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lundi 10 février 2020

Présidentielle : Macron compte occuper l'espace laissé vacant par la droite

Macron opère déjà son virage à droite pour 2022

Repoussé par les gauches, le président sortant ne bave plus sur la droite républicaine
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Président désabusé : au bord du 'burn out' ?
Macron estime que sa réélection tiendra davantage à ses efforts sur les sujets régaliens que sur les baisses du chômage et des impôts. Un pari inspiré de ses résultats économiques en trompe l'oeil. "Ce n'est pas sur l'économie qu'on sera jugé, mais sur les questions régaliennes, la sécurité, l'immigration et le communautarisme". C'est du moins ce qu'il voudrait, croyant que le chômage et le pouvoir d'achat sont le cadet des soucis des Français : réaction de riche !

Le sortant envisage désormais que Marine Le Pen puisse l'éliminer.
"Si je suis battu par Marine Le Pen, ce sera sur le terrain du régalien," répète en boucle le président de la République depuis six mois, selon des proches. Un ministre résume plus concrètement : "Il a certes fait baisser les impôts et le chômage. Mais si ta fille ne peut pas rentrer du cinéma après 22 heures sans risquer de se faire agresser, eh bien, tu votes Le Pen". C'est donc sur ces sujets que Macron va "mettre le paquet", assure "un habitué" (!) de l'Elysée.

C'est en juillet 2019 dans le parc du palais présidentiel, lors d'un dîner avec sa garde rapprochée, quelques ministres et "hauts dirigeants" (!) de La République en marche  - si basse qu'elle ait pu tomber - que le président de la République aurait confié sa conviction. "Il n'a pas échappé à Emmanuel Macron que de sondages en sondages les questions plus générales de sécurité et d'ordre public figurent en tête des sujets de préoccupations des citoyens. Si on n'y répond pas, ce sont nos adversaires qui vont occuper le terrain", confie un cadre - encore un, et tout aussi anonyme - de LREM. 

Macron corrèle sécuritaire et communautarisme

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Ainsi, jeudi 6 février à l'Elysée, le président a discuté (avec un haut dignitaire du régime ?) d'un plan de guerre contre le communautarisme qui doit être lancé avant les élections municipales avec une dizaine de maires et plusieurs ministres. 

"Ça vaut pour la planète comme pour la sécurité des Français"

Cette semaine, Macron présidera par ailleurs un Conseil de défense écologique et parlera biodiversité en Haute-Savoie. "La présidentielle de 2022 se jouera sur la protection", assure un ministre, dont l'identité reste aussi protégée que celle d'un islamiste. "Macron, c'est le Clemenceau de 1906", lance un collaborateur (et ne demandez pas qui est l'auteur de cette comparaison hasardeuse: l'évocation du "premier flic de France", ex-maire de Montmartre pendant la Commune, briseur de grèves, renvoie à l'affaire de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges (1908).
En 1906, après la catastrophe de la mine de Courrières, des grèves de mineurs ont secoué le Nord et le Pas-de-Calais. Pour tenter de les briser, Clemenceau, alors ministre de l'Intérieur, envoya la troupe. En 1907, alors qu'il était depuis plusieurs mois président du Conseil, eut lieu la révolte des vignerons dans le midi de la France. Cinq manifestants furent tués, et si le bilan ne fut pas plus lourd, c'est parce que le 17e régiment d'infanterie décida de mettre "la crosse en l'air" et de se ranger au côté des vignerons insurgés.En mai-juin 1908, les travailleurs du bâtiment et des carrières de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges se mirent en grève. La troupe réprima une manifestation en tirant sur les ouvriers, tuant deux d'entre eux. Il y eut deux morts aussi à Vigneux, où les gendarmes tirèrent à bout portant dans la salle où se tenait une réunion. Plusieurs dirigeants de la CGT furent arrêtés, ainsi que de nombreux grévistes.A Vigneux, des gendarmes ouvrirent le feu sur des grévistes, réunis dans leur permanence, en tuant deux. Hollande est allé déposer une gerbe au pied de la statue de Clémenceau. Et Macron aussi ! .C'était avant l'usage du LBD 40...)
En 1908, Clémenceau avait fait arrêter 31 dirigeants de la Confédération générale du travail (CGT) après les manifestations du 30, dont notamment le secrétaire général, Victor Griffuelhes, le rédacteur en chef de La Voix du Peuple, Emile Pouget, le secrétaire de la Fédération des Bourses du travail, Georges Yvetot, le secrétaire de la fédération des Cuirs et Peaux, Henri Dret, qui est amputé d'un bras. Pierre Monatte, responsable de l'imprimerie, s'exile quant à lui en Suisse. La CGT est ainsi décapitée et les réformistes prennent le dessus peu après, en s'appuyant notamment sur l'adhésion de la Fédération des mineurs. L'Histoire se répète : ça vous rappelle qui ?
Un autre héros de la nation auquel le président désire qu'on l'identifie, surtout l'électorat de droite, c'est Charles de Gaulle. Et l'année 2020 est riche en hommage au général : sa naissance, sa mort et l'appel du 18 juin.

