POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est antiterrorisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est antiterrorisme. Afficher tous les articles

mardi 26 septembre 2017

Loi antiterroriste: l'état d'urgence va entrer dans le droit commun

L'état d'urgence en marche vers le droit commun à l'Assemblée

Le 
projet de loi antiterroriste du gouvernement est examiné par les députés, en seconde lecture, ce lundi 25 septembre

Résultat de recherche d'images pour "état d'urgence dans le droit commun"L'ambition officielle du pouvoir est de sortir de façon "maîtrisée" de l'état d'urgence six fois reconduit depuis le 13-Novembre 2015. Pour commencer, la principale modification tient à une nouvelle terminologie: il ne faut plus dire "assignation" ou "perquisition", mais "mesures de surveillance" ou "visites et saisies".

Mais au-delà de ce lustrage lexical et de cette "novlangue" de l'antiterrorisme raillée par le Défenseur des droits Jacques Toubon et qui plombe les efforts de pédagogie de Macron, plusieurs mesures emblématiques inscrites dans la loi ordinaire devraient banaliser l'état d'urgencece qui ne manque pas d'inquiété un militant de 'l'ancien monde', le président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme (LDH), Henri Leclerc, 83 ans. Cet ex-membre de l'équipe de campagne de Martine Aubry aux primaires socialistes de la présidentielle de 2012, en tant que conseiller de la candidate sur les questions de justice, appela à voter pour le candidat François Hollande et s'est exprimé ce lundi matin encore sur France-Culture :

Françoise Dumont, qui dirige la LDH, avait déjà longuement détricoté et dénoncé des "mesures qui contribuent à stigmatiser," dans "L'Obs" cet été. 

Comment va s'opérer ce passage de l'état d'urgence à l'Etat de droit ?
 
Antiterrorisme : pourquoi intégrer l'état d'urgence dans le droit commun inquièteQuelles mesures de l'état d'urgence seront transposées ou supprimées dans la loi antiterroriste du gouvernement ? Les mesures phares de ce projet de loi, ainsi que les amendements déjà déposés par les députés des différents groupes, donnent une indication sur la direction prise par La République en Marche (LREM). Sans surprise, certains de ces 245 amendements, dont seulement 20% sont imputables au Front national, sont inattendus.

Assignations et surveillance

Le projet de loi antiterroriste ne prévoit plus d'assignation à résidence, mais d'assignation à la commune, c'est-à-dire à "un périmètre qui ne peut pas être inférieur à la commune". Une proposition d'élargissement qui rend le suivi des suspects délicat et fait bondir le député LR Eric Ciotti et consorts. Dans un amendement, Les Républicains écrivent :
"Un individu repéré par les services de renseignement comme particulièrement dangereux, en lien avec un réseau terroriste, se verrait notifier, par exemple, une mesure lui permettant de continuer à circuler librement dans tout Paris ! Cela n'a guère de sens." Ce qui est bien peut dire, car c'est irresponsable.
Le groupe LR propose donc le maintien de l'assignation à résidence. Un autre groupe LR, conduit par Valérie Boyer, propose donc une "assignation à arrondissement" pour les villes de Paris, Lyon, Marseille. S'il est vraiment utile d'étendre le périmètre d'action des terroristes sous surveillance.

Autre proposition constructive du groupe d'Eric Ciotti, la "création d'un régime de rétention administrative". Les détails font froid dans le dos de L'Obs: "Le présent amendement donne au ministre de l'intérieur le pouvoir d'assigner, dans un centre de rétention fermé, aux seules fins de prévenir des actes de terrorisme  [ce qui à L'Obs n'apparaît pas le but recherché : ce qui s'appelle de la "prévention"] tout individu à l'égard duquel il existe des raisons sérieuses de penser [une appréciation subjective ouvrant la porte au laxisme de la justice] qu'il constitue, par son comportement, une grave menace pour la sécurité nationale." Et la sécurité nationale, c'est celle des Français ou de Charlie hebdo...

Douze, 24 ou 36 mois de surveillance ?
 
Dans l'état actuel du projet de loi, les personnes "sous surveillance" le seront durant douze mois. Mais le Front national propose une surveillance étendue à trois ans, tandis que le groupe d'Eric Ciotti opte pour une durée intermédiaire, souhaitant prolonger cette surveillance durant 24 mois. 
"Cette durée est totalement insuffisante, comme d'ailleurs tout le texte, dont la portée n'est pas à la mesure de l'enjeu civilisationnel qui menace désormais notre Nation", souligne le FN.

Perquisition, "visite, saisies" 

Le projet de loi ne parle plus de "perquisitions" mais de "visites et saisies". Et ce n'est pas tout, tente de rassurer ce lundi matin le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, dans un entretien avec "20minutes" : "Comme elles sont susceptibles de porter une atteinte importante aux libertés, nous avons strictement encadré cette disposition en prévoyant une autorisation du juge des libertés et de la détention (JLD), après avis du procureur de Paris, François Molins, et information du procureur du département où elle se déroule." Ce qui en matière de libertés publiques n'innove en rien...

Faut-il inscrire l'état d'urgence dans la législation ?

"Au nom de la lutte antiterroriste, l'administration pourra fixer le lieu de vie des individus et entrer de force dans leur domicile pour s'emparer de leurs biens, notamment leurs équipements informatiques",  ce qui met la Quadrature du Net dans tous ses états. 

Certains parlementaires s'inquiètent en outre d'un aspect concernant ces équipements informatiques : l'obligation de déclarer ses identifiants électroniques (mots de passe des boîtes mails ou des comptes de réseaux sociaux).

"Cet amendement a été adopté par la commission des Lois du Sénat", conteste ainsi le groupe communiste qui, par amendement, s'oppose vivement à cette obligation de déclarer ses identifiants. "Cette mesure n'apparaît pas nécessaire alors qu'il existe, depuis la loi n° 2015-912 du 24 juillet 2015 relative au renseignement, un cadre juridique complet permettant de récupérer les identifiants techniques de connexion, sous le contrôle de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement ou du juge administratif", écrit le groupe parlementaire, qui nie son insuffisance. 

