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vendredi 10 juillet 2015

Grèce: Tsipras trahit 61% de Grecs en cèdant aux créanciers

Le parlement grec et Syriza peuvent-ils entériner les renoncements de Tsipra?

L'idéologie recule devant  la nécessité

Tsipras a perdu sa hargne et son sourire
Le gouvernement grec s'est exécuté en dévoilant à Bruxelles jeudi soir ses propositions aux créanciers pour sortir le pays de la crise. Une phase d'analyse et de réflexion s'ouvre désormais avant qu'un éventuel accord puisse être éventuellement considéré comme définitif.  Ces propositions visant à conclure un accord avec les créanciers doivent être évaluées par les pays de la zone euro avant un sommet européen extraordinaire crucial dimanche sur le sort de la Grèce dans l'Union européenne.

Alexis Tsipras a cédé à la pression. 
Le texte des propositions de 13 pages, intitulé "Actions prioritaires et engagements", se rapproche des dernières propositions des créanciers du 26 juin, que le gouvernement avait initialement rejetées en annonçant alors la tenue d'un référendum et un appel au "non". 
Tsipras a visiblement cherché à coller au plus près des attentes des créanciers de la Grèce. L'UE, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont désormais ses nouvelles propositions en main, en échange d'une nouvelle aide financière sur trois ans, demandée la veille au Mécanisme européen de stabilité (MES).

Hausse de la TVA

Pomme de discorde entre Athènes et ses créanciers, le taux de la TVA, qui jusqu'ici était à 13%, est fixé à 23%, incluant aussi la restauration, comme le souhaitaient les créanciers.
Pour les produits de base, l'électricité et les hôtels, la TVA reste à 13% et pour les médicaments, livres et places de théâtre à 6%.

Suppression des avantages fiscaux des îles

Le gouvernement propose la suppression des avantages fiscaux pour les îles (soit la réduction de 30% de la TVA appliquée depuis plusieurs années), à commencer par les îles les plus riches et touristiques.
Cette suppression va commencer en octobre et sera faite graduellement pour s'achever d'ici la fin 2016.

Hausse d'autres taxes

La hausse de la taxe sur les sociétés va passer de 26% à 28%, comme le souhaitaient les créanciers, et non pas à 29% comme l'avait initialement proposé Athènes. Les taxes sur les produits de luxe seront également augmentées.

Réforme des retraites

L'âge du départ à la retraite passe de 57 à 67 ans ou 62 ans, avec 40 années de travail, et sera relevé graduellement d'ici à 2022.

Réduction des dépenses militaires

Le plafond des dépenses militaires sera réduit de 100 millions d'euros en 2015 et de 200 millions en 2016 contre une réduction de 400 millions proposée par les créanciers.

Déréglementation de certaines professions

Des réformes pour la déréglementation de certaines professions (ingénieurs, notaires) et du secteur du tourisme sont également prévues.

Lutte contre l'évasion fiscale

Le gouvernement propose une série de mesures pour lutter contre l'évasion fiscale et la réorganisation du système de collectes des impôts. A la condition de réformes structurelles, telle que la création d'un cadastre.

Réforme de l'administration

Des gestionnaires seront embauchés d'ici 2015 pour évaluer les fonctionnaires et une série de mesures est prévue pour moderniser le secteur public.

Privatisations

Le gouvernement accepte de vendre la part restant de l'Etat au capital social des télécommunications grecques OTE, dont le principal actionnaire est Deutsche Telekom.
L'appel d'offres sera aussi lancé pour la privatisation des ports du Pirée et de Thessalonique d'ici octobre.

Objectifs budgétaires

Initialement Athènes s'était aligné sur les propositions des créanciers pour réaliser un excédent primaire budgétaire (hors service de la dette) de 1% en 2015, 2% en 2016 et 3% en 2017 mais, jeudi soir, le gouvernement a indiqué que ces objectifs devaient être examinés de nouveau, car la situation économique s'est aggravée ces derniers jours, surtout après l'imposition du contrôle des capitaux et la fermeture des banques.

Dette publique

Les propositions grecques prévoient également "la réglementation de la dette publique", à 180% du PIB actuellement, selon une source gouvernementale qui n'a pas donné plus de précision sur ce sujet épineux dont la majorité des pays de la zone euro ne veulent pas entendre parler, surtout l'Allemagne et les pays du nord.

Un "paquet croissance"

"Un paquet de 35 milliards d'euros" consacré à la croissance est déjà prévu par la Commission européenne, selon une source gouvernementale grecque.


Un vote du Parlement suspendu à la décision de l'opposition de droite
L'Obs parle de "quasi-reddition de Tsipras", ami de Mélenchon. "Après la glorieuse et dangereuse bataille du référendum, Athènes, triomphante, semble déposer les armes."

Rien ne garantit que le plan grec, qui doit encore faire l'objet de négociations finales avant la fin du week-end, puisse réunir une majorité au Parlement. Déjà, selon Proto Thema, cité par La Tribune, le ministre de l'Energie, Panagiotis Lafanzanis, représentant de l'aile gauche de Syriza, et  Panos Kammenos, le chef des Grecs Indépendants, ont refusé de signer le projet de loi.
La fronde peut l'emporter, surtout si les créanciers ne prennent pas dans l'accord final d'engagements fermes et substantiels sur la réduction de la dette, qui pourraient séduire même les plus durs des députés de la majorité au pouvoir. A moins que les élus de droite ne choisissent de sauver la Grèce de Syriza.
Une fois de plus, balancé entre ses créanciers vexés et sa majorité rétive, Alexis Tsipras apparaît comme un funambule sur une corde raide et devra faire la preuve de ses talents de négociateur pour ne pas chuter.

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