La stratégie d'Emmanuel Macron semble validée par la récente attaque de Xavier Bertrand, ex-LR, sur BFMTV.
"J'ai compris que les missions régaliennes ce n'est pas le truc de Macron. Il est mal à l'aise avec ça". "Si Bertrand s'empare de la sécurité, c'est qu'il voit qu'il y a un sujet. Donc, nous devons y répondre", estime "un collaborateur" (mystérieux) du premier ministre Edouard Philippe.

Le risque - pour cette droite - , c'est de pousser l'électorat de droite, déjà piqué par la réforme des retraites, encore un peu plus à droite, d'autant plus qu'une ministre ( ) amère rappelle : "Tous ceux qui ont couru après l'extrême droite, on a vu ce que ça a donné : les Français choisissent [préfèrent: une ministre qui parle aussi mal qu'un journaliste, ça pourrait bien être un journaliste inventif] toujours l'original à la copie".

dimanche 2 février 2020

Xavier Bertrand dénonce la politique sécuritaire de Macron

Le président n'a pas "réconcilié les Français" mais les a "dressés les uns contre les autres". 

Macron ne tient pas ses promesses, notamment la réconciliation des Français 

Image associéeDe l'avis général, la politique et les comportements de Macron développent la haine, contre sa personne et ses soutiens, au premier rang desquels ses ministres et élus, au point que les membres du gouvernement rechignent à se présenter comme têtes de liste aux municipales ou, à l'inverse, pour échapper au guêpier LREM dans lequel ils se sont fourrés, et encore,  en dissimulant leur appartenance derrière des sigles flous. Une douzaine de députés a plaqué le parti du président, singulièrement des femmes qui, pour nombre d'entre elles, reprochent l'autoritarisme ambiant qui dénie à tous le droit de penser et agir par eux-mêmes.

"En même temps", la politique sécuritaire d'Emmanuel Macron est "un fiasco", déplore le président (ex-LR) de la Région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, dans le JDD. 
"Le pays est sous tension, divisé comme rarement," met en garde l'ancien ministre des Affaires sociales
"Nos rues sont le théâtre de violences depuis plus de quinze mois,"déplore-t-il encore  dans un entretien avec le Journal du Dimanche.

"Attention ! Le tissu français se déchire sous nos yeux et vous en êtes responsable, Monsieur le Président"

"Pendant les deux ans de mandat qu'il vous reste, votre priorité doit être de protéger les Français", demande Xavier Bertrand, un possible candidat à la présidentielle de 2022.
Le chef de l'Etat est "mal à l'aise avec ces questions régaliennes," constate-t-il. 

Il pointe aussi la responsabilité du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et celle de la garde des Sceaux Nicole Belloubet, qui devrait "donner des directives claires et fortes en matière de justice pénale".

Il faut changer de politique

"Nous avons un triste record en matière de non-recouvrement des amendes et de non-exécution des peines", déplore-t-il en demandant que ne soit pas appliquée la nouvelle échelle des peines prévue par la loi sur la justice.

"Il y a en France un numerus clausus carcéral qui ne dit pas son nom", dénonce  Xavier Bertrand, et "la garde des Sceaux veut vider les prisons car la promesse de Macron de construire 15.000 places ne sera pas tenue," explique-t-il.

Faut-il remplacer ces deux ministres clés ? Oui, "car il faut changer de politique" et "il faut pour cela que le Président change, et déjà de comportement".

