécréante.<br>Les faits se sont déroulés dans le TER Marseille-Gardanne, peu avant 21h, le 27 novembre dernier. La jeune fille de 19 ans se trouvait seule dans un wagon du TER Marseille-Gardanne, quand un jeune adulte majeur de 18 ans a profité de l'isolement de sa victime pour tenter de la violer. 


"Il a volu m'embrasser à deux reprises. Je l'ai repoussé. Je lui ai dit de dégager. Ensuite, il a essayé de mettre sa main dans ma culotte," rapporte l'innocente proie sexuelle.
Trois mois avec sursis ! La victime a pourtant suivi les recommandations des autorités de ce pays, telle Marlène Schiappa, sous-ministre en charge de l'égalité des femmes d'abord et des hommes, subsidiairement, et ses campagnes de sensibilisation appelant à dénoncer de tels faits.
La jeune fille a subi un préjudice psychologique lourd. Au point d'appeler son père dès son arrivée en gare de Gardanne, lequel alertera les gendarmes.

L'agresseur présumé, Islam Dendani, 18 ans, nie les faits. 
Suivant les consignes de son avocate, la version que le jeune de famille algérienne a soutenu devant le juge fait passer la victime pour une menteuse : "J'ai posé ma main sur sa cuisse [normal !], mais pas pour un truc sexuel [quel est le truc ?]. Je lui ai parlé normal !" La normalité varie selon la latitude... 

Les images saisies montre un homme se penchant à deux reprises vers une jeune fille, ce qui accréditerait la thèse qu'il a bien tenté de l'embrasser. Le reste n'est pas probant. Pour Me Louis Rousseau, qui assistait hier la jeune femme, "les limites de la séduction ont été dépassées depuis bien longtemps". Pour "l'avocat", selon La Provence (mais une avocate, en vérité), il ne fait aucun doute que sa cliente dit la vérité, "sinon elle ne se serait pas précipitée à la gendarmerie dès le lendemain".
 
Les faits sont "caractérisés", a estimé le procureur, une femme, Marine Pare. L'individu, un apprenti boucher, a été identifié grâce à sa carte de métro. "Il faut que monsieur comprenne que, quand une femme le regarde, cela ne veut pas dire : viens me draguer et viens me peloter", assénera le ministère public qui a requis huit mois de prison avec sursis.

En défense, Me Anne-Laure Gasperini
- oui, une femme, qui ne prend pas souvent le TER à 21h00 - a plaidé la relaxe, décidant qu'elle plaide "un dossier de doutes", un dossier bâti sur "des perceptions différentes", selon que le côté où l'on se place. 
"On est en présence d'une fin de non-recevoir, opposera la défense. Peut-on en déduire qu'il a commis une agression sexuelle sur madame ? Une main sur une cuisse, ça n'est pas une agression sexuelle." Où est la limite ? Si les femmes n'en connaissent pas, comment les hommes le sauraient-ils ?

Le mis en cause devra verser 1.000 € à la victime au titre de l'indemnisation de son préjudice moral.

mardi 22 octobre 2019

Selon Macron, l'insécurité des usagers de la SNCF ne justifie pas une grève des cheminots

Un sondage commandé par BFM va-t-il prétendre que Macron gagne en popularité ?

La situation de la SNCF "ne justifie pas de bousculer le quotidien de nos concitoyens", estime Macron

Résultat de recherche d'images pour "cheminots insecurité"Le président de la République s'est enfin exprimé mardi,  pour la première fois depuis le début du mouvement de cheminots en colère - débuté le jeudi soir précédent -  qui a fortement perturbé le trafic ferroviaire lors du weekend chargé de départs pour les vacances de la Toussaint, incidemment - et cynisme - en marge d'un déplacement à Mayotte.