Zones à accès restreint

Image associée
L'usage des périmètres de protection est circonscrit par les sénateurs aux abords de sites soumis au risque d'attaques terroristes. Lorsqu'un endroit devra être soumis à un périmètre de protection (stade de foot, salle de concert où n'importe quel lieu "soumis à un risque d'actes de terrorisme" : les établissements scolaires ?), le projet de loi prévoit "une palpation de sécurité qui devra être effectuée par une personne de même sexe que la personne qui en fait l'objet", ce qui est déjà la règle.

"Cette procédure complique encore une fois le travail de nos policiers et de nos gendarmes !", s'indigne la députée LR Valérie Boyer dans un amendement, qui propose donc que les palpations de sécurité puissent s'effectuer sans distinction de sexe. Le sexe n'est-il pas un concept nié par la gauche qui lui préfère le "genre"?

Un amendement Lafarge

L'un des amendements déposés par La France insoumise prévoit par ailleurs de pouvoir procéder à des "saisies inamicales" sur les entreprises "suspectées notamment de financer directement ou indirectement la commission d'actes terroristes". Une référence claire au cimentier français LafargeHolcim, que Le Monde avait accusé d'avoir payé des taxes au groupe Etat islamique entre 2013 et 2014, via sa cimenterie implantée à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.
"Avec un tel arsenal à sa disposition, le Gouvernement pourra ainsi rassurer le peuple français sur le fait que des sociétés comme LafargeHolcim ne s'aventurent à financer Daesh ou des groupes terroristes, tel qu'ils l'ont reconnu en mars 2017 (pour assurer notamment la sécurité d'une cimenterie en Syrie en 2013 et 2014)", conclut La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

lundi 25 avril 2016

Etat d’urgence : vers une république des "colonels"

L'exécutif socialiste  a voulu prolonger l’état d’urgence de deux mois de plus 

Le pouvoir PS veut faire durer l’état d’urgence

Instauré en France au soir des attentats islamistes du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, il est prolongé de deux mois à compter du 26 mai, a annoncé Manuel Valls mercredi 20 avril au micro de France Info. Le premier ministre a estimé qu’ "au vu de la menace", l’exécutif souhaite que la sécurité soit maximale pour l’Euro de football, qui se déroulera du 10 juin au 10 juillet, et le Tour de France, du 2 au 24 juillet.
Le mouvement d’occupation Nuit debout, à Paris et en province, n’a en revanche  pas été jugé comme un problème pour l’état d’urgence, a assuré Manuel Valls. "Aucune manifestation, aucun événement public n’a été interdit [en dehors de la COP 21], a-t-il expliqué. Nous pouvons assurer la sécurité des Français, en tout cas mettre tous les moyens pour assurer leur sécurité, et en même temps organiser des événements."
François Fillon s'est à l'inverse dit "choqué" par le mouvement Nuit debout, " toléré" en plein état d’urgence.

"L’état d’urgence ne peut pas être un état permanent, mais à l’occasion de ces grandes manifestations, nous avons considéré qu’il fallait prolonger cet état d’urgence pour assurer pleinement la sécurité" des Français. Et des étrangers ? La mesure a été présentée par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, mercredi 20 en Conseil des ministres.
Le texte  a été transmis au Conseil d’Etat, puis au Parlement, qui doit voter.

La prolongation de l'état d'urgence jusqu'à l'Euro fait toujours polémique

L’état d’urgence a déjà été prolongé à deux reprises, le 19 novembre, puis le 16 février.

L'état d'urgence pendant l'Euro "ne serait pas forcément un bon message", avait admis François Hollande en janvier dernier.
Mais nous y sommes: le président français craint de prendre le risque de lever l'état d'exception et d'être accusé de laxisme sur ce sujet également en cas de nouvel attentat.

Le gouvernement l'assure : il veut en sortir, mais pas sans avoir d'abord renforcé la loi. L'exécutif compte sur le projet de réforme pénale, toujours en discussion au Parlement.

En attendant, les oppositions jugent cette nouvelle prolongation inappropriée

Les altermondialistes d'Europe Ecologie-les Verts, la gauche du PS et l'extrême gauche dénoncent une mise en danger des libertés publiques et individuelles.
L'écologiste Noël Mamère et l'ex-socialiste Pouria Amirshahi y voient chez les anxieux un moyen de faire "perdurer un état général de peur collective".


A droite, le président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, député LR,  regrette "l'amateurisme du gouvernement", incapable à ses yeux d'anticiper l'Euro et le Tour de France.

Eric Woerth, secrétaire général des Républicains, Eric Woerth estime qu'il faut savoir mettre fin à cet état d'urgence qu'il juge d'ailleurs
incompatible avec les fan-zones prévus pendant l'Euro.

La prolongation de l'état d'urgence jusqu'au 26 juillet sera soumise au Parlement.

Vu l'imprévoyance du pouvoir, l'opposition devrait la voter, comme elle l'a déjà fait par deux fois.



vendredi 1 avril 2016

Valls, "un petit manoeuvrier sans envergure," souligne Fillon

L'ancien Premier ministre juge "indignes" les propos de Manuel Valls

"Les propos du Premier ministre sont indignes parce qu'ils sont faux", a riposté F. Fillon sur RTL

Depuis deux jours, l'abandon de la révision constitutionnelle annoncée par François Hollande mercredi attirent les sarcasmes de la droite sur le gouvernement et singulièrement son chef, Manuel Valls. Par téléphone au micro de RTL ce vendredi matin, François Fillon a même qualifié Manuel Valls de "petit manoeuvrier sans envergure"

La veille, Manuel Valls fustigeait la droite sénatoriale et l'accusait de l'échec du projet de réforme constitutionnelle. 
Interrogé sur le transfert de Salah Abdeslam en France, le locataire de Matignon a amèrement commenté l'exemple et fustigé l'opposition majoritaire: "On ne pourra pas déchoir de la nationalité, car la droite sénatoriale l'a décidé." 

