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mercredi 20 septembre 2017

A New-York, Macron s'en prend à une journaliste et fait des généralités contre la presse

Des media français "totalement narcissiques", selon Macron taclant une journaliste et la profession

Macron n'aime pas plus les journalistes que l'ensemble des Français


A une journaliste qui lui demandait pourquoi il avait choisi de s'exprimer d'abord sur la chaîne américaine CNN
plutôt que sur un média français, Emmanuel Macron a répondu sèchement mardi, pendant sa visite à New-York.
"Je vous remercie pour cette question de fond", a ironisé le président, lors d'une conférence de presse donnée après son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU.

"Peut-être parce que les media français s'intéressent trop à la communication et pas assez au contenu",
Who is Brigitte Macron? https://t.co/PwTb7C9ReH
Les media doivent cesser de
traumatiser
les Français(es)
 a accusé l'ingrat, alors que cette presse trouve jeunesse et grâce à son épouse sexagénaire flétrie et vulgaire.

Les media français sont "totalement narcissiques"

"Je m'exprimerai devant les media français, mais quand je vois le temps passé, depuis quatre mois, à ne commenter que mes silences et mes dires, je me dis que c'est un système totalement narcissique", a-t-il estimé.

Résultat de recherche d'images pour "Brigitte Macron ONU""Je suis aux Nations unies et une journaliste a proposé de faire une interview sur ma politique diplomatique, je l'ai faite", s'est-il justifié. 
Jeu des erreurs
"J'ai donné plusieurs interviews [en français, des 'entretiens'] à des media français. Mais compte tenu de la gravité des sujets, parlons des défis de la planète et arrêtons de parler de manière circulaire de la communication", a-t-il conclu.

Dans cet entretien dont il se targue mardi avec  CNN International, il a répondu sur sa diplomatie mais aussi sur la grogne sociale en France et sa baisse dans les sondages, de même que sur le couple qu'il forme avec son épouse Brigitte. Autant de sujets qui l'ont irrité sans qu'il passe ses nerfs sur la presse américaine.

Monsieur 24% n'arrête pas de critiquer vertement la presse française

Résultat de recherche d'images pour "Brigitte Macron ONU"
Sur pilotis
Depuis son élection,  il fait son Mélenchon qui lui aussi refuse de répondre à certaines questions. 
Depuis quelques semaines, il s'exprime un peu plus dans les media, pour y faire de la pédagogie, puisque ses réformes passent mal. 
Résultat de recherche d'images pour "Brigitte Macron et Melania a New York"
Besoin d'assistance ?
Il accuse d'ailleurs les Français de ne rien comprendre : ce sont des "illettrés", des "fainéants" et des "cyniques"...

Paradoxalement, dans son discours à l'ONU, Emmanuel Macron a plaidé pour la liberté de la presse dans le monde et réclamé la nomination d'un représentant des Nations unies chargé de la défendre. "J'appelle à la désignation d'un représentant spécial des Nations unies pour la protection des journalistes dans le monde [à commencer par la France ?] car rien ne saurait justifier la réduction de la liberté de la presse", a-t-il déclaré, pompeux poncif.
Narcisse n'a plus qu'à se regarder dans la glace et à montrer l'exemple... 

jeudi 17 août 2017

Plainte du président qui prend et jette les personnes utiles à sa gloire médiatique

Macron, pressé par un syndicat de retirer sa plainte contre un photographe

Le président absolu ne prend pas de repos dans les media



Un syndicat demande à Macron de retirer sa plainte contre un photographe

Le président de la République a porté plainte pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée" contre un photographe qui faisait son travail en le suivant sur son lieu de villégiature, dans le quartier huppé du Roucas-Blanc à Marseille.

Le syndicat de journalistes SNJ-CGT a demandé mercredi à Emmanuel Macron de retirer sa plainte pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée" contre un photographe de presse qui faisait un reportage sur ses vacances phocéennes, tantôt privées, tantôt ultra médiatisées. Le président de la République, actuellement en vacances dans la villa de son ami préfet de Région, a porté plainte mardi contre un photographe qui, selon l'Élysée, se serait montré "insistant", en dépit de mises en garde, et se serait introduit sur la propriété où réside le chef de l'État. Cette version a été contestée par le photographe.

