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vendredi 3 juillet 2015

Une nouvelle plainte vise DSK: affaire LSK

Des soupçons d'escroquerie surgissent contre le retour politique du socialiste

L'affaire LSK ne fait que commencer

D. Strauss-Kahn et Thierry Leyne
Alors que Dominique Strauss-Kahn qui revenait justement sur la scène politique, tous les protagonistes de cette histoire, y-compris DSK, espèrent que le scandale LSK, pour Leyne Strauss-Kahn & Partners, est derrière eux, mais une nouvelle plainte vient leur rappeler que le Parti socialiste préfère voir DSK de loin.

Une plainte vient, en effet d'être déposée contre plusieurs anciens dirigeants de l'établissement financier, une banque d’investissements version 'boutique', par un ancien actionnaire de la société, Jean-François Ott, un Français ayant fait fortune dans l'immobilier. DSK fait partie des personnes visées en tant qu'ex-président du conseil d'administration de LSK de 2013 à 2014, avant sa démission en octobre dernier. La plaine porte sur des soupçons d' "escroquerie" et d’ "abus de biens sociaux" présumés.

Aventure financière et défenestration

Elle a été déposée auprès du Procureur de la République de Paris encore François Molins, qui s'est déjà montré très coopératif avec le gouvernement contre Uber - et non au Luxembourg où était basée LSK, "dans la mesure où plusieurs personnes soupçonnées résident en France", explique Mathieu Croizet, l’avocat de Jean-François Ott. Pour l'heure, on ne sait pas si cette plainte - qui n’aurait pas encore été enregistrée- sera recevable et/ou si elle sera suivie de l’ouverture d’une procédure.

Quoi qu’il en soit, ce document remue un peu plus le couteau dans la plaie. LSK, qui a fait faillite, et dont l’ancien patron Thierry Leyne s’est défenestré à Tel Aviv à l'âge de 49 ans, doit répondre à la colère de nombreux anciens salariés et créanciers. En avril, il y avait environ 160 créanciers pour un montant total de presque 90 millions d’euros.

Ce qu'il faut savoir
Jean-François Ott, fondateur et ex-PDG d’Orco Property Group, ne fait pas l’unanimité dans le petit monde de la finance. Le fonds Kingston, qui détient 12,5% d'Orco Property Group (OPG), a publié plusieurs lettres ouvertes aux autres actionnaires de la société, en attaquant frontalement le président de la société, Jean-François Ott, et son principal actionnaire, Radovan Vitek (31% des parts), qu'il accuse de "travailler ensemble à leur profit mutuel, mais aux dépens des autres actionnaires". Kingston avait demandé le départ de Jean-François Ott et de l'équipe de direction avec effet immédiat.

L’été dernier, Ott a en outre souscrit à une augmentation de capital pour 500.000 euros, via sa société chypriote Roxannia. L’homme d’affaires, qui vit aujourd’hui à Prague, est alors séduit par les projets de Thierry Leyne et de DSK. Ensemble, ils cherchaient alors à monter un fonds alternatif "global Macro", de 2 milliards de dollars.
Afin de permettre à Jean-François Ott d’étudier cet investissement, LSK lui aurait alors remis différents documents, notamment un calcul de l’actif net réévalué et un business plan, évoquant un net retour à la profitabilité de la société dès 2015. Or, la perte mentionnée pour 2013 est bien inférieure à celle du projet de comptes que Roxannia s’est procuré par la suite, les comptes définitifs n’ayant pas été publiés. La plainte parle donc "de projections financières fantaisistes et trompeuses".

Quant à Leyne, il a été formé à l’Institut de technologie de Haïfa, le Technion
qui depuis longtemps a la réputation d’être l’université des techniciens du Mossad et de l’armée, une pouponnière d’espions. C’est ici qu’à été conçu le 'Dôme de fer', bouclier anti-missile; c’est aussi ce Technion qui travaille sur des projets d’engins blindés téléguidés, de drones et autres outils d’espionnages ultra secrets. La légende, qui colle à l’institut de technologie, veut que ceux qui y suivent des cours soient des "étudiants-soldats". Le site 'Orient XXI', proche du journal Le Monde, qui a consacré un article à cette perle de la connaissance, termine ainsi leur papier : "Le Technion, ses professeurs, ses chercheurs et ses étudiants sont devenus des rouages essentiels d’une politique dure israélienne, justifiant les appels internationaux de plus en plus nombreux au boycott académique de cette institution". Un avis pro-arabe.

Le flou cache un loup

La plainte déroule point par point les zones d’ombre : réserves et démission du réviseur d’entreprises, réserves mentionnés dans des lettres par le fonds Insch etc. Pour son avocat, l’investissement réalisé par Jean-François Ott a été fait à un prix complètement surestimé, compte tenu des réserves du réviseur et du prix auquel DSK lui-même avait investi dans la société. " Les dirigeants ne pouvaient pas ne pas connaître la situation financière réelle de LSK", écrit-il. Celle-ci pourrait relancer la question de la responsabilité de chacun dans cette affaire, alors que le principal protagoniste, Thierry Leyne, est décédé, avant d’avoir pu donner sa version des faits. DSK, de son côté, avait accusé son ancien associé, dans un entretien d'octobre au journal Le Parisien, rappelant que c’était Thierry Leyne qui gérait l'entreprise. L'ami de "Dodo-la-saumure" et d’autres ont d’ailleurs déposé dès l’automne une plainte contre X pour abus de biens sociaux. Un document relativement peu détaillé, qui pourrait être, en partie, destiné à se protéger, selon une source proche du dossier.
Contactés, les anciens administrateurs Michel Jollant et Philippe Hervé n'ont pas souhaité participer au débat dans la presse. L’avocat de DSK, Jean Veil, indique ne pas être informé.

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