Des propos dont François Fillon souligne l'indignité. 
"Ils sont indignes parce qu'ils sont faux. Le texte que le président de la République avait promis, celui qu'il avait annoncé à Versailles, et qui correspond d'ailleurs parfaitement au vote du Sénat, concernait les binationaux. Et donc c'est vrai qu'avec la proposition de François Hollande, Abdeslam n'aurait pas pu être déchu de sa nationalité", a ajouté le candidat à la primaire à droite pour la présidentielle de 2017.

"Je revendique de représenter une droite qui a refusé de voter ce texte à l'Assemblée", a assumé l'ancien François Fillon.
Avant le vote au Sénat, une partie des députés de droite  -dont François Fillon- n'a pas voté la révision constitutionnelle et, piqué au vif il ripostait donc à l'accusation de Valls, un premier ministre socialiste qui accuse en effet la droite sénatoriale d'avoir fait échouer le projet de loi constitutionnel, quand -sur d'autres sujets- il n'accuse pas alternativement l'Union européenne, les patrons et les syndicats.

"Je revendique de représenter une droite qui a refusé de voter ce texte à l'Assemblée", a rétorqué l'ancien Premier ministre. "Il y a eu un accord manifestement entre le président des Républicains et François Hollande pour voter cette révision constitutionnelle (à l'Assemblée nationale)", insinue au passage le candidat à la primaire à droite pour la présidentielle de 2017. "Je considère que c'est une erreur".
"Ceux qui ont voulu se lancer dans une aventure d'une révision constitutionnelle purement symbolique se sont fourvoyés. C'était un théâtre d'ombres; ça a abouti à ridiculiser le gouvernement, la majorité, le Parlement", a-t-il jugé.
 
Et de démonter la manoeuvre hypocrite de l'exécutif socialiste

"Le gouvernement faisait voter une révision constitutionnelle qui permet la déchéance de nationalité pour tous les Français mais immédiatement il faisait en sorte que les Français qui ne sont pas binationaux ne puissent pas être déchus de leur nationalité".
 
Citoyen français parce que né sur le sol de France, Salah Abdeslam sera livré à la France par la justice belge qui a approuvé jeudi l'intention du gouvernement. Ce terroriste islamiste est en effet soupçonné d'avoir tenu un rôle-clé de logisticien dans les attentats du 13 novembre à Paris.

Un grand nombre de députés PS a voté contre la déchéance 

Adopté de justesse -et uniquement par les godillots de l'Assemblée,
le projet a fracturé la majorité présidentielle. 92 députés PS ont voté contre la déchéance de nationalité, mardi 9 février au soi. 
La veille, l'article 1 --qui constitutionnalise l'état d'urgence-- avait été adopté dans un hémicycle plus que clairsemé. 
L'article 2, lui, a bien failli ne pas passer, puisque c'est par 14 voix d'écart --soit seulement six de plus que la majorité absolue, compte tenu du nombre de votants-- que les députés ont voté pour. Et ce, malgré les menaces de l'exécutif, quelques heures plus tôt.
Comme le glissait un conseiller de l'exécutif dans la soirée, le gouvernement a eu "vraiment très très chaud aux fesses". Et "ptit zizi" est tout ratatiné.

vendredi 25 mars 2016

La "perpétuité réelle" séduit Valls mais braque la gauche

La gauche n'assume pas la préférence de l'exécutif

Après le débat sur la déchéance de nationalité, le PS s'empêtre dans celui de la perpétuité réelle.

Valls, désormais plus menacé que menaçant
Manuel Valls a surpris le groupe socialiste en approuvant Nathalie Kosciusko-Morizet (Les Républicains). Mardi 22 mars, lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, sa collègue de l'Essonne, dont il fut aussi député, venait de lui proposer une "perpétuité effective et irrévocable, c'est-à-dire sans possibilité de mettre fin à la période de sûreté". Dans le contexte des attentats de Bruxelles, le Premier ministre a déclaré : "Je souhaite qu'ensemble, aujourd'hui comme demain, nous puissions avancer, y compris sur des mesures comme celle que vous proposez."

Les bancs de la majorité présidentielle se sont agités. 
Le député PS Pascal Cherki s'est aussitôt déclaré contre la perpétuité réelle. "Cette surenchère sécuritaire est stupide : on ne va pas inventer une nouvelle mesure à chaque nouvel attentat. Je ne comprends pas que le premier ministre réponde publiquement, alors qu'on n'en a pas parlé dans le groupe.
"Si on pense que ces gens sont irrécupérables, alors il faut être saoudien."

Le rejet de la proposition s'étend au-delà des députés "frondeurs", comme dans le débat sur la déchéance de nationalité. 
Olivier Faure, député et porte-parole du PS, renchérit. "Dans le système judiciaire français, on pense que ce n'est pas parce qu'on vole une fois qu'on volera toujours. Les Saoudiens, eux, pensent le contraire et donc coupent le bras. [Et Hollande décore le prince héritier...] De la même façon, pour quelqu'un qui tue, on considère qu'il peut ne pas tuer toute sa vie", explique-t-il. "Notre système [laïc] est potentiellement rédempteur [sic], c'est au juge d'apprécier cette possibilité." Dès lors, les parlementaires servent à quoi ? 
Mais Olivier Faure, qui insinue qu'avec sa proposition NKM se positionne en vue de la primaire à droite, ajoute à l'encontre de Valls: "On n'est pas obligé de rentrer dans tous les pièges de la droite." Car, dans la logique sectaire des socialistes binaires tout ce qui vient de la droite est suspect. 

