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mardi 14 juillet 2015

Grossière campagne de propagande en faveur de Hollande et Valls

Les chefs de l'Etat et de gouvernement se lancent des fleurs mutuellement et la presse y ajoute sa touche de flagornerie

Manuel Valls se déclare fier "d'être au côté de François Hollande"

Manuel Valls a eu tendance à verser dans le culte de la personnalité, sur la chaîne publique France Inter, estimant que les efforts des membres de la zone euro pour maintenir la Grèce dans la zone euro doivent tout à François Hollande. "C'est le président de la République qui est en train de permettre un accord au niveau de l'Union européenne" a-t-il osé affirmer, au mépris de l'Italie et de Malte, comme de tous ceux qui n'ont d'autre priorité que de sauvegarder l'intégrité de l'eurogroupe, fût-elle apparente et incertaine. Et comme l'outrance le caractérise, le Catalan s’est dit fier -depuis Paris- "d'être au côté de François Hollande et de réussir aujourd'hui ce qui semblait impossible". L'avenir dira mercredi, à la suite de la grève des fonctionnaires grecs et des votes de ratification de l'accord par huit parlements de la zone euro, si la confiance est revenue en ce gouvernement grec d'extrême gauche dirigé par Tsipras, dont plusieurs ministres menacent de démissionner, après le renvoi de l'intransigeant idéologue Yanis Varoufakis, ex-ministre des Finances. 

Valls donne à croire que c'est celui qui fait l'annonce d'un compromis qui l'a réalisé. Le communicant de Matignon est persuadé que le peuple est tellement immature qu'il peut avaler n'importe quelle baliverne émise sur le ton de la gravité, comme l'annonce du locataire de l'Elysée depuis Bruxelles qu’un accord avait enfin été trouvé entre Athènes et ses créanciers. "Tout au long du week-end, on nous disait qu'il y aurait un échec, que la Grèce allait peut-être sortir de la zone euro, raconte le Premier ministre. Et si la Grèce reste dans la zone euro, ce sera grâce à la France et grâce à François Hollande". Exit Angela Merkel, celle qui, tout au long des négociations, été accusée d'imposer son point de vue.
Et l'accord sur le nucléaire, conclu au terme de 21 mois de négociations entre les grandes puissances et les Chiites d'Iran, c'est Hollande aussi ?

Hollande encense Valls



Si, lors de son traditionnel entretien du 14 juillet, le président a vigoureusement défendu son Premier ministre, c'est qu'il y a péril dans la demeure socialiste. "Quand on a un bon Premier ministre, on le garde", a-t-il lancé, sans rien dire de ce qui justifie un tel hommage, si ce n'est qu'il sert sa politique, si inefficace soit-elle. Cette louange floue vient précisément alors que certains dans la majorité commencent à en avoir soupé des crises et des échecs de Valls, du déficit du commerce extérieur à la courbe ascendante du chômage, en passant par l'envolée de la dette publique. Les déçus du changement attendu émettent l’idée d’un changement de chef du gouvernement, histoire de faire croire à une "nouvelle phase" du quinquennat et de dynamiser la campagne présidentielle que Hollande a engagée avec une succession serrée de visites en régions. "Manuel Valls a vocation à rester jusqu’à la fin du quinquennat", a-t-il riposté.

Selon Hollande, aucune faute socialiste comportementale ou politique n'est grave. Il a dû défendre son Premier ministre, attaqué pour avoir pris des libertés avec l'argent public en utilisant un jet gouvernemental à un déplacement familial à Berlin ou pour avoir parlé de "guerre de civilisation".
L’hommage du président à son binôme entre cependant en contradiction quasi-totale avec ses déclarations sur l’éventuel élargissement de la majorité, pour faire revenir les écologistes au gouvernement. Or, pour la majeure partie des dirigeants d’Europe Ecologie-Les Verts, Valls incarne la politique de rigueur et le social-libéralisme. Hollande sait parfaitement bien que la réaffirmation de son maintien à Matignon fait obstacle à leur retour. "Ceux qui veulent venir travailler sont les bienvenus, je ne vais pas aller les chercher", a-t-il donc lâché, non sans dédain, tout en dressant la liste des sujets sur lesquels les Verts devraient composer s’ils étaient au gouvernement, au premier rang desquels il cite opportunément la COP21 sur le changement climatique qui se déroulera à Paris fin novembre. "Face à cet enjeu-là ceux qui veulent donner leur concours sont les bienvenus, a expliqué le chef de l’Etat. Je ne vais pas faire de contrôle à l’entrée".

