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dimanche 19 juillet 2015

"Les primaires risquent d'être un piège" pour Juppé, annonce Bayrou

Le maire de Pau aurait misé sur le mauvais cheval, le maire de Bordeaux

François Bayrou se projette déjà dans la campagne présidentielle à venir

L'équipe des jaunes contre celle des bleus
Le président du MoDem déploie sa stratégie dans les media. Si, par extraordinaire, François Bayrou était élu président de la République en 2017, il serait le premier chef d’Etat élu à sa quatrième tentative, depuis les débuts de la Ve République, selon Valeurs actuelles jeudiMais, alors qu'il soutient Alain Juppé, il confie pourtant également son pessimisme quant à la victoire du maire bordelais à la primaire de droite, en 2016. Dans un entretien cette fois au Journal du Dimanche, il soutient toujours l'ancien Premier ministre Alain Juppé en vue de 2017, mais prévient que "les primaires risquent d'être un piège" et qu'il pourra alors se délier.
Bayrou jure toutefois qu'il a "de l'amitié et de l'estime" pour le maire Les Républicains de Bordeaux et considère aussi "qu'il est le mieux placé dans le grand courant modéré dont la France a besoin". "S'il est candidat, je travaillerai avec lui pour que la France aille mieux et un jour aille bien", affirme le maire de Pau.
Mais, initiées par le PS en France et reprises par la droite pour 2016, les primaires "risquent d'être un piège parce qu'elles remettent le choix du candidat non pas dans les mains du peuple directement, mais dans celles d'un public engagé, militant, partisan, forcément plus virulent que la France réelle, peu en phase avec un candidat modéré et nuancé". Selon lui, les primaires seraient donc "le contraire de nos institutions""Alain Juppé croit qu'il peut surmonter cet obstacle"

"Simplement, si le résultat n'était pas celui que j'espère, je ne serais pas lié par ce choix"


Juppé est prévenu de la solidité de son alliance avec le dirigeant centriste.
"Si, au premier tour (de l'élection présidentielle), il n'y avait sur la table de vote que les bulletins Hollande, Sarkozy, Le Pen, des millions de citoyens français ne trouveraient pas le bulletin qui correspond à leur idée de la France", prétend-il. "Cela est pour moi inenvisageable", lance-t-il, laissant ainsi entendre qu'il pourrait lui-même se présenter.
Pour mémoire, François Bayrou a obtenu 9,1% des voix à la présidentielle de 2012 (18,57 % en 2007), un score qui, contrairement à 2007, ne lui donna pas de poids au second tour. Les millions  de citoyens français qu'il évoque étaient à peine plus de 3 millions, contre moins de 7 millions en 2007: la tendance au redressement de sa courbe personnelle est aussi improbable que celle de l'emploi sous Hollande. 

Personne ne trouve grâce aux yeux de Bayrou

L'ancien ministre transparent de l'Education s'en prend donc  à Sarkozy
Surfant sur la méthode de la presse, dont celle, sympathisante, de Marianne qui soutenait sa candidature, Bayrou  fait le jeu de la gauche, accusant Sarkozy de "jouer perpétuellement l'agressivité et la menace, chercher la division du pays, allumer le feu avec les sujets les plus brûlants". L'ancien chef de l'Etat peut-il changer? "Les hommes peuvent changer, et les poules avoir des dents", ironise le Béarnais, sans agressivité ni esprit de division...

François Hollande n'est pourtant pas mieux servi que les autres, Juppé -sous la menace de sa défection- ou Sarkozy. Est-il "audacieux", comme il s'est lui-même défini le 14 juillet? "J'avoue qu'une telle définition, depuis trois ans, ne m'était jamais venue à l'esprit", raille pareillement l'amer de Pau qui, malgré les apparences contre lui ne cherche pas "la division du pays"...

Merkel a la cote auprès de Bayrou, autant que S. Royal en 2007, mais Angela n'a pas davantage cure de ce soutien. "Angela Merkel, c'est quelqu'un. On voit qu'elle existe, on voit ses convictions, on voit même ses doutes parfois". "Mais quand l'Allemagne apparaît dure et insensible aux difficultés des autres, elle ne fait pas avancer l'ensemble européen : elle risque de s'isoler", considère-t-il au sujet de sa position sur la Grèce. 

Bayrou qui, à 64 ans, n'a toujours pas soigné son indécision chronique, révèle son ambiguïté
Le dirigeant centriste défend la communication de François Hollande mercredi sur un projet d'attentat soi-disant déjoué: "Je ne reprends pas cette critique" de l'opposition sur le comportement médiatique d'appropriation de l'antiterrorisme par le président Hollande "pour les sondages", car "j'ose espérer qu'il avait des raisons plus profondes pour mettre en garde ou pour montrer que l'alerte donnée par les proches est décisive", positive l' "audacieux" Béarnais, se plaçant toutefois, sans aucune certitude, au niveau d'un fol espoir.

L'avenir dira si Hollande, à des fins de propagande personnelle, a fait avorter une enquête antiterroriste en cours, l'instrumentalisant à fond jusqu'à la libération des trois jeunes suspects placés en garde à vue, et si Bayrou reste le dindon au pot des dimanches d'élections.

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