La réforme pénale vient de renforcer l'arsenal anti-terroriste des condamnations

A
doptée -mais en première lecture seulement à l'Assemblée- début mars, elles ont été alignées sur les peines prévues pour les assassinats de mineurs (précédés de torture) et les assassinats de policiers, gendarmes ou magistrats. Ce sont les crimes encourant les sanctions les plus sévères du code pénal: la perpétuité, avec une peine de sûreté de trente ans. Ce qui fait dire à Bruno Le Roux, patron controversé des députés godillots du PS, et conservateur stalinien: "On a été aussi loin que possible. La perpétuité réelle existe déjà; tout existe déjà dans notre droit."

Or, au-delà de cette peine de sûreté, le juge d'application des peines peut cependant décider d'un aménagement. C'est sur cette possibilité que NKM souhaite revenir aujourd'hui. Mais comme l'explique cet article du Monde, la France s'exposerait alors à une condamnation de la Cour européenne des droits de l'homme. C'est sans doute pour cela que Manuel Valls, dans sa réponse à NKM, a pris soin de préciser vouloir "examiner toutes les mesures efficaces dans le cadre de notre Etat de droit, dans le respect de nos valeurs". Une perpétuité sans aucun examen possible d'un aménagement de peine semble donc exclue.

"Un débat merdique pour essayer de sauver le précédent"

Mardi, Manuel Valls n'a pas eu le courage de préciser ses intentions. 
Le projet de loi pénal arrive en discussion publique au Sénat le 29 mars. Pas question de préjuger de l'issue de ces discussions, dit-on à Matignon. Mais dans les circonstances actuelles, "il y a une obligation de rassemblement".

Un ministre anonyme assure qu'"il y a encore un mouvement possible au Sénat, on peut encore aller un cran au-dessus du texte de l'Assemblée". Au risque d'enflammer la majorité, comme lors du débat sur la déchéance ? "Ce n'est pas du tout la même chose", poursuit ce ministre, réel ou imaginé pour les besoins de la cause. "Pour la déchéance, tous les binationaux ont pu se sentir ciblés. Alors que là, pour la perpétuité, c'est différent : vous ne vous identifiez pas" aux criminels concernés. "Par ailleurs, s'agissant de crimes aussi épouvantables, il est légitime d'aller aussi loin que le droit international le permet." 
Bruno Le Roux lit, quant à lui, dans sa boule de crystal: "Je comprends que le débat soit lancé dans le contexte actuel, mais je ne le vois pas durer."

Une analyse que ne partage pas ce député PS, lui-aussi masqué
Cet élu craintif de représailles, pourtant présenté comme un pilier du groupe à l'Assemblée, s'échauffe: "On ne va pas à chaque fois se retrouver dans un débat merdique pour essayer de sauver le précédent." Et le socialiste inconnu insinue que l'exécutif serait à la recherche d'un accord avec la droite pour remettre à flot la déchéance de nationalité : "Je crains le deal 'tu me donnes la déchéance, je te donne la perpétuité réelle', en passant au-dessus de toutes nos valeurs [présumées]. Dans la lutte contre le terrorisme, comme on n'arrive pas à régler l'amont, on tente de régler l'aval. Mais ce n'est pas la bonne solution," selon le député de la majorité. 

L'exécutif en est à se demander comment contenter l'opinion publique tout en évitant de braquer sa majorité. Ambiance fin de quinquennat, douloureuse pour la France et les Français.

Perquisition d'Argenteuil et projet d'attentat déjoué, objets de communication disproportionnée

Un homme arrêté pour un projet "avancé" d'attentat en France

La preuve devait-elle être apportée que les services de renseignement sont au travail ?

Reda Kriket, terroriste islamiste
et français
Le pouvoir manie l'hyperbole avec ostentation.  Un Français impliqué à "haut niveau" dans le "projet avancé" d'un réseau terroriste a été démantelé jeudi matin, à Boulogne-Billancourt. Cet homme jugé "extrêmement dangereux", faisait l'objet d'une fiche de recherche diffusée à tous les services de police. Mais une seule interpellation sur l'ensemble d'un réseau inquiété...

La presse aux ordres sort aussi les violons. La France, "encore endeuillée" par les attaques kamikazes - islamistes, pour tout dire - du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, vient, semble-t-il, doute Le Figaro, d'échapper à un nouveau projet d'attentat sur son sol. Cette fois, alors qu'elle est déjà mobilisée pour retrouver les derniers membres de la cellule qui a frappé la capitale puis Bruxelles, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a neutralisé une nouvelle équipée terroriste basée à Argenteuil, commune communiste, puis socialiste depuis mars 2015, dans le Val-d'Oise.

Le ministre de l'Intérieur communique abondamment

L'opération antiterroriste à Argenteuil, jeudi.
Dans la soirée, Bernard Cazeneuve a révélé que les policiers ont effectué, le matin même, une "interpellation importante", à Boulogne-Billancourt, qui a permis de "mettre en échec un projet d'attentat en France conduit à un stade avancé". "Aucun élément tangible ne lie ce projet aux attentats de Paris et de Bruxelles", a admis le ministre de l'Intérieur. Selon la chaîne i-télé, le suspect, a déclaré avoir en sa possession "des armes et des explosifs".