Le trafic SNCF est quasi normal ce mardi 22 octobre, au cinquième jour de perturbations du réseau SNCF et de propagande anti-sociale de la presse gouvernementale ouvertement positionnée aux côtés des voyageurs perturbés par le conflit entre syndicats et direction du groupe. Les usagers n'ont pas eu conscience que le recours des cheminots au droit de retrait en cas d'exposition à une risque majeur vise à attirer l'attention sur les risques encourus par les usagers de la SNCF quand le seul professionnel à bord du train est le conducteur et qu'il est placé face à un accident qu'il est le seul à pouvoir gérer. Ce jour-là, en Champagne-Ardenne, un convoi resté bloqué dans un passage à niveau près de Reims avait provoqué une collision qui a fait onze blessés, dont certains ont dû être hospitalisés. La mise en oeuvre de leur droit de retrait du fait de l'insécurité des trains circulant sans contrôleur, sous la seule responsabilité du conducteur unique - vise à revenir sur l'organisation à bord des trains en sorte d'assurer la sécurité des personnels et des usagers. 

"La coordination est étroite entre le Premier ministre et le gouvernement", a raconté dans la journée Macron, interrogé par BFMTV depuis Mayotte où il effectue un déplacement. "Le Premier ministre et les ministres (...) font ce qu'ils doivent faire dans un contexte qui est, on le sait, difficile", a une fois de plus disserté le président sans faire avancer le sujet.

Et de passer la main dans le dos des usagers : "J'ai une pensée pour tous nos compatriotes qui ont pu être bloqués dans des moments de départs en vacances dans les transports", a-t-il assuré. "Je pense que le pays doit débattre, des transformations doivent se conduire, aussi parce que nous devons changer beaucoup de choses. Ça ne justifie pas, à mes yeux en tous cas, de bousculer le quotidien de certains de nos concitoyens qui est déjà parfois largement contraints", a également polémiqué le partisan.

Et de conclure avec dédain : "Je ne vais pas commenter l'actualité de l'Hexagone et surtout ce que le gouvernement est en train de faire et de bien faire", a lancé cet habitué des commentaires de politique intérieure depuis son jet présidentiel au-dessus des océans.

"Bien faire, c'est polémiquer - "grève sauvage" ou droit de retrait - et menacer à la fois de poursuites judiciaires et de retraits sur salaires ?

Résultat de recherche d'images pour "greve des cheminots contre insecurité"
Le dessinateur Alex participe à la propagande 
gouvernementale, au détriment des usagers
Le gouvernement de l'ex-banquier socialiste à la banque Rothschild brandit le baton. De nombreux agents de la SNCF ont fait valoir leur droit de retrait vendredi après la collision mercredi soir entre un TER reliant Charleville-Mézières à Reims - dans lequel le conducteur était le seul agent SNCF présent - et un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau. Le conducteur, touché à une jambe, a dû porter secours aux voyageurs, dont onze blessés sur quatre-vingt-dix voyageurs.

"Grève surprise" pour la direction de la SNCF, droit de retrait, selon les syndicats, pour contester un mode de fonctionnement (un cheminot par TER) inapproprié à la sécurité des uns et des autres.  Samedi, l'Edouard avait même dénoncé un "détournement du droit de retrait" et une "grève sauvage". En "demandant à la SNCF d'examiner toutes les suites, y compris judiciaires, qui pouvaient être données lorsque des gens ne respectent pas la loi",  l'exécutif prend fait et cause contre les usagers de l'établissement public et les oriente vers la concurrence.
Durant le quinquennat de Hollande, le 7 janvier 2015, la SNCF a annoncé la suppression de 1.100 postes au cours de l'année 2015. En 2016, elle a encore supprimé 1.400 postes. Le 19 février 2016, le secrétaire d’Etat aux transports, le socialiste Alain Vidalies, 2014-2017, annonça le désengagement de l’Etat de six des huit lignes Intercités de nuit. Seules les lignes Paris–Briançon et Paris–Rodez– Latour-de-Carol seraient encore financées par l’Etat. En mars 2016, la SNCF effectua une dépréciation d'actifs de 12 milliards d'euros : la SNCF avait en effet enregistré une perte nette comptable record. 
Mises en cause dans la dépréciation de la valeur des actifs de SNCF Mobilités, sont pour moitié " des baisses de prévision de trafic dues à la montée de la
concurrence d’autres modes de transports comme le covoiturage, le "low cost" aérien, ou l’autobus".
Mais il faut citer aussi l'
ouverture du marché du transport ferroviaire aux compagnies étrangères. Différentes sociétés peuvent désormais commercialiser leurs services de transport ferroviaire pour les voyageurs et pour le fret, en mettant progressivement fin au monopole de la SNCF créée en 1937 par fusion des sociétés publiques et privées. Cette ouverture est conduite dans le cadre de la réglementation communautaire de l'Union européenne. Outre six des huit lignes "Intercités de nuit" déjà mentionnées (et deux TET diurnes, Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon en 2022), de nouveaux opérateurs privés ou publics tels que Deutsche Bahn allemande et la Trenitalia sont arrivés sur le réseau français, ainsi que, au niveau des trains locaux, les sociétés Transdev (filiale à 66% de la Caisse des Dépôts et Consignations), une filiale de la Deutsche Bahn, Arriva des chemins de fer néerlandais Abellio, ou encore MTR (exploitant du métro de... Hong Kong) s'implantent également...
Le gouvernement a ravalé ses menaces
La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a rappelé mardi sur France Inter que "la SNCF avait annoncé que, puisque le travail a repris, elle ne lancerait pas de poursuites" judiciaires...