Dépôt d'une plainte "inapproprié"

Sardine du port de Marseille
ou maquereau des media ?
Tout en se démarquant de la presse "people", le communiqué du SNJ-CGT explique qu'il "ne peut accepter de voir un président de la République, qui a largement usé et abusé de la presse, aussi bien 'people' que d'information, porter plainte contre un photographe". Selon le SNJ-CGT, les différentes versions des faits concernant l'interpellation du photographe "sont si éloignées que tout dépôt d'une plainte apparaît inapproprié".

Le syndicat relève la bipolarité du président-monarque. 
Le test sur les troubles bipolaires"Quelques heures plus tard, Emmanuel Macron a multiplié les poses et a personnellement alimenté quelques réseaux sociaux pour immortaliser sa visite aux footballeurs de l'Olympique de Marseille", un séance de propagande -en maillot- au côté de joueurs de l'OM, dont les journalistes "avaient été écartés". 
Pubs comprises: InterSport et Adidas,
sociétés de droit allemand
Le syndicat voit dans cette séquence "une nouvelle manifestation" de la volonté du président "de maîtriser sa communication et d'adresser un message à la profession de journaliste".

Si des supporteurs de l'OM se sont sentis flattés, la plupart ont déjoué le coup de pub politicienne et la tentative de récupération de l'électorat phocéen, car
le manipulateur a joué le même tour aux fans du PSG... avec la même sincérité.
Résultat de recherche d'images pour "neymar macron"
Prochain coup de com', l'OL ?

Le prince-président s'inscrit dans une tradition faible d'instrumentalisation de la presse. 
Eux-mêmes protégés de poursuites durant leurs mandats par leur immunité présidentielle, les chefs d'État, portent exceptionnellement plainte. 
Résultat de recherche d'images pour "macron et presse"
La presse récompensée de sa servilité

Macron 1er n'a pas tardé à frapper la presse : après à peine plus de cent jours, certes décevants, c'est donc une première depuis le début du quinquennat d' Emmanuel Macron. 

Nicolas Sarkozy, avait porté plainte à plusieurs reprises, dont une contre L'Obs : l'hebdomadaire avait affirmé que l'ancien président de la République avait envoyé un SMS à son ex-épouse, Cécilia, lui proposant d'annuler son mariage avec Carla Bruni.
Son successeur François Hollande n'avait pas personnellement intenté d'actions en justice durant son quinquennat.
 Le magazine people Voici qui avait publié en 2014 des photos d'elle et du chef de l'État, avait été poursuivi par sa concubine officieuse, l'actrice Julie Gayet, qui s'était chargée d'attaquer en justice, bien qu'ils aient été surpris dans l'enceinte de l'Elysée, palais officiel de la République et non pas dans un lieu privé.



mercredi 31 mai 2017

Savoir qui habille le couple Macron: et puis quoi encore ?

Ces détails dévoilés par l'équipe du président: référence directe à l'affaire Fillon ou pub déguisée ? 

La présidence a-t-elle le souci d'échanges de bons procédés commerciaux ?

"Le Président sera habillé d’un costume de chez Jonas & Cie, magasin situé rue d’Aboukir", Paris 2e, connu comme l'"arrondissement de la Bourse" (et de la BNF), mais dont le maire EELV, Jacques Boutault, est pro-palestinien (et Attac), a tweeté Laurence Haïm. On peut trouver légitime que le l'ex-banquier tienne à se distinguer de son prédécesseur à l'Elysée. Mais à s'aligner sur Bernard Cazeneuve, Mathias Fekl ? 

Rien n'avait été laissé au hasard pour cette cérémonie d'investiture. Emmanuel Macron est arrivé à 10h ce dimanche à l'Elysée pour sa passation de pouvoir avec François Hollande qui l'a accueilli d'une sobre poignée de main et sans accolade, sur le perron du palais présidentiel. Des considérations que la presse croient utiles...


B. Griveaux, comme
el chanteur Jonasz
B. Cazeneuve, comme
Christophe Dechavanne
Le nouveau chef de l'Etat a remonté très majestueusement le tapis rouge déroulé dans la cour d'honneur devant un détachement de la Garde républicaine sous les objectifs de centaines de photographes et de cameramen perchés jusque sur les toits du palais présidentiel. Sans intérêt, puisque c'est le cas tous les cinq ans.


Ca, c'est Vincent Peillon dans 
un costume par le même faiseur
Dix minutes avant le trentenaire, son épouse retraitée de l'enseignement, Brigitte Macron foulait elle aussi le tapis rouge sous une pluie fine. C'est bien la preuve, pour ceux/celles qui en doutaient encore que Macron est l'héritier de Hollande...

