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vendredi 25 mars 2016

Perquisition d'Argenteuil et projet d'attentat déjoué, objets de communication disproportionnée

Un homme arrêté pour un projet "avancé" d'attentat en France

La preuve devait-elle être apportée que les services de renseignement sont au travail ?

Reda Kriket, terroriste islamiste
et français
Le pouvoir manie l'hyperbole avec ostentation.  Un Français impliqué à "haut niveau" dans le "projet avancé" d'un réseau terroriste a été démantelé jeudi matin, à Boulogne-Billancourt. Cet homme jugé "extrêmement dangereux", faisait l'objet d'une fiche de recherche diffusée à tous les services de police. Mais une seule interpellation sur l'ensemble d'un réseau inquiété...

La presse aux ordres sort aussi les violons. La France, "encore endeuillée" par les attaques kamikazes - islamistes, pour tout dire - du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, vient, semble-t-il, doute Le Figaro, d'échapper à un nouveau projet d'attentat sur son sol. Cette fois, alors qu'elle est déjà mobilisée pour retrouver les derniers membres de la cellule qui a frappé la capitale puis Bruxelles, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a neutralisé une nouvelle équipée terroriste basée à Argenteuil, commune communiste, puis socialiste depuis mars 2015, dans le Val-d'Oise.

Le ministre de l'Intérieur communique abondamment

L'opération antiterroriste à Argenteuil, jeudi.
Dans la soirée, Bernard Cazeneuve a révélé que les policiers ont effectué, le matin même, une "interpellation importante", à Boulogne-Billancourt, qui a permis de "mettre en échec un projet d'attentat en France conduit à un stade avancé". "Aucun élément tangible ne lie ce projet aux attentats de Paris et de Bruxelles", a admis le ministre de l'Intérieur. Selon la chaîne i-télé, le suspect, a déclaré avoir en sa possession "des armes et des explosifs".

D'après France Info, il aurait été condamné par contumace à 10 ans de prison en Belgique pour appartenance à une filière d'acheminement de djihadistes en Syrie. Reda K. - l'homme interpellé - faisait l'objet, depuis janvier 2016, d'une fiche de recherche diffusée à tous les services de police. Dans celle-ci, le terroriste islamiste, Reda Kriket, âgé de 34 ans est décrit comme extrêmement dangereux et susceptible de se déplacer armé.
Kriket est né à Courbevoie en 1982, ce qui explique qu''il était surnommé "le Français" dans la filière Zerkani, du nom de celui que la justice belge considère comme le plus gros recruteur de combattants pour le djihad ayant opéré sur le sol belge. Le réseau dans lequel évoluaient également Abdehamid Abaaoud, Chakib Akrouh, tous deux morts à Saint-Denis, et Gelel Attar, arrêté au Maroc dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris, est démantelé depuis février 2014.
Résidant à Ixelles, une commune de Bruxelles avec, elle aussi, son quartier multiethnique (Marocains, Portugais, Français), Reda Kriket aurait participé à plusieurs réunions du groupe dans un appartement de Molenbeek. Son rôle au sein de cette filière semble avoir été celui de "financier".
Un financement pratiqué par le vol avec violence."C'est un braqueur qui pratique la Ghanima", razzia ou butin de guerre, dira de lui un des membres de la filière lors de son audition devant les policiers belges. Reda Kriket aurait ainsi versé 12.000 euros à un aspirant au départ en Syrie pour financer son voyage, ainsi que celui de sa femme. Des bijoux volés avaient également été retrouvés lors des perquisitions à son appartement.
Peu avant minuit, une perquisition était menée par la DGSI avec l'appui des policiers d'élite du RAID dans un immeuble d'habitation sur commission rogatoire d'un juge d'instruction du pôle antiterroriste de Paris. Le bâtiment a été évacué de ses occupants et des opérations de déminage ont été menées afin que, selon la place Beauvau, "les policiers puissent procéder à la perquisition de l'appartement, du parking et des parties communes dans des conditions optimales", ce qui va sans dire, mais que le ministère souligne. Un périmètre de sécurité a été déployé alors que les journalistes ont été invités à se tenir à distance. La presse était donc convoquée et avait ainsi répondu présente... 
"L'individu interpellé, de nationalité française -précise-t-on- est suspecté d'être impliqué à haut niveau [élément de langage] au sein d'un réseau terroriste qui projetait de frapper la France, a déclaré le ministre [sans qu'il sache donc qui ou quoi, ni où et quand].
L'opération de communication est confirmée par l'insistante application à féliciter les services qui font leur travail. "Cette arrestation est le fruit d'une enquête minutieuse conduite depuis plusieurs semaines, qui a mobilisé d'importants moyens de surveillance physique et technique, ainsi qu'une coopération étroite et constante entre services européens". Il s'agissait donc d'attraper à point nommé un individu gardé sous le coude à des fins de propagande. 