mardi 15 octobre 2019

Inédit avec Macron : à l'usure, les pompiers, poussés à se mobiliser dans la rue

Les forces de l'ordre n'hésitent pas à aller à l'affrontement avec les soldats du feu 

Pour réclamer moyens et sécurité, des centaines de sapeurs-pompiers en grève, venus de toute la France, se sont réunis  à Paris

Des centaines de pompiers venus de toute la France se sont réunis, mardi 15 octobre 2019 à Paris, pour réclamer plus de sécurité, une revalorisation de leurs salaires et le maintien de leurs retraites.
Des centaines de pompiers à Paris pour réclamer plus de sécurité, 
une revalorisation de leurs salaires et le maintien de leurs retraites 

Depuis juin 2019, des sapeurs-pompiers de toute la France déposent des préavis de grève, dénonçant leurs conditions de travail. D’autres manifestations ont déjà eu lieu ces derniers mois, notamment à Versailles (Yvelines).
Poussés à bout, comme les Gilets Jaunes, les exploitants agricoles ou les hospitaliers, ils sont rassemblés place de la République à Paris pour une manifestation d’envergure, mardi 15 octobre 2019. Le pouvoir macronien fait la sourde oreille à leurs revendications - plus de sécurité, une retraite assurée, une revalorisation de la prime du feu et des moyens. 
Parti de République en début d’après-midi, le cortège devait se disperser à Nation, vers 18 heures. Mais c'était sans compter avec les policiers...
Résultat de recherche d'images pour "canon eau policiers contre pompiers"
En milieu d’après-midi, lorsque la tête du cortège a tenté d'éviter les forces de police en quittant l’itinéraire, rue de Chaligny, en direction de la place de la Nation, les gendarmes leur ont barré la route et de vives tensions ont éclaté entre gendarmes et pompiers. Les premiers ont été renforcés par les CRS et ont fait usage d’un canon à eau et de gaz lacrymogènes. Les pompiers ont rétorqué avec des jets de projectiles et de fumigènes.
Au bout de quelques minutes, le calme est revenu et tous ont repris le chemin de Nation, où le cortège était resté. 

Les pompiers refusent de servir de punching-ball à la police et aux voyous

Image associée"On est là pour se faire entendre, alors on est venus pour une manif puissante et bruyante", tonne un gaillard de 29 ans, sapeur des Hauts-de-France. Il joint la parole aux actes en allumant un des innombrables pétards qui claquent, mardi midi, sur la place de la République enfumée par les fusées et fumigènes craqués.
Pompier depuis quatre ans, l'homme explique qu’un de ses collègues a été agressé, "début juillet en plein dans une intervention, et en même temps des copains se faisaient foncer dessus par un taré". Ces agressions ont eu lieu le 5 juillet. "On n’a pas signé pour être des punching-balls", martèle Mickaël. Les agressions dont les pompiers sont la cible font partie des griefs qui les amènent dans la rue mardi. 
Des pompiers mobilisés ont escaladé la statue de la Victoire,
place de la République, drapeaux en main. 