D'après France Info, il aurait été condamné par contumace à 10 ans de prison en Belgique pour appartenance à une filière d'acheminement de djihadistes en Syrie. Reda K. - l'homme interpellé - faisait l'objet, depuis janvier 2016, d'une fiche de recherche diffusée à tous les services de police. Dans celle-ci, le terroriste islamiste, Reda Kriket, âgé de 34 ans est décrit comme extrêmement dangereux et susceptible de se déplacer armé.
Kriket est né à Courbevoie en 1982, ce qui explique qu''il était surnommé "le Français" dans la filière Zerkani, du nom de celui que la justice belge considère comme le plus gros recruteur de combattants pour le djihad ayant opéré sur le sol belge. Le réseau dans lequel évoluaient également Abdehamid Abaaoud, Chakib Akrouh, tous deux morts à Saint-Denis, et Gelel Attar, arrêté au Maroc dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris, est démantelé depuis février 2014.
Résidant à Ixelles, une commune de Bruxelles avec, elle aussi, son quartier multiethnique (Marocains, Portugais, Français), Reda Kriket aurait participé à plusieurs réunions du groupe dans un appartement de Molenbeek. Son rôle au sein de cette filière semble avoir été celui de "financier".
Un financement pratiqué par le vol avec violence."C'est un braqueur qui pratique la Ghanima", razzia ou butin de guerre, dira de lui un des membres de la filière lors de son audition devant les policiers belges. Reda Kriket aurait ainsi versé 12.000 euros à un aspirant au départ en Syrie pour financer son voyage, ainsi que celui de sa femme. Des bijoux volés avaient également été retrouvés lors des perquisitions à son appartement.
Peu avant minuit, une perquisition était menée par la DGSI avec l'appui des policiers d'élite du RAID dans un immeuble d'habitation sur commission rogatoire d'un juge d'instruction du pôle antiterroriste de Paris. Le bâtiment a été évacué de ses occupants et des opérations de déminage ont été menées afin que, selon la place Beauvau, "les policiers puissent procéder à la perquisition de l'appartement, du parking et des parties communes dans des conditions optimales", ce qui va sans dire, mais que le ministère souligne. Un périmètre de sécurité a été déployé alors que les journalistes ont été invités à se tenir à distance. La presse était donc convoquée et avait ainsi répondu présente... 
"L'individu interpellé, de nationalité française -précise-t-on- est suspecté d'être impliqué à haut niveau [élément de langage] au sein d'un réseau terroriste qui projetait de frapper la France, a déclaré le ministre [sans qu'il sache donc qui ou quoi, ni où et quand].
L'opération de communication est confirmée par l'insistante application à féliciter les services qui font leur travail. "Cette arrestation est le fruit d'une enquête minutieuse conduite depuis plusieurs semaines, qui a mobilisé d'importants moyens de surveillance physique et technique, ainsi qu'une coopération étroite et constante entre services européens". Il s'agissait donc d'attraper à point nommé un individu gardé sous le coude à des fins de propagande. 

Le service de presse de Cazeneuve fait aussi les comptes
Si le projet se confirme, il s'agirait [conditionnel de prudence] de la douzième tentative déjouée en quinze mois puisque, comme l'avait révélé [sic] fin janvier Bernard Cazeneuve, les services ont déjà tué dans l'œuf pas moins de "onze attentats dans le courant de l'année 2015, dont six depuis le printemps". Onze attentats dont il n'est plus rendu compte: le Parquet poursuit-il les terroristes? Où en sont les enquêtes?

A la mi-décembre dernier, une équipée sanglante, visant le commissariat d'Orléans avait notamment été stoppée par la DGSI. Deux Français de 24 et 25 ans avaient été interpellés dans le Loiret. Ils avaient déjà récupéré près de 4.000 euros envoyés par mandat depuis la Syrie pour acheter des fusils d'assaut et passer à l'acte. Le principal instigateur faisait l'apologie de l'EI et s'était félicité des tueries de novembre. La Justice est-elle saisie?

Le 29 octobre, les hommes de la Sécurité intérieure basée à Levallois avaient déjà appréhendé Hakim, Français de 25 ans, alors que ce faible d'esprit venait lui aussi de tenter de se procurer des armes pour attaquer la base navale de la ville et assassiner des militaires de la marine nationale
A la veille du 14 juillet, la DGSI avait neutralisé un commando de trois hommes visant le Centre national d'entraînement du fort Béar, près de Collioure (Pyrénées-Orientales). Le groupe, dans lequel figurait un matelot révoqué, voulait décapiter un officier. Projet terroriste ou vengeance personnelle de voyou ? Et il était lui aussi relié avec un combattant de Daesh en Syrie, nous dit-on.

Une communication de comptable. Depuis le début de l'année 2016, quelque [qui veut dire 'environ' et trahit une approximation] 75 individus, "en lien" [autre 'flou' qui cache un loup] avec des activités terroristes [dont des petites têtes et velléitaires] ont déjà été interpellés à travers le pays, écrit Christophe Cornevin pour Le Figaro et le ministère. Ces interpellations ont donné lieu à 37 mises en examen et 28 incarcérations. Jamais le spectre du terrorisme n'a été aussi menaçant, écrit ce journaliste, transmettant ainsi les données brutes du ministère, sans filtre ni regard critique, dans la foulée du point presse exceptionnel tenu jeudi soir par le ministre de l’Intérieur.
« Dieu sait que mon âme est exempte de férocité et je crois avoir au plus haut point conscience de devoir me justifier devant Dieu ; et pourtant, pourtant je serais prêt, au nom de Dieu, à prendre sur moi la responsabilité de crier ’’Feu’’ pour peu que je me sois assuré auparavant avec la rigueur la plus scrupuleuse, la plus minutieuse que les canons des fusils ne seraient braqués sur aucun autre être humain, sur aucune créature vivante autre que des journalistes. » (Søren Kierkegaard, 1843)


L'interpellé serait un 'proche' d'Abdelhamid Abaaoud 

Reda, le suspect, serait une super-prise, selon la chaîne itélé, car soupçonné d'être un proche d'Abdelhamid Abaaoud, l'un des responsables des attentats qui ont frappé Paris le 13 novembre. Cette prise qui fait l'objet d'une communication ministérielle bruyante doit beaucoup aux services belges, puisque, rappelons-le, il avait déjà été condamné en Belgique dans une affaire d'acheminement de djihadistes en Syrie, comme l'a révélé France Info.
Il doit être entendu dans les locaux de la DGSI. 