Le président des Hauts-de-France condamne le selfie de Macron exhibant cette semaine un T-shirt dénonçant les violences policières: "c'est une insulte aux forces de l'ordre, une remise en cause de ce qu'elles sont : les derniers remparts de la République".

dimanche 21 juillet 2019

L'AFP rapporte un tacle de Macron, sans donner la question de son détracteur

L'agence de presse française a une curieuse conception du dialogue

Voici le compte-rendu de l'AFP qui tronque l'échange 



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Convocation de Gilles, un ami d'enfance de Bagnères-de-Bigorre,
pour la photo du "bain de foule", "à bâtons rompus"...
CNews prend le parti du président et accuse en titre ses détracteurs : "Emmanuel Macron recadre un passant qui fuit le débat". 
Voyons donc quel est l'"éclairage" de l'AFP : 

"Le chef de l'Etat a déambulé dans les rues de Bagnères-de-Bigorre, s'autorisant plusieurs discussions à bâtons rompus avec des passants.


La scène était devenue rare. Emmanuel Macron a pris un bain de foule à l'occasion de son passage dans les Hautes-Pyrénées, vendredi 20 juillet, profitant de l'occasion pour aborder plusieurs sujets d'actualité.


Interpellé par un passant, le président de la République a défendu le projet de réforme des retraites, dont les grandes lignes ont été présentées à l'occasion de la remise du rapport Delevoye, jeudi 18 juillet. "Regardez la réforme. Telle qu'elle est portée, telle qu'elle est expliqué [accord incorrect du participe passé], il y a beaucoup plus de justice". "On peut être justes envers les gens si aussi on produit", lance t-il à son interlocuteur, avant d'ajouter : "Vous êtes bizarre dans le dialogue. Vous appelez au dialogue, vous dites 'Je suis pas d'accord avec vous' et puis ensuite vous partez"."

VOIR et ENTENDRE comment l'intolérant Macron s'irrite et se braque quand son interlocuteur ne se satisfait pas de ses généralités et assertions sur la réforme des retraites endossée par Delevoye :


On observe que Macron fait à son interlocuteur un procès d'intention. 
En vérité, l'homme - très modéré et plutôt las - ne "part" pas, comme l'affirme Macron pour la caméra de l'Elysée qui le suit: il se place de profil, manifestant ainsi son rejet. 

"Il faut améliorer la situation sociale des gens"

BFMTV précise la question posée que l'AFP occulte
, sans aucune considération pour l'inconnu. Mais la chaîne Macron-friendly l'assortit d'un commentaire qui tient plus de l'a priori que du décryptage de l'interpellation du jeune homme, "comme en écho au mouvement des gilets jaunes." 
Déterminé à filtrer l'information, l'AFP a en outre décidé de censurer une autre critique que rapporte en revanche BFMTV : "On n'est pas écoutés", a affirmé un autre.
VOIR et ENTENDRE l'intégralité d'une interpellation à Bagnères-de-Bigorre,  le samedi 20 juillet, relative aux violences policières :  
"Je ne vois même pas votre visage" derrière "votre petite caméra" : l'arrogant Macron accuse et méprise...
On constate aussi que Macron justifie les violences policières. 
Il est en effet très attaché aux forces de l'ordre, certains diront "dépendant", puisque son quinquennat et sa stabilité politique sont placés sous le sceau du 'tout sécuritaire'.  

L'AFP écrit "Le chef de l'Etat a déambulé dans les rues de Bagnères-de-Bigorre".
Déambuler signifie aller au hasard des rues, marcher sans but précis. Est-ce le terme approprié quand la ville est bouclée, les identités des passants contrôlées, l'accès au président, réservé aux amis d'enfance, et l'itinéraire,repéré et sécurisé une semaine à l'avance, puis parcouru à distance de la foule et sous escorte de gardes du corps ?

France Info ose ce compte-rendu béat, intitulé "Emmanuel Macron va à la rencontre des Français" :

Dailymotion - propriété de Bolloré - propose d'ailleurs cette vidéo à partir de laquelle la presse partisane saute à la conclusion d'un "bain de foule".
On voit comment le passage devant les caméras est ordonnancé et que les proches de Macron (membres du service de presse de l'Elysée et gardes du corps, outre les journalistes) sont nettement plus nombreux que le noyau de personnes sélectionnées qui, notons-le, semblent appartenir à une classe sociale privilégiée... Parmi eux, pas un Gilet jaune...

Cette séquence est une intox.
Résultat de recherche d'images pour "bfmtv MACRON RUE DE BAGNERES"BFMTV a d'abord proposé cette séquence en direct. Or, elle montrait une rue déserte conduisant à cette fenêtre et le président seul, ses gardes du corps à distance et hors du champs de la caméra.