Aucun gréviste n’est convaincu par l’annonce du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner
Il souhaite les équiper de caméras piétons. "Foutaises, quand on se fait cogner c’est par derrière", tacle un autre pompier nordiste. 

Moyens, retraites, salaires : "La liste est longue !"

Vidéo. Manifestation des pompiers : des policiers s’excusent après les tensions"Ce qu’il nous faut, c’est des moyens", ne transige pas un soldat du feu. Comme les autres sapeurs-pompiers mobilisés, venus de 90% des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) de France, soit 5% de grévistes selon Christophe Castaner. 
André Goretti, président du FA/SPP-PATS, premier syndicat sur neuf, a dénoncé 'les pompiers en sous-effectifs", surexploités pour des missions d’ambulances. Et le sauvetage de chats dans les arbres...
En tenue de travail et parfois grimés, les pompiers marchent de République à Nation.
En tenue de travail, les pompiers grévistes doivent parfois se grimer pour ne pas être reconnus et maltraités
Les pompiers attendent également du gouvernement – et des collectivités qui les financent – la revalorisation de leur prime de feu à 28% de leur salaire, contre 19% aujourd’hui, et le maintien de leur retraite.

"La liste est longue !" en effet...

vendredi 4 octobre 2019

Préfecture de police de Paris: agression au couteau céramique de quatre policiers

L'"auteur" (CNews) des égorgements de policiers est présenté  comme un illuminé : premier pas vers l'annonce d'un déséquilibre

Quand les préfectures de police ne sont pas sécurisées et sûres 

Dans un tel pays, les citoyens sont-ils en sécurité ?
L'"état d'urgence" décrété pour la septième fois en France suite aux attentats du 13 novembre 2015 et prorogé à deux reprises, le 19 novembre, le 16 février et a été reconduit jusqu'à l'été, devait prendre fin le 26 juillet 2016 mais à la suite des attentats qui ont touché Nice la nuit du 14 juillet durant les feux d'artifices de la fête nationale, le président Macron a décidé de le prolonger de 6 mois de plus. L''assemblée vota la prolongation de l'état d'urgence de 7 mois supplémentaires pour mener au 15 juillet 2017, après les élections présidentielles, ainsi que les législatives de juin, le sénat validant cette prolongation jusqu'au 15 décembre 2016. Après une nouvelle prolongation, l'état d'urgence a pris fin le 1er novembre 2017.

Résultat de recherche d'images pour "don quichotte et sancho pança"
Salarié par le ministère de l'Intérieur, l'assaillant a tué quatre de ses collègues de la Préfecture de police, sur leur lieu de travail. Le premier ministre, flanqué de Castaner, ministre apparent de l'Intérieur et de son secrétaire d'Etat Laurent Nuñez, le seul professionnel de la bande, s'est "aussitôt" rendu sur place, preuve que tout est fait au sommet de l'Etat... Le président  Macron a même dû se montrer sur les lieux, au coeur de Paris, et retarder son déplacement à Rodez où il est reparti pour un cycle de faux débats et de vrais monologues adressé à des sympathisants sur le thème de la réforme des retraites.

"Une attaque au couteau s'est produite au sein de la Préfecture de police", sur l'Ile de la Cité, dans le IVème arrondissement de Paris, eu avant le JT de 13 heures ce jeudi, indique l'AFP. L'attaque a fait quatre morts - par égorgements au couteau-céramique -  auxquels il faut ajouter celle de l'assaillant. Ce dernier travaillait à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP). Un policier stagiaire a mis un terme au massacre en neutralisant le fanatique avec son arme : pourquoi ne pas le dire, un pistolet mitrailleur. 