Sur les 75 interpellations de suspects "en lien avec des activités terroristes" depuis le début de l'année en France,  37 ont été mis en examen et 28 incarcérés, a précisé Bernard Cazeneuve. Le compte n'y est donc pas: qu'a fait le ministre des dix autres ?

dimanche 6 décembre 2015

Agression islamiste dans le métro de Londres

Un individu frappe des usagers anonymes au couteau 

Un homme a attaqué au couteau des usagers du métro londonien 


L'attaque au couteau a fait trois blessés. Samedi vers 19h, au niveau des portiques de la station Leytonstone dans l'est de la capitale, une personne a été sérieusement blessée, mais ses jours ne sont pas en danger. Deux autres ont été légèrement touchées.

L'agression a été commise
alors que le Parlement britannique vient tout juste de voter cette semaine l'extension à la Syrie des bombardements contre Daesh.


La police évoque un acte terroriste

Selon des témoins, l'agresseur a évoqué la Syrie lors de son attaque. Il a "apparemment crié 'C'est pour la Syrie' ", selon la chaîne de télévision Sky News qui rapporte les témoignages d'usagers. 

La police n'a pas confirmé cette information. "Nous traitons cela comme un acte terroriste", a toutefois indiqué le responsable du CTC (Commandement antiterroriste), Richard Walton, dans un communiqué. Il demande à la population de "rester calme mais vigilante", deux jours après les premières frappes aériennes de la Grande-Bretagne contre l'État islamique jeudi.


L'individu a été neutralisé par la police à l'aide d'un... Taser et a été placé en garde à vue.

Un homme de couleur arrêté

La BBC cite un témoin qui  raconte qu'au moment où le suspect était emmené par la police, des "passants ont crié dans sa direction (...) un piéton a tenté de lui jeter une bouteille". Un autre témoin a dit à la BBC avoir vu "un type, un adulte, étendu sur le sol avec un gars debout près de lui avec un couteau d'environ trois pouces" (7,5 cm). "Il criait "Allez-y, dégagez" à tous les autres. Il allait et venait près du type au sol", selon son récit. 
La police a dit avoir été alertée à 19h06, heure locale. Alors que des vidéos montrent un individu à la peau matte, les informations sélectionnées par la police ne font état que d' " un suspect de sexe masculin menaçant des gens avec un couteau ". 
"Un homme a été arrêté à 19h14 et emmené dans un commissariat de l'est de Londres où il est maintenu en garde à vue", a-t-elle ajouté. Les secours londoniens ont indiqué avoir "pris en charge un patient pour blessure à l'arme blanche ce soir à la station de métro Leytonstone". Il a été transféré à l'hôpital.

Le niveau de menace terroriste avait été porté en Grande-Bretagne à 4 sur une échelle de 5 en août 2014, signifiant qu'un attentat est considéré hautement probable. Cette attaque intervient également moins d'un mois après les attentats de Paris et trois jours après une tuerie aux Etats-Unis (14 morts) pour laquelle la piste terroriste est privilégiée.

lundi 26 octobre 2015

Crise à la mosquée de Lunel: des élections devaient se tenir dimanche

Les élections n'ont pas pu se tenir

Peu à voir avec les rivalités entre Marocains et Algériens

Les 800 adhérents de l'Union des musulmans de Lunel devaient, dimanche, élire un nouveau président. Ce scrutin est consécutif à la démission de Rachid Belhaj et de l'imam de la mosquée, Elhaj Benasseur. Mais l'élection a été reportée d'une semaine, à dimanche prochain.
La crise n'était donc pas réglée, dimanche soir, à la mosquée El Baraka de Lunel. La consultation pour désigner le nouveau président de l'Union des musulmans de Lunel a été annulée et reportée. La mosquée n'a donc toujours pas d'administrateur et d'interlocuteur avec les autorités. Les tensions se seront peut-être apaisées d'ici dimanche prochain. 

Dix mois seulement après son élection, le président de l'Union des musulmans de Lunel avait annoncé sa démission. 
Rachid Belhaj avait fait cette annonce dimanche dernier. Sa décision suit de près celle, identique, de l'imam.

Ce dernier, Elhaj Benasseur, avait porté plainte contre deux fidèles pour menaces de mort. Jugés en septembre et interdits de mosquée pour deux ans, les deux jeunes ont toutefois très vite retrouvé le chemin de la mosquée El Baraka, après avoir fait appel de la décision de justice. Depuis, pour sa sécurité, l'imam a même préféré déménager.
A la mosquée, plusieurs crises alimentent les tensions

Départs en nombre de Lunellois en Irak et en Syrie
Une vingtaine de jeunes Lunellois au total seraient partis faire le djihad en Irak et en Syrie. 
Le 27 janvier, à peine trois jours après son rassemblement fraternel  et son cri de refus "Lunel n'est pas une ville de djihadistes", le RAID et le GIGN - une trentaine de policiers - ont investi le centre de Lunel, dans l'Hérault, 
ville de 25.000 habitants d'où une vingtaine de jeunes sont partis faire le djihad en Syrie où 6 d'entre eux y ont trouvé la mort. Les forces de l'ordre avaient perquisitionné plusieurs logements, notamment dans les immeubles voisins de ceux des suspects, forçant portes et serrures.

Quatre ou cinq personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.


Dans une vidéo diffusée mercredi, trois jeunes combattants du groupe Etat islamique appellent en français les musulmans de France à rejoindre les rangs des djihadistes en Syrie ou à défaut à commettre des attentats en France. Elle a été diffusée sur l'Internet trois jours après la diffusion d'une vidéo mettant en scène la mise à mort par décapitation de 18 prisonniers syriens et de l'otage américain Peter Kassig, dans laquelle apparaissent deux Français, identifiés par les autorités comme étant deux jeunes convertis, Maxime Hauchard (ci-dessus) et Mickaël Dos Santos, passé d'un BEP peinture au djihad.