Avec leurs gros souliers

Depuis les attentats djihadistes meurtriers de janvier, tout est bon pour le  pouvoir à une instrumentalisation
A l'Elysée, on se déploie en "pédagogie" auprès de l'opinion, bien conscients que le temps consacré au dossier grec ces derniers jours peut être mal vécu par troubler une large partie des Français en difficultés. "Il va falloir que le président montre que la résolution de la crise grecque était importante pour la France et ses intérêts, explique un élu socialiste anonyme, comme il en existe tant, si tant est que celui-là existe vraiment. Mais le grand avantage pour lui, c'est qu'il revient de Bruxelles avec une victoire politique". Une victoire sans partage avec les 18 participants !

La presse socialiste se respecte bien peu
 
Michèle Cotta, dans lepoint.fr, applaudit quand le président socialiste n'hésite pas à utiliser le mot "patrie" au cours de son entretien du 14-Juillet consacré aux thèmes de la sécurité et de l'identité. Tout est donc résolument bon dans les propos du capitaine de pédalo "poussé par des vents favorables"... La journaliste évacue ainsi  la forte menace terroriste, le vol de munitions sur le site militaire de Miramas et les explosions jugées "malveillantes" sur le site pétrochimique de Berre-l'Etang, également dans les Bouches-du-Rhône, le matin du 14-Juillet. François Hollande appelle d'ailleurs les Français à "refuser la peur": la balle est donc dans leur camp... Doivent-ils creuser des abris dans leurs jardins, Pépère ne le précise pas...

Le magazine L'Express, en empathie avec les demandeurs d'emploi, ne trouve rien à redire à l'affirmation de Hollande selon lequel "la croissance est là", même si elle reste encore "trop faible"...


Le Parisien ne sourit même pas en estimant que "François Hollande se voit en président "audacieux." Dans la même veine, BFMTV titre aussi: "Dossier grec, Europe: Hollande, conquérant, savoure son 14-Juillet". Quiconque douterait de l'orchestration médiatique des bienfaits planétaires de Hollande peut lire les lignes de francetvinfo.fr qui a le sentiment, dans le même registre, que "François Hollande se veut combatif," sera convaincu de la circulation des éléments de langage officiels. 


Le Figaro est plus malicieux en titrant que "Hollande s'affiche en protecteur de la nation", ajoutant qu' "au cours de sa traditionnelle intervention du 14 juillet, le chef de l'État a voulu donner l'image d'un président protecteur contre les multiples menaces qui pèsent sur la France, Grèce, Iran, terrorisme, chômage..." L'amalgame du pire et du moins mauvais est osé.

En somme, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes socialistes possibles. Alors que la popularité de François Hollande est à 21% d'opinions positives, il tenter d'enfumer l'opinion.

Le sondage sur la question de savoir si l'accord conclu lundi matin à Bruxelles avec Athènes va "permettre à la Grèce de sortir de la crise qu'elle vit actuellement", n'est d'ailleurs pas relayé par cette presse. Les sondés se montrent franchement sceptiques. Si 31% répondent par l'affirmative (2% "oui certainement", 29% "oui probablement"), quelque 68% d'entre eux n'y croient pas (48% "non probablement pas", 20% "non certainement pas"). Tous les efforts de Hollande seraient-ils au bout du compte voués à l'échec? Un de plus. Nul ne veut l'imaginer pour l'heure.

Si l'exécutif se donne tant de mal pour paraître bon, c'est bien qu'il ne l'est pas.

 

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