Résultat de recherche d'images pour "Direction du renseignement de la préfecture de police"
La piste aussitôt privilégiée fut celle d'un "conflit interne" - pourquoi ne pas le dire, sa hiérarchie, bien que l'individu ne soit pas connu pour des "difficultés comportementales", selon Castaner. L'employé faisait partie du service informatique de la DRPP et souffrait d'un handicap: il était sourd et muet à 70% et avait des difficultés d'élocution. Ainsi bénéficiait-il d'un emploi protégé, curieusement, dans un secteur pourtant ultra-sensible.

Didier Lallement, actuel préfet de police de Paris, est étrangement discret. Outre la triplette Philippe-Castaner-Nuñez et le procureur de la République de Paris, le locataire de l'Elysée en campagne des municipales n'a pas manqué de "témoigner son soutien et sa solidarité à l'ensemble des personnels", au lendemain de la "Marche de la colère" à laquelle des milliers de policiers ont participé en masse dans la capitale pour protester contre leurs conditions de travail, mercredi 2 octobre à Paris, une action inédite depuis les années 60.

Des mesures de sécurisation dignes d'un attentat terroriste

Le quartier a été bouclé par les forces de l'ordre, avec des fourgons de police et de nombreuses barrières. 
A deux pas de N-D de Paris, la cathédrale incendiée en avril 2019 
Le personnel de la Préfecture de police a par ailleurs été évacué. Par sécurité, la station 'Cité' de la ligne 4 du métro parisien a été fermée.
Le secrétaire Ile-de-France du syndicat Alliance Police nationale, Loïc Travers, affirme qu'une "cellule psychologique" a été mise en place, "la moindre des choses quand on voit la gravité des faits". 

Parmi les victimes de leur collègue
, un fonctionnaire de police depuis 20 ans, une femme et trois hommes, à la fois des policiers et des agents administratifs. 

mardi 13 mars 2018

Mayotte : des milliers de manifestants défilent avant une rencontre avec Girardin

La ministre des Outre-mer ne convainc ni à Saint-Martin, ni à Mayotte

Les initiateurs du mouvement ont boudé la ministre : 
inappropriée face à une population mahoraise à 95 % musulmane sunnite ? 

Manifestation du 7 mars 2018 à Mamoudzou
Plusieurs milliers de manifestants ont défilé ce jour  à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, archipel où les catholiques de la République n'ont pas le droit de faire sonner leurs cloches avant la messe, alors que dans l'après-midi la ministre des Outre-mer doit rencontrer les initiateurs du mouvement de contestation populaire qui entre mardi dans sa quatrième semaine. La rencontre d'Annick Girardin, en déplacement à Mayotte depuis lundi, avec l'intersyndicale et le collectif est programmée à 14 heures (midi, heure de Paris).

Les manifestants sont-ils frontistes ??
Ils protestent contre l'insécurité et l'immigration clandestine et réclament davantage de présence de l'Etat, alors que Macron rentre de trois jours passés en couple en Inde. "On est là pour crier notre colère. A partir d'aujourd'hui, nous allons défier le gouvernement", a lancé un porte-parole du collectif, au début de la manifestation. Mercredi dernier, un autre rassemblement avait déjà réuni plusieurs milliers de personnes. 

L'intersyndicale et le collectif avaient refusé de rencontrer la ministre lundi - elle a seulement discuté avec des élus -, dénonçant une "mascarade" et regrettant qu'il n'y ait "aucune intention de mener de véritables négociations sur nos revendications".

"Un travail de long terme" à engager

L'intersyndicale avait présenté vendredi 50 mesures revendicatives. Annick Girardin avait indiqué, lors d'une conférence de presse, qu'il y avait, parmi elles, des mesures qui méritaient d'être travaillées "avec les auteurs de cette plateforme". 
De leur côté, les élus ont présenté un "plan de convergence" sur dix ans, chiffré à environ 1,8 milliard d'euros. 