Scène de "bain de foule" expurgée de la vidéo du direct de BFMTV
La chaîne a supprimé l'arrivée dans la rue vidée de sa populationElle n'a plus conservé que cette séquence mise en scène : seul du voisinage, ce couple de personnes âgées attendait le passage de Macron, portable prêt, pour immortaliser le moment. C'est un garde du corps, soudain furtivement apparu, qui prendra la photo, le président prenant longuement la pose... 
Intrigante, la boursouflure qui apparaît de dos, à hauteur de la ceinture du président...


"S'autorisant plusieurs discussions à bâtons rompus avec des passants"
Cette expression qualifie une discussion décousue, sans suite, c'est-à-dire une conversation où on parle de tout et de rien. Est-ce la cas des sujets sensibles que sont les affaires de Rugy, de l'âge de départ à la retraite ou des violences policières ?

"
La scène était devenue rare."

Sans autre commentaire de l'AFP qui se garde d'irriter l'Elysée par un rappel de ses précédents déplacements de nuit (Le Puy-en-Velay, notamment) ou des derniers cris d'hostilité de la foule du 14 Juillet, sur les Champs-Elysées, encore en 2019.

"Emmanuel Macron a pris un bain de foule à l'occasion de son passage"
C'était bien un passage, mais au pédiluve... On a surtout vu des bises aux enfants et des poignées de mains à des amis d'enfance, puisque cette soi-disant immersion du banquier dans la population montagnarde (celle qui n'a pas l'usage des lingettes et qu'à Paris il appelle "les gens qui ne sont rien"), fait partie d'une opération de communication sans grand risque au pays de son enfance et de sa grand-mère maternelle, un lieu où il apparaît chaque hiver pour ses vacances de neige à La Mongie, située à 24 kms (et 30 mn de route) de Bagnères-de-Bigorre ! 
Ce "local de l'étape" instrumentalise donc la fête populaire qu'est le Tour de France pour tenter de redorer son image : telle est "l'occasion" qu'évoque l'AFP et qui sera celle d'un prochain sondage avantageux, à défaut d'être représentatif. 

"P
rofitant de l'occasion pour aborder plusieurs sujets d'actualité"?
Une contre-vérité, car ce sont en fait des "réponses" en langue de bois à des questions ni suggérées, ni désirées.

"Le président de la République a défendu le projet de réforme des retraites." En vérité, il a répliqué en des termes flous et consensuels qui masquent la réalité des dommages collatéraux de cette réforme. Plus graves, des promesses de progrès social : "beaucoup plus de justice"...

lundi 15 avril 2019

Les Gilets jaunes blessés sont-ils fichés aux urgences des hôpitaux publics ?

Buzyn couvre-t-elle le fichage par Castaner des Gilets jaunes soignés en hôpital public ?

Au moins un hôpital public parisien fiche les Gilets jaunes accueillis aux urgences, révèle  Priscillia Ludosky, figure des Gilets jaunes.

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C'est un de ses posts sur Facebook qui a donné l'alerte. Sur la photo du registre d'un service d'urgences, on peut lire la mention "manif" dans une colonne.

Priscillia Ludosky met ainsi en garde les manifestants du risque de fichage politique des personnes venant se faire soigner en hôpital public, lors d'une mobilisation des Gilets jaunes. "Hôpital parisien demande à son personnel de signifier sur les fiches de renseignement si la personne arrivée aux urgences vient suite à une manif", a-t-elle posté.

Dailymotion oppose des interdictions troublantes "rappelant les périodes les plus sombres de notre Histoire": 

Voici toutefois le document soumis à une "restriction d'âge" par Dailymotion...


20 Minutes a alors mis en doute l'affirmation de la responsable Gilet jaune, alors que 
Priscillia Ludosky a informé les militants à visage découvert et, qui plus est, en fournissant mieux que l'origine, la preuve de ce qu'elle avance, ce dont se garde la presse, au nom du "secret des sources", dont elle bénéficie sans raison républicaine. 
De son côté, un médecin urgentiste anonymé (à la différence de la lanceuse d'alerte) a expliqué la procédure en cours dans les hôpitaux. Il faut savoir que, dans le régime policier actuel, "quand une personne arrive aux urgences, on crée un dossier administratif, qui comporte notamment les motifs de son arrivée, comme un accident par exemple (...) Il n'y a pas de fichage", assure-t-il néanmoins.