Au même moment, la porte-parole d'Emmanuel Macron, l'ancienne journaliste Laurence Haïm, communiquait sur son compte Twitter une foule d'informations, des plus importantes, comme la nomination d'Alexis Kohler au secrétariat général de l'Elysée, jusqu'aux plus triviales, et notamment le coût du costume porté par le nouveau président... Est-ce bien la tâche d'une porte-parole pour les affaires internationales ? Ou cherche-t-elle à promouvoir Jonas et Co auprès des émirats arabes ?

La très zélée (ou désoeuvrée) porte-parole passe ensuite à l'épouse


Ce thème de communication est-il le plus judicieux, au vu de l'apparence de la dame ? Réponse en images...

Pourquoi communiquer sur les vêtements du couple présidentiel ? 
Richard Ferrand, dirigeant 
mutualiste qui partage le tailleur
de Dominique Strauss-Kahn
Fantasme
présidentiel de
l'amazone

Macron a-t-il jugé que ses fringues sont un sujet d'intérêt pour les chômeurs et les "illettrés" de Gad...

L'équipe
 d'Emmanuel Macron a manifestement une piètre opinion du Français s'il croit qu'elle apporte des gages de transparence et de sobriété après la cabale du PenelopeGate et du scandale des coûteux costumes sur mesure offerts à François Fillon au moment de la campagne présidentielle. 
Elle ne réussit en fait qu'à focaliser l'attention sur la superficialité de la classe politique.
Résultat de recherche d'images pour "DSK Jonas & co"
Une tentative de gommage de son image de banquier d'affaires et pour inscrire son quinquennat sous le signe de la proximité avec le client moyen de Kiabi ?

mardi 1 mars 2016

"Coucou Flanby" : quand Hollande se fait pourrir sur Periscope

"Grollande", "Casse-toi,"... François Hollande se fait insulter sur Periscope

La communication du président, ça craint aussi !

Il a choisi le support de Serge Aurier...
Sur les conseils de Gaspard Gantzer, conseiller shooté en charge de la communication du président, l'Élysée a décidé mardi de retransmettre la visite de François Hollande dans une entreprise, en direct sur internet, via l'application Periscope. Mais les commentaires des internautes, très vindicatifs, ont fait capoter l'opération de communication. Pas malin de forcer la nature pour ne pas paraître son âge: les jeunes ne l'ont pas manqué !

L'application Periscope a donc encore fait parler d'elle ce mardi. 
Après le joueur du PSG Serge Aurier, qui s'était filmé en train de tenir des propos homophobes sur son entraîneur traité de "fiotte" en direct sur les réseaux sociaux ou méprisants de ses co-équipiers du PSG,  François Hollande n'a pas trouvé mieux que de s'exposer aux railleries des habitués de cette appli. A l'occasion d'une visite d'entreprise improvisée afin de justifier devant la presse la reculade du gouvernement sur la réforme du code du travail, le président sexagénaire a voulu utiliser ce canal de diffusion à l'occasion d'une visite de l'entreprise Showroom Privé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Mais il a surtout récolté des commentaires moqueurs, voire acerbes des internautes.


L'expérience n'aura duré que 24 minutes et peut être qualifiée de "bon gros fail" (un échec), pour reprendre un terme répandu sur Internet. Car pendant que le président de la République échangeait cordialement avec les salariés, les internautes se défoulaient, déversant un torrent de commentaires, parfois encourageants, parfois moqueurs, mais le plus souvent insultants. C'était l'occasion de se soulager quand les CRS ne sont pas convoqués.

Le 'community manager' ("animateurs de communauté en ligne") tente de filtrer les commentaires les plus injurieux, mais si la modératrice a bien tenté de bloquer les internautes les plus irrespectueux, elle s'est rapidement fait dépasser et, elle aussi a été insultée.

Le bras cassé provoque la risée générale  

Periscope permet de diffuser en direct sur les réseaux sociaux ce que vous filmez avec votre smartphone. Les images peuvent être commentées en temps réel par les internautes. Et ils ne s'en sont pas privés sur les images reloues d'un débat auquel participait Hollande dans les entrepôts de Showroom Privé, entreprise de VPC pour marques à -70%. De "Coucou Flanby" à "Hollande ntm" (Nique Ta Mère), en passant par "il crosse les jambes comme une catin." Après quelques pétards, Gaspard Gantzer, 35 ans et petit protégé de Fabius, ne devait pas être très lucide.