Une rentrée scolaire sous haute sécurité policière
"Cela fait des années, voire des décennies que le situation est difficile", a polémiqué le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, sur France 2, mardi. "Le premier sujet dans l'immédiat était de faire en sorte que la rentrée scolaire se fasse", ce qui a été le cas pour "110 des 180 classes à Mayotte", a-t-il avancé, en rappelant que "1.000 forces de sécurité supplémentaires ont été déployées" à cette occasion.
"Il fallait agir dans l'urgence sur la rentrée scolaire, sur la sécurisation, et ensuite c'est un travail de long terme qu'il va falloir engager avec les élus, avec le monde économique, avec le monde syndical et avec l'ensemble des administrations sur l'île", a-t-il expliqué, en forme de catalogue, pour ne rien dire de concret au final.
Dans le département français de Mayotte, dès l'âge de six ans, les enfants fréquentent en parallèle l'école coranique et l'école primaire de la République.

Un nouveau passage de Girardin prévu en avril
Seule politicienne avec Jean-Yves Le Drian à être successivement  membre d'un gouvernement de Hollande et de Macron, la quinquagénaire a fait plusieurs annonces concernant la sécurité et la lutte contre l'immigration clandestine.
Assurant que Mayotte restera un département français, elle a appelé à redéfinir les compétences du département et à renforcer l'accompagnement de l'Etat, un renforcement qui s'adresse à elle-même...

L'ex-députée radicale de gauche (PRG) de Saint-Pierre-et-Miquelon a d'ores et déjà promis de revenir avant la mi-avril, pour voir l'avancée des travaux engagés par trois ..."missionnaires" laïcs, Jean-Jacques Brot, non pas jeune startupper de LREM, mais ancien préfet de Mayotte (et Haut-commissaire de la République en Nouvelle Calédonie), 62 ans, connu pour avoir dirigé la mission de coordination pour l'accueil des réfugiés syriens et irakiens auprès du directeur général des Étrangers en France de 2015 à 2017, le général Lucas Lambert, directeur de la gendarmerie de l'Outre-mer et Jean Courtial, conseiller d'État, venus avec elle. J.-J. Brot était préfet de la Vendée en février 2010, quand eut lieu la tempête Xynthia dans les communes de La Faute-sur-Mer et L'Aiguillon-sur-Mer. Bon augure ?
Ils vont travailler sur "cinq piliers", pour "préparer Mayotte de demain": la lutte contre l'immigration clandestine, la coopération avec les Comores, un plan d'investissement public, le renforcement de services de l'État et le fonctionnement des institutions du territoire, annonce Girardin, titulaire d'un diplôme d'animatrice socioculturelle.

dimanche 29 octobre 2017

En Guyane, le père Macron sermonne les jeunes qui fument du cannabis

"Ça, ça ne va pas vous aider à bien travailler à l'école"

Le chef de l'Etat "relou" dans un quartier en périphérie de Cayenne

Pour dire aux jeunes ce qui est bien ou non, Emmanuel Macron s'est rendu vendredi 27 octobre au soir dans un quartier sensible de Cayenne et de sa périphérie, au cours de sa visite de 48 heures en Guyane,  dans un contexte social hypertendu. 
Il a notamment évoqué les thèmes de l'immigration et de la sécurité. Alors qu'il s'apprêtait à poser pour une photo avec des habitants de la Crique, en connaisseur, le président a reconnu une odeur de cannabis autour de lui. Et il ne s'est pas privé de faire la leçon, choisissant  des mots qui crispent : après les polémiques sur les "illettrés", les "fainéants" et le "bordel" syndical, ou la stigmatisation des "kwassa-kwassa", le chef de l'Etat a repassé une couche. 
""Dis-donc, il y en a qui ne fument pas que des cigarettes, hein ?" Cette allusion dicrète ne lui a pas suffi. "J'ai encore du nez", a-t-il ensuite plaisanté, avant d'ajouter, face aux éclats de rire : "Ça, ça ne va pas vous aider à bien travailler à l'école (...) Il faut le dire aux plus jeunes !" C'est peut-être ça, la "police de proximité au quotidien", le retour des "grands frères".
VOIR et ENTENDRE le grand frère Emmanuel faire la leçon aux jeunes guyanais dans cette vidéo dont est fier l'Elysée. A 2 min 25, l'intarissable trentenaire lance : "Dis-donc, il y en a qui ne fument pas que des cigarettes, hein ?" Trop chères ?