Les inquiétudes partagées par les soignants sur la confidentialité

Néanmoins, le médecin urgentiste masqué note "une forte suspicion que le ministère de l'Intérieur veuille récupérer l'identité des manifestants". 
Une inquiétude partagée par les manifestants et le personnel soignant. Il confie ainsi que lors des manifestations du 8 décembre, SIVIC avait été activé. "C'est une procédure prévue en cas d'attentat ou d'événement grave comme un accident d'avion, qui permet de répondre aux proches demandant des nouvelles des victimes", éclaire-t-il. 
Cette base partagée et sécurisée, Voozanoo, a été développée par Epiconcept en 2002. Voozanoo est un socle applicatif web, sécurisé et Open Source qui permet de créer des bases de données multi-centriques sécurisées dans le domaine de la santé publique et de la recherche. Epiconcept et les applications développées sur la base de Voozanoo sont agréés par le Ministère de la Santé au titre “d’hébergeur de données de santé à caractère personnel” depuis 2012, quand la ministre était socialiste et nommée Marisol Touraine.
Par délibération n°2016-208 du 7 juillet 2016, la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) autorise le ministère des affaires sociales et de la santé à mettre en œuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel ayant pour finalité l’établissement d’une liste unique des victimes d’attentats pour l’information de leurs proches par la cellule interministérielle d’aide aux victimes, intitulé 'SIVIC'. Or, ces données sont alors accessibles au ministère de l'Intérieur.
Troublé par la possibilité de dérive, le milieu urgentiste avait obtenu de la Direction de la santé un recul concernant l'activation du SIVIC. 
"Depuis, il n'a plus été utilisé", assure-t-il désormais, en dépit de cet exemple, dont rien n'indique qu'il est isolé. 

Les urgentistes soulignent donc une "suspicion forte sur le partage de ces informations, comme sur la porosité forte entre certaines directions hospitalières et le ministère de l'Intérieur en la matière".

Martin Hirsch
qui est directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris depuis 2013 et que le médecin urgentiste Patrick Pelloux trouve vertueux a-t-il communiqué sur le sujet ?

mardi 13 mars 2018

Mayotte : des milliers de manifestants défilent avant une rencontre avec Girardin

La ministre des Outre-mer ne convainc ni à Saint-Martin, ni à Mayotte

Les initiateurs du mouvement ont boudé la ministre : 
inappropriée face à une population mahoraise à 95 % musulmane sunnite ? 

Manifestation du 7 mars 2018 à Mamoudzou
Plusieurs milliers de manifestants ont défilé ce jour  à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, archipel où les catholiques de la République n'ont pas le droit de faire sonner leurs cloches avant la messe, alors que dans l'après-midi la ministre des Outre-mer doit rencontrer les initiateurs du mouvement de contestation populaire qui entre mardi dans sa quatrième semaine. La rencontre d'Annick Girardin, en déplacement à Mayotte depuis lundi, avec l'intersyndicale et le collectif est programmée à 14 heures (midi, heure de Paris).

Les manifestants sont-ils frontistes ??
Ils protestent contre l'insécurité et l'immigration clandestine et réclament davantage de présence de l'Etat, alors que Macron rentre de trois jours passés en couple en Inde. "On est là pour crier notre colère. A partir d'aujourd'hui, nous allons défier le gouvernement", a lancé un porte-parole du collectif, au début de la manifestation. Mercredi dernier, un autre rassemblement avait déjà réuni plusieurs milliers de personnes. 

L'intersyndicale et le collectif avaient refusé de rencontrer la ministre lundi - elle a seulement discuté avec des élus -, dénonçant une "mascarade" et regrettant qu'il n'y ait "aucune intention de mener de véritables négociations sur nos revendications".

"Un travail de long terme" à engager

L'intersyndicale avait présenté vendredi 50 mesures revendicatives. Annick Girardin avait indiqué, lors d'une conférence de presse, qu'il y avait, parmi elles, des mesures qui méritaient d'être travaillées "avec les auteurs de cette plateforme". 
De leur côté, les élus ont présenté un "plan de convergence" sur dix ans, chiffré à environ 1,8 milliard d'euros. 