Quand l'opération Periscope du Président dérape - Aucun(e)



Les internautes ont chambré, voire insulté le Président  - Aucun(e)

A la recherche d'un nouveau public...

Gaspard Gantzer, chef de la communication du président, assume cette opération malgré ses déboires. "Comme souvent sur les réseaux sociaux, il y a de tout, des commentaires négatifs et positifs, des propos pertinents et d'autres hors sujets", déclare-t-il pour Francetvinfo, et il assure que "cela permet de varier les modes de dialogue et de discussion avec les citoyens en dehors des media classiques."

mercredi 13 janvier 2016

"La communication de Valls ? C'est 'Cauchemar en cuisine' !"

Sur France 2, chaîne publique, Ruquier se donne à Valls

Samedi à minuit, on se croira sur Canal+
Alors qu'elle n'a pas été encore diffusée, l'émission On n'est pas couché est déjà sur toutes les lèvres en décrypté. 

Pour la première fois, un Premier ministre en exercice se fait inviter sur le divan de l'émission de divertissement de Ruquier. Ainsi, le chef du gouvernement, Manuel Valls, se déboutonnera-t-il devant Léa Salamé et Yann Moix samedi soir sur le plateau de l'émission du service public. Comme d'habitude, l'émission recevra plusieurs autres invités mais, à la différence de la pub faite sur le nom du locataire de Matignon, aucun des noms de ses faire-valoir n'a encore été communiqué. 
Parions toutefois sur des chanteurs, car on ne leur demande pas de penser: ils chantent souvent les textes des autres et Valls n'aime rien tant que de s'écouter et aussi de s'entendre dans ses oeuvres. Or, par obligation, Michel Delpech s'est décommandé... et Cali a bien dû changer d'octave et se retirer. Torreton n'a plus été pressenti depuis sa participation à la dernière fronde de la gauche, notamment depuis qu'il a traité "Manuel le marteleur" de "Nikita Khrouchtchev de l’extrême droite socialiste". Valls a obtenu sans mal un droit de réponse à ces propos de l'acteur dans L'Humanité: " Les grandes valeurs relèvent les fronts et font chanter sous la mitraille, elles ouvrent les mains et les portes sous l’oppression occupante, elles aident à faire franchir les cols pyrénéens aux "réfugiés" ou " migrants" espagnols, choisissez le terme qui vous convient Monsieur Valls." La fréquentation des grands auteurs n'est pas la garantie d'une osmose salutaire et il conclut en ces termes définitifs son texte verbeux, suggérant à Hollande une idée de plus de commémoration: " Je considère le Parti socialiste politiquement mort." Pour son fossoyeur, Pierre Arditi sera-t-il sa doublure policée d'un soir?

Doit-on s'attendre à des questions sur son état de santé et sa consommation de Prozac?

Manuel Valls publiquement ridiculisé

Non sans humour, le député Les Républicains Jean-Charles Taugourdeau a interpellé le Premier ministre sur sa communication, au cours de la séance de questions au gouvernement.
A propos de la préoccupation numéro 1 des Français, non pas la déchéance de nationalité, mais la courbe du chômage, cet élu du Maine-et-Loire, un horticulteur, a estimé que sa participer à l’émission 'On n’est pas couché' n’est pas du niveau du premier ministre de la France.

Extraits
"
Pensez-vous vous rapprocher de la France qui se lève tôt en allant sur le plateau de 'On n’est pas couché', M. le premier ministre ?", a interrogé  l'horticulteur, sous le regard médusé du chef du gouvernement. "Cette émission, qui ne sert pas la grandeur de l’engagement politique, est peut-être intéressante pour le socialiste Manuel Valls, mais ce n’est surtout pas la place du premier ministre de la France. Ne nous dîtes pas que le président de la République va y aller aussi ?", a raillé le parlementaire.

Jean-Charles Taugourdeau va au fond du problème: "
Votre communication, c’est de la haute cuisine, ça pourrait être Top chef mais c’est plutôt 'Cauchemar en cuisine' ", double référence à des émissions de télévision de divertissement., notamment celle où le chef Philippe Etchebest joue les durs et houspille et invective les restaurateurs à la manque, comme il peut le faire, grondant et brandissant la menace.

Des propos qui ont suscité la
désapprobation de la ministre catastrophe du Travail, Myriam El Khomeri, ainsi qu’un rire jaune d'un premier ministre vert de rage qui, la veille, avait été malmené par un autre menteur, caractériel de surcroît, Noël Mamère. Blessé dans sa dignité, il a chargé de la riposte un bourrin, son ministre des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen.