Macron, inadapté au désarroi des Guyanais 

Lors de sa visite éclair, qualifiée de "visite surprise" par la presse accréditée présente, 
Macron avait dit vouloir "se confronter à la réalité du terrain", dans ces lieux où vivent une majorité de clandestins, souvent jeunes, venus d'Haïti, du Surinam, du Brésil ou du Guyana, où l'insécurité monte, ainsi que se multiplient les défaillances dans les services de santé et le système scolaire, d'où la présence de J.-M. Blanquer, dans un contexte lourd de chômage très élevé (23%).
Les  blancs-becs, conseillers sanitaires de l'Élysée 
avec Macron en Guyane, énervent des élus locaux






"Je voulais venir voir, parce qu'il fallait expliquer à des jeunes qui disent 'on demande des papiers', qu'on ne peut pas donner des papiers à tout le monde", a expliqué ce fils de médecin, professeur de neurologie en CHU de province.

"Ici, on n'est pas la même France que les autres" : Macron face au désarroi des Guyanais
Outre la criminalité et la prostitution, et que "sortir de Maripasoula relève presque de l'exploit", souligne son maire, qui insiste aussi sur la nécessité d'"une route digne de ce nom", une autre difficulté perdure, l'orpaillage illégal le long du fleuve, qui entraîne pollution de l'eau par le mercure. Le visiteur a reconnu qu'il est "très difficile de contrôler la frontière". Il a toutefois annoncé une relance du plan Harpie de lutte contre l'orpaillage illégal, qui va notamment bénéficier du déploiement de drones.

Le propos décalé du président nanti
Les habitants de Maripasoula ont tenté de lui  faire comprendre ce qu'est leur vie au quotidien. "On n'est pas la même France que les autres": cette réflexion d'un des Guyanais venus accueillir Jupiter illustre l'état d'esprit qui règne dans la plus grande commune de France, et l'une des plus en difficulté, avec 88% d'inactifs parmi les 15-64 ans. Cette commune au bord du Maroni, à la frontière avec le Suriname, est de la taille de l'Ile-de-France, rappelle son maire, Serge Anneli.

Accessible uniquement en avion ou en pirogue, elle "est dispersée sur huit villages, dont seulement deux joignables par voie terrestre", pour une population d'environ 11.000 habitants. "La majorité (de la population) a moins de 25 ans", précise le maire à l'occasion de la visite d'Emmanuel Macron jeudi, et 27% de la population a moins de 15 ans. 
Seulement 2% ont plus de 64 ans. Brigitte a préféré rester à la maison.

jeudi 26 octobre 2017

Guyane: Macron déclenche des affrontements à Cayenne lors de son déplacement

Le chef de l'Etat est meilleur à l'étranger où ils ne vivent pas notre vie

La visite d'Emmanuel Macron en Guyane a brillé par des affrontements 

A peine Macron arrivé, les troubles ont éclaté.
Des manifestants se sont heurtés aux forces de l'ordre dans la nuit de jeudi à vendredi.
Des manifestants se sont heurtés aux forces de l'ordre dans la nuit de jeudi à vendredi. Or, pour cette visite, Macron est notamment accompagné du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et de plusieurs ministres. Vendredi, il est attendu au centre spatial de Kourou, vitrine de l'économie guyanaise, symbole d'inégalités sociales alors que d'autres communes n'ont ni électricité ni eau courante.

Mais à son retour à Cayenne en fin de journée, le chef de l'état a trouvé un rassemblement devant la préfecture de Guyane à l'initiative notamment du collectif Pou Lagwiyann dékolé (Pour que la Guyane décolle). 


Pendant plusieurs heures, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes destinés à disperser la foule.
En réponse, des jeunes souvent cagoulés ont lancé des cocktails Molotov et des projectiles, notamment aux abords du commissariat, près de la célèbre place des Palmistes. Le feu a été mis à des poubelles.