Une rentrée scolaire sous haute sécurité policière
"Cela fait des années, voire des décennies que le situation est difficile", a polémiqué le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, sur France 2, mardi. "Le premier sujet dans l'immédiat était de faire en sorte que la rentrée scolaire se fasse", ce qui a été le cas pour "110 des 180 classes à Mayotte", a-t-il avancé, en rappelant que "1.000 forces de sécurité supplémentaires ont été déployées" à cette occasion.
"Il fallait agir dans l'urgence sur la rentrée scolaire, sur la sécurisation, et ensuite c'est un travail de long terme qu'il va falloir engager avec les élus, avec le monde économique, avec le monde syndical et avec l'ensemble des administrations sur l'île", a-t-il expliqué, en forme de catalogue, pour ne rien dire de concret au final.
Dans le département français de Mayotte, dès l'âge de six ans, les enfants fréquentent en parallèle l'école coranique et l'école primaire de la République.

Un nouveau passage de Girardin prévu en avril
Seule politicienne avec Jean-Yves Le Drian à être successivement  membre d'un gouvernement de Hollande et de Macron, la quinquagénaire a fait plusieurs annonces concernant la sécurité et la lutte contre l'immigration clandestine.
Assurant que Mayotte restera un département français, elle a appelé à redéfinir les compétences du département et à renforcer l'accompagnement de l'Etat, un renforcement qui s'adresse à elle-même...

L'ex-députée radicale de gauche (PRG) de Saint-Pierre-et-Miquelon a d'ores et déjà promis de revenir avant la mi-avril, pour voir l'avancée des travaux engagés par trois ..."missionnaires" laïcs, Jean-Jacques Brot, non pas jeune startupper de LREM, mais ancien préfet de Mayotte (et Haut-commissaire de la République en Nouvelle Calédonie), 62 ans, connu pour avoir dirigé la mission de coordination pour l'accueil des réfugiés syriens et irakiens auprès du directeur général des Étrangers en France de 2015 à 2017, le général Lucas Lambert, directeur de la gendarmerie de l'Outre-mer et Jean Courtial, conseiller d'État, venus avec elle. J.-J. Brot était préfet de la Vendée en février 2010, quand eut lieu la tempête Xynthia dans les communes de La Faute-sur-Mer et L'Aiguillon-sur-Mer. Bon augure ?
Ils vont travailler sur "cinq piliers", pour "préparer Mayotte de demain": la lutte contre l'immigration clandestine, la coopération avec les Comores, un plan d'investissement public, le renforcement de services de l'État et le fonctionnement des institutions du territoire, annonce Girardin, titulaire d'un diplôme d'animatrice socioculturelle.

jeudi 14 janvier 2016

Le Conseil de l'Europe dénonce des dérives de l'état d'urgence

Valls accusé de "pratiques de profilage ethnique" sous couvert d'état d'urgence

Le Conseil de l'Europe pointe des "dérives"

L'état d'urgence donne lieu à des "dérives" et présente un "risque" pour la démocratie, a mis en garde le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe. Nils Muiznieks, un Letton, a fait part de sa préoccupation, mardi: " Nous regardons de très près ce qui se passe" en France, car "il y a un risque que le système de contrôle démocratique soit sapé par ces mesures", qui permettent notamment aux policiers de procéder à des perquisitions sur décision du pouvoir exécutif, et non plus d'un juge, a affirmé N. Muiznieks dans un entretien avec la radio d'Etat France Culture. 

"Nous assistons à certaines dérives, il y a des pratiques de profilage ethnique de la part des agents de police, des forces de répression", a dénoncé le spécialiste européen des droits des vulnérables, des minorités et des personnes handicapées, les droits des femmes, les droits de l'enfant, les droits des réfugiés et la lutte contre toutes les discriminations et le racisme, y compris sur les Rom. Tout sauf les devoirs des uns et des autres ? Non pas ! Il est vigilant sur les dérives des gouvernements...