Une filière djihadiste à Lunel ?

Déprogrammée à cause des attentats terroristes de Paris au début janvier, l'opération anti-djihadistes de Lunel avait été lancée par le parquet antiterroriste de Paris. Les suspects ont été mis en garde à vue à Montpellier et transférés à Paris. Les 'jeunes' [sic] interpellés de Lunel - âgés de 44 ans, 35 ans, 31 ans, 26 ans pour deux d'entre elles - adeptes de la mouvance de Tabligh, étaient des recruteurs (l'un d'entre eux a perdu deux de ses frères en Syrie) ou des membres prônant l'application en République française de la religion pratiquée au Proche-Orient. Ils militent pour la conversion et une forme revivaliste, un renouveau de la religion.
Les hommes recherchés par le Raid et le GIGN, étaient soupçonnés d'appartenir à cette faction fondamentaliste musulmane baptisée Tabligh. Il s'agit d'un mouvement ou d'une mission religieuse dont l'objectif est le prosélytisme et la prédication strictes.

Le maire DVD, Claude Arnaud, dit ne pas avoir été prévenu de l'opération menée fin janvier 2015 par les forces de l'ordre, selon France Bleu Hérault, mais cette opération était alors, selon lui, "un début de réponse" aux interrogations de ses administrés sur la situation à la mosquée.
Pour répondre à l'exaspération des Lunellois,
l'opposition municipale réclame la venue d'un représentant du gouvernement. 

Mur d'Irak, tagué par un djihadiste nîmois (été 2014)
En janvier, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, se contentait d'hypothèses pour faire de l'autosatisfaction: "Si l'implication des personnes soupçonnées est confirmée par l'autorité judiciaire, ce sera donc une filière particulièrement dangereuse et organisée qui aura été démantelée ce matin, une de plus," se félicitait-il, avant d'en savoir plus. Aujourd'hui, la situation reste inchangée dans ce foyer du  prosélytisme islamiste. 
Mesures pour les mineurs
Douze mineurs susceptibles d’être candidats au djihad et de vouloir rejoindre la Syrie ou d’autres pays font l’objet d’une interdiction de sortie de territoire délivrée par le juge des enfants de Nîmes. A minima, deux de ces mineurs repérés par les services de l’État ont néanmoins rejoint la Syrie ou d’autres régions. A l’origine, le Parquet de Nîmes a été avisé par des familles inquiètes. "Des mesures de précaution, rappelle Laure Beccuau, procureure de Nîmes. Douze dossiers ont été ouverts mais on ne peut en déduire que nous avons 12 mineurs radicalisés. Après enquête, des dossiers peuvent être refermés." Inquiètes de voir leurs enfants rejoindre la Syrie, une ou deux familles se sont rapprochées de la gendarmerie ou de la police. La section antiterroriste du Parquet de Paris est en alerte.
L'affrontement de différentes doctrines au sein de la mosquée

Les musulmans de France ne sont pas animés seulement par des rivalités nationales - Algériens contre Marocains - pour la prise du pouvoir dans les mosquées.


En 2012, contrairement à ce qui se produisait auparavant, la presse française a cessé d'informer la population indigène de l’entrée en France d’imams venus en renfort d’Algérie ou du Maroc, à la faveur du ramadan. Ont fait exception La Croix ou Nord-Eclair. Or, ce sont chaque année plus d’une centaine d’imams étrangers qui viennent renforcer les rangs des imams déjà installés. Ainsi, d’environ 60 imams marocains en 2007, on est passé à 180 imams en 2012. De 100 imams algériens en 2011, on est passé à 120 en 2012. Ils seraient plus de 1.500 aujourd'hui. 

L’Algérie veut s’imposer dans l’exercice du culte musulman dans l’Hexagone. 
Le ministre des Affaires religieuses et des Habous, Bouabdellah Ghlamallah, a annoncé l’envoi de plusieurs dizaines d’imams en France qui exerceront leurs fonctions au sein de mosquées françaises gérées par la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris.
Valls à la Grande mosquée de Paris
pour la rupture du ramadan 2013
Pas étonnant que le recteur de la mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman,  Dalil Boubakeur,  ait appelé en avril 2015 à doubler le nombre de mosquées en France.  "Nous avons 2.200 mosquées. Il en faut le double d'ici deux ans", a souhaité l'habile recteur franco-algérien, lors du Rassemblement annuel des musulmans de France, organisé par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans) au Bourget. Cette infiltration étrangère de l’islam en France contredit les sempiternelles promesses d’un islam de France.

Avant mai 2012, on osait encore mentionner ces entées aux Français. Les journalistes (comme ceux de RFI ou du Monde) anesthésiaient d'ailleurs leurs lecteurs, en affirmant que "pour la France, ces imams marocains sont la garantie que les prêches prônent un islam tolérant."  
Une intox, car l’islam à la marocaine n’est pas nécessairement tourné vers la modernité, si l’on considère que le ministère des Habous et des Affaires islamiques marocain, gardien de l’orthodoxie sunnite de rite malékite, préconise de lire les livres de son fondateur l’imam Malik Ibn Anas (710-795), dont l’incontournable Al-Muwatta’. Or y sont prescrits l’exécution des apostats, l’exécution des chanoines faisant de l’apostolat, la légalité de l’esclavage et l’inclusion des femmes dans la composition du butin de guerre, alors licitement violées. L’autre livre référence, La Risâla (L’Epître), prône toujours le djihad...

On est donc loin de l’objectif utopique d’un islam démocratique de France qui favoriserait l’intégration. 

Force est, au contraire, de constater une tendance conservatrice de l’islam en augmentant le nombre de ces imams malékites. Car une fois le ramadan achevé, il serait intéressant de savoir combien rentrent vraiment au Maghreb.  



L’islam de France n'est donc pas une religion totalement contrôlée par les musulmans de France. 