Le service de presse de Cazeneuve fait aussi les comptes
Si le projet se confirme, il s'agirait [conditionnel de prudence] de la douzième tentative déjouée en quinze mois puisque, comme l'avait révélé [sic] fin janvier Bernard Cazeneuve, les services ont déjà tué dans l'œuf pas moins de "onze attentats dans le courant de l'année 2015, dont six depuis le printemps". Onze attentats dont il n'est plus rendu compte: le Parquet poursuit-il les terroristes? Où en sont les enquêtes?

A la mi-décembre dernier, une équipée sanglante, visant le commissariat d'Orléans avait notamment été stoppée par la DGSI. Deux Français de 24 et 25 ans avaient été interpellés dans le Loiret. Ils avaient déjà récupéré près de 4.000 euros envoyés par mandat depuis la Syrie pour acheter des fusils d'assaut et passer à l'acte. Le principal instigateur faisait l'apologie de l'EI et s'était félicité des tueries de novembre. La Justice est-elle saisie?

Le 29 octobre, les hommes de la Sécurité intérieure basée à Levallois avaient déjà appréhendé Hakim, Français de 25 ans, alors que ce faible d'esprit venait lui aussi de tenter de se procurer des armes pour attaquer la base navale de la ville et assassiner des militaires de la marine nationale
A la veille du 14 juillet, la DGSI avait neutralisé un commando de trois hommes visant le Centre national d'entraînement du fort Béar, près de Collioure (Pyrénées-Orientales). Le groupe, dans lequel figurait un matelot révoqué, voulait décapiter un officier. Projet terroriste ou vengeance personnelle de voyou ? Et il était lui aussi relié avec un combattant de Daesh en Syrie, nous dit-on.

Une communication de comptable. Depuis le début de l'année 2016, quelque [qui veut dire 'environ' et trahit une approximation] 75 individus, "en lien" [autre 'flou' qui cache un loup] avec des activités terroristes [dont des petites têtes et velléitaires] ont déjà été interpellés à travers le pays, écrit Christophe Cornevin pour Le Figaro et le ministère. Ces interpellations ont donné lieu à 37 mises en examen et 28 incarcérations. Jamais le spectre du terrorisme n'a été aussi menaçant, écrit ce journaliste, transmettant ainsi les données brutes du ministère, sans filtre ni regard critique, dans la foulée du point presse exceptionnel tenu jeudi soir par le ministre de l’Intérieur.
« Dieu sait que mon âme est exempte de férocité et je crois avoir au plus haut point conscience de devoir me justifier devant Dieu ; et pourtant, pourtant je serais prêt, au nom de Dieu, à prendre sur moi la responsabilité de crier ’’Feu’’ pour peu que je me sois assuré auparavant avec la rigueur la plus scrupuleuse, la plus minutieuse que les canons des fusils ne seraient braqués sur aucun autre être humain, sur aucune créature vivante autre que des journalistes. » (Søren Kierkegaard, 1843)


L'interpellé serait un 'proche' d'Abdelhamid Abaaoud 

Reda, le suspect, serait une super-prise, selon la chaîne itélé, car soupçonné d'être un proche d'Abdelhamid Abaaoud, l'un des responsables des attentats qui ont frappé Paris le 13 novembre. Cette prise qui fait l'objet d'une communication ministérielle bruyante doit beaucoup aux services belges, puisque, rappelons-le, il avait déjà été condamné en Belgique dans une affaire d'acheminement de djihadistes en Syrie, comme l'a révélé France Info.
Il doit être entendu dans les locaux de la DGSI. 

Sur les 75 interpellations de suspects "en lien avec des activités terroristes" depuis le début de l'année en France,  37 ont été mis en examen et 28 incarcérés, a précisé Bernard Cazeneuve. Le compte n'y est donc pas: qu'a fait le ministre des dix autres ?

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