Le gouvernement socialiste de François Hollande conteste

Stéphane Le Foll a balayé ce que Le Point appelle des "réserves" du Conseil de l'Europe ! Il s'agit pourtant de sévères critiques de l'état d'urgence décrété à la faveur des attentats du 13 novembre, notamment sur les soupçons de profilage ethnique : "Je conteste ce qu'il a dit, sur le profilage ethnique en particulier. C'est particulièrement inadapté à ce qui s'est passé," selon le porte-parole du gouvernement Valls.
Dans le cadre de l'état d'urgence, les forces de l'ordre ont procédé à des milliers de perquisitions, mais "seules une poignée d'entre elles ont donné lieu à des procédures liées à des actes terroristes", a déploré le défenseur européen des droits du citoyen, ce qui pose "la question de la nécessité de ces mesures"

Nombre de perquisitions administratives
Par ressort de cour d'appel, au 15 décembre 2015

050100150200250300350400FORT-DE-FRANCEBASSE-TERREST DENIS REUNIONBASTIACAENRIOMLIMOGESPAUPOITIERSMETZBOURGESCHAMBERYAGENANGERSROUENTOULOUSENANCYREIMSNIMESBESANCONDIJONBORDEAUXGRENOBLEAMIENSMONTPELLIERLYONCOLMARORLEANSRENNESDOUAIAIX EN PROVENCEVERSAILLESPARIS


Selon les données communiquées mercredi matin par Jean-Jacques Urvoas, membre du Parti socialiste, président de la Commission des lois chargé du contrôle parlementaire de l'état d'urgence, au 7 janvier 2016 ont été ordonnées la bagatelle de 3.021 perquisitions. Elles ont donné lieu à 316 gardes à vues, 381 assignations à résidence et ont permis la saisie de 500 armes.

Efficacité des perquisitions administratives
Rapport entre le nombre de procédures ouvertes
et le nombre de perquisitions réalisées
01002003004005006000 %10 %20 %30 %40 %50 %60 %Nombre de perquisitionsPart de perqusitions donnant lieu à une procédureNombre de perquisitions administrativesTaux de perquisition donnant lieu à procédureNIMESTOULOUSEGRENOBLEST DENIS REUNIONCOLMARROUENAMIENSCAENPARISNANCYPOITIERSLYONANGERSORLEANSDOUAIBESANCONREIMSRIOMLIMOGESVERSAILLESDIJONBASTIARENNESAIX EN PROVENCEBORDEAUXMONTPELLIERPAUCHAMBERYAGENBOURGESBASSE-TERREFORT-DE-FRANCEMETZ

Le gouvernement Valls envoie de mauvais signaux aux velléitaires étrangers

Hormis la France, de nombreux autres pays européens "ont cette volonté d'adopter des lois de surveillance beaucoup plus poussées. C'est une tendance qui va en se généralisant", a admis le commissaire aux Droits de l'Homme. Dans ce domaine, "on réagit très vite et on se débarrasse assez vite des garanties qui existent en matière de droits de l'homme, car on estime qu'elles ne sont pas utiles dans la lutte antiterroriste. Or, c'est une démarche qui sert la cause du terrorisme, estime le commissaire européen, en ce qu'elle confirme que tout le monde n'est pas égal, en ce qu'elle promeut la stigmatisation de certaines communautés", a-t-il estimé.

La France réagit à chaud, sous le coup d'une émotion passagère
Le président François Hollande a proposé que l'état d'urgence soit inscrit à l'avenir dans la Constitution, mais "c'est ce qui se passe à l'heure actuelle qui soulève de nombreuses questions", insiste  Muiznieks. 
Depuis avril 2012, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, qui agit en toute indépendance, a pour mission de "déceler d'éventuelles insuffisances dans le droit et la pratique en matière de droits de l'Homme" dans les 47 États membres de l'organisation paneuropéenne. 
Né aux Etat-Unis en 1964 de réfugiés lettons: la Lettonie fut au nombre des pays baltes annexés par l'URSS. 
Le 23 août 1939, l'URSS signe avec le Troisième Reich le pacte germano-soviétique, dont les protocoles secrets délimitent les "zones d'influence" des deux puissances et consacrent l'invasion et l'occupation par l'Armée rouge des trois États baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie). Lorsque l'Allemagne nazie envahit la Pologne, ce qui déclencha la Seconde Guerre mondialel'URSS envahit le reste de la Pologne et les États baltes.

Nils Muiznieks, est bilangue letton et anglais et parle couramment le français et le russe. Docteur en philosophie de la très progressiste Université de Californie à Berkeley en 1993 (92% des étudiants sondés affirment voter pour le Parti Démocrate), après avoir fini son étude à l'Université de Princeton, c'est un ancien ministre letton chargé de l'intégration sociale, de la lutte contre la discrimination, des droits des minorités et du développement de la société civile (2002-2004, avant l'entrée de son pays dans l'Union européenne en 2004), et un spécialiste de la lutte contre  les discriminations.