En revanche,
le premier Ministre gominé de la France lui a adressé quelques bisous aguicheurs, dans une atmosphère, au final, très XIe arrondissement de Paris qui a dû passablement émoustiller les fonctionnaires de la Brigade des moeurs du ministère de l'Intérieur dont Valls a été en charge...


Maine-et-Loire. Le Député Jean-Charles Taugourdeau reçoit des bisous de Manuel Valls

Jean-Charles Taugourdeau, le député du Maine-et-Loire semble parfaitement insensible aux marques de tendresse du premier ministre de Hollande. Un aspect inconnu de la personnalité tourmentée du socialiste. Avec le "président des bisous", Hollande en février 2013 au Salon de l'Agriculture, ils font la paire dans l'exécutif...


mardi 14 juillet 2015

Grossière campagne de propagande en faveur de Hollande et Valls

Les chefs de l'Etat et de gouvernement se lancent des fleurs mutuellement et la presse y ajoute sa touche de flagornerie

Manuel Valls se déclare fier "d'être au côté de François Hollande"

Manuel Valls a eu tendance à verser dans le culte de la personnalité, sur la chaîne publique France Inter, estimant que les efforts des membres de la zone euro pour maintenir la Grèce dans la zone euro doivent tout à François Hollande. "C'est le président de la République qui est en train de permettre un accord au niveau de l'Union européenne" a-t-il osé affirmer, au mépris de l'Italie et de Malte, comme de tous ceux qui n'ont d'autre priorité que de sauvegarder l'intégrité de l'eurogroupe, fût-elle apparente et incertaine. Et comme l'outrance le caractérise, le Catalan s’est dit fier -depuis Paris- "d'être au côté de François Hollande et de réussir aujourd'hui ce qui semblait impossible". L'avenir dira mercredi, à la suite de la grève des fonctionnaires grecs et des votes de ratification de l'accord par huit parlements de la zone euro, si la confiance est revenue en ce gouvernement grec d'extrême gauche dirigé par Tsipras, dont plusieurs ministres menacent de démissionner, après le renvoi de l'intransigeant idéologue Yanis Varoufakis, ex-ministre des Finances. 

Valls donne à croire que c'est celui qui fait l'annonce d'un compromis qui l'a réalisé. Le communicant de Matignon est persuadé que le peuple est tellement immature qu'il peut avaler n'importe quelle baliverne émise sur le ton de la gravité, comme l'annonce du locataire de l'Elysée depuis Bruxelles qu’un accord avait enfin été trouvé entre Athènes et ses créanciers. "Tout au long du week-end, on nous disait qu'il y aurait un échec, que la Grèce allait peut-être sortir de la zone euro, raconte le Premier ministre. Et si la Grèce reste dans la zone euro, ce sera grâce à la France et grâce à François Hollande". Exit Angela Merkel, celle qui, tout au long des négociations, été accusée d'imposer son point de vue.
Et l'accord sur le nucléaire, conclu au terme de 21 mois de négociations entre les grandes puissances et les Chiites d'Iran, c'est Hollande aussi ?

Hollande encense Valls



Si, lors de son traditionnel entretien du 14 juillet, le président a vigoureusement défendu son Premier ministre, c'est qu'il y a péril dans la demeure socialiste. "Quand on a un bon Premier ministre, on le garde", a-t-il lancé, sans rien dire de ce qui justifie un tel hommage, si ce n'est qu'il sert sa politique, si inefficace soit-elle. Cette louange floue vient précisément alors que certains dans la majorité commencent à en avoir soupé des crises et des échecs de Valls, du déficit du commerce extérieur à la courbe ascendante du chômage, en passant par l'envolée de la dette publique. Les déçus du changement attendu émettent l’idée d’un changement de chef du gouvernement, histoire de faire croire à une "nouvelle phase" du quinquennat et de dynamiser la campagne présidentielle que Hollande a engagée avec une succession serrée de visites en régions. "Manuel Valls a vocation à rester jusqu’à la fin du quinquennat", a-t-il riposté.