Le chef de l'Etat était arrivé jeudi à la mi-journée (heure locale) dans un climat tendu, six mois après un mouvement social qui a paralysé ce territoire français en Amérique du Sud.
A son arrivée, le président s'est rendu à Maripasoula (sud-ouest, à la frontière fluviale du Surinam), la plus vaste commune de France, soumise à une très forte pression migratoire. Il a averti qu'il n'est pas venu en "Père Noël", ni pour "faire des promesses". Il s'agit du premier voyage outre-mer du chef de l'Etat depuis son élection, hormis son déplacement  aux Antilles à la mi-septembre après l'ouragan Irma. 
"L'Etat a fait trop de promesses qui n'ont pas été tenues. Donc je suis là pour dire les choses en vérité telles que je les vois [un prisme déformant], prendre des engagements que je saurai tenir durant mon quinquennat, et aussi assurer les éléments d'autorité indispensables sur ce territoire", a déclaré E. Macron, très entouré pendant tout son déplacement par de nombreux ...enfants qui avaient été amenés pour lui demander des selfies par dizaines sous les caméras.


Selon l'Elysée, E. Macron est venu dire qu'il respectera l'accord de Guyane du 21 avril, par lequel l'ancien gouvernement a acté un plan d'urgence de 1,08 milliard d'euros, signé des accords sectoriels et "pris acte" d'une demande de 2,1 milliards d'euros de mesures supplémentaires.
Un mouvement social se développa en 2017 en Guyane à partir du 20 mars 2017 à Kourou et se généralisa sur tout le territoire guyanais dans les jours suivants. Son origine est liée à l'insécurité et au manque d'infrastructures dont sont victimes les habitants de ce département français d'outre-mer. Il a provoqué le report de tir d'un lanceur Ariane, ainsi que du retard dans l'arrivée de plusieurs satellites au Centre spatial de Guyane.
La situation se débloqua avec l'
accord de Guyane, signé le 21 avril et par lequel le gouvernement Cazeneuve finit par débloquer plus d'un milliard d'euros pour financer des projets visant notamment à améliorer les soins, la sécurité, l'économie et le fonctionnement de la justice dans le département. 
La réalité derrière les apparences 

Face à une population en demande du désenclavement de leur commune et par une très forte chaleur, le président s'est efforcé de répondre à toutes les questions annoncées sur l'orpaillage, la demande d'un futur lycée, d'un hôpital ou encore d'une route jusqu'à Cayenne.



Mais la colère de la population a brouillé le discours présidentiel. 
L'après-midi, à l'appel du collectif Pou Lagwiyann Dékolé, une marche avait ainsi rassemblé dans le calme plus d'un millier de personnes. Les manifestants demandaient le respect des accords signés avec l'ancien gouvernement de Hollande à l'issue du mouvement social de mars-avril. 

Pour réclamer un rendez-vous avec le chef de l'Etat, les manifestants se sont ensuite rassemblés devant la préfecture, où ils ont fait tomber une première rangée de barrières de sécurité pour se rapprocher du bâtiment.
L'Elysée leur a proposé pour vendredi matin un rendez-vous que les manifestants ont refusé, réclamant de voir le président Macron dans la soirée. 

Les rapports se sont alors durcis. 
"Ils ont créé eux-mêmes le désordre public, c'est ça la réponse de l'Etat", a commenté un manifestant enseignant depuis 19 ans en Guyane. "Maintenant on sait à qui on a à faire", a déclaré Davy Rimane, membre du collectif. Macron "n'a aucun respect pour nous". 

Les Grands frères (émanation du mouvement des 500 frères, très actif lors du mouvement) ont demandé jeudi aux commerçants de Cayenne et aux administrations de fermer leurs portes pour une opération ville morte durant la visite présidentielle. Une nouvelle manifestation est prévue vendredi matin. 

A 7.000 km de Paris, le territoire de 83.000 km2, pour environ 254.000 habitants, cumule difficultés et retards : immigration clandestine massive, insécurité croissante, communes enclavées, services de santé défaillants, système scolaire inadapté, taux de chômage très élevé (23%).



Cinq personnes - en tout et pour tout - ont été interpellées, a indiqué dans la nuit le procureur Eric Vaillant. 
Un gendarme mobile et un policier ont été légèrement blessés, selon un premier bilan.