Des imams algériens prêchent en arabe avec une arrière-pensée nationaliste qui "s’inscrit dans la lutte d’influence que se livrent sans cesse l’Algérie et le Maroc pour contrôler l’islam [en] France et étendre leur pouvoir au sein des lieux de culte musulmans, et ceci afin de mieux investir le Conseil français du culte musulman (CFCM)."

Et ces imams sont escortés de "mourchidates" -chargés de la prédication et l’orientation-qui ront pour tâche de se rapprocher des familles algériennes vivant en France pour contribuer à la sauvegarde de leur cohésion, au prix d'un enfermement communautaire sous le contrôle de chaperons venus du bled. Et une certaine presse hexagonale répand sa doxa, nous parlant d'intégration pour un communautarisme national... On réalise, sans se l'avouer, qu'il fallait contenir cette poussée de l’islam, car tenter d'organiser l'islam en France relève de la quadrature du cercle. Les islamistes qui prêchent la primauté des règles du Coran sur les lois de la République préparent la chute de la démocratie, avec l'aide des défenseurs de la notion de laïcité. 


Le pire n'est pas que les musulmans
 modérés s'opposent aussi aux radicaux (et inversement)

A Lunel, les fondamentalistes ont certes pris possession des lieux et l'ascendant sur les modérés, mais en combattant les Chrétiens, les laïcs mettent en péril la civilisation judéo-chrétienne et font le lit du fondamentalisme religieux. Comment former des imans dits 'modérés', alors que le pouvoir laïc ne sait dire ce qu'est un bon islam ou quelle est la juste interprétation du coran ? Tout ce que le gouvernement peut faire pour interdire tel ou tel iman, c’est d’invoquer les risques pour l’ordre public et expulser les fauteurs de trouble, ce qu’il fait rarement: on ne peut expulser des religieux s’ils sont français ou franco-quelque chose.
Ce gros malin de François Hollande pense avoir trouvé une 'solution' équitable: sous-traiter à l’étranger la formation des imans à la française, en l’occurrence au Maroc, décision prise en toute indépendance et souveraineté, sous l'influence des Franco-Marocaines du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri. Laïc et républicain, le président confie à un roi, Mohamed VI, de surcroît "commandeur des croyants," donc chef religieux, la responsabilité de former des prédicateurs conformes aux "valeurs de la République" et à sa laïcité. Et Nanard Cazeneuve, le ministricule de l'Intérieur, chargé des Cultes et adulé des Français, n'a pas sourcillé ? En visite dans l'état chérifien, le président socialiste a déclaré: "Une coopération avec le Maroc pourrait nous aider à développer un islam de France compatible avec les valeurs républicaines". Dans une déclaration commune, il est aussi stipulé que cette formation -d' "une cinquantaine d’imams par an - devra promouvoir "un islam du juste milieu," conforme aux "valeurs d'ouverture et de tolérance", mais aussi "pleinement ancré dans les valeurs de la République et de la laïcité." Le grand écart ! On marche sur la tête et les Algériens de France font du pétard. En attendant le grabuge annoncé à Lunel.
Le plus beau, c'est qu'en juillet 2012, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, avait invité les musulmans à construire un islam de France indépendant de toute tutelle étrangère, appelant à la fin des "divisions" et à la mise en place d'un "dialogue serein" entre responsables du culte musulman et pouvoirs publics. Le futur premier ministre s'exprimait lors de l'inauguration de la Grande mosquée de Cergy (Val-d'Oise), en présence du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui. "Je sais les liens qui existent entre de nombreux musulmans, souvent étrangers ou récemment naturalisés, avec leur pays d'origine. Mais notre responsabilité, c'est de progressivement construire un islam de France, un islam qui trouve pleinement ses racines dans notre pays", avait péroré Manuel Valls.
Valls invita à suivre l'exemple de la mosquée de Cergy, née d'un rassemblement entre dix associations musulmanes de la ville. D'un coût total de 3,75 millions d'euros, cette mosquée de 2.000 m2, qui peut accueillir jusqu'à 1.500 fidèles, a été financée en fonds propres par la Fédération musulmane de Cergy, regroupement de dix associations musulmanes, issues de différentes communauté.

Cette fédération a toutefois bénéficié du soutien de la ville de Cergy, PS, qui a garanti à hauteur de 50% l'emprunt de 2,2 millions d'euros souscrit et a consenti un bail emphytéotique de 99 ans sur le terrain qui accueille l'édifice.
Contre-coup sur les religions établies: leur 'khmérisation'
Pour essayer d’obtenir des aumôniers musulmans "républicains", le ministère de l’Intérieur alignera les aumôniers salariés des prisons, hôpitaux et armées. Ils devront désormais obtenir un diplôme universitaire (DU) de formation civique et civile "dès 2016", prévient-on, place Beauvau. 

Une précision fait toutefois problème. 
 
Ce sera rendu obligatoire "pour tous les cultes", y compris donc la "rééducation-formatage" des aumôniers catholiques ! La 'khmérisation' de la France progresse, car ce sera à la fois une atteinte à la liberté religieuse et à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat qui prévoyait de telles aumôneries dans les lycées, les hôpitaux et les armées, leur désignation étant le fait des autorités religieuses, sans que l’Etat pose ses conditions, ni ne sanctionne une formation religieuse d'un diplôme spécifique d'Etat.
On retrouve la technique qui, pour interdire le voile islamique à l’école, a en même temps banni la croix qui ne dérangeait personne jusqu'ici. Interdira-t-on aussi le port du masque aux policiers du GIGN ? 

Les crèches publiques en défrisent quelques-uns et les saints sont persécutés jusque sur les bulletins météo du service public où ils n'apparaissent plus: convivial !... Ainsi en est-il des cantines qui se sont d'abord vues interdire le poisson le vendredi, puis imposer la suppression du porc, assortie de l'obligation d'un menu alternatif, bio si possible ! 
Les ayatollahs sont parmi nous.