Selon Hollande, aucune faute socialiste comportementale ou politique n'est grave. Il a dû défendre son Premier ministre, attaqué pour avoir pris des libertés avec l'argent public en utilisant un jet gouvernemental à un déplacement familial à Berlin ou pour avoir parlé de "guerre de civilisation".
L’hommage du président à son binôme entre cependant en contradiction quasi-totale avec ses déclarations sur l’éventuel élargissement de la majorité, pour faire revenir les écologistes au gouvernement. Or, pour la majeure partie des dirigeants d’Europe Ecologie-Les Verts, Valls incarne la politique de rigueur et le social-libéralisme. Hollande sait parfaitement bien que la réaffirmation de son maintien à Matignon fait obstacle à leur retour. "Ceux qui veulent venir travailler sont les bienvenus, je ne vais pas aller les chercher", a-t-il donc lâché, non sans dédain, tout en dressant la liste des sujets sur lesquels les Verts devraient composer s’ils étaient au gouvernement, au premier rang desquels il cite opportunément la COP21 sur le changement climatique qui se déroulera à Paris fin novembre. "Face à cet enjeu-là ceux qui veulent donner leur concours sont les bienvenus, a expliqué le chef de l’Etat. Je ne vais pas faire de contrôle à l’entrée".

Avec leurs gros souliers

Depuis les attentats djihadistes meurtriers de janvier, tout est bon pour le  pouvoir à une instrumentalisation
A l'Elysée, on se déploie en "pédagogie" auprès de l'opinion, bien conscients que le temps consacré au dossier grec ces derniers jours peut être mal vécu par troubler une large partie des Français en difficultés. "Il va falloir que le président montre que la résolution de la crise grecque était importante pour la France et ses intérêts, explique un élu socialiste anonyme, comme il en existe tant, si tant est que celui-là existe vraiment. Mais le grand avantage pour lui, c'est qu'il revient de Bruxelles avec une victoire politique". Une victoire sans partage avec les 18 participants !

La presse socialiste se respecte bien peu
 
Michèle Cotta, dans lepoint.fr, applaudit quand le président socialiste n'hésite pas à utiliser le mot "patrie" au cours de son entretien du 14-Juillet consacré aux thèmes de la sécurité et de l'identité. Tout est donc résolument bon dans les propos du capitaine de pédalo "poussé par des vents favorables"... La journaliste évacue ainsi  la forte menace terroriste, le vol de munitions sur le site militaire de Miramas et les explosions jugées "malveillantes" sur le site pétrochimique de Berre-l'Etang, également dans les Bouches-du-Rhône, le matin du 14-Juillet. François Hollande appelle d'ailleurs les Français à "refuser la peur": la balle est donc dans leur camp... Doivent-ils creuser des abris dans leurs jardins, Pépère ne le précise pas...

Le magazine L'Express, en empathie avec les demandeurs d'emploi, ne trouve rien à redire à l'affirmation de Hollande selon lequel "la croissance est là", même si elle reste encore "trop faible"...


Le Parisien ne sourit même pas en estimant que "François Hollande se voit en président "audacieux." Dans la même veine, BFMTV titre aussi: "Dossier grec, Europe: Hollande, conquérant, savoure son 14-Juillet". Quiconque douterait de l'orchestration médiatique des bienfaits planétaires de Hollande peut lire les lignes de francetvinfo.fr qui a le sentiment, dans le même registre, que "François Hollande se veut combatif," sera convaincu de la circulation des éléments de langage officiels. 


Le Figaro est plus malicieux en titrant que "Hollande s'affiche en protecteur de la nation", ajoutant qu' "au cours de sa traditionnelle intervention du 14 juillet, le chef de l'État a voulu donner l'image d'un président protecteur contre les multiples menaces qui pèsent sur la France, Grèce, Iran, terrorisme, chômage..." L'amalgame du pire et du moins mauvais est osé.

En somme, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes socialistes possibles. Alors que la popularité de François Hollande est à 21% d'opinions positives, il tenter d'enfumer l'opinion.

Le sondage sur la question de savoir si l'accord conclu lundi matin à Bruxelles avec Athènes va "permettre à la Grèce de sortir de la crise qu'elle vit actuellement", n'est d'ailleurs pas relayé par cette presse. Les sondés se montrent franchement sceptiques. Si 31% répondent par l'affirmative (2% "oui certainement", 29% "oui probablement"), quelque 68% d'entre eux n'y croient pas (48% "non probablement pas", 20% "non certainement pas"). Tous les efforts de Hollande seraient-ils au bout du compte voués à l'échec? Un de plus. Nul ne veut l'imaginer pour l'heure.

Si l'exécutif se donne tant de mal pour paraître bon, c'est bien qu'il